Je vois pour ma part dans ce phénomène récurrent d'émeutes raciales la concentration de plusieurs maux imbriqués les uns dans les autres, qui porte d'ailleurs un nom générique bien connu des lecteurs de ce forum : socialisme. On peut même le décrire comme une pièce en plusieurs actes (comme une tragédie shakespearienne mais en moins sympatoche).
Acte I : Les années 1970 sont une période de plein emploi pour tous le monde, ce qui a entraîné deux phénomènes distincts. Le premier, c'est l'exode rural massif (encouragé d'ailleurs par les politiques de "modernisation" qui ont défigurer les campagnes et pousser à la surproductivité), et l'arrivée autour des villes des ex paysans. Pour répondre à cela, les politiques ont fait ce qu'ils savaient le mieux faire, du planisme anarchique et des logements collectifs pour remplacer les bidonvilles pourris et accueillir les nouveaux venus. Un peu plus tard, toujours pour des raisons liés à la croissance éco, un certain nombre d'incitations politiques ont été prises pour faire venir massivement des étrangers en provenance du Maghreb et plus généralement d'Afrique pour soutenir l'expansion économique comme on disait à l'époque.
Acte II : Les soucis commencent. Au cours des années 70, les Français perfectionne un Etat providence que le monde entier nous envie mais qui commence à se gripper dès la fin des années 1970. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'un Etat providence de type corporatiste ou continental conservateur qui (1) fonctionne sur la croissance (2) rétribue essentiellement des classes moyennes déjà surprotégées au détriment des nouveaux entrants sur le marché (en particulier les jeunes, les immigrés, les sous diplômés mais aussi le secteur privé). La sécu, les allocs, la retraite vont directos dans la poche des catégories protégées et le reste est prié de payer sans moufter. Inutile de dire que quand la croissance s'essouffle fin 70's et que la transition démographique commence à se faire sentir, et bien le nombre des bénéficiaires du système s’accroît, la charge pesant sur les nouveaux entrants aussi. Le nombre des improductifs s’accroît (les retraités et les vieux) et leur confort dépend de plus en plus d'une production qui décroit.
Acte III : Arrive alors les solutions politiques socialistes pour résoudre le problème (enfin VGE et Mittran sur ce plan là, c'est kif kif). Au lieu de remettre à plat le système de retraite, le code du travail ou encore le système de retraite, nos politiciens vont raisonner en technocrates pleutres et court termistes : afin d'être élu et réélu, ils vont se faire les défenseurs acharnés du modèle social français qui profite essentiellement à leurs clientèles respectives (les classes moyennes et les retraités en gros) au prix d'un taux de chômage à deux chiffres, et particulièrement élevé dans les classes pauvres, jeunes et sous diplômées. Cela va se répercuter directement dans les quartiers, ceux construits pour l'exode rural et désormais peuplés par les nouveaux pauvres de la fin des années 1970, à savoir les immigrés. Contrairement à la génération précédente, ils auront droit aux cités dortoirs non pas en attendant mieux, mais à vie (puisqu'il n'y a plus de croissance, et que la priorité du gouvernement devient rapidement la protection de l'emploi de ceux qui ont déjà un emploi via le bétonnage du code du travail et l'alimentation du système de redistribution sociale, ils vont cumuler dynamisme démographique et stagnation sociale ce qui est bien entendu très intelligent).
Acte IV : Les socialistes vont faire mieux que simplement laisser pourrir la situation, ils vont l'empirer. Puisque le modèle social français fonctionne sur la croissance, ses représentants vont multiplier les incitations à l'immigration en assouplissant la législation sur le sujet et en régularisant de temps à autres. Sans doute espèrent-ils que les nouveaux venus apportent des pépètes pour le pays et l'Etat providence (et donc pour satisfaire les clientèles qui élisent les politiques) tout en acceptant leur condition de précaires à vie (au moins jusqu'à la fin de leurs mandats). Incidemment, au cours des années 80 ça énerve la droite et garantie la réélection de la gauche, c'est tout bénef.
Acte V : Puisque l'Etat providence à la Française repose sur le contribution de tous mais se fait au bénéfice des plus inclus, et que ces plus inclus bénéficient entre autre d'un droit du travail particulièrement rigide qui maintient le taux de chômage élevé, il convient de faire croire aux victimes du mécanisme (mais aussi pour donner bonne conscience aux bénéficiaires du machin) qu'on s'occupe d'eux. En d'autres termes, il faut acheter la paix sociale, avec des machins du genre l'ANPE, les politiques contre le chômage et autres idioties inutiles et coûteuses mais bien pratiques pour fermer la gueule à ceux qui prétendent que les politiciens ne font rien ou ne font que conneries sur conneries.
Pour les banlieues, le socialisme invente la "politique de la ville" et la politique de l'excuse, là aussi pour acheter la paix sociale. Chaque année depuis une vingtaine d'années, on engouffre des milliards dans les quartiers sensibles pour payer des assos, des écoles, des équipements, des grands frères, des salles de sport, des vacances, etc avec le succès qu'on connait. La politique de l'excuse, c'est l'euphémisation systématique de la prédation et des violences régulières qui se déroulent dans les zones de non droit contrôlées par les bandes et sous l'emprise de l'économie souterraiene, qui se sont développées depuis le début des années 80 jusqu'à aujourd'hui, et qui repose sur une idée de génie : il est plus facile de faire honte aux gens qui ne vivent pas dans les quartiers qu'aux racailles qui y tiennent le haut du pavé. L'idéologie antiraciste en est un multiple avatar.
Acte VI : les populations qui vivent dans ces banlieues pourries sont majoritairement immigrées, fils d'immigrés ou petits fils d'immigrés africains et sont divisées entre l'acceptation passive de la "loi du ghetto" et son acceptation active, comme on l'a vu en 2005, selon les témoignages de certains flics (avant que les politiques ne demandent aux préfets de faire silence radio). Parce qu'il faut bien vivre, et que les politiciens et l'Etat n'ont jamais vraiment eu intérêt à faire quoi que ce soit -y compris assurer ses fonctions régaliennes- dans ces cloaques jusqu'à ce que les bandes débarquent en centre villes toujours en 2005, les populations se sont adaptées (en développement leur contre-culture ou en gardant leurs coutumes d'origine, ou même en mixant les deux).
Je dois quitter : je posterai mes références un peu plus tard dans la soirée pour ceux que ça intéresse et quelques (modestes) suggestions inspirées par la figure chevaline de Pasqua (hé oui, tout arrive) pour résoudre cette situation pourrie pour tout le monde, et qui se dégrade de jours en jours.