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Tout ce qui a été posté par Mégille
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J'en ai bien peur, oui C'est surtout Aristote qui voulait en faire un truc pour vieux... Je suis plutôt d'avis qu'il faut apprendre à mener une réflexion morale dès le plus jeune âge, mais je prêche pour ma chapelle ! Pour le reste, la relation maître-disciple reste je trouve le modèle par défaut, et qui a fait ses preuves, de la philosophie (ce n'est pas absolument nécessaire à la pensée, mais ça aide), qu'il vaut mieux se tenir loin du public et de l'Etat (rien de pire qu'un philosophe fonctionnaire). Et quand à la subversion... ce n'est pas une fin en soi, mais ça ne doit pas être un interdit non plus... Bah, c'est pour parler à des jeunes, ils ont toujours été comme ça. La jeunesse ne vieillie pas. Oui, et ça file un gros avantage pour les concours à ceux qui sortent de prépa littéraire, qui ont appris à hacker les exercices comme des machines, pendant que les autres se familiarisaient réellement avec la discipline en question. Tout à fait d'accord. Trop de Voltaire, pas assez de grammaire. Figure toi qu'on a eu plusieurs semestres de logique formelle en tronc commun. Ce qui est très bien. Personnellement, j'ai adoré, mais les plus littéraires étaient complètement perdu et on juste renoncé à la logique... Commencer simplement par un peu de logique appliqué à l'argumentation, voir de bonne vieille syllogistique, serait peut être une bonne chose. J'hésite encore : quand je donnerais mon premier cours, devrais-je commencer par parler de Socrate, ou par expliquer la différence entre un raisonnement valide et un raisonnement correct ? La difficulté est que la structure des différents champs de question n'est pas à priori évidente, qu'on peut classifier tout le bouzin de nombreuses façon différente (et que souvent, une réflexion générale consiste en partie à proposer un rangement), et que de nombreux faisceau de question se présente d'abord comme transversaux... Je ne pense pas qu'il y ait une méthode universelle pour enseigner la philo, c'est toujours un processus de découverte dans lequel le maître et le disciple sont tous les deux acteurs (voire, idéalement, dans lequel le maître n'est qu'un catalyseur). Reste à voir quelle place la philo peut avoir dans le cadre d'un enseignement scolaire tel que le notre. Plus j'y pense, plus ça me semble ambiguë.
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Le mec réussit à faire passer un cours de méthodologie de la dissert pour une filouterie ! Bravo à lui si ça permets à quelques lycéens d'avoir une meilleure note. Mais ce qu'il propose n'est pas de la manipulation du correcteur... c'est juste une bonne maîtrise de l'exercice. C'est même presque exactement ce qu'on nous apprend en cours de méthodo en L1 de philo. Par contre il exagère un peu sur le "philosophiquement correcte"... je suis peut-être un peu idéaliste, mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait des thèses interdites. Ce que le correcteur cherche à vérifier, c'est 1) que le lycéen a un minimum retenu ce qu'il est sensé avoir vu en cours, mais ce n'est vraiment pas le plus important, surtout au lycée (sauf gros contresens, évidemment) 2) qu'il est capable de mener une réflexion articulée, rigoureusement argumentée et cohérente, sans tomber dans le hooliganisme, c'est à dire en montrant que l'on est pas aveugle aux objections que l'on pourrait nous faire, que l'on en comprend la pertinence, et l'importance de nuancer notre propos, et sans non plus tomber dans la rhétorique, le pamphlet et les effets de manches en cherchant à persuader au dépend de la recherche de la vérité pour elle-même. Ceci dit, la dissert, c'est sans doute 50% méthode à proprement parler philosophique (analyse de concept, logique, etc), et 50% de méthodologie d'un exercice tout à fait contingent. Il y a un cadre à respecter, on attend spécifiquement tels et tels choses à tels et tels moment de l'introduction, etc, et ne pas se plier à tout ça peut être très pénalisant, même si le raisonnement est tout à fait intéressant. Mais une fois qu'on le maîtrise (et ce n'est pas si dur que ça), on se rend compte qu'on peut s'y mouvoir avec une grande liberté, et défendre à peu près tout et n'importe quoi, sans risque de censure. Le coté artificiel peut choquer, j'ai longtemps été choqué par lui, mais il faut garder en tête que c'est un exercice scolaire, qui doit permettre à la fin au prof de donner une note à l'élève. En créant une homogénéité au niveau de la forme, sans toucher au fond, la méthodo permet aux élèves de montrer (et aux profs, de voir) la pertinence de leurs raisonnements et de leurs connaissances d'une façon plus standardisés, et plus facilement comparable d'une copie à l'autre, et donc d'éviter les injustices au niveau des notes. La dissert est en fait le fruit d'un compris entre l'évaluation des connaissances et l'évaluation de l'argumentation d'une part, et entre la philosophie et la nécessité d'évaluer quantitativement la qualité d'un exercice scolaire d'autre part. Ca en fait un exercice de philo très médiocre, qui engendre sans doute plus de sophistes que de philosophes. Mais difficile de trouver mieux. A moins que le problème ne se trouve dans la volonté de faire de la philo une discipline scolaire.
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Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
(Paracelse, non, la citation ?) On devrait faire tourner une pétition pour faire censurer les fanfictions romantico-érotique pour femmes, sous prétexte qu'elles entretiennent les stéréotypes de genre. Juste pour voir. -
Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations
Mégille a répondu à un sujet de Cugieran dans La Taverne
Possible ! Il est communiste, aussi. Coïncidence ? (bon, je plaisante, c'est une personne formidable à coté de ça) -
Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
Si seulement... Attention, érotisme extrême : -
Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations
Mégille a répondu à un sujet de Cugieran dans La Taverne
Un ami, qui est le meilleur cuisinier que je connaisse et qui a une impressionnante bibliothèque de vieux livres de recette, m'a un jour dit qu'il considérait la cuisine thaï comme l'une des plus grandes, à l'égal de la française, mais pas la japonaise. Ne connaissant que les émissaires de tout ça en occident, je suis dans l'incapacité d'en juger correctement par moi même... mais ça ne me semble pas aberrant d'y croire. Pendant longtemps, les japonnais ont été vraiment les ploucs isolés de l'extrême-orient (à part peut-être vite fait sous les Fujiwara), ce sont un peu des arrivistes dans le premier monde. Alors que le royaume de Siam, c'était autrement plus pimp. -
Satyricon de Fellini <3 J'étais un grand fan de Metropolis... avant de devenir libéral.
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Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
Que les anti-porno se concentrent autant sur l'image soi-disant dégradante de la femme... Peut-on en déduire qu'il s'agit exclusivement du type de contenu qu'ils consomment ? -
Taxe de la semaine
Mégille a répondu à un sujet de 0100011 dans Politique, droit et questions de société
La taxe de la semaine prochaine : https://www.sudouest.fr/2018/06/14/plus-d-un-francais-sur-deux-est-favorable-a-une-hausse-du-prix-de-l-alcool-5144604-10407.php Dédicace à @Mathieu_D -
Pendant ce temps... https://www.huffingtonpost.fr/2018/06/14/schiappa-epinglee-par-le-pcf-pour-avoir-cite-marx-replique-avec-une-autre-figure-du-communisme_a_23458721/
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Netflix désormais plus lourd en bourse que Disney.
Mégille a répondu à un sujet de Alchimi dans Actualités
Le truc c'est que le plus gros apport conceptuel de Kant, là où il est le plus fort, et ce avec quoi il a le plus secoué ses contemporains, ce n'est pas la mise en garde contre la prétention de connaître les choses en soi par la raison. Ca, Hume et des tonnes d'autres le faisant élégamment et beaucoup plus simplement (et radicalement) que lui. Ce qu'il apporte vraiment, c'est de montrer que l'empirisme ne permet pas de se passer d'une réflexion a priori sur les fondement de la connaissance (et encore moins de la morale). De plus, la pensée de Kant vient du platonisme (voir la dissertation de 1770), même s'il s'en écarte par la suite (par accident, il me semble), et elle y retourne par la suite chez certains interprètes. Je pense à H Cohen, et surtout à Natorp, qui ont bien montré que le transcendantalisme kantien ne pouvait pas être compris comme un simple innéisme cognitif (même si en jouant à ça, Natorp kantise Platon au moins autant qu'il platonise Kant). On a aussi diverse formes de platonisme métaphysique à l'origine de grands courants de la philo contemporaine. Frege l'était en quelque sorte, puisqu'il pose les "pensées" (c'est à dire, les significations idéales) comme des choses objectives, distinctes des choses particulières (mais pas moins réelles), tel que les faits mentaux qui "saisissent" les pensées et les objets que celles-ci dénotent. Russell, aussi, au moins durant sa période des Problèmes de philosophie, et sans doute jusqu'à ce qu'il subisse l'influence de Wittgenstein. C'est assez hétérodoxe, mais je considère Husserl comme un platonicien, même dans ses œuvres tardives. Tout l'intérêt de la phénoménologie est de montrer que la vie de la conscience ne se limite pas l'expérience sensible. En philo des maths, aussi, la réfutation du logicisme (qui est en fait un platonisme minimal) de Russell et du formalisme de Hilbert par Gödel ne laisse plus que deux possibilités : l'intuitionnisme de Brouwer et... le platonisme de Gödel. Et étant donné que les mathématiciens utilisent le principe du tiers-exclu, ont peut tous les considérer comme platonicien par défaut. Quine et Putnam ont aussi défendu le platonisme en math. Mais de façon chelou, je te l'accorde. Bref, Plato's not dead. -
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Mégille a répondu à un sujet de Alchimi dans Actualités
Le réalisme platonicien est assez facile à défendre, en fait. Pour la métempsychose et la réminiscence, par contre, ça demande un peu d'interprétation et une dose considérable de bonne volonté ! -
Netflix désormais plus lourd en bourse que Disney.
Mégille a répondu à un sujet de Alchimi dans Actualités
Et bien, en tant que platonicien ayant foi en la théorie de la réminiscence, j'ai un peu de mal ! Sinon, sans partir trop loin, j'ai du mal à voir là où commence l'un, et où s'arrête l'autre. Le possible usage médical d'une molécule. La molécule elle-même (en général, pas telle molécule en particulier) lorsqu'elle est produite par synthèse. L’aluminium. L'acier. Le dioxygène. La résistance d'une plante à diverse maladies (ou parasites) lorsque l'on modifie son adn de telle ou telle façon. La sous-espèce de plante une fois modifiée de la sorte (la sous-espèce en général, pas une plante en particulier). L'écriture en général. l'alphabet latin. Une phrase quelconque en français. Deux phrases. Trois phrases. Un roman. L'alphabet klingon. Une gamme musicale. Une note. Deux notes, l'une à la suite de l'autre. Trois notes. Un symphonie. Là dedans, qu'est-ce qui est idée, qu'est-ce qui est création ? -
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Mégille a répondu à un sujet de Alchimi dans Actualités
Spirit steading ! Plus que causer du tort, ce qui est un peu flou, il faut se demander si utiliser une idée (molécule à des fins médicales, technique de production, recette de cuisine, phrase musicale, morceau musical entier, personnage de fiction, etc) peut être considéré comme une coercition à l'encontre du premier à l'avoir proposée publiquement. Je trouve à vraie dire que même le caractère coercitif de vol des propriétés "matérielles" est difficile à démontrer (sans doute parce que je suis en train de lire Proudhon), mais qu'il se laisse montrer par l'absurde... Alors, la PI... PS : mort aux artistes. Le concept d'art est une absurdité. Avant le début du XIX, ou la fin du XVIII si on veut être large, il n'existait pas, et je n'ai pas l'impression que la peinture, la sculpture, la poésie etc aient été grandement enrichies par cette innovation intellectuelle. C'est une mystification intellectuelle de la part des littérateurs, et je soupçonne la PI d'être le fruit d'une kabbale entre lesdits mystificateurs et quelques industriels innovateurs corrompus par le prince à coup de lettres patentes. Il faudra que je me renseigne sur ce deuxième point, mais je suis assez sur de mon coup pour le premier. edit : il est remarquable que la première force anti-PI vienne d'informaticiens, qui sont un peu l'étape intermédiaire entre les ingénieurs et les techniciens de la langue. -
Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
Désolé, je suis parfois un peu lent ! -
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Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
@Tramp, es-tu tout de même d'accord pour dire que la stagnation de l'offre est due à d'autres ingérences que l'APL ? (alors que les APL toutes seules auraient sans doute poussé un peu à une augmentation de l'offre) Je ne pose pas cette question par mauvaise fois, je veux juste m'assurer de bien comprendre. -
Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
Veux tu dire que les APL sont trop faibles pour représenter une réelle incitation à mettre de nouveau appart sur le marché ? J'envisageais un truc comme ça, mais je ne sais pas si ça ce tiens. Il doit bien y avoir des gens qui envisagent soit de retaper/construire, soit d'investir leur argent/leur effort ailleurs, et que la subvention, même médiocre, peut influencer. Donc j'imagine que ça doit jouer. Ceci dit, je ne nie pas que ce soit sans doute très faible à coté des barrières étatiques contre la construction, et que même si ça marchait, ça resterait une mauvaise allocation de ressources. -
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Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
Il s'agit donc bien d'une subvention indirecte aux propriétaires, et non aux locataires. Les proprios sont globalement avantagée par la chose (ils touchent plus, peuvent se permettre de monter leur prix), alors que si quelques locataires peuvent être avantagées, c'est au dépends d'autres, et globalement non, puisque les prix augmentent. Mais il me semble que tout autre facteurs mis à part, ça devrait inciter à mettre plus d'appart en location. -
Détroit, Californie, New York : le socialisme Made in USA
Mégille a répondu à un sujet de NoName dans Europe et international
Encore mieux : https://fr.sputniknews.com/international/201608221027400320-russie-gardes-frontieres-route-de-contrebande/ (le genre de truc qui te donne espoir en l'agorisme) -
Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
Tu ne crois pas que ça peut inciter un peu à construire/retaper un peu pour louer ? On parle d'ordre de prix différents, je te l'accorde. Mais il me semble que s'il y a plus de fric à faire en louant (que ce soit par une hausse "naturelle" de la demande, ou par une hausse artificielle, illégitime, briseuse de vitre etc), on peut s'attendre à ce que plus de gens cherchent à toucher ce fric. -
Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
Je suis pas sûr, j'essaie de comprendre... Mais j'ai l'impression que l'allocation est indirectement versée aux propriétaires, à travers les locataires, puisque ceux qui ne la dépenseront que pour cela. Quand à la tendance, elle s'explique sans doute par d'autres facteurs, la réglementation principalement. J'imagine. -
Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations
Mégille a répondu à un sujet de Cugieran dans La Taverne
boulot d'été trouvé ! Dans un hotel 4 étoiles. Basiquement, je regarde les femmes faire le ménage et je les aide à porter les trucs lourds. Tout ceci est très bon pour mon équilibre mental masculin. -
Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Mégille a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
A propos des APL, étant donné que la location devient plus rentable pour le propriétaire (l'Etat lui donne du fric), est-ce que ça ne contribue pas à inciter à mettre plus d'appart en location ? Puisque les (APL + salaire de bureaucrate) euros qui ont été prélevés pour permettre cette allocation auraient sans doute été au moins en partie dépensé ailleurs que dans le logement, on peut s'attendre à ce que tout ça mette à la fin plus de fric dans le bâtiment, et pousse à construire et louer plus. Bon, bien sur, c'est au dépend d'autres dépenses qui auraient étés plus rentables, c'est un sophiste de la vitre brisée, et vu que ça appauvrit globalement les gens en allouant mal les ressources, ça n'arrange pas le problème de ceux qui sont à la rue... mais ça a tout de même un impact sur l'offre. -
Les articles que vous voulez faire buzzer
Mégille a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Action !
Je dirais 4 et demi, pour le Mékong*. Il doit bien y avoir moyen de mettre ça sur le dos du communisme * reste à voir à quel niveau du fleuve les déchets sont-ils jetés. Je ne serais pas surpris qu'une bonne partie vienne de la Chine. -
A propos de cette question telle qu'on peut vouloir la poser : "est-ce qu'un pouvoir centralisé a plus de chance de défendre les libertés individuelles qu'un pouvoir décentralisé ?" Il me semble qu'il faut commencer par remarquer qu'un pouvoir, de façon général, a peu de chance de défendre les libertés individuelles. Le pouvoir jouit de la réduction des libertés, et a le pouvoir de se grossir lui même pour réduire encore plus les libertés. Donc le pessimisme est de rigueur. La solution qui a été trouvée (empiriquement avant d'être pensée) contre ça réside dans la séparation des pouvoirs. De ce coté, presque tout est bon à prendre, séparation fonctionnelle (cabinet - parlement) et territoriale (fédéral - fédéré). Mais la séparation ne donne qu'un sursit à la liberté, puisque cette même force qui pousse le pouvoir à chercher plus de pouvoir se met à faire "conspirer" les différents pouvoirs entre eux. Contre la conspiration, il me semble qu'il n'y a qu'une seule autre force à laquelle on puisse se fier : la concurrence, qui est elle même permise par le pluralisme, ou au moins l'ouverture au pluralisme. On a une concurrence politique inférieure qui a lieu au sein des systèmes électorales multipartites, mais elle est faible, parce qu'elle ne peut pas remettre radicalement en cause le cadre qui permet son existence, et parce qu'elle permet le clientélisme électorale, qui est un jeu à somme nulle, voire négative. Il y a beaucoup plus à attendre de la concurrence politique forte, entre des systèmes extérieurs les uns aux autres : elle permet la découverte de modèles radicalement nouveaux (elle est ouverte et non fermée) et ce qui fait fonctionner le mieux un modèle (le libéralisme) n'est pas au dépend des autres (contrairement au clientélisme dans la concurrence intérieure). Enfin, c'est le cas tant que le commerce permet plus d'enrichissement que le pillage ; on dirait que c'est devenu le cas au début de la modernité, sans doute grâce au progrès technologique. Bref, j'ai l'impression que le processus de recherche politique se joue plus entre les états qu'à l'intérieur d'eux. Dans un cas, c'est de l'émulation, dans l'autre, de l'allélophagie. Si la décentralisation est bonne, c'est non seulement parce qu'elle est une séparation de plus des pouvoirs (et donc, un bâton de plus dans les roues de la conspiration) mais aussi parce qu'elle permet du pluralisme. Evidemment, ça ne marche pas en France. Notre "décentralisation" est redondante, je ne crois pas que les collectivités puissent faire grand chose qui soit interdit au pouvoir central, elles sont toutes bâties sur le même moule, et la marge de manœuvre locale est triviale. Ce qui s'est passé, c'est que lorsque la droite (la vraie, la vieille) s'est aperçue qu'elle n'aura sans doute plus jamais l'occasion de reconquérir Paris, elle s'est mise à demander pour les seigneurs de province ce qu'elle ne pouvait plus espérer pour le roi. Sans succès. L'idée a été remise au goût du jour par De Gaulle (qui la tient de Maurras, qui la tient des légitimistes, qui la tiennent des contre-révolutionnaires), mais appliquée par Mitterrand, qui a du coup compté sur le soutient de ses adversaires pour ce qui lui a servi à rendre plus robuste l'Etat. A grande échelle, une structure simple s'effondre sur elle même, alors qu'une structure plus complexe peut tenir. La décentralisation Française est comparable à celle de Chine populaire. Il faudrait que les provinces aient des compétences strictes, à l'exclusion de l'Etat, qu'elles aient une grande marge de manoeuvre, notamment en matière de redistribution et d'immigration, et qu'elles puissent par elles même, sans passer par l'échelon supérieur, fusionner, se séparer, s'organiser différemment (se séparer en Canton et district, ou se centraliser), demander plus ou moins d'autonomie, etc. Conclusion : vive la Savoie libre.
