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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. Pourquoi ? Merci !
  2. Malheureux, voulez vous vraiment que quelqu'un vienne vous expliquer Hempel ? Quine ne vous a-t-il pas suffit ?
  3. Je cherche ce vieil extrait d'une émission télé (le Quotidien, peut-être ? à moins que ça n'ait encore été le Petit Journal ?)... Un jeune droitard, d'origine asiatique je crois, propre sur lui et très bien habillé (voire snob) était interviewé, et déclarait que les gauchistes puent et sont mal habillés. Dans mes souvenirs, ça avait été un petit mème, mais je ne parviens pas à remettre la main dessus. Est-ce que quelqu'un d'autre s'en souvient, voire mieux, saurait retrouver l'extrait ?
  4. Ca y est, j'ai vu Barbie. (je vais spoiler un peu mais pas dans les détails) C'est somme toute très peu revendicatif, et assez tiède en matière de féminisme. Les remarques les plus "woke" sont adressées contre Barbie (le personnage et le film à la fois) par une adolescente, sans que le film ne tente vraiment de s'en défendre (façon de dire "on laisse les gamines râler, on s'en fout" ?). Le message du film, qui est donné très explicitement, est que même si Barbie a joué un rôle positif, elle a contribué à donner aux femmes des injonctions irréalistes et paradoxales, et puis ce-serait-vachement-bien-s'il-y-avait-une-barbie-"normale". Pas vraiment de quoi hurler à la sorcellerie qui menace de renverser la famille traditionnelle et le capitalisme. Le reste est juste un vieux "et si les rôles de genre étaient inversés ?" avec un petit twist. J'ai même l'impression qu'il y a une volonté de s'adresser aux hommes anti-féministes de façon non-hostile (ce qui a fait grincer des dents plusieurs de mes amies). Je ne vois pas comment le malheur de Ken (d'être toujours un numéro 2/de n'exister que pour Barbie et de devoir mendier son attention, sans se sentir respecté/d'être dans la friendzone) a du sens par rapport au message central du film, ou même par rapport au petit jeu d'inversion des rôles. A aucun moment le vécu des femmes du monde réel n'est assimilé à celui de Ken, et ça aurait été très bizarre de le faire, à moins de tendre vers une forme de misogynie assez obsolète aujourd'hui (qui prétend encore que les femmes n'existent que pour être vue par les hommes ?). Je pense que ça doit être pris au premier degré comme une tentative de comprendre la "crise de la masculinité". Et ça se retrouve du même coup presque à justifier le backlash anti-féministe. D'autant plus qu'à la fin, loin d'être tenu pour responsable de son coup d'état, Ken se retrouve à être consolé par Barbie. A coté de tout ça, c'est surtout une grosse pub pour mattel, chanel et chevrolet. Mais les images sont plaisantes à voir, et les gags, plutôt drôles, même s'ils sont assez faciles.
  5. Re-bonjour Knatterton, ce sous-forum est destiné à ce que les nouveaux puissent s'y présenter, en n'y ouvrant qu'un seul sujet ! Il y a déjà plusieurs fils de discussion liés à l'IA sur le forum, je te laisse les chercher pour y intervenir ! Et tu pourras ouvrir de nouveaux fils dans les sections appropriés du forum dès que tu auras posté 100 messages.
  6. Bonjour, et bienvenue ici ! Pourrais tu nous dire quelques mots à ton sujet ? (par exemple, à propos de ton rapport au libéralisme) Je suis le "tribun du peuple", ça signifie que tu peux t'adresser à moi si tu as des questions sur le fonctionnement du forum, ou besoin de médiation face à d'autres membres du forum ou face à la modération. Pour répondre partiellement au sujet que tu abordes, Ces entreprises vendent elles plus chers, ou bien vendent elles à perte ? Cette petite contradiction est importante, puisque c'est en partie ici que réside l'explication du pourquoi il n'en va pas ainsi... Je n'ai pas le temps de restituer tout le raisonement maintenant, mais je te renvoie à Machinery of Freedom de David Friedman, un chapitre ou deux y est consacré. A propos des réseaux sociaux numériques, je ne m'en fais pas trop... Avec ne serait-ce qu'une petite dizaine d'années de reculs, on peut assez souvent voir des gros tomber (rip myspace), et des petits grimper. Je ne vois pas pourquoi ça se figerait aujourd'hui. Et puis, à propos de "X", il a déjà plusieurs concurrents qui font à peu près la même chose (thread, mastodon, etc), et si ceux ci sont peu crédible, il a toujours les autres gros (facebook, g+, etc), qui rendent certes un service différent, mais justement, dans l'approche autrichienne, on considère la concurrence comme ayant lieu entre des biens ou services substituables, et non entre des marchandises que l'on imagine être absolument identique.
  7. Ce n'était pas un fils d'après Elon ? (et une personne non-binaire d'après sa mère ?) Et j'ai cru comprendre que Musk a beaucoup d'enfants, je serais surpris qu'il n'ait qu'un seul fils ou qu'une seule fille.
  8. Il te reste donc un quart de film pour les avoir tous vu.
  9. Il y a effectivement cette catégorie ci, et puis celle-là, et ensuite il y a "Four Rooms".
  10. Oui, en bonne partie parce 1) il y a des distorsions temporelles relativistes, et 2) elles ont une place très importante dans le récit. C'est quelque chose qui manque souvent dans la science-fiction, surtout au cinéma (j'ai bien quelques autres exemples remarquables en tête, mais en littérature seulement). Et c'est très énervant, parce que c'est justement ce que j'attends de la science-fiction : raconter de nouveaux récits qui ne peuvent être imaginés que grâce aux possibilités ouvertes par la science... et pas juste remplacer la mer par l'espace dans une énième épopée. Je me souviens aussi avoir été très satisfait esthétiquement, peut-être en partie par la représentation de l'univers tel qu'on sait qu'il est : gigantesque, spectaculaire, mais presque (ou totalement ?) désert et inhospitalier... Un thème vertigineux qu'encore une fois on laisse trop souvent de coté, trop pressé qu'on est de tout remplir d'aliens dès qu'on peut. Je suis un peu partagé sur la fin, mais dans l'ensemble, oui, je considère interstellar comme un très bon film. (peut-être parce que je ne m'y connais pas tant que ça en sci-fi ?)
  11. Nan, memento c'est chouette. Autant les mises en abime sur la réalité c'est vu et revu, au point que ce soit presque un genre à part entière au sein duquel inception n'est remarquable que par ses effets visuels, autant avoir monté un film entièrement à l'envers, d'une façon qui a du sens par rapport au sujet, et tout en en faisant un film tout à fait regardable et pas une bouillie post-moderne, je trouve ça très cool. Quand on ne le prend pas pour de l'art et essaie révolutionnaire ou je ne sais pas quoi, mais bien pour du divertissement, je trouve ça tout à fait regardable, tarantino. En petite dose, toutefois.
  12. Vrai. C'est un plutôt bon film. Mais loin d'être le meilleur. Et puis, je n'aime pas trop Dicaprio, sa tête me dérange, sauf dans Django à la limite.
  13. Memento, le prestige et instellar sont bons. Le reste est très surcoté. Et the dark knight est facho.
  14. A l'en croire, la ressemblance avec le droit moyen-oriental est soit superficielle (concernant l'imitation approximative de la forme d'un traité de vasselage assyrien), soit résiduelle (concernant la polygamie, notamment). Mais pour l'essentiel, les lois seraient surtout grecques, puisqu'alors que les codes mésopotamiens se contentent généralement d'affirmer et d'idéaliser le pouvoir du roi, et d'entériner les coutumes déjà établies à un plus petit niveau, la Torah aurait plutôt l'aspect d'un code innovant, auquel manquerait aussi bien l'importance du roi que les sévices cruels habituels (sauf la lapidation, mais dont l'idée viendrait justement de Platon). Une sorte d'équivalent pour les juifs à la Loi des XII tables des romains. Que Platon ait été influencé par la Torah était une théorie assez classique dans l'antiquité, à laquelle il s'oppose, puisqu'il ne lui semble pas qu'il y ait eu de transmission possible allant dans ce sens. Il perçoit surtout comme hypothèse rivale celle Westbrook (que je ne connais pas), selon lequel il y aurait eu une sorte de culture juridique commune entre les grecs et les achéménides à l'époque classique. Il ne nie pas que la Torah ait d'abord été écrite en hébreux. Il affirme plutôt qu'elle a été composé très peu de temps avant sa traduction, au même endroit, et potentiellement par partiellement les mêmes personnes. Il identifie les "70" de la légende de la septante avec le conseil de 70 personnes dirigeant alors la Judée. La Bible aurait été composé par une délégation envoyé à Alexandrie au nom de ceux-ci, pour se renseigner sur les lois étrangères avant de composer la leur, de façon comparable aux auteurs de la loi des XII tables envoyés en Grande Grèce par le Sénat romain. Attribuer à cette nouvelle loi un statu antique et révélé aurait été l'accomplissement de ce que Platon proposait de faire. Ce qui me tracasse, moi, est que je ne vois pas comment un livre aussi évidemment composite que la Torah aurait pu être composé par un groupe restreint en une courte période de temps. Comment expliquer les différences entre les lois du Lévitique (qui insistent sur l'importance des aaronides au détriment des autres lévites, sans donner d'importance particulière à Jérusalem) et celles du Deutéronome (qui insistent sur le rôle central de Jérusalem, sans donner de privilèges aux aaronides) ? Trace d'un conflit au sein de la dite délégation ? Il semble aussi négliger que la Bible cite bel et bien ses sources de temps en temps, mais toujours des sources qui semblent plutôt indigènes (Livre des guerres de Yahvé, Livre de Jasher, etc). S'il s'avère qu'il a raison à propos de l'hellénité des lois de la Torah, et bien... je ne sais pas quoi faire de ça.
  15. J'hésite à poster dans le fil des théories du complot. J'ai trouvé une nouvelle victime du syndrome du quinquagénaire hors académie qui a une nouvelle théorie farfelue en lien avec Platon, mais cette fois, c'est un bibliste et pas un astrologue. Russell Gmirkin. Sa théorie : la Torah a été composée aux alentours de 270 BCE, à Alexandrie, et serait en bonne partie une sorte de pastiche des Lois de Platon. Les récits de la Genèse seraient principalement issues de Bérose, et du Timée de Platon pour le récit de la création, et les récits de l'Exode, de Manéthon. Les textes juridiques seraient bien plus proches de la tradition grecque que des traditions moyen-orientales, et plus proche du projet de Platon en particulier. Les auteurs auraient été une délégation envoyé par le conseil des 70 à Jérusalem, et auraient eux-mêmes (les auteurs) finis par être confondus avec ceux-ci (le conseil qu'ils représentaient), et avec les auteurs de la traduction grecque, qui aurait été effectuée au même endroit, très peu de temps plus tard. Une critique, par une vraie chercheuse, d'un ouvrage de Gmirkin : https://bibleinterp.arizona.edu/articles/review-russell-e-gmirkin-plato-and-creation-hebrew-bible La réponse de Gmirkin : https://bibleinterp.arizona.edu/articles/response-stephanie-anthonioz-review-russell-e-gmirkin-plato-and-creation-hebrew-bible Que le bonhomme en question prétende, sur son site personnel, être le fils de James Bond et avoir arrêté ses études "d'un commun accord avec l'administration" de sa fac suite à des incidents impliquant épées et explosifs ne plaide pas tout à fait en sa faveur. Mais l'idée est trop grosse pour ne pas qu'on s'y intéresse un peu, même en ne lui accordant qu'une très faible plausibilité.
  16. fyp
  17. A quoi penses tu ? Il y a bien Heliopolis de Junger pour le smartphone avec une remarquable avance, mais à part ça... J'ai plutôt l'impression que la SF a tendance soit à diffuser l'idée d'une innovation déjà présente ou au moins en cours de création un tout petit peu avant que le public ne l'intègre (je pense à Jules Vernes et plusieurs Black Mirror), soit qu'elle se contente de projeter les rêves magiques d'une époque donné en étant complètement à coté de la plaque. Je pense à Mary Shelley, à pas mal de vieilles anticipations (chauffage au radium, voiture volante...), ou encore, à un type qui, faisant justement le pari de prendre la SF au sérieux, avait tenté d'anticiper l'aspect général qu'auraient les vaisseaux spatiaux du futur en croisant autant de représentation que possible de ceux-ci. Le bonhomme en question ne semblait pas s'être aperçu que ce qui en ressortait était globalement des gros bateaux, sorti de notre imaginaire du voyage, et à la forme principalement issue d'une adéquate à des fonctions toutes autres que celles pertinente pour un voyage spatial (flottaison et hydrodynamisme).
  18. Oui, ça se lit assez bien comme une satire (et ce serait ridiculement prétentieux et plat à la fois si ça ne l'était pas). Et pourtant, c'est quand même beaucoup d'effort (pour l'auteur aussi bien que pour le lecteur) pour un foutage de gueule.
  19. Et bien, le problème est qu'il y a deux essences, l'une sociale et culturelle, l'autre biologique, derrière ce mot, et ce n'est pas faire outrage au platonisme de le remarquer (Platon distingue pas moins de six essences du "sophiste"). Ils sont répartis de façon spontanés, si tu veux, mais on joue avec les mots. Et les choix individuels sont déterminés socialement (les jugements de valeur, tout individuels et subjectifs qu'ils soient et que la praxéologie les reconnaît être, ne sont pas pour autant produit ex nihilo par notre âme, sans qu'un petit coup d'oeil n'ait été jeté dehors). Et si user de la violence contre autre chose que la violence est sans doute illégitime, mais la violence n'est pas la seule façon d'agir sur la société. On peut penser ce qu'on veut de l'entrisme féministe/woke dans les RH, dans les équipes créatives de Hollywood et de Netflix, etc, mais ça reste un mode d'action liberhallal. Je ne pense pas que l'élargissement soit illégitime, mais je n'ai sans doute pas été clair sur le point plus précis que tu soulèves : oui, tu as raison, avoir le choix (socialement acceptable) entre un pantalon et une robe est préférable à ne pas avoir d'autres choix (socialement acceptable) que le pantalon, que l'on aime les robes ou pas. Mais ce constat ne doit pas nous empêcher d'en chercher la cause, et ici, on dirait bien qu'elle est une dévalorisation de ce qui est féminin relativement à ce qui est masculin. Et cette dévalorisation entraîne d'autres privilèges qui vont dans l'autre sens (pour rester au niveau de la tenue, la plus grande acceptabilité d'être torse nu pour les hommes, ou la plus grande pression à consacrer plus de temps et d'énergie à son apparence pour les femmes, par exemple). Il me semble que lorsque tu soulignes qu'il y a plusieurs niveaux d'interprétation du phénomène (en fait, plusieurs niveaux ici), tu tombes dans la comparaison des privilèges/avantages des uns et des autres, ce qui ne peut justement être qu'un jugement de valeur personnel. Mon argument est qu'on n'est pas obligé de s'en tenir à ça, et que l'on de se résumer à une plainte subjective, le féminisme part du constat qu'à la racine de la plupart de ces inégalités, il y a une dévalorisation du féminin, même lorsqu'il semble en résulter des avantages concrets pour les femmes. Exercer un métier dangereux est sans doute, sous bien des aspects, pire que faire plus souvent le ménage, mais si les hommes sont plus souvent dans la première situation, c'est aussi en partie parce que le travail difficile est plus valorisé culturellement que les tâches ménagères. Et en luttant contre ça, les féministes luttent aussi contre les désavantages qui en résulte pour les hommes. (et donc, indirectement, pour ouvrir plus facilement la possibilité aux hommes qui le souhaiteraient de porter des robes, ou bien de faire coiffeur ou secrétaire plutôt que de se forcer à aller perdre leurs doigts dans le BTP quand ce n'est pas leur vocation). Connaît pas. Tu as des ouvrages à conseiller ? Et est-ce que tu crois qu'être mis dans la même catégorie que les enfants -tout confortable que ce soit- est vraiment préférable pour un humain libre et autonome ? Tu as raison, il y a sans doute à faire (en partie, peut-être, à contre courant de ce que fait inconsciemment le féminisme) pour rendre plus visible les crimes commis par des femmes et/ou contre des hommes. Mais remarque l'asymétrie entre les deux situations : alors qu'aujourd'hui on occulte et oublie les crimes conjugaux (conséquents, mais tout de même minoritaires) commis contre des hommes, alors qu'autrefois, à l'âge du "crime passionnel", on ne se contentait pas de cacher les crimes conjugaux (majoritaires) contre des femmes, mais on les romantisait et on les excusait. Même s'il y a encore du boulot par ailleurs, il me semble que l'évolution de l'une à l'autre est tout de même un progrès. Ceci.
  20. En anarcho-féodalisme avec des éléments de minarchisme municipaliste, je dirais. Il y a un type avec un titre de noblesse (parce qu'il avait un ancêtre assez grand pour monter un très grand âne, je crois) qui est théoriquement le chef, mais sans mention de pouvoirs particuliers qui lui seraient conférés. Je crois aussi qu'il y a un maire quelque part, et qui est chef de la milice, ou quelque chose comme ça. Et le "cap" de anarcapie pose problème à leur sujet (à peu près autant qu'avec l'Islande médiévale, disons), puisque même s'ils ont de toute évidence de la propriété privée, des inégalités et des contrats de subordination (Sam qui est le jardinier des Baggins), il n'y a pas vraiment d'accumulation de capital. La principale structure de pouvoir et d'influence semble être l'appartenance clanique plus que la richesse (Bilbo est une petite exception à ça, et ça ne plaît pas trop). Mais surtout, il me semble que les hobbits ont résisté avec succès contre les forces de Saruman (qui représente la modernité industrielle et étatique). Donc c'est plutôt une sorte de défense de la viabilité de ce genre de société.
  21. Je viens de terminer "La Maison des feuilles" de Danielewski. Outre que je suis plutôt content d'avoir lu un plutôt long roman (il y a longtemps que je ne m'en étais plus donné le temps !), ça mérite qu'on s'y jette, c'est une expérience assez singulière. C'est un livre fait de plusieurs couches, et qui passe son temps à se commenter lui-même : "l'éditeur" publie et commente très discrètement les feuillets de "Johnny Errand", un punk camé mythomane et probablement schizophrène, qui raconte sa vie (de façon souvent incohérente) dans de longues notes en bas de pages qu'il ajoute à une oeuvre qu'il s'acharne à compiler : une sorte thèse fictive (un peu trop narrative, mais tout de même surchargé en références et en sources secondaires, réelles ou fictives) de "Zampano", un vieil aveugle mort à peu près aussi mystérieusement qu'il a vécu, portant sur un film apparemment fictif, le "Navidson Record", dans lequel le photoreporter et aventurier Will Navidson tente d'explorer sa maison, qu'il découvre être plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur. Le tout à travers une grande liberté dans la mise en page (pages entières parfois entièrement blanches ou entièrement noires, texte parfois rayé, retourné dans tous les sens, parfois en braille ou en morse, etc), et avec des énigmes, des codes, etc, qui rendent la lecture souvent plus proche d'une séance d'exercices mentaux que d'une promenade narrative. Ca a un petit coté "Mullholand Drive" (ou eXistenZ ?) façon livre-objet. Je n'arrive pas encore à déterminer s'il s'agit ou non d'une satire du style des publications académiques, s'il y a une réelle tentative de parler de quelque chose (la réalité ? l'espace ? la cécité ? l'interprétation ? la vérité ?) ou bien s'il ne s'agit que d'un appel du pied désespéré à ajouter notre propre couche d'interprétation à un support assez libre, ou bien encore s'il ne s'agit pas au fond que d'une sorte de livre-jeu en plus prétentieux. Même dans ce dernier cas, ça reste une lecture que j'ai trouvée agréable, à sa façon.
  22. Et bien, je te renvoie aux travaux de Héritier là dessus. Oui, on peut facilement retourner la choses et trouver des privilèges aux femmes, et des torts aux hommes... Et il y a encore plus évident que ça dans cette catégorie (chance d'être victime d'agression physique, d'être à la rue, d'être en prison, métiers pénibles, etc). Une fois ceci constaté, on a plusieurs options : 1/ Considérer que les torts se compensent, et que c'est une sorte d'ordre naturel, ou au moins juste, des choses. Mais que ce point de vue apparaisse un peu plus chez les uns que chez les autres doit lever un premier soupçon... Et puis, si une partie de ces torts est faite de maux nécessaires qu'il s'agit simplement de répartir (travaux pénibles -de nuit, dangereux, etc- , tâche ménagère, etc), d'autres (violence sexuelle envers les femmes, violence physique homme-homme, etc) sont loin d'être des fatalités ou des constantes humaines, et pour ceux-ci, il est tout à fait possible que la façon dont ils sont distribués ait un petit quelque chose à voir avec leur cause, voire leur existence même. 2/ évaluer subjectivement, en fonction de son ressenti et de ses propres jugements de valeur, lequel des groupes est le moins bien loti, et y perd le plus. Le problème est qu'il ne s'agit bel et bien que de cela : un jugement de valeur personnel, subjectif. Vaut-il mieux avoir une jambe en mousse ou bien les dents en bois avoir une chance sur trois* d'être victime de viol, ou une chance sur mille* d'être victime de meurtre ? La question ne se résume pas à une équation, elle dépend ultimement de la valeur que l'on donne subjectivement à son intégrité et à sa dignité relativement à sa survie. (* chiffres bidons inventés pour l'exemple) 3/ Partir d'une observation objective des jugements de valeur qui s'expriment dans la société. C'est l'approche de Héritier notamment.
  23. Je parle spécifiquement d'infériorité en terme de valeur. Si être traité de fille est généralement perçu comme offensant (ou comme devant l'être) pour un homme alors qu'être qualifié de "garçon manqué" pour une femme l'est beaucoup moins, c'est que la féminité est jugée moins bonne que la masculinité. Françoise Héritier a pas mal bossé là dessus, et sur les différentes associations au masculin et au féminin dans différentes cultures. Et effectivement, cette unité (relativement large) admet un grand nombre de débats internes, notamment entre universalistes et différentialistes... Je ne prétends pas le contraire.
  24. Ce qui est observé est l'anatomie externe, mais ce n'est pas elle qui est le sexe (et à moins de reconnaître ça, on ne peut pas affirmer la binarité du sexe). Et ce qui est encore plus éloigné causalement et essentiellement du sexe (gonadique/gamétique) que l'anatomie, c'est le fait d'avoir un petit "F" ou un petit "M" sur un papier à coté d'un nom et d'un prénom, et toutes les significations et connotations qui y sont liées. Parler "d'assignation" sert à mettre en évidence cet écart.
  25. J'évite la réponse facile, et fausse ("les hommes"). L'ennemi du féminisme est, et a toujours été, toute forme de systèmes de valeurs rendant les femmes inférieures aux hommes. Il y a évidemment des débats internes, et des changements dans ce qui est la posture majoritaire, à propos de la forme générale de ces systèmes de valeurs, à propos de la façon dont on les identifie dans notre société, et à propos de la meilleure façon de lutter contre eux, mais il me semble que le féminisme garde tout de même un noyau assez stable.
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