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Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 07/12/2025 dans Messages

  1. Les universités du moyen-âge étaient des conservatoires. Elles pouvaient innover, mais seulement sur un mode cumulatif, ou plutôt, en apportant de plus en plus de précision à ce qui était déjà acquis, et étaient tout à fait close à toute forme de remise en cause de leurs doctrines de référence, sur lesquels reposaient les consensus et à partir desquelles les nouvelles idées étaient jugées. En philosophie et en physique générale, impossible de douter d'Aristote, en astronomie, de Ptolémée, en médecine, de Galien, etc. A la Renaissance, les types comme Galilée et les premiers découpeurs de cadavres, mais aussi, les humanistes, et les alchimistes "hermétiques", Paracelse, jusqu'à Boyle et Newton au moins, etc, se sont confrontées à une vive opposition de l'institution, et on dû poursuivre leur travaux hors de celles-ci, à la cours de certains princes, par des correspondances privées, dans les salons, parfois même via des sociétés secrètes pour ne pas se faire choper. A propos des humanistes : ils étaient tellement hors système et anti-système qu'ils sont allé jusqu'à saper les fondements historiques de l'autorité du Pape sur les états papaux, en "débunkant" la dotation de Constantin. Les universités, qui étaient à peu de choses près des exclaves du Vatican, n'auraient jamais pu faire une chose pareille. Et elles reléguaient les humanités (le "trivium") à une place subalterne, préliminaires à l'étude des autres matières. La valorisation des humanités étaient explicitement un renversement de l'université, et était soutenu par des princes laïcs qui cherchaient à s'autonomiser par rapport à l'église, comme Cosme de Médicis à Florence, et François I en France, qui créé le Collège Royal (aujourd'hui Collège de France) explicitement pour valoriser les humanités et concurrencer l'université. A propos des alchimistes, des "hermétiques" et de Paracelse : aujourd'hui, on s'en moque, puisqu'ils sont à l'origine de l'ésotérisme de la modernité aussi bien que de sa science, mais c'est parce qu'ils exploraient, sans préjugés, toutes les voies refusées par l'institution, et ils cherchaient à le faire empiriquement et pratiquement, même s'il n'y avait pas encore une méthode expérimentale mature. Même Newton avait un pied dans ce genre de chose. Quand à Bayle, il fait partie des premiers qui, comme Descartes, a cherché à distinguer, au sein des nouvelles idées (mais toutes hors de et contre l'université), celles qui deviendront la science de celles qui sont devenus des pseudo-science. Mais lui même oeuvrait dans l'ombre, hors institution, notamment en participant au "Invisible College", société secrète à l'origine à la fois de la Royal Society et de la Franc-Maçonnerie "spéculative" (sans truelle). En Angleterre, la transition entre l'ancienne et la nouvelle université s'est fait assez délicatement. La Compétition des Sociétés savantes créées et protégées par la Couronne a créé une saine émulation, qui a permis une évolution continue. (Peut-être était-ce aussi dû à ce que les universités anglaises étaient initialement des syndicats d'étudiants et de maîtres à la fois, alors que les universités continentales étaient issues soit de syndicats d'étudiants seulement, comme en Italie, soit de syndicats de maîtres seulement, comme en France, ce qui aurait entraîné des rapports de pouvoir plus fort, et moins de flexibilité ?) En Allemagne, il y a eu une prise de conscience du retard sur l'Angleterre au XVIIIème siècle, et ça a motivé des réformes volontaristes importantes, sous l'influence de Humboldt, Fichte et Schleiermacher. En France, il y avait eu une tentative de noyauter la vieille université par Descartes et sa clique au XVIIème, mais avec un succès limitée. La révolution l'a entièrement détruite, comme le reliquat de pouvoir théocratique médiévale qu'elle était, et l'a remplacé par des écoles à visée plus pragmatiques (ENS pour former des profs, polytech pour les ingénieurs, et le CNAM pour les chercheurs en ingénieries). Et ce n'est que plus tard qu'on a recréé à partir de presque rien des universités modernes, avec une rupture encore plus forte qu'ailleurs. J'ai quand même l'impression qu'une partie importante du nouveau savoir produit, hors de ce qui a une application immédiate, vient de l'université. Et la mort de la vieille bête, si elle a lieu, ne sera pas forcément une bonne chose (ou alors, il faudra voir ce qui vient après). La transparence de la recherche, et que ses résultats soient publiques et vérifiables, a une valeur plus que subjective, je crois, mais aussi une vraie utilité pour son progrès. On peut sans doute faire mieux sur ce plan là que ce qu'elle fait, mais on peut aussi faire pire. Et la trop grande focalisation sur le résultat immédiatement pragmatique (qui semble être globalement la direction de la recherche privée actuelle) n'avait historiquement pas fait beaucoup de bien à la science en France (même si c'était sous une direction étatique).
    5 points
  2. Et bien, les ia conversationnelles gratuites nuisent, de fait, aux universités. Elles facilitent peut-être l'apprentissage autonome, si elles sont utilisées intelligemment et à bon escient, mais ça en ferait presque des rivales plus que des alliées des universités. Les universités gardent leur quasi-monopole sur le marché du signalement de l'apprentissage, mais les ia viennent précisément fausser ces signaux-ci en facilitant énormément la fraude, ce qui va bien finir par leur faire perdre leur valeur. D'ailleurs, c'est de notoriété publique que ces ia sont principalement utilisées par des étudiants, leur utilisation chute rapidement pendant les périodes de vacances universitaires. Ca c'est pour le coté formation, mais le coté recherche (dont dépend principalement le classement international des universités, qui sert à attirer les étudiants et à valider les signaux à la fois) est lui aussi impacté. L'évaluation quantitative de l'importance des recherches était déjà biaisée par les nombreux articles à très faible valeur ajoutée (autoplagiat, recherche salamisée, etc), mais ces biais restaient tolérables tant qu'ils étaient au moins limités par le coût, en temps et en énergie humaine, de la publication de ces bullshits papers. Ce coût étant maintenant presque éliminé, les signaux de contribution à la recherche vont eux aussi rapidement perdre en valeur. Bref, c'est un coup dur porté contre l'université. Peut-être autant, voire plus, que l'imprimerie, qui a rendu obsolète l'université du moyen-âge en la mettant en concurrence avec des sources de développement du savoir indépendantes beaucoup plus performantes. Comme l'université scolastique au début de l'époque moderne, l'université contemporaine est sans doute trop inerte pour adopter rapidement le changement, et elle a toutes les chances de se transformer elle aussi, dans un première temps, en une coquille vide, distribuant des diplômes officiels donnant accès à des privilèges, mais dont tout le monde se moquera. Reste à voir si, ensuite, elle se renouvellera en absorbant la concurrence, comme elle l'avait fait au milieu de l'époque moderne, ou si elle tombera pour de bon. Ce qui ne signifie heureusement pas la fin de la science, après tout, la science ancienne existait depuis bien avant l'université, qui n'avait été créé que tardivement et pour la transmettre, et la science moderne est née hors de et même contre l'institution universitaire du début de la modernité. Selon quelles modalités et sous quelle forme, je ne sais pas, mais je ne doute pas que la science puisse continuer son chemin sans l'université, sous sa forme actuelle en tout cas (même si ce ne sera pas sans poser plusieurs problèmes). Dans tous les cas, le monde de la tech a des raisons de ne pas trop s'en inquiéter. Leurs grosses entreprises font déjà de la recherche indépendante, et font de plus de plus de formation. Et il est facile d'imaginer que plusieurs membres de son armée, que ce soit les généraux ou les fantassins, puissent avoir un petit quelque chose contre l'université. Soit qu'ils ont pu constater que de très bons étudiants pouvaient faire de mauvais ingénieurs (peut-être parmi leurs subordonnés), soit qu'ils ont l'idée que des ex-étudiants peu accomplis académiquement peuvent faire de très bons ingénieurs (peut-être parce que c'est l'idée qu'ils ont d'eux mêmes). J'ignore à quelle point ça correspond à la réalité, mais j'ai l'impression qu'on a encore ce mythe de l'informaticien prodige, hors système, qui prépare seul la prochaine révolution technologique depuis le garage de ses parents, pendant que l'informaticien théorique universitaire le snob en tournant en rond. S'il y a ne serait-ce qu'une petite part de vérité dans cette représentation, ça peut être dû à la trop grande valorisation de la conscienciosité et du conformisme par le système académique, ce qui serait une raison de plus pour le rejeter. Enfin, il peut aussi y avoir un motif idéologique. L'université est identifiée comme étant de gauche. Voire même, comme étant la gauche, aux USA. Ce qui en fait non seulement une rivale mais même une ennemi pour les adeptes de le tech-right.
    2 points
  3. Il faut sortir de la Cour Européenne des Droits de l’Homme mais avec un nom pareil, c’est pas prêt d’arriver. Petit extrait de la page Wikipedia :
    2 points
  4. Malformation du mot. Le chibrographe est celui qui prend la photo, photo qu'on gagnerait donc à décrire comme un chibrogramme.
    1 point
  5. Une vidéo intéressante sur le commerce des cheats. Sinon Clair Obscur a fait un braquage aux Games Award avec 9 victoires ( dommage pour Kingdom come 2 qui méritait de gagner dans une ou deux catégories). Et les gauchistes n'ont pas loupés l'occasion de se monter détestable en renommant le jeu Gwer Obscur, Expedition 88, KKKlair obscur, Expedition à Tel Aviv, Goy Obscur et j'en passe.
    1 point
  6. Médiatiquement, Rima Hassan est une représentante du peuple français. Et c'est tout aussi évident.
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  7. Pourquoi s'embêter à soigner aussi, cela coûte si cher...
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  8. https://www.cbc.ca/news/canada/saskatchewan/medical-assisted-dying-maid-parathyroid-disease-sask-legislature-cockrill-9.6993461 "On n'a pas de médecins disponible pour vous soignez, vous voulez un formulaire de demande d'euthanasie?"
    0 point
  9. Proton a changé la donne, complètement, en bien (quasi tout tourne sur linux) et mal (y a proton, pourquoi assurer la compatibilité linux ? Oui, paradox, je pense à toi).
    0 point
  10. Comme le mentionne Marlenus, l'interdiction de la prostitution en Europe est poussée par une gauche féministe abolitionniste (soutenue par une partie de la droite conservatrice). En Amérique du nord, c'est plus compliqué, aux USA les deux partis semblent contre? Et le Canada a adopté une législation similaire à la France et aux pays nordiques de pénalisation du client sous Harper. D'ailleurs ce que tu décris ci-dessous s'applique aussi au Canada; Je sa!s que les jeunes du parti libéral canadien étaient pour la légalisation de la prostitution mais ça n'a jamais pris de l'importance dans le débat public pour pousser le parti à changer la loi.
    0 point
  11. Aux moins les tarés américains savent generer de l’argent.
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  12. Pas que client. Bailleur, loueur de voiture, chauffeur, service de sécurité et même enfant majeur bénéficiant d'une faveur parentale (tiens, je me demande si on peux faire condamner la mairie pour une visite à domicile si la prostituée se gare sur une place payante ou prends les transports en commun 🤔). Les lois françaises sur la prostitution sont d'une perversité rare. "on veut vous protéger, donc on ne vous interdit pas, mais on met en danger toute personne ayant affaire avec vous vous forçant a opérer toute seule et sans protection. Même l'entre-aide est illégale". Si on avait chargé le diable de les écrire avec pour mission de faire souffrir ces femmes autant que possibles, elles ne seraient pas différentes.
    0 point
  13. C'est probablement la meilleure manière de faire, mais voir cette proposition venant de la droite, je ne m'y attendais pas.
    0 point
  14. Au moins, ils ne cachent plus la nature totalitaire/meilleur des mondes du projet UE.
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  15. Il se murmure qu'Olivier Faure s'inquiète de son poste de premier secrétaire du PS.
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  16. 0 point
  17. Je suis rassuré. On va pouvoir mieux lutter contre le blanchiment d'argent, le terrorisme, le narco-terrorisme et le pédo-terrorisme. Pourquoi s'opposer à la transparence, si on n'a rien à cacher ?
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  18. Bon sang la tronche du "sociologue", une caricature.
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  19. Avez-vous déjà entendu parler de l'effet Streisand ?
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  20. Cette histoire n’a aucun intérêt et pas besoin d’invoquer Proust pour le dire.
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  21. Lors de la premiere vague (environ 2013-2014) j'avais tout acheté sur localbitcoin vers 200€ et ça faisait bien le taf (bon j'avais tout dégagé vers 1000€ 😭) mais ça a fermé récemment. Je suis en train de creuser le sujet de Bisq qui à priori pourrait regler une partie du pb: https://bisq.network/ (voir plus bas un resumé de chatGPT sur son fonctionnement) Bon par contre il faut faire un échange en cash sinon un virement fait retomber dans les griffe du léviatan ... [Edit] Je vois que ce sujet a deja été abordé sur ce forum : https://forum.liberaux.org/search/?q=Bisq&quick=1&type=forums_topic&nodes=222
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  22. J'avais beaucoup d'espoir en notre équipe de France... mais Trump a dit qu'il considérait la France comme l'une des équipes favorites. Du coup j'ai comme un doute...
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  23. Autrement dit la décroissance de l’approbation de France TV se modélise par une table de mortalité.
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  24. Je n'y avais même pas pensé... mais avec de telles lunettes en cours je pourrais aussi avoir accès instantanément aux photos les plus hots de mes jolies étudiantes... Enseigner va devenir impossible.
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  25. Ça, c'est assez flippant, je trouve. Je me vois déjà avec de telles lunettes en cours. Plus besoin de mémoriser le nom de mes 200 étudiants. Instantanément, j'aurai leur nom, leurs notes, leur classement, leur taux d'absence, mais j'aurai aussi accès à leurs loisirs, leurs vies sociales, la situation de leurs parents, etc. Chouette !
    0 point
  26. Afuera ? Ce n'est pas près d'arriver. Sondage : les Français adorent leur audiovisuel public et ne veulent surtout pas qu'il soit privatisé.
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  27. It’s sort of like you know that thing when like, so, ok…
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  28. Une tentative de coup d'état en cours ce matin au Bénin.
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  29. J'ai vu passer des histoires similaires sur Claude Code. Avec des bases de données effacées etc. La solution à mon avis est de faire des sauvegardes pour se prémunir des erreurs de l'outil, mais ceci était déjà une règle à suivre car il y a beaucoup de manières de perdre le contenu d'un disque dur. Le plus gros danger reste l'injection de prompts malveillants.
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  30. Je viens de voir la Garde Républicaine faire les Lacs du Connemara sur Miss France. Je peux plus. Faut tout cramer.
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  31. Moment difficile dans la vie d'un homme : quand tu reprends la photo de charme après une dizaine d'années de pause, et que tu dois te résoudre à l'idée que tu es désormais trop vieux pour être minet/twink.
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  32. L’espèce d’éloquence forcée des Américains moyens, insupportable au bout d’une minute, qui donne juste envie de leur dire d’aller apprendre à parler correctement.
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  33. Honnêtement j’en suis à un point où je ne sais pas comment on s’en sortira sans des purges massives de la fonction publique.
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  34. Louvre : une inondation prévisible au département des Antiquités égyptiennes
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  35. En tout cas il semble avoir lu Wikiberal, les exemples en sont clairement repris https://www.wikiberal.org/wiki/Route_nue Et TF1 mais de la mauvaise réécriture de Wikiberal aussi https://www.tf1info.fr/transports/cela-peut-avoir-du-sens-quand-la-vitesse-est-moderee-l-association-prevention-routiere-reagit-a-la-proposition-choc-de-louis-sarkozy-2410832.html C'est dans ces moments là où tu vois l'effet discret mais réel de nos sites mine de rien.
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  36. Est-il sur le forum ?
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  37. Au contraire, les bureaucrates ont bien l'intention de gagner la course en prenant de vitesse les nationalismes et populismes. D'abord en sur-appliquant les normes bancaires pour taper sue l'amont financier : le KYC, les high-rish profiles, ces genres de trucs sont aussi faits pour cartelliser le marché politique et séparer qui a le droit de faire de la politique de qui doit crever dans le caniveau pour avoir osé croire qu'il pourrait changer la course du rêve bureaucratique. Ensuite en tapant sur le marché des idées : le contrôle d'Internet et de la liberté d'expression, la fin de l'anonymat et du pseudonymat par le biais de l'identité numérique, parce que la vague nationaliste / populiste est avant tout issue de ce que les gens se sont rendus compte qu'ils n'étaient pas les seuls à malpenser et qu'ils pourraient peut-être se coordonner entre malpensants.
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