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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. Pour défendre un peu les vieux grecs : Si il y avait effectivement souvent de grosses dépenses publiques, et pas que dans le domaine militaire, ça avait l'avantage de ne pas passer par une bureaucratie. Les plus riches finançaient d'eux même ce que l'on exigeait d'eux, et souvent, payaient volontairement beaucoup plus que le stricte nécessaire. L'exil reste une punition beaucoup plus sensé, et acceptable moralement, que la séquestration pratiquée aujourd'hui. Reste le problème des pillages et de l'esclavage... effectivement, l'Acropole et un bon morceau de ce qui fait la gloire d'Athènes a été financé par un tribut inique sur la ligue de Délos. Et l'esclavage d'innocents est impardonnable. Tout ça était vraiment au coeur de leur économie. Mais j'imagine que si le coût d'agression était aussi bas aujourd'hui qu'à l'époque (ce qui n'est plus le cas grâce au progrès des technologies militaires) et les bénéfices à en retirer était aussi haut (ce qui n'est plus le cas grâce au capitalisme et à la mondialisation qui rendent le commerce beaucoup plus rentable), je doute que nos républiques actuelles se comporteraient mieux. Et même Sparte garde une petite place spéciale dans mon coeur. C'était une société téléocratique, et non nomocratique. Suffisamment fermé sur elle-même pour que les citoyens, égaux, puissent être réunis par les fins, par la recherche de la vertu virile commune. C'est tout à fait obsolète, et ne doit surtout pas servir d'inspiration pour le présent, mais ça a une certaine beauté. Et Sparte était beaucoup moins va-t-en guerre que Athènes. Et les femmes y étaient plus libre. Et l'homosexualité, mieux accepté. Et tant pis pour les serfs et les enfants infirmes Attention avec les clans, hein. Les gens peuvent bien se réunir autour des valeurs qui leurs plaisent si ça flatte leur nature, mais ça ne permet de justifier le viol des droits d'individus. Je suis en train de m'intéresser à Rome pour l'Histoire de son droit (qui est sans doute l'une des plus grande chose qu'on lui doit)... c'est assez amusant de voir que la civilisation dont se revendiquent les Etats législateurs émetteurs de "codes" n'avaient procédés à la codification que très tardivement. Un droit essentiellement basé sur la coutume orale et la jurisprudence, sur le droit naturel, dans un monde ou chaque citoyen de 25 ans ou plus, intègre moralement, pouvoir rendre justice, ça me vend du rêve. Bon, après, encore une fois, guerre, pillage, esclavage, on y échappe jamais.
  2. Le jour où quelqu'un paiera suffisamment la garde suisse pour renverser le saint siège n'est pas prêt d'arriver. J'imagine qu'un entrepreneur dans le domaine du militaire pourrait difficilement avoir du succès sans envoyer de gros signaux de fiabilité, ce qui implique de ne pas retourner sa veste... il y a eu beaucoup de cas de mercenaires qui se sont retourné contre leurs employeurs dans l'Histoire, mais combien plus de cas avec des généraux d'Etat ? Et puis, si tu es assez riche pour acheter les plus grosses entreprises de l'Etat d'en face, ce n'est pas comme si l'issu de la guerre était très mystérieuse, hein. This, comme le dit si bien notre talmudiste. Pourquoi y aurait-il eu besoin d'un massacre, s'il n'y avait pas eu de guerre ? Les guerres italiennes de condottieri faisaient très peu de morts, d'ailleurs. De toute façon, à peu près toutes les grandes armées d'aujourd'hui sont des armées de mercenaire. Un mercenaire, littéralement, c'est quelqu'un qui accepte de se battre en échange d'un salaire (merces). Un soldat salarié, quoi. La vraie alternative au mercenariat, c'est l'armé de conscrits, et c'est immoral, en plus d'être encore plus cher et moins efficace que le mercenariat public.
  3. Ce qui est défendu ne me semble pas beaucoup s'éloigner de l'idéal des anarchistes continentaux orthodoxes (école de la synthèse). Voir pas du tout, mais peut-être est-ce parce que je ne m'y connais pas assez. Quand on regarde en détail leurs revendications (en cherchant bien les petits morceaux positifs au milieu des exigences destructrices), on s'aperçoit que ce qu'ils veulent est en fait une démocratie directe strictement fédéraliste. Et un contrôle total de l'économie par lesdites instances fédérales. Mais pas de police ni d'armé, et de la liberté individuelle tout de même. Enfin, sauf si vous avez une religion et une famille, parce que ça, ça doit être interdit. On pourrait parler de totalitarisme décentralisé.
  4. Ca permet d'ailleurs bien de voir le paradoxe de de Lesquen et de ses semblables, qui se veut à la fois héritier de l'aristocratie et contre la mondialisation. Petite pensée pour Lord Acton, aristocratissime, germano-italiano-franco-anglais et libéral. On voit comme ça leur a réussi. J'aime bien la théorie des cycles politiques de Polybe. D'abord, une belle monarchie. Puis, décadence, une tyrannie. Puis l'élite, soutenue par le peuple, se soulève, renverse le tyran et instaure une aristocratie. Décadence, oligarchie. Le peuple se soulève contre l'élite et instaure une démocratie. Qui elle même dégénère en une "ochlocratie", ou pouvoir de la foule. Puis un leader vertueux émerge, devient monarque, et ça repart.
  5. Oh, et ne crois pas que tu peux échapper à ça !
  6. Et pourquoi ne pas privatiser l'armé ? Tu connais déjà les arguments en faveur, ce sont les mêmes que pour privatiser n'importe quoi d'autre.
  7. Mégille

    Vidéos comiques

    C'est pour la mauvaise cause, mais j'ai ri.
  8. Par contre, j'ai visiblement répondu dans le mauvais sujet. Je voulais dire : @Johnathan R. Razorback Ouai, pour Fichte et Hegel, ça ne me semble pas aberrant de les voir comme des proto-socialistes... Par contre, ranger Kant dans le même panier me ferait mal au coeur
  9. https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=D799F06254AC22B23C9B079745E6A9BF.tplgfr27s_2?idArticle=LEGIARTI000006313764&cidTexte=LEGITEXT000006069577&dateTexte=20180829 En taule tout ceux qui éditent Thoreau !
  10. Bienvenue ! D'ailleurs, De la désobéissance civile ne tomberait pas sous le coup de la loi interdisant l'incitation à ne pas payer l'impôt ? Chercher publiquement à le faire censurer, en tapant sur des casseroles pour que les gens se rendent compte de ce que ça signifie, pourrait être une intéressante façon de mettre deux ou trois sujets sur le tapis.
  11. Ce qui n'est pas en gras est guère mieux. Déjà, la distinction entre phénomène et noumène n'est pas la distinction fondamentale de la cdlrp. On voit que le mec ne connaît Kant que par la littérature secondaire. C'est un point qui a été extrêmement dramatisé par les successeurs de Kant et par ses commentateurs, mais dans l'oeuvre, c'est un point assez secondaire, pour régler (assez bourrinement, certes) des problèmes par ci par là. La distinction entre les couples a priori/empirique et synthétique/analytique est beaucoup plus importante. C'est elle la base de toute la théorie de la connaissance kantienne. Ensuite, l'affirmation de l'impossibilité de connaître les choses en elle même n'est pas quelque chose de particulièrement original chez Kant, ça ne vient pas de lui, et ce n'est pas ce qui est le plus important chez lui. Kant c'est le type qui cherche à comprendre comment, malgré ça, on peut avoir une vraie science systématique et à prétention universelle. A propos de cette drôle d'idée, selon laquelle le rejet du sensible au profit de la raison remonterait à Kant... ça se passe de tout commentaire. Chose importante à signaler, c'est peut être, avec un peu de recul, la thèse la plus audacieuse et la plus centrale de Kant : si l'usage spéculatif (théorétique, en vu de comprendre le monde) de la raison n'est légitime qu'à la condition d'être rapporté, au moins idéalement, à l'expérience, l'usage pratique (moral, en vu de l'action) de la raison, lui, doit s'en défaire entièrement. Il prend complètement à rebours le "bon sens" qui voudrait que le spéculatif consiste à réfléchir sans regarder, et le pratique à faire des compromis avec nos expériences.
  12. C'est fou, j'ai justement lu cet article il y a quelques jours. Bon, après, on est pas en Scandinavie.
  13. Avoir de l'empathie pour les animaux peut te pousser à changer ton comportement personnel envers les bêtes, éventuellement à changer ton mode de vie et devenir végétarien, je ne vois rien de mal à ça, dans une certaine mesure c'est sans doute une bonne chose, voir un signe de santé mental (je ne ferai pas une apologie de Malebranche). Mais il y a une différence entre ça et vouloir changer le mode de production ou je ne sais quoi afin de ménager les pauvres bêtes. Déjà, parce que si tu réfléchis suffisamment aux "modes de production" alternatif, tu verras qu'ils sont tous de terribles systèmes oppressifs. Ensuite, parce que comme ça a été remarqué, si défendre les animaux est un but en soi, et doit être un objectif politique, alors, pourquoi se limiter à les protéger de l'activité humaine ? Les bêtes s'agressent aussi les unes les autres, pourquoi ne pas aller jusqu'à tenter de protéger la gazelle du lion ? N'as-tu aucune empathie pour la gazelle ? Ou es-tu tellement spéciste que tu refuses de penser l'action du lion et de l'homme de la même façon ? A propos du jour où il n'y aura plus d'animaux. Clarifions les choses : une extinction d'espèce, ça réduit le nombre d'espèce, pas forcément le nombre d'individus vivants. Si tu supprimes les loups, il y aura une espèce en moins, mais beaucoup d'animaux individuels en plus (ceux qui aurait été mangé). Si je peux concevoir une sorte de devoir de vertu (mais surement pas un devoir de droit) envers un animal non-humain particulier, envers une espèce, c'est à exclure. Sinon, pourquoi pas envers une famille, une classe, un ordre ? (au sens taxonomique) Ou encore, pourquoi pas envers une sous-espèce/une race ? Toi qui a le privilège naturel, à n'en pas douter, d'avoir un qi plus proche de 100 que de 0, en y réfléchissant un peu, tu verras que ça mènerait à des conséquences peu souhaitable. Bref, le nombre d'espèces (la biodiversité) varie, soit. On est sans doute dans une période de pente descendante, je te l'accorde. Mais sache que la vaguelette d'extinctions actuelle est minuscule à coté de celle de la fin du pléistocène, qui a emporté mammouth, rhinocéros laineux, etc etc. Que la vague d'extinction fin pléistocène est elle même toute petite à coté de la vague d'extinction fin éocène. L'éocène est une époque qui commence par un énorme réchauffement climatique, sans aucune commune mesure avec le notre, et lors de laquelle les mammifères se diversifient pour donner toutes les familles actuelles, et pas mal d'autres (ouai, la vie kiffe la chaleur, c'est fou). Et à la fin de l'époque, la plus grosse partie des nouvelles espèces disparaissent. Et devine quoi ? Même cette vague d'extinction là n'est pas une vague d'extinction dite "massive" tellement elle est insignifiante à l'échelle de l'histoire de la vie. Bref, garde ta science journalistique pour toi, et renseigne toi avant de dire des conneries.
  14. Mégille

    Tweets rigolos

    Je doute de ton thick libertarianism.
  15. Il prend habituellement la chose avec plus de jésuiterie subtilité, mais à moins d'être en contradiction totale avec l'Eglise catholique, ce qui serait étonnant, il est sans doute "homophobe" au sens ou beaucoup de gens. Il est un très bel exemple de véritable tolérance, pleine et entière, mais sans acceptation (de l'homosexualité, pas des homosexuels, hein). Ou alors, il n'est pas catho.
  16. Pff, c'est reparti pour un tour de Ségo, du coup, j'imagine ? Qui que soit celui ou celle qui le remplace, Hulot était sans doute moins nuisible.
  17. Au fait, quelqu'un a vu le film Les sorcières de Zugarramurdi ? Un chef d'oeuvre d'anti-féminisme. Peut-être un petit peu mysogyne. Heureusement, les féministes ne s'en sont pas rendu compte. Scénario, en gros : les femmes sont toutes des sorcières sans coeurs qui complotent contre les hommes ! Le réalisateur était en plein divorce...
  18. Cette réponse est socialiste.
  19. Je n'ai qu'un seul mot à dire : poutine.
  20. J'ai mal à ma Philosophie.
  21. Mégille

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    Ne t'inquiète pas, les grecs avaient pensé à tout. Ils avaient même trouvé une façon d'avoir le coté "aventure" durant la jeunesse sans avoir à faire aux femmes !
  22. Mégille

    Les sites de rencontre

    Comme le disait Socrate, d'après Xénophon : dans tous les cas, marries toi. Si tu as une femme bonne, tu seras heureux, et si tu as une mauvaise femme, tu deviendras philosophe, ce qui est une très bonne chose pour un homme.
  23. Si on se met à juger d'une doctrine par ses hérésies, maintenant... Je le redis, Kant a aussi donné Nozick. Les ordo se revendiquent de lui aussi, je crois (ça me semble légitime de leur part). Si on veut regarder l'impact concret de Kant, de façon méchante envers lui, dans le monde contemporain, je dirais qu'il faut regarder l'hégémonie de cette sale doctrine kelsennienne chez les juristes continentaux, et les grosses bureaucraties supra-nationales, UE et ONU. Traiter l'autre comme fin n'exclue pas de le traiter aussi comme moyen (ce que je fais avec mon boulanger lorsque je veux du pain). Mais ça signifie de respecter sa liberté, son autonomie, c'est à dire, d'obtenir le fruit de son travail avec son consentement, plutôt que par la force (je le traiterais alors comme un simple obstacle entre moi et le pain). L'impératif catégorique, en fait, c'est une version plus subtile du NPA. Et c'est quelque chose que viole complètement, et nécessairement, les politiques collectivistes, puisqu'elles sacrifient des individus au nom de la recherche d'un monde meilleure. Les arguments de Fichte et Hegel contre Kant et son formalisme jugé trop abstrait pour eux, ne prenant pas en compte les réalités nationales et historiques, etc, sont en fait des reproches fait à ce qu'il y a de libéral chez lui. On peut noter que contre ceux là, Kant a aussi donné Schopenhauer, qui lui est bien resté dans la tradition libérale. Et est assez proche de Bastiat, d'ailleurs, sur certains points (justice comme négative). Par contre, à propos de la guerre, il est clairement contre. Des républiques, des fédérations de républiques, des traités de paix, et pas d'armés permanentes. Voilà le monde idéal de Kant... On s'en rapproche, si ce n'est les armés permanentes. Privatisons l'armé !
  24. J'ai du mal à voir comment traiter l'autre toujours comme une fin, et non simplement comme un moyen, peut mener au socialisme, ou même être compatible avec. Deuxième formulation de l'impératif catégorique... ça pourrait presque être une définition du libéralisme. En fait, le débat Constant/Kant, c'était les prémisses du débat thick/thin. Il était républicain plus que libéral, soit... mais il était attaché à la liberté de pensée, à l'égalité de droit, considérait la propriété privée comme un droit naturel, et était opposé à la démocratie. Kant est de notre bord, il ne faut pas laisser les rouges se l'approprier. Et leur tentative de récupération... Adorno qui nous dit que la Shoah nous donne un nouvel impératif catégorique. Lol le mec a pas compris ce que veux dire "a priori". Sinon, Nozick vient de Kant, hein. (Rawls aussi, mais il y a pire que lui, en socdem)
  25. Mégille

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    Et surtout : tu n'es pas vu de l'autre lorsque tu le like ou dislike. Lorsque tu ne match pas après avoir liké, ça peut aussi être parce que ton profil n'a pas été vu. La relative discrétion pose d'autres problèmes moraux, hein, mais ça n'a pas tout à fait la même signification, ni le même caractère humiliant que d'utiliser tinder et de faire ce qu'elle a fait. Bon, maintenant, j'attends avec impatiente la performance qui voudra imiter adopteunmec !
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