L'affreux Posté 2 août 2025 Signaler Posté 2 août 2025 Elon Musk annonce un futur "Baby Grok" à destination des enfants : OpenAI lance un mode "Étude" : Citation OpenAI is launching Study Mode, a version of ChatGPT for college students that it promises will act less like a lookup tool and more like a friendly, always-available tutor. It’s part of a wider push by the company to get AI more embedded into classrooms when the new academic year starts in September. https://www.technologyreview.com/2025/07/29/1120801/openai-is-launching-a-version-of-chatgpt-for-college-students/ 1
L'affreux Posté 3 août 2025 Signaler Posté 3 août 2025 à l’instant, Rübezahl a dit : C'est lent à venir la spécialisation des AIs. Je pense que les enfants sont un sujet technique difficile. La barre est placée beaucoup plus haute que pour les adultes. D'abord quand on a une réponse, il est plus difficile de ne pas la dire que de la dire. Ensuite les enfants essaieront bien sûr de faire déraper l'intelligence artificielle et les parents (clients) seront beaucoup moins tolérants vis-à-vis d'une IA labellisée pour enfants.
Rübezahl Posté 3 août 2025 Signaler Posté 3 août 2025 Ma remarque était générale (j'avais pas vu qu'on est dans le fil "enseignement"). Mais je suspecte que 1/ la non-spécialisation actuelle est délibérée. Les fournisseurs doivent se dire que d'être généralistes / attrape-tout augmente la base de clientèle. et que, a contrario, se spécialiser aboutirait à être classé / confiné par les clients dans la spécialité retenue, ie réduction de la base de clients. Ils ont peut-être raison ? Ou alors 2/ Les fournisseurs ont déjà des IAs spécialisées, avec une interface frontale qui fait l'aiguillage. Et c'est juste qu'ils ne communiquent pas dessus. Ou alors 3/ C'est bien une gigantesque IA unique qui fonctionne, mais elle s'est d'elle-même segmentée en sous-IAs spécialisées, et ça ne se voit pas (encore ?)
Sloonz Posté 3 août 2025 Signaler Posté 3 août 2025 Il y a beaucoup de boites qui ont tenté les IA spécialisées, et ça ne marche pas, parce que en général une IA de génération n spécialisée pour une certaine tâche est beaucoup plus chère et moins performante qu’une IA généraliste de génération n+1. Autrement dit : les fruits de ta "spécialisation" se font oblitérer en 6 mois. 3
Largo Winch Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 La même semaine, J'apprends, à l'occasion d'une rencontre entre enseignants du secondaire et du supérieur, que les enseignants de lycée ont décidé de supprimer tous les travaux à la maison (y compris ceux non notés) car ils soupçonnent que les lycéens les font faire par l'IA. Je reçois dans ma boite mail une invitation à une conférence intitulée "Pourquoi et comment résister à l’IA dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche ?" Je découvre le lancement d'un manifeste d'enseignants de l'ESR et de l'EN pour une posture d’objection de conscience face à l'IA, qui a déjà 2000 signataires...
Marlenus Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 1 hour ago, Largo Winch said: La même semaine, J'apprends, à l'occasion d'une rencontre entre enseignants du secondaire et du supérieur, que les enseignants de lycée ont décidé de supprimer tous les travaux à la maison (y compris ceux non notés) car ils soupçonnent que les lycéens les font faire par l'IA. Pour le coup, les retours que j'ai d'enseignants c'est que c'est plus qu'un soupçon. Je vois de plus en plus d'enseignants d'abandonner le principe des travaux à la maison, certains les gardent pour les volontaires, mais cela n'est pas noté. Il y a de plus, un vrai problème pour contrôler la triche avec l'IA. Par rapport à la triche traditionnelle, ce n'est plus une aide, cela fait tes devoirs. Par exemple, ce genre de cas se multiplie pour le bac: https://www.francebleu.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-provence/je-n-ai-pas-triche-a-peypin-sofiene-17-ans-suspecte-d-avoir-utilise-l-intelligence-artificielle-a-vu-son-bac-annule-4915026
Lancelot Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 Le travail à la maison noté a toujours été un peu suspect (avant l'IA c'était le parent qui bossait sans doute à ta place). Si on met de côté l'aspect note/sanction, ça montre une mauvaise compréhension de la part des élèves de l'objectif du travail à la maison. Est-on en droit d'attendre que les élèves comprennent l'intérêt de bosser chez eux ? Peut-être pas selon l'âge, le niveau etc. Les examens exclusivement sur table et sans assistance électronique sont une solution pour évaluer le "vrai" niveau d'un élève, mais pas pour le motiver à travailler. Bref l'application pathologique de l'IA est un symptôme plutôt que le cœur du problème, comme souvent. Et comme souvent beaucoup trouvent plus facile de s'attaquer à la technologie. 2 hours ago, Largo Winch said: manifeste d'enseignants Langage inclusif, écologisme, mention de rapports "néo-coloniaux"... je vois que les profs sont toujours dans le même bain idéologique. 1
GilliB Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 C'est dommage car seul le travail personnel de l'élève permet de vraiment assimiler des connaissances. Le travail à domicile est le complément de l'enseignement classique, présenter des notions fondamentales (ne pas réinventer la roue). En effet l'IA n'est pas un travail personnel (copier-coller), contrairement à l'aide parentale qui stimule l'élève par un dialogue parent-enfant. Mais un logiciel de détection d'IA doit être possible.
Marlenus Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 1 hour ago, Lancelot said: Est-on en droit d'attendre que les élèves comprennent l'intérêt de bosser chez eux ? Peut-être pas selon l'âge, le niveau etc. Déjà ils comprennent, pour certains, l'intérêt d'avoir leur diplôme et un bon dossier pour avoir la filière de leur choix, mais si ils peuvent avoir ça sans bosser, ils ne vont pas hésiter. Cela me fait penser au fait qu'avec la réforme Blanquer tu avais les résultats de parcoursup et du bac dès fin mars pour la majorité des jeunes. En gros tu passais le 3ème trimestre de terminale en sachant déjà que tu avais le bac et ta formation. Les syndicats de profs avaient alerté les instances sur le fait que cela allait donner des élèves qui n'allaient rien faire si tant est qu'ils viennent. On leur avait répondu de façon officielle que c'était mépriser les élèves. que les élèves ne bossaient pas que pour le bac mais surtout pour apprendre. Cela a mis 2ans avant qu'ils ne fassent marche arrière toute. Je vous ai dit tous le mal que je pensais de Pierre Mathiot?
Neomatix Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 il y a 9 minutes, Marlenus a dit : En gros tu passais le 3ème trimestre de terminale en sachant déjà que tu avais le bac et ta formation. Ça fait longtemps que c'est le cas ça. Le bac est une blague et ton dossier envoyé aux formations contient 1ere + t1 et t2 de terminale. Mon t3 de terminale, je l'ai passé au bistrot et c'était il y a plus de 12 ans
Marlenus Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 8 minutes ago, Neomatix said: Ça fait longtemps que c'est le cas ça. Le bac est une blague et ton dossier envoyé aux formations contient 1ere + t1 et t2 de terminale. Mon t3 de terminale, je l'ai passé au bistrot et c'était il y a plus de 12 ans Le bac est une "blague" pour les bons élèves. Il y a quand même quasiment un élève sur 2 qui ne l'a pas ou qui l'a sans mention. Et même ceux qui l'ont avec mention AB pas sûr qu'ils y aient tous été en se disant qu'ils pouvaient passer le 3ème trimestre au bistrot. Et il est plus facile de passer son 3ème trimestre au bistrot quand tu as déjà passé les épreuves de spécialités qui sont tes plus gros coef, que quand tu as à les passer au mois de juin.
Neomatix Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 il y a 8 minutes, Marlenus a dit : . Il y a quand même quasiment un élève sur 2 qui ne l'a pas ou qui l'a sans mention En 2025 c'est 91% de taux de réussite avant rattrapage en filière générale. Tout ça pour dire que ça fait un bail que l'EdNat est une perte de temps pour une bonne moitié des élèves, que ça n'a rien à voir avec les réformettes successives à deux balles mais avec l'incapacité de l'institution d'évoluer avec son temps passé l'image d'épinal de la salle de classe troisième république.
Largo Winch Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 3 hours ago, Marlenus said: Pour le coup, les retours que j'ai d'enseignants c'est que c'est plus qu'un soupçon. Evidemment ! Mais la solution n'est certainement pas de stopper tout travail personnel à la maison. 2
Lancelot Posté 21 décembre 2025 Signaler Posté 21 décembre 2025 1 hour ago, Marlenus said: Déjà ils comprennent, pour certains, l'intérêt d'avoir leur diplôme et un bon dossier pour avoir la filière de leur choix, mais si ils peuvent avoir ça sans bosser, ils ne vont pas hésiter. C'est un exemple microscopique de la Loi de Goodhart : quand une mesure devient un objectif, elle cesse d'être une bonne mesure.
Mathieu_D Posté 22 décembre 2025 Signaler Posté 22 décembre 2025 Ça fait bien 20 ans qu'on parle d'école "inversée" où on apprend les choses chez soi et on fait des exercices d'application en classe.
GilliB Posté 22 décembre 2025 Signaler Posté 22 décembre 2025 Personnellement, je lisais le manuel avant le cours magistral tranquillement chez moi, je faisais quelques exercices, ce qui fait quand le prof faisait le cours, j'avais déjà acquis les connaissances. C'était ma manière de faire au lycée, en fac je n'allais pas en cours et étudiait sur les polycopiés. Pas de perte de temps, pas de stress.
Largo Winch Posté 30 décembre 2025 Signaler Posté 30 décembre 2025 Débat d'assez bonne tenue sur le sujet de l'apprentissage et de la place de l'université à l'heure de l'IA. 1 1
Mégille Posté 30 décembre 2025 Signaler Posté 30 décembre 2025 A ce sujet, je me demande s'il n'y a pas, de la part de plusieurs acteurs derrière les ia, un effort volontaire pour saboter et idéalement détruire l'université.
L'affreux Posté 31 décembre 2025 Signaler Posté 31 décembre 2025 Il y a 17 heures, Largo Winch a dit : Débat d'assez bonne tenue sur le sujet de l'apprentissage et de la place de l'université à l'heure de l'IA. Merci pour le partage, très bon débat. Il y a 8 heures, Mégille a dit : A ce sujet, je me demande s'il n'y a pas, de la part de plusieurs acteurs derrière les ia, un effort volontaire pour saboter et idéalement détruire l'université. C'est-à-dire ?
Mégille Posté 31 décembre 2025 Signaler Posté 31 décembre 2025 Il y a 3 heures, L'affreux a dit : C'est-à-dire ? Et bien, les ia conversationnelles gratuites nuisent, de fait, aux universités. Elles facilitent peut-être l'apprentissage autonome, si elles sont utilisées intelligemment et à bon escient, mais ça en ferait presque des rivales plus que des alliées des universités. Les universités gardent leur quasi-monopole sur le marché du signalement de l'apprentissage, mais les ia viennent précisément fausser ces signaux-ci en facilitant énormément la fraude, ce qui va bien finir par leur faire perdre leur valeur. D'ailleurs, c'est de notoriété publique que ces ia sont principalement utilisées par des étudiants, leur utilisation chute rapidement pendant les périodes de vacances universitaires. Ca c'est pour le coté formation, mais le coté recherche (dont dépend principalement le classement international des universités, qui sert à attirer les étudiants et à valider les signaux à la fois) est lui aussi impacté. L'évaluation quantitative de l'importance des recherches était déjà biaisée par les nombreux articles à très faible valeur ajoutée (autoplagiat, recherche salamisée, etc), mais ces biais restaient tolérables tant qu'ils étaient au moins limités par le coût, en temps et en énergie humaine, de la publication de ces bullshits papers. Ce coût étant maintenant presque éliminé, les signaux de contribution à la recherche vont eux aussi rapidement perdre en valeur. Bref, c'est un coup dur porté contre l'université. Peut-être autant, voire plus, que l'imprimerie, qui a rendu obsolète l'université du moyen-âge en la mettant en concurrence avec des sources de développement du savoir indépendantes beaucoup plus performantes. Comme l'université scolastique au début de l'époque moderne, l'université contemporaine est sans doute trop inerte pour adopter rapidement le changement, et elle a toutes les chances de se transformer elle aussi, dans un première temps, en une coquille vide, distribuant des diplômes officiels donnant accès à des privilèges, mais dont tout le monde se moquera. Reste à voir si, ensuite, elle se renouvellera en absorbant la concurrence, comme elle l'avait fait au milieu de l'époque moderne, ou si elle tombera pour de bon. Ce qui ne signifie heureusement pas la fin de la science, après tout, la science ancienne existait depuis bien avant l'université, qui n'avait été créé que tardivement et pour la transmettre, et la science moderne est née hors de et même contre l'institution universitaire du début de la modernité. Selon quelles modalités et sous quelle forme, je ne sais pas, mais je ne doute pas que la science puisse continuer son chemin sans l'université, sous sa forme actuelle en tout cas (même si ce ne sera pas sans poser plusieurs problèmes). Dans tous les cas, le monde de la tech a des raisons de ne pas trop s'en inquiéter. Leurs grosses entreprises font déjà de la recherche indépendante, et font de plus de plus de formation. Et il est facile d'imaginer que plusieurs membres de son armée, que ce soit les généraux ou les fantassins, puissent avoir un petit quelque chose contre l'université. Soit qu'ils ont pu constater que de très bons étudiants pouvaient faire de mauvais ingénieurs (peut-être parmi leurs subordonnés), soit qu'ils ont l'idée que des ex-étudiants peu accomplis académiquement peuvent faire de très bons ingénieurs (peut-être parce que c'est l'idée qu'ils ont d'eux mêmes). J'ignore à quelle point ça correspond à la réalité, mais j'ai l'impression qu'on a encore ce mythe de l'informaticien prodige, hors système, qui prépare seul la prochaine révolution technologique depuis le garage de ses parents, pendant que l'informaticien théorique universitaire le snob en tournant en rond. S'il y a ne serait-ce qu'une petite part de vérité dans cette représentation, ça peut être dû à la trop grande valorisation de la conscienciosité et du conformisme par le système académique, ce qui serait une raison de plus pour le rejeter. Enfin, il peut aussi y avoir un motif idéologique. L'université est identifiée comme étant de gauche. Voire même, comme étant la gauche, aux USA. Ce qui en fait non seulement une rivale mais même une ennemi pour les adeptes de le tech-right. 2 2
Liber Pater Posté 31 décembre 2025 Signaler Posté 31 décembre 2025 la science moderne est née hors de et même contre l'institution universitaire du début de la modernité. Peux-tu élaborer ?
Jensen Posté 1 janvier Signaler Posté 1 janvier Très bon post, sauf un point sur lequel je suis en desacord 16 hours ago, Mégille said: elle a toutes les chances de se transformer elle aussi, dans un première temps, en une coquille vide C'est déjà fait, pour tous les éléments qui ont réellement de l'importance. L'universite au sens classique du terme est déjà morte, seul la coquille vide survit, et cette coquille n'a effectitivement aucune chance fasse la IA (ou juste au temps).
C’est un message populaire. Mégille Posté 2 janvier C’est un message populaire. Signaler Posté 2 janvier Le 31/12/2025 à 17:03, Liber Pater a dit : Peux-tu élaborer ? Les universités du moyen-âge étaient des conservatoires. Elles pouvaient innover, mais seulement sur un mode cumulatif, ou plutôt, en apportant de plus en plus de précision à ce qui était déjà acquis, et étaient tout à fait close à toute forme de remise en cause de leurs doctrines de référence, sur lesquels reposaient les consensus et à partir desquelles les nouvelles idées étaient jugées. En philosophie et en physique générale, impossible de douter d'Aristote, en astronomie, de Ptolémée, en médecine, de Galien, etc. A la Renaissance, les types comme Galilée et les premiers découpeurs de cadavres, mais aussi, les humanistes, et les alchimistes "hermétiques", Paracelse, jusqu'à Boyle et Newton au moins, etc, se sont confrontées à une vive opposition de l'institution, et on dû poursuivre leur travaux hors de celles-ci, à la cours de certains princes, par des correspondances privées, dans les salons, parfois même via des sociétés secrètes pour ne pas se faire choper. A propos des humanistes : ils étaient tellement hors système et anti-système qu'ils sont allé jusqu'à saper les fondements historiques de l'autorité du Pape sur les états papaux, en "débunkant" la dotation de Constantin. Les universités, qui étaient à peu de choses près des exclaves du Vatican, n'auraient jamais pu faire une chose pareille. Et elles reléguaient les humanités (le "trivium") à une place subalterne, préliminaires à l'étude des autres matières. La valorisation des humanités étaient explicitement un renversement de l'université, et était soutenu par des princes laïcs qui cherchaient à s'autonomiser par rapport à l'église, comme Cosme de Médicis à Florence, et François I en France, qui créé le Collège Royal (aujourd'hui Collège de France) explicitement pour valoriser les humanités et concurrencer l'université. A propos des alchimistes, des "hermétiques" et de Paracelse : aujourd'hui, on s'en moque, puisqu'ils sont à l'origine de l'ésotérisme de la modernité aussi bien que de sa science, mais c'est parce qu'ils exploraient, sans préjugés, toutes les voies refusées par l'institution, et ils cherchaient à le faire empiriquement et pratiquement, même s'il n'y avait pas encore une méthode expérimentale mature. Même Newton avait un pied dans ce genre de chose. Quand à Bayle, il fait partie des premiers qui, comme Descartes, a cherché à distinguer, au sein des nouvelles idées (mais toutes hors de et contre l'université), celles qui deviendront la science de celles qui sont devenus des pseudo-science. Mais lui même oeuvrait dans l'ombre, hors institution, notamment en participant au "Invisible College", société secrète à l'origine à la fois de la Royal Society et de la Franc-Maçonnerie "spéculative" (sans truelle). En Angleterre, la transition entre l'ancienne et la nouvelle université s'est fait assez délicatement. La Compétition des Sociétés savantes créées et protégées par la Couronne a créé une saine émulation, qui a permis une évolution continue. (Peut-être était-ce aussi dû à ce que les universités anglaises étaient initialement des syndicats d'étudiants et de maîtres à la fois, alors que les universités continentales étaient issues soit de syndicats d'étudiants seulement, comme en Italie, soit de syndicats de maîtres seulement, comme en France, ce qui aurait entraîné des rapports de pouvoir plus fort, et moins de flexibilité ?) En Allemagne, il y a eu une prise de conscience du retard sur l'Angleterre au XVIIIème siècle, et ça a motivé des réformes volontaristes importantes, sous l'influence de Humboldt, Fichte et Schleiermacher. En France, il y avait eu une tentative de noyauter la vieille université par Descartes et sa clique au XVIIème, mais avec un succès limitée. La révolution l'a entièrement détruite, comme le reliquat de pouvoir théocratique médiévale qu'elle était, et l'a remplacé par des écoles à visée plus pragmatiques (ENS pour former des profs, polytech pour les ingénieurs, et le CNAM pour les chercheurs en ingénieries). Et ce n'est que plus tard qu'on a recréé à partir de presque rien des universités modernes, avec une rupture encore plus forte qu'ailleurs. Le 01/01/2026 à 06:20, Jensen a dit : C'est déjà fait, pour tous les éléments qui ont réellement de l'importance. L'universite au sens classique du terme est déjà morte, seul la coquille vide survit, et cette coquille n'a effectitivement aucune chance fasse la IA (ou juste au temps). J'ai quand même l'impression qu'une partie importante du nouveau savoir produit, hors de ce qui a une application immédiate, vient de l'université. Et la mort de la vieille bête, si elle a lieu, ne sera pas forcément une bonne chose (ou alors, il faudra voir ce qui vient après). La transparence de la recherche, et que ses résultats soient publiques et vérifiables, a une valeur plus que subjective, je crois, mais aussi une vraie utilité pour son progrès. On peut sans doute faire mieux sur ce plan là que ce qu'elle fait, mais on peut aussi faire pire. Et la trop grande focalisation sur le résultat immédiatement pragmatique (qui semble être globalement la direction de la recherche privée actuelle) n'avait historiquement pas fait beaucoup de bien à la science en France (même si c'était sous une direction étatique). 5
Jensen Posté 2 janvier Signaler Posté 2 janvier 22 minutes ago, Mégille said: J'ai quand même l'impression qu'une partie importante du nouveau savoir produit, hors de ce qui a une application immédiate, vient de l'université. Malheureusement ça n'est pas contradictoire. Ça fait 50 ans que la physique fondamentale n'a rien produit de nouveau Ce qui n'a pas empêché la production d'une montagne de papiers inutiles. La médecine/biologie a quelques découvertes intéressantes, mais quand on compare l'importance des découvertes avec les moyens dont on dispose, c'est un peu triste (quand ça n'est pas directement criminel https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12397490/). Sur les sciences humaines, je connais mal, mais disons que ce qui remonte vers le grand public peut facilement être qualifié "d'anti-connaissance", dans la mesure où leur but principal semble être de se merde de la merde dans les yeux à des fins politiques (dans un élan d'optimisme fou on peut espérer que de la vrai recherche soit faite en arrière boutique, mais les process de recrutement n'invitent pas à l'optimisme). Et je ne parle pas du volet formation, qui est à la fois le plus malade des deux, et le plus vulnérable à l'IA.
Mégille Posté 2 janvier Signaler Posté 2 janvier il y a 25 minutes, Jensen a dit : Malheureusement ça n'est pas contradictoire. Ça fait 50 ans que la physique fondamentale n'a rien produit de nouveau Ce qui n'a pas empêché la production d'une montagne de papiers inutiles. La médecine/biologie a quelques découvertes intéressantes, mais quand on compare l'importance des découvertes avec les moyens dont on dispose, c'est un peu triste (quand ça n'est pas directement criminel https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12397490/). Sur les sciences humaines, je connais mal, mais disons que ce qui remonte vers le grand public peut facilement être qualifié "d'anti-connaissance", dans la mesure où leur but principal semble être de se merde de la merde dans les yeux à des fins politiques (dans un élan d'optimisme fou on peut espérer que de la vrai recherche soit faite en arrière boutique, mais les process de recrutement n'invitent pas à l'optimisme). Et je ne parle pas du volet formation, qui est à la fois le plus malade des deux, et le plus vulnérable à l'IA. C'est aussi l'impression que j'ai, au moins vu de loin... mais je pense que c'est parce qu'on a pas une si bonne visibilité sur la totalité (ce qui ne devrait pas forcément nous pousser à plus de confiance, évidemment), et aussi parce qu'on est sans doute tous les deux au moins un peu influencés par Sabine Hossenfelder. Mais j'ai aussi vu plusieurs vidéos/articles tentant de la réfuter, et j'ai du mal à évaluer la pertinence des arguments des deux cotés. Dans tous les cas, ce n'est pas parce qu'on stagne sur les choses les plus spectaculaires et vulgarisables - gravité quantique et ce qui en dépend (big bang et trou noir) et matière noir et énergie noir - qu'on stagne sur tous le restes. J'ai même l'impression d'avoir vu de très grands progrès avoir eu lieu au cours des dernières années au moins autour de la biologie (ciseaux à ADN, utérus artificiel, pas mal de trucs coté anthropogénèse), et, avec un peu moins d'enjeux pragmatiques, de l'archéologie (scan des ruines mayas, déchiffrement de l'élamite, etc etc). Et tout ça à partir de l'université. 1
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