Lancelot Posté 6 octobre 2019 Signaler Posté 6 octobre 2019 Je trouve cette discussion assez hallucinante. Le pna on s'en fout. Ou plutôt j'ai l'impression de me trouver dans cette scène : 1
Prouic Posté 6 octobre 2019 Signaler Posté 6 octobre 2019 Beaucoup des exemples de libertarianism.org semblent ne considérer le NAP qu'en second lieu. Je bois trop, mais j'emmerde personne, puis je deviens ingérable socialement, alors j'ai besoin d'une cure, et je deviens souvent une sérieuse plaie pour la famille et la société si je décide de ne pas me faire soigner, ou me faire soigner aux depends financiers d'autrui, soit a peu près tout le monde alcoolique hormis les veufs riche sans enfants. Pour moi le NAP est déjà enfreint, même si l'alcool is a bitch, car les conséquences dues à un manque de dicernement entre sa personne et l'avenir d'une action potentiellement agressantes s'appliquent à l'instant de l'action. Il ne s'agit pas ici de boire modérement et d'y mettre une loi, il s'agit de pas se plaindre d'enfreindre le NAP si n te dit toute ta vie que tu bois trop, l'echelle de 'trop' étant relativement mesurable pour le péquin. Il y a un moment ou seule ton manque d'instruction primaire ne te permettait pas de savoir que boire trop d'alcool ca allait merder, et encore on compte pas le fait qu'il y a écrit partout et en tout temps que tu prends des risques. Le fait de décaler la conséquence dans le temps ne permet pas de se cacher d'un futur NAP enfreint sans capacité de le prévoir à l'avance. Il me semble que c'est pareil pour l'éducation des enfants, car il est trop facile d'attendre 10 ans de manque d'education pour s'en plaindre quand ca merde (on parle là d'un certain minimum éducatif). J'ai l'impression qu'il existe quelque part un contrat moral envers la société moderne, qui fait que vivre en groupe dans un monde avec autant d'interactions, c'est mesurer les conséquences dans le temps, pas juste les premières. C'est pas parce que tout le monde s'en cache que c'est moins vrai. (edit: ca sonne facho même en tournant les phrases 2 fois )
Lancelot Posté 6 octobre 2019 Signaler Posté 6 octobre 2019 8 minutes ago, Vilfredo Pareto said: Ce n'est pas toi qui voulais ouvrir la possibilité de souligner les limites du NAP en tant que principe juridique sans se prendre des excommunications ? Et donc que ces limites existent ou pas (et elles existent forcément, Cf. ce que je disais dans les pages précédentes) n'a pas d'incidence sur le fait que les libertariens ont raison ou pas. Bref on s'en fout. Au contraire croire qu'on peut attaquer le libéralisme en attaquant le pna c'est du juridicisme. 8 minutes ago, Vilfredo Pareto said: Elle me fait davantage penser à un résumé de Kuhn qu'à une discussion sur l'éthique libertarienne. Le pna a certaines limites DONC il faut jeter le jusnaturalisme et le libéralisme à la poubelle. C'est effectivement un problème de mécompréhension épistémologique mais Kuhn est plus subtil que ça.
Lancelot Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 8 hours ago, Vilfredo Pareto said: Je suis tout à fait prêt à reconnaître que le NAP a des limites mais je ne lis que des arguments qui ne me convainquent pas (cf. libertarianism.org) quand il s'agit de nous dire lesquelles. Ton argument est différent : tu expliques que le droit retombe toujours in fine sur une bottom line casuistique (d'où l'inutilité du NAP). D'accord sur le reste. Tu peux développer même si complètement HS ? Je ne vois pas en quoi consiste cette analogie entre Kuhn et le NAP. Le NAP n'est pas inutile, il est largement applicable dans la plupart des cas, c'est un bon modèle. Mais ça reste un modèle i.e. une représentation simplifiée de la réalité du DN donc si utile qu'il soit, il y aura des situations où il ne sera pas utile ou même nuisible. Donc c'est une erreur de le suivre aveuglément, d'en faire la base de sa philosophie ou que sais-je. C'est aussi une erreur de le jeter par la fenêtre (ou de jeter par la fenêtre la notion même que des modèles soient plus ou moins utiles que d'autres) sous prétexte qu'il n'est pas omnipotent. Cette seconde erreur est celle de la vidéo et souvent elle est faite par des gens déçus quand ils se rendent compte qu'ils sont tombés dans la première erreur (comme les gars de libertarianism.org). Kuhn est plus intelligent donc il élabore son erreur plus subtilement. Il dit que chaque modèle a des particularités qui le rendent incomparable aux autres et donc que l'adoption d'un modèle à un moment donné est plus un phénomène social qu'autre chose. 2
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a une heure, Lancelot a dit : Donc c'est une erreur de le suivre aveuglément, d'en faire la base de sa philosophie ou que sais-je. Pourtant c'est ce que font Ayn Rand ou Rothbard... Du coup, à quoi reconnaît-on un libéral, si le respect strict du NAP n'est pas pertinent ? Je suis perdu depuis fin août mois.
Ultimex Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 1 minute, Johnathan R. Razorback a dit : Pourtant c'est ce que font Ayn Rand ou Rothbard... Du coup, à quoi reconnaît-on un libéral, si le respect strict du NAP n'est pas pertinent ? Je suis perdu depuis fin août mois. Comment sais-tu que Mises ou Hayek sont libéraux ?
Liber Pater Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 6 minutes, Johnathan R. Razorback a dit : Je suis perdu depuis fin août moi
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 20 minutes, Ultimex a dit : Comment sais-tu que Mises ou Hayek sont libéraux ? Justement, je ne sais pas. C'est la question que je me pose. En l'absence de référence au NAP, ça devient problématique de délimiter la catégorie de libéral je trouve. On pourrait utiliser un proxy très grossier et dire que les libéraux sont des gens qui constituent des communautés de discussion dans lesquelles il est question de chose comme de "liberté individuelle". Mais ce serait vraiment grossier et ça ne permettrait pas de savoir ce qui ne tourne pas rond avec le gars qui prétend que la défense de la liberté exige de voter Front national (exemple réel). On pourrait dire que les libéraux sont des gens qui veulent une réduction drastique de l'étendue de l'Etat, mais les anarcho-communisme veulent une réduction encore plus drastique, et ils ne sont pas libéraux. On pourrait dire que les libéraux sont des gens attachés aux droits naturels de l'Homme, mais manque de bol, tous les libéraux (ou tenus pour tels) dans la tradition politique britannique post-John Locke (Hume, Smith, Bentham, Mill père et fils) sont des utilitaristes et nient l'existence de droits naturels. Et d'ailleurs ils étaient tous d'avis qu'il y a plein de cas où on peut violer le NAP et laisser l'Etat intervenir. Edit: d'ailleurs la perspective de Matt Zwolinski semble elle aussi utilitariste.
Rincevent Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a une heure, Johnathan R. Razorback a dit : Pourtant c'est ce que font Ayn Rand ou Rothbard... Ça en dit plus sur Rand et Rothbard que sur le NAP. il y a 48 minutes, Johnathan R. Razorback a dit : On pourrait utiliser un proxy très grossier et dire que les libéraux sont des gens qui constituent des communautés de discussion dans lesquelles il est question de chose comme de "liberté individuelle". En quoi les libéraux devraient nécessairement constituer des communautés ? (Je ne dis pas que c'est mal, je pense même que c'est bien ; ce que je remet en cause, c'est le caractère impératif de la chose). Et pourquoi des communautés de discussion en particulier ? Le libéralisme ne se limite pas à ce forum.
Lancelot Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 1 hour ago, Johnathan R. Razorback said: Du coup, à quoi reconnaît-on un libéral, si le respect strict du NAP n'est pas pertinent ? Je suis perdu depuis fin août mois.
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 21 minutes, Lancelot a dit : J'ai dis que j'étais d'accord pour dire qu'être libéral était une affaire de conclusions politiques, et pas de prémisses morales (et/ou religieuses). Mais je ne vois pas comment on peut définir cette position politique sans se référer au NAP (fusse avec plein d'exceptions à la validité de ce principe). Ou alors on se retrouve comme @F. mas à dire que le libéralisme est "'une sensibilité aux contours flous", ce qui n'est pas une définition. Le NAP n'est certes pas un élément suffisant, vu que les libéraux eux-mêmes n'en font pas un absolu, et que les non-libéraux diront le plus souvent qu'ils acceptent le principe dans une certaine mesure, mais qu'eux aussi admettent des exceptions, simplement plus nombreuses ou reposant sur d'autres critères (par exemple ils ne tirent pas du NAP l'idée qu'il faut réduire ou supprimer l'impôt). Néanmoins, on pourrait essayer de dissocier les libéraux des sociaux-démocrates en disant que les premiers refusent que le NAP soit violé pour assurer des droits-créances, et pas les seconds. Mais si on abandonne complètement ce point de repère, je ne vois pas comment on peut définir correctement le libéralisme et l'antilibéralisme. D'ailleurs @Ultimex ne m'a pas dit comment lui faisait pour reconnaître un libéral.
F. mas Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 Evidemment que ce n'est pas une définition, et evidemment je ne me contente pas de ça. Mais croire qu'on peut l'encapsuler en une doctrine fixe est voué à l'échec. Sur le sujet du contour du libéralisme, je n'ai pas varié depuis des années, je partage l'analyse d'Anthony de Jasay, construite en réponse au postlibéralisme de J Gray, à savoir qu'il existe un libéralisme au sens large dont la porosité avec les autres idéologies concurrentes est bien connue, et un libéralisme au sens strict qu'il est possible de reconnaître en repérant certaines de ses bases. C'est ce qu'il dit dans ce livre, https://iea.org.uk/publications/research/choice-contract-consent-a-restatement-of-liberalism et qu'il a rappelé (en réduisant même le nombre de principes à 3/4) dans ses deux derniers livres. Edit c'est deux règles https://www.independent.org/pdf/tir/tir_09_3_7_dejasay.pdf
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a une heure, Rincevent a dit : En quoi les libéraux devraient nécessairement constituer des communautés ? (Je ne dis pas que c'est mal, je pense même que c'est bien ; ce que je remet en cause, c'est le caractère impératif de la chose). Et pourquoi des communautés de discussion en particulier ? Le libéralisme ne se limite pas à ce forum. Oublie la référence à la communauté, mon point était qu'en première approximation, on pourrait essayer de reconnaître le libéralisme à des régularités terminologiques. Par exemple le fait que les libéraux parlent beaucoup / se revendiquent beaucoup de la liberté. Évidemment c'est un critère très grossier, d'autant que pleins de non-libéraux peuvent utiliser le terme de liberté, par exemple au sens de libertés positives. Pour les fascistes "liberté" signifie obéissance au Guide suprême, etc. Je me sers de ces difficultés pour souligner que la référence au NAP, malgré toutes les limites qu'on peut mettre sur sa légitimité, reste un bon point de départ pour distinguer le libéralisme des autres courants politiques. Quelque chose comme un degré d'adhésion au NAP pourrait servir à reconnaître le libéralisme. Le problème c'est que le critère demeure assez flou, on ne sait pas très bien à partir de quelle quantité ou de quelle type de contrainte / intervention étatique untel n'est plus un libéral. A quoi reconnaît-on que l'idée de Smith / Bastiat d'une prise en charge publique des grandes infrastructures n'est pas une idée bien libérale ? On pourrait dire que les libéraux n'admettent la violation du NAP que pour servir à assurer la sécurité des biens et des personnes, fusse par la médiation d'un Etat gendarme. Mais en fait ça ne répond pas à toutes les objections avancées par Zwolinski, par exemple le fait que les libéraux pensent aussi que l'Etat devrait punir la fraude (à moins de que la fraude soit la violation d'un contrat ? Mais on ne voit pas très bien en quoi la violation d'un contrat serait une violation du NAP. @Tramp aurait peut-être un avis éclairé là-dessus ). Je traduis ci-dessus les arguments de Zwolinski contre le NAP: Citation "Interdire toute pollution - Comme je l'ai noté dans mon dernier article, Rothbard lui-même a reconnu que la pollution industrielle viole le Principe de non-agression et doit donc être interdite. Mais Rothbard n'a pas tiré toutes les implications de son principe. Non seulement la pollution industrielle, mais aussi la pollution personnelle produite par la conduite automobile, la combustion du bois dans la cheminée, le tabagisme, etc. Le PNA implique que toutes ces activités doivent être interdites, aussi bénéfiques soient-elles à d'autres égards et aussi essentielles soient-elles à la vie quotidienne dans le monde industrialisé moderne. Et c'est une thèse très peu plausible. Interdire les petits préjudices pour obtenir de grands bénéfices - Le PNA interdit toute pollution parce que l'interdiction de l'agression est absolue. Aucune agression, aussi minime soit-elle, n'est moralement admissible. Et aucun montant d'avantages compensatoires ne peut changer ce fait. Mais supposons, pour emprunter une pensée à Hume, que je puisse empêcher la destruction du monde entier en vous grattant légèrement le doigt ? Ou, pour prendre un exemple peut-être plus plausible, supposons qu'en imposant une très, très petite taxe aux milliardaires, je puisse vacciner des dizaines de milliers d'enfants désespérément pauvres ? Même si nous admettons que la taxation est une agression, et que cette agression est généralement mauvaise, est-il vraiment si évident que l'agression relativement mineure impliquée dans ces exemples est mauvaise, étant donné les avantages énormes qu'elle produit ? Attitude du tout ou rien à l'égard du risque - Le PNA implique clairement qu'il est injuste que je vous tire une balle dans la tête. Mais, pour reprendre un exemple de David Friedman, que se passerait-il si je courais simplement le risque de vous tirer dessus en mettant une balle dans un revolver à six coups, en faisant tourner le cylindre, en le dirigeant vers votre tête et en pressant la détente ? Et si ce n'était pas une balle mais cinq ? Bien sûr, presque tout ce que nous faisons comporte un certain risque de préjudice pour les innocents. Nous courons ce risque lorsque nous conduisons sur l'autoroute (que se passe-t-il si nous souffrons d'une crise cardiaque ou si nous sommes distraits) ou lorsque nous prenons l'avion au-dessus de zones habitées ? La plupart d'entre nous pensent que certains de ces risques sont justifiables, alors que d'autres ne le sont pas, et que la différence entre eux est liée à l'ampleur et à la probabilité du préjudice risqué, à l'importance de l'activité à risque et à la disponibilité et au coût des activités moins dangereuses. Mais de telles considérations n'ont aucun poids dans l'interdiction absolue de l'agression imposée par le PNA. Ce principe semble compatible avec seulement deux règles possibles : soit tous les risques sont admissibles (parce qu'ils ne sont pas vraiment agressifs jusqu'à ce qu'ils entraînent un préjudice), soit aucun ne le sont (parce qu'ils sont menaçants). Et ni l'une ni l'autre ne semble raisonnable. Pas d'interdiction de la fraude - Les libertariens disent généralement que la violence peut légitimement être utilisée pour prévenir la force ou la fraude. Mais selon le PNA, le seul usage légitime de la force est de prévenir ou de punir l'initiation de la violence physique par des tiers. Et la fraude n'est pas de la violence physique. Si je vous dis que le tableau que vous voulez acheter est un vrai Renoir, et ce n'est pas le cas, je ne vous ai pas physiquement agressé. Mais si vous l'achetez, découvrez qu'il s'agit d'un faux, puis envoyez la police (ou votre agence de protection) chez moi pour récupérer votre argent, alors vous commettez une agression contre moi. Ainsi, non seulement l'interdiction de la fraude ne découle pas du PNA, mais elle n'est même pas compatible avec celui-ci, puisque l'usage de la force pour interdire la fraude elle-même est en soi l'initiation d'une violence physique. Parasite sur une théorie de la propriété - Même si le PNA est correct, il ne peut servir de principe fondamental de l'éthique libertarienne, car son sens et sa force normative sont entièrement inopérants sur une théorie fondamentale de la propriété. Supposons que A traverse un champ vide, lorsque B saute hors des buissons et frappe A sur la tête. Il semble certainement que B agresse A dans ce cas. Mais du point de vue libertarien, la question de savoir s'il en est ainsi dépend entièrement des droits de propriété pertinents - en particulier, à qui appartient ce domaine. Si c'est le champ de B, et que A le traversait sans le consentement de B, alors A était celui qui agressait effectivement B. Ainsi, " agression ", selon la vue libertarienne, ne signifie pas vraiment violence physique du tout. Ça veut dire "violation des droits de propriété". Mais si tel est le cas, l'accent mis par le PNA sur "l'agression" et la "violence" est au mieux superflu, et au pire trompeur. C'est l'application des droits de propriété, et non l'interdiction de l'agression, qui est fondamentale pour le libertarianisme. Et les enfants ? - C'est une chose de dire que l'agression contre les autres est une mauvaise. C'en est une autre de dire que c'est la seule chose qui ne va pas - ou le seul tort qui est légitimement assujetti à la prévention ou la rectification par la force. Mais poussé à l'extrême, comme l'a fait Murray Rothbard, le PNA laisse entendre qu'il n'y a rien de mal à laisser votre fils de trois ans mourir de faim tant que vous ne l'empêchez pas de force de se nourrir tout seul. Ou, du moins, cela implique qu'il serait répréhensible que d'autres personnes s'introduisent dans votre propriété, par exemple, pour donner à l'enfant que vous affamez délibérément un morceau de pain. Je pense qu'il s'agit là d'une réduction assez dévastatrice de l'opinion selon laquelle les droits positifs pourraient ne jamais être appliqués de manière coercitive. Que Rothbard lui-même ait présenté cette reductio, sans apparemment se rendre compte de l'absurdité dans laquelle il s'était engagé, laisse plutôt abasourdi." https://www.libertarianism.org/blog/six-reasons-libertarians-should-reject-non-aggression-principle?fbclid=IwAR093b4OHJdyeNBGvYh40X9ItF5VN5duLr3S582vAuJ0yklIDN2aZW6mwUQ
Ultimex Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a une heure, Johnathan R. Razorback a dit : D'ailleurs @Ultimex ne m'a pas dit comment lui faisait pour reconnaître un libéral. Parce que je n'ai pas prétendu avoir une réponse simple à apporter. Maintenant, si je devais bricoler une définition rapidement, je qualifierais de libéral un auteur qui considère : 1/la défense de la liberté, de la responsabilité et de la propriété privée comme les bases qui orientent sa pensée et ses idées ; 2/ le fait que l'État agisse dans un domaine donné doit rester l'exception et non la règle ; 3/ Black Sabbath comme le pinacle de la création musicale (je pardonne aux auteurs pré-1970 pour des raisons évidentes). (Note : 1, 2 et 3 ne sont pas séparables). Définition à affiner, certes, mais elle permet néanmoins de se passer des raisons qui ont mené l'auteur à ces positions. Je vois d'ailleurs un intérêt pratique à ne pas considérer ces raisons, intérêt pratique que je qualifierais de "Joue la comme BiBa" : "jus-naturaliste, évolutionniste, conséquentialiste, pessimiste ou optimiste anthropologique, on a tous une bonne raison d'être libéral *rires préenregistrés*" (bon ok, ça ne marche pas avec les nihilistes complets).
Lancelot Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 52 minutes ago, Johnathan R. Razorback said: J'ai dis que j'étais d'accord pour dire qu'être libéral était une affaire de conclusions politiques, et pas de prémisses morales (et/ou religieuses). Mais je ne vois pas comment on peut définir cette position politique sans se référer au NAP (fusse avec plein d'exceptions à la validité de ce principe). Si on regarde par exemple : https://www.cnrtl.fr/definition/libéral Quote LIBÉRAL, -ALE, -AUX, adj. B. − Qui n'impose pas ou qui n'accepte pas que soit imposées à autrui certaines contraintes. Contraintes sous-entendues politiques dans le cadre libéralisme politique, donc (dans quelle mesure ça s'applique exclusivement à l'état, on peut en discuter). Là dedans on a à peu près tout, l'anti interventionnisme, l'anti constructivisme, la défense des libertés individuelles... Tout ça sans faire référence au pna. 1
Liber Pater Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 J'aurai tendance à raccrocher le libéralisme, le libéral et leurs définitions au droit naturel. J'ai plutôt l'impression que le NAP est une conséquence du respect du DN, mais qu'il est assez incomplet. Il ne permet pas de définir si quelqu'un est libéral, puisqu'un libéral peut ne pas respecter ce principe. On peut trouver à foison d'exemples à la Claude Gueux, réponse graduée, d'origine de la propriété, etc. qui contreviennent au NAP, mais avec lesquels nombre de libéraux sont au moins partagés.
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 3 minutes, Lancelot a dit : Contraintes sous-entendues politiques dans le cadre libéralisme politique Il n'y pas de sous-entendu. La définition dit juste qu'un libéral est quelqu'un qui refuse d'imposer certaines contraintes (politiques) à d'autres. C'est une définition parfaitement inopérante tant qu'on n'a pas listé très précisément les contraintes en question. J'en veux pour preuve que tous les courants politiques du monde (ou presque) trouvent certaines contraintes inacceptables. Les nazis n'auraient probablement pas accepté qu'on contraignent les hommes (ou les femmes) à la polygamie. Est-ce à dire que nazisme à un côté libéral ? Etc, etc..
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 3 minutes, Liber Pater a dit : 1): J'aurai tendance à raccrocher le libéralisme, le libéral et leurs définitions au droit naturel. 2): J'ai plutôt l'impression que le NAP est une conséquence du respect du DN, mais qu'il est assez incomplet. 1): Sauf qu'il y a des libéraux qui nient l'existence de droit naturel, par exemple les utilitaristes (dont Mises himself). Comme l'a dit @Lancelot dans l'autre fil, le libéralisme est dans la conclusion politique, mais quelle est au juste cette conclusion ? 2): Oui. Incomplet, et légitime par intermittence. Ce n'est pas très satisfaisant.
Liber Pater Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 10 minutes, Johnathan R. Razorback a dit : Sauf qu'il y a des libéraux qui nient l'existence de droit naturel, par exemple les utilitaristes (dont Mises himself). Mmh, c'est vrai, mais j'ai du mal avec l'utilitarisme il y a 10 minutes, Johnathan R. Razorback a dit : le libéralisme est dans la conclusion politique, mais quelle est au juste cette conclusion ? C'est une piste, mais il s'agit alors de se mettre d'accord sur une telle conclusion, et celle-ci devrait reposer sur quelque-chose de plus solide que le NAP encore pour en faire une définition plus acceptable. De manière générale, on peut dire que les libéraux se distinguent entre deux courants majoritaires : jus-naturalistes et utilitaristes. Il faut donc trouver une définition assez générale pour qualifier ces deux courants, et assez précise pour écarter les autres idéologies. Or, ces deux courants son irréconciliables, y compris dans leur "conclusion politique". Donc soit on est dans une impasse, soit on définit les différents courants séparément, en les rapprochant par un élément que seuls ces deux courants partagent. J'ai l'impression que c'est ce que Lancelot voulait faire avec sa "définition", mais elle est à la fois inexacte et trop inclusive.
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 19 minutes, Ultimex a dit : Parce que je n'ai pas prétendu avoir une réponse simple à apporter. Maintenant, si je devais bricoler une définition rapidement, je qualifierais de libéral un auteur qui considère : 1/la défense de la liberté, de la responsabilité et de la propriété privée comme les bases qui orientent sa pensée et ses idées ; Mais que veux-dire défendre la propriété et la liberté une fois qu'on a admis qu'il y a des cas où initier la violence contre une personne ou sa propriété pouvait être légitime ? Si le NAP n'est pas un absolu, distinguer le libéral du non-libéral semble problématique (et il devient encore plus problématique de justifier pourquoi l'interventionnisme le plus échevelé est mauvais) ? Le type qui considère que violer le NAP est légitime pour financer l'Etat-gendarme est-il un défenseur de la liberté et de la propriété ? Le type (exemple réel) qui considère qu'il est urgent d'empêcher les immigrés sous-qualifiés / musulmans / whatever d'entrer dans le pays, au motif qu'ils sont inaptes à respecter la liberté et la propriété, est-il un défenseur de la liberté et de la propriété ? Un type qui prônerait de bruler toute la littérature antilibérale et de censurer les opinions non-libérales est-il un défenseur de la liberté et de la propriété ? Encore plus retors: le Walter Lippmann ou le Raymond Aron qui pense qu'il faut lutter contre le communisme en mettant en place un Etat-providence est-il un défenseur de la liberté et de la propriété ?
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 6 minutes, Vilfredo Pareto a dit : l'opposition aux contraintes est définitoire de l'attitude libérale. Pas vraiment. Les anarchistes (je ne parles pas des anarchistes de marché) ou les individualistes extrêmes prônant la plus pure licence illimitée (genre Sade) sont beaucoup plus conformes à cette définition. En comparaison, l'individualisme libéral paraît moralement porté à l'auto-discipline et politiquement autoritaire
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 13 minutes, Vilfredo Pareto a dit : Licence illimitée pour Sade mais pas pour sa victime. Je sais que c'est l'euphémisme du siècle, mais les victimes des 120 journées de Sodome ne sont ♪ pas vraiment consentantes ♫. Ah, tu veux dire que le libéralisme ne se définit pas par l'absence de contraintes imposées à soi-même, mais par l'absence de contraintes imposées aux autres ? Hé bien, ça ne marche pas non plus. Les libéraux sont quand même des gens coercitifs pour les autres. Ils ne veulent pas que les autres puissent les tuer, les voler, marcher dans leurs jardins sans permissions, et même apparemment violer des contrats ou tromper sur la marchandise vendue -et j'en oublie peut-être. Force est de constater qu'un Etat libéral place sous la menace de ses forces de l'ordre tout individu qui voudrait commettre de telles actions. Et vu que la menace de la violence est déjà de la violence, un Etat libéral s'affranchit nécessairement du NAP pour faire respecter un certain nombre de règles. Et je suis d'avis que cette violence est une bonne chose. Mais du coup, il semble donc que les libéraux comme les antilibéraux soient d'accord sur ceci: "Je suis catégoriquement contre le fait d'initier la violence, sauf les fois où c'est une bonne chose". Comment faire pour différencier les uns des autres ?
Ultimex Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a une heure, Johnathan R. Razorback a dit : Mais que veux-dire défendre la propriété et la liberté une fois qu'on a admis qu'il y a des cas où initier la violence contre une personne ou sa propriété pouvait être légitime ? Si le NAP n'est pas un absolu, distinguer le libéral du non-libéral semble problématique (et il devient encore plus problématique de justifier pourquoi l'interventionnisme le plus échevelé est mauvais) ? 1) Le type qui considère que violer le NAP est légitime pour financer l'Etat-gendarme est-il un défenseur de la liberté et de la propriété ? 2) Le type (exemple réel) qui considère qu'il est urgent d'empêcher les immigrés sous-qualifiés / musulmans / whatever d'entrer dans le pays, au motif qu'ils sont inaptes à respecter la liberté et la propriété, est-il un défenseur de la liberté et de la propriété ? 3) Un type qui prônerait de bruler toute la littérature antilibérale et de censurer les opinions non-libérales est-il un défenseur de la liberté et de la propriété ? 4) Encore plus retors: le Walter Lippmann ou le Raymond Aron qui pense qu'il faut lutter contre le communisme en mettant en place un Etat-providence est-il un défenseur de la liberté et de la propriété ? Je crois que tes questions sont indépendantes l'une de l'autre : on peut parfaitement défendre la propriété privée et la liberté sans adhérer au NAP pour autant. (D'ailleurs, je me demande 1/ dans quelle mesure on peut adhérer au NAP sans être anarchiste (oui, c'est bien toi que je vise ) et 2/ quid de la légitime défense dans le cadre du NAP ?). La question restante est donc, dans ce cas : dans quelles situations peut-on considérer comme étant légitimes les violence contre une personne ou sa propriété ? Pour être honnête, je ne suis pas certain qu'il y ait de réponses véritablement simples, néanmoins, j'entrevois deux pistes (non contradictoires) pouvant orienter nos réflexions : 1/ la piste "évolutionniste" (qui consisterait à rechercher un invariant dans les fonctions de l'État à travers l’histoire, invariant que l'État est capable de mener correctement) et 2/ la recherche des exceptions qui ne remettent pas en cause de manière fondamentale la liberté et de la propriété. Ainsi, 1/ ne semble pas être une remise en cause fondamentale de la liberté et de la propriété, la fonction de l'État-gendarme étant justement (paradoxalement ?) de protéger ces deux points. Après, on peut se demander où s'arrêtent les limites de l'État-gendarmes, quelles sont ses fonctions. 2/ s'oppose par contre à la propriété et à la liberté a/ des habitants du pays (qui n'ont plus la liberté d'accueillir (ou non) et de commercer (ou non) avec certains étrangers) et b/ des étrangers concernés. 3/ Idem que 2/ Je n'ai plus la liberté de posséder ou de lire certains ouvrages. 4/ Define "Etat-providence" (parce que des auteurs libéraux qui ont défendu un filet de sécurité plus ou moins étendu, il y en a plusieurs : Hayek, Friedman, etc.). (Note : mes remarques portants sur les points 1 à 3 sont argumentés rapidement et mériteraient d'être développés).
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 Le 24/09/2019 à 21:29, Vilfredo Pareto a dit : 1): Je dis que c'est mal de violer le NAP même dans ce cas mais je dis aussi que je m'en fous parce que le calcul coût/bénéfice est profitable pour moi. Et j'ajoute : c'est peut-être pas un hasard... Ce n'est peut-être pas moral d'agir ainsi mais j'avais déjà remarqué que tu avais tendance à considérer que les gens agissaient toujours moralement. I beg to differ. 2): 3): C'est toi qui expliques qu'on n'a pas le droit de photographier ce qu'on veut et que le chantage est illégitime donc c'est à toi de nous expliquer pourquoi c'est un délit. 4): pour toi, il existe un vice qui ne soit pas un crime. 1): C'est contradictoire parce qu'agir moralement c'est faire le bien et choisir le bien c'est choisir ce qui apporte plus d'avantages que d'inconvénients (définition de Diderot qui a été critiquée ici et que j'améliorerais en: choisir ce qui apporte les plus grands avantages pour les plus petits inconvénients). Donc si tu penses que voler le pistolet apporte les plus grands avantages par rapport aux inconvénients, tu penses que c'est bien. Et c'est d'ailleurs pour ça que tu fais cette action. On fait toujours ce qu'on fait en s'imaginant que ça va produire un état du monde que nous trouvons plus satisfaisant (principe d'égoïsme psychologique -au cœur de la praxéologie de Mises du reste). 2): Oui bah Rand a sorti une inexactitude ce jour là, ça arrive même aux meilleurs. 3): On pourrait dire que c'est un délit parce qu'il y a intention de nuire, ou alors (on ne peut pas toujours prouver l'intention), parce que c'est un acte qui a pour effet de nuire en dégradant ou détruisant un bien moral (jouir d'une intimité préservée est un bien moral, tout comme être libre est un bien moral). 4): Mais oui, il y en a plein. Il y a des gens qui s'amusent la nuit à appuyer sur les interphones d'inconnus et je n'estime pas qu'il serait profitable de les traîner devant les tribunaux.
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 40 minutes, Ultimex a dit : quid de la légitime défense dans le cadre du NAP ?). ça, c'est facile: la légitime-défense est parfaitement conforme au NAP parce qu'elle n'initie pas une violence, elle répond à une violence initiée par autrui. Sinon, conformément au NAP, je soutiens que l'impôt est une extorsion, donc illégitime. Mais je ne pense pas que la privatisation de l'Etat veilleur de nuit soit pour autant souhaitable, car cela entraînerait un état social où la liberté serait moins bien assurée. La solution maximisant la liberté serait plutôt de faire reposer le financement de l'Etat veilleur de nuit sur des sources non-fiscales (dons*, système de loterie, gestion d'actifs financiers hérité par l'Etat de sa période pré-libérale, etc.). * Il me semble pas utopique de penser que les Français pourraient accepter de donner volontairement environ 6% de ce que l'Etat leur prend actuellement de force, s'ils savent que c'est la contrepartie de leur sécurité. Il pourrait toutefois y avoir des phénomènes de passagers clandestins, mais la pression sociale pourrait se substituer à la coercition pour faire financer l'Etat minimal. 1
Ultimex Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 1 minute, Johnathan R. Razorback a dit : La solution maximisant la liberté serait plutôt de faire reposer le financement de l'Etat veilleur de nuit sur des sources non-fiscales (dons*, système de loterie, gestion d'actifs financiers hérité par l'Etat de sa période pré-libérale, etc.). Note que ça resterait encore une violation (minime) de la liberté et de la propriété, les citoyens de ton pays ne pouvant faire appel qu'à l'Etat veilleur de nuit pour assurer leur sécurité.
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 1 minute, Ultimex a dit : Note que ça resterait encore une violation (minime) de la liberté et de la propriété, les citoyens de ton pays ne pouvant faire appel qu'à l'Etat veilleur de nuit pour assurer leur sécurité. Ce n'est pas grave car la liberté n'est pas un absolu Ce n'est pas exact, ils peuvent en plus payer des gardes du corps / vigiles privés si la sécurité publique ne les satisfait pas. Et comme ils jouiront d'une part beaucoup plus importante de leur propre argent, c'est probablement ce qui arrivera.
Ultimex Posté 7 octobre 2019 Signaler Posté 7 octobre 2019 il y a 6 minutes, Johnathan R. Razorback a dit : Ce n'est pas grave car la liberté n'est pas un absolu Ce n'est pas exact, ils peuvent en plus payer des gardes du corps / vigiles privés si la sécurité publique ne les satisfait pas. Et comme ils jouiront d'une part beaucoup plus importante de leur propre argent, c'est probablement ce qui arrivera. Ajoute que l'on puisse fonder ses milices de défense du territoire et acheter des "recreational nukes" au McDo du coin, et on sera donc en anarcapie.
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 Comme le dit Scott Alexander dans cette très intéressante critique conséquentialiste du libéralisme (dont je vous offrirais prochainement une traduction de la section D. Moral Issues), le droit de propriété est important, mais ça ne va pas jusqu'à pouvoir librement faire exploser une ogive nucléaire dans son jardin : https://slatestarcodex.com/2017/02/22/repost-the-non-libertarian-faq/#moral_issues
Johnathan R. Razorback Posté 7 octobre 2019 Auteur Signaler Posté 7 octobre 2019 D'ailleurs ce serait sans doute aussi profitable à la discussion que je partage avec vous le début de ma traduction. On y retrouve des choses déjà évoquées, ou qui recoupent le texte qu'a posté @Vilfredo Pareto: D. Questions morales.L'argument : Les actions morales sont celles qui n'initient pas la force et qui respectent les droits naturels des personnes. Le gouvernement repose entièrement sous la force, ce qui le rend fondamentalement immoral. La fiscalité est par nature un vol, et dicter les conditions dans lesquelles les gens peuvent travailler (ou ne pas travailler) par voie réglementaire est essentiellement de l'esclavage. De nombreux programmes gouvernementaux violent les droits des personnes, en particulier leur droit à la propriété, et doivent donc être combattus comme fondamentalement immoraux, qu'ils "fonctionnent" ou non. Le contre-argument : Les systèmes moraux fondés uniquement sur l'évitement de la force et le respect des droits sont incomplets, peu élégants, contre-intuitifs et généralement truffés d'erreurs de logique. Un système moral plus sophistiqué, le conséquentialisme, génère les principes des droits naturels et de la non-initiation à la violence en tant qu'heuristiques pouvant être utilisées pour résoudre des problèmes de coordination, mais aussi des précisions à propos des situations dans lesquelles ces heuristiques ne sont plus valides. De nombreux cas d'intervention gouvernementale constituent de telles situations et peuvent donc être moralement bonnes.12. Systèmes moraux.12.1 : La liberté est incroyablement importante pour le bonheur humain, une condition préalable à la vertu humaine, et une valeur à laquelle presque tout le monde est attaché. Les gens qui l'ont meurent pour la protéger, et ceux qui ne l'ont pas traversent les océans ou mènent des révolutions pour l'obtenir. Mais les politiques gouvernementales portent toutes atteinte à la liberté. Comment pouvez-vous soutenir cela ?[Réponse]La liberté est un bien parmi tant d'autres, quoique particulièrement important. En plus de la liberté, nous apprécions des choses comme le bonheur, la santé, la prospérité, les amis, la famille, l'amour, la connaissance, l'art et la justice. Parfois, nous devons échanger un de ces biens contre un autre. Par exemple, un témoin qui a vu son frère commettre un crime peut avoir à choisir entre la famille et la justice lorsqu'il décide de témoigner. Un étudiant qui aime à la fois la musique et la biologie peut avoir à choisir entre l'art et la connaissance au moment de choisir une carrière. […] Les gens agissent parfois comme s'il y avait une certaine hiérarchie dans ces biens, de sorte que le Bien A l'emporte toujours sur le Bien B. Mais dans la pratique, les gens n'agissent pas de cette façon. Par exemple, quelqu'un pourrait dire : "L'amitié vaut plus que n'importe quelle somme d'argent pour moi." Mais elle pourrait continuer à travailler pour gagner de l'argent, au lieu d'abandonner pour passer plus de temps avec ses amis. Et si vous lui offriez 10 millions de dollars pour manquer l'anniversaire d'un ami, c'est une personne vraiment peu commune si elle vous répond "non".En réalité, les gens valorisent ces biens de la même manière qu'ils valorisent tous les biens dans une économie de marché : en comparaison avec d'autres biens. Si vous avez la possibilité de passer plus de temps avec vos amis au prix d'une certaine somme d'argent, vous la prendrez ou vous la laisserez. Nous pouvons ensuite travailler à rebours à partir de votre choix pour déterminer à quel point vous attachez de l'importance à l'amitié par rapport à l'argent. Tout comme nous pouvons apprendre combien vous valorisez l'acier en apprenant combien de tonnes d'acier nous pouvons échanger contre combien de barils de pétrole, combien de têtes de choux, ou (le plus souvent) combien de dollars, de la même manière, nous pouvons apprendre combien vous valorisez l'amitié en voyant quand vous préférez cela aux opportunités de faire de l'argent, ou voir de grandes œuvres d'art, ou rester sain, ou devenir célèbre. La liberté est un bien comme ces autres biens. Parce qu'elle est si importante pour le bonheur et la vertu de l'homme, on peut s'attendre à ce que les gens lui accordent une très grande valeur. Mais ils n'y accordent pas une valeur infiniment élevée. Quiconque attacherait une valeur infiniment élevée à la liberté d'être à l'abri de la réglementation gouvernementale se tournerait vers l'État qui a la réglementation la plus laxiste (Montana ? New Hampshire ?), ou irait vivre sur une plateforme au milieu de l'océan où il n'y a aucun gouvernement, ou ferait don de tout son argent aux organismes de bienfaisance libertariens ou aux candidats libéraux en espérant que cela entraîne la plus mince probabilité d'entraîner un changement de sa situation. La plupart des gens ne le font pas, et nous comprenons pourquoi. Les gens ne déménagent pas au Montana parce qu'ils accordent plus d'importance aux aspects de leur vie à l'extérieur du Montana -comme leurs amis et leur famille, aux emplois bien rémunérés et au fait de ne pas se faire manger par les ours- qu'à la petite quantité de liberté supplémentaire qu'ils pourraient obtenir au Montana. La plupart des gens ne vivent pas sur une plate-forme au milieu de l'océan parce qu'ils accordent plus d'importance aux aspects de la vie sur terre -comme le fait d'être en compagnie d'autres personnes et d'être en sécurité- qu'à la quantité de liberté supplémentaire que la plate-forme leur donnerait. Et la plupart des gens ne donnent pas littéralement tout leur argent à des organismes de bienfaisance libertariens parce qu'ils aiment avoir de l'argent pour autre chose. C'est pourquoi nous attachons de l'importance à la liberté en quantité limitée. Il y a des compromis à faire entre un certain degré de liberté et une certaine quantité d'autres biens que nous acceptons déjà. Il se peut qu'il y ait d'autres compromis que nous accepterions aussi, si on nous les offrait.Supposons, par exemple, que le gouvernement envisage d'adopter un règlement visant à interdire le déversement de mercure dans la rivière locale. C'est un compromis : je perds une certaine liberté en échange d'une certaine santé. En particulier, je perds la liberté de déverser du mercure dans la rivière en échange des bienfaits pour la santé de ne pas boire d'eau empoisonnée. Mais je ne me soucie pas vraiment de la liberté de déverser du mercure dans la rivière, et je me soucie beaucoup des avantages pour la santé de ne pas boire d'eau empoisonnée. Cela semble donc être un assez bon compromis. Et ceci se généralise en une réponse à la question originale. Je suis tout à fait d'accord pour dire que la liberté est un bien extrêmement important, peut-être le plus important. Je ne suis pas d'accord pour dire que c'est un bien infiniment important, et c'est pourquoi je suis prêt à envisager des compromis qui sacrifient une petite quantité de liberté pour une grande quantité d'autre chose que je considère précieuse. Même les lois les plus simples, comme les lois contre le vol, sont de cette nature (j'échange ma "liberté" de voler, ce qui ne m'intéresse pas beaucoup, en échange de tous les avantages d'un système économique basé sur la propriété privée). Les arguments ci-dessus sont tous des tentatives pour montrer que certains des compromis proposés dans la politique moderne en valent la peine : ils nous donnent suffisamment d'autres biens pour justifier la perte d'une " liberté " relativement insignifiante, comme celle de rejeter du mercure dans le fleuve. 12.1.1 : Mais Benjamin Franklin n'a-t-il pas dit que ceux qui échangeraient la liberté contre la sécurité ne méritaient ni l'un ni l'autre ? Non, il a dit que ceux qui échangeraient la liberté essentielle contre une sécurité temporaire ne méritaient ni l'un ni l'autre. Déverser du mercure dans la rivière ne semble pas être une liberté essentielle. Et lorsque Franklin a assisté à la Convention constitutionnelle, il a accepté de remplacer le gouvernement minimal des articles de la Confédération par un gouvernement centralisé beaucoup plus fort, comme tout le monde.12.2 : La fiscalité, c'est du vol. Et quand le gouvernement vous force à travailler selon ses règles, pour le montant d'argent qu'ils disent que vous pouvez gagner, c'est de l'esclavage. Vous n'êtes sûrement pas pour le vol et l'esclavage. Considérez l'argument "Comment pouvons-nous avoir une fête célébrant Martin Luther King ? Après tout, c'était un criminel !" Techniquement, Martin Luther King était un criminel, en ce sens qu'il a enfreint certaines lois contre les manifestations publiques que le Sud raciste avait rapidement promulguées pour s'en débarrasser. C'est pour ça qu'il a passé du temps à la prison de Birmingham. Et bien que "criminel" soit un mot qui a une connotation très négative et chargée d'émotion, dans ce cas, nous devons prendre du recul par rapport à notre réaction émotionnelle immédiate et remarquer que la façon dont Martin Luther King était un criminel ne fait pas de lui une mauvaise personne. Un philosophe pourrait dire que nous hésitons entre deux sens de "criminel", un sens de "personne qui enfreint la loi" et un autre de "personne horriblement mauvaise". Ce n'est pas parce que King satisfait le premier sens (il a enfreint la loi) qu'il doit satisfaire le second (être horrible et mauvais).Ou considérez un argument similaire : "Ayn Rand a fui l'Union Soviétique totalitaire pour chercher la liberté en Amérique. Ça fait d'elle une traîtresse !" Devrions-nous crier aux objectivistes "Comment pouvez-vous admirer Ayn Rand alors qu'elle était une sale traîtresse pourrie" ? Encore une fois, bien que le terme "traître" ait normalement une connotation négative automatique, nous devrions éviter de juger instantanément les choses par les mots que nous pouvons leur appliquer, et commencer à nous demander si les sentiments négatifs sont mérités. Ou encore une fois, le philosophe dirait qu'il faut éviter d'hésiter entre "traître", c'est-à-dire "quelqu'un qui passe d'un pays à un autre", et "horriblement méchant, indigne de confiance". Notre langue contient beaucoup de mots comme ceux-ci qui empaquettent une description avec un jugement moral. Par exemple, "meurtrier" (pensez aux pacifistes qui crient après les soldats, qui correspondent à la définition technique "quelqu'un qui tue quelqu'un d'autre"), "avide" (toutes les entreprises sont "avides" si vous voulez dire qu'elles aimeraient beaucoup avoir plus d'argent, mais les politiciens parlant de "sociétés avides" arrivent à le transformer entièrement en autre chose) et évidemment cet ancien "infidèle" qui semble une raison suffisante pour détester un membre d'une autre religion, quand en fait cela signifie un simple membre d'une autre religion. C'est un artifice stupide et bon marché, indigne de quiconque s'intéresse à une discussion rationnelle sérieuse. Et qualifier la fiscalité de "vol", c'est exactement le même genre d'astuce. Qu'est-ce que le vol ? C'est le fait de prendre quelque chose sans permission. Il est donc vrai que la fiscalité est un vol, mais si vous voulez simplement dire qu'il s'agit de prendre sans permission, alors tout le monde, de Lew Rockwell à la tête de l'IRS, l'accepte déjà comme une évidence. Cela ne semble être qu'un argument parce que la personne qui l'utilise espère que les gens laisseront leur réaction négative automatique au vol l'emporter sur leurs émotions, espérant qu'ils passeront du vol comme "prendre sans permission" au "vol comme un acte terrible digne uniquement des criminels". Les vrais arguments ne portent pas sur les mots que l'on peut appliquer aux choses et sur la méchanceté de leur sonorité, mais plutôt sur les conséquences positives ou négatives de ces choses.12.3 : Les actions du gouvernement tendent à impliquer le recours à la force contre des personnes innocentes. N'est-ce pas moralement répréhensible ? Pourquoi cela serait-il moralement répréhensible ?12.3.1 : Parce que l'initiation de la force a toujours de mauvaises conséquences, comme ruiner l'économie ou rendre les gens malheureux. Parfois, c'est le cas. D'autres fois, cela a de bonnes conséquences. Prenons des cas comme la pisciculture, le boycott et les scénarios caritatifs décrit ci-dessus [dans une section que je ne traduis pas -NdT]. Le recours à la force pour résoudre le problème de coordination répond à un ensemble de critères extrêmement stricts : non seulement il profite à l'ensemble du groupe, non seulement à chacun des membres du groupe, mais chaque membre du groupe sait qu'il en profite et approuve cet avantage (par exemple, il voterait pour lui). Dans d'autres cas, comme l'exemple de l'épargne-retraite ci-dessus, le recours à la force ne répond qu'à un ensemble de critères moins stricts : il profite au groupe dans son ensemble, il profite à tous les membres du groupe, mais tous les membres du groupe ne savent pas nécessairement qu'il leur profite ou ne l'appuient pas. Ce sont les cas que les libertariens pourraient appeler "paternalisme". De plus en plus de cas satisfont à un critère encore plus large. Ils profitent à l'ensemble du groupe, mais ils peuvent ne pas profiter à tous les membres du groupe et peuvent nuire à certains d'entre eux. Ce sont les cas que les libertariens pourraient appeler "voler Pierre pour payer Paul". Ces trois ensembles de cas réfutent l'idée que le recours à la force doit avoir dans l'ensemble des conséquences néfastes.12.3.2 : Ok, peut-être que c'est mal parce qu'une théorie morale qui ne prend pas en compte les conséquences me dit que c'est mal.Si votre théorie morale ne prend pas en compte les conséquences, pourquoi la suivre ? On dirait une sorte de collection arbitraire de règles que vous aimez. Les Juifs croient que Dieu leur a ordonné de ne pas tuer. Ils croient aussi que Dieu leur a ordonné de ne pas allumer de feu le samedi. Les Juifs qui perdent leur foi en Dieu continuent généralement à ne pas tuer, mais cessent de se demander s'ils allument ou non des feux le samedi. De même, les chrétiens évangéliques croient que voler est un péché, et que l'homosexualité est aussi un péché. S'ils se déconvertissent et deviennent athées, la plupart d'entre eux s'opposeront toujours au vol, mais la plupart cesseront de s'inquiéter de l'homosexualité. Pourquoi ? Le meurtre et le vol ont tous deux de mauvaises conséquences ; en fait, cela semble être l'essence même de la raison pour lesquels ils sont des actes mauvais. Les feux du samedi et l'homosexualité ne font de mal à personne d'autre, mais tuer et voler, oui. Pourquoi les conséquences pour les autres semblent-elles être une catégorie particulièrement pertinente ? L'argument est en fait lui-même assez libertarien. Je peux faire ce que je veux de ma propre vie, ce qui inclut le fait de suivre des tabous religieux ou personnels. Les autres peuvent aussi faire ce qu'ils veulent de leur propre vie. Ce qui compte, ce qui nous oblige à tracer une ligne dans le sable et à dire : "Non, c'est moral et c'est immoral, peu importe ce que vous pensez", c'est que cela a des conséquences dans le monde réel, comme faire du mal aux autres personnes.12.3.2.1 : On m'a toujours enseigné que l'essence de la moralité était le principe de non-agression : personne ne devrait jamais initier la force, sauf en cas de légitime défense. Qu'est-ce qui ne va pas avec cette théorie ? Au moins deux choses. Tout d'abord, une fois qu'on le démêle du respect qu'il obtient en tant que fondement moral traditionnel culturellement approuvé, les arguments rationnels qui le justifient en tant que principe sont étonnamment faibles. Deuxièmement, pour en faire quoi que ce soit de pratique, il faut une telle masse d'exceptions, de contre-exceptions et d'étirements qu'on commence à se demander s'il s'agit d'un travail philosophique ; cela devient un crochet pratique pour accrocher nos préjugés préexistants plutôt qu'un principe utile pour résoudre de nouveaux dilemmes moraux.12.3.2.1.1 : Que voulez-vous dire en disant que les arguments rationnels en faveur du principe de non-agression sont faibles ? Il existe des douzaines de versions légèrement différentes de ces arguments, et je ne veux pas les aborder tous ici, alors je vais me concentrer sur les plus courants.Certaines personnes essaient de tirer le principe de non-agression de la propriété de soi. Mais c'est un raisonnement circulaire : la forme de "propriété privée" dont vous avez besoin pour posséder quoi que ce soit, y compris votre moi/corps, est un concept très compliqué et qui exige une certaine forme de moralité pour se justifier ; vous ne pouvez pas utiliser votre idée de la propriété privée comme justification de la moralité. Bien qu'il soit évident que, dans un sens, vous êtes votre corps, il n'y a pas moyen d'aller d'ici à "Et donc la relation philosophique appropriée entre vous et votre corps est le concept de propriété exactement comme il existait dans le système juridique britannique du 17ème siècle". Cela va aussi à l'encontre de la fameuse dichotomie de l'idée que ce n'est pas parce qu'une chose est vraie qu'elle doit l'être tenue pour bonne. Ce n'est pas parce que nous remarquons une relation factuelle entre vous et votre corps que cette relation entre vous et votre corps est bonne ou importante ou doit être protégée par des lois. Nous pourrions éventuellement décider qu'elle devrait l'être (et nous l'espérons !), mais nous avons besoin d'autres valeurs pour prendre cette décision ; nous ne pouvons pas utiliser cette décision comme base pour nos valeurs. L'argument de l'appropriation de soi passe alors de cette hypothèse douteuse à d'autres encore plus douteuses. Si vous utilisez votre corps pour cueillir des fruits, ces fruits deviennent les vôtres, même si vous ne les avez pas créés. Si vous utilisez votre corps pour atterrir sur Tristan de Cunha et y planter un drapeau et peut-être cueillir des noix de coco, cela fait de Tristan de Cunha et tout ce qui se trouve sur votre propriété et celle de vos héritiers pour toujours, même si vous n'avez certainement pas fait l'île. Et si quelqu'un d'autre atterrit sur Tristan de Cunha le lendemain de votre arrivée, vous contrôlez de droit tous les aspects de sa vie sur l'île et il doit faire ce que vous lui dites ou bien partir. Il y a de bons arguments pour expliquer pourquoi certaines de ces choses ont un sens économique, mais ce sont tous des arguments pratiques, et non des arguments moraux posant une relation nécessaire. Curieusement, bien qu'apparemment votre corps vous permette de vous déclarer duc de Tristan de Cunha, il ne vous permet pas d'utiliser votre poing pour frapper votre ennemi dans l'intestin, ou d'utiliser vos jambes pour traverser une forêt que quelqu'un d'autre prétend avoir, même si votre capacité à déplacer votre main rapidement dans la direction du ventre ou vos pieds sur un chemin forestier, semble une application beaucoup plus fondamentale de votre corps que le contrôle d'une île. Toutes ces règles pour réclamer des îles et ne pas frapper les gens que vous n'aimez pas et ainsi de suite sont potentiellement des règles légitimes, mais essayer de les dériver juste du fait que vous avez un corps commence à sembler un peu boiteux.12.3.2.1.2 : Que voulez-vous dire en disant que le principe de non-agression exige tellement d'exceptions et de contre-exceptions qu'il devient inutile, sauf pour raccrocher nos préjugés à une autre source ? Tout d'abord, le principe n'a que peu de sens car il définit la "violence" d'une manière bizarre. La définition de la "violence" du NAP inclut le fait d'entrer dans le jardin non verrouillé de votre voisin lorsque celui-ci n'est pas à la maison et de cueillir une de ses pommes. Cela comprend la signature d'un contrat promettant de livrer un baril de pommes de terre, mais de ne pas livrer les pommes de terre le moment venu. Encore une fois, je conviens que ce sont là de mauvaises choses contre lesquelles nous avons besoin de règles. Mais il faut beaucoup d'imagination pour les classer sous la catégorie de "violence", ou comme dérivant du fait que vous avez un corps. C'est un bon début pour expliquer ce que je veux dire quand je dis que les gens prétendent qu'ils utilisent le principe très simple du "pas d'initiation par la force" mais qu'ils suivent en fait un principe plus compliqué et moins justifié, du genre: "pas de choses qui me semblent mauvaises même si je ne peux expliquer pourquoi". Deuxièmement, même la plupart des libertariens conviennent qu'il peut être moral de recourir à la force dans certains contextes. Par exemple, si le pays est menacé par un envahisseur étranger ou par des criminels internes, la plupart des libertaires conviennent qu'il est moral de prélever un petit montant d'impôt pour soutenir une armée ou une force de police qui rétablit l'ordre. Encore une fois, c'est une très bonne idée - mais aussi une violation flagrante du principe de non-agression. Quand les libertariens acceptent l'initiation de la force pour prélever des impôts pour la police, mais protestent que l'initiation de la force est toujours mauvaise quand quelqu'un essaie de prélever des impôts pour des programmes d'aide sociale, cela renforce mon inquiétude que le principe de non-agression est quelque chose que les gens prétendent suivre en suivant leur propre principe "aucune chose qui me semble mauvaise même si je ne peux expliquer pourquoi, mais qui me semble bonne" est acceptable. (Je reconnais que certains libertariens prennent position contre les taxes pour les militaires et la police. J'admire leur cohérence, même si je pense que les politiques qu'ils proposent seraient désastreuses.) Troisièmement, lorsque vient le temps de pousser le principe de non-agression dans ses retranchements, il n'est tout simplement pas assez fort pour résoudre des problèmes difficiles. Il s'ensuit habituellement que plusieurs personnes revendiquent des droits contradictoires et que les juges n'ont qu'à choisir ce qui leur semble intuitivement le mieux adapté à leurs besoins. Par exemple, une personne a le droit de vivre où elle veut, parce qu'elle a "un droit à l'autodétermination personnelle". À moins que cette personne ne soit un enfant, auquel cas l'enfant doit vivre là où ses parents le disent, parce que... euh.... les parents ont "un droit sur leur enfant" qui l'emporte sur le "droit à l'autodétermination personnelle". Mais que faire si les parents sont méchants et abusifs et enferment l'enfant dans un placard fétide sans nourriture pendant deux semaines ? Alors peut-être que les autorités peuvent enlever l'enfant parce que....euh...le "droit de l'enfant à des conditions décentes" l'emporte sur le "droit des parents à leur enfant" même si ce dernier l'emporte sur le "droit à l'autodétermination personnelle" de l'enfant ? Ou peut-être qu'ils ne peuvent pas, parce qu'il ne devrait même pas y avoir d'autorités de ce genre ? Difficile à dire. Un autre exemple. Je peux construire une remise laide sur ma propriété, parce que j'ai le "droit de contrôler ma propriété", même si la vue de la remise quitte ma propriété et irrite mon voisin ; mon voisin n'a pas le "droit de ne pas être irrité". Peut-être que je peux construire une machine bruyante de dix millions de décibels sur ma propriété, mais peut-être pas, parce que le bruit quittera ma propriété et dérangera mon voisin ; mon "droit de contrôler ma propriété" peut ou non l'emporter sur le "droit de ne pas être dérangé" de mon voisin, même si dérangé et agacé sont synonymes. Je ne peux certainement pas faire exploser une ogive nucléaire sur ma propriété, parce que l'onde de choc va quitter ma propriété et incinérer mon voisin, et mon voisin a apparemment un "droit de ne pas être incinéré". Si vous avez déjà vu des gens travailler au sein de notre système moral actuel pour essayer de résoudre des problèmes comme ceux-là, vous vous rendez rapidement compte que non seulement ils inventent au fur et à mesure selon une série de règles ad hoc, mais qu'ils sont tellement habitués à le faire qu'ils ne réalisent plus que ce n'est pas souhaitable ou une façon mal ficelée de faire de l'éthique.
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