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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. Je ne suis pas nominaliste, bien au contraire. Mais c'est bien parce que je prends les idées platoniciennes au sérieux que je ne les confonds pas avec les mots et avec les catégories du langage courant. A propos de l'art, son autodestruction était programmé à partir de la création du concept "d'art"/de "beaux arts" à la fin du XVIIIème. Les plus grands artistes n'avaient pas de mot pour dire "art", et c'est hors de ce qui est estampillé art qu'il faut chercher la beauté. Quand aux woke, ils ont quoi, entre 15 et 25 ans ? Laisse passer leur crise d'adolescence, et on verra ce que ça donnera. Pour l'instant, leur morale est centrée sur le consentement, sur la communication pour établir celui ci, sur le devoir de ne pas interférer dans les choix de l'autre en ce qui le concerne lui-même, et sur la légitimité de la violence contre ceux qui outrepassent le point précédent. A très peu de chose près, c'est du HHH. (je ne sais même plus qui je troll ici)
  2. Oui. Il est motivé par le fait que la meilleure façon de se croiser, pour deux machins aveugles, est que l'un bouge alors que l'autre reste à sa place. Il est ensuite causé par le fait que tant qu'à faire, mieux vaut que ce soit celui qui ne bouge pas qui fasse le stock d'énergie pour la suite. Que celui qui stocke l'énergie a plus intérêt à y faire gaffe cause souvent plusieurs autres choses par la suite, notamment du coté du comportement. Mais "l'impératif biologique" (presque logique tout court d'ailleurs) dont il est question ici est seulement pragmatique, il n'est pas normatif à la façon des moeurs. Une vraie norme, un vrai impératif, c'est quelque chose auquel on peut désobéir, face auquel on peut commettre une faute. Une norme statistique, une moyenne, c'est tout au plus quelque chose à coté duquel on peut tomber, mais même ça, ça tombera souvent sous le coup d'une dispersion "normale". C'est simple, la nature, on ne peut pas la violer, on ne peut pas négocier avec, et quoi que l'on fasse, c'est toujours en obéissant à ses lois. Même si on est un enfant ogm transgenre adopté et ingénieur en physique nucléaire. Oui, il y a des trucs qui marchent bien et d'autres moins. Mais ça, c'est toujours au regard d'une fin contingente. Tu peux dire à une personne trans, ou pourquoi pas, à une personne qui se fait soit vasectomiser, soit ligaturer les trompes, qu'il s'agit d'une très mauvaise façon de transmettre ses gènes, il y a très peu de chance que la personne te réponde "ah zut, je n'y avais pas pensé !". La seule fin qui en tant que fin n'est pas contingente est la morale, et elle ne se trouve pas dans la nature. Et dire ça, ce n'est ni une bondieuserie ni une entourloupe postmoderniste, c'est un constat de base de la philo moderne, qu'on appelle la guillotine de Hume. A partir d'un "is", on ne peut pas dériver un "ought". Ou alors, on saute une étape quelque part. On peut chercher à contester ça, mais pas prendre ce problème à la légère. On était en train de parler de rôles sociaux, de ce qui était susceptible d'être naturel en eux, et donc des inclinaisons à avoir certains comportements. De ce coté là (tu noteras mon "là où" dans la phrase que tu cites), c'est bien la nature qui est continue et la culture qui est dichotomique. Les attentes sociales qu'on a face à une femme ne varient pas en fonction de son taux de testostérone (ou alors, seulement très indirectement), ses éventuelles inclinaisons comportementales innées, oui. Mais évidemment que la culture a aussi ses ambiguïtés, et la nature, ses contraintes. Par contre, je suis à peu près sûr qu'il est possible d'avoir un utérus fonctionnel et un clitoris protubérant se rapprochant d'un micropénis. Maintenant, est-ce que tout ça, ou même accoucher tout court, peut arriver à un homme ou non, et bien, il faudrait préciser ce qu'on veut dire par "homme". Encore une fois, c'est tout comme si tu me disais que deux blancs auront des enfants blancs... Je vois ce que tu veux dire, et je ne nie pas qu'il y a au moins un sens possible de ces mots selon lequel tu as raison. Seulement, sans tomber dans le relativisme, on peut reconnaître que les mots ont parfois plusieurs sens différents, et si tu cherches à te servir de ce bon sens là pour me nier la possibilité des enfants adoptifs, même sous forme d'insinuation, alors, je ne suis pas sûr que le bon sens soit resté de ton coté. Idem à propos les trans.
  3. En tant que comportement, ou disposition à avoir un comportement, ils sont susceptibles d'être en partie naturels (même si je doute que la nature aille jusqu'à s'immiscer dans les vêtements et la grammaire...), puisqu'il s'agit là de simples faits, mais en tant que normes, en tant que "il faut", non, puisqu'il n'y a rien de tel dans la nature. Alors il ne s'agit ni de normes légales (chez nous), ni de normes morales (je crois), mais tout de même de normes dans la mesure où il y a une injonction diffuse et une attente d'obéissance. D'ailleurs, c'est assez dommage que les éthiciens ne se saisissent pas plus souvent de ces normes douces (auxquelles appartiennent aussi la politesse et l'orthographe, par exemple), ça ressemble à une sorte de chaînon manquant entre la normativité morale au sens fort et le simple constat de faits humains, il y a sans doute quelque chose à en comprendre. C'est d'autant moins naturel que ces normes sont catégoriques là où la nature est souple. On attendra d'un homme qu'il soit fort et courageux et d'une femme qu'elle soit douce et compatissante même dans le cas exceptionnel où celui-ci est plus faiblement testostéroné que celle-là. D'ailleurs, dans la mesure où de telles inclinaisons comportementales innées existent, il y a fort à parier qu'une bonne partie des trans aient déjà été hors norme (statistique) à ce niveau là (puisqu'on se doute qu'une anomalie de cette sorte n'aide pas à s'identifier à son rôle de genre). Un homme trans dont je suis proche était, apparemment, déjà virile et solidement bâti avant sa transition, et de même, je connais plusieurs femmes trans qui avaient des traits fins et un corps délicat avant de transitionner. Ce n'est sûrement pas toujours le cas, mais il suffit que ça le soit un peu plus souvent que ce qu'aurait fait le hasard (et il serait surprenant que ce ne soit pas le cas) pour que la transition de genre soit en partie une nouvelle façon de se "conformer à la nature", quoi que ça puisse vouloir dire. Ceci étant dit, émettre l'hypothèse que la nature ait un moins grand rôle dans la détermination des comportements sexués chez l'humain que chez ses cousins n'est pas complètement aberrant. Après tout, on est bel et bien une espèce un petit peu particulière, notamment, justement, en ce qui concerne notre comportement et notre capacité d'apprentissage.
  4. C'est une autre question. Mon analogie reste valide, puisque dans les deux cas, parenté comme "genre", qu'on le veuille ou non, on mobilise des mots qui désignent tantôt un fait ou une relation biologique, tantôt un rôle social et un ensemble de représentations culturelles. Ex (de la confusion lexicale entre les deux dimensions) : coté parenté, on voudra distinguer le géniteur du parent, mais on parlera toujours de "cellule mère" et de "cellule fille" ; coté genre/sexe, on voudra distinguer genre et sexe, mais on voit le mot "genre" déborder du coté du sexe, et on emploie de toute façon des mots comme "masculin" et "féminin" pour désigner aussi bien des phénotypes que des genres grammaticaux, etc. Ce serait un problème conceptuel insurmontable... si on était tous idiots, et qu'on était incapable de prendre en compte le contexte ou de faire des périphrases lorsque c'est nécessaire. Dans le cas de la parenté, il y a une institution légale en plus, mais même sans celle-là, si on imagine que l'enfant (adopté ou non) est désormais majeur, et qu'on laisse de coté les questions d'héritage, il y a une certaine attente concernant ce que "l'enfant" doit être vis-à-vis de ses parents (il est susceptible de choquer s'il ne s'y conforme pas), et probablement un lien affectif fort pour les concernés. Idem coté sexe. Même si ce n'est juridiquement plus une catégorie pertinente, on a quand même des attentes implicites concernant ce que doit être/faire un homme ou une femme, en terme de vêtement, de pronom à employer, etc (dans des domaines qui n'ont rien de naturels, donc), et dans la quasi-totalité des cas, une forte intériorisation de tout ça. Tant qu'on est pas en conflit avec tout ça, c'est assez facile d'y voir quelque chose de très superflu et de s'y croire indifférent... Pourtant, je connais peu d'homme cisgenre qui n'éprouveraient aucune réticence à sortir maquillé et en robe pour aller faire ses courses. Il y a une forme de gêne, de peur d'être perçu comme autre chose que ce que l'on est... ce qui est philosophiquement assez problématique, mais ça me semble être factuellement le cas dans le comportement des gens. Le transgenre est simplement quelqu'un qui ressent cette gêne et cette réticence à jouer le rôle social (qui, en tant que rôle, n'a rien de naturel, et ne peut pas l'être puisqu'il est normatif) qui lui est attribué à la naissance. Si cette personne se met à performer un autre rôle, est perçue comme jouant cet autre rôle, et se "sent" conforme à ce rôle ci, alors il me semble qu'il faut dire que le genre joué par cette personne est son "vrai genre" dans la même mesure et de la même manière que quelqu'un peut-être dit être le "vrai fils" de ses parents pour peu qu'il y ait le rôle social, la signification affective pour eux, etc, avec ou sans parenté biologique. On pourrait rajouter la dimension administrative, qui est aussi un rapport tout à fait (socialement) réel sous lequel on est d'un certain genre, et dans certaines relations de parenté, mais ce n'est pas central ou essentiel. Je veux dire, même si l'adoption était interdite, il y aurait sans doute tout de même de "vraies adoptions" de facto (tout comme il y avait des enfants élevés par des couples homos avant que ça ne soit reconnu par la loi), qui, quoi que peut-être illégales, seraient vraies socialement et affectivement. Idem pour les trans, qui existent quel que soit le nom ou le sexe sur leurs papiers. Donc, oui, il y a des femmes qui ont des zizis. Ca peut faire sourire et sembler contraire au bon sens, mais on pourrait en dire autant du fait qu'il y a des noirs aux parents blancs. Dans les deux cas, ce n'est pas très compliqué à comprendre, ce n'est pas un affront à la nature puisque ça se passe uniquement du coté construit, et en soi, ce n'est pas non plus un péril pour tout ce qui est beau et bon dans notre civilisation.
  5. Quel débat d'infirme. C'est un peu comme si deux groupes se disputaient à propos du fait que des parents peuvent avoir un enfant (adoptif) d'une autre couleur de peau que la leur, et qu'au lieu d'argumenter ou de faire le moindre effort (et pourtant, ça n'en demande pas beaucoup !) pour comprendre ce que veulent dire les autres, les uns se contentent d'insinuations et d'appels moqueurs au bon sens (comme si le bon sens dispensait de réfléchir), et les autres, de pousser des cris scandalisés comme si les premiers proposaient de génocider les enfants adoptés. C'est exaspérant.
  6. Je me souviens d'une vidéo de fouloscopie à propos d'un logiciel policier capable de prédire (de façon probabiliste) les crimes en partant du principe qu'ils s'inspirent les uns les autres, et qu'un acte criminel sera assez souvent suivit d'un autre similaire, très proche dans l'espace et le temps. Ca me semblait étrange... Mais j'ai l'impression qu'on voit très bien ce phénomène à l'oeuvre avec les fusillades aux USA, à y repenser, ce n'est pas la première fois qu'on en voit venir par "grappe". Ce qui doit contribuer à donner l'impression aux européens que ce genre d'événement est extrêmement fréquent - sitôt qu'il en survient un, qui nous rappelle l'existence de ce genre de tragédie - en vient aussi tôt un autre, nous faisant évaluer leur fréquence à la hausse. D'un autre coté, ça vient aussi confirmer la nature psycho-sociologique de ce phénomène. Je suis prêt à parier (mais pas à vérifier) qu'on pourrait provoquer des tueries en lançant des hoax à propos de tueries qui auraient eu lieu.
  7. Dans ce cas, quelle est la cause précise de notre marasme ? On est vraiment les seuls avec un système éducatif aussi centralisé et corporatiste ? Parce qu'on est clairement pas les seuls à avoir des écrans, ni à s'essayer à de nouvelles modes pédagogiques de temps en temps.
  8. Y a-t-il un phénomène similaire dans d'autres pays ? (ce serait rassurant si ce n'est pas le cas, il suffirait de faire comme n'importe qui d'autre que la France) Si oui, certains pays s'en tirent-ils mieux ?
  9. Voilà une tribune qui aurait été tout à fait appropriée il y a deux ans et deux mois, environ.
  10. Le problème, c'est donc le monopole de la police. Si l'agence de sécurité locale avait eu de la concurrence, elle n'aurait pas pu se permettre ce genre de chose.
  11. Puisqu'on parle de religion, il se trouve que la très forte religiosité des USA est une autre caractéristique exceptionnelle de ce pays par rapport aux autres pays développés. On ne peut pas faire comme s'ils n'avaient aucunes spécificités culturelles outre leur goût pour les armes.
  12. N'empêche que malgré toutes leurs armes, les USA sont l'un des pays les moins violents d'Amérique... /halftrolling
  13. Mégille

    Inflation

    Dites moi si je me trompe, mais il me semble que la théorie actuellement orthodoxe, néo-keynésienne + micro-fondations, est que la raison pour laquelle une inflation légère et contrôlée est souhaitable est précisément que sans ça, les salaires ne descendent pas assez lorsqu'ils le devraient (puisqu'il est plus facile pour une entreprise d'augmenter un salaire que d'en baisser un). Faire baisser les salaires réels, dans l'espoir de baisser le taux de chômage, est précisément le but de la politique inflationniste modérée. Ce n'est qu'après coup, et avec une longueur de retard, que les salaires augmentent, et c'est l'objectif. Ceci dit, je veux bien croire que les salaires les plus élevés augmentent plus vite, voire même presque aussi vite que l'inflation, mais c'est un autre problème, puisque c'est encore au détriment de ceux dont les salaires progressent plus lentement.
  14. Et les pays les moins sûr du monde non plus.
  15. Je ne voulais surtout pas valoriser le diplôme plutôt que le concours, et je reconnais la supériorité du deuxième sur le premier. C'est contre le concours comme mode de recrutement uniforme et automatique que je suis. Il me semble qu'il faut plutôt laisser les établissements embaucher (et virer) qui ils veulent, en fonction de leurs besoins. Libre à eux d'accorder plus ou moins d'importance à tel diplôme et tel concours, ou d'organiser leur propre concours.
  16. Mégille

    La France des pénuries

    Sur le tout-hôpital et le déclin de la médecine de ville, et les causes de tout ça, je ne suis pas très renseigné, vous avec de la doc fiable et synthétique ?
  17. Nan, pas ce genre de communiste, il est fan de Roussel (ouai, à son âge), et pas si mauvais que ça. Mais il a envie d'en découdre de façon générale, c'est sûr. Le lycée est au milieu de champs, et il doit y avoir grosso modo 200 élèves, donc bonne chance pour bloquer plus que le coin fumeur. Quand à renverser l'administration, les profs, qui sont beaucoup plus vénèrs, sont déjà sur le coup, et ne réussissent déjà pas. Je trouve la situation rigolote. J'espère seulement que ça ne va pas faire faire faillite à l'établissement.
  18. Débat d'étatiste. Le principe même du concours national est fautif. Il l'est dans l'état actuel des choses parce que les concours évaluent souvent principalement la maîtrise de la discipline au détriment des compétences pédagogiques des candidats. Mais il l'est aussi parce que différents établissements, avec différentes populations d'élèves, sont susceptibles d'avoir des besoins pédagogiques très différents, qui ne se mesurent pas tous sur la même échelle unidimensionnelle. Il l'est enfin parce qu'il a pour principale fonction de contrôler le mieux possible la population en contrôlant le mieux possibles les profs. Il revient à conditionner les futurs profs pour en faire des machines à accorder le plus d'importance possible à la note et à la méthodologie contingente des exercices (parfois au détriment de la méthode propre à l'objet d'étude, qui est elle-même un objet de réflexion), et à la fois, en parachutant n'importe où les nouveaux lauréats, à en faire une classe homogène et déracinée (ce qui était traditionnellement plutôt le rôle de l'armée).
  19. Crise au bahut aujourd'hui. Un élève (comme par hasard, un petit communiste qui se voit faire carrière en politique), énervé contre l'administration pour je ne sais plus quelle raison (entre autre, parce qu'on a viré ses potes qui ont ramené de la beuh) a décidé de se venger... en appelant tous ses potes à venir mettre "une étoile" au lycée sur google map. Et maintenant, il y a une guerre de notation sur google entre les rebelles et les premiers de classe qui viennent nous mettre cinq étoiles pour contrebalancer. Au moins, même les rebelles qui prennent le temps de commenter ne disent du bien de nous autres les profs.
  20. Pas tout à fait un TIL, mais je découvre tout juste l'univers de "the backrooms". Toute une mythologie élaborée collectivement sur internet... https://en.wikipedia.org/wiki/The_Backrooms
  21. Non, c'est quelque chose de très bien en soi, parce que le contraire était une contrainte parfaitement illégitime.
  22. Je propose d'instaurer en Ukraine une république Khazar sous tutelle israélienne, comme ça, tout le monde est content. Ou presque.
  23. Je suis très classique avec eux, on reste sur les plus gros auteurs. Donc rien d'extraordinaire.
  24. Ah, quel plaisir, de corriger des mini-mémoires d'étudiants en bts, et de voir des articles de Contrepoints parmi les sources de certains ! (je leur demande explicitement des sources de différentes natures -pas que scientifiques- , et de différentes orientations, mais je n'ai dirigé personne vers cp moi-même)
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