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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. Je termine maintenant la plupart de mes "conversations" avec Claude par "fais de ceci un jeu vidéo" (et rien de plus dans le prompt), quel que soit le sujet, juste pour voir. Il vient de me faire un petit jeu très sympa où un ambassadeur doit s'assurer des bonnes relations diplomatiques entre les empire Ottoman, Moghol et Séfévide. Le tout assez joliment décoré. Je suis bluffé.
  2. Encore un peu, et on va réinventer la distinction "classe en soi/classe pour soi" ! Pour que le candidat des actifs soit Kasbarian, il faudrait que les actifs, en tant qu'actifs, perçoivent son programme comme le leur. Le "producérisme" est une opposition à ceux qui sont perçu comme parasites, qui ne sont pas forcément toujours les bons. Et le "producérisme" des actifs français inclut la finance et pas (assez) l'administration dans la classe des parasites.
  3. Moi qui croyais que Claude avait pour principal avantage d'avoir moins de chance que les autres de devenir skynet...
  4. Ils étaient meilleurs que les français, c'est tout. Git gud
  5. Je ne crois pas, c'est à l'existence informelle de sous-partis à l'intérieur des partis organisés qu'ils s'opposent, et pas forcément à la décentralisation.
  6. Ce que je vois comme une sortie du capitalisme, ce n'est pas l'hybridation public-privé en elle-même (qui est plutôt un symptôme), c'est plutôt le développement des hiérarchies internes à l'Etat et aux entreprises. Si on se concentre sur les technostructures privées, d'un point de vue libéral, on jugera que tous les employés, du petit opérationnel jusqu'au top manager, sont également des sortes de fournisseurs de services intermédiaires avec l'entrepreneur pour client, internalisé dans une organisation commune par le truchement de la forme des contrats, et distingués tout au plus par leurs différentes productivités marginales et leurs engagements contractuels différents. Un marxiste estimera que ce sont tous des prolétaires, également exploités par le capitaliste, mais dont certains ont été corrompus. Mais dans les deux cas, on néglige la forme d'autorité interne à l'organisation, et on y voit qu'un sous-phénomène, un produit dérivé du vrai rapport d'autorité qui est du propriétaire sur tous les agents à la fois (que ce rapport d'autorité soit vu comme légitime tant que consensuel, ou intrinsèquement inique). De la même façon, je suis certain qu'on pouvait encore voir, au XVIIIème siècle, le bourgeois, qu'il soit un grand négociant ou un petit artisan, et le paysan, qu'il soit libre ou serf, comme également des roturiers, comme appartenant également et indistinctement au tiers-état, puisqu'exclue de la classe privilégiée des grands propriétaires terriens nobles, vers laquelle on regardait quand on voulait voir la source du pouvoir. La forme d'organisation de la plus grande partie de la société, et du pouvoir qui la traversait, ce qui déterminait concrètement la vie de la plupart des individus, était négligée et vu comme un simple sous-phénomène. Pourtant, la forme d'organisation traditionnelle, qui semblait être le socle et la condition de toutes les autres, était déjà en train de devenir une coquille vide. Et on s'est vite aperçu que -non sans souffrance, évidemment- la coquille pouvait être retirée et la nouvelle structure subsister sans elle. C'est encore plus visible du coté de la forme des gouvernements : les monarchies héritées du moyen-âge pouvaient ou non être renversée, un état parlementaire finissait toujours par s'imposer. Et même si, comme en Angleterre, on garde une tête couronnée, et même si les textes font que formellement, tout ce qui est fait par l'état est fait par elle, on voit bien que concrètement, ce n'est pas de là que part le pouvoir. Je pense que ce qui se passe est tout à fait similaire. Sur le plan politique, tout comme les princes se sont retrouvés cantonnés à un rôle cérémonial pour laisser les rênes aux politiciens élus (corolaires politique des entrepreneurs), les élus se retrouvent à leurs de plus en plus limité à un rôle symbolique et formel, laissant leur pouvoir réel aux bureaucrates. Coté économique, même phénomène, le propriétaire (ou l'Etat lui-même pour les entreprises publiques) a un pouvoir de moins en moins réel et, même s'il continue a en tirer des bénéfices, il s'efface au profit des administrateurs de la technostructure. Google et Apple sont assez exemplaire de ce coté là, j'ai l'impression que les actionnaires laissent complètement les mannettes à l'organisation. Ce qui fait de Musk et de Trump des "frondeurs" est qu'ils s'opposent précisément à cette transformation là. Leur style à tous les deux consiste à chercher à faire respecter leur autorité légitime, l'un en tant que propriétaire, l'autre en tant qu'élu, contre l'intérêt des administrateurs qui leurs sont théoriquement subordonnées. Et que ceci nous choque -pas simplement leurs excentricités personnelles, mais leur volonté même d'exercer directement une autorité réelle- montre justement qu'on a déjà au moins un pied dans un système où ce n'est plus perçu comme normal. Un autre exemple qui me vient de transition est le passage, interne au féodalisme, de la monarchie élective à la monarchie héréditaire en France (il s'agit du passage du féodalisme comme fédération de propriétaire terrien à un proto-état centralisé). Jusqu'à Philippe Auguste au XIIIè s, le roi était théoriquement élu par les pairs. Mais l'habitude, depuis Hugues Capet au XIè s, d'élire le fils du roi précédent, associé par lui au pouvoir, avait progressivement fait de l'hérédité le fonctionnement réel, et de l'élection, une simple formalité. Tant et si bien que lorsque Philippe Auguste l'abolit, personne n'y voit un changement de régime, mais seulement une ratification d'un état de fait déjà largement accepté par tous. De la même façon, la transformation actuelle pourrait culminé en une disparition des états et des propriétaires au dessus de la plupart des technostructures, sans que ça ne change la vie de qui que ce soit et peut-être même sans qu'on ne s'en rende compte. (je ne prédis pas que ceci va avoir lieu, et encore moins à court terme, mais j'observe, ou je crois observer, une transformation qui va dans ce sens là) A propos de la distinction bureaucrate/technocrate : la nouvelle structure de pouvoir s'instaure en contrôlant les processus de production, de distribution, et d'exercice du pouvoir. Ces processus ont une forme en partie conventionnelle et contingente (droit administratif, choix managériaux interne à une organisation, etc), en partie nécessairement dictée par la réalité concrète qui est travaillée. Le bureaucrate est celui dont le contrôle relève surtout de la partie conventionnelle de la forme du processus, l'autre est le technocrate. Le plus grand danger (enfin, le plus grand frein à la productivité en tout cas) vient évidemment du bureaucrate, puisque même s'il y a toujours une part irréductible de bureaucratie dans un contrôle d'un processus, le bureaucrate a et l'intérêt et, au moins un peu, le pouvoir d'augmenter son emprise et son poids au détriment du reste. C'est là où Thiel, Yarvin, Musk, etc, ne sont pas qu'une simple fronde des propriétaires : par leur formation, ils sont aussi des ingénieurs, plutôt technocrates, qui mènent une charge contre les bureaucrates. Je ne crois pas, c'est encore autre chose. Le féodalisme se caractérise par le contrôle de la terre, et par la relation personnelle entre les seigneurs. La nouvelle structure se divise en un contrôle fonctionnel et pas territorial du pouvoir, et la hiérarchie est impersonnel et (en apparence au moins) rationnelle plutôt que personnelle et morale. Il y a un peu de ça, et je crois que tu as la vision de Vance, qui voit dans le coté "fronde" du mouvement un retour à un monde sain où ce sont les élus qui font la politiques et les entrepreneurs qui font l'économie. Mais il y a explicitement chez Yarvin et Land un rejet de cet ancien cadre libéral et républicain, qui est vu comme porteur en germe de ce qui va faire le déclin de l'Etat et du capitalisme. Ce qu'ils veulent produire, et ce qu'ils produisent effectivement je crois, est tout autre chose. Difficile d'y voir clair, mais il j'ai l'impression qu'il s'agit d'une forme beaucoup plus personnelle et tyrannique (non-restreinte par des lois approchant du NAP) au sommet, et beaucoup plus technocratique plutôt que bureaucratique en dessous. Et même si les bureaucrates peuvent être de vraies plaies, je ne suis pas sûr que les ingénieurs soit moins dangereux lorsque leur machine est faite d'humains. Oui, formellement, notre économie reste largement capitaliste. Tout comme, formellement, la France, l'Italie et la Finlande sont des républiques, aussi différentes qu'il est possible de l'être de l'Angleterre, l'Espagne et la Suède. Mais tout comme cette distinction formelle est rendue presque vide par la réalité de l'organisation du pouvoir, c'est la distinction même entre capitalisme et non-capitalisme qui est en train de devenir obsolète.
  7. Je viens de me la farcir. C'est assez intéressant. Au début, LFI est re-située dans l'histoire politique française. Il y a, il me semble, un changement remarquable de ce coté là. Mélenchon se revendiquait autrefois de Jaurès, du Front populaire, et de Mitterrand, maintenant, il s'agit d'abord de se situer par rapport à l'anarcho-syndicalisme et au léninisme. Le juste milieu trouvé entre les deux ressemble effectivement à la "ligne de masse" maoïste, même si le concept n'est pas mobilisé. A propos du schisme historique entre PS et PCF, il est rappelé que Blum était un marxiste tout à fait orthodoxe, ouvert à la révolution et aux actions illégales autant que légales, et que la rupture n'était due qu'à ce qui est présenté comme un point de détail organisationnel, à savoir, la subordination à l'International communiste, pilotée par l'URSS. Mitterand est oublié, la commune de Paris est remémorée. Staline est évoqué positivement. Une idée de Trotsky est reprise. La vague de gauchisme latino-américaine du début des années 2000 est acclamée, de façon critique, mais c'est l'acceptation du jeu parlementaire et partisan d'un Lula qui est vu comme un échec, et pas les virages autoritaristes à la Maduro (qui n'est pas mentionné). La "dictature du prolétariat" est souvent invoquée, et positivement. La décision du conseil d'état d'étiqueter LFI "extrême-gauche" plutôt que simplement "gauche" est donc tout à fait raisonnable, il s'agit d'un constat de leurs références explicites, plutôt qu'un jugement de valeur extérieure. Leurs protestations sont malhonnêtes. La doctrine n'est pas tout à fait marxiste. Le matérialisme historique reste revendiqué, mais la lutte entre la bourgeoise et le prolétariat est remplacée par celle entre "l'oligarchie" et "le peuple", le communisme comme objectif final par la "société d'harmonie", etc, autant de notions assez floues. Eclaircir la doctrine n'est pas le but de ce document ci (ce serait plutôt "L'Ere du peuple", de Méluche, que je n'ai pas lu), mais la moins grande rigueur de la doctrine est assumée. Ce qui est demandé aux (in)soumis n'est pas leur compréhension et leur adhésion à un dogme précis, mais une acceptation du Programme comme sorte de Coran auquel il faut plier la réalité, qu'il n'est pas encore temps d'interpréter. Le mouvement LFI a une forme typiquement totalitaire : multiplication des structures quasi-autonomes, sans hiérarchie globale claire, mais sous la supervision d'un noyau central au fonctionnement obscur. Le refus des partis organisés et de leur démocratie interne est revendiqué, c'est ce que le plus gros du document cherche à justifier. Et la justification n'est pas mauvaise. A propos de la démocratie interne, une séparation des rôles est proposée : c'est au sein des institutions que la compétition entre propositions contradictoires doit être organisée, mais un mouvement politique proposant un programme n'a pas lui-même à l'être, et même, ne doit pas l'être, à moins de se préparer à remplacer l'état. Ca s'entend, et ça serait crédible si les lfistes manifestaient du respect pour leurs concurrents dans le débat public, ou au moins envers leurs alliés. Au contraire, le mouvement désigne ses adversaires comme des ennemis, et exige une soumission totale de ses partenaires. Il est donc assez raisonnable de s'attendre à ce que Mélenchon ait pour projet de piloter l'Etat entier de la même façon que son "mouvement". Les lfistes se réunissent et s'organisent via une sorte de réseau social militant : https://actionpopulaire.fr/ J'hésite à m'y inscrire pour dire bonjour.
  8. Non, seulement lu un peu, et vu des photos... j'ai l'impression qu'il faut une lumière spéciale pour obtenir les coloris bleus et verts, mais ça a tout de même l'air très beau. J'aimerais beaucoup en voir réellement.
  9. Le sud de la Chine a un petit goût pour la liberté. Ce sont les plaines du nord qui sont le lit des empires centralisateurs. Ce sont deux pays très différents : le nord, c'est le millet et le blé, le bronze et la fonte, la guerre. Le sud, c'est les rizières, les communautés quasi-autonomes, la brume, le jade et la laque.
  10. Petite vengeance bénigne contre la gérontocratie. Et elle ne m'a pas répondu, elle a sans doute compris l'embrouille (mais pas la blague).
  11. Pas de cathédrale, ou bien une cathédrale toute puissante et sans opposition visible ? J'ai l'impression que la Chine a au contraire une longueur d'avance sur nous, avec sa bureaucratie millénaire qui a su avec succès renaître à l'intérieur d'un état socialiste moderne et d'une structure productrice capitaliste. Je les vois un peu comme ce vers quoi on va si on ne fait pas gaffe. Quoi que non, c'est encore pire. Sans le DE, on se dirige sans doute vers quelque chose comme un totalitarisme chiant, immobile et inefficace à la Rand. La Chine est ce à quoi pourrait ressembler le nouveau système après avoir intégrer le DE pour garder efficacité et puissance. Parce que la RPC est bel et bien une bureaucratie socialiste, mais avec un pouvoir central qui n'hésite pas à libérer arbitrairement des boulevards, sans obstacles réglementaires, devant les producteurs innovants. (ce dont ce rapproche un peu Trump en donnant toute sorte de dérogations au secteur de la tech, et notamment pour l'IA) J'en suis à me dire, peut-être de façon un peu trop pessimiste, que l'avènement de la bureaucratie est inéluctable, et que le DE, loin de pouvoir l'empêcher, risque de s'y fondre pour rendre le tout encore plus dangereux. Du coup, je cherche justement dans la culture chinoise des éléments de défense du libéralisme malgré la bureaucratie (après tout, si les libéraux français sont bons parce qu'ils ont le contre-exemple de la France sous le nez... les chinois ont de quoi être excellents !). Il y a des choses intéressantes, dans l'opposition traditionnelle au légisme/fajia, dans les Documents du fer et du sel, et dans le débat entre Wang Anshi et ses adversaires.
  12. Bah, elle cherchera quelqu'un d'autre. J'espère qu'elle lui demandera de quel genou il est spécialiste.
  13. Je m'explique : comme je l'ai déjà écrit ailleurs, il me semble qu'on est déjà plus dans le capitalisme. Ou plutôt, qu'on est au milieu d'un transition entre le capitalisme et le truc d'après, un peu comme le XVIIème qui était une transition entre la féodalité et le capitalisme. Le "truc d'après" n'est ni un retour au féodalisme, comme le croient Graebber ou Varoufakis (ou même déjà Marx dans le 18 Brumaire de Bonaparte), ni le socialisme. Ou alors, si on veut appeler ça socialisme , il faut tout de même par honnêteté reconnaître que ce n'est pas la même chose que ce que les socialistes appellent "socialisme". Il s'agit d'une forme de société ultra-hiérarchisée, avec des hiérarchies publique et privée entrelacées et peut-être destinées à se confondre entièrement. La transition est largement invisible, puisqu'elle se produit à l'intérieur du système précédant, au sein duquel elle n'est perçue que comme une série d'anomalies, jusqu'à ce que ce soit les résidus du vieux système qui commencent à apparaître comme anormaux. On en est précisément à ce point de jonction là. C'est de façon similaire qu'ont eu lieu les transitions précédentes. La Fronde des seigneurs féodaux était le fait des dominants d'un monde moribond qui se battaient pour exiger le respect de leurs droits, encore formellement valides, mais déjà réellement obsolètes face à l'Etat centralisé et à l'économie précapitaliste. Trump et Musk leurs ressemblent parce qu'ils se battent pour faire respecter l'autorité, formellement valide, du chef d'état et du propriétaire capitaliste, dans un monde en train de passer à autre chose. La future/nouvelle classe dominante est bien sûre celle des intermédiaires du pouvoir légitime, bureaucrates, administrateurs, managers et technocrates. Il s'agit à peu près de ce que Yarvin appelle "brahmin", mais c'est mal choisi, "mandarin" serait plus appropriée (j'imagine que Yarvin serait personnellement frustré à l'idée de reconnaître un élément de méritocratie et de rationalisme à cette classe). J'ajoute un élément : il y a une tension, au sein de cette classe, entre les technocrates (y compris publics) et les bureaucrates (y compris privés, notamment les RH), qui contrôlent l'exercice du pouvoir à des niveaux d'abstraction différents. Mais il s'agit bien d'un tension interne à la classe dominante naissante, et elle est tout à fait analogue à la tension, au sein du vieux système, entre les capitalistes industriels et les capitalistes financiers, qui s'opposaient notamment sur la question du protectionnisme. Ce pour quoi je félicitais les DE est qu'ils perçoivent ce changement, je crois. Mais ils ne l'approuvent pas, ils s'y opposent, sans appartenir eux mêmes à une classe unifiée (Musk et Trump sont des défenseurs par le haut de l'ancienne structure, Land et HHH sont des hérétiques de la "Cathédrale", Yarvin et Thiel sont des technos...). Mais ils ne le font pas en cherchant à revenir à une sorte d'âge d'or ou d'idéal d'un capitalisme libéral et d'un républicanisme démocratique (même si c'est ce pour quoi Vance semble croire se battre), puisqu'ils identifient largement le libéralisme et le républicanisme (ou au moins la démocratie représentative et parlementaire et l'état de droit) comme la cause de la corruption de l'ancien système de pouvoir. La direction qu'ils prennent est plutôt très clairement celle du fascisme, au sens propre du terme, même si, paradoxalement, le premier fascisme (tout comme le bolchevisme) était un proto-type du nouveau système contre lequel se dresse la Fronde actuelle soutenue par le DE. A la dynamique de Fronde incarnée par Musk et Trump, il faut aussi ajouter une lutte des technos contre les buros. J'ai l'impression qu'il y a une quinzaine d'années, ces deux sous-classes étaient assez unies, et qu'il y avait une solidarité entre transhumanistes et transféminisme. C'était l'époque ou Musk et Zuc se donnaient des airs de progressistes, avant la conversion visible de Musk, qui doit tourner autour du moment de l'IDW. Les technos ont sans doute estimé ne pas avoir une assez grosse part du gâteau. Il y a donc deux conflits en jeu : d'un coté, une Fronde de l'ancien système, Capital-Etat, contre un nouveau système qui a en bonne partie absorbé l'ancien ; et d'un autre coté, au sein du nouveau système, la rivalité entre technocrates et bureaucrates. Je dirais que le DE est la forme idéologique de l'alliance entre les technos et la fronde.
  14. C'est nouveau non, les références multipliées au matérialisme ? Ca y est, il abandonne officiellement le "socialisme républicain" à la Jaurès ?
  15. Je viens de recevoir un sms d'un faux numéro - ça fait longtemps, sans doute une petite vieille. Elle cherche un kiné, elle a un problème au genou gauche. Je lui ai évidemment répondu que je ne suis spécialiste que du genou droit.
  16. Drôle de phénotype. Ils sont habituellement beaucoup plus droits (même avec une densité d'arbre similaire à ce qu'on voit en arrière plan ici), comme de gros platanes. Et même lorsqu'ils sont plus noueux, leurs branches ne sont pas si sinueuses, je crois. Les taches de couleur aussi n'ont pas vraiment cette forme, elles font plus "platanes", encore une fois. C'est peut-être de l'IA (d'autres arbres à l'arrière plan sont chelous aussi).
  17. Mégille

    Affaire Epstein & Co

    Ceux ci, et aussi les mails où il est question de torture et de meurtre. Au fait, sait on pourquoi dans certains mails, certains caractères sont remplacés par le signe "=" ? Alors qu'il s'agissait de documents numériques initialement ? Documents (mal) imprimés puis (mal) numérisé ? Séquelles d'une dé-censure ?
  18. Ils ont de l'importance parce qu'ils forment une "philosophie de cour" autour de Trump. Ca ne veut pas dire que le pouvoir se contente de les suivre - de manière général, les autocrates n'obéissent pas à leurs idéologues, mais ils ont tout de même un rôle réel dans l'exercice du pouvoir (généralement, le justifier a posteriori). Et ils ont leur relais d'influence auprès de lui, et auprès de secteurs importants aux USA. Je ne crois pas que ce soit le cas de Dugin. La Fronde, ce n'est pas les néoréactionnaires eux mêmes, c'est Trump et Musk. Tout comme la Fronde du XVIIème était des seigneurs féodaux qui tentaient de préserver leurs droits issues de l'ancien monde, féodal, contre le nouveau monde naissant, celui de l'état centralisé et de l'économie capitaliste, Trump et Musk représente une fronde de ce dernier monde contre le monde post-capitaliste et post-étatiste en train de naître. Et comme la vieille fronde, ils ne se réveillent que parce qu'il est déjà trop tard, et que leur monde a déjà largement, et peut-être irréversiblement, été transformé. Ce qui choque chez Trump et chez Musk, ce n'est pas tant qu'ils ne satisfassent pas leurs électeurs ou leurs clients, c'est qu'ils prennent eux mêmes les décisions, même quand la technostructure n'en veut pas. On en est déjà à un stade où l'exercice du pouvoir par un capitaliste sur sa propre entreprise est perçu comme une sorte d'OPA hostile, et par un politicien élu, comme une sorte de coup d'état. Les NRX sont des mouches qui tournent autour. Fondamentalement, leur idéologie est bel et bien du fascisme bête et méchant. Mais ils ont eu la lucidité de comprendre le changement du système un peu avant les autres. Pas tant par leur critique de l'université que par leur critique de la classe qui en sort, et qui se justifie par elle. J'ai l'impression que Yarvin a vu, grossièrement mais en avance, ce qu'on vu Goodhart et Fourquet. J'attends de voir la réponse : des brahmins/anywhere qui abandonneront l'égalitarisme en guise de justification idéologique de leur propre supériorité, et qui assumeront explicitement être une élite avec des droits et des devoirs spéciaux face au reste de la société. Sur Gave : bah, si on compte HHH, pourquoi pas lui ? Par contre, où est passé JBP ? Ils faisaient parti des premiers autours desquels on cherchait à identifier un "intellectual dark web" il y a quelques années... ce truc là est fini ?
  19. Ils ne sont pas toujours si idiot. L'identification d'une classe d'intermédiaires du pouvoir, transversal au public et au privé, et s'accaparant de plus en plus le pouvoir réel est globalement une bonne observation. Le processus n'est évidemment pas complet, et Musk et Trump le montrent bien : ils sont une fronde capitalistique et électorale contre les structures managériales, bureaucratiques, des partis et des RH. Analogue, je trouve, à l'autre Fronde, des seigneurs féodaux se soulevant contre le système politique et économique bourgeois en train de naître. Mais qu'ils soient perçus comme si anormaux -Musk et Trump- montrent justement que le processus est bien en cours. L'identification du rôle de l'université dans la production d'une idéologie favorable à cette nouvelle classe est pertinente aussi. Beaucoup d'observateur continue à penser la division de la société, et de l'électorat, selon un critère économique largement dépassé : les riches oppresseurs contre les pauvres travailleurs, ou encore, les riches travailleurs contre les pauvres parasites. Mais dans les deux cas, ce n'est plus adéquat à la réalité, qui est celle d'une opposition entre les diplômés urbains travaillant dans des grandes structures hiérarchiques, et les autres. (éh, d'ailleurs, devrait-on considérer notre Charles Gave comme membre des lumières sombres ?) De ce point de vue, ils sont peut-être les premiers à essayer de penser un but et une stratégie à l'intérieur de nouveau "jeu" politique, avant les auteurs recevables qui en sont simplement à la constater (Goodhart, Fourquet), et à la fois en essayant d'aller plus loin que le simple constat pour intégrer le tout dans une vision du monde orientée vers un objectif. Ils sont évidemment ridicules dès qu'ils essaient de s'ancrer dans une tradition intellectuelle antérieure, ou même simplement de s'emparer d'une figure intellectuelle plus ancienne, que ce soit Carlyle, Strauss ou Girard. De ce point de vue, ils ressemblent un peu à Rand, quand elle essaie de se revendiquer d'abord de Nietzsche, puis de Aristote. Mais c'est de toute façon un combat perdu d'avance. Face aux académiciens qui produisent à plein temps des exégèses de haut niveau de toute la tradition de pensée occidentale, quelques oustiders sans formation humaniste ne peuvent qu'avoir l'air de néanderthaliens. Et ça n'empêche pas quelques unes de leurs intuitions ou de leurs concepts d'être justes. Là où ils sont très idiots et très mauvais, c'est lorsqu'ils en sont à fixer leurs valeurs ou leurs buts. De ce coté là, ils se réunissent moins par des doctrines partagées que par des paradoxes communs : valorisation du progrès technique, de l'accélération, etc, en soi-même, et à la fois, condamnation de l'état actuel comme régression par rapport à un état antérieur ; acceptation cynique de la puissance et de la tyrannie comme des faits inévitables, et à la fois, protestation morale contre l'élite actuelle, etc. De ce point de vue là, il me semble que le qualificatif de "fasciste" est tout à fait approprié (attention, pas forcément celui de "nazi"). Ce sont bel et bien les mêmes tensions et les mêmes pulsions qui sont à l'oeuvre, et parfois, non seulement le parallélisme, mais l'influence directe même est évidente : il me semble bien que Nick Land se revendique, et il a raison de le faire, de Marinetti et de Evola à la fois. La différence entre les premiers fascistes et eux tient surtout, je crois, à leur position par rapport au changement de société. Les premiers fascistes étaient une révolution : ils appartenaient précisément à cette nouvelle caste destinée à marginaliser le pouvoir à la fois des capitalistes et des politiciens en s'en faisant les intermédiaires nécessaires. La NRX elle est une fronde, retournée contre cette même caste qui a entre temps bien grandi en se travestissant sous diverses idéologies.
  20. TIL à propos du "projet Kentler". https://en.wikipedia.org/wiki/Helmut_Kentler l'Allemagne plaçait délibérément des orphelins chez des pédophiles dans les années 70 et 80 principalement.
  21. Les hispaniques aux USA votent très peu (et les asiatiques encore moins, le vote, c'est un truc de blancs et de noirs). Et leur catholicisme a beau s'accompagner d'un conservatisme moral, il est souvent teinté de "théologie de la libération". En France, les musulmans n'étaient clientélisés par le PS que jusqu'à Hollande et le mariage pour tous, depuis, ils sont plus nombreux à voter centre-droit ou à s'abstenir (d'après ce qu'on parvient à en savoir). Quant aux immigrés extra-européens en général, quand ils votent, s'il y a un candidat perçu comme raciste, ils voteront généralement contre celui là, pour des raisons compréhensibles. A propos de ces imams qui s'excitent sur Mamdani... ils ressemblent à ses libertariens voyant Trump comme le mahdi. Mais dans le bon sens (pour la société) cette fois. Si les salafistes en sont à voir l'élection d'un type dont la femme n'est même pas voilée comme une victoire, c'est qu'ils ne sont pas trop à craindre.
  22. Mégille

    Affaire Epstein & Co

    Non. Ça se présente comme des pdf la plupart du temps. Apparemment, il y a aussi des fichiers vidéos qui apparaissent comme des images qui ne chargent pas (et ce n'est pas plus mal). Beaucoup de doublons, parfois 4 ou 5, avec des polices différentes, des typos différentes, etc. Et une recherche par mot clé simple pour s'y repérer. Un vrai foutoir.
  23. Ou alors, c'est une tentative volontaire de diversion. Le KKK vote déjà pour lui, les noirs votent déjà contre lui, et il tente de sauver le vote des républicains anti-pédophiles quitte à sacrifier celui des républicains anti-racistes. Oui, et il avait aussi traité la Namibie de pays de merde, je crois. Il n'a jamais eu de scrupule à se moquer des habitants d'autres pays, quelle que soit leur couleur de peau d'ailleurs, mais se moquer des noirs en général, c'est se moquer de beaucoup d'américains.
  24. Ninkasi a veillé à l'immortalité d'un dévot.
  25. Sérieux ? (ce que me donne ce lien...) Dans un autre registre, à propos de la vidéo raciste publié sur le compte de Trump. Est-ce que j'ai raté quelque chose, ou bien est-ce qu'il s'agit de la première fois qu'il manifeste un racisme anti-noir explicite ? J'ai l'impression que jusqu'à maintenant, il était assez prudent sur ce front là, et concentrait ses coups sur les asiatiques et les hispaniques.
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