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Gaspard Koenig


Messages recommandés

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C'est sans intérêt de boucler sur une structure qui ne coûte rien plutôt que d'essayer de préparer les français au fait que le tout social est intenable, c'est Génération Libre quoi.

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Je peux comprendre une partie de sa critique sur les libertariens mais delà à tirer sur son propre camp (et, semble-il, la méthode de Milei fonctionne). 

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C’était mieux quand il y avait 50% d’inflation par mois. 

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Il y a 2 heures, PABerryer a dit :

tirer sur son propre camp

La marque de la traitrise. Et un traitre, c'est pire qu'un ennemi.

 

Au fond, Koenig est au libéralisme ce que Ménard est aux strèmedrouates : un type très médiatique qui utilise l'essentiel de son temps d'exposition à saboter son camp supposé.

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Le 6/24/2025 à 12:06 PM, Largo Winch a dit :

Tiens, GL fait dans l'afuerisme maintenant ? C'est à la mode.

 

 


De la seconde 6 à la 20ème, il ne se passe rien. 14 secondes, c'est déjà plus que le temps d'attention dont la plupart sont capables de nos jours.

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Le 6/27/2025 à 9:33 PM, Lugaxker a dit :

À quoi sert cet homme ?

 

 

Le 6/27/2025 à 9:41 PM, PABerryer a dit :

Je peux comprendre une partie de sa critique sur les libertariens mais delà à tirer sur son propre camp (et, semble-il, la méthode de Milei fonctionne). 


Disons que lorsqu'il s'agit de l'écologisme, je garde mon jugement en suspens quant aux bienfaits du libertarianisme. Il y a différents scénarios possibles et l'humilité qui doit nous caractériser à ce propos ne nous permet pas trop de trancher.

  • 9 months later...
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Assumer et réformer le libéralisme

 

Citation

Il est temps de mettre les points sur les i du libéralisme, probablement le terme le plus malmené de la langue française, utilisé sans rime ni raison par ses détracteurs comme par ses thuriféraires. C'est ce que fait le jeune économiste Amine Messal dans un essai brillant et incisif, « Erreur sur la marchandise », au sous-titre explicite : « critique libérale du libéralisme ». Enfin, un esprit sans préjugés prend le temps de relire les pères fondateurs de cette puissante philosophie politique, au fondement de notre organisation sociale actuelle, pour mieux dénoncer les dérives idéologiques de ces cinquante dernières années. Si les idées mènent le monde et que les mots ont un sens, il faut être particulièrement attentif au braquage sémantique en cours.
 

La thèse est simple et juste : la réduction du libéralisme à la sphère économique, et pire encore à un mécanisme capitalistique dépourvu de tout critère éthique, constitue une « haute trahison ». Cette trahison a une histoire intellectuelle. Friedrich Hayek et Milton Friedman, très minoritaires parmi les libéraux de l'après-guerre issus du colloque Lippmann, ont pris l'ascendant dans les années 1970. Ils ont tous deux reçu le prix Nobel d'économie et influencé la gouvernance mondiale qui devait triompher à la chute du communisme, dans une fin de l'histoire heureuse et affranchie de la politique. Hayek a théorisé la « catallaxie », l'idée d'un ordre spontané du marché totalement dépourvu de critères extérieurs (et indifférent à la « justice sociale », concept vilipendé par Hayek). De cette vision découlera ce qu'on appellera, pour simplifier, le « néolibéralisme », dont Amine Messal précise, à la suite de Foucault, qu'il ne s'oppose nullement à l'Etat, mais au contraire s'appuie sur un gouvernement fort pour protéger la sphère marchande. C'est le triomphe de l'homo oeconomicus, utilitariste et borné.

Contre cette autonomisation de la logique économique, Amine Messal rappelle l'ampleur des conceptions philosophiques et morales des libéraux historiques, pour qui la liberté individuelle ne se limitait pas à la faculté de signer un contrat. Hobbes cherchait à protéger l'individu de la loi du plus fort. Locke défendait une liberté de conscience intégrale (corollaire indispensable du droit de propriété), notamment en matière de religion, et donc à rebours de la « laïcité de combat » désormais à la mode. Montesquieu théorisait la séparation des pouvoirs et l'Etat de droit, qui dérange tant de responsables politiques aujourd'hui. John Stuart Mill luttait pour l'émancipation politique des femmes comme des esclaves, et plaidait pour la libéralisation des drogues ainsi que de toute activité ne nuisant pas à autrui (on peut facilement imaginer son opinion sur la fin de vie). Tocqueville, inquiet de la montée de l'individualisme, encourageait ce que nos contemporains nommeraient le vivre-ensemble, sous forme d'associations ou d'instances politiques locales. Même Adam Smith, déplorant l'aliénation de l'ouvrier à l'ère de la division du travail, exaltait les sentiments moraux. Pour mettre un terme aux banalités aussi récurrentes qu'erronées sur la « main invisible », Amine Messal cite dans le détail l'auteur de la « Richesse des Nations » : « La réglementation du secteur bancaire est certes une restriction de liberté, tout comme l'obligation de construire des murs afin d'empêcher la propagation des incendies. » Les libéraux, de vrais gauchistes !

Evidemment, Amine Messal n'est pas le premier à tenter de rétablir un tel socle conceptuel. Du côté de l'histoire des idées, les philosophes Catherine Audard, Pierre Manent ou Monique Canto-Sperber ont consacré leur oeuvre à l'extraordinaire diversité de la pensée libérale. Pour ma part, j'avais fondé et dirigé dans les années 2010 un think tank, GenerationLibre, qui avait précisément pour vocation de réhabiliter le libéralisme classique, et qui proposait des politiques assez proches de celles que suggère Amine Messal : revenu universel, modèle coopératif, réappropriation des données personnelles, etc. Force est de constater que ce libéralisme authentique, farouchement critique des néolibéraux comme des libertariens, est inaudible.

Car le terme « libéral » est devenu synonyme, dans l'opinion publique, d'une orthodoxie économique à la petite semaine : moins d'impôts, moins de dépenses publiques, moins de règles, moins de redistribution. De manière révélatrice, mon propre think tank, repris par d'autres, a dérivé vers cette approche comptable. Pire encore, le libéralisme est en passe d'être intégré au logiciel de la droite radicale, qui exploite sans scrupule le rejet (par ailleurs légitime) de l'Etat bureaucratique. En vérité, ce projet « libéral-conservateur », mis en oeuvre avec brutalité aux Etats-Unis ou en Argentine, n'est que la continuation du néolibéralisme par d'autres moyens : un pacte de non-agression signé avec les lobbies et les oligopoles, en échange d'une chape de plomb identitaire.

Amine Messal conclut qu'il faut « libérer le libéralisme », doctrine cruciale dans un monde qui sombre dans l'autoritarisme, la manipulation de masse et le délire tribal. Mais il ne faut pas seulement libérer le libéralisme, il faut aussi le refonder en le confrontant aux limites planétaires et à la crise écologique. Tâche doublement exigeante, propice à tous les malentendus et les sarcasmes dans un débat public manichéen. Tâche cependant indispensable. Le libéralisme doit s'assumer et se réformer pour concevoir le contrat social de demain, réunissant des individus à la fois émancipés des tutelles et soucieux de leur environnement. Sinon, il ouvrira la voie à son ennemi bien connu : l'illibéralisme, et avec lui la fuite en avant extractiviste. Viva la libertad, la vraie !

 

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On arrive à un stade où il faudrait une expression qui va plus loin que "not even wrong".

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Il y a 3 heures, Adrian a dit :

La thèse est simple et juste : la réduction du libéralisme à la sphère économique, et pire encore à un mécanisme capitalistique dépourvu de tout critère éthique, constitue une « haute trahison ». Cette trahison a une histoire intellectuelle. Friedrich Hayek et Milton Friedman, très minoritaires parmi les libéraux de l'après-guerre issus du colloque Lippmann, ont pris l'ascendant dans les années 1970.

Pour traiter d'auteurs, il est généralement bon de les avoir lus, ou au minimum d'avoir une idée vaguement correcte de leurs écrits. 

  • Yea 3
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C'est à la limite compréhensible au sujet de Friedman (et encore, au prix d'un contresens), mais pour Hayek, il ne l'a clairement pas lu. 

  • Yea 1
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Il y a 4 heures, Adrian a dit :

Pour ma part, j'avais fondé et dirigé dans les années 2010 un think tank, GenerationLibre, qui avait précisément pour vocation de réhabiliter le libéralisme classique,

[…]
De manière révélatrice, mon propre think tank, repris par d'autres, a dérivé vers cette approche comptable


 

J’ai l’impression que j’ai raté le drama libéral de l’année dans ma grotte la. Quelqu’un pour m’expliquer ?

 

il y a une heure, Rincevent a dit :

Pour traiter d'auteurs, il est généralement bon de les avoir lus, ou au minimum d'avoir une idée vaguement correcte de leurs écrits. 



Écoute, je crois que l’auteur du livre en question habite pas loin de chez toi ; tu vas pouvoir lui dire :D

 

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il y a 9 minutes, Bézoukhov a dit :

Écoute, je crois que l’auteur du livre en question habite pas loin de chez toi ; tu vas pouvoir lui dire :D

Il vient de Toulouse, et étudie à l'ENS Paris-Saclay. Je doute qu'il soit mon voisin.

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il y a 6 minutes, Bézoukhov a dit :

Son métier principal, c'est chargé de TD à Paris 1. Il jetonne sans doute à l'UniCalvingrad en passant une semaine ou deux par trimestre dans le coin, histoire de se maintenir à un niveau de revenu plus proche de ce qu'il pense valoir.

 

Les intellectuels français : toujours les vendre au prix qu'ils pensent valoir, après les avoir acheté au prix qu'ils valent vraiment.

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On a quand même gravement merdé en tant que mouvement pour que de tels branques aient pignon sur rue.

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Transposition de la loi de Tramp : chaque nouvelle sortie de Gaspard est plus affligeante que la précédente.

  • Sad 1
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J'ai l'impression que le français moyen - c'est à dire, qui est significativement moins "informé" que le français présent en ligne et médiatiquement moyen - a une meilleure compréhension de ce qu'est le libéralisme qu'une bonne partie des commentateurs politiques. Ce qui n'est pas très dur, il lui suffit de deviner que ça a à voir avec la liberté, et d'avoir entendu dire que ça va bien avec le capitalisme, pour faire mieux. 

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C’est fou ce nombre de libéraux dont la préoccupation principale est de réhabiliter l’Etat et de critiquer les libéraux. 

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Il est donc temps d'en finir avec le libéralisme et d'inventer ce projet totalement nouveau, trendy et aimable à l'ensemble d'une population qui n'attend que ça : le rocardisme. Catherine Audard, Monique Canto... le revival des années 90 autour du cercle de la raison et de l'apport extraordinaire des Minc et des Attali, avec cette idée de génie -qui était aussi celle de mon directeur de thèse- associer au libéralisme suffisamment de pathos socialiste pour le rendre aimable aux classes dominantes et aux 'élites' progressistes. 

 

Rien sur la réflexion libérale sur les institutions (North, Buchanan), rien sur la critique de l'homo economicus (McCloskey), rien sur la récupération du libéralisme par le centre autoritaire qui confisque le pouvoir en faisant des 'extrêmes' un épouvantail commode. 

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