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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. C'est bien le problème...
  2. Je suis gêné de répondre à cette question, parce que ce qu'il "est" ce n'est pas d'abord, pas essentiellement, sa simple étiquette politique. Ce n'est le cas d'aucun humain, pour commencer. Et en ce qui le concerne lui, ce n'est pas non plus ce pour quoi il est connu, ses prises de positions étant, dans une certaine mesure, transversales à certaines questions politiques. Et il ne ressent pas particulièrement le besoin de se situer par rapport aux idéologies du XIXème non plus. Il ne faut donc pas plus essentialiser ses arguments que lui-même, et ceux-ci peuvent être valide ou non de façon parfois indépendante du bien fondé de ses positions politiques. Tout ça pour dire qu'il est plutôt liberal à l'Américaine. On pourrait dire "libéral moderne", ou "social-libéral", ou "néolibéral" pourquoi pas. Il n'est pas anti-capitaliste, et il ne fait pas semblant de l'être. Mais il n'est pas anti-état non plus. Il est surtout, et c'est peut-être le seul à vraiment l'être dans le paysage des idéologistes actuels, intrinsèquement progressiste. Non, je ne pense pas que l'on puisse dire que le marxisme soit "basé" sur ça. C'est présent chez lui, même si c'est de façon extrêmement discrète, c'est vrai. Mais il fait très peu pour imaginer, justement, ce paradis sur Terre. Il se contente d'avoir foi en sa venue prochaine. Le marxisme est principalement une analyse critique de l'histoire et plus particulièrement de la période actuelle, en s'appuyant sur Hegel et Feuerbach d'un coté, et Smith et Ricardo de l'autre. Et à propos de l'usage de l'imagination en politique, à la façon de Rousseau... Non, ça ne va pas être ce qui le rapproche du socialisme. On pourrait aussi rapprocher sa façon de faire de celle de son contemporain Condillac, qui n'est sûrement pas socialiste. Oui, alors, les artistes sont un peu plus souvent de gauche, mais ils sont de la gauche à la mode du moment, et du courant artistique du moment, sans que ça ne créer ou suppose un lien intrinsèque entre ledit courant artistique et ledit courant politique. Les artistes du XIXème étaient surtout libéraux (je pense à Hugo), puis surtout nationalistes (je pense à Wagner), et ils n'avaient pas moins recours à l'imagination que leurs successeurs ou leurs prédécesseurs. Les avant-gardes artistiques italiennes du début XX (première à utiliser le vocable militaire "avant-garde") étaient fascistes, et les communistes russes étaient, dans un premier temps, plutôt admirateurs de l'art le plus abstrait possible, puisque ça leur semblait plus moderne et plus subversif, puis, lorsqu'ils se sont aperçu que ça ne parlait absolument pas au peuple, ils sont devenus partisan de ce qu'on appelle le "réalisme socialiste" en Art. Dans les deux cas, abstractionnisme ou réalisme, on est à peu près aussi loin du libre usage de l'imagination qu'il est possible de l'être en art. Et le surréalisme n'a rien d'intrinsèquement socialiste non plus. Comme le disait Dali, artiste, businessman et franquiste : "Picasso est espagnol, moi aussi, Picasso est communiste... moi non plus".
  3. Non, il ne l'est pas. Mais ce qu'il défend ici est tout à fait acceptable par n'importe quel libéral.
  4. Je pense, oui, ou sur une conception similaire.
  5. Ca marche bien pour expliquer le fonctionnement d'un humain, vu de l'extérieur. C'est lorsqu'on cherche à justifier notre expérience du monde à la première personne, les qualia, que ça devient plus difficile.
  6. Nietzsche est surtout interprétable de toutes sortes de façons différentes. Il est apprécié aussi bien par des libertariens, par des socialistes et par des fascistes. Il me semble que ce sont les fascistes qui en ont l'image la plus exacte. Mais je n'ai pas assez de temps à perdre pour creuser suffisamment Nietzsche pour le démontrer.
  7. C'est à peu près ça, à ceci près que pour ce que j'en sais, les anglais n'avaient pas plus accès que les français à la culture chinoise (je parlais des occidentaux en général à ce sujet). Il y avait bien des contacts avec la Chine, mais superficiels, et les quelques connaissances sur la Chine des plus grands philosophes des lumières étaient de deuxièmes ou de troisièmes mains. Et encore une fois, sans avoir accès aux textes.
  8. C'est sur cette base que part H H Hope pour fonder sa version de l'anarcho-capitalisme.
  9. Il y avait une fascination pour la Chine de la part de plusieurs penseurs des lumières, c'est vrai, notamment parce que la bureaucratie chinoise était vue comme le summum de la rationalité. Toutefois, les textes et la pensée chinoise n'étaient pas vraiment accessibles aux occidentaux à l'époque, c'est donc plutôt, tout au plus, l'image que les lumières se faisaient de la Chine (elle même en partie une projection de leurs propres idées) qui les a influencés. Le seul auquel je peux penser chez qui c'est allé un peu plus loin est Leibniz. Il s'était demandé, je crois, si les sinogrammes étaient directement une écriture de la pensée, objective et universelle, ce qui a pu contribuer à lui donner l'idée d'un langage logique universel (à moins que ça ait été, ici encore, une projection de son esprit sur la culture chinoise - il ne savait bien entendu pas lire les caractères chinois), et le Yijing a peut-être eu une influence sur sa logique combinatoire.
  10. Ah, ça m'est sorti de la tête pour Locke. J'ai écrit en pensant à ses critiques, peut-être malhonnête, selon lesquels il justifiait les torts faits aux amérindiens lors de la colonisation des Amériques en supposant que ceux-ci étaient toujours dans l'état de nature. A vérifier. En ce qui concerne Hobbes, par contre, non, l'état de nature est quelque chose de très réel, et sans qu'il soit nécessaire d'imaginer un passé lointain pour le trouver (ça n'a rien à voir, pour lui, avec un moindre état d'avancement scientifique et technique), puisqu'il lui semble que c'est ce que l'Angleterre a traversé lors de la guerre civile à laquelle il a assisté, et que c'est aussi toujours la situation des états entre eux.
  11. Toujours moins culotté que Berkeley qui s'en sert pour faire de l'apologie catholique !
  12. Le nombre de victimes est en baisse, mais je croyais (je me suis peut-être fait avoir) que le nombre d'événement "catastrophique" est tout de même en hausse ?
  13. Je ne vois pas très bien à quoi d'autre il peut faire référence lorsqu'il dit : Mais oui, il était proche de l'empirisme. Par sa théorie de l'éducation, et par son amitié avec Hume.
  14. Et bien... un empiriste suffisamment radical refuserait peut-être la différence. Berkeley refusait même qu'il puisse y avoir une idée du triangle en général (qui ne soit ni rectangle, ni isocèle, ni équilatéral, ni quelconque), et estimait plutôt qu'il n'y avait que l'imagination de formes triangulaires particulières. Pour que l'expérience de pensée rousseauiste ait le moindre intérêt, il faut que son homme à l'état de nature ait le même statut que le corps sur lequel aucune force ne s'exerce de Newton. Est-ce qu'on peut parler d'imagination à propos de ce que fait Newton ? Est-ce vraiment la même chose que ce que fait Rousseau ? Discutable. Mais Rousseau aurait sans doute répondu par la positive à chaque fois.
  15. Contrefactualité : qui aurait pu avoir lieu sans que ce ne soit le cas. Ce n'est pas la même chose que l'imagination, puisque je peux très bien imaginer des choses ou des événements qui sont réels, tout comme un événement contrefactuel peut n'être imaginé par personne. Je ne peux pas vraiment te répondre sur le rôle de l'imagination dans la théorie de la connaissance de l'empirisme classique. Mais la science, y compris celle de leur temps, reconnue par eux, à souvent tendance aussi à "écarter les faits" pour se doter d'objets théoriques permettant une meilleure compréhension du monde.
  16. Chez Nietzsche, il n'y a aucune injonction à respecter les autres individus, la quête de la liberté ne s'arrête pas à celle de l'autre, mais se transforme en quête de suprématie sitôt que c'est possible. Mill est un libéral, et adhère donc à un courant qui permet la paix en délimitant les droits de chacun. Nietzsche trouve plutôt que la guerre, c'est plus fun.
  17. Mégille

    Aujourd'hui, en France

    J'ai déjà eu des élèves qui m'ont laissé sous-entendre (sans le dire clairement) qu'ils ne croyaient pas à l'évolution... Mais je n'ai eu aucun platiste sérieux, alors que j'aborde assez souvent le sujet, pour différentes raisons. Hypothèse : il y a au moins 1 jeune sur 6 qui s'est payé la tête de ceux qui ont fait l'étude.
  18. Voilà ce qu'en dit l'intéressé (dans le Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes) : Même s'il s'en sert pour justifier son littéralisme biblique (et il n'y a pas de raison de croire que cette profession de foi n'est pas honnête), c'est en fait une méthode tout à fait conforme au fonctionnement de la science empirique moderne, et qui rend sa vision du contrat social plus compatible avec notre conception de l'homme que ne le sont, telles quelles, les théories de Hobbes et Locke, qui prennent l'état de nature pour une étape réelle (ce qu'elle n'était de toute évidence pas). Si sa conception de l'état de nature vaut même s'il n'a jamais eu lieu parce que l'homme aurait été civilisé depuis sa création conformément au récit biblique, alors elle peut aussi très bien souffrir de notre conception actuelle d'une co-évolution de l'homme et de sa culture. L'injonction à "écarter tous les faits" peut sembler choquante, mais elle est nécessaire pour passer de l'expérience individuelle à la science et à sa prétention à l'universalité. Le physicien ne procède pas autrement, le "corps sur lequel aucune force ne s'exerce" de Newton n'existe pas plus, et n'a jamais plus existé, que l'homme naturel de Rousseau. Toutefois, en imaginer l'existence est nécessaire pour comprendre le comportement des corps réels. L'état de nature n'est pas autre chose : il s'agit de tenter d'imaginer un homme sur lequel rien d'artificiel n'agirait (quand bien même ça n'a jamais et n'aura jamais lieu), afin de pouvoir établir des lois générales relatives à la nature de l'homme et à son comportement. On peut se demander si ce saut dans l'abstraction et la contrefactualité est véritablement conforme aux exigences de l'empirisme, mais les empiristes jugent généralement que oui (Locke et ses successeurs étaient tous des admirateurs de Newton). Et la théorie de la connaissance de Rousseau peut sans doute être qualifiée de "sensualiste" (forme radicale d'empirisme). C'est en tout cas ce que semble indiquer sa théorie de l'éducation.
  19. Et bien, un physicaliste a des chances de vouloir identifier les "idées" (y compris les propositions, peut-être ?) a des états mentaux. Et, systématiquement, les états mentaux à des états cérébraux. Le fait de croire en ceci ou cela serait donc identique, si ce n'est à de la matière directement (une ombre, ou le temps lui-même, par exemple, ne sont pas non plus, techniquement, "fait d'atomes"), à une certaine activité de la matière.
  20. Bienvenue. J'y réfléchirai quand il y aura un candidat libertarien, ou au moins, ne serait-ce qu'un peu, libéral !
  21. Alors, oui, mais aussi et surtout : des monstres moches, des acteurs médiocres, et un scénario sorti d'une partie de D&D mal préparé.
  22. Mégille

    La réforme des retraites

    La bonne nouvelle est que la seule solution préférée par la majorité est le développement de la retraite privée et par capitalisation.
  23. Pour les nostalgiques et amateurs de fantasy ringardes pré-lotr... La série Willow est très sympa. A prendre comme une sorte de nanar doux.
  24. Bonjour, je t'invite à te présenter ici avant de poster ailleurs : https://forum.liberaux.org/index.php?/forum/191-forum-des-nouveaux/ Qu'on se connaisse un minimum avant de discuter !
  25. D'ailleurs, est-ce que ceci implique que dans notre timeline, Skynet est Mr Trombone ?
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