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École & éducation : Le temps des secrets


Messages recommandés

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Le 08/12/2020 à 19:48, Vilfredo Pareto a dit :

Ca dépend des élèves. Chez les petits bourges ça marche très bien, comme partout où tu risques de te faire défoncer si tu as une mauvaise note. Et même pour les autres, tu peux offrir la possibilité de remonter la moyenne en travaux supplémentaires (qui en retour font augmenter les résultats aux devoirs). Certes, il faut les intéresser avant à la matière, être pédagogue etc mais ça n'est pas incompatible. Bien sûr que les racailles n'iront pas faire les devoirs supplémentaires mais y a pas de solution scolaire avec eux, c'est pas l'école qui est en cause pour leur racaillitude. Pour les autres cas, je ne vois pas en quoi la vertu de la compétition ne les toucherait pas mais mon expérience est très petite et spécifique et je n'ai pas d'avis tranché.

 

J'ai vécu cette exercice toute ma scolarité, jusqu'en troisième, avec le terrible "on passe sous la moyenne", et tous les sanglots qui vont avec. Parce qu'à l'école d'avant, on pleurait encore beaucoup, même jusqu'à l'age de 15 ans. Le tout était dit religieusement par le proviseur, sans aucun état d'âme, avec une appréciation personnalisée pour chacun d'entre nous, expliquant à toute la classe, suivant l'élève qu'il deviendra sans doute un grand chirurgien, ou dans mon cas, qu'il ne sera bon qu'à garder des oies (Dixit). 

 

Il n'empêche que j'ai souvent vu d'étonnants rebonds suite à cette "humiliation". Mais tout comme les nombreuses torgnoles que m'ont données mes profs, cela n'a pas fait de moi un délinquant.   

 

Personnellement, j'appelle cela un bizutage (ou bleusaille pour @poney) à la vie. Et cela vous endurcit beaucoup, croyez-moi.

 

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Je me souviens d'une rencontre parents-profs (oui, ça existait déjà...) quand j'étais en seconde (en 1981-82). Il y avait une maman (pas la mienne !) qui demandait au prof de français (un communiste qui faisait peur à tout le monde) si son fils passerait en 1ere. Réponse du prof avec sa grosse voix: "Pas de problème. C'est impossible". J'ai été pris d'un fou rire nerveux.

 

Le même prof, ramassant deux ou trois cahiers à chaque cours pour vérifier si le travail avait été fait. Ce jour là, dans un silence de mort, il avait pris le cahier d'un certain Valais:

- "Valais, vient ici ! "

Valais s'exécute.

- "Tourne-toi ! "

Valais s'exécute.

S'ensuivit un énorme coup de pied au cul.

 

 

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Châtiments corporels pour non remplissage des objectifs du plan, du pur communisme effectivement.  

  • Yea 2
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1 hour ago, Waren said:

 

 

Personnellement, j'appelle cela un bizutage (ou bleusaille pour @poney) à la vie. Et cela vous endurcit beaucoup, croyez-moi.

 

 

Cela endurcit ou cela détruit.

 

Si le but est d'avoir les meilleurs et d'écrémer les autres c'est une bonne méthode.

Si ce n'est pas le but, elle n'est pas vraiment adapté.

  • Yea 2
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A la fac, le but avoué du bizutage était de t'en faire baver pour que tu sois fier d’appartenir à l'institution.

 

A l'armée, je ne peux franchement parler de bizutage, mais c'était tout comme. Je pense que le but est aussi quand même l'idée de fierté, et de l'honneur.

 

A l'école, c'est difficile à dire. En maternelle, une prof avait la fâcheuse habitude de fesser les enfants, cul nul et "on devait se rhabiller tout seul." Mais à côté de cela, elle était considérée comme une excellente institutrice. Je n'ai jamais eu l'impression qu'il y avait un véritable dessein pédagogique derrière tout cela. C'était assez personnel et les prof avaient sans doute beaucoup plus de latitude que maintenant dans la façon qu'ils percevaient et donnaient l'instruction.  

 

Mais avec le recul, les meilleurs profs que j'ai eu avaient généralement beaucoup d'autorité que ce soit physique ou intellectuelle. 

 

 

Posté
22 minutes ago, Waren said:

A la fac, le but avoué du bizutage était de t'en faire baver pour que tu sois fier d’appartenir à l'institution.

 

 

 

Alors je ne sais pas quel bizutage tu parles.

Ceux dont j'ai entendu parler à mon époque à la fac (95) était festif, pas destiné à t'en faire baver. Et j'en ai pas eu dans la mienne.

Mon frère l'a vécu dans la sienne et en garde un bon souvenir, pas du tout d'en avoir bavé.

 

Si tu me parles de ce genre de bizutage:

https://www.lemonde.fr/societe/article/2014/07/07/bizutage-a-dauphine-huit-mois-de-sursis-pour-quatre-etudiants_4452601_3224.html

 

Qui sont devenus interdits, perso ils ne m'auraient rendu fier de rien du tout.

Je ne vois pas en quoi cela me rendrais fier d'avoir subit ce genre de choses.


A l'armée, à la rigueur, mais à la fac...

 

Et je ne mettrais pas mes gosses dans ce style de fac.

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Bizutage à l’armée (élève officier dans l’armée de l’air): un ancien passe dans notre chambre et nous annonce, paniqué, que nous allons avoir une inspection. La chambre doit être impeccable. (Nous étions 8 par chambre). Il repasse 10 minutes après en nous disant que le capitaine arrive! Un autre ancien arrive et saute sur tous les lit, fout tout en l’air dans la chambre et se barre en courant. Le (faux) capitaine entre dans la chambrée, se dirige vers mon lit rafistolé à-la-va-vite:

- « Vous appelez ça un lit au carré?!  J’appelle cela un lit au merdier ! » 

 

Nous avions bien rigolé. Mais si j’avais dû subir un bizutage humiliant à la Fac, j’aurais sans aucun doute distribué des (grosses) baffes.

Posté
Il y a 1 heure, Marlenus a dit :

Alors je ne sais pas quel bizutage tu parles.

Ceux dont j'ai entendu parler à mon époque à la fac (95) était festif, pas destiné à t'en faire baver. Et j'en ai pas eu dans la mienne.

Mon frère l'a vécu dans la sienne et en garde un bon souvenir, pas du tout d'en avoir bavé.

 

Si tu me parles de ce genre de bizutage:

https://www.lemonde.fr/societe/article/2014/07/07/bizutage-a-dauphine-huit-mois-de-sursis-pour-quatre-etudiants_4452601_3224.html

 

Qui sont devenus interdits, perso ils ne m'auraient rendu fier de rien du tout.

Je ne vois pas en quoi cela me rendrais fier d'avoir subit ce genre de choses.


A l'armée, à la rigueur, mais à la fac...

 

Et je ne mettrais pas mes gosses dans ce style de fac.

 

Ce n'était pas en France, mais en Belgique dans les années 80. A l'époque, c'était une institution. Si tu n'y passais pas, tu devenais un "fossile", le sujet de toutes les railleries pendant toute ta scolarité et en plus certains avantages donnés par ton appartenance à la confrérie t'étaient interdits: prix réduits sur les activités, les photocopies, l'accès au bar et à la coopérative, etc. Il était quand même plus intéressant d'y "passer", mais il fallait prouver que tu en étais capable.

C'était dur, d'un niveau même supérieur à ceux déjà pratiqués dans les terribles facs de médecine et chez les vétos français. Mon amie d'alors était justement à la fac de médecine de Lille, donc on avait pu comparer. Moi, j'en étais sorti sans mes cheveux, et aussi rasé "un peu plus bas". C'était un folklore d'alors, et même si cela semble en perte de vitesse, cela perdure.  (Je corrobore entièrement cet article)

 

Je n'en garde pas forcément un très bon souvenir, parce que c'était moralement et même physiquement assez difficile à supporter. Mais le bon côté de la chose est que l'armée quelques années plus tard m'a paru beaucoup plus tranquille.

 

Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous recommande le très dérangeant film Grave qui baigne justement dans cet univers, et qui se passe chez les vétos Liégeois

 

Autre pays, autre coutume.

 

  • Love 1
  • 2 weeks later...
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Heureusement que l’Etat est là pour empêcher les enfants d’aller à l’école

 

Le Monde - La rescolarisation compliquée des élèves de Méo High School, collège-lycée hors contrat fermé à Paris
 
Un mois après la fermeture administrative de la structure, visée par plusieurs enquêtes, une partie des 110 collégiens et lycéens n’ont pas repris les cours.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/23/la-rescolarisation-compliquee-des-eleves-de-meo-high-school-college-lycee-hors-contrat-ferme-a-paris_6064318_3224.html

Posté
Le 13/12/2020 à 14:44, Waren a dit :

 

Ce n'était pas en France, mais en Belgique dans les années 80. A l'époque, c'était une institution. Si tu n'y passais pas, tu devenais un "fossile", le sujet de toutes les railleries pendant toute ta scolarité et en plus certains avantages donnés par ton appartenance à la confrérie t'étaient interdits: prix réduits sur les activités, les photocopies, l'accès au bar et à la coopérative, etc. Il était quand même plus intéressant d'y "passer", mais il fallait prouver que tu en étais capable.

C'était dur, d'un niveau même supérieur à ceux déjà pratiqués dans les terribles facs de médecine et chez les vétos français. Mon amie d'alors était justement à la fac de médecine de Lille, donc on avait pu comparer. Moi, j'en étais sorti sans mes cheveux, et aussi rasé "un peu plus bas". C'était un folklore d'alors, et même si cela semble en perte de vitesse, cela perdure.  (Je corrobore entièrement cet article)

 

Je n'en garde pas forcément un très bon souvenir, parce que c'était moralement et même physiquement assez difficile à supporter. Mais le bon côté de la chose est que l'armée quelques années plus tard m'a paru beaucoup plus tranquille.

 

Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous recommande le très dérangeant film Grave qui baigne justement dans cet univers, et qui se passe chez les vétos Liégeois

 

Autre pays, autre coutume.

 

Article très orienté calotte liégeoise, penné que je suis. 

  • Yea 1
  • 2 weeks later...
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Je suis tombé sur cette vidéo de Monsieur Phi sur l'enseignement de la philo au lycée. Me suis demandé ce que vous en penseriez.

 

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J'ai eu 16 en philo au bac, donc c'est pas une loterie.

Par contre, 7 à l'X en philo, c'est clairement une loterie.

 

 

:mrgreen:

 

___

 

Plus sérieusement, ce qui est intéressant, c'est leur non-dit principal, qui est celui du niveau des élèves.

Ensuite, ils sont tout aussi paumés que les élèves ; c'est amusant. Ils demandent un cadre, tout en étant conscient que c'est impossible parce que la profession se cabrerait.

Posté

Petite contradiction dans son discours : si la grande variété des sujets favorise ceux qui ont un fort capital culturel, alors, on peut trouver ça injuste, mais ça n'est pas une loterie... A partir du moment où on décide d'évaluer entre autre les connaissances de l'élève (je pense qu'il vaudrait mieux se contenter d'évaluer ses capacités de raisonnement, mais soit), alors évidemment qu'avoir un capital culturel aide. Et qu'importe si c'est en partie dû à l'environnement familial ? La familiarité avec les programmes d'histoire géo et de français aussi. Et surtout, il ne faudrait pas oublier que la culture, ça ne se transmet pas par les gènes... La mienne en tout cas ne me vient ni de ma prolo de mère ni de mon beauf de père. Que les élèves fassent un petit effort, merde. Et que les profs fassent un effort pour leur donner envie de faire cet effort. Avec moi ça marche très bien. (bon, en même temps, avec mes classes de 10 petits bourgeois catholiques blancs, je me la coule douce...)

 

Donc même à supposer que ce soit un facteur moindre, la variabilité due aux correcteurs me semble plus dramatique que celle due aux sujets. Je ne sais pas très bien ce qui pourrait être fait... Supprimer le bac et l'éducation national serait un bon début.

 

Mais évidemment, si on me donnait moins de notions à traiter, ou plus de temps pour les enseigner, je ne me plaindrais pas.

 

Edit : je pense à un truc. Le monsieur de la vidéo (pas Mr Phi, l'autre, celui qui dit "république" une phrase sur deux) m'accuserait sans doute d'avoir une approche méritocratique, à propos de cette histoire de capital culturel. Mais justement non. Dans un concours de musique, le jury cherche à évaluer qui est le meilleur musicien, et il y a des chances que celui qui a un bon environnement familial soit aidé pour ça. Mais ce serait justement vouloir éviter ça qui supposerait un jugement de valeur, selon lequel, le candidat moins favorisé, quoi, "mérite", plus, puisqu'il aurait fait plus d'effort.

  • 5 weeks later...
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À quel moment cet assistant d'éducation se dit que ce travail est d'une qualité suffisante pour être posté sur Twitter ?

Posté
il y a 33 minutes, Pegase a dit :

quel moment cet assistant d'éducation se dit que ce travail est d'une qualité suffisante pour être posté sur Twitter ?


fasciste !

Posté
43 minutes ago, Pegase said:

 

 

À quel moment cet assistant d'éducation se dit que ce travail est d'une qualité suffisante pour être posté sur Twitter ?

Je ne relèverai pas le "mieux que l'original" mais je trouve que c'est effectivement très bien pour des sixièmes. Je soupçonne une participation très importante de l'enseignant.

Posté

C'est un truc de midwit typique, du genre qui ont envahi toutes les strates des fonctions éducatives dans les sociétés occidentales, de croire que la déconstruction est le signe de l'intelligence.

  • Yea 2
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Cela dit ça doit shitstormer vu qu'il y a "Ramadan" et "racaille" à deux lignes d'intervalles seulement. Ça peut être mal pris de nos jours...

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6 minutes ago, Bézoukhov said:

Ah, la série avec des bonhommes jaunes, j'ai oublié le nom. Truc de midwit typique.

Tu préfères les chinese cartoons?

b38.jpg

  • Haha 1
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il y a 24 minutes, Mathieu_D a dit :

Je ne relèverai pas le "mieux que l'original" mais je trouve que c'est effectivement très bien pour des sixièmes. Je soupçonne une participation très importante de l'enseignant.

Ah non, pour des sixièmes c'est franchement très mauvais. S'il travaille avec des élèves en cours de déscolarisation qui auraient dû être en SEGPA, ça pourrait encore se comprendre. De là à l'afficher fièrement sur les réseaux sociaux...

Posté
il y a 1 minute, Pegase a dit :

Ah non, pour des sixièmes c'est franchement très mauvais. S'il travaille avec des élèves en cours de déscolarisation qui auraient dû être en SEGPA, ça pourrait encore se comprendre. De là à l'afficher fièrement sur les réseaux sociaux...

Hum…c'est largement au dessus de ce que peut écrire un élève moyen aujourd'hui. 

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Posté
il y a 4 minutes, Dardanus a dit :

Hum…c'est largement au dessus de ce que peut écrire un élève moyen aujourd'hui. 

 

 

Les liborgiens sont des highwit, si j'en crois cette nouvelle terminologie a la mode sur ce forum 

Posté
il y a 38 minutes, Bézoukhov a dit :

C'est un truc de midwit typique, du genre qui ont envahi toutes les strates des fonctions éducatives dans les sociétés occidentales, de croire que la déconstruction est le signe de l'intelligence.

 

Pour la plupart des "élites cultivées", en gros les quelques centaines de milliers que l'on retrouve à chaque époque (probablement plusieurs millions de nos jours), la déconstruction est effectivement le signe de l'intelligence. Voir ce qui est caché suffit à satisfaire l'ego de la plupart. Les demi-habiles de Pascal ou Machiavel.

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