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Cortalus

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Everything posted by Cortalus

  1. Pour moi, ça veut dire taille 42 en pantalon.
  2. Personne n'est exigeant sur les compétences en ce moment... Par contre on veut une attitude professionnelle de base, et ça apparemment c'est trop demander. Il y a des entretiens lunaires. Je m'en rappelle un avec un analyste financier senior d'un gros acteur bancaire franchouillard. C'était en visio. Le mec était en sweat shirt, les cheveux en bataille, pour un poste où il est clairement indiqué qu'il y a du relationnel avec des institutionnels publics du genre où la cravate est toujours de rigueur dans les bureaux. Il nous explique qu'il est en télétravail aujourd'hui parce que son chat est malade, qu'il a fallu qu'il change sa litière. A la fin il demande un salaire 50 % au-dessus de ce qui est indiqué dans l'annonce. C'était un gars qui avait fait jouer des relations à haut niveau pour avoir l'entretien... Et puis il y a les gens qui te disent oui, et puis te plantent au dernier moment. On est content quand ils daignent nous rappeler pour nous dire "finalement non". Certains se contentent de nous ghoster. J'avais une nouvelle dans mon équipe. On lui file quelques dossiers basiques, lui explique comment faire. Au bout d'un mois, on lui fait un retour sur ce qu'elle peut faire pour progresser sur des dossiers plus complexes. Elle s'est vexée et on ne l'a plus jamais revue. C'est de pire en pire. Aujourd'hui on demande juste quelqu'un qui vienne à l'heure, revienne le lendemain, sache lire une procédure, écrire un mail, rentrer des chiffres dans un excel, répondre au téléphone, accepte d'avoir encore des choses à apprendre. Pour un poste d'analyste financier ça me semble vraiment pas exigeant.
  3. Je confirme également qu'on a un mal de chien à recruter dans ma branche. Et je parle d'emplois de bureau en CDI à + de 45 K€ avec un régime de télétravail avantageux. C'est le même problème pour tous les managers que je connais, dans les branches les plus diverses. Bref, c'est la merde partout, pas seulement chez les saisonniers. A mon sens, on a franchi un palier fatal dans la dévalorisation du travail et le déclin du pays va s'accélérer rapidement. Le travail ça a eu payé, mais ça paye plus.
  4. Le bouquin de Pluckrose et Lindsay a été traduit en français par Peggy Sastre. Le style est plus celui d'une thèse académique que d'un essai. Cela n'a rien d'un brûlot. Pluckrose, qui est la littéraire du duo, s'est éloignée de Lindsay, le mathématicien, quand celui-ci a évolué nettement vers la droite. J'ai l'impression que les deux ont énormément souffert suite à leur travail avec Boghossian et à la publication de leur livre. Lindsay semble avoir trouvé un moyen de surnager mentalement en embrassant la guerre culturelle. Pluckrose s'est concentré sur ses œuvres sociales. Elle est d'une santé fragile et les pressions qu'ils ont subi n'ont pas eu l'air d'aider. Les deux méritent notre sympathie à mon avis. Ce sont des universitaires courageux qui payent le prix de leur combat contre l'obscurantisme.
  5. Top Gun Maverick : j'ai adoré. Un peu fan service si je veux être objectif. Mais comme je suis un fan...
  6. J'ai piqué les Spy X Family de ma fille pour jeter un coup d'oeil. J'étais notamment intrigué par les couvertures avec les personnages posant sur des icônes du mobilier mi-century. Verdict : c'est génial ! Les prémisses sont essentiellement celles d'une série comique et on rit souvent de bon cœur. Mais pour un shonen qui se veut léger, l'arrière-plan d'espionnage pendant la guerre froide dans une simili Allemagne de l'est est aussi assez bien traité, notamment la thématique de la surveillance généralisée et de la paranoïa. Du coup j'ai regardé les animes (en cours de diffusion) et c'est une excellente adaptation. Très très chaudement recommandé !
  7. Cortalus

    Inflation

    Les économistes "officiels" ne voient pas de facteurs structurels à l'inflation. Confirmation récemment avec les prévisions du service des études de la caisse des dépôts, qui table en gros sur un retour aux conditions pré-covid vers la fin 2023. Ils ne peuvent pas dire autre chose politiquement. Je ne sais pas à quel point ils croient eux-mêmes ce qu'ils racontent.
  8. Apparemment les gens qui bossaient avec Borne quand elle était directrice de l'urbanisme à la ville de Paris sous Delanoë l'avait surnommé "borne out" tellement c'était une patronne infecte. Le genre à ne vivre que pour son boulot et à attendre que tout le monde en fasse autant.
  9. En tant qu'ancien de sciences-po, aujourd'hui je peux te dire que si je vois mon ancienne école sur un cv de junior, je vais me méfier. Je pense que l'école a plus perdu en qualité qu'elle n'a perdu en prestige. En ce qui concerne le carnet d'adresse, c'est comme pour le fric. "Money attracts money." Il n'y a pas miracle, le pégu qui débarque rive gauche va pas se faire des connexions de fou, car il ne sera pas invité dans les cercles où il faut être. Pour les filles, il y a quand même moyen de ferrer du fils de grosse famille.
  10. La famille sait. Sauf si bien sûr elle ne veut pas savoir.
  11. En tant que dépressif à répétition qui a régulièrement entretenu des idées suicidaires, je ne peux que confirmer. C'est au volant que je me serais probablement tué si j'étais passé à l'acte. Raison 1 : la probabilité d'être au volant au moment du passage à l'acte. Les trajets matinaux et vespéraux sont particulièrement propices aux idées noires. D'autant plus que les longs trajets domiciles/travail augmentent le risque de dépression. Raison 2 : l'accessibilité. Se procurer une arme de poing nécessite une autorisation de détention qui n'est délivré qu'après une enquête qui en principe écartera tout candidat qui a un passé psychiatrique. Les armes à canons longs sont plus faciles à se procurer mais sont nettement moins adaptées au suicide. Raison 3 : il me semble plus facile d'écraser sur le champignon et de fermer les yeux que d'appuyer sur la détente. Mais ce n'est peut-être que moi, qui imaginait avec un certain enthousiasme le rugissement du moteur qui grimpe dans les tours, l'ivresse de l'accélération. Laisser un doute sur ses intentions peut bien sûr être une autre raison. Pas pour moi. J'avais écrit une lettre de suicide qui demeurait dans ma mallette. Comme je ne savais pas quand ça me prendrait, j'avais pris les devants. Ça va mieux aujourd'hui.
  12. Oui, cela date de mon expérience à l'hôpital public, où j'ai eu l'occasion de travailler avec le personnel des urgences pendant le confinement. On avait noté à l'époque des accidents de la route qui ne laissaient guère de doutes sur les intentions de la victime. Quand on fonce sur un arbre sans freiner, sans avoir bouclé sa ceinture, ce n'est pas un accident. Mais c'est comme cela que c'est consigné pour les stats. On avait aussi des "chutes" depuis les hauteurs de bâtiment.
  13. Tout à fait, c'est la combinaison de la pression temporelle et du terrain à couvrir qui est parfois mal équilibrée dans certaines missions. Il y en a une en particulier vers la fin de la campagne qui m'a bien fait rager.
  14. Par contre, je déteste encore plus les limites de temps en mode Iron Man. C'est fait pour t'obliger à prendre des décisions risquées, alors que tu cherches logiquement à réduire la part du hasard quand tu joues avec une seule sauvegarde. Très très frustrant.
  15. J'ai aussi fait du gros groupe privé, en santé et audit. Mais je parlais surtout du "point de vue" des filiales. En établissement ou en direction régionale, "le siège" c'est les méchants et des cons, déjà ils sont parisiens Et quand tu avais une entité qui tournait très bien toute seule et que tout d'un coup on lui prend 12 % du CA en frais de structure et qu'on l'assomme de nouveaux reportings parce qu'il y a eu des changements capitalistiques, on peut comprendre que les gens ne voient pas tout de suite la valeur ajoutée du siège.
  16. C'est important de le préciser ! Parce qu'en dehors des grosses boîtes, un siège c'est parfois juste Jérôme le patron, Jean-Michel de la compta, Josiane de la paye, José l’informaticien et Jacqueline des services généraux. Et ils ne chôment pas pour assurer le support de leur PME de 100 ETP, au point que leur CET est blindé à force de repousser leurs vacances.
  17. Alors ça peut continuer de tourner un certain temps car il y a de l'inertie. Mais il y a quand même deux trois trucs réalisés par le siège, je ne dirais pas tous utiles, mais pour certains au moins obligatoires, qui peuvent finir par manquer. Surtout dans un enfer administratif comme la France où il est nécessaire d'avoir des experts en chicaneries diverses pour se conformer aux multiples prescriptions réglementaires. A l'hôpital public j'ai expérimenté la situation d'un gros établissement où, après des années à comprimer les effectifs soignants, la direction avait décidé de réduire les effectifs administratifs "par équité". Eh bien ça ne marchait pas super super bien. Les salariés se plaignaient des compteurs horaires aléatoires, des erreurs et retards dans la paye. La direction ne savait pas ce qu'il se passait, et mine de rien, il y a parfois des décisions stratégiques à prendre, si si, qui nécessitent d'avoir une certaine idée de la situation... Or, il ne suffit pas de se balader "sur le terrain" en prenant une mine concernée pour tout d'un coup saisir l'essence des problématiques de l'établissement. Les tableaux de bords et indicateurs de gestion, ce n'est pas que pour faire joli. Quand on vire les contrôleurs de gestion, on se retrouve à piloter à l'aveugle, à l'instinct, et on se retrouve vite dans le fossé. Enfin, se retrouver avec toutes les décisions des instances invalidées suite aux recours des syndicats parce qu'il n'y avait plus de juristes pour s'assurer de la conformité des procédures, ça pique. Tout cela met effectivement du temps à se manifester. Les difficultés dans la gestion de la paye peuvent se faire sentir vite, mais les conséquences de la suppression des comptables, analystes et juristes ne produit ses effets qu'à six, douze, dix-huit mois... Mais quand ça arrive, les dégâts sont considérables et souvent irrécupérables. Sur un marché concurrentiel, c'est la fin, un point c'est tout. Je nuancerai par contre par contre pour les sièges "groupe". Si les filiales ont de fonctions support autonomes et sont viables économiquement, le siège groupe est de leur point de vue un parasite du même genre que l'état.
  18. Si on aime ces deux là, il faut aussi lire Monster du même auteur. Century boys est mon préféré dans le lot.
  19. Une référence du genre, les Chevaliers de Baphomet. La chèvre était pénible, mais à part ça la difficulté était plutôt bien dosée. Je suis devant le brouillard du dernier boss d'Elden Ring. Et j'ai hâte de pouvoir passer à autre chose. Après plus d'une centaine d'heures de jeu, il est temps que ça se termine. Et les dernières zones sont globalement décevantes. Le pic de difficulté a de quoi dégoûter même des vétérans. Gérer la courbe de progression dans un open world sans choix de difficulté ou ajustement dynamique de celle-ci était un challenge, et pour moi From Soft a échoué. Ce jeu va probablement marquer le secteur et j'espère qu'il va apporter un peu de renouvellement dans la formule de l'open world. Mais il reste de mon point de vue inférieur aux classiques Demons' Souls, Dark Souls et Bloodborne. Il réalise par contre avec un certain succès ce qui était probablement la vision initiale de Dark Souls 2, qui se voulait plus épique que son aîné.
  20. La volonté de transmettre et d'agir dans l'intérêt de ses héritiers, biologiques ou non, au-delà de l'horizon temporel de notre propre existence, est l'un des plus puissants moteurs de l'action humaine. Et plus les signes de notre mortalité se manifestent, plus ce facteur devient dominant dans l'éventail des motivations qui guident notre conduite. J'irais même jusqu'à oser l'hypothèse que la psychologie de l'entrepreneur et de l'innovateur est davantage que la moyenne influencée par cette préoccupation de construire des fondations sur lesquelles pourront s'appuyer les générations futures. Détruire la perspective de transmettre, c'est non seulement détruire l'une des plus fortes, peut-être la plus forte des incitations au travail et à l'invention, mais plus profondément encore c'est nier l'essence même de la vie. Imaginer l'étendue du désastre économique et moral que cela engendrerait me donne le vertige. Je suis toujours surpris par l'absence totale d'empathie des gens qui émettent des propositions de cet ordre. Ne voient-ils pas tout autour d'eux à quel point la volonté de protéger, de chérir et d'élever sa progéniture est la raison de tant des petits efforts quotidiens qui cimentent notre civilisation, et parfois de grands sacrifices qui la font avancer ou font rempart contre le chaos ?
  21. J'espère que Macron met l'accent sur l'écologie par calcul. Mais j'ai peur qu'il soit un true believer.
  22. Il y a un autre effet à noter. Les primes Macron défavorisent les salaires au-dessus de trois SMIC, qui ne sont pas exonérés de cotisations. Et la modulation en fonction du salaire de base n'est qu'une faculté (je me demande combien d'entreprises y ont recours). Optimiser revient donc à maximiser l'impact sur les bas salaires. Donc c'est encore un truc qui va contribuer s'il se généralise à écraser l'échelle des salaires.
  23. Mon vote va aller pour une partie de Donjons & Dragons après une fondue bourguignonne. Mais après le repas dominical, j'ai concédé une promenade digestive qui nous mènera pas trop loin du bureau de vote. Ma femme tient à visiter l'isoloir. La dernière fois on ne s'était déplacé que pour le second tour, mais là j'ai l'impression qu'elle est impatiente de mettre dans l'enveloppe un bulletin qui ne soit pas Macron.
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