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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. Est on certain que la productivité des travailleurs ait vraiment diminué à cause de la paresse ? Si c'est le cas, je rangerais ça dans mon hypothèse 2. Oui, c'est mon hypothèse 4. Hypothèse 3. D'accord avec ça aussi. Hypothèse 1. A ce sujet, ça dépend de ce qu'on appelle "travail". S'il s'agit de n'importe quelle activité humaine gratifiante, alors, évidemment qu'on aura toujours intérêt à travailler. Mais avec cette définition, les clients d'une salle de sport travaillent plus que les salariés. Par contre, s'il s'agit de la part du coût de la production d'un bien ou d'un service qui se paie en temps et en énergie humaine, alors, puisque c'est un coût, c'est par définition quelque chose que l'on va toujours chercher à réduire. Oui, évidemment qu'il y a des désirs comparatifs, positionnels, mimétiques... Mais ce n'est évidemment pas le cas de tous les désirs, et je trouve de manière générale assez peu fondée les théories selon lesquelles il s'agirait nécessairement de la majorité d'entre eux, aussi bien que des tentatives d'expliquer ça par la compétition sexuelle (je soupçonne qu'il y ait un biais d'homme hétéro derrière ceci, d'ailleurs). D'autant plus que si on souscrit à cette théorie, alors, presque tout le pan utilitariste de la justification du libéralisme tombe à l'eau puisque, prospérité ou pas, on aura toujours des gens satisfait simplement relativement les uns aux autres. Pour cette raison là, je ne comprends pas très bien l'engouement de Thiel et sa bande pour René Girard. Maintenant, descriptivement, je suis d'accord pour dire que ce facteur (ma quatrième hypothèse) doit jouer. Mais est-il vraiment le plus important ?
  2. On entend parfois ceci à gauche : l'augmentation de la productivité aurait dû conduire à une diminution du temps de travail, pourtant, ce n'est pas le cas, il y a donc enfumage quelque part. Je trouve la question intéressante, et je vois plusieurs réponses : 1 - exploitation. Le surplus de richesse produit n'irait que dans les poches de quelques uns. C'est généralement ce qui est suggéré, notamment par Piketty. C'est sans doute au moins en partie vraie, ne serait-ce qu'à cause de l'inflation. 2 - remise en cause du premier présupposé : la productivité n'aurait pas vraiment augmentée. Soit qu'on est un peu idiot et qu'on considère comme inutiles les progrès techniques et la plus grande division du travail à l'échelle du monde, soit (et c'est pour le coup plus plausible) qu'on considère que malgré ça, on s'encombre de tâches inutiles, baissant la productivité réelle moyenne. Bullshit jobs de Graeber, suradministration, etc. 3 - remise en cause du deuxième présupposé : le temps de travail aurait effectivement diminué. Parce que l'on travaille une moins grande partie de nos vies (longues études, longues retraites), et parce qu'il y aurait une plus grande partie de la société vivant de l'assistanat. 4 - paradoxe de Jevons : c'est parce que le travail est devenu plus productif qu'on travail plus, afin de gagner d'autant plus. Ca rejoint un autre élément d'explication de la gauche : la critique de la publicité, de la société de consommation, de la "filière inversée", etc. Chacune des quatre me semble au moins un peu vraie. Voyez vous encore d'autres hypothèses, ou bien, connaissez vous des études ayant tenté de quantifier l'importance respective de chacun de ces facteurs ?
  3. Si je n'étais pas libéral, j'ai dit. L'idée est juste assez séduisante pour que je puisse avoir envie de la payer avec l'argent des autres, mais en ce qui concerne mes affaires, j'ai quand même mieux à faire.
  4. Je jette un coup d'oeil aux plus grandes statues du monde. til que le record actuel est détenu par une statue de 182m d'un certain Sardar Patel, en Inde. Le haut du classement est surtout dominé par des bouddhas et divinités bouddhistes en Chine et au Japon, avec quelques dieux hindous qui se défendent bien. Les deux seules vraies grosses statues en Europe (géographique) sont des mère-patrie guerrières en Russie et en Ukraine, de 85m et 62m respectivement. Si je n'étais pas libéral, je militerais pour que l'UE re-construise un colosse à Rhodes, et d'au moins 200m.
  5. Ce qui serait drôle, c'est que Macron la gracie. Juste pour qu'on parle encore un peu de lui.
  6. A la place d'un neveu, je lancerais une rumeur d'assassinat.
  7. On verra bien. Il a l'aura de celui qui ne s'est pas encore mouillé où que ce soit. Et on verra à quel point les liens de vassalités personnels au clan Lepen peuvent être transférés. D'autant plus qu'il est maintenant dans un marché très concurrentiel.
  8. Bon, quand commence-on les paris pour savoir qui va la remplacer ? Pour l'électorat, si ce n'est pour le parti. Bardella est quand même jeune, et probablement pas très bon stratège ou rhéteur. Qui d'autre ? Zemmour ? Marechal ? Un cadre du RN ? (qui ?) Un outsider à la Georgescu ? Ou bien, un vautour de droite ou du centre (Ciotti ? Darmanin ?) réussira-t-il à s'emparer de la carcasse ?
  9. Quand on en a beaucoup, on en met beaucoup ? Je rebondissais sur la vidéo partagée un peu plus haut. Sa thèse générale (pour ce que j'en comprends, sachant qu'il m'en manque la première partie) est qu'il y a eu un islam originel pur, rationalisme-compatible, qu'on aurait envie de supposer compatible avec la philosophie des lumières malgré l'anachronisme, suivi d'une corruption obscurantiste. C'est une bonne histoire, parce qu'elle n'est pas complètement fausse (clairement, elle ne l'est pas plus que l'histoire traditionnelle), et parce que ce ne serait pas une mauvaise chose si elle était plus largement adoptée par les musulmans. C'est, je crois, celles que veulent raconter les néo-motazili, et sans doute une bonne partie des musulmans libéraux. Ca revient grosso modo à plaquer sur l'islam notre propre récit du moyen-âge façon Gibbon, mais décalé de quelques siècles. Pourquoi pas. reste que je n'ai pas l'impression que le récit accroche plus que ça dans le monde musulman. Et par ailleurs, je ne sais pas si c'en est la cause, mais il n'est pas tout à fait vrai non plus. Partant de là, je montre ce qui me semble être les principaux oublis de ce narratifs : - Pas sûr qu'il y ait un islam originel avant l'histoire longue dont il est question (c'est de ce coté là que sont à placer mes remarques sur Musaylima, même si elles étaient surtout là pour me vanter de pouvoir faire une chose que la machine ne sait pas encore faire : mettre en lien des informations de façon originale) - L'islam "rationaliste" de l'âge d'or n'était pas particulièrement libéral, et ne l'est toujours pas aujourd'hui, puisque les iraniens et les houthis en sont les héritiers. - La victoire de l'anti-rationalisme, loin d'être un complot des califes contre les musulmans et leurs philosophes, a plutôt été à la fois une rébellion contre l'autoritarisme centralisateur de califes plutôt rationaliste-friendly, et à la fois aussi une défaite interne du rationalisme dans la pensée musulmane, parce que ses systèmes métaphysiques audacieux n'étaient pas si solides que ça. - L'islam anti-rationaliste en question, qui a triomphé dans la deuxième moitié du moyen-âge, était un mysticisme charismatique souvent assez chill, et très éloigné du fondamentalisme actuel, qui est d'abord né en s'opposant à lui. Pas sûr que ces corrections aident à défendre l'islam libéral. Mais ça évite au moins les faux diagnostiques concernant le fondamentalisme. Et puis, de toute façon, l'islam libéral rationaliste a le même défaut que l'UE, et aura toujours du mal à s'imposer pour la même raison : en refusant les contingences historiques de leurs cultures, l'UE n'a pas plus de raison d'être européenne qu'un musulman rationaliste n'a de raison d'être musulman. L'européiste, cosmopolite, n'a pas de raison de s'arrêter à l'Europe. Idem, l'avicennien ou l'averroïste, universaliste, n'a pas beaucoup de raison de rester musulman. Pas surprenant que ça n'accroche pas plus que ça.
  10. C'est grosso modo une répétition de ma réponse, mais ok !😁 Quelle IA ? J'assume mon côté "révisionniste", oui. Un peu plus à propos Musaylima : la deuxième femme de Ali (quatrième calife et premier imam des chiites) appartenait à la tribu hanafi, qui avait Maslama/Musaylima comme prophète avant les guerres de la Ridda (qui ont suivi la mort de Muhammad). J'ignore l'influence que c'est susceptible d'avoir eu sur Ali, et donc sur ses disciples. Mais, deux autres faits intéressants : le Coran (dont le contenu était encore l'objet de dispute) est très riche en pronoms. Souvent, Dieu s'adresse à son prophète sans le nommer (le nom de Muhammad n'apparaît que 4 fois) en disant "dis leur..." Etc. Si un texte prophétique de Maslama, plutôt que de Muhammad, s'était glissé là dedans, il serait impossible de le savoir... Autre fait intéressant : le troisième fils de Ali était surnommé "Ibn Hanafiyya", fils de la hanafite, en référence à sa mère, plutôt qu'à son père, ce que est assez inhabituel. Ça semble indiquer une certaine importance de la mère en question. Et les partisans de Ibn Hanafiyya, les kaysanites, sont à l'origine à la fois du chiisme postérieur, du soufisme et du mouvement révolutionnaire pro-abbaside. Rien que ça. Pas grand monde ne parle de ces "détails" à ma connaissance... J'ignore ce que les robots trouveront à en dire.
  11. Intéressant, mais à part la toute dernière partie, ça parle de l'islam historique, pas spécifiquement de l'islam "d'aujourd'hui" ! Et à propos de la réaction musulmane actuelle, il y a plusieurs éléments importants qui manquent. Cette réaction, qu'on assimile beaucoup à Ibn Abdelwahhab (dont je n'ai pas l'impression qu'il soit très influent hors du clan Saoud), est à la fois plus récente, et trans-sectaire, plutôt que vraiment anti-sectaire. Alors que les wahhabi d'Arabi Saoudite sont quand même très ancré dans l'école hanbali, historiquement plus rigide et littéraliste que les autres, les talibans par exemple sont liés à l'école hanafi, pourtant historiquement la plus libérale. Et les Frères musulmans se font les avocats des écoles traditionnelles toute entière, et sont loin des excès salafi. Et ça ne se limite pas au sunnisme, la révolution iranienne, chiite duodécimaine, est sans doute le point de départ de l'islamisme actuel. Et les houthis, chiites zaydi, ne sont pas en reste. Et d'ailleurs, point intéressant à mettre en lien avec le reste de la vidéo : les chiites duodécimains et zaydis ont une théologie très proche de celle des mutazilites, rationalistes. Et les duodécimains étudient les anciens philosophes. Khamenei est même, je crois, un spécialiste de Mulla Sadra, un très grand philosophe du XVIIème siècle (qu'on gagnerait à connaître en occident), héritier de Ibn Sina. Difficile, donc, d'identifier le rejet du rationalisme comme cause unique du fondamentalisme. Sur la partie histoire maintenant. Je n'ai pas vu la vidéo "partie I", mais j'ai l'impression qu'il sous entend qu'il y avait un islam des origines avant toute cette corruption... J'ai plutôt l'impression que c'est la construction historique de l'islam qu'il décrit. Les premiers "musulmans" étaient sans doute des chrétiens hérétiques, apocalyptiques, à tendance arianiste mais pas trop dogmatiques et plutôt inclusifs (plutôt que "muslim", soumis, ils se faisaient appeler "mumin", c'est à dire croyants, incluant parfois les autres chrétiens et les juifs), ayant toujours la Bible chrétienne pour référence (puisque sans elle beaucoup de textes coraniques sont incompréhensibles), mais avec des sources sacrées renouvelées grâce à un prophétisme vivant, qui ne se limitait d'ailleurs pas à Muhammad (j'attends d'ailleurs que la recherche se saisisse de l'importante des autres, en particulier de Musaylima). A propos des hadith. J'ai l'impression que c'est plus subtil que ça, et qu'ils ont d'abord été mobilisé (eux ou en tout cas, leur étude systématique) contre le pouvoir, plutôt que pour lui. Les hadiths jouaient un rôle assez mineurs sous les omeyyades et au début des abbasides, et les imams Abu Hanifa et Malik ibn Anas n'y avaient presque jamais recours. On se met vraiment à voir un mouvement pro-sunna et pro-hadith en opposition au calife al-Mamun, lui même très centralisateur et très autoritaire, et partisan d'un islam plutôt rationaliste. Ce sont les opposants à Mamun, notamment Ibn Hanbal, qui vont utiliser les hadith comme une source d'autorité juridique partagée et décentralisée, plus légitime que le pouvoir politique du calife, et incontrôlable par lui. C'est encore la raison pour laquelle les tentatives politiques de contrôler l'islam pour le rendre modéré sont si inefficaces. La Sunna est une sorte de blockchain, conçue spécifiquement pour résister à ça. L'étape manquante sans doute dans cette histoire est la construction de la mystique musulmane, soufi. Al Ghazali, grand soufi lui-même, ne réfute pas les falasafa seulement au nom de l'orthodoxie, mais aussi au nom des faiblesses internes de leurs systèmes métaphysiques, qu'il maîtrise bien. Et avec et après lui, ce n'est pas tant un islam aveugle et dogmatique qui triomphe contre la pensée critique, mais plutôt un islam plus intuitifs et émotifs. Qui n'est pas tout à fait une plus grande soumission au politique, d'ailleurs, puisqu'il repose sur les figures charismatiques des sheikh. Ca a sans doute contribué à la perte de vitesse scientifique du monde musulman à la fin du moyen-âge. Mais puisque c'est un islam au préoccupation surtout spirituel et supra-mondaine, il était assez compatible avec une certaine modernisation, même s'il était attaché aux écoles théologiques et juridiques traditionnelles. C'est cet islam là, spirituel et esthétique, qui s'est effondré à la fin du XIXème et au début du XXème (au Moyen-Orient en tout cas). Et c'est aussi, peut-être même surtout, contre lui qu'est apparu l'islam bête et méchant actuel, qui rejette aussi bien la philosophie que la mystique, et qui se contente de chercher à appliquer un droit anachronique.
  12. Après avoir imité l'intelligence d'un étudiant médiocre, ou est maintenant capable d'imiter la dextérité d'un élève qui s'ennuie. Il faudra aussi ajouter Win Delvoye aux grands contributeurs à l'imitation de l'humain.
  13. Ca rendrait les cartes vachement moches.
  14. Sans compter les contextes naturistes, deux ou trois fois, dans des festivals de techno, où on m'avait tiré en me disant que la nudité était autorisée. J'étais systématiquement le seul sobre, et le seul nu.
  15. J'ai toujours été terrifié par l'idée de blackout. Il me semble que boire cesse d'être agréable bien avant d'en arriver là, non ? Quand je suis nu au milieu d'une foule, je tiens à ce que ce soit consciemment et délibérément.
  16. J'ai surtout peur que les réponses qu'ils finiront par donner, quelles qu'elles soient, soient moins bonnes que le mystère qui subsiste encore. Je me satisferais plus facilement d'une dose d'incompréhensible, fantastique ou absurde, que de solutions trop plates ou prévisibles. Il y a plusieurs choses qui m'ont un peu déçu dans la saison 2. Je suis esthétiquement très satisfait par le final, par contre. Et j'ai beaucoup aimé le développement des enjeux amoureux et religieux de la severance.
  17. Quelqu'un d'autre ici a suivi Severance ?
  18. Considérer la liberté d'expression comme un droit spécifiquement politique, et donc justifié uniquement par son utilité pour l'état, plutôt que comme une liberté personnelle, c'est socialiste.
  19. Prends celui où Sham voit son père, Noé, bourré et à poil, et se fait donc condamné à être l'esclave de ses frères, ce sera de bon augure !
  20. Moi pas. A la place, j'ai failli me mettre au thérémine.
  21. Vous m'aviez manqué
  22. ah oui, zut, je me suis planté de coté pour l'événement de 660 bce.
  23. Je suis énervé par le fait qu'il y ait eu un "événement de Miyake" (bordelisation du carbone 14 probablement à cause de tempêtes solaires, ou d'autres événements cosmiques) pendant la période probable de rédaction du palimpseste de Sanaa (premier manuscrit du Coran), foutant peut-être en l'air sa datation, et que je ne trouve aucun article en parlant. Aussi, c'est bizarre que les tempêtes solaires modernes, qui ont causé des problèmes à nos réseaux de télégraphie ou électrique, n'aient pas été des événements de Miyake. Et je ne vois aucune mention d'aurore boréale exceptionnelle pendant les événements de Miyake historiques. Chelou.
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