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Tout ce qui a été posté par Mégille
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Il faudrait le dire à Schiappa, parce qu'elle est à deux doigts de mettre en place une politique qui risque d'avoir vachement l'air d'être d'extrême droite. J'ai du mal à croire qu'elle soit assez bête pour ne pas s'y attendre (ou au moins, de ne pas en envisager la possibilité). Elle veut faire la course avec Darmanin ? Et pourquoi est-ce elle qui s'occupe de ça, d'ailleurs ? Elle n'est pas sensé être chargé "de la citoyenneté" ou quelque chose comme ça, maintenant ?
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J'ai ouïe dire qu'à Lyon, porter une mini-jupe pose moins de problème à Croix-Rousse qu'à Guillotière.
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Il est bien passé à l'école obligatoire en ligne, et que l'on ait un vote obligatoire en ligne l'an prochain est dans le champs des possibles...
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Images pas cool, justice sociale & steaks saignants
Mégille a répondu à un sujet de Lancelot dans La Taverne
On se rapproche de la loi iranienne (et de quelques autres pays d'Asie du sud je crois), qui accepte le changement de genre, mais pas l'homosexualité... -
Dans mon anarcapistan à moi, la famille élargie et des associations poursuivent en justice, face à des tribunaux privés, les parents semblant maltraiter leurs enfants. Le retrait de la garde de l'enfant et son placement dans un nouveau foyer se fait au cas particulier et à la jurisprudence. Le parent à son mot à dire sur ce dont on l'accuse et peut se défendre. Et pas d'administration centralisé de tout ça. Il y aurait peut-être plus d'échec "négatif" du système (des enfants maltraités dont les parents échapperaient aux mailles du filet), mais moins d'échec "positif" (des enfants placés abusivement ou mal placés). Et il ne faut pas faire comme si la rupture du lien affectif de l'enfant avec ses parents était un mal négligeable, qui serait anodin face à n'importe quelle forme de maltraitance, même mineure. J'aimerais bien savoir comment s'en sortent, à l'âge adulte, des enfants ayant été placés relativement à d'autres restés avec de "mauvais parents", et ce en fonction de différents degrés de maltraitance. Quand j'entends les histoires de l'éducation "à l'ancienne" qu'on reçu chacun de mes parents, à base de martinet, de ceinture de cuir et autre joyeuseté, je ne doute pas qu'ils auraient légalement pu être placé dans d'autres foyers par la loi actuelle. Mais je ne suis pas sûr que ça aurait été positif pour eux.
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On ne te demande pas d'avoir confiance en autre chose que ce que tu te ramasseras dans la face si tu refuses de payer ton impôt avec cette monnaie...
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Mélenchon, le Tout Petit Père des Peuples
Mégille a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Politique, droit et questions de société
D'ailleurs, quelqu'un a compris ce qu'il fait en Amérique latine en ce moment ? -
Guerre civile culture, IDW, SJW & co
Mégille a répondu à un sujet de 0100011 dans Politique, droit et questions de société
Je ne suis pas sûr qu'ils en soient conscient. On voit parfois les termes "ADOS" (pour "american descendant of slavery") et "fondational black american" qui excluent les africains, sans doute inventés par des types qui se sont aperçu que les programmes de discrimination positive sensée leur être destiné profitaient aux immigrés africains pourtant mieux lotis que les blancs, mais entre le rastafarisme et les derniers Black Panther, j'ai plutôt l'impression que la tendance est à une romantisation de l'Afrique. -
Non monsieur, je suis dans le privé.
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Pareil. Vu le manque d'infos, et l'attitude qu'on connaît des autorités face à ceux qui ne veulent pas mettre leur enfant dans le lit de Procuste, je me garde bien de juger lesquels, des survivalistes et des flics, sont les kidnappeurs, et lesquels ont usés de force légitime. Et connaître l'avis de l'enfant dans tout ça n'aurait pas été une mauvaise chose. Avait-elle vraiment envie d'être séparée de sa mère ?
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Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
Mégille a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
Je viens de finir de bingewatcher Sense 8, très bon. Et super gay, pas loin d'être une version adulte (soft porn) du She-Ra de netflix. J'aime beaucoup que les Watchowski aient continué à romantiser les hackers, ça garde un peu cet esprit "contre-culture" de la gen X. -
Bienvenue ! Le gang des philosophes va remplacer les ingénieurs !
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Comment ça marche ? Ca repose sur une blockchain que tout le monde peut télécharger, ou bien c'est de la monnaie scripturale numérique de banque centrale, ou bien encore autre chose ? Et les Bahamas en ont déjà une, du coup ?
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Je raconte my life 9 : hache de bûcheronnage et vaporetto
Mégille a répondu à un sujet de poney dans La Taverne
Ca fait un peu secte, non ? -
D'accord sur le lien entre les confinistes et les climato-alarmistes, leurs obsessions ont vraiment la même forme, quoi que les plus fanatiques climato-alarmistes, Barrau et Jacovinci en tout cas, sont plus modérés là dessus. Quand on a une vision du monde entièrement orientée vers une fin du monde imminente, une petite pandémie de niveau 2 (sur 5) n'a pas vraiment de quoi faire peur. Sur les wokes, justement... J'ai vu des confinistes non-woke, et des woke anti-confinistes (souvent des gens proche du milieu de l'art, ou alors, des lgbt qui ont gardé un esprit libertaire). Typiquement, les saltimbanques babos que vous taillez dans un autre topique. J'ai aussi vu des confinistes wokes, mais pas assez pour que ça m'apparaisse clairement comme une tendance. Mais pour cette petite raison de trait de personnalité qui ne colle pas, ou qui ne devrait pas prédire ces deux parti-pris chez les mêmes personnes, je suis enclin à croire qu'au sein de la grande alliance culturellement hégémonique, on a une nouvelle tribu, traditionnellement plus proche du centre et plus molle, qui prend le dessus. Il faut creuser, il y a peut-être moyen de dire à l'autre tribu que le confinement est sexiste, raciste et/ou homophobe.
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Rassemblement national, el-italiano93 l'avenir ?
Mégille a répondu à un sujet de Adrian dans Politique, droit et questions de société
Le RN gagnerait au second tour contre n'importe quel candidat de gauche https://www.huffingtonpost.fr/entry/ce-sondage-sur-marine-le-pen-et-2022-accentue-le-bazar-a-gauche_fr_6072c28dc5b6ed59528045a7 Bon, aucune chance que la gauche ne se retrouve au second tour de toute façon. Ca leur fera mal, quand ils se verront forcé de quitter leur chambre de résonnance.- 3 336 réponses
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- front national
- extreme droite
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(et 3 en plus)
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Je me demande à quel point la sociologie des confinistes et celle "woke" se superposent. D'un coté, les deux se ressemblent par certains points (c'est le camp du bien et de la science, contre celui de Trump), mais d'un autre, il me semble que la peur de la maladie est associée à l'orderliness, qui est aussi sensé être lié, si ce n'est à l'homophobie et au racisme, au moins à une tendance plus conservatrice au niveau des moeurs. Du coup, est-ce une mutation de la même bête, ou bien le remplacement d'une meute par une autre ? (comme peut nous le faire croire le fait que les artistes, woke, sont plutôt anti-confinements). J'aimerais beaucoup voir une étude détaillée du profil type des uns et des autres.
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J'aimerais bien voir à combien ça réduit ce chiffre si on regarde spécifiquement la transmission asymptomatique à l'extérieur. On en est à vivre sous des contraintes dont l'efficacité est trop difficile à déterminé, puisque trop proche du zéro absolu... C'est impressionnant.
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Je trouve que les scolies avaient un certains charmes, on devrait revenir à ça. Et ça permettrait d'avoir des scholiastes, ce qui fait très Dan Simmons, et ce qui est donc objectivement cool.
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Fascisme, totalitarisme et autres camps
Mégille a répondu à un sujet de h16 dans Politique, droit et questions de société
Oui, c'est aussi la position de Arendt, mais j'ai du mal à être totalement en accord avec ça. Déjà, parce que les italiens sont les premiers à parler de "totalitarisme", en désignant par là la suppression de la distinction entre société civile et état je crois, et pour s'en revendiquer. Mais aussi, parce qu'il y a bien eu des éléments d'idéologie fasciste, venant de Marinetti, de Sarfati (que je n'ai pas encore lu), du Pareto sociologue, de Evola, etc. Ca n'a jamais constitué un corps doctrinal précis, mais les éléments d'idéologie nazie non plus. Les communistes sont les seuls à avoir eu une idéologie sous la forme d'une théorie systématique. Et ça ne les a jamais empêché non plus de la tordre dans tous les sens par pragmatisme (à ce sujet, je suis en train de lire ceci de Xi Jinping, et on va bien qu'une fois le jargon maitrisé, on peut vraiment de servir de la matrice conceptuelle pour dire n'importe quoi par le truchement magique de la "dialectique"). Le culte explicite de la puissance elle-même, en l'occurrence, de l'état et de son chef, est bien une certaine idée, une certaine vision du monde revendiquée, avec ses artistes et ses philosophes, ce dont le dictateur militaire de base ne va pas forcément s'encombrer. Que les communistes et les nazis aient cherché un substrat à cette volonté de puissance dans le peuple compris soit comme classe, soit comme race, n'en fait pas "plus des idéologies", à mes yeux, ça atténue même le caractère proprement totalitaire de ces idéologies, puisqu'on a aussi du socialisme et du nationalisme qui ne sont pas totalitaire lorsqu'on y ajoute pas ce culte de la puissance dont se contentait le fascisme. En plus, ne pas ranger le fascisme dans les totalitarismes, c'est se priver de voir le chaînon manquant entre le léninisme et l'hitlérisme, ce qui est dommage. D'ailleurs, l'analyse de Arendt est très étrange. Elle se perd dans quelques 600 pages sur les origines de l'antisémitisme et de l'impérialisme, et avec lui, du racisme -ce qui n'est pas très éclairant (pas explicitement, en tout cas) pour comprendre autre chose que spécifiquement le cas nazis -, pour ensuite, en guère plus de 200 pages, analyser le totalitarisme lui-même en remarquant enfin les proximités entre nazisme et stalinisme. On en viendrait presque à croire que le stalinisme est un rejeton du nazisme qui aurait oublié ses origines. Enfin, on pourrait en venir à croire ça si ça ne posait pas un petit problème de chronologie. Mais est-ce que ce ne serait pas un petit biais chrétien, et plus spécifiquement, chrétien d'occident, que de ne reconnaître de la religiosité (même sécularisée) que dans une doctrine et pas dans une pratique ? Je ne suis pas sûr que la plupart des religions, ni le plus gros du phénomène religieux lui-même, se laisse comprendre comme résidant dans un dogme bien clair et écrit. Quand on voit les tronches géantes de Mussolini partout, et les rituels votifs autour d'elles, difficile de ne pas y voir quelque chose de religieux. D'ailleurs, j'y pense tout juste, c'est assez intéressant qu'en guise de religions séculaires, ce soit les orientaux qui se soient doté d'une orthodoxie, et les occidentaux d'une orthopraxie. -
Mais justement, on trouve souvent les monarchies parlementaires au dessus des républiques parlementaires. Et les USA, sans cette distinction entre le chef de l'état et le chef du gouvernement, ne s'en tire pas si mal (relativement aux autres) non plus. Sans compter que la Suisse n'a ni prince ni président. Outre le fait que ça incite plus fortement au parlementarisme stricte que les républiques parlementaires (et encore, le Liechtenstein et Monaco laissent encore un rôle assez conséquent à leurs princes), je pense que le principal avantage de la monarchie est son ridicule. La gratuité et l'absurdité du pouvoir y apparaît très distinctement, on s'y attache quand même, parce que c'est marrant, mais ça conduit à ne pas prendre l'état trop au sérieux, ou pas beaucoup plus que l'élément de folklore qu'il est fondamentalement. Alors qu'au contraire, dans une république, on risque de se mettre à vraiment croire que l'état est une sorte d'incarnation du peuple. Et c'est pour ça qu'il nous faut un empereur d'Europe.
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Mais quel esclave. Aristote a raison, certaines personnes naissent pour servir. Déjà, il faudrait commencer par poser le problème dans le bon sens : on ne se demande pas seulement si on peut continuer à clamer notre liberté lorsque la santé des autres est en jeu, on se demande surtout si on a toujours le droit d'exiger au nom de sa santé de restreindre la liberté des autres. Et en plus, seulement au nom d'un risque, individuellement très faible, pour sa santé, on ne parle même pas de rapports causaux directs. Et le gros angle mort de sa réflexion, c'est que la liberté n'est pas un bien parmi d'autres, et au détriment de laquelle on serait susceptible d'en choisir un autre justement - puisque la liberté n'est rien d'autre que la possibilité de faire ce choix entre des biens. Mettre la liberté elle-même dans la balance, et donc, être prêt à y renoncer, c'est implicitement être prêt à ne plus avoir son mot à dire sur quoi que ce soit nous concernant. Il répondrait peut-être que ça ne concerne que la liberté politique et non la liberté individuelle, la seule qu'il est ici question de restreinte. Mais bon, si on connaît notre Hayek, on sait que la première n'est pas possible sans la deuxième. Et il n'y a pas besoin d'aller très loin pour en voir des exemples : le contournement des institutions par les conseils, le renforcement de l'appareil répressif policier, le mépris le plus grand pour l'état de droit, la suspension du droit de se rassembler, le fait que même la dissolution de l'unef devienne un sujet de débat comme un autre dans les médias bordel, que les artistes soient muselés... Qu'en France, à un an d'une présidentielle, les campagnes n'aient pas encore commencé est aussi un signal inquiétant (quoi que pas désagréable per se, j'en conviens). Bref, au nom de sa santé, il renonce même au droit même de pouvoir choisir la santé contre autre chose. Il ne faudra pas qu'il s'étonne si demain on décide pour lui de troquer sa santé contre les papillons, un agrégat économique quelconque, ou la pureté de la race. Au nom de quoi revendiquera-t-il d'avoir un mot à y dire ? Sa liberté ? Et son argument comme quoi la liberté n'est pas toujours souhaitable... Comment dire... Si quand on parle de te retirer des options tu te dis "chouettes, si ça se trouve, on va ne m'enlever que les plus mauvaises, donc faire un bon choix sera plus facile, et de toute façon, choisir sera moins angoissant !" Non mais sérieux. Un esclave. Juste un esclave.
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Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
Mégille a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
C'est de pire en pire. Même moi je n'arrive pas à regarder la saison 4, alors que je peux avoir des standards très bas si mon cahier des charges (magie + héroïne, basiquement) est rempli. Rien n'a de sens, et il se met à y avoir une petite velléité de faire un truc lovecraftien (ce qui aurait été cool), mais sans se donner les moyens de le faire, pour un résultat lamentable. Tous les personnages deviennent des caricatures d'eux mêmes (encore plus que précédemment, je veux dire). Je ne dis pas que je ne m'infligerai pas la fin de la saison. Mais ça me fera mal, et inciter qui que ce soit d'autre à faire de même serait immoral. -
Voici une forme un peu plus présentable de mes deux posts qui ont plu dans le topic sur l'économie pour noob : Et voilà l'article sur le confinement vu à travers un prisme arendtien que j'avais l'intention d'écrire depuis un moment : J'ai vaguement l'intention d'écrire un article sur ce que Foucault et Deleuze auraient pensé du confinement, un autre sur trois problèmes moraux autour du confinement (des trucs bateaux : 1) la liberté est une valeur en elle-même, pas de raison de la sacrifier systématiquement à la santé, 2) calcul utilitariste foireux 3) tramway). Et il y a toujours cette histoire de changement du sens de la "représentation" politique avec les conseils citoyens, qu'il faut que je rédige. Je profiterai des vacances qui viennent pour ça.
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Fascisme, totalitarisme et autres camps
Mégille a répondu à un sujet de h16 dans Politique, droit et questions de société
Non, ça c'est l'étape deux, entre les faisceaux initiaux et l'avant-garde. Ouai, sur ce plan là, c'est intermédiaire. Mais ça reste autre chose que du simple cronyisme, qui est un interventionnisme sans plan... ce sont juste des rapaces et des parasites qui se disputent un butin. Je ne confonds rien du tout, j'identifie les airs de familles, seul façon de faire quand on parle de notion aussi flou que "droite", "gauche" et "extrême". Selon le sens initial de gauche, comme opposition au pouvoir royal, voire étatique, pas plus droitard que Louis XIV. Mais ce sens est obsolète, et même à l'époque, ceux qui étaient vu comme les plus extrêmes à gauche étaient non pas les libéraux modérément hostile au pouvoir étatique en général, mais les républicains (que Maine de Biran qualifie d'ailleurs d' "ultra-libéraux") qui voulaient substituer leur absolutisme à celui du roi. Par gauche, on entend soit progressiste, soit égalitariste. En soutenant des formes politiques et artistiques nouvelles, et en étant proche des libertins, Louis XIV était radicalement progressiste. Soutenir Molière à l'époque, c'était l'équivalent aujourd'hui de faire construire je ne sais pas quelle sculpture d'art contemporain à Paris (avec quelques qualités objectives en plus, ose-je croire, mais c'est hors de propos). Pour l'égalitarisme, c'est moins clair, mais on peut voir dans son soutient pour la noblesse de cape et sa contribution à l'administration civile une façon de lutter contre l'inégalité structurante de la société précédente, celle de la féodalité. D'une façon qui annonce (mais sans aller aussi loin) celle des Jacobins et des soviets. Comme je le disais, la principale opposition intellectuelle à l'absolutisme de Louis XIV, celle de Montesquieu, était essentiellement conservatrice. Il s'agissait de prendre acte de la relativité des moeurs et s'appuyer sur l'expérience, traits conservateurs qu'aura aussi Burke, et qui contrastent avec le rationalisme triomphant habituel des progressistes (bon, aujourd'hui moins...), ainsi que de défendre les inégalités traditionnelles pouvant servir de contre-pouvoir contre l'égalitarisme qui mène au despotisme. Et intellectuellement, Louis XIV, c'est un libertin, héritier de Naudé et de La Motte le Vayer, autoritaire et religieux pour les autres, athée et licencieux pour lui-même. Sauf que Mussolini a gardé quelque chose de l'extrême gauche. Le coté "démystification" de la vision de la société comme reposant sur un antagonisme entre des classes... Il n'a fait que chercher à les allier en détournant la violence de leur lutte vers l'extérieur. Le fascisme est très tributaire de la théorie socialiste de la lutte des classes. Si on veut un chaînon manquant entre Mussolini et de l'extrême gauche plus habituelle, il suffit de regarder Peron en Argentine. Esthétiquement, le fascisme était aussi de gauche, par son avant-gardisme (comme Louis XIV, du coup). Mais le nazisme de droite.
