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Anthropologie libérale


Messages recommandés

Posté
il y a 26 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

Aristote dit même que la famille est un petit État.

Hmmm, je doute que dans l'original grec, Aristote ait employé ce mot. Polis certainement, en revanche.

Posté
il y a 11 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

Non c'est ἢ μικρὰν πόλιν mais ça ne change pas grand-chose : la Cité grecque n'est pas un État au sens moderne, pour autant elle dispose de certaines prérogatives de l'État (force armée par exemple). Il faut respecter le texte mais sans se cacher derrière le littéralisme. D'ailleurs tous les traducteurs, de Tricot à Pellegrin, distinguent dans les emplois de polis l'État de la Cité. Les deux sont d'ailleurs intrinsèquement liés dans la Cité-État, la Cité étant plus large que l'État en ceci que c'est une unité biologique et culturelle.

Si la langue grecque a eu besoin d'employer "kratos" pour désigner l'Etat moderne plutôt que de recycler "polis" d'une manière ou d'une autre, c'est bien qu'il s'agit d'entités de nature assez différentes.

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Posté

Le langage peut évoluer dans des directions tout à fait inattendues.

Posté

La différence entre cité et Etat n'est pas seulement affaire de traduction anodine : il s'agit de deux organisations sociales distinctes qui ont produit deux sciences politiques différentes qu'on a tendance à mélanger, ce qui revient à plaquer des conceptions anciennes sur du moderne et modernes sur de l'antique. C'est d'ailleurs une faiblesse du livre de Freund, qui pense pouvoir concilier Max Weber et Aristote, ce qui est possible en paroles, mais pas en pratique. Pour résumer, l'esprit de l'aristotélisme en politique, c'est la définition de la citoyenneté qu'il en donne dans la politique : on devient bon citoyen en alternant les postes de commandement et d'obéissance, là où la politique moderne a professionnalisé et institutionnalisé la division entre l'activité de gouverner et celle d'être gouverné. Sur le sujet, je recommande les cours de Castoriadis sur la démocratie athénienne, mais si Castoriadis est trop gauchiste, on peut aussi se reporter au curieux livre de Pierre Manent 'Les métamorphoses de la Cité'.

 

Plus classiquement, on peut aussi lire les critiques formulées par Montesquieu (et ensuite par Madison, Jay Hamilton dans les premiers federalist papers) à l'endroit des cités antiques (et le remède, pour ces derniers, que constitue le gouvernement représentatif). C'est un épisode de l'histoire politique occidentale qu'il ne faut pas négliger pour mieux comprendre les théories politiques que nous manipulons aujourd'hui.

  • Yea 1
Posté
Il y a 19 heures, Vilfredo Pareto a dit :

2) Pour Hayek, vous tombez mal en incriminant à tort La Route, parce que la légitimation du revenu minimal est dans Droit, législation et liberté

Selon Block et Friedman, Hayek défendait déjà l'idée d'un salaire minimum dans La Route de la servitude.

 

https://mises-media.s3.amazonaws.com/20_3_4.pdf?file=1&type=document

 

Entre Block qui accable Hayek en disant que ce dernier ne soutenait pas certaines mesures interventionnistes par compromis mais bien par idéal (avec un peu de mauvaise foi, certes, mais convaincant), qui troll Milton à chaque fin de lettre avec une soit-disant " admiration", et Friedman qui lui monte à la rescousse d'Hayek, qui traite Block de fanatique tout en essayant de justifier sa negative income tax..

 

 

J'ai pas le niveau pour participer à la discussion donc tout ce que je peux faire c'est vous donner envie de lire ces échanges de lettres trollesques :mrgreen: La discussion porte sur Hayek et un peu sur les méthodes de transition vers une société libérale.

 

Friedman est coincé et fuit !

 

 
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Posté

Hm, j'ai La route de la servitude sous les yeux, et le début du chapitre 9 sont clairement en faveur d'une "aide" publique pour les plus pauvres, contre les hasards de la vie, etc. (flemme de recopier)

Mais que ce soit par conviction ou par compromis, on peut s'accorder sur le fait que ce soit une erreur sans que ça n'enlève rien à la pertinence du reste de son propos, dans La Route et ailleurs.

Posté

On peut aussi imaginer que, comme ça a été le cas pour Friedman d'ailleurs, les positions de Hayek soient allées en se radicalisant avec les années (dans la direction du libéralisme).

  • Yea 1
Posté

On voit une nouvelle fois ici que par bien des côtés le libéralisme classique (dans cette forme proto-minarchique) est plus utopique (ou du moins plus naïf) que l'anarcapisme. Un voleur n'en est pas moins un voleur sous prétexte qu'il se déclare engagé à me rendre, un jour peut-être, un service que d'ailleurs je ne lui ai pas demandé. Ceci avant même de commencer les considérations sur le fait que le service soit (ou puisse être) effectivement rendu ou pas.

  • Yea 2
Posté
On 11/27/2018 at 9:13 PM, Johnathan R. Razorback said:

Ce qui est injuste c'est de violer le principe de non-agression, fusse pour des motifs de redistribution et d'achat de la paix sociale.

 

Première chose : fût-ce, pas fusse.

Deuxième chose : comment diantre est-on passé dans cette discussion de "Aron est-il libéral ?" à "Hayek était pas non plus si libéral que ça en fait".

Hayek n'était pas anarcap, je vous remercie de me l'avoir appris mais peut-être que l'anarcapie n'est pas l'aune à laquelle on mesure le libéralisme de chacun.

  • Yea 1
Posté
il y a 21 minutes, Solomos a dit :

 

Première chose : fût-ce, pas fusse.

Deuxième chose : comment diantre est-on passé dans cette discussion de "Aron est-il libéral ?" à "Hayek était pas non plus si libéral que ça en fait".

Hayek n'était pas anarcap, je vous remercie de me l'avoir appris mais peut-être que l'anarcapie n'est pas l'aune à laquelle on mesure le libéralisme de chacun.

 

Tu parles à JRR, le distributeur officiel de brevets en non-libéralisme de liborg.

Posté
24 minutes ago, Lancelot said:

On voit une nouvelle fois ici que par bien des côtés le libéralisme classique (dans cette forme proto-minarchique) est plus utopique (ou du moins plus naïf) que l'anarcapisme. Un voleur n'en est pas moins un voleur sous prétexte qu'il se déclare engagé à me rendre, un jour peut-être, un service que d'ailleurs je ne lui ai pas demandé. Ceci avant même de commencer les considérations sur le fait que le service soit (ou puisse être) effectivement rendu ou pas.

 

Ce n'est effectivement pas la première fois donc on va éviter de relancer ce débat, du moins dans ce fil.

Posté
il y a 38 minutes, Solomos a dit :

comment diantre est-on passé dans cette discussion de "Aron est-il libéral ?" à "Hayek était pas non plus si libéral que ça en fait".

Hayek n'était pas anarcap, je vous remercie de me l'avoir appris mais peut-être que l'anarcapie n'est pas l'aune à laquelle on mesure le libéralisme de chacun.

 

Je ne suis pas anarco-capitaliste, on peut critiquer Hayek sur d'autres bases*. Par exemple j'ai avancé le fait que sa justification du libéralisme est davantage épistémologique que morale, ce qu'on peut considérer comme un élément de fragilité.

 

* D'ailleurs George Reisman et Rand critiquent Hayek sans être anarcaps.

 

« In contrast to her personal relationships with Mises and Rothbard, Rand never met Hayek. She regarded him as one of capitalism’s “compromisers” (Rand 1995a, 299); she told the individualist writer Rose Wilder Lane that Hayek was “an example of our most pernicious enemy . . . real poison” because he offered “contradictory ideas” in defense of capitalism. In her marginalia on The Road to Serfdom, material certainly not meant for publication, Rand’s vitriol goes much further; she is so irritated by Hayek’s inconsistencies and his willingness to endorse altruism and some degree of collectivism that she refers to him variously as a “God damn fool,” an “abysmal fool,” an “ass,” and a “total, complete, vicious bastard” (Rand 1995b, 145–60). »

-Chris Matthew Sciabarra and Larry J. Sechrest, Ayn Rand Among the Austrians.

Posté
10 hours ago, Solomos said:

Ce n'est effectivement pas la première fois donc on va éviter de relancer ce débat, du moins dans ce fil.

Ma formulation était provocante et je n'ai sans doute pas fait assez de name-dropping mais là où je voulais en venir, et il me semble que c'est bien dans le sujet, c'est que si on veut argumenter pour l'existence d'un domaine régalien dans lequel l'interventionnisme serait légitime alors il faut justifier chacun des éléments de ce domaine. En ce qui concerne la guerre par exemple on a au moins des éléments historiques pour la supériorité d'une armée étatique et des éléments plus théoriques pour dire qu'elle sera toujours une nécessité. Dans ce cas on peut justifier d'imposer à chaque individu de contribuer à la défense de son pays. En ce qui concerne la redistribution les choses ne sont pas aussi claires. On a des justifications éthiques sur la solidarité ou le maintien de la paix sociale qui se fondent soit sur du vent, soit sur des entités politiques comme la cité qui n'ont pas grand chose à voir avec les institutions modernes, ne serait-ce que du point de vue de l'échelle. Concernant l'efficacité de cette redistribution moderne évidemment c'est la catastrophe. Bref en adoptant de tels critères d'évaluations on peut dire que par exemple Hayek, tout libéral qu'il est, a pu s'égarer sur cette question en particulier. Bien sûr ça suppose de penser que le libéralisme n'est pas juste la somme de tout ce qu'ont pu dire des auteurs considérés libéraux mais aussi quelque chose de cohérent en soi.

  • Yea 3
Posté

Si on distingue le don (échange contre rien) de l'échange libre, dont il est un cas particulier, on peut aussi distinguer le vol de l'échange contraint. J'aurais cependant tendance à voir en l'échange contraint un type de vol (vol avec ou sans compensation) plutôt que l'inverse, étant donné que le vol aurait lieu même si le voleur ne verse rien en échange.

Il faut remarquer aussi que l'échange contraint n'est pas forcément un moindre mal que le vol simple : si le lésé n'a pas le choix de refuser le "service" qui lui est rendu en retour, une deuxième agression, de l'espèce paternaliste, vient s'ajouter à la première (l'extorsion).

 

Celui qui explique la chose avec le plus de pédagogie est sans doute Mandrin, lorsqu'il contraignait, par la force si nécessaire, les agents du fisc à acheter ses marchandises, à un prix choisi par lui !

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Il y a 13 heures, Vilfredo Pareto a dit :

1): Bastiat s'oppose même à Say (liv. III, chap. IX du Traité) qu'il accuse de mélanger les deux en oubliant les services rendus par l'État, i.e. : la sécurité.

 

2): Le principe de non-agression s'effondre, vous en conviendrez, devant l'agression elle-même

 

3): Vous connaissez le fameux passage (que j'adore) du début du Contrat social de Rousseau

 

4): l'argent public n'a pas le même statut (précisément parce qu'il est redistribué).

 

1): Hé bien je suis en respectueux désaccord avec Bastiat sur ce point. C'est Say qui exprime la position authentiquement libérale (et il n'est pas non plus anarcap, comme quoi).

 

2): On ne peut pas justifier une agression (l'impôt) au nom de la protection contre les agressions (sécurité publique). C'est manifestement une contradiction entre les moyens et la fin. Un peu comme de vouloir abolir l'Etat bourgeois en commençant par des nationalisations massives, ou émanciper le prolétariat en commençant par la dictature révolutionnaire. Does not compute.

 

3): Rousseau, Lippmann, Rawls... Le libéralisme-conservateur n'est plus ce qu'il était...

 

4): Donc tu n'as pas d'objection à ce que je vienne te cambrioler, à partir du moment où tes biens seront redistribués -mettons pour faire des fontaines publiques dont toi aussi tu pourras bénéficier (merci qui) ? On voit ainsi que le "bien commun" à un rayonnement bien plus grand que le bien individuel que te procure ton droit de propriété. Allez, c'est quoi ton adresse ?

  • Yea 1
  • Ancap 1
Posté
On 11/29/2018 at 9:27 AM, Lancelot said:

Concernant l'efficacité de cette redistribution moderne évidemment c'est la catastrophe. Bref en adoptant de tels critères d'évaluations on peut dire que par exemple Hayek, tout libéral qu'il est, a pu s'égarer sur cette question en particulier.

 

L'échec de l'Etat Providence n'invalide pas Hayek. Il parlait d'un filet de sécurité  minimale qui protège contre les hasards de la vie. Je trouve que ça se défend en partie, car il y a bien des éléments imprévisibles qui peuvent nous arriver.

Mais c'est un autre débat, à mon avis.

 

Posté
On 11/28/2018 at 11:44 PM, Johnathan R. Razorback said:

Je ne suis pas anarco-capitaliste, on peut critiquer Hayek sur d'autres bases*. Par exemple j'ai avancé le fait que sa justification du libéralisme est davantage épistémologique que morale, ce qu'on peut considérer comme un élément de fragilité.

 

Une défense morale du libéralisme, c'est bien joli mais ça ne convainc que ceux qui sont déjà convaincus ou prêts à l'être.

Hayek n'adopte pas cette approche, sans doute parce qu'il n'a pas lui-même été convaincu par ce type d'argument.

Je ne vois pas pourquoi l'argument moral serait intrinsèquement supérieur.

La morale n'est jamais qu'un ensemble de règles qui a prouvé son utilité, mais je n'en fais pas un absolu.

  • Yea 1
  • Nay 1
Posté

C’est pourtant facile la défense morale :

 

«La violence gratuite c’est mal.

- Non

Grosse tarte dans la gueule

- Ok»

  • Yea 2
Posté

 

31 minutes ago, Tramp said:

C’est pourtant facile la défense morale

 

Trop facile.

Posté
2 hours ago, Solomos said:

L'échec de l'Etat Providence n'invalide pas Hayek. Il parlait d'un filet de sécurité  minimale qui protège contre les hasards de la vie. Je trouve que ça se défend en partie, car il y a bien des éléments imprévisibles qui peuvent nous arriver.

Le filet de sécurité est un peu à l'état providence ce que l'opération de maintien de l'ordre est à la guerre.

Posté

Sur l'expression elle-même,

un "filet de sécurité", c'est par définition un truc qui sert très peu.

(Quand je fais de l'escalade, mon "filet de sécurité", c'est ma corde. En 30 ans, ça a du me servir 3 fois.)

 

Un machin qui tombe toutes les fins de mois pendant des mois (parfois en démarrant très jeune),

ça a plus à voir avec une chaise roulante qu'un "filet de sécurité" .

  • Yea 1
Posté
31 minutes ago, Rübezahl said:

Un machin qui tombe toutes les fins de mois pendant des mois (parfois en démarrant très jeune),

ça a plus à voir avec une chaise roulante qu'un "filet de sécurité" .

 Donc ce qui existe dans les social-démocraties modernes n'est pas ce que Hayek souhaitait.

Posté

Si on va par là je suis à peu près sûr que l'URSS n'était pas ce que Marx souhaitait non plus.

  • Haha 2
Posté
Le 29/11/2018 à 17:41, Vilfredo Pareto a dit :

1): je suppose que vous êtes favorables à la possession d'armes à feu.

 

2): Sinon, le jour où une manifestation dégénère, qui paye la police ?

 

3) On peut parfaitement se référer à Rousseau tout en étant libéral-conservateur (je vous renvoie à Jouvenel).

 

4): Le génie de la construction philosophique de Rousseau est le plus souvent escamoté par des lectures idiotes qui en font un totalitaire.

 

5): Le libéral-conservatisme consiste précisément à ne pas voir dans la liberté (i.e : l'indépendance du point de vue libéral) le bien absolu.


6) Vous décernez des brevets de libéralisme (le vrai libéral = Say, le mauvais = Bastiat).

 

7): Je ne vois pas en quoi l'un est plus libéral que l'autre.

 

8): l'option de Say éradique toute instance de légitimité (l'individu-roi devient le seul émetteur de légitimité, la société ressemble à une modélisation de vente aux enchères où l'on ne s'exprime que par prix croissants qui valent plébiscite)

 

9): et tout tissu social.

 

1): Hé bien en fait en arrivant sur ce forum il y a 4 ans et avant que @Tramp me mette suffisamment de tapes sur le museau j'étais franchement contre. Et même maintenant je ne classerais pas ça en haut des priorités de réformes libérales. Mais plus on débat avec les adversaires des politiques de prohibition, plus on s'aperçoit que les arguments prohibitionnistes sont très peu consistants (et la plupart ne sont même que de purs préjugés vaguement basés sur le cas particulier des USA).

 

2): Les gens qui auront consentis à la financer. Au hasard tout ceux qui comprennent l'utilité de la division du travail et/ou qui ont la flemme / peur / pas envie d'apprendre à manier (et de payer) une arme à feu pour leur sécurité individuelle (et je m'inclus dans ce groupe). Le fait de déléguer volontairement la fonction de sécurité et de donner volontairement (pléonasme) une partie de son revenu peut s'avérer pleinement rationnel. L'important c'est que les individus ne soient pas contraints de payer s'ils sont prêts à assumer les conséquences de ne pas le faire.

 

3): Admettons qu'il y ait une phase libérale de Jouvenel entre sa période technocratiste/collabo et sa période post-Société du Mont pèlerin / écolo-gauchiste*. Même dans le petit intervalle restant il n'était pas partisan du laisser-faire économique (cf le bouquin cité d'Audier). Alors bon, le "libéralisme" de Jouvenel...

 

 

"En 1947, l'année même du meeting de Vevey, il publie, toujours chez Bourquin, une présentation de l'oeuvre de Rousseau, ambigûe mais non dépourvue d'admiration, qui laisse percevoir une certain compréhension pour la critique rousseauiste de l'industrialisme et sa défense de la vie paysanne et frugale. Nous sommes loin, en tout cas, de la lecture très critique de Rousseau par Hayek. Plus tard, c'est en se référant encore souvent à Rousseau que Jouvenel étaiera sa critique écologiste de la modernité et sa déploration de la fin de la paysannerie. Et, au cours des années 1960, alors que tant de libéraux et de conservateurs regarderont avec hostilité le mouvement étudiant, il s'enthousiasmera pour Mai 68, avant de soutenir la candidature de François Mitterrand à la fin des années 1970, et de s'imposer comme un des grands pionniers de l'écologie politique, notamment à la tête de la revue Futuribles. Mais il avait alors, et depuis longtemps -après quelques interventions- claqué la porte de la Société du Mont Pèlerin, en dénonçant son dogmatisme anti-étatiste."
-Serge Audier, Néo-libéralisme(s). Une archéologie intellectuelle, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2012, 631 pages, p.276.

 

 

5): Définir "bien absolu".

 

6): Je n'ai pas dis que Bastiat n'était pas libéral (?), j'ai dis que Say était plus proche de la définition pure et parfaite (idéal-typique) du libéralisme. Et il faut bien recourir à un concept idéal-typique de ce genre pour classer les positions individuelles et collectives -sinon on buterait indéfiniment sur le fait que tel ou tel auteur libéral a pu soutenir des choses contradictoires vis-à-vis de tel autre, comme ça a été noté précédemment dans la discussion.

 

7): C'est simple pourtant: l'une des deux positions sur la question de la légitimité de l'impôt est conforme au principe de non-agression, au respect du consentement individuel et au principe du moindre Etat (soit l'axiomatique de base du libéralisme). Et pas l'autre.

 

8): Jusnaturalisme, anyone ? (parce que oui, dans une défense jusnaturaliste du libéralisme -et c'est le type mainstream- ce n'est en dernière analyse pas l'individu mais la nature qui fait office de principe de légitimation. L' "individu-roi" c'est un homme de paille des collectivistes qui ne comprennent pas les différences essentielles entre l'individualisme libéral et l'individualisme anarchiste ou anarchique d'un Stirner ou d'un Sade).

 

9): Définir "société sans tissu social".

  • Yea 1
Posté
Il y a 8 heures, Solomos a dit :

1): Une défense morale du libéralisme, c'est bien joli mais ça ne convainc que ceux qui sont déjà convaincus ou prêts à l'être.

Hayek n'adopte pas cette approche, sans doute parce qu'il n'a pas lui-même été convaincu par ce type d'argument.

Je ne vois pas pourquoi l'argument moral serait intrinsèquement supérieur.

 

Je pense qu'une défense morale du libéralisme (ou de n'importe quelle philosophie politique) est intrinsèquement supérieure aux arguments épistémologiques parce que les seconds sont utilitaires, dérivés et négatifs, alors que les arguments moraux sont "fondationnalistes" et positifs.

 

Par exemple si je prends mon cas personnel, j'ai cessé d'être socialiste en lisant Le Socialisme de Mises. Mais je n'étais pas encore libéral. Comment cela aura-t-il pu être possible ? Les arguments contre le socialisme avancé par Mises sont négatifs (impossibilité du calcul économique en économie planifiée, impossibilité du socialisme à être plus productif que le capitalisme, contradiction moyens / fin dans le socialisme, etc.), ce sont des arguments -épistémologiques- qui visent à ne pas être socialiste.

 

Par contre je suis devenu libéral (ou en très bonne voie de l'être) en lisant Le Libéralisme de Mises. Quelle différence ? Le Libéralisme emploie (notamment) des arguments moraux, il donne des raisons positives de défendre la liberté.

 

Bref, c'est un peu comme de dire qu'un "contenu" est supérieur à l'absence de contenu. Les arguments épistémologiques visent à décourager du collectivisme mais il n’explique pas quel ordre politique mettre à la place. Ils sont très utiles mais leur valeur est dérivée par rapport aux arguments fondationnalistes.

  • Yea 1
Posté
16 minutes ago, Johnathan R. Razorback said:

 

1): Hé bien en fait en arrivant sur ce forum il y a 4 ans et avant que @Tramp me mette suffisamment de tapes sur le museau j'étais franchement contre. Et même maintenant je ne classerais pas ça en haut des priorités de réformes libérales. Mais plus on débat avec les adversaires des politiques de prohibition, plus on s'aperçoit que les arguments prohibitionnistes sont très peu consistants (et la plupart ne sont même que de purs préjugés vaguement basés sur le cas particulier des USA).

 

Toute restriction que ce soit du port d'armes est réactionnaire et hostile aux intérêts de la classe prolétarienne paupérisée.

 

marx_gun_control.jpg

  • 3 weeks later...
Posté
Le 11/04/2017 à 19:34, Lancelot a dit :

On parlait d'anthropologie libérale, j'ai donné des conditions faisant qu'une anthropologie est plus ou moins compatible avec le libéralisme. Et je trouve ces conditions suffisamment larges pour qu'il soit quelque peu trompeur de parler d'anthropologie libérale comme si on avait une doctrine en bloc.

Oui, le thème du fil est un peu curieux. C'est évident, qu'une idéologie doit être reconciliable avec l'anthropologie (comme science neutrale). Mais on ne peut naturellement pas faire contrôler une anthropologie par l'idéologie. Ça fait penser à l'anthropologie de l'homo sovieticus, qui a essayé de mettre les gens dans un carcan.

 

Du reste c'est étonnant qu'on parle de l'anthropologie sans référer à la pensée de Mauss.

 

Pour moi, l'anthropologie est la science de la nature humaine. Sur ce terrain, j'ai appris beaucoup de Ken Binmore (qui est un adhérent du philosophe écossais Hume). Il supporte la théorie de l'évolution humaine. Selon Binmore l'homme est un égoïst, qui désire réprandre ses gènes. Donc il se sacrifiera seulement pour sa famille. Sa survie dépend de l'appartenance à un groupe. C'est pourquoi il est un être empathique.

Posté
il y a 29 minutes, TheRedBaron a dit :

Selon Binmore l'homme est un égoïst, qui désire réprandre ses gènes. Donc il se sacrifiera seulement pour sa famille.

Le "donc... seulement" est faux. La vraie conséquence est qu'il se sacrifiera d'abord pour ses enfants, puis pour sa famille proche, puis pour sa famille plus éloignée, puis pour son "ingroup" dans le cas d'une société enracinée (typiquement, un clan, un village, une vallée, un coin un peu isolé où il y a peu d'afflux de sang extérieur, mais où l'on trouvera sans doute des mariages entre familles du coin).

Posté
il y a 18 minutes, Rincevent a dit :

Le "donc... seulement" est faux. La vraie conséquence est qu'il se sacrifiera d'abord pour ses enfants, puis pour sa famille proche, puis pour sa famille plus éloignée, puis pour son "ingroup" dans le cas d'une société enracinée (typiquement, un clan, un village, une vallée, un coin un peu isolé où il y a peu d'afflux de sang extérieur, mais où l'on trouvera sans doute des mariages entre familles du coin).

En effet, c'est l'argument de Binmore. Il calcule même la distribution de la nourriture entre cette personne et ses parents.

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