-
Compteur de contenus
6 578 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
37
Tout ce qui a été posté par Mégille
-
Yup'. Lors d'un fameux débat avec Benjamin Constant, Kant va jusqu'à affirmer que même dans le cas où un assassin viendrait frapper à ta porte pour te demander si tu caches ton ami (qu'il souhaite tuer), tu dois lui dire la vérité. Au nom justement de la nécessité absolue de suivre l'impératif catégorique, qui commande de ne pas mentir. Mais Kant poursuit avec un argument un peu étrange. Contre Constant, qui essayait de lui faire admettre qu'il faut prendre en compte les conséquences de l'action, Kant répond qu'il est tout à fait possible que l'ami en péril, ayant entendu l'assassin frapper à la porte, se soit échapper par une fenêtre. Et qu'il est possible que en mentant à l'assassin, on lui permette accidentellement de tuer notre ami qui s'était enfuis à notre insu. Façon pour Kant de dire qu'on ne peut jamais être certain des conséquences de nos actions. Et dans ce dernier cas, affirme Kant, on serait responsable de la mort de notre ami, puisque nous avons commis une erreur en mentant, alors que si on avait dit la vérité à l'assassin, quand bien même notre ami n'aurait pas pris la fuite et aurait été piégé, l'honnête délateur serait irréprochable, puisque l'on ne peut pas être blâmer de ne pas avoir menti. On peut trouver pas mal de problème là dedans. Le plus souvent souligner est sans doute l'ambiguïté de la loi morale. Je dois obéir à la maxime "je vais dire la vérité", mais je dois aussi obéir à la maxime "je ne vais pas laisser un innocent se faire assassiner". On peut donc reprocher à Kant pire que de forcer à réfléchir pendant 20 ans avant la moindre décision (ça, ce serait plutôt les utilitaristes) : sa philosophie morale ne serait d'aucune utilité pratique pour prendre des décisions, elle serait simplement une forme vide. C'est le reproche que lui adresse Hegel. Hermann Cohen tente de répondre à ça qu'il y a bien de la matière, et des commandements pratiques et applicable que l'on peut tirer de Kant, en s'appuyant sur la troisième formulation de l'impératif. (pour mémoire : la première est de toujours agir de façon à pouvoir étendre à l'universel la maxime de son action, la deuxième de toujours traiter l'autre comme une fin en soi et jamais seulement comme un moyen) A savoir, toujours être à la fois législateur et juge de sa propre action. On obéit à la loi morale parce que c'est nous même qui la posons. Etre libre c'est donc obéir à l'impératif catégorique, puisque ça revient à nous obéir à nous même, à être autonome (= se donner soi-même sa loi). Alors qu'à l'inverse, quand on agit de façon immorale, on pose toujours la loi mais tout en voulant lui échapper (quand je mens, je ne veux pas qu'il soit autorisé de mentir, sinon ce serait inutile, je veux donc que la loi existe, mais sans lui obéir pour autant), c'est donc que j'obéis à autre chose qu'à moi même, à un motif qui me vient de l'extérieur, qui frotte mes sens ou qui chatouille mon imagination. C'est une conduite "pathologique", c'est à dire poussé par une passion, face à laquelle, par définition, je suis passif, et non pas par la raison, qui dans son usage pratique n'est rien d'autre que la volonté. Je suis alors "hétéronome". Cohen donc vois dans cette ascèse, dans cette lutte intérieure contre les conduites pathologiques une matière au commandement moral. Reste bien sûr que ça ne permet toujours pas de chasser définitivement les ambiguïtés des choix moraux concrets, mais peut-être faut-il faire le deuil d'avoir un code moral définitif sous la main, qui rendrait superflue toute réflexion éthique ou juridique supplémentaire. Par contre, l'objection du velléitaire à la "bonne âme" est de mauvaise fois, effectivement.
-
Jordan B. Peterson
Mégille a répondu à un sujet de Eltourist dans Politique, droit et questions de société
Pas mal, mais je préférerais un speach de JBP rappé par Eminem. -
L'objectivisme est-il compatible avec le nationalisme ?
Mégille a répondu à un sujet de Jukebox dans Philosophie, éthique et histoire
Barrès n'est-il pas le chaînons manquant entre l'égoïsme (même si le sien est plutôt idéaliste, je crois) et le nationalisme ? (remarque probablement à coté de la plaque d'un mec qui n'a lu ni Barrès, ni l'article discuté dans ce thread, ni véritablement Rand) -
"I have lots of sensible policies when it comes to monetary policy on our fiat currency. These ideas are all gold." est géniale aussi.
-
Ne pas regarder les commentaires, ne pas regarder les commentaires... argh, trop tard, mes yeux saignent.
-
Je ne comprends pas que les américains paient autant pour avoir des diplômes en étude de genre. C'est de la pure consommation ostentatoire. Vivement que les universités soient obsolètes.
-
Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations
Mégille a répondu à un sujet de Cugieran dans La Taverne
Deux cygnes noirs se balladent sur les quais du Rhône à Lyon. NNT jubile. -
Hm, tu m'as eu. Ça m'apprendra à développer des fils d'arguments indépendamment les uns des autres. je vais y réfléchir.
-
J'ai du mal à saisir le phénomène Erdogan. Il est autoritariste et pour un Islam rigoureux, mais que je sache, il n'appelle pas au jihad, il ne veut pas revenir aux formes traditionnelles du pouvoir, il ne fait pas de son pouvoir politique en lui-même un objet théologique, etc. J'ai l'impression que c'est un autocrate conservateur façon "moyen-occident", comme Poutine, mais qui se trouve être musulman plutôt que chrétien, et pour qui l'Islam est plus une question d'identité qu'un véritable cadre de compréhension du monde.
-
Michel Onfray, chou-fleur & sparassis crépu
Mégille a répondu à un sujet de José dans Politique, droit et questions de société
Il a su le faire, en tout cas. Mais critiquer Freud n'est pas bien difficile, le sentier est déjà bien balisé, et que je sache, il n'ajoute pas grand chose aux critiques déjà formulées avant lui. Idem pour la religion. -
Pour le coup, je suis du coté de JRR, ou peut-être plus loin. Je ne crois pas que monsieur et madame sur leur île aient le devoir de faire des enfants, et ce, même s'ils sont parmi les derniers survivants de l'espèce humaine. On n'a de devoir moral ni envers des individus virtuels (des enfants pas même encore conçu) ni envers des entités collectives (état, nation, espèce ou race). Faire des enfants est acceptables, c'est au plus une bonne façon de s'épanouir en fondant une famille et en se donnant l'occasion d'être un bon parent, mais je ne vois pas comment ça pourrait devenir une obligation.
-
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
Mégille a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
A propos de la fin de la série, de Dany et de John, il y a de longue date des spéculations sur cette prophétie : https://www.lagardedenuit.com/wiki/index.php?title=Azor_Ahai -
Et puis, il me semble que contrairement aux salmantins et à Locke, Grotius parle presque uniquement du droit naturel des états les uns vis à vis des autres, et pas tant des individus vis-à-vis de l'état. Bon, j'avoue ne pas l'avoir lu non plus...
-
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
Mégille a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
-
Bastiat est encore étonnamment d'actualité, il a su mettre les mots sur les principaux sophismes des anti-libéraux, et avait un certain talent pour les illustrer de façon toujours parlante. Si tu es déjà libéral, ça te touchera sans doute moins, et il n'avance rien de vraiment nouveau ou de fondamental, mais ça reste un modèle de pédagogie (et d'éristique !), ce qui est toujours utile.
-
Kant, je trouve, éclaircit bien le fondement de la morale, et sa nature. Sa distinction entre devoir de droit et devoir de vertu est très fertile aussi, et est un fondement très solide pour le libéralisme (alors que tenter de justifier le NAP par un relativisme des choix de vie individuels est maladroit et autodestructeur). Le problème est que comme le souligne Constant, il y a souvent un grand nombre de principes intermédiaires entre la situation concrète et l'impératif catégorique, rendant pour le moins difficile la détermination de ce qu'on doit faire de façon univoque (et c'est d'autant plus vrai à propos des devoirs envers nous mêmes, que Constant rejette un peu trop rapidement, d'ailleurs). Je me faisais la réflexion récemment que Jean Valjean est sans doute la meilleure illustration de ça. Il est constamment face à des hésitations entre des interprétations contradictoires du devoir moral : nourrir sa famille, ou ne pas voler ? Se dénoncer à la police, ou respecter la promesse de venir en aide à une enfant ? etc Bref, il est douteux qu'on puisse édicter un code moral définitif comme a voulu de faire Kant dans la Métaphysique des moeurs, et arrêter la recherche éthique définitivement, mais les fondements de la métaphysique des moeurs restent très bons. Mais n'oublions pas cette autre contribution majeur de Kant au progrès de l'humanité : l'invention du support-chaussette.
-
Guerre civile culture, IDW, SJW & co
Mégille a répondu à un sujet de 0100011 dans Politique, droit et questions de société
L'accusation d'antisémitisme reste fréquente venant de la gauche. Cf par exemple cette caricature de Macron venant de la fillonie pendant la campagne de 2017, ou cf les condamnations de Soral et de Dieudonné. -
Étude : les sujets de conversation préférés des Français
Mégille a répondu à un sujet de Adrian dans Actualités
Non, elle je l'ai vu au shibari, mais c'est tout. C'est mon autre coloc qui couche avec elle. Oui, il y a une ambiance un peu bizarre chez moi. -
Ca, c'est quand tu t’aperçois que tu ne peux pas étendre à l'universel la maxime "je vais manger un repas à base de céréale", non ?
-
Étude : les sujets de conversation préférés des Français
Mégille a répondu à un sujet de Adrian dans Actualités
Pas plus que je ne lui en file, et moins qu'elle n'en parle, donc c'est pas une excuse. Elle a pas grand chose d'autres à raconter, en fait... Et bien, étant donné que la partenaire de la veille, c'est parfois une de ses copines, j'évite ! -
A propos du caractère finaliste de la nature humaine : que répondrais tu as un argument spinozien ? Si je t'objectais, par exemple, que la nature est déterminé uniquement de façon mécaniste, et la finalité, la croyance en la tendance d'une chose à se déterminer elle-même en vue d'une fin, n'est rien d'autre qu'une ignorance des causes ? (pierre qui roule, tout ça) Je crois en la téléologie, mais parce que je ne suis pas matérialiste... A propos du statut de la connaissance de la finalité humaine : j'ai soulevé un problème qui est toujours là. Si il s'agit d'une connaissance empirique, a fortiori une connaissance empirique à propos d'un phénomène très complexe (la vie, pire, la vie animale, pire, la vie humaine), il ne peut s'agir que d'une simple généralité, susceptible d'avoir de fréquentes exceptions. Peux-tu concevoir qu'un humain ait une constitution légèrement différente faisant qu'il ne recherche pas le bonheur ? On ne va pas s'éterniser sur un débat de théorie de la connaissance, mais il y a bien quelques disciplines qui ont une tronche de science a priori. A savoir, les maths, la logique, et peut-être une partie de l'informatique théorique. A propos du plaisir et du bonheur : si le bonheur est un état mental, il me semble qu'il ne différerait du plaisir, et de la joie, que par degré. S'il s'agit de qualités différentes, elles se situent tout de même sur un même continuum de passion positive, plus ou moins longue, intense, voire subtile, profonde, etc. Pourquoi serait-ce seulement l'état mental stable, ou bonheur, qui serait une finalité ? Cette stabilité, pour commencer, n'est que provisoire. Comme tout ce qui est sensible, elle change et passe. Ensuite, même à très court terme, elle n'est jamais vraiment une fin de toute action. Même heureux, on continue de respirer et de cligner des yeux. Voire même à faire deux ou trois autres trucs. Et surtout, pourquoi faudrait-il que la finalité d'une action soit dans son arrêt, ou dans l'arrêt du mouvement ? La nature est toujours dynamique et changeante, et on pourrait arguer, de façon un peu nietzschéenne, que la finalité qu'il y a derrière la volonté, ce n'est pas son contentement et son arrêt, mais son déploiement, encore plus de volonté, encore plus de façon d'agir et de pâtir. Après tout, le seul état véritablement stable que l'on finit tous par atteindre (et celui là, il a la particularité d'être véritablement universel, et véritablement stable) c'est la mort. Et il me semblerait un peu abusif de dire que la fin de toute vie soit sa propre mort. A moins bien sur que part "mort" on veuille dire séparation des choses sensibles, pour se tourner vers la contemplation des réalités éternelles. Là, le platonicien que je reste est satisfait ! A propos de l'altruisme et de la prévoyance : la morale populaire condamne la recherche effrénée de plaisir à court-terme, mais elle condamne aussi l'égoïsme. Sans forcément subordonner explicitement l'une de ces condamnations à l'autre, puisqu'elle ne donne pas leurs causes. L'altruisme est parfois subordonné à la recherche de mon propre bien à long terme, lorsque je cherche à obtenir la bienveillance des autres, et d'éventuelles faveurs de leurs part à long terme. Mais l'altruisme répond aussi a une passion plus immédiate : la sympathie. Je souffre (un peu) en voyant quelqu'un souffrir, et je me réjouis (un peu) quand je vois quelqu'un se réjouir. Sauf si je suis cruel ou envieux, évidemment, mais je doute que qui que ce soit soit systématique anti-sympathique de cette façon. Je peux même (un peu) souffrir et (un peu) me réjouir simplement en imaginant ou en pensant à la peine ou à la joie de quelqu'un. De la même façon, je me réjouis et je m'attriste à la simple pensée de mes plaisirs et de mes peines passées et futurs, voir même présentes et contrefactuelles. Ma question est : si je considère que mon altruisme n'est rien d'autre qu'une recherche du plaisir que je peux obtenir présentement par sympathie, pourquoi devrais-je croire que ma prévoyance est autre chose que la recherche d'un certain type de plaisir présent, à savoir, le plaisir non pas exactement par sympathie, mais par anticipation ? A propos de l'identité personnelle, la thèse que j'avais posée (une drôle d'idée qui vient de me passer par la tête) est que la seule différence, pour le moi présente, entre un autre de mes contemporains et le "moi" futur est que ce dernier sera celui que je suis aujourd'hui. Mais sans que je sois pour autant, aujourd'hui, celui qu'il sera demain, faisant donc de l'identité à travers le temps une relation asymétrique. Je ne sais pas ce que ça vaut, mais tout compte fait, je ne sais pas si c'est absolument nécessaire à l'argument du précédent paragraphe.
-
En morale, Kant, ça a de la gueule, quand même. Mais hors de ça, il y a toute une école néo-kantienne qui a travaillée a réconcilier kantisme et platonisme en théorie de la connaissance, hein... Paul Natorp a fait un bon boulot de ce coté là. https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_2000_num_98_2_7302 Je suis juste allé encore un peu plus loin. Il est seulement triste que les marbourgeois aient rendu Kant socialiste, mais je pardonne déjà pire à Platon, alors bon... (oui, je m'exprime en smiley désormais)
-
Bienvenue ! Parcours similaire au tien, faut avouer : un hologramme, c'est stylé. Enfin quelqu'un pour m'aider à défendre Kant ! Pourquoi Nietzsche, par contre ?
-
Cet argument de la dette sociale, de l'histoire et de la culture qui serait un héritage collectif dont les fruits devraient être partagés est en train de revenir à gauche. Leur principal défenseur du RU, dont j'ai oublié le nom, l'utilise. Ce qu'ils oublient est que cet héritage culturel et scientifique est déjà reçu : on ne leur demande pas de réinventer le vaccin, de réinventer le téléphone et l'ordinateur, l'électricité etc... Et pourtant on jouit déjà tous de tout ça, ce qui n'était bien sûr pas le cas de nos ancêtres.
