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Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Oui, du coup ce n'est pas la neutralité de l'article qui te choque.
  2. Et qu'est-ce qui t'hérisse le poil ? Moi ça me fait toujours rire les socialistes qui se réclament de Robespierre (coucou Jean-Luc et Étienne Chouard), alors que: « Robespierre venait justement se poser sous un aspect nouveau, "en guillotinant l'anarchie". C'est ainsi qu'il appelait les premiers socialistes, Jacques Roux, etc. Au cœur de Paris même, dans les noires et profondes rues ouvrières (des Arcis, Saint-Martin), fermentait le socialisme, une révolution sous la Révolution. Robespierre s'alarma, frappa et se perdit. [...] Extraordinaire méprise. Dans ses douze volumes, Louis Blanc prend Robespierre pour un apôtre et un symbole du socialisme, qu'il frappait et qui le tua. » -Jules Michelet, Histoire de la Révolution française.
  3. J'ai l'impression que tu réduis le socialisme à sa forme (mainstream) étatico-planificatrice, alors que l'un des mérites éminents* du Socialisme de Mises est de montrer que toutes les variantes imaginables du phénomène (anarchisme, syndicalisme, etc.) sont ou impossibles, ou sous-productives par rapport au capitalisme, et/ou contradictoires avec les objectifs affichés des socialistes (ce qui ramène entre autre au point précédent, mais pas que ; Mises montre aussi implicitement comme un socialisme autogestionnaire reproduirait in fine une société de classes inégalitaire). * En tout cas c'est ce qui m'a le plus chamboulé à l'époque où je l'ai lu, quand j'étais anarchiste. Il n'y aurait eu que la critique de la planification soviétique, je serais sans doute encore de gauche.
  4. Hum, cette interprétation me paraît trop machiavélique pour être vraie, mais l'hypothèse est intéressante...
  5. L'UE était tendanciellement protectionniste, en matière agricole en particulier, dès le traité de Rome. Quant à l'aspect régulationniste, il est inhérent à la construction européenne elle-même parce que ça permet de forcer la lettre des traités pour étendre continuellement les pouvoirs des institutions communautaires (le but avoué des fédéralistes étant de créer un Etat fédéral continental). Il n'y a pas de "bon projet européen" caché quelque part et qui aurait mal tourné. Thatcher a peu à peu viré souverainiste en le comprenant.
  6. Que l'euro a facilité l'endettement des Etats membres les plus dépensiers / irresponsables: "À quoi sert une monnaie forte sinon à abaisser le coût des emprunts à l'étranger? Avec une monnaie forte, les prêteurs se disent qu'ils ne seront pas volés au moment du remboursement, si bien qu'ils n'exigent pas de taux d'intérêt élevés. En revanche, avec une monnaie faible, les prêteurs exigeront des taux majorés pour compenser par avance une éventuelle perte de capital. La conclusion à en tirer est qu'une monnaie unique et forte est une redoutable machine à emprunter parce qu'elle abaisse le coût de l'emprunt. Le cas espagnol illustre parfaitement l'aspect pervers de cette facilité. Avec 6% d'inflation environ dans le pays et un taux d'intérêt fixé par la BCE à 2%, les ménages et investisseurs locaux empruntent au taux réel de -4%. D'où une frénésie d'investissement immobilier qui a provoqué un déséquilibre complet de l'activité nationale et de la position patrimoniale des emprunteurs. Ils sont allés beaucoup trop loin, puisqu'ils étaient subventionnés pour emprunter... Globalement, au niveau européen, il ne faut pas non plus se cacher que ces facilités de financement ont exonéré certains gouvernements des efforts nécessaires en termes de réformes structurelles et de réduction des dépenses. Au lieu d'imposer une libéralisation de l'économie, l'euro a encouragé le statu quo et a paralysé les réformes véritables." -Jean-Jacques Rosa, "L'euro est un contresens économique", Le Figaro, 14/06/2011: http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/06/10/01006-20110610ARTFIG00817-l-euro-est-un-contresens-economique-il-faut-s-en-debarrasser.php
  7. Ce qui relativement cohérent avec le fait qu'ils soient souvent socdem (Delors, Mitterrand, Hollande, etc.). Du coup, l'UE c'est bien quand ça règlemente, permet de se déresponsabiliser de la décision, ou encore pour envisager des facéties style "harmonisation sociale et fiscale" des pays membres ou mutualisation des dettes (déjà accomplie en partie de facto avec la dimension de trappe à endettement de l'euro). Par contre, quand de temps à autre la Commission a des velléités de faire respecter le traité de Maastricht sur l'endettement, c'est austéritaire-vilain. Tout ça se simplifie considérablement si on saisit que la construction européenne vise à créer un super-État continental (le très grand Etat comme disait Jean-Jacques Rosa). A partir de là, on retombe sur du connu: https://www.google.com/search?q=bastiat+l'etat&client=firefox-b&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwi15-PKvM3fAhW0VBUIHXUiARAQ_AUIECgD&biw=1366&bih=621#imgrc=UyCkoS6taXKxXM:
  8. Tu es dur. Macron peut quand même faire valoir la libéralisation des transports par bus... En tout cas ça va nous faire commencer l'année sous de bons auspices.
  9. Parce que ce n'est pas conforme aux mœurs françaises. En Finlande, comme ça été dit, ça causerait beaucoup plus difficilement des troubles à l'ordre public.
  10. Bon, indépendamment des réactions bien bêtes que cet article à susciter (cf: https://www.contrepoints.org/2018/12/30/333545-vive-limmigration ), à base de "l'immigration peut-être, mais il faut trier et laisser dehors les musulmans", il faut quand même souligner qu'il pose plusieurs problèmes sérieux. Déjà, comme le titre le laissait craindre, ce n'est pas un point de vue libéral (reposant sur la défense de la libre-circulation), mais un article immigrationniste ("l'immigration c'est bien et nécessaire, ceux qui ne l'admettent pas sont des émotifs intellectuellement retardés"). Et même pire, un article social-immigrationniste et multiculturaliste ("progressiste" en somme): D'abord on a des arguments utilitaires en faveur de l'immigration, tout à fait loufoques et improbables ("si les autorités canadiennes refoulent cette mère et son enfant, celui-ci va retrouver en Amérique centrale la pauvreté, la misère et les maux qui s’ensuivent : drogue, petits larcins, grand banditisme, embrigadement fanatique, crime ; et qu’il risque de devenir un terroriste, qui viendra semer la terreur… au Canada. ") ou dénués de chiffres ou d'éléments pour faire avancer la démonstration ("la France, comme les autres États occidentaux, est globalement assez riche pour intégrer les immigrants toujours plus nombreux dans des capacités institutionnelles d’accueil et de promotion toujours plus grandes, évolutives et étendues à tous les centres territoriaux de population, petits et grands, et non pas seulement réduites aux places disponibles dans des centres"). On nous refait aussi du jacque-attalisme en expliquant que l'immigration est nécessaire pour pallier à la démographie française (argument utilitaire idiot). Ensuite on a ce passage ébouriffant: "si, au delà de mesures visant à remédier aux difficultés de personnes, — les réfugiés — , considérées individuellement, l’État travaillait à construire une véritable politique sociale, et remédiait aux malheurs subis du fait du système économique libéral imposé à des groupes sociaux entiers, qui profite à d’autres groupes sociaux, il donnerait une vraie place aux immigrés." Heureusement, un peu plus d'étatisme inégalitaire va arranger tout ça: "des mesures de discrimination positive en faveur des nouveaux arrivants seront à mettre en place, en toute clarté et limitées dans le temps et dans l’espace." Bref, un article à oublier rapidement.
  11. Quelqu'un qui envoie balader Benbassa en la menaçant d'un coup de light-saber ne peut pas être fondamentalement mauvais
  12. Comme l'ont dit les précédents intervenants, c'est long et dense comme période (mais passionnant) Là tout de suite je pense à des titres comme: Les origines culturelles de la Révolution française (Roger Chartier). Sur les Lumières et la Révolution, la biographie de Condorcet par les Badinter est pas mal du tout. La République souveraine (1879-1939) de Réné Rémond -un peu technique à cause des chapitres sur les modes de scrutin mais le reste est très facile à lire. De la Belle Époque à la Grande Guerre. Le triomphe de la République (1893-1918), de Michel Leymarie. Là je suis dans son "équivalent" dans la nouvelle série: Le triomphe de la République (1871-1914), d'Arnaud-Dominique Houte, c'est plein de remarques fines. Tu peux aussi trouver pour pas chère l'Histoire de France de Bainville et regarder les chapitres qui t'intéresse. Si tu n'as pas peur de lire un texte d'époque et partisan sur la Commune (mais aussi les périodes précédentes), tu peux trouver gratuitement sur le net La guerre civile en France de Karl Marx (et son livre sur le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte). Dans le même genre mais avec une perspective, les Souvenirs de Tocqueville sur la 2ème République sont très intéressants.
  13. http://descartes-blog.fr/2018/12/28/laffaire-du-siecle/
  14. J'aime bien Diderot, mais il faut garder à l'esprit que c'est un anarchiste. Ceci explique peut-être cela.
  15. J'ai commencé Demain le capitalisme (1978), d'Henri Lepage. C'est excellent, très clair et percutant. Par contre, force est de constater que dans l'enseignement français, 40 ans plus tard, la plupart des économistes ou historiens qu'il cite ne sont ni connus, ni traduit...
  16. Je vois que l'appel au rapprochement des libéraux et des conservateurs ne se fait toujours pas dans un élan de lucidité voire de respect des faits...
  17. A vrai dire, le bilan est plus contrasté que ça: Bienvenue @Lianzu !
  18. Tous les mouvements politiques de l'histoire comporte des ailes droites et des ailes gauche. Par exemple, la SFIO de l'Entre-deux guerres se divisait schématiquement entre une aile droite "néo-socialiste", planiste, avec des gens comme Déat qui ont fini exclu (et plus tard collabos) ; un axe central "orthodoxe" représenté par Blum ; et une petite aile gauche à la fois marxiste et hostile à l'URSS (celle qui animait le journal Le Combat marxiste, notamment). Les libéraux-conservateurs sont l'aile droite du libéralisme. Les conservateurs-libéraux sont l'aile gauche (voire "moderne") du conservatisme (et accessoirement le seuil entre la droite et le centre de l'espace politique). Ils peuvent à la fois être fortement perméables l'un à l'autre (parce qu'ils partagent des valeurs communes, des conceptions morales, etc. Des ennemis communs aussi, ça rapproche toujours) et constituer deux courants politiques distincts. Du reste, le fait qu'ils soient de nature distincte n'empêche pas que les deux groupes se retrouvent dans un même parti, par exemple.
  19. Non content d'être socdems, ces gens-là (Audard, Audier, Canto-Sperber, etc.) font du confusionnisme en se proclamant libéraux. Je préfère encore les communistes revendiqués, au moins on sait où on met les pieds.
  20. J'ai oui dire que Jean-Jacques Rosa (libéral indiscutable, référence à Hayek et plan de privatisation de la sécu à l'appui) s'y était essayé il y a quelques années, en pure perte. Je suis convaincu que Gave n'y parviendra pas vu la quasi disparition de tout objectif libéral dans ses propos. Maintenant il nous explique qu'il faut combattre l'UE parce qu'elle favorise une immigration dangereuse pour la "civilisation chrétienne", ce genre de délires.
  21. Par chipoter, tu veux dire, avoir des idées claires et distinctes ? ça ne me semble pas difficile à saisir qu'on peut être raciste sans être antisémite, et que tout antisémitisme n'est pas de type raciste (biologique) -par exemple, il y a des formes d'antisémitisme chrétien nullement racistes. Pour l'Affaire Dreyfus, j'ai un peu la flemme d'expliquer des choses qui sont évidentes et bien établies, comme le fait que le clivage dreyfusard / antidreyfusard recoupe le clivage gauche/droite (les contre-exemples c'est subtil et sympathique, mais faudrait pas prendre les exceptions pour des masses significatives), et que l'Affaire (qui dure des années), recompose les clivages politiques en rendant marginal / illégitime l'antisémitisme à gauche. A la fin, la ligne d'un Jaurès ou d'un Jules Guesde est d'assimiler l'antisémitisme à un outil de la réaction militaire et cléricale. Héritage fort durable si on pense à la dénonciation de l'antisémitisme dans les status de la 3ème Internationale communiste. Ergo, que Faguet soit encore membre en 1904 d'une ligne antidreyfusarde (dont Barrès est un membre actif, soit dit en passant. Et je passe sur ceux qui rejoignent l'AF juste après), est incontestablement un marqueur de droite.
  22. ça me semble un pur strawman de droite. Même un rationalisme façon Contrat social ne consiste pas en ça. Et puis un dogmatisme critique (je remet tout en question mais je rejette a priori tout ce qui ressemble à une opinion héritée), si tant est qu'une chose pareille existe, ressemble beaucoup plus à un certain esprit anarchiste soixante-huitard qu'aux philosophies des Lumières du 18ème. A mon humble avis les Lumières écossaises ont un peu trop trollé les autres courants du mouvement.
  23. Parce que les conditions de son émergence sont très difficiles à réunir et/ou qu'on ne connaît qu'une petite portion de l'univers ? ça ne me semble pas incompatible avec l'idée de l'inéluctabilité. Si on est matérialiste, l'organisation du vivant à partir d'éléments non-vivants est inéluctable à partir du moment où elle est possible (c.a.d non-contradictoire avec la nature de la matière): tout ce qu'il manque pour que la matière teste toutes les combinaisons possibles jusqu'à créer du vivant, c'est suffisamment de temps. Le même raisonnement implique qu'elle se re-formera inéluctablement si jamais elle s'auto-supprime. Peut-être que c'est même déjà arrivé, et que l'univers n'en est plus à son coup d'essai avec la vie sur Terre.
  24. Je ne vois pas ce que ça a d'étrange, ça me paraît même tout à fait cohérent avec une vision cyclique (c.a.d. non-progressiste) du devenir.
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