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Combien de mois avant qu’un film entièrement géré par IA et créé par une équipe restreinte soit un succès mondial ?


Combien de mois avant qu’un film entièrement géré par IA et créé par une équipe restreinte soit un succès mondial ?  

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je vois bien dans quelque années demander à une IA de créer une histoire en 150 pages, avec des thèmes choisis,juste pour le plaisir de lire un truc sur la plage. J'ai revu le film Her qui pour moi n'est pas un film de sf mais un film prophétique, a un moment Joaquin Phoenix se trouve dans l'ascenseur et demande une musique nostalgique, j'imagine que c'est une IA qui lui a concocté une musique personnalisée. 

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25 minutes ago, L'affreux said:

Il faut pirater pour voir les meilleures créations les plus récentes. La plupart des gens ne le font pas. 

Problème français. Le délai ici entre la sortie au cinéma et le streaming (payant) est de 3 semaines, les cinémas n'ont pas fermés.

 

26 minutes ago, L'affreux said:

Ce que décrit @Largo Winch est différent : des créations meilleures et variées, les plus récentes, accessibles via un abonnement (comme YouTube), et qui ne seront de toute manière pas dans les salles de cinéma.

Si elles sont meilleures, pourquoi ne seraient-elle pas dans les sales de cinémas? Ça serait d'ailleurs une nouvelle opportunité pour eux, en ajoutant un travail de curation à leurs services.

 

28 minutes ago, Liber Pater said:

S'il y a une pression significative avec des films qui ne rencontrent plus leur public parce que (i) trop chers et (ii) le public se tourne vers les films IA, on risque d'arriver à une situation "exception culturelle à la française" où les films hollywoodiens seront financés par des niches fiscales, des obligations sur les producteurs et des subventions.

Le plus gros problème d'Hollywood, c'est qu'ils ne rencontrent pas leur public parce qu'ils méprisent profondément ceux qu'ils considèrent comme des bouseux (aka la grosse majorité de la population), et ça commence à se voir. À un moment, si ta seule offre est un mélange de films qui crachent à la gueule de ton public pour plaire à ton entre-soi et de mauvaise redites de précédents films qui ne surfent que sur la notoriété du nom, on invite sa propre fin.

L'autre problème, ce sont les budgets à 200+ millions qui imposent des revenus en conséquence et la présence de corporate sans âme dans le process.

 

 

À moyen terme, je vois bien le modèle des youtubers se généraliser aux type de films qui sont pour l'instant des productions à gros budget: une personne ou une équipe restreinte qui se crée un public en s'exposant elle-même, en ayant une personnalité et un type de contenu que les gens aiment retrouver, et son prêt à soutenir autrement qu'en achetant un billet.

Plus généralement, je n'image pas qu'une création IA sans humain visiblement dans la boucle dépasse le niveau musique d'ascenseur, non pas à cause de sa qualité, mais parce qu'une œuvre d'art sans humain, c'est aussi intéressant qu'un jeu de plateau en solo.

Posté
3 minutes ago, Jensen said:

Plus généralement, je n'image pas qu'une création IA sans humain visiblement dans la boucle dépasse le niveau musique d'ascenseur, non pas à cause de sa qualité, mais parce qu'une œuvre d'art sans humain, c'est aussi intéressant qu'un jeu de plateau en solo.

C'est quoi que tu appelles création IA sans humain?

Même pas pour prompter?

 

Posté
1 minute ago, Marlenus said:

C'est quoi que tu appelles création IA sans humain?

Même pas pour prompter?

 

création pour laquelle le public ne peut pas identifier un artiste de chair et d'os. Ce qui peut prendre la forme d'un auteur qui est une personnalité sur les réseaux sociaux, du metteur en scène (=IA prompteur) qui fait des meta vidéo ou rencontre son public dans la section commentaire.

Si le prompteur reste caché et que le public ne voit que le résultat, c'est une création sans humain.

 

Jusqu'à présent, la présence d'un humain était évidente, puisqu'on avait les acteurs sous les yeux, on savait qu'un bouquin ne s'écrit pas tout seul, etc. Et malgré cette évidence, les conventions avec auteurs, concerts live et autre  ne désemplissaient pas. Les créations les plus déshumanisées (blockbusters marvel écrits par un comité corporate) ont mis en avant leurs acteurs et créé l'image d'un groupe de potes qui s'amusent bien hors écran. Le phénomène de célébrité DJ est déjà une réponse à la déshumanisation de la musique enregistrée (parce qu'autrement, pourquoi la personne qui met des disques dans le lecteur serait connue et mise en scène?).

Je pense qu'avec l'IA, on est dans la situation du poisson qui découvre qu'il existe autre chose que l'eau. Et n'aime pas. Et l'aquarium, jusqu'à présent impensable parce qu'on imaginait pas l'absence d'eau va vite devenir indispensable.

Posté

Alors pour le coup je pense qu'effectivement, il y aura très souvent un ou des humains officiellement derrière un film IA qui marche, justement car pour la promo cela aide.

Mais je pense que l'on pourra très bien avoir des films IA vendu sans qu'un humain soit officiellement crédité qui pourront cartonner (après de la musique d'ascenseur peut cartonner, mais là on entre dans des goûts personnels).

 

Si je prend la pub intermarché qui a cartonné à l'hiver dernier:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mal-aimé_(court_métrage)

 

Je ne vois pas en quoi le même film fait totalement avec IA n'aurait pas marché. Personne ne connait les acteurs qui ont joué dedans et jusqu'à ce que cela cartonne, personne savait qui avait fait cela.

 

 

De façon général, la pub est un bon exemple que l'on peut faire de très bon court métrage sans qu'un humain soit identifié derrière.

L'immense majorité est de la soupe, mais certaines sortent du lot et celles qui sortent du lot, ce n'est pas du à des acteurs connus (qui peuvent donc être remplacé par de l'IA quand ce ne sont pas déjà des DA) ou savoir quel humain est intervenu dans sa création.

 

Et si cela marche pour des pubs, je ne vois pas pourquoi cela ne pourrait pas marcher pour un long métrage.

 

 

Posté

Je me permets de citer ce que j'écrivais il y a bien longtemps sur le thread abordant l'esthétique :

Quote

Tout ça nous amène à un second axe de pensée qui concerne les différentes catégories de critères permettant de juger de la valeur d'une production artistique.

 

La première de ces catégories regroupe les critères de qualité qu'il est possible de mesurer objectivement dans l'œuvre/la performance. Ces critères recouvrent d'abord toutes les considérations précédentes sur ce qui peut rendre des objets agréables aux yeux des humains, et dans ce cas des œuvres universellement attirantes. On peut penser à toutes les histoires sur le nombre d'or, aux règles de la perspective, aux harmonies en musique... À un autre niveau, on peut juger objectivement de l'insertion d'une œuvre dans un courant et ses codes (la structure classique des pièces de théâtre, l'architecture brutaliste...), ça rejoint ce qu'on a vu sur l'artisanat et l'expertise technique. Courants artistiques qu'on peut d'ailleurs considérer comme autant d'hypothèses sur ce qui détermine la qualité objective d'une œuvre dans l'absolu. Selon la logique de ces critères la production artistique doit avant tout prouver (à tous ou seulement à ceux qui possèdent les codes) la maîtrise de l'artiste sur son sujet. Dans le cadre d'une performance il peut par exemple faire des choses compliquées sans effort apparent, ce qui lui vaudra de l'admiration.

 

La seconde catégorie regroupe les critères qui reflètent la manière dont le public interagit avec l'artiste à travers l'œuvre, donc la dimension sociale. Imaginez un enfant qui offre un collier de nouilles à sa mère : selon des critères objectifs ce collier, en soi, c'est de la merde, pourtant la mère y accordera peut-être plus de valeur qu'à l'œuvre même meilleure d'un inconnu. D'un autre côté la plupart des gens considéreront qu'un musicien qui joue une partition apporte une valeur artistique tandis qu'un dispositif qui lit automatiquement la partition, fût-ce parfaitement, n'en apporte pas. Il est donc question en un mot de "l'âme" de l'œuvre qui dépend de ce qu'on peut percevoir de la passion de l'artiste, sa sincérité, son attention aux détails, son amour du public... Elle peut aussi intervenir quand l'œuvre touche à la nostalgie (donc des références communes entre l'artiste et le public) ou quand on entrevoit du potentiel qui permet d'excuser des imperfections. Selon la logique de ces critères la production artistique doit avant tout prouver le dévouement de l'artiste (et cette fois l'effort visible peut être considéré une chose positive), ce qui lui vaudra de la sympathie.

 

La troisième catégorie regroupe les critères qui concernent ce qui est communiqué par l'intermédiaire de l'œuvre. On revient à l'individualité de l'artiste : est-ce qu'il a un concept, quelque chose à dire ? Les œuvres narratives (littérature, théâtre, cinéma...) sont maîtresses de cette catégorie mais c'est une dimension présente dans toute œuvre qui a le potentiel de changer la perspective de son public. Un exemple serait un tableau d'op-art avec une illusion d'optique qui nous fait réaliser quelque chose sur la manière dont fonctionne notre vision, ou une caricature qui s'écarte du réalisme (critère objectif) pour transmettre un message. Dans tous les cas avoir un message avec de la valeur est un combat de l'individu contre ce qui est banal, convenu, et donc contre le simple suivisme d'un courant sans le renouveler, contre la soumission au public sans essayer de lui donner ce qu'il ne savait pas vouloir, contre soi-même également et la stagnation créative. Selon la logique de ces critères la production artistique doit avant tout prouver la pertinence d'une approche, ce qui lui vaudra de la fascination.

 

Toute production humaine a probablement une valeur esthétique discutable selon ces trois angles même si on peut imaginer des cas limites qui relèvent principalement d'une catégorie (un objet fabriqué à la chaîne par un robot pour la première, une actrice de porn protagoniste de télé-réalité pour la seconde, un article scientifique pour la troisième). Dans le cadre d'une production artistique il doit y avoir un arbitrage qui prend en compte les trois. Par exemple le punk prend le parti de mettre l'accent sur l'âme et le message plutôt que sur la technique. Les boys band de notre jeunesse comptaient plus sur la solidité de la production et le charisme des minauds que sur un quelconque message. Pour trouver des cas qui privilégient la technique et le message à l'âme il faut aller chercher des "artist's artists" d'avant-garde que les hipsters adorent mais qui font se gratter la tête au commun des mortels. Je pense que l'erreur de beaucoup de penseurs de l'esthétique est soit de vouloir réduire cette multi dimensionnalité à un seul type de critère, soit de dire que seul un type de critère représente la "vraie" esthétique contrairement au reste.

 

En jugeant sur la base des trois critères, on peut être admiratif d'une production issue principalement de l'IA parce qu'elle arrive à être agréable, à respecter les codes du genre etc. Savoir que c'est de l'IA ne fait que renforcer cette admiration pour la technique et permet d'excuser d'autres défauts objectifs comme les petites erreurs de continuité. Les défenseurs diront que de tels défauts ont vocation à disparaître avec le progrès technique. J'attends de voir.

Sur le plan de la sympathie l'IA part avec un gros handicap, qui ne peut être compensé d'une certaine manière qu'en tapant dans la nostalgie ("dans le style de Miyazaki") et dans la personnalisation à outrance ("écris-moi une fan-fiction de Harry Potter où Voldemort est vaincu par Hagrid et Dobby"). On reste à un niveau extrêmement masturbatoire. Souvent au sens propre. Mais il y a certainement un public pour ça.

La fascination part également avec un handicap tant qu'on ne verra pas le prompteur comme un artiste. Peut-être que ça sera le cas un jour si se réalise le cas d'un génie qui a la meilleure idée de film du monde et qui arrive à le réaliser tout seul dans son garage. Pour l'instant ça m'a l'air extrêmement spéculatif, et dans tous les cas cette dimension viendra bien de la personne derrière et pas de l'IA. Si on demande à l'IA ce qu'elle a à dire, on obtient de la bouillie.

  • Yea 1
Posté

Intéressante, ta typologie de l'esthétisme.

 

Tout dépend de la façon dont on voit l'usage qui sera fait de l'IA en la matière.

 

Si on imagine quelqu'un qui, le soir en rentrant du boulot, veut regarder un film et, au lieu de se taper 20 mn de recherche pour trouver la bonne vidéo sur Netflix, décide de peaufiner durant 20 mn le bon prompt qui permettra à l'IA de lui pondre un film sur-mesure de 2h pour le divertir, alors il n'y a rien d'artistique. Celui qui rédige le prompt n'est qu'un consommateur : prompter revient ici à passer commande.

Ce scénario n'existe pas encore, mais il est probable que ça devienne un usage possible des IA dans un avenir proche.

 

Ce n'est pas de ça dont je parlais plus haut. Je parlais de la personne qui réalise un film de A à Z grace à l'IA :

  • Il commence par rédiger son scénario, puis les dialogues, aidé par l'IA.
  • Il crée ensuite de façon détaillée avec une IA de création d'image chacun de ses personnages : il peut peaufiner pas à pas et dans les moindres détailes son physique, sa façon de s'habiller, sa façon de se déplacer, etc.
  • Il crée ensuite avec une IA le storyboard.
  • Muni de ce storyboard, il peut ensuite avec son IA de création d'images, créer les images de chaque scène en contrôlant, peaufinant tous les détails : le cadrage, le décor, la colorimétrie, etc.
  • Avec une autre IA, il peut transformer toutes cette séquence d'images en vidéo, en contrôlant tous les "mouvements de caméras" ("fais moi un travelling avant ici", etc.) et transformer les dialogues écrits en jeux d'acteur (il peut contrôler le timbre de la voix, les intonations, etc.).
  • Avec une autre IA, il peut ajouter à sa vidéo des effets sonores (sound design). Une autre encore lui permettra de créer de toute pièce la musique...

Dans un tel cas, il s'agit bien d'un projet artistique. Et ce que je raconte là n'a rien de "speculatif". Toutes les IA dont je parle ici existent déjà et font un travail à la perfection (ce qui n'était pas le cas il y a seulement 1 an).

 

Ce que je trouve fascinant et vertigineux à la fois, c'est le potentiel disruptif de l'IA qui peut faire exploser des industries entières.

Outre le gars qui bidouille seul dans sa chambre, le scénario le plus probable est celui d'une petite équipe de vidéastes/cinéastes qui s'emparent de tous ces outils et qui mélangent dans un même film des séquences générées par IA avec des captations vidéo réelles avec de vrais acteurs, pour réaliser des projets artistiques à très faible coût qui surpassent les grosses productions hollywoodiennes sur les trois critères de l'esthétisme.

 

 

  • Yea 1

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