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Il y a 4 heures, MXI a dit :

 Digression sur le sujet - Tolstoi parlait très bien français et il y a un enregistrement de lui qui traine sur le web. M'avait fait bizarre quand je suis tombé dessus - un peu le même problème que quand j'ai réalisé que l'on était plus proche de Cléopatre que Cléopatre des pyramides : les échelles de temps..

 

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Il y a 7 heures, Ultimex a dit :

(probablement le Loup des steppes).

 

C'est très bien, sauf peut-être la toute fin. Très représentatif du climat de crise intellectuelle de l'intelligentsia de l'époque. Faudra que j'en fasse un compte-rendu un jour.

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Il y a 9 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Ah mais on m'a dit le plus grand bien du Jeu des perles de verre (comme ça je le fais un peu remonter et il se retrouve à la même place de ta liste de priorités, qu'est-ce qui est au sommet de la liste d'ailleurs?)

 

En roman ? Faut que je finisse les Frères K de Dosto. Le feu de d'Annunzio pour la suite, peut-être. Ou Faust de Goethe ? Journal d'une femme de chambre de Mirbeau sinon ?

Le problème ? Le temps...

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Il y a 15 heures, Vilfredo Pareto a dit :

D’Annunzio? :icon_sommeil:

Ah ? Tant que ça ? (= développe).

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Il y a 2 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Well de loin ça ressemble à un de ces fachos qui écrivent le petit doigt en l'air sur des tourtereaux qui s'aiment sans baiser.

 

Ah, déçu je suis... Étant donné son parcours, je m'attendais à du proto-Malaparte (puisque tu le cites), du (proto)-facho qui romance sa vie (mais sans trop forcer pour le coup).

Bon, on verra bien ce que donne le Feu.

D'ailleurs, en parlant de Curzio, à part Kaputt et La Peau, y a d'autres livres de recommandables chez lui ?

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il y a 17 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

C'est Maurizio Serra qui l'a écrite.

Ah oui, j'avais entendu du bien de son Les Frères séparés. Drieu La Rochelle, Aragon, Malraux face à l'histoire.

Je vois qu'il a écrit une biographie de d'Annunzio aussi (on y revient).

Bon, je note pour Malaparte. Dommage, j'avais beaucoup aimé ses deux classiques, j'en resterai là. 

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Il y a 15 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Il faudrait demander les avis de @Fagotto (qui ne vient plus?) et de @Johnnieboy peut-être


C'est vrai que l'on ne voit plus Fagotto. Faudrait nous demander quoi, sinon ? J'apprécie ce que dit ton père de Malaparte, c'est tout à fait correct. Cette neutralité du narrateur devant l'horreur de la Seconde Guerre mondiale est déconcertante. J'y vois une sorte de renoncement nihiliste devant l'horreur mais peut-être me trompé-je et peut-être qu'il n'en avait rien à foutre, mais j'en doute.

Citation

"J’étais las de voir tuer des gens. Depuis quatre ans je ne faisais que voir tuer des gens. Voir mourir les gens est une chose, les voir tuer en est une autre. On a l’impression d’être du côté de ceux qui tuent, d’être soi-même l’un de ceux sui tuent. J’étais là, je n’en pouvais plus. (…) Je commençais à haïr les cadavres. La pitié ayant cessé, je la haine commençait. Haïr les cadavres ! Pour comprendre dans quel abîme de désespoir peut tomber un homme, il faut comprendre ce que signifie haïr les cadavres


Cependant, ce renoncement, ce manque de vitalité (on ne ressent pas vraiment sa haine des cadavres, selon moi) me dérangent de plus en plus en littérature. Lorsqu'il s'agit d'À Rebours et qu'il s'agit d'une illustration critique de ce manque de vitalité, ça me va très bien. Quand bien même on s'emmerde un peu, il faut le reconnaître. Mais lorsque l'auteur ne se positionne pas, par son propos ou par son style, en faveur de la vie, alors ça ne m'intéresse plus. Je trouve ça trop hypocrite de prendre la plume pour dire, in fine, que prendre la plume ne sert à rien. Je pense que cela peut explique mon amour pour Céline. J'accepte plus facilement toutes les tares, l'hystérie, le mensonge, le racisme que l'abandon devant la vie.

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il y a 20 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

Je pensais: vous demander ce que vous pensez de Malaparte et de ses romans et nouvelles moins connus. 

 

Je ne le connais pas plus que toi ou Ultimex, désolé.

 

il y a 20 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

 

Sur ton point plus général, je trouve au contraire que ça ouvre beaucoup plus de possibilités de ne pas se coller sur les réactions humainement naturelles (comme l'horreur devant les cadavres), parce que le monde fictionnel peut fonctionner de façon totalement différente. Sinon ça répète juste ce que je pourrais vivre. Ce n'est pas que j'apprécie particulièrement les narrateurs sentimentaux (Céline oui) ou particulièrement froids (Ellis) ou complètement autre chose d'ailleurs parce que tous les romans ne rentrent pas dans cette dichotomie (Nabokov), c'est plutôt que je n'aime pas que la voix qui parle, que ce soit un personnage ou le narrateur ou les deux à la fois, me dise ce que je dois penser. Cela dit, c'est là-dessus que beaucoup de controverses se sont crispées dans la littérature contemporaine je remarque, que ce soit ceux qui ne comprennent pas l'apparente froideur de Joan Didion quand elle parle de la mort de son mari et de la maladie de sa fille dans The Year of Magical Thinking (alors que ce détachement apparent coupe à la racine tout sentimentalisme pour rendre le récit et les images beaucoup plus poignantes; même je trouve que le récit tend à faire une sorte d'anatomie du deuil comme on écrivait des "anatomies de la mélancolie" au XVIIe) ou ceux qui n'ont pas aimé le roman de Littell pour cette même raison.

 

 

Oh, je ne parle pas de réactions humainement naturelles. Je parle de réactions vivantes. Je ne parle pas d'une voix qui te dirait ce que tu dois penser ; je parle d'une voix qui te dit ce qu'elle ressent (que ce soit beau ou laid, bon ou mauvais). On retrouve souvent cela chez Fante, par exemple. Son narrateur, dans la tétralogie Bandini est souvent un horrible petit personnage, mais il a le mérite d'être vivant. C'est ce que Bukowski admire et copie chez Fante. C'est ce que doit être la littérature, selon moi. Elle doit aspirer à être plus vivante que la vie elle-même. Sinon, elle a peu d'intérêt (du moins, pour moi). Quant à Joan Didion ou Littell, je dois avouer que je ne les ai pas lus.

 

Citation

Pour Huysmans, moi j'adore A rebours mais surtout ce n'est pas tellement le narrateur qui est détaché ou blasé, c'est le personnage, et encore, pas toujours! Si tu relis la scène où il est excité à regarder les gosses se battre pour une tranche de pain dégueu, il se lance intérieurement dans une tirade sur la vanité de procréer et la misère de l'existence en général qui ne manque pas de vitalité ou de "position" par rapport à la vie, même si c'est une position pessimiste. Je préfère très largement la modernité de la narration de Huysmans à la furie casse-couilles de son pote Bloy.


Disons que j'aime beaucoup plus l'idée d'À Rebours que son exécution. Un peu comme Madame Bovary. Et j'ai bien noté que c'était le personnage qui était détaché, le narrateur l'utilise comme illustration de ce qu'il souhaite rejeter (s'ensuit la conversion au catholicisme après la rédaction de ce roman). 

Posté
il y a 36 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

Je préfère très largement la modernité de la narration de Huysmans à la furie casse-couilles de son pote Bloy.

 

Ah, on peut aimer les deux, pour des raisons différentes. Préfère Huysmans (le peu que j'ai lu) pour le style et la narration, oui, mais Bloy (le peu que j'ai lu) amuse par son côté démesuré, vociférant, ses descriptions injurieuses presque surréalistes, psychédéliques.

 

il y a 17 minutes, Johnnieboy a dit :

(s'ensuit la conversion au catholicisme après la rédaction de ce roman).

Il me semblait que sa conversion, c'était plutôt après Là-bas.

Posté
il y a 10 minutes, Ultimex a dit :

Bloy (le peu que j'ai lu) amuse par son côté démesuré, vociférant, ses descriptions injurieuses presque surréalistes, psychédéliques.

C'est son côté Osée moderne.

Posté
Il y a 19 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Well de loin ça ressemble à un de ces fachos qui écrivent le petit doigt en l'air sur des tourtereaux qui s'aiment sans baiser. 

On dirait une définition de Lucien Rebatet.

  • Haha 1
Posté

Ok, vous m'avez eu, je n'ai jamais eu le courage de me lancer dans les 1.200 pages :D

Je me contentais de me moquer de mes copains qui étaient à fond dessus, il y a dix ans.

J'ai juste lu des passages de son histoire de la musique.

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il y a 52 minutes, Rincevent a dit :

C'est son côté Osée moderne.

Osée ? 

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il y a 32 minutes, Ultimex a dit :

Osée ? 

Un des douze prophètes mineurs, celui qui s'est marié à une catin et qui lance du "putain" à tout bout de champ.

  • Yea 1
Posté

En lisant le dernier Commentaire, j'apprends la publication de la première traduction en français de l'ouvrage maître de Carl Menger : Principes d'économie politique. Cela pourrait en intéresser certains ainsi que notre journal favori (poke @F. mas

  • Yea 1
Posté

Oui je l'ai acheté à sa sortie et cp a fait un compte rendu (signé Marchetti de mémoire) ;)

  • Love 1
Posté
il y a 12 minutes, F. mas a dit :

Oui je l'ai acheté à sa sortie et cp a fait un compte rendu (signé Marchetti de mémoire) ;)

 

Ah je l'ai raté.

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Il y a 13 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Eh bien @Johnnieboy nous parlions de Céline, événement littéraire de l'année: on vient de mettre la main sur les manuscrits volés à la Libération! Il l'avait toujours dit, c'était vrai. Il s'agit, entre autres, de la fin de Casse-pipe et d'un roman inédit (!), intitulé Londres apparemment. Je frétille d'impatience.

https://www.la-croix.com/Culture/Lincroyable-reapparition-manuscrits-disparus-Louis-Ferdinand-Celine-2021-08-05-1201169545


Ça manquait de bonne nouvelle ces temps-ci !

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Curieux cette histoire, on lui vole ses papiers puis un gars les amène à Libé...

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Cette histoire des manuscrits de Céline, ça me fait dire qu'on manque tout de même d'écrivain de cette trempe.

Ceux du XX° me paraissent se compter par dizaines. Et aujourd'hui ?

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il y a 2 minutes, POE a dit :

Cette histoire des manuscrits de Céline, ça me fait dire qu'on manque tout de même d'écrivain de cette trempe.

Ceux du XX° me paraissent se compter par dizaines. Et aujourd'hui ?

 

Des dizaines comme Céline au XXème siècle ? J'en doute. On ne peut pas révolutionner la littérature toutes les semaines. Céline, on n'a même pas besoin de savoir lire pour constater que c'est différent du reste. 

Posté

Oui bon ok, je ne suis pas Célinien, je veux dire des écrivains de réputation internationale : Camus, Sartre, Gide, Malraux, Proust, Perec et l'Oulipo, Breton, Aragon et les surréalistes, de grands poètes comme Perse, le dernier mouvement littéraire semble être le nouveau roman qui marque finalement la fin d'une époque.

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il y a 28 minutes, POE a dit :

Oui bon ok, je ne suis pas Célinien, je veux dire des écrivains de réputation internationale : Camus, Sartre, Gide, Malraux, Proust, Perec et l'Oulipo, Breton, Aragon et les surréalistes, de grands poètes comme Perse, le dernier mouvement littéraire semble être le nouveau roman qui marque finalement la fin d'une époque.

Si ton critère, c'est la réputation internationale, tu as Le Clézio et Modiano qui ont eu le Nobel rien que sur ces 15 dernières années.

(personnellement, je ne supporte pas le premier et j'aime beaucoup le second)

Même dans ta liste, je ne suis pas sûr que la renommée de Perec soit si éclatante même si, de mon côté, je préfère le lire à bien d'autres auteurs que tu cites là.

Posté

Ben le XVIIIeme c'est quand même pas fou fou. Y a Rousseau qui relance un peu la machine à la fin, mais les Suisses ne comptent pas.

 

Le problème c'est que Céline et Proust ont tué l'idée de roman. Ils sont indépassables.

 

il y a une heure, poney a dit :

Curieux cette histoire, on lui vole ses papiers puis un gars les amène à Libé...

 

Je sais pas ce que dit la Croix, mais en gros l'article du Monde disait : les papiers ont sûrement été récupérés par un résistant, qui les a gardés dans son grenier pendant des années. Puis un mec inconnu mais de gauche a enquêté et retrouvé les papiers. Les a donné à un journaliste en qui il avait confiance pour qu'il ne les diffuse qu'à la mort de Lucette pour ne pas qu'elle touche un kopeck.

 

C'est assez romanesque :D

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