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Lancelot

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Tout ce qui a été posté par Lancelot

  1. Une punchline de True Detective a (peut-être) été inspirée par Les Trois Mousquetaires.
  2. C'est l'ultra libéralisme.
  3. Ça dépend de ce que tu définis comme de la "fraude". Si on parle de choses que tout le monde universellement reconnaîtrait comme tel, par exemple fabriquer des données, mentir sciemment sur un résultat... je pense que c'est extrêmement rare, mais extrêmement rare multiplié par le nombre de chercheurs dans le monde et si on ajoute en plus des incitations politiques à trouver une chose plutôt qu'une autre (ou de la part des éditeurs/reviewers à faciliter les résultats qui vont dans un sens plutôt qu'un autre mais c'est un problème à un autre niveau), ça peut faire beaucoup en valeur absolue. Il y a ensuite un autre aspect qui est le respect de la réglementation, et c'est particulièrement important pour la médecine bien sûr mais aussi pour n'importe qui travaillant sur des pathologies ou avec des équipements potentiellement dangereux. Pour ça je dirais que tout le monde connaît les risques et fait de son mieux pour se couvrir, mais des erreurs ou des imprévus peuvent arriver, ou même des problèmes d'interprétation des textes (par exemple qu'est-ce qui constitue ou pas un essai clinique, n'est-ce pas). Encore une fois les incitations politiques vont parfois biaiser la décision d'inspecter telle ou telle personne et d'être plus ou moins strict avec elle. Ensuite il y a la zone grise des "good practices" qui dépend surtout de tes partis pris méthodologiques (par exemple "ce n'est pas un RCT donc ce résultat ne vaut rien"). Certains vont aller jusqu'à dire qu'un papier n'est jamais valable quand il n'a pas fait l'objet d'un pre-print qu'il respecte scrupuleusement, avec telle analyse et tels contrôles... autant dire qu'en adoptant ce point de vue là on finit par décider qu'aucun chercheur n'est innocent, que 100% de la production scientifique est frauduleuse mis à part quelques "meta-scientists" qui ne produisent aucun résultat eux-mêmes mais passent leur vie à compiler des immenses et fastidieuses reviews, parasites des chercheurs qu'ils critiquent mais sans en saisir l'ironie.
  4. Déjà (je précise au cas où) c'est un détournement de la formule all models are wrong but some are useful, qui s'applique en fait mieux à ton questionnement dans ce message et le suivant : aucun modèle ne peut représenter parfaitement la réalité, tout modèle dépend d'un ensemble de compromis, ce qui définit le "meilleur modèle" (i.e. le meilleur compromis) est dépendant de ce qu'on cherche à faire dans un contexte donné, et c'est là qu'on se rattache au pragmatisme épistémologique. En ce qui concerne la réalité externe, je reste sur ma position que (1) elle existe, (2) la seule forme d'objectivité qu'on peut prétendre atteindre c'est une forme d'intersubjectivité (je n'aime pas les associations de ce terme mais je l'utilise faute de mieux) où "n'importe quel humain de bonne foi avec les capacités et les connaissances suffisantes pour constater ce fait devrait être d'accord", ce qui correspond en gros à la méthode scientifique telle que décrite dans The Fixation of Belief: Pour en revenir à ma phrase sur la méthodologie spécifiquement, je veux dire que toute méthode est critiquable, la quête d'une méthode parfaite qui en la suivant garantirait que ton résultat sera considéré comme valide pour les siècles des siècles est stérile. Elle est même nuisible parce que ça pousse des (généralement jeunes) chercheurs à utiliser toujours la dernière méthode flashy à la mode mise au point par un méthodologiste au pif mais que personne ne comprend, or comme je le disais le plus important dans un cadre scientifique ce n'est pas d'idolâtrer une méthode mais avant tout de comprendre ce qu'on fait et de le faire comprendre aux autres le plus clairement possible (parce que c'est comme ça qu'on maximise l'objectivité de ce qu'on raconte bien sûr). Bref pour citer une slide intitulée "I wish I wasn't there" dans une présentation d'Andrew Gelman (qu'on ne peut pas accuser d'être la dernière des billes en méthodologie) : Je note la référence du bouquin de Wilson qui m'intrigue.
  5. Par souci de complétion je vais juste mentionner rapidement (j'avais commencé, mais jamais fini, un long texte quand ce thread a été ouvert) que face au méthodologisme j'ai défendu avec un certain succès (en tous cas avec mes proches collègues) ce que j'appellerais le pragmatisme méthodologique : toutes les méthodes sont mauvaises, certaines sont utiles dans certains contextes. Le point crucial n'est pas de respecter telle ou telle méthode comme une idole mais de comprendre et maîtriser ce qu'on fait (et les limites de ce qu'on fait), de l'expliquer clairement de manière à ce qu'un pair suffisamment renseigné sur le sujet (none of that vulgarization bullshit) puisse le comprendre assez pour le reproduire.
  6. Lancelot

    Actualité Covid-19

    Soyez vigilants, on recommence à parler du covid dans les MSM et ça percole dans mes discussions de famille durant les repas. Ils tâtent le terrain.
  7. Je me fais parfois cette réflexion (enfin le covid entre autres interactions avec cette engeance à mon boulot), et c'est un exploit car en première lecture Feyerabend m'avait paru vain et fatiguant.
  8. Nick, je sais que tu ne penses pas à mal mais en l'occurrence tu te fais l'idiot utile du genre de méthodologistes enragés qui servent de chiens de garde contre les scientifiques non mainstream. Le fait est que les standards de "scientific rigor and process" c'est comme la loi en France ou les normes sociales du jour appliquées à ton historique twitter : tellement compliqué que personne n'est complètement d'accord dessus, ça change tout le temps, c'est quasiment impossible de ne pas se retrouver dehors au moins un petit peu si on se fait assez scruter, généralement la motivation principale pour scruter quelqu'un est opportuniste (i.e. c'est un ennemi qu'on veut faire taire). C'est au moins un aussi gros problème pour le progrès de la science que la fraude.
  9. En première lecture j'avais compris qu'il était question du qi, ce qui aurait été bien plus rigolo.
  10. Lancelot

    Shower thoughts

    Ou tout simplement ce qui était supposé être la sagesse ancestrale en modélisation : on ne mélange pas les torchons et les serviettes, garbage in garbage out, tout ça.
  11. Sounds like a normal scientist to me.
  12. Tu as donc la même réaction que moi face à tous les papiers qui commencent pas "I will explore XXX under the perspective of YYY".
  13. Je vous demande de vous arrêter.
  14. En général tout ce qui passe par l'écrit plutôt que par l'image clairement. À l'extrême quelque chose comme les fables peut-être, mais n'importe quel roman peut être centré harmonieusement autour d'un ou plusieurs messages. Messages qui doivent être plus ou moins mis de côté dans les adaptations en film sous peine de devenir lourdingue (exemple caricatural où arguably c'était déjà lourdingue à la base : Rand). Dans le domaine de la vidéo il faut aller chercher du côté des reportages, dans la mesure où on peut les considérer comme une forme d'art, ou peut-être les sketchs humoristiques en tant que commentaire social.
  15. Cette conversation me fait réaliser quelque chose : je pense que les films sont un très mauvais format pour faire passer un message. Peut-être que je me trompe mais je n'arrive pas sur le moment à trouver de contre-exemple où ce n'est pas une combinaison de lourd, maladroit, auto-satisfait et simpliste (je parle bien de films pas de reportages). Ce à quoi sont bons les films par contre c'est transmettre une atmosphère, dépayser pour susciter des émotions. J'aime et je recherche les films qui suscitent des émotions qui m'intéressent, je n'aime pas et j'évite les films qui suscitent des émotions qui ne m'intéressent pas (même si je peux les admirer formellement). Je n'aime pas les incohérence scénaristiques, les piqûres idéologiques ou tout autre élément qui brise l'illusion et me renvoie à la réalité.
  16. Ou The Day of the Triffids, I Am Legend, The Road, j'avais parlé il y a quelques mois du tout récent Disnaeland... le point commun à tous ces bouquins étant qu'ils ont un minimum d'intérêt.
  17. Et plein d'auteurs légendaires à redécouvrir dans le passé, je ne voulais pas donner l'impression du contraire. Ceci dit Egan il faudrait que je lise ses derniers mais il me semblait qu'il n'allait pas en s'améliorant, de même pour Stephenson dont l'apogée pour moi a été The Diamond Age, Watts est à lire mais me laisse souvent dubitatif, Doctorow je n'ai lu qu'Attack Surface mais il paraît qu'il s'améliore. Bien sûr c'est un thème classique et je suis capable de lire des bouquins à composantes catastrophistes comme Seveneves ou The Windup Girl.
  18. C'est un bon exemple, de nos jours quand on entend "normal" on comprend "médiocre", "moyen", "ignorant". Dans ce contexte le normal devrait s'opposer à l'anormal obsédé par des moulins à vent qui n'intéressent personne et qui n'a pas le bon goût de garder son obsession pour lui. En jargon mémétique contemporain, "touching grass" vs être "terminally online".
  19. Dans l'idée oui mais c'est trop subtil et jargonneux (et quand on rentre dans le domaine du jargon c'est leur territoire). Je pense qu'il serait bon de réhabiliter dans le langage courant la notion de "normal".
  20. Ils n'ont pas "confisqué" le combat, ils l'ont ressuscité alors que tous les gens normaux l'avaient abandonné parce qu'il n'avait plus lieu d'être. Le racisme idéologique à l'ancienne ça n'existe plus à part quelques égarés dont la moitié sont là en pure réaction aux SJWs. Pour réintroduire le racisme dans les conversations ils ont étendu sa définition au delà du reconnaissable et certainement au delà de l'utile. C'est une réussite dans le sens où nous sommes là à parler de race et de racisme dans les sociétés les plus tolérantes de l'histoire où le sujet avait plus ou moins disparu il n'y a pas si longtemps. C'est un échec parce que maintenant "raciste" et "anti-raciste" ne veulent plus rien dire. À la limite il vaut mieux se dire "normal" plutôt qu'anti-raciste.
  21. C'est là qu'on voit une différence avec les idéologies politiques "classiques". J'imagine mal un liborgien se suicider parce qu'on a douté de son libéralisme.
  22. Pour avoir tout récemment fini la Space Trilogy, putain qu'est-ce qu'il a raison. Je ne suis pas d'accord avec tout ce que raconte Lewis mais il a des choses à dire, des choses que personne d'autre que lui ne dit, et il te retourne le cerveau avec depuis son bureau en 1940. Compare ça avec les dystopies climatiques anticapitalistes insipides qu'on se prend dans la gueule par pelletées.
  23. Nigel qui filait déjà un mauvais coton à l'époque.
  24. Ou alors les couples formés de deux personnes abusives.
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