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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. Tu n'es donc pas encore au lvl 2 de la franc-maçonnerie ? Il sera probablement condamner pour apologie de génocides avant de sortir ! Quoi qu'il y a sans doute un truc à faire autour de la figure de Déborah dans la ligné de "Woman King". Ce serait chouette.
  2. Je pense que les différentes idéologies égalitaristes peuvent résister à un degré assez haut de reconnaissance de différences, innées ou non, entre les individus. C'est même clairement affirmé chez plusieurs des maîtres à penser du socialisme. Ex, Marx, dans La critique du programme de Gotha : Cependant, pour les égalitaristes, cette évidente inégalité de fait ne suffit pas à justifier de droit les inégalités qui existent dans notre société. Ex, je ne sais pas à quel point Musk est plus riche que moi (ni ce que ça signifie exactement), mais que ce soit un million ou un milliard fois plus, même si je veux bien qu'il soit plus intelligent et (très certainement) plus travailleur que moi, je doute fortement qu'il le soit un million ou un milliard fois plus. La morale méritocratique conservatrice, qui voudrait que chacun soit récompensé en fonction de son mérite (quoi que soit celui-ci) semble donc mener à condamner la distribution des richesses engendrées par notre économie de marché capitaliste... Les socialistes non-communistes veulent, en quelque sorte, faire appliquer cette morale, et payer plus ceux qui produisent plus (par exemple, à coup de coupon-travail, une idée à la mode au XIXème) à raison de leur plus grand mérite. C'est à dire, peut-être 10 fois plus, mais sûrement pas un million de fois plus, car ce serait visiblement encore plus injuste qu'une égalité stricte si les inégalités entre les hommes sont en effet de plusieurs ordre de grandeur en deça de ça. Et même si plus personne ne parle de coupon-travail aujourd'hui, je pense que ça reste l'idée générale de la plupart des socialistes aujourd'hui. Je crois que même Lordon et Friot sont okay avec une certaine dose d'inégalité méritocratique. Quant aux véritables communistes (partisans du "à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens"), leur plus grande radicalité repose non pas sur une hypothèse différente concernant les faits, mais sur un jugement de valeur différents à propos de ceux-ci. A leurs yeux, être capable de produire plus engendre non pas un droit à avoir plus, mais seulement un devoir de faire plus pour les autres. Il s'agit ici d'une question de normes et non de faits, en terme de "il faut" et non de "il y a". Ce n'est donc pas à coup d'anthropologie physique qu'on pourra résoudre la question... Il est sans doute possible d'agacer un égalitariste maladroit avec ça, et de se lancer dans un débat un peu stérile à partir de là, mais un adversaire un peu plus malin pourra toujours se contenter de répondre, à l'affirmation d'une distinction naturelle, "oui, et alors ?", et il aurait bien raison. Quant à nous libéraux, contrairement à une opinion communément répandue, notre défense de la légitimité de certaines inégalités repose en premier lieu non pas sur une question de mérite plus ou moins grand, mais sur une stricte défense de la liberté de transmettre, de donner, de recevoir et d'échanger, quelle que soit la distribution globale qui en résulte. Tout obstacle à ceci, même pour le vertueux mais naïf motif d'aider les plus pauvres (et plus encore si c'est pour le moins vertueux motifs de punir les plus riches...), est intrinsèquement coercitif, restreint la liberté individuelle, est immoral en soi, nuit à l'épanouissement d'individu autonome, et nous rapproche -ne serait-ce qu'un petit peu- d'une société totalitaire ; en plus de vraisemblablement nuire à la production de richesse la plupart du temps. Mais il est aussi important de remarquer que notre défense des inégalités n'est pas une différente de toutes les inégalités ou de n'importe laquelle d'entre elles, puisque beaucoup sont due ou permise et amplifiée par les moyens coercitifs de l'état. Je pense au contraire que la gauche tend à pécher par trop de scientisme. La gauche mondiale actuelle a pour épicentre l'université, c'est à dire, la science comprise comme institution, comme activité d'être humains concrets. En tant que tel (et même en tant que sommes de connaissance abstraite, d'ailleurs), "la" science est irréductiblement plurielle. L'épistémologue amateur peut bien vouloir hiérarchiser les sciences en mettant les "durs" au dessus des autres, mais concrètement, humainement, quel que soit le nom du laboratoire, il s'agit également de petits humains qui vont également oeuvrer à constituer le consensus politique de la gauche. Et pour chaque économiste qui prône plus de liberté individuelle (et ils ne le font pas tous...), il y a un sociologue, un politologue, un climatologue et un épidémiologiste qui viennent exiger le contraire. Ca vaut aussi pour les décroissants. Je ne pense pas qu'on puisse accuser Jancovici, ou même Barrau malgré son look de guru, d'être anti-science.
  3. Bonjour et bienvenue @Paperasse ! Je suis le "tribun de la plèbe", je t'invite à m'écrire si jamais tu as des questions, ou le moindre souci avec la modération ou d'autres membres ! Pour répondre à ta question, je dirais que les trois courants que tu évoques sont des branches différentes du socialisme, pouvant se chevaucher de différentes façons... Le communisme désigne à mes yeux plus que la simple "socialisation" des moyens de production, mais aussi une socialisation de la distribution de la richesse (sur le modèle "à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens"). Un socialiste libertaire/anarchiste peut donc ne pas être communiste (ex Proudhon qui laisse une large place au marché, ou le collectiviste Bakounine qui était, je crois, en faveur du système des coupons de travail pour remplacer la monnaie). Inversement, un communiste n'est pas nécessairement libertaire, et peut très bien croire que l'état est et reste la meilleure façon de se répartir les tâches et les richesses. Un communiste marxiste veut, en théorie, une société anarchiste comme but final, mais le passage par la dictature est un léger sujet de désaccord entre eux et les libertaires. A propos de la différence entre tous ceux là et les décroissants. Pour les marxistes, il ne s'agit pas du tout de revenir au communisme primitif, mais d'en créer un nouveau, neuf. Et de façon générale, la plupart des socialistes classiques s'attendaient à ce que leur modèle permette de produire plus, donc je ne les assimileraient pas à la décroissance... Les décroissants actuels sont souvent (en tout cas, ceux qui sont vocaux sur les plateaux tv) exigent une décroissance planifiée par l'état, ce qui implique un grand degré de contrôle étatique de la production, et donc, une certaine forme de socialisme. Mais je lisais récemment Ilich -qui apparemment est une figure majeur de la décroissance ? je ne sais pas s'il est encore lu par eux- et je ne suis pas du tout sûr que les anciens décroissants (que lui, en tout cas) puissent véritablement être qualifié de socialiste. Il s'opposait au modèle US autant qu'au modèle de l'URSS, et j'ai l'impression qu'il luttait essentiellement contre une forme de croissance artificielle et planifiée. (Idem pour Thoreau, que les décroissants -et les libertaires aussi d'ailleurs- s'approprient volontiers, et à raison, mais qui n'est sûrement pas socialiste)
  4. Je ne comprends pas ce que Zola fait aussi haut. C'est objectivement chiant.
  5. A la fois antisémites et anti-antisémites... J'imagine que ça fait d'eux les dignes héritiers de Nietzsche ?
  6. +1 J'ajoute que le sport d'équipe, c'est socialiste.
  7. Vu la gueule des mains, parfois encore des visages, et des corps lorsqu'ils sont dans des positions inhabituelles... Il vaut mieux attendre encore un peu pour le IA porn !
  8. "Les mondes de Flynne" est vraiment bon. De la sci-fi qui ne prend pas le public pour un idiot, ça fait plaisir. Quelqu'un a regardé "#philo : sapere aude" ?
  9. Intéressant. Je savais qu'on avait ça chez Aristote et chez Porphyre, mais j'ignorais que Thomas d'Aquin le suivait là dessus aussi. Si quelqu'un se sent la force de faire un plongeons dans la Somme (moi non !), je serais curieux d'avoir la ref précise..
  10. En fait, c'est seulement Nordhaus que j'avais en tête. Je ne pense pas qu'il fasse figure d'excentrique isolé, j'ai plutôt l'impression qu'il est au milieu du consensus, mais c'est peut-être une erreur de ma part.
  11. Pas envie de relancer le débat (en tout cas, j'aurais la flemme de répondre s'il repart, même à cause de moi...), je veux juste retranscrire l'avis majoritaire à ce sujet : Il ne s'agit pas, pour les alarmistes, de dire que le CO2 et le méthane sont intrinsèquement mauvais, ni de dire qu'ils ne sont pas utiles (j'ose espérer qu'on entend encore parler de la photosynthèse avant le RCA), simplement qu'ils sont là en trop grosse quantité. Il ne s'agit évidemment pas non plus de dire que cette quantité est trop grosse parce qu'elle rendrait l'air directement dangereux pour l'humain, on en est effectivement très loin, et je ne connais personne qui s'inquiète de ça. Il s'agit bien de l'effet sur le climat (et aussi, parallèlement, sur l'acidité des océans, qui est un autre problème) qui est jugée problématique, et ce parce que cette augmentation globale moyenne de 1.5° n'est pas uniforme, mais se manifesterait en fait localement et épisodiquement de façon beaucoup plus importante et dangereuse. La plupart des climatologues estiment que ces changements ont un impact globalement mauvais pour nous. Une grosse partie du public et des militants vont jusqu'à ignorer voir nier tout impact positif, et à oublier les autres avantages qu'a par ailleurs l'usage d'énergie fossile, qui cause le RCA (en bonne partie, d'après à peu près tous les climatologues). C'est en insistant sur ces deux points là que Shellenberger et Lomborg s'opposent à l'alarmisme, et en restant dans la marge de manoeuvre autorisée par l'état actuel de la recherche. Toutefois, il me semble que la majorité des spécialistes n'ignorent pas ces deux points là (avantage du RCA, et avantage des énergies fossiles), mais sont plus pessimistes que Shellenberger et Longborn, mais sans être nécessairement pour autant des millénaristes et des collapsologues. D'où (c'en est en tout cas le motif) leur lobbying pour des mesures politiques visant à mitiger légèrement le RCA en sacrifiant un peu des avantages que procurent les énergies fossiles, jusqu'à ce que le calcul coût bénéfice redevienne, d'après eux, favorable à l'humanité. C'est en tout cas ce que je comprends de l'approche de Nordhaus, qui est, je crois, assez "orthodoxe" pour le Giec. Mais il y a beaucoup de variables difficilement évaluables dans tout ça, et il est possible qu'il y ait quelques biais poussant les experts du coté Nordhaus plutôt que du coté Shellenberger/Lomborg. Mais ce n'est pas pour autant que les alarmistes, même les militants les moins malins, défendent les idées absurdes qui te choquent (que les CO2 serait absolument inutile ou nocif ; ou bien que 1.5°C de plus autour de toi serait dangereux - je le répète, personne n'affirme de telles choses, ce n'est pas l'objet du débat).
  12. Mégille

    Qui a dit ?

    Trop tôt pour moi pour me prononcer sur l'oeuvre en général, je suis tout juste en train de la découvrir grâce à une partenaire qui ne jure que par elle. Pour l'instant, j'aime bien son style, et son coté anti-autoritaire. Ca change de Butler, et de son style tarabiscoté qui finit en fait par ne justifier rien d'autre un social-étatisme élitiste proche du stato-quo actuel. Je suis surpris de tomber sur des passages presque libertariens-friendly, comme celui de tout à l'heure.
  13. Mégille

    Qui a dit ?

    La réponse était : Elle est en fait en train d'expliquer que les femmes devraient être plus viriles.
  14. Mégille

    Qui a dit ?

    En l'occurrence, vous trouverez sans doute ça pire que Onfray ! Je donne la réponse demain.
  15. Mégille

    Qui a dit ?

    Nope, ça aurait été trop facile. (et sérieusement, pourquoi je lirais du Onfray ?)
  16. Mégille

    Qui a dit ?

    Une longue, parce qu'elle est un peu chouette et que la réponse sera sans doute surprenante :
  17. Les subventions font-elles que l'on exporte notre inflation dans le reste de l'Europe ? (et les autres nous laissent faire ça ?!) Et d'où vient cette modération salariale ? C'est une boucle de rétroaction positive qui ne s'est pas déclenchée en France, faute d'inflation suffisante, contrairement à l'Allemagne ?
  18. Comment explique-t-on que la France soit relativement épargnée par l'inflation comparée au reste de l'Europe ? Est-ce qu'on doit craindre que ça cesse ?
  19. Non, je suis bien dans du privé, et effectivement, on est en train d'ouvrir des filières en alternance qui fonctionnent bien. Je ne me rendais pas compte que ça compensais le désertement des scolaires, mais je manque de recul pour ça. J'imagine que c'était rendu invisible aux yeux des quelques représentants de l'état qui étaient là pour nous parler du problème, puisque ce ne sont pas eux qui s'occupent des apprentis.
  20. Très soft comparé à d'autres images "saccage Paris". Ce sont les vendeurs à la sauvette qui sont censés être en trop ? Je trouve que ça fait très ville touristique européenne en général, Rome et Barcelone, entre autre, en sont aussi truffées, et je ne trouve pas que ce soit un très gros problème...
  21. Je n'ai pas réussi à accéder à la source. Ce sont des projections sur la totalité de l'année ou les chiffres jusqu'à présent ?
  22. Non, il y a aussi une vraie défense des femmes contre les stéréotypes misogynes chez Fonte et Marinella que j'évoquais plus haut, à la suite de Christine de Pisan. Je ne qualifierais pas forcément Pisan de féministe, puisqu'elle ne cherche pas à changer l'ordre social de son temps, mais seulement à défendre l'honneur des femmes au sein de celui-ci, par contre, les vénitiennes de la génération suivante vont beaucoup plus loin, et les deux que j'ai cité vont mêmes jusqu'à affirmer la supériorité des femmes, et je suis à peu près sûr qu'elles étaient bien conscientes des enjeux de société de leur argumentaire. Je n'ai pas lu Tulia d'Aragon, mais puisqu'elle a de telles contemporaines, et potentiellement camarades de discussion et de réflexion (Fonte met en scène des femmes qui se retrouve entre elles pour discuter de ce genre d'idée), l'y associer n'est pas aberrant. Oui, Platon était féministe. Et Plutarque aussi, et Platon et Plutarque ont été de grandes influences sur les proto-féministes de la Renaissance, de Tulia d'Aragon à Agrippa de Nettesheim.
  23. Sur Tullia d'Aragon, dans l'article en anglais, il y a tout de même : Mais effectivement, il y a un féminisme beaucoup plus clair chez Fonte et Marinella. Edit : tiens, il y a aussi Veronica Franco et Arcangella Tarabotti dans le groupe des féministes vénitiennes de la Renaissance (Ok, Tulia n'était pas vénitienne, mais c'est là bas qu'elle est allé faire publier son oeuvre). C'est assez drôle, quand même, d'avoir une philosophe, une nonne et une prostituée se rejoindre dans leur invention du féminisme à l'époque moderne. Je me demande si elles s'étaient rencontrées.
  24. Entre elle, Moderata Fonte, Lucrezia Marinella, et quelques autres, il y a en fait tout une école de féministes vénitiennes à la Renaissance. Je regrette qu'il n'y ait pas plus de recherche faite sur elles, il y a matière à faire des thèses.
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