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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. Bon, quand commence-on les paris pour savoir qui va la remplacer ? Pour l'électorat, si ce n'est pour le parti. Bardella est quand même jeune, et probablement pas très bon stratège ou rhéteur. Qui d'autre ? Zemmour ? Marechal ? Un cadre du RN ? (qui ?) Un outsider à la Georgescu ? Ou bien, un vautour de droite ou du centre (Ciotti ? Darmanin ?) réussira-t-il à s'emparer de la carcasse ?
  2. Quand on en a beaucoup, on en met beaucoup ? Je rebondissais sur la vidéo partagée un peu plus haut. Sa thèse générale (pour ce que j'en comprends, sachant qu'il m'en manque la première partie) est qu'il y a eu un islam originel pur, rationalisme-compatible, qu'on aurait envie de supposer compatible avec la philosophie des lumières malgré l'anachronisme, suivi d'une corruption obscurantiste. C'est une bonne histoire, parce qu'elle n'est pas complètement fausse (clairement, elle ne l'est pas plus que l'histoire traditionnelle), et parce que ce ne serait pas une mauvaise chose si elle était plus largement adoptée par les musulmans. C'est, je crois, celles que veulent raconter les néo-motazili, et sans doute une bonne partie des musulmans libéraux. Ca revient grosso modo à plaquer sur l'islam notre propre récit du moyen-âge façon Gibbon, mais décalé de quelques siècles. Pourquoi pas. reste que je n'ai pas l'impression que le récit accroche plus que ça dans le monde musulman. Et par ailleurs, je ne sais pas si c'en est la cause, mais il n'est pas tout à fait vrai non plus. Partant de là, je montre ce qui me semble être les principaux oublis de ce narratifs : - Pas sûr qu'il y ait un islam originel avant l'histoire longue dont il est question (c'est de ce coté là que sont à placer mes remarques sur Musaylima, même si elles étaient surtout là pour me vanter de pouvoir faire une chose que la machine ne sait pas encore faire : mettre en lien des informations de façon originale) - L'islam "rationaliste" de l'âge d'or n'était pas particulièrement libéral, et ne l'est toujours pas aujourd'hui, puisque les iraniens et les houthis en sont les héritiers. - La victoire de l'anti-rationalisme, loin d'être un complot des califes contre les musulmans et leurs philosophes, a plutôt été à la fois une rébellion contre l'autoritarisme centralisateur de califes plutôt rationaliste-friendly, et à la fois aussi une défaite interne du rationalisme dans la pensée musulmane, parce que ses systèmes métaphysiques audacieux n'étaient pas si solides que ça. - L'islam anti-rationaliste en question, qui a triomphé dans la deuxième moitié du moyen-âge, était un mysticisme charismatique souvent assez chill, et très éloigné du fondamentalisme actuel, qui est d'abord né en s'opposant à lui. Pas sûr que ces corrections aident à défendre l'islam libéral. Mais ça évite au moins les faux diagnostiques concernant le fondamentalisme. Et puis, de toute façon, l'islam libéral rationaliste a le même défaut que l'UE, et aura toujours du mal à s'imposer pour la même raison : en refusant les contingences historiques de leurs cultures, l'UE n'a pas plus de raison d'être européenne qu'un musulman rationaliste n'a de raison d'être musulman. L'européiste, cosmopolite, n'a pas de raison de s'arrêter à l'Europe. Idem, l'avicennien ou l'averroïste, universaliste, n'a pas beaucoup de raison de rester musulman. Pas surprenant que ça n'accroche pas plus que ça.
  3. C'est grosso modo une répétition de ma réponse, mais ok !😁 Quelle IA ? J'assume mon côté "révisionniste", oui. Un peu plus à propos Musaylima : la deuxième femme de Ali (quatrième calife et premier imam des chiites) appartenait à la tribu hanafi, qui avait Maslama/Musaylima comme prophète avant les guerres de la Ridda (qui ont suivi la mort de Muhammad). J'ignore l'influence que c'est susceptible d'avoir eu sur Ali, et donc sur ses disciples. Mais, deux autres faits intéressants : le Coran (dont le contenu était encore l'objet de dispute) est très riche en pronoms. Souvent, Dieu s'adresse à son prophète sans le nommer (le nom de Muhammad n'apparaît que 4 fois) en disant "dis leur..." Etc. Si un texte prophétique de Maslama, plutôt que de Muhammad, s'était glissé là dedans, il serait impossible de le savoir... Autre fait intéressant : le troisième fils de Ali était surnommé "Ibn Hanafiyya", fils de la hanafite, en référence à sa mère, plutôt qu'à son père, ce que est assez inhabituel. Ça semble indiquer une certaine importance de la mère en question. Et les partisans de Ibn Hanafiyya, les kaysanites, sont à l'origine à la fois du chiisme postérieur, du soufisme et du mouvement révolutionnaire pro-abbaside. Rien que ça. Pas grand monde ne parle de ces "détails" à ma connaissance... J'ignore ce que les robots trouveront à en dire.
  4. Intéressant, mais à part la toute dernière partie, ça parle de l'islam historique, pas spécifiquement de l'islam "d'aujourd'hui" ! Et à propos de la réaction musulmane actuelle, il y a plusieurs éléments importants qui manquent. Cette réaction, qu'on assimile beaucoup à Ibn Abdelwahhab (dont je n'ai pas l'impression qu'il soit très influent hors du clan Saoud), est à la fois plus récente, et trans-sectaire, plutôt que vraiment anti-sectaire. Alors que les wahhabi d'Arabi Saoudite sont quand même très ancré dans l'école hanbali, historiquement plus rigide et littéraliste que les autres, les talibans par exemple sont liés à l'école hanafi, pourtant historiquement la plus libérale. Et les Frères musulmans se font les avocats des écoles traditionnelles toute entière, et sont loin des excès salafi. Et ça ne se limite pas au sunnisme, la révolution iranienne, chiite duodécimaine, est sans doute le point de départ de l'islamisme actuel. Et les houthis, chiites zaydi, ne sont pas en reste. Et d'ailleurs, point intéressant à mettre en lien avec le reste de la vidéo : les chiites duodécimains et zaydis ont une théologie très proche de celle des mutazilites, rationalistes. Et les duodécimains étudient les anciens philosophes. Khamenei est même, je crois, un spécialiste de Mulla Sadra, un très grand philosophe du XVIIème siècle (qu'on gagnerait à connaître en occident), héritier de Ibn Sina. Difficile, donc, d'identifier le rejet du rationalisme comme cause unique du fondamentalisme. Sur la partie histoire maintenant. Je n'ai pas vu la vidéo "partie I", mais j'ai l'impression qu'il sous entend qu'il y avait un islam des origines avant toute cette corruption... J'ai plutôt l'impression que c'est la construction historique de l'islam qu'il décrit. Les premiers "musulmans" étaient sans doute des chrétiens hérétiques, apocalyptiques, à tendance arianiste mais pas trop dogmatiques et plutôt inclusifs (plutôt que "muslim", soumis, ils se faisaient appeler "mumin", c'est à dire croyants, incluant parfois les autres chrétiens et les juifs), ayant toujours la Bible chrétienne pour référence (puisque sans elle beaucoup de textes coraniques sont incompréhensibles), mais avec des sources sacrées renouvelées grâce à un prophétisme vivant, qui ne se limitait d'ailleurs pas à Muhammad (j'attends d'ailleurs que la recherche se saisisse de l'importante des autres, en particulier de Musaylima). A propos des hadith. J'ai l'impression que c'est plus subtil que ça, et qu'ils ont d'abord été mobilisé (eux ou en tout cas, leur étude systématique) contre le pouvoir, plutôt que pour lui. Les hadiths jouaient un rôle assez mineurs sous les omeyyades et au début des abbasides, et les imams Abu Hanifa et Malik ibn Anas n'y avaient presque jamais recours. On se met vraiment à voir un mouvement pro-sunna et pro-hadith en opposition au calife al-Mamun, lui même très centralisateur et très autoritaire, et partisan d'un islam plutôt rationaliste. Ce sont les opposants à Mamun, notamment Ibn Hanbal, qui vont utiliser les hadith comme une source d'autorité juridique partagée et décentralisée, plus légitime que le pouvoir politique du calife, et incontrôlable par lui. C'est encore la raison pour laquelle les tentatives politiques de contrôler l'islam pour le rendre modéré sont si inefficaces. La Sunna est une sorte de blockchain, conçue spécifiquement pour résister à ça. L'étape manquante sans doute dans cette histoire est la construction de la mystique musulmane, soufi. Al Ghazali, grand soufi lui-même, ne réfute pas les falasafa seulement au nom de l'orthodoxie, mais aussi au nom des faiblesses internes de leurs systèmes métaphysiques, qu'il maîtrise bien. Et avec et après lui, ce n'est pas tant un islam aveugle et dogmatique qui triomphe contre la pensée critique, mais plutôt un islam plus intuitifs et émotifs. Qui n'est pas tout à fait une plus grande soumission au politique, d'ailleurs, puisqu'il repose sur les figures charismatiques des sheikh. Ca a sans doute contribué à la perte de vitesse scientifique du monde musulman à la fin du moyen-âge. Mais puisque c'est un islam au préoccupation surtout spirituel et supra-mondaine, il était assez compatible avec une certaine modernisation, même s'il était attaché aux écoles théologiques et juridiques traditionnelles. C'est cet islam là, spirituel et esthétique, qui s'est effondré à la fin du XIXème et au début du XXème (au Moyen-Orient en tout cas). Et c'est aussi, peut-être même surtout, contre lui qu'est apparu l'islam bête et méchant actuel, qui rejette aussi bien la philosophie que la mystique, et qui se contente de chercher à appliquer un droit anachronique.
  5. Après avoir imité l'intelligence d'un étudiant médiocre, ou est maintenant capable d'imiter la dextérité d'un élève qui s'ennuie. Il faudra aussi ajouter Win Delvoye aux grands contributeurs à l'imitation de l'humain.
  6. Ca rendrait les cartes vachement moches.
  7. Sans compter les contextes naturistes, deux ou trois fois, dans des festivals de techno, où on m'avait tiré en me disant que la nudité était autorisée. J'étais systématiquement le seul sobre, et le seul nu.
  8. J'ai toujours été terrifié par l'idée de blackout. Il me semble que boire cesse d'être agréable bien avant d'en arriver là, non ? Quand je suis nu au milieu d'une foule, je tiens à ce que ce soit consciemment et délibérément.
  9. J'ai surtout peur que les réponses qu'ils finiront par donner, quelles qu'elles soient, soient moins bonnes que le mystère qui subsiste encore. Je me satisferais plus facilement d'une dose d'incompréhensible, fantastique ou absurde, que de solutions trop plates ou prévisibles. Il y a plusieurs choses qui m'ont un peu déçu dans la saison 2. Je suis esthétiquement très satisfait par le final, par contre. Et j'ai beaucoup aimé le développement des enjeux amoureux et religieux de la severance.
  10. Quelqu'un d'autre ici a suivi Severance ?
  11. Considérer la liberté d'expression comme un droit spécifiquement politique, et donc justifié uniquement par son utilité pour l'état, plutôt que comme une liberté personnelle, c'est socialiste.
  12. Prends celui où Sham voit son père, Noé, bourré et à poil, et se fait donc condamné à être l'esclave de ses frères, ce sera de bon augure !
  13. Moi pas. A la place, j'ai failli me mettre au thérémine.
  14. Vous m'aviez manqué
  15. ah oui, zut, je me suis planté de coté pour l'événement de 660 bce.
  16. Je suis énervé par le fait qu'il y ait eu un "événement de Miyake" (bordelisation du carbone 14 probablement à cause de tempêtes solaires, ou d'autres événements cosmiques) pendant la période probable de rédaction du palimpseste de Sanaa (premier manuscrit du Coran), foutant peut-être en l'air sa datation, et que je ne trouve aucun article en parlant. Aussi, c'est bizarre que les tempêtes solaires modernes, qui ont causé des problèmes à nos réseaux de télégraphie ou électrique, n'aient pas été des événements de Miyake. Et je ne vois aucune mention d'aurore boréale exceptionnelle pendant les événements de Miyake historiques. Chelou.
  17. Ca arrondit le vote populaire par état, en faveur des états les moins peuplés. Ceux-ci se retrouvent à avoir moins de voix par grand électeur, c'est à dire, plus de grand électeur par voix : Même s'il y a de petits états progressistes (Vermont, Washington DC) qui en bénéficient et de gros états conservateurs (Californie) qui y perdent, dans l'ensemble, ça avantage surtout les conservateurs, qui ont beaucoup de petits états peu peuplés. C'est ce qui a fait que Trump a gagné en 2016, alors même que le vote populaire était contre lui. Idem pour GW Bush en 2002. Par contre, Trump a bel et bien gagné le vote populaire en 2024, donc il aurait gagné même sans les grands électeurs.
  18. Marx a raison sur pas mal de choses, mine de rien. L'existence de la domination et de l'exploitation n'est pas loin d'être une constante depuis le début de l'histoire écrite. Cette domination prend des formes qualitativement différentes au cours du temps. Les changements généraux, de grande échelle, ont une structure à peu près intelligible : le schéma esclavagisme-féodalité-capitalisme est globalement vrai, en occident au moins. Et il y a des facteurs matériels (économiques) à tout ça. Il a tort de sous-estimer les facteurs idéologiques et intellectuels (on ne peut pas avoir le capitalisme sans les machines, et on ne peut pas avoir les machines sans une science avancée ; et les conditions matérielles aux innovations techniques ne sont pas moins nécessaires que les conditions morales aux innovations sociales), tout comme il a tort de sous-estimer l'usage de la force (avec ses justifications idéologiques), qu'il a tendance à ranger dans une super-structure superficielle. Le capitalisme du XIXème était peut-être oppressif, même s'il l'était, ce n'était pas de la façon proposée par la théorie économique marxiste, obsolète, mais parce qu'il y avait une coercition généralisée à l'encontre des ouvriers (working house, interdiction des syndicats, carnets ouvriers, etc) par des états aux intérêts alignés avec le capital, par le truchement du suffrage censitaire, de l'existence des clubs patronaux, des monopoles de droit et du protectionnisme, etc. On peu donc trancher entre Marx et Hegel, et admettre une association de facteurs idéels et matériels pour comprendre la structure générale de l'histoire. On peut aussi, sans doute, trancher entre eux à propos de l'attente du futur. Le prévoir, comme le prétend Marx, est évidemment au delà de nos capacités. Mais se contenter de comprendre rétrospectivement les mouvements achevés, comme s'en satisfait Hegel, est peut-être en deçà. S'il y a une structure générale des grands changements, alors, on peut tenter de comprendre le changement en cours, et la direction dans laquelle il va, même sans forcément pouvoir prédire l'état final (et encore moins le suivant). Par contre, pour sa futurologie, Marx commet de grosses erreurs, intellectuellement impardonnables. Contrairement à ses erreurs en économie, qui étaient celles de son temps, et qui étaient cohérentes entre elles, il échoue à donner du futur une image en accord avec sa vision de l'histoire. D'une perspective même un tout petit peu marxiste du passé, on peu identifier quelques généralités qui contredisent ses espoirs et ses prophéties politiques : - Ce n'est jamais la classe dominée qui remplace la classe dominante, mais toujours un segment proche de la classe dominée, associé à la classe dominante. Ce ne sont pas les esclaves qui ont remplacés les maîtres, mais les barbares fédérés. Ce ne sont pas les serfs qui ont remplacés les seigneurs, mais les bourgeois libres. - Le changement de système n'implique pas forcément la disparition de la classe dominante précédente, seulement son obsolescence. L'aristocratie gallo-romaine a survécu au féodalisme, et s'est fondu dans la nouvelle noblesse. Les grands propriétaires terriens et les familles aristocratiques médiévales n'ont pas disparu avec l'avènement des industriels et des financiers -pas plus que les monarchies n'ont eu à toute laisser la place aux républiques- ils s'y sont associés, ou bien on gardé une petite place confortable à leurs cotés. Elles peuvent mêmes, comme la royauté anglaise, conserver formellement tout le pouvoir, même après avoir perdu toute puissance réelle. - Les révolutions sont des épiphénomènes, et l'on toujours été. Même si elles accompagnent les changements sociaux de grande échelle, elles ne les causent pas plus que les séismes ne causent le mouvement des continents. Ce n'est pas la révolution française qui a instauré le capitalisme - tous les marxistes savent qu'elles n'est qu'une conséquence collatérale de l'accumulation du capital, et du changement qui était en cours de toute façon. Et qui avait tout aussi bien cours -peut-être même encore plus vite- de l'autre coté de la Manche, avec ou sans révolution. Ces erreurs de Marx et des marxistes expliquent leur incapacité à comprendre la transformation du capitalisme vers le système suivant -dès que ça ne leur plaît pas, ils sont incapables d'y voir autre chose qu'un retour au système précédent, malgré les évidentes différences majeurs. Marx face à la multiplication des fonctionnaires français, ou plus récemment Graeber face aux bullshit jobs et Varoufakis face aux géants de la tech sont incapables de voir autre chose en ça -qui n'est évidemment plus du pur capitalisme façon XIXème- qu'un retour à la féodalité. Même si ça n'a évidemment rien à voir avec ce qui défini la féodalité chez Marx, à savoir, le contrôle des moyens d'existence. Ce qui se joue plutôt, c'est l'avènement d'une classe qui domine par le contrôle des moyens immatériels de production. Non plus les machines, mais la technique, l'information, la supervision des procédures. Comme ont aurait pu le prévoir en prenant en compte les oublis de Marx, c'est non pas l'ouvrier qui prend le pouvoir sur son patron, mais une classe intermédiaire, le contre-maître, la manager, le technicien, et avec lui le bureaucrate (qui est au technocrate ce que le capitaliste financier est au capitaliste industriel). Schumpeter (dans Capitalisme, socialisme et démocratie), Deleuze (dans le post-scriptum sur les sociétés de contrôle), et dans une moindre mesure peut-être aussi Galbraith et Lyotard, avaient déjà mieux observés cette transformation. Les révolutions communistes du XXème siècle étaient des tentatives précoces de se contenter de ce nouveau système en se dépouillant du précédent. Elles sont comparables aux révolutions hollandaises et anglaises. Mais les capitalistes peuvent très bien subsister après leur perte d'hégémonie, tout comme la vieille noblesse. Musk et Trump sont des frondeurs, et un libertarianisme approximatif sert de nouveau jansénisme. Mais si j'ai raison, et si Marx a raison à travers ses erreurs, ça ne donnera pas grand chose. La bonne nouvelle, c'est que puisque le libéralisme précède le capitalisme (le mode de production du temps de Locke, et des frères Dewitt et des frères De la Court, était largement pré-capitaliste), il peut tout aussi bien lui survivre.
  19. A propos du "socialo-", je ne pense pas que ce soit la plus grosse source de dépense/déficit (contrairement à chez nous). Et ce n'est pas non plus ce dans quoi coupe Trump. J'ai plutôt l'impression qu'il cherche à revenir à un anti-libéralisme à l'ancienne, pré-XXème s, moins compliqué, moins bureaucratique, plus simple et plus bourrin. Musk et lui ressemblent peut-être un peu aux frondeurs du XVIIème. Sauf qu'au lieu de lutter contre l'ordre nouveau capitaliste et étatique pour revenir à la féodalité, ils luttent contre la transition vers une technocratie totale pour maintenir le bon vieux capitalisme de connivence à l'ancienne.
  20. Très profond.
  21. Halala, qu'est-ce que c'est bien écrit. Qu'est-ce que c'est drôle. Qu'est-ce que c'est bien joué. Vraiment ce qu'on fait de mieux en France. edit : attendez voir, je ne vois même pas de petit logo "cnc". C'est fou comme on fait tout mieux sans subvention.
  22. Idem, le semblant de respect que je pouvais avoir pour Vance s'est envolé. Je ne m'étais pas penché sur son cas, et le concernant, je m'étais arrêté aux mèmes le qualifiant de "weird", qui me l'avaient rendu sympathique, et à son débat avec le colister de Harris, où il m'avait donné l'impression d'être intelligent et honnête. Bref, un nerd politique de droite, qui a tort, mais avec qui on peut discuter sans perdre son temps. Ici, il montre toute la sournoiserie et le machiavélisme qu'on peu attendre d'un politique. Autant je ne suis pas sûr que Trump ait saisi autre chose qu'une vibe de remise en cause de son autorité, autant Vance utilise ici volontairement et visiblement les pires saloperies du petit manuel de mauvaise fois de Schopenhauer. Si tu vas par là, il en faut un pour Trump aussi. C'est peut-être ce qui explique la présence de Vance, d'ailleurs.
  23. Je pense au culte de la personnalité de Trump, et j'essaie de le mettre en perspective dans l'histoire américaine. Son cas n'est pas habituel, mais il n'est pas tout à fait exceptionnel pour autant, ou en tout cas, pas unique. Au moins Washington, Jackson et les deux Roosevelt ont été l'objet, il me semble, de cultes similaires de leur vivant. Et en faisant consensus, dans les cas de Washington et FDR. Dans une moindre mesure (au doigt mouillé) mais en tout aussi clivant que Jackson et Trump : Kennedy et Reagan. Jefferson et Lincoln étaient-ils vénérés dès leur vivant, ou bien est-ce venu après ?
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