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F. mas

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Tout ce qui a été posté par F. mas

  1. F. mas

    Concertos montebourgeois

    Disons que tous les politiques ne sortent pas de l'ena, même s'ils s'entourent d'énarques, et que le rôle important de l'expertise bureaucratique dans la fabrication de la décision publique n'est pas une spécificité française. Ce qui est spécifiquement français, c'est son organisation, son proces de recrutement et son emprise. Tiens, si le sujet t'intéresse (ce qui m'étonnerait, parce que personne de normalement constitué ne devrait pouvoir s'intéresser à l'histoire de l'administration publique), tu peux te reporter à l'évolution de la place de la bureaucratie en Grande Bretagne et aux Etats-Unis à la fin du 19e. Les discours de W Wilson sur le sujet sont hallucinants. Il explique benoîtement dans ses discours que l'expansion de la société capitaliste a rendu obsolète le constitutionnalisme classique -et le vieux mécanisme de la division des pouvoirs- et que du coup, il faut faire comme en GB, abandonner le parlementarisme pour le remplacer par une administration efficace. C'est tout un mouvement, et l'organisation bureaucratique française est en quelque sorte un fossile datant de cette période pré-1970.
  2. F. mas

    Concertos montebourgeois

    Les politiques ont participé autant que les haut fonctionnaires à leur attribuer un rôle décisif dans la fabrication de la décision publique, que ce soit en France ou même ailleurs. Qu'on se souvienne de la physionomie du premier gouvernement de la Ve république : très clairement, de Gaulle envisage le gouvernement comme un comité technique chargé d'exécuter ses ordres. Le premier ministre y est le premier des haut fonctionnaires, et ses ministres des techniciens chargés de mettre en oeuvre les décisions de l'exécutif. C'est d'ailleurs de Gaulle qui signe le décret de 45 qui voit la création de l'école.
  3. F. mas

    Concertos montebourgeois

    Pourquoi un homme politique élu s'emmerderait à pondre un programme original tout seul alors qu'en en appelant à un haut fonctionnaire, il peut en avoir un clef en main calibré pour être exécutable par une administration qui de toute façon te mettra des bâtons dans les roues si tu lui proposes un ordre de mission qui ne lui convient pas, qu'elle ne comprend pas, ou qui va à l'encontre de ses intérêts ? C'est un calcul tout à fait cohérent. Je suis élu, je fais un peu de représentation et je délègue mes dossiers sérieux à des types rompus à la prise de décision publique (enfin officiellement).
  4. Je ne jugerai pas des positions de Lugan en tant qu'africaniste, puisque je suis totalement incompétent sur le sujet. Maintenant, il est possible de juger de ses positions politiques générales, qui font de lui autant un chercheur qu'un militant de longue date de la droite de la droite. L'homme est un ancien d'Action française, qui, déçu par la trop grande modération de ses camarades camelots du roi, s'en est allé chez les fafs de la FEN (fédération des étudiants nationalistes). Il a ensuite ses anciens petits camarades au GRECE, et depuis, il mêle les eux grilles de lecture, à la fois nationaliste française et ethno-différencialisme de la nouvelle droite (tendance Venner/Vial). Il faut garder ça à l'esprit pour ne pas trop faire de contresens sur ses intentions ou ses propos. Il est possible qu'il puisse dire des choses très intéressantes, mais de là à l'adouber libéral, il y a quand même un sacré fossé. Je me souviens d'une anecdote rapportée par un de ses anciens élèves à Lyon -ce qui lui a valu un blâme de sa hiérarchie si je ne m'abuse- lors d'un mardi gras dans les années 1990 : il s'était pointé déguisé en lancier du Bengale, et avait commencé à entonner avec certains de ses étudiants "quand Jésus Christ créa la coloniale" avant de déclencher une bagarre généralisée entre militants de l'UNI, du RE, de l'AF et des UNEFs (il s'en était plutôt bien sorti, puisqu'il pratique plusieurs sports de combat). http://www.youtube.com/watch?v=7LioUvaO13s
  5. Héhé, pas étonnant. Nolte a pas mal influencé Sternhell. Raoul : la comparaison entre Action Française, Nazisme et Fascisme est le fondement du livre qui l'a pour ainsi dire lancé, à savoir le premier tome du fascisme dans son époque (qui a été édité chez bouquin il y a quelques années). Sur les chiffres de Payne : je ne sais pas, je ne suis pas historien, et m'intéresse à la période en amateur seulement.
  6. Je ne trouve pas Nolte très pertinent sur la question, qui tend à bricoler une généalogie du fascisme comme anti-Lumières et dynamique de radicalisation de la contre-révolution (face à la révolution), ce qui lui pemet d'"oublier" ce que le fascisme doit à la modernité démocratique et à la technique (et au passage d'inventer des racines françaises au nazisme et au fascisme, ce qui relève de la désinformation et des présupposés idéologiques de l'auteur). Sinon Arendt, Talmon, Lefort, Gauchet, etc. Sur l'attitude des libéraux et des démocrates de l'époque concernant le fascisme, je trouve le dernier livre de M. Gauchet intéressant (sur la généalogie de la démocratie contemporaine) : il montre que contrairement au nazisme, le fascisme italien n'est pas une idéocratie, mais un régime qui a évolué en fonction des circonstances et des positions du Duce. Du coup, il y a eu plusieurs périodes dans le fascisme qui l'a vu oscillé entre régime autoritaire-libéral, état corporatiste et tentation totalitaire. Cela explique les positions des Churchill, Mises, Pareto ou Maurras. S. Payne est plutôt bon sur la guerre d'Espagne et l'histoire de la phalange (le fascisme espagnol).
  7. La perversité du mécanisme démocratique est qu'en fait, la redistribution ne favorise pas tous les modes de vie, mais ceux les plus adaptés aux modes d'allocation via la redistribution. En d'autres termes, non seulement il y a appauvrissement généralisé (puisque les transferts non volontaires font perdre de la valeur aux biens), mais transfert aux classes les plus dépendantes de l'intervention d'état. Il y a appauvrissement généralisé et subvention croissante des plus pauvres et des moins productifs.
  8. Le problème de l'utilitarisme, en morale comme ailleurs, c'est que ça marche pas (si on est utilitariste et qu'on s'aperçoit que l'utilitarisme n'est pas fonctionnel bicause of la subjectivité des préférences, on a plutôt intérêt à passer à autre chose ) Plus sérieusement, oui, le problème de l'utilitarisme en politique, c'est d'abord la question de l'objectivité des préférences : une politique publique pour favoriser la liberté des plus pauvres suppose qu'on puisse connaître les préférences des individus qu'elle cherche à pousser. Ces préférences ne peuvent être objectivement repérées qu'en termes de pognon (de rétribution matérielle, que ce soit argent ou biens publics), ce qui fait de tous les individus des hédonistes matérialistes. Seulement qui fixe le contenu de ces préférences objectives, sinon le législateur ou le politique ? Cela fait dire à de Jasay que les seules préférences révélées par l'utilitarisme sont celles des pouvoirs publics et non des consommateurs de politiques publiques. La politique utilitariste dans le domaine équivaut à subventionner et perpétuer certains modes de vie au détriment d'autres.
  9. Pour Mill, c'est tout à fait possible et mesurable : il s'agit de prospérité matérielle, donc de transfert de pognon. Le raisonnement est simple (et fleure bon le keynésienisme dans sa version la plus mainstream) : la liberté individuelle, c'est le pouvoir de faire le plus de choix possibles. En transférant une partie de la richesse des plus riches vers les plus pauvres, on augmente la possibilité de choisir pour les plus pauvres sans trop pénaliser les riches, et on répartit équitablement prospérité et liberté. Donc, toujours pour Mill, possibilité de comparaison entre les utilités individuelles, de les agréger et de répondre à la demande de prospérité. Quelle plaie ces utilitaristes. :/
  10. Seulement la prospérité peut très bien être obtenue en dehors d'un système purement capitaliste. L'utilitarisme par exemple donne au politique toute latitude pour redistribuer ce que le marché a créé afin d'égaliser les conditions et rendre les conditions d'existence des citoyens qu'il soumet plus vivables. Donc la prospérité ok, mais pas à n'importe quel prix.
  11. Ah, tiens, pour moi, c'est plutôt l'inverse. La prospérité est plutôt une externalité extrêmement positive d'un régime libre. Enfin c'est une question qui traverse toute l'histoire du libéralisme, ça.
  12. Juste quelques remarques en passant, essentiellement lexicales : quand on parle de droit à la vie, à la poursuite du bonheur, ou je ne sais quoi encore, on désigne des notions morales plus que du vrai droit. Si nous voulions parler avec un peu plus de précision, il faudrait se demander qu'est ce qui est créateur de droit, et pourquoi nous parlons ici de droit à la vie ou au bonheur, et non par exemple de liberté de poursuivre ce qu'on estime être conforme à son bonheur ou de vivre et de vivre comme on l'entend. En droit, c'est un contrat qui créé des droits et donc des obligations à respecter : l'existence des droits suppose l'existence au minimum de tribunaux, au maximum d'un gouvernement civil érigé en vue de faire respecter ces droits (et éventuellement de punir ceux qui ne les respectent pas). Cela fait dire à de Jasay qu'employer le terme droit (enfin au sens de droit subjectif) pour parler du droit à la liberté ou à la propriété suggère l'existence d'un régime d'autorisation plus que de liberté :c'est le législateur ou le politique qui définit les frontières de ce que l'individu est libre de faire ou pas, et non l'individu lui-même jusqu'à ce qu'il cause du tort à quelqu'un d'autre. En d'autres termes, l'utilisation un peu trop large des droits justifie l'existence et l'intervention de l'Etat dans les affaires entre individus pour les faire exister, ce qui est une faiblesse des théories libérales se fondant sur des droits. Sinon, j'ai toujours trouvé logiquement malfoutue l'expression droit à la vie. J'ai toujours pensé qu'il fallait d'abord être vivant (même potentiellement) pour bénéficier de droits, et que dire de quelqu'un qu'il a le droit à la vie signifierait attribuer à une entité précédant l'existence concrète d'un individu la possibilité de choisir entre vivre et ne pas vivre, ce qui est un peu curieux.
  13. C'est quoi le taux de divorce aux US ?
  14. Sur le sujet, tu connais j'imagine ? http://www.decitre.fr/livres/les-origines-du-regime-parlementaire-en-france-1814-1848-9782130524878.html
  15. L'obamania quasie unanime française qui s'étale dans les journaux et à la télé me donne la nausée. Je n'en peux plus. Je suis chez mes parents, et je viens de voir le journal de France 2, qui dans le genre apologétique, larmoyant et casse pieds se pose là.
  16. Arg. C'est télé-vieux ?
  17. Ces geeks ont le don de pourrir tous les fils qu'ils touchent <–< Ils ont pourtant un fil qui leur est dédié, où ils peuvent faire montre de leur inadaptation au monde entre eux.
  18. Dans le genre accent, il y a pire http://www.youtube.com/watch?v=RRKm2FLNPBE
  19. Plus court mais ridicule quand même. Alors que pain au chocolat…tout de suite, on imagine un truc formidable. Ou pas (JF Copé).
  20. Remarque, venant du Pas de Calais, j'ai eu du mal à remplacer "crayon de bois" par "crayon à papier".
  21. ou pire, un "pochon" !
  22. Mais tu viens de quelle planète exactement ? C'est bien la première fois avec cette élection à la con que j'entends cette expression.
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