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Images fun et leurs interminables commentaires


Librekom

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Je vois que j'en ai rendus certains perplexes.

 

La trame est un mème issu de Terminator 2

https://knowyourmeme.com/memes/your-foster-parents-are-dead

 

La "blanquette" est un mot de passe dans OSS117. (La trame est basée sur le fait que le "mot de passe" n'est pas compris, ce qui permet de démasquer un usurpateur qui a tué celui dont il usurpe l'identité)

 

 

 

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Ah, chouette, de la philo de l'esprit. Evidemment, on peut, par exemple, "voir" un visage dans un nuage (c'est du seeing as), mais rien ne nous dit que tout seeing est du seeing as (i.e. en gros de l'interprétation). C'est vrai, bien sûr, que de l'extérieur, je ne peux jamais percevoir que des signes d'une autre immanence (le visage), et ces signes peuvent être singés par quelque chose d'autre. Mais, premièrement, tout cet argument (sceptique) suppose précisément qu'il y a quelque chose comme une autre immanence qui a du sens, qui pourrait être en droit, quand bien même je serais en fait le seul être humain with feelings sur terre (ou que je ne pourrais pas savoir que je ne le suis pas, car peut-être que ce n'est pas le genre de choses qu'on peut fonder rationnellement dans ce sens épistémologique). Ce serait ce genre d'analyses qu'on trouverait dans le Blue Book de Wittgenstein (à la fin du livre).

 

A l'inverse, deuxièmement, ça peut donc avoir plus de sens de partir du fait qu'il y a d'autres consciences, et expliquer comment elle peuvent être expérimentées (nécessairement indirectement): par exemple, je peux me transporter en imagination et m'imaginer ce à quoi ressemble mon corps vu de l'autre bout de la pièce. On entre alors dans une analyse phénoménologique, qui donne, si l'on veut, un autre sens au "sens" (signification).

 

(Pour Husserl) La présence de quelqu'un d'autre peut toujours éveiller en moi cette perception impossible. L'expérience de l'autre est toujours à moitié seulement mon expérience (il y a un phénomène d'échange), car la perception de l'autre éveille une association à une perception qui, contrairement aux autres perceptions associées entre elles (par exemple, voir ce livre me rappelle tel événement de ma vie psychique), n'appartient pas au flux de ma, mais de sa conscience (i.e. l'aspect de mon corps vu de là où il est). Il y a donc une sorte d'étagement d'une perception indirecte (la vie psychique de l'autre, présentée indirectement par ses traits) et d'une présentation indirecte (par association). On peut dire, phénoménologiquement, que l'expérience d'autrui est l'émergence d'un sens nouveau (par exemple, ce qu'"association" (en tant que phénomène de la conscience) est change de sens, comme on l'a vu).

 

(Pour Merleau-Ponty) On peut aussi envisager l'expérience d'autrui autrement: il y a par exemple la tentative intéressante de Merleau-Ponty de comprendre cette expérience par une sorte d'extension de l'expérience que j'ai de mon propre corps, donc rapport entre un corps physique (la chose, qui a un poids etc.) et ce qu'il appelle "chair" (le corps en tant que sentant: typiquement, il n'y a de chair que dans un corps vivant; un corps mort est une pure chose; en même temps, du coup, la "chair" du corps est invisible). Quand je touche quelqu'un d'autre, par exemple, il y a une duplication (et une extension) de l'expérience que j'ai moi quand je prends ma main gauche dans ma main droite: alternativement (des expériences très cool de neurologie comme celles de Ramachandran peuvent faire buguer ça, et produisent une "extension" du corps propre, une scission entre ce que MP appellerait le corps, et ce qu'il appellerait la chair: je pense que tu es familier des expériences de third ou fourth hand illusion, produites par une stimulation simultanée d'une main que le cobaye ne voit pas (mais qui est la sienne), et d'une main qu'il voit, mais qui n'est pas la sienne, qui est a dummy hand), donc, ma main droite est active (touche la gauche), puis passive (est touchée par la gauche), chacune est alternativement corps et chair, et de même, quand je touche quelqu'un d'autre, je le touche (actif) et me sens le toucher (passif), et vice-versa pour lui (ce qui conduit MP à parler d'une chair du monde... on en fait ce qu'on veut, ça nous fait entrer dans les aspects plus hermétiques de ses derniers livres).

 

TLDR: Pour toute expérience conçue sur le modèle cartésien d'un sujet spectateur actif et d'un objet passif posé là-devant, il peut toujours y avoir ce qu'on appelle souvent dans la littérature a ringer, donc oui, le scepticisme ne sera jamais mis hors-jeu. Mais nous ne vivons pas comme ça, et nous ne faisons pas semblant pour autant. Une intuition commune à Wittgenstein et à la phénoménologie, c'est de dire qu'il y a quelque chose dans le scepticisme qui rate le sens propre à ce qu'on peut appeler l'alter ego (et les émotions en général: la "grammaire" du mot "douleur", dirait Wittgenstein, suppose que je ne sois pas le seul à pouvoir avoir le genre d'expériences que, indubitablement, j'ai quand j'ai, par exemple, une rage de dents). C'est donc pertinent de suspendre tout jugement sur ce qu'il en est du monde extérieur pour se concentrer exclusivement sur la qualité propre de l'expérience que j'en fais, et qui est la même, par définition, dans le cas "authentique" et le cas avec un "ringer" (NB c'est déjà quelque chose de contentious en philosophie de l'esprit, qu'il y ait un "facteur commun" à, disons, une expérience "authentique" et, par exemple, une hallucination: c'est tout le débat entre disjonctivistes (Hinton, McDowell, Travis et son interprétation de Frege, Peacocke in some of his moods) et conjonctivistes (il y a tout un débat pour savoir si Husserl est l'un ou l'autre, sinon le dernier livre de Burge est assez conjonctiviste), les uns pensant qu'il n'y a pas de facteur commun, les autres que oui.) Déjà chez les classiques, Descartes s'imaginait à la fenêtre regardant des passants, se demandant si c'était des hommes ou juste des manteaux avec des chapeaux... et Pascal, en référence à Descartes, s'imaginait être le passant, quelqu'un le regardant depuis sa fenêtre!

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2 hours ago, Vilfredo said:

Ah, chouette, de la philo de l'esprit. Evidemment, on peut, par exemple, "voir" un visage dans un nuage (c'est du seeing as), mais rien ne nous dit que tout seeing est du seeing as (i.e. en gros de l'interprétation). C'est vrai, bien sûr, que de l'extérieur, je ne peux jamais percevoir que des signes d'une autre immanence (le visage), et ces signes peuvent être singés par quelque chose d'autre. Mais, premièrement, tout cet argument (sceptique) suppose précisément qu'il y a quelque chose comme une autre immanence qui a du sens, qui pourrait être en droit, quand bien même je serais en fait le seul être humain with feelings sur terre (ou que je ne pourrais pas savoir que je ne le suis pas, car peut-être que ce n'est pas le genre de choses qu'on peut fonder rationnellement dans ce sens épistémologique). Ce serait ce genre d'analyses qu'on trouverait dans le Blue Book de Wittgenstein (à la fin du livre).

C'est le genre de raisonnement qui fait rejeter le scepticisme sur l'existence d'une réalité externe et celui sur l'existence d'autrui à Searle (encore lui) dans La Construction de la réalité sociale. En gros ça ne permet pas d'exclure le cerveau dans un bocal/simulation/mauvais génie, mais les caractéristiques mêmes de ma manière de penser et de mon langage (ainsi que la formulation de tous les scénarios sceptiques) impliquent que d'autres personnes existent ou ont existé d'une manière ou d'une autre, donc le scepticisme là dessus est une contradiction performative.

 

2 hours ago, Vilfredo said:

des expériences très cool de neurologie comme celles de Ramachandran peuvent faire buguer ça, et produisent une "extension" du corps propre, une scission entre ce que MP appellerait le corps, et ce qu'il appellerait la chair: je pense que tu es familier des expériences de third ou fourth hand illusion, produites par une stimulation simultanée d'une main que le cobaye ne voit pas (mais qui est la sienne), et d'une main qu'il voit, mais qui n'est pas la sienne, qui est a dummy hand), donc, ma main droite est active (touche la gauche), puis passive (est touchée par la gauche), chacune est alternativement corps et chair, et de même, quand je touche quelqu'un d'autre, je le touche (actif) et me sens le toucher (passif), et vice-versa pour lui (ce qui conduit MP à parler d'une chair du monde... on en fait ce qu'on veut, ça nous fait entrer dans les aspects plus hermétiques de ses derniers livres).

J'ai bouffé du Merleau-Ponty à toutes les sauces l'année dernière en lisant ce bouquin.

 

À vrai dire ce qui m'intéresse plus là dedans ce sont les cas limites où on peut générer de l'empathie artificiellement (Steve le crayon, toute la question autour de ce qui est mignon, avec des conséquences intéressantes sur la psychologie masculine/féminine, ça rentre même en compte dans l'inefficacité en pratique du test de Turing) ou la supprimer (dans le cadre de la propagande de guerre par exemple, et les conséquences que ça peut avoir, ou même la politique en général, l'art de désigner l'ennemi tout ça).

 

Mais oui à la base c'est juste fun.

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Il y a 5 heures, Lancelot a dit :

En gros ça ne permet pas d'exclure le cerveau dans un bocal/simulation/mauvais génie

Le malin génie mal compris, imo. Dans Descartes, il ne faut pas oublier que le malin génie est un produit de la pensée du sujet méditant (c’est tout le principe du cogito: je peux penser hors de ma pensée, je peux penser quelque chose si, a fortiori, je peux penser quelque chose qui m’empêche de penser quelque chose (qui soit vrai)). Mais oui.

 

Il y a 5 heures, Lancelot a dit :

lisant ce bouquin.

Je connais Shaun Gallagher. C’est ce courant de phénoménologues qui font des ponts avec la neurobiologie, comme Pachoud, et (dans le sens inverse, ie neuro —> pheno) Varela. Ça existe, mais ça me fait pas plus vibrer que ça. Merleau dans le texte (la Phénoménologie de la perception), c’est bien aussi (et c’est bien écrit).

 

Il y a 5 heures, Lancelot a dit :

À vrai dire ce qui m'intéresse plus là dedans ce sont les cas limites où on peut générer de l'empathie artificiellement (Steve le crayon, toute la question autour de ce qui est mignon, avec des conséquences intéressantes sur la psychologie masculine/féminine, ça rentre même en compte dans l'inefficacité en pratique du test de Turing) ou la supprimer (dans le cadre de la propagande de guerre par exemple, et les conséquences que ça peut avoir, ou même la politique en général, l'art de désigner l'ennemi tout ça).

Ah oui, do baby faced adults receive more help? The case of the lost resume type of things. C’est intéressant pour analyser la propagande en effet.

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1247108290_3b0db40dd5_o.png Ce sujet est en train de considérablement dévier de son sujet initial. Merci de bien vouloir vous recentrer sur le sujet de ce fil, faute de quoi il sera fermé. La lecture en devient en effet particulièrement pénible pour l'instant. Cordialement,les modérateurs (ceci est un message automatique :))

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