-
Members
-
Statistiques des forums
52,2k
Total des sujets1,5m
Total des messages
Classement
Contenu populaire
Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 05/01/2025 dans toutes les zones
-
Un élu LR vient d'écrire un fil à propos de ses démêlées avec l'ADEME : https://threadreaderapp.com/thread/1886396435429478440.html Pierre-Henri Dumont 🧵 Puisque l’attention se porte depuis quelques jours sur @ademe, je vais vous raconter une histoire vécue il y a quelques années et qui démontre non seulement l’inutilité de ce bidule, mais aussi sa nocivité. Élu député en 2017, je porte en lien avec les élus locaux plusieurs dossiers du territoire. Parmi les gros morceaux, l’application du « Contrat de territoire » signé en 2015. Kesako? Un contrat signé par l’Etat, la région, le département, la ville et l’agglo. En gros, l’Etat s’excuse d’avoir laissé s’implanter le plus grand bidonville d’Europe aux portes de Calais et finance 50 millions € sur des projets déterminés pour redorer l’image de Calais et du Calaisis. En quoi ça concerne @ademe ? 2 millions € de ce contrat sont fléchés sur la création d’un centre de valorisation des ordures ménagères résiduelles (qui coûte plus de 50m€). Cela permet de traiter 95% des ordures ménagères, de quasiment supprimer l’enfouissement et de faire du Calaisis un modèle. La dessus, subtilité, c’est @ademe de donner les 2 millions €. Après tout, cette agence est financée à 100% par les fonds publics de l’Etat (nos impôts), donc ça ne devrait pas poser de problème, surtout vu le super projet et son impact concret sur l’environnement. Je sollicite donc un RDV auprès du cabinet du Ministre Hulot avec le Président du syndicat d’élimination des déchets pour débloquer les fonds pour financer la construction de l’usine. Tous les autres financeurs (syndicat, Europe, Région) sont OK. Arrive le RDV au Ministère. On présente le projet. On rappelle l’engagement de l’Etat et la signature du contrat. Et là le sous-fifre de l’#Ademe nous dit, très sérieusement : « la signature du Président de la République n’engage pas le Conseil d’Administration de l’@ademe ». Tonton, on ne te demande pas de réfléchir, de donner ton avis ou de définir tes critères. Tu es agence de l’Etat financée à 100% par l’Etat, celui qui te donne les sous te dit quoi faire, tu le fais. Point. 🤡 « La signature du Président de la République n’engage pas le Conseil d’Administration de l’Ademe ». Quelle dinguerie. Il ajoute : « La méthode de tri choisie n’entre pas dans les critères de subvention définis par le Conseil d’Administration de l’Ademe ». Pas que ça ne fonctionnait pas. Non. De telles usines existaient déjà en Espagne par exemple et avaient de supers résultats. Juste que nous aurions été les premiers en France et qu’ils n’avaient pas prévu de subventionner ce type d’équipement dans leur délibération. Cela voulait dire : 1. Que @ademe préférait que nous continuions à enfouir les déchets. 2. Qu’ils s’asseyaient sur la signature du Président de la République 3. Qu’ils mettaient en péril les autres financements. Ah ba oui, car même si cela ne correspondait qu’à 3% de l’investissement, ces 3% déclenchaient le financement de l’Union européenne. Sans parler de la crédibilité auprès des banques qui bêtement ont cru qu’une signature du Président de la République était un engagement solide. Bref, des salariés et administrateurs de @ademe qui ne sont élus par personne, qui ne rendent de comptes à personne, qui gèrent plus de 4 milliards € d’argent public, peuvent se permettre d’aller à l’encontre de décisions prises par les politiques et de dicter leur petite loi. Tout ça pour dire : AFUERA @ademe et tous les machins de ce type qui ne sont que des tiroirs caisses mais qui se croient tout permis jusqu’à aller contre les décisions de ceux qui les financent. Redonnons le pouvoir au politique, car lui au moins rend des comptes aux citoyens. (Pour ceux que ça intéresse, on a quand même réussi à sortir le centre de valorisation des ordures ménagères résiduelles -en retard-, sans l’Ademe, mais avec les autres partenaires grâce à l’abnégation des élus locaux et du président de région. Et ça fonctionne bien) • • •6 points
-
Les universités du moyen-âge étaient des conservatoires. Elles pouvaient innover, mais seulement sur un mode cumulatif, ou plutôt, en apportant de plus en plus de précision à ce qui était déjà acquis, et étaient tout à fait close à toute forme de remise en cause de leurs doctrines de référence, sur lesquels reposaient les consensus et à partir desquelles les nouvelles idées étaient jugées. En philosophie et en physique générale, impossible de douter d'Aristote, en astronomie, de Ptolémée, en médecine, de Galien, etc. A la Renaissance, les types comme Galilée et les premiers découpeurs de cadavres, mais aussi, les humanistes, et les alchimistes "hermétiques", Paracelse, jusqu'à Boyle et Newton au moins, etc, se sont confrontées à une vive opposition de l'institution, et on dû poursuivre leur travaux hors de celles-ci, à la cours de certains princes, par des correspondances privées, dans les salons, parfois même via des sociétés secrètes pour ne pas se faire choper. A propos des humanistes : ils étaient tellement hors système et anti-système qu'ils sont allé jusqu'à saper les fondements historiques de l'autorité du Pape sur les états papaux, en "débunkant" la dotation de Constantin. Les universités, qui étaient à peu de choses près des exclaves du Vatican, n'auraient jamais pu faire une chose pareille. Et elles reléguaient les humanités (le "trivium") à une place subalterne, préliminaires à l'étude des autres matières. La valorisation des humanités étaient explicitement un renversement de l'université, et était soutenu par des princes laïcs qui cherchaient à s'autonomiser par rapport à l'église, comme Cosme de Médicis à Florence, et François I en France, qui créé le Collège Royal (aujourd'hui Collège de France) explicitement pour valoriser les humanités et concurrencer l'université. A propos des alchimistes, des "hermétiques" et de Paracelse : aujourd'hui, on s'en moque, puisqu'ils sont à l'origine de l'ésotérisme de la modernité aussi bien que de sa science, mais c'est parce qu'ils exploraient, sans préjugés, toutes les voies refusées par l'institution, et ils cherchaient à le faire empiriquement et pratiquement, même s'il n'y avait pas encore une méthode expérimentale mature. Même Newton avait un pied dans ce genre de chose. Quand à Bayle, il fait partie des premiers qui, comme Descartes, a cherché à distinguer, au sein des nouvelles idées (mais toutes hors de et contre l'université), celles qui deviendront la science de celles qui sont devenus des pseudo-science. Mais lui même oeuvrait dans l'ombre, hors institution, notamment en participant au "Invisible College", société secrète à l'origine à la fois de la Royal Society et de la Franc-Maçonnerie "spéculative" (sans truelle). En Angleterre, la transition entre l'ancienne et la nouvelle université s'est fait assez délicatement. La Compétition des Sociétés savantes créées et protégées par la Couronne a créé une saine émulation, qui a permis une évolution continue. (Peut-être était-ce aussi dû à ce que les universités anglaises étaient initialement des syndicats d'étudiants et de maîtres à la fois, alors que les universités continentales étaient issues soit de syndicats d'étudiants seulement, comme en Italie, soit de syndicats de maîtres seulement, comme en France, ce qui aurait entraîné des rapports de pouvoir plus fort, et moins de flexibilité ?) En Allemagne, il y a eu une prise de conscience du retard sur l'Angleterre au XVIIIème siècle, et ça a motivé des réformes volontaristes importantes, sous l'influence de Humboldt, Fichte et Schleiermacher. En France, il y avait eu une tentative de noyauter la vieille université par Descartes et sa clique au XVIIème, mais avec un succès limitée. La révolution l'a entièrement détruite, comme le reliquat de pouvoir théocratique médiévale qu'elle était, et l'a remplacé par des écoles à visée plus pragmatiques (ENS pour former des profs, polytech pour les ingénieurs, et le CNAM pour les chercheurs en ingénieries). Et ce n'est que plus tard qu'on a recréé à partir de presque rien des universités modernes, avec une rupture encore plus forte qu'ailleurs. J'ai quand même l'impression qu'une partie importante du nouveau savoir produit, hors de ce qui a une application immédiate, vient de l'université. Et la mort de la vieille bête, si elle a lieu, ne sera pas forcément une bonne chose (ou alors, il faudra voir ce qui vient après). La transparence de la recherche, et que ses résultats soient publiques et vérifiables, a une valeur plus que subjective, je crois, mais aussi une vraie utilité pour son progrès. On peut sans doute faire mieux sur ce plan là que ce qu'elle fait, mais on peut aussi faire pire. Et la trop grande focalisation sur le résultat immédiatement pragmatique (qui semble être globalement la direction de la recherche privée actuelle) n'avait historiquement pas fait beaucoup de bien à la science en France (même si c'était sous une direction étatique).5 points
-
Coquerel est l'archétype de l'imposteur politicien, totalement incompétent mais qui donne le change auprès des journalistes et fait illusion auprès du public. Comme le disait Tramp plus haut, il raconte n'importe quoi sur les sujets économiques et financiers, alors qu'il est président de la Commission de finances. Il n'a strictement aucune expertise qui pourrait intéresser l'AN : ni en économie, ni en finances publiques, ni en droit, ni en fiscalité, ni en sciences politiques, etc., ni dans aucun domaine spécifique, comme l'énergie, l'éducation, les transports, la culture ou que sais-je... Son seul domaine d'expertise est... la voile. Je ne suis pas sûr qu'on puisse en faire quelque chose d'utile à l'AN. Son parcours : 1977-1987 est la période où il est censé faire des études. En fait, il échoue au bac... et met 5 ans pour enfin l'obtenir, puis se lance dans des études d'histoire en fac... sans jamais obtenir de diplôme. Il passe plutôt son temps à militer dans des groupuscules d'extrême-gauche, faire la fête ou pratiquer la voile. Sa véritable formation, c'est le militantisme gauchiste, non pas au sein de la gauche intellectuelle, mais dans ce qui se fait de pire : la LCR. Sa seule formation est donc du pur endoctrinement idéologique. À partir de la fin des années 80, comme il faut bien vivre, il profite de ses réseaux dans le milieu de la voile pour monter une petite agence de communication dont le job est d'assurer les relations presse du Vendée Globe, d'Isabelle Autissier et de Michel Desjoyeaux. En parallèle il continue de militer à la LCR, puis au Parti de Gauche. À la création du Parti de Gauche, Mélenchon repère chez lui le profil de bon petit couillon totalement endocriné et le nomme à son tour responsable de l'endoctrinement idéologique des membres du parti. Coquerel grenouille dans les partis de la gauche de la gauche depuis qu'il est ado, mais c'est seulement à 52 ans qu'il obtient un premier poste d'élu local, et à 60 ans un poste de député. Ses attachés parlementaires écrivent pour lui un livre bidon sur la dette, qu'il signe, ce qui lui permet de passer pour l'expert de la question au sein du NFP et d'obtenir le poste de président de Commission des finances.4 points
-
Ca me rappelle une réflexion que je m'étais faite lorsque je lisais sur l'histoire impériale chinoise, et sur la grande influence des eunuques à la cour. C'était particulièrement le cas sous la dynastie Ming, que j'ai déjà entendu être qualifiée "d'épiscocratie", gouvernement des espions, sous la coupe des eunuques impériaux, mais en fait, c'était déjà le cas dès le tout début de l'empire, avec le célèbre Zhao Gao. Celui-là avait même la prétention de pouvoir dicter jusqu'à la vérité : après avoir déclaré qu'un daim était un cheval, il avait fait condamner à mort tout ceux qui le contredisaient. Ce qui m'avait interloqué était que les eunuques défiaient toute forme de représentation de la société en tant qu'opposition entre dominants et dominés. Les eunuques avaient clairement un trop grand pouvoir pour ne pas pouvoir être considérés comme des dominants. Il n'y avait vraiment que l'empereur au dessus d'eux dans la hiérarchie de l'empire, et l'empereur lui-même aurait souvent été sous l'influence de ses femmes ou de sa mère, elles-mêmes manipulées par les eunuques (à prendre avec des pincettes toutefois, car ce sont des mandarins jaloux qui ont écrit ça). Ils étaient aussi organisés entre eux plus ou moins informellement, notamment par un système de parrainage remplaçant la filiation, pour se "reproduire" socialement et conserver et transmettre leur pouvoir. Et à la fois, d'un autre coté, ils avaient tout de victimes de la pire forme de domination possible. Leurs vies ne tenaient qu'à un fil, et ils étaient susceptibles d'être condamnés à mort arbitrairement d'un simple geste de l'empereur (qui en tuait parfois plusieurs dizaines, voire centaines par jour, les mauvais jours). Mais aussi, ils étaient considérés avec mépris par toute la société (ce qui rendait sans doute légitime cette tyrannie de l'empereur sur eux), et en particulier par les mandarins, immédiatement en dessous d'eux. Ceux là les méprisaient pour être arrivés à une position de pouvoir sans avoir eu à se soumettre aux difficiles concours impériaux par lesquels eux-mêmes, fonctionnaires impériaux, méritocrates, avaient gagné leur statut. A cela s'ajoute qu'ils étaient nécessairement exclu du système de valeur commun (particulièrement cher aux mandarins) qui valorise la masculinité et la filiation paternelle (raison probable pour laquelle les eunuques ont souvent préféré le taoisme -aka déconstruction du confucianisme- ou le légisme -aka machiavélisme-... ce qui contribuait peut-être à leur utilité, puisque l'empire ne pouvait pas être dirigé que par de beaux principes moraux). Il paraît aussi que leur opération les rendaient incontinents et qu'ils puaient l'urine en permanence. Vérité ou stéréotype, ça nous dit quelque chose sur la façon dont ils étaient perçus. Ce qui m'intéressait en particulier là dedans est que ce n'est pas une bête intersection entre deux formes de domination, où ils seraient gagnants d'un coté et perdants de l'autre. Leur infériorité était inséparable de leur supériorité, et réciproquement, tant et si bien qu'ils dominaient en tant que dominés, et étaient dominés en tant que dominants. (un beau détournement du Taiji qui n'aurait pas déplu aux taoistes parmi eux) Pour en revenir à nos moutons non-binaires : la situation actuelle des femmes trans est évidemment différente, et les femmes trans ne sont pas des hommes eunuques. Statut social différent, contexte différent... Mais il y a un même rapport paradoxal au pouvoir. Les décrire univoquement comme dominées implique évidemment de rester volontairement aveugle à beaucoup de choses, et ça ne peut pas être une description adéquate de la réalité. Mais l'inverse est tout aussi vrai. D'autant plus qu'on ne comprend pas bien les modalités de leur domination si on ne voit en quoi elles sont liées, elles dépendent, et elles renversent, à chaque fois les modalités de leur domination (en prenant "domination" dans un sens différent à chaque fois). D'une façon encore une fois différente, les juifs en Europe ont eux aussi eu un rapport paradoxal à la domination. Et dans chaque cas, les libéraux ont trouvé la solution, ou plutôt, la réponse face à ceux qui décidaient d'y voir un problème (qui eux préfèrent tronquer le paradoxe pour ne voir qu'une domination univoque) : laisser de coté le groupe et les rapports entre groupes et ne considérer que l'individu et les relations entre individus. Quant à la "secte" trans (peut-être même furry !) à la NSA. Ca doit surtout nous rappeler que les espions ne sont pas des super humains, qu'ils sont tout aussi susceptibles d'être biaisés idéologiquement que n'importe qui, et même s'ils sont intelligents, ça ne les empêches pas d'être aussi cons que les "humains intelligents" réels qu'on peut souvent voir être cons autour de nous. Le secret des espions ne fonctionne pas du tout comme une incitation à être meilleur et à éviter tout ça. La vraie leçon qu'on doit tirer de ça (et que toute personne sensée et renseignée a tiré depuis wikileaks au moins) est qu'il faut se débarrasser de la NSA. On peut même s'estimer heureux que la secte qui s'y est infiltrée ne soit que celle des gauchistes de salon obsédés par leur entrejambe et pas le kkk, les scientologues, ou je ne sais pas quoi d'autre.4 points
-
L’IREF publie l’intégralité du discours de Milei à Davos. J’aurais bien mis qq extraits ici, mais… je ne sais pas quoi choisir tellement chaque paragraphe me semble pertinent! En voici un tout de même : « Si nous voulons restaurer l’Occident du progrès, construire un nouvel âge d’or, notre première et plus importante bataille doit être la réduction drastique de la taille de l’État, non seulement dans chacun de nos pays, mais aussi de tous les organismes supranationaux. » https://fr.irefeurope.org/publications/articles/article/javier-milei-les-fonctions-de-letat-doivent-se-limiter-a-proteger-la-vie-la-liberte-et-la-propriete/4 points
-
Pour diverses raisons je me suis posé la question de savoir quels étaient les pays ayant produit le plus de jeux/quel était l'origine majoritaire des jeux et j'ai trouvé (une partie de) la réponse: Pas vraiment de surprises du reste.3 points
-
J'ai l'impression que la perte de signification de l'état de droit est liée à l'érosion de la culture politique libérale en Occident et à sa captation idéologique par l'oligarchie progressiste, qui cherche à en faire un instrument pour contrer le populisme (politique, judiciaire, sécuritaire).Hayek, dans La Constitution de la liberté, fait du Rechtsstaat le fer de lance du mouvement libéral contre l'émergence du pouvoir administratif au XIXe siècle, c'est-à-dire la soumission de l'autorité administrative au droit (qu'il s'agisse du droit commun, comme en Autriche, ou du droit administratif, comme en France). En général, les commentateurs s'insurgent contre son développement par principe contre-majoritaire en démocratie, car il vise à restreindre l'emprise de la majorité sur la minorité par excellence, l'individu (et ses droits), tout comme la concentration des pouvoirs au sein des institutions politiques. Assurer un cadre légal pour protéger les libertés individuelles, obliger les institutions à respecter les limites des pouvoirs qui leur sont conférés ou encore insister sur l'égalité juridique sont des éléments constitutifs de l'état de droit. Le droit de l'état de droit n'est pas censé protéger les criminels au détriment des innocents, puisque la présomption d'innocence, le droit à un procès équitable, les juridictions d'appel, etc., s'appliquent à tous les citoyens (voire, dans certaines circonstances, à tous les êtres humains).Avec l'européanisation du droit français et l'influence grandissante du droit nord-américain en Europe ces trente dernières années, les expressions « état de droit » et « règle de droit » sont devenues à la fois assez semblables et connotées positivement (par exemple, protection des droits fondamentaux, comme l'article 6 du TUE). On est loin des débats du XIXe siècle sur le positivisme juridique face à l'état républicain, comme évoqué plus haut. Cependant, aujourd'hui, ce qu'on observe, c'est la perte de pouvoir politique (la souveraineté et ses organes) des instances élues au profit des institutions technocratiques et de l'expertise, ce qui modifie le rapport de force entre instances élues et institutions contre-majoritaires. La « sécession des élites », dont parle Christopher Lasch, correspond aussi à la concentration effective des pouvoirs au sein de toutes les institutions par une même classe partageant une même mentalité, une éducation similaire et une socialisation accrue. Les juges, en particulier dans les instances les plus hautes, partagent des traits idéologiques communs avec les élites politiques, administratives et économiques de tous les pays occidentaux, et donc les mêmes intérêts et préjugés de classe. En France, ce sont des macronistes mentaux, comme n'importe quel membre de Renaissance. Depuis une dizaine d'années, la peur du populisme a rendu ses défenseurs au sein de l'institution judiciaire plus politiques, et l'état de droit est devenu un outil pour contrer les politiques jugées contraires à la conception éthérée qu'ils se font de la démocratie libérale. Que ce soit le rôle des procureurs aux États-Unis avec Trump, la Cour constitutionnelle en Roumanie, la rhétorique européiste contre Orbán, ou, désormais en France, la nomination de moins en moins discrète de militants au sein des institutions administratives suprêmes en vue de préparer l'arrivée du RN au pouvoir (sans parler du précédent du PNF avec Fillon). Ce n'est plus la culture partagée de la liberté qui anime ses thuriféraires, mais l'idéologie progressiste qui confisque certains leviers de pouvoir par intérêt de classe, groupisme et rejet du populisme, tout en abandonnant sa vertu principale : celle de tempérer la concentration du pouvoir politique aux mains d'une clique d'upper-class twits.3 points
-
Intéressant, mais à part la toute dernière partie, ça parle de l'islam historique, pas spécifiquement de l'islam "d'aujourd'hui" ! Et à propos de la réaction musulmane actuelle, il y a plusieurs éléments importants qui manquent. Cette réaction, qu'on assimile beaucoup à Ibn Abdelwahhab (dont je n'ai pas l'impression qu'il soit très influent hors du clan Saoud), est à la fois plus récente, et trans-sectaire, plutôt que vraiment anti-sectaire. Alors que les wahhabi d'Arabi Saoudite sont quand même très ancré dans l'école hanbali, historiquement plus rigide et littéraliste que les autres, les talibans par exemple sont liés à l'école hanafi, pourtant historiquement la plus libérale. Et les Frères musulmans se font les avocats des écoles traditionnelles toute entière, et sont loin des excès salafi. Et ça ne se limite pas au sunnisme, la révolution iranienne, chiite duodécimaine, est sans doute le point de départ de l'islamisme actuel. Et les houthis, chiites zaydi, ne sont pas en reste. Et d'ailleurs, point intéressant à mettre en lien avec le reste de la vidéo : les chiites duodécimains et zaydis ont une théologie très proche de celle des mutazilites, rationalistes. Et les duodécimains étudient les anciens philosophes. Khamenei est même, je crois, un spécialiste de Mulla Sadra, un très grand philosophe du XVIIème siècle (qu'on gagnerait à connaître en occident), héritier de Ibn Sina. Difficile, donc, d'identifier le rejet du rationalisme comme cause unique du fondamentalisme. Sur la partie histoire maintenant. Je n'ai pas vu la vidéo "partie I", mais j'ai l'impression qu'il sous entend qu'il y avait un islam des origines avant toute cette corruption... J'ai plutôt l'impression que c'est la construction historique de l'islam qu'il décrit. Les premiers "musulmans" étaient sans doute des chrétiens hérétiques, apocalyptiques, à tendance arianiste mais pas trop dogmatiques et plutôt inclusifs (plutôt que "muslim", soumis, ils se faisaient appeler "mumin", c'est à dire croyants, incluant parfois les autres chrétiens et les juifs), ayant toujours la Bible chrétienne pour référence (puisque sans elle beaucoup de textes coraniques sont incompréhensibles), mais avec des sources sacrées renouvelées grâce à un prophétisme vivant, qui ne se limitait d'ailleurs pas à Muhammad (j'attends d'ailleurs que la recherche se saisisse de l'importante des autres, en particulier de Musaylima). A propos des hadith. J'ai l'impression que c'est plus subtil que ça, et qu'ils ont d'abord été mobilisé (eux ou en tout cas, leur étude systématique) contre le pouvoir, plutôt que pour lui. Les hadiths jouaient un rôle assez mineurs sous les omeyyades et au début des abbasides, et les imams Abu Hanifa et Malik ibn Anas n'y avaient presque jamais recours. On se met vraiment à voir un mouvement pro-sunna et pro-hadith en opposition au calife al-Mamun, lui même très centralisateur et très autoritaire, et partisan d'un islam plutôt rationaliste. Ce sont les opposants à Mamun, notamment Ibn Hanbal, qui vont utiliser les hadith comme une source d'autorité juridique partagée et décentralisée, plus légitime que le pouvoir politique du calife, et incontrôlable par lui. C'est encore la raison pour laquelle les tentatives politiques de contrôler l'islam pour le rendre modéré sont si inefficaces. La Sunna est une sorte de blockchain, conçue spécifiquement pour résister à ça. L'étape manquante sans doute dans cette histoire est la construction de la mystique musulmane, soufi. Al Ghazali, grand soufi lui-même, ne réfute pas les falasafa seulement au nom de l'orthodoxie, mais aussi au nom des faiblesses internes de leurs systèmes métaphysiques, qu'il maîtrise bien. Et avec et après lui, ce n'est pas tant un islam aveugle et dogmatique qui triomphe contre la pensée critique, mais plutôt un islam plus intuitifs et émotifs. Qui n'est pas tout à fait une plus grande soumission au politique, d'ailleurs, puisqu'il repose sur les figures charismatiques des sheikh. Ca a sans doute contribué à la perte de vitesse scientifique du monde musulman à la fin du moyen-âge. Mais puisque c'est un islam au préoccupation surtout spirituel et supra-mondaine, il était assez compatible avec une certaine modernisation, même s'il était attaché aux écoles théologiques et juridiques traditionnelles. C'est cet islam là, spirituel et esthétique, qui s'est effondré à la fin du XIXème et au début du XXème (au Moyen-Orient en tout cas). Et c'est aussi, peut-être même surtout, contre lui qu'est apparu l'islam bête et méchant actuel, qui rejette aussi bien la philosophie que la mystique, et qui se contente de chercher à appliquer un droit anachronique.3 points
-
J'observe de plus en plus que le "Trump derangement syndrome" qui caractérisait l'outrance ridicule de quiconque hurlait à tout bout de champ "oulala, l'abominable Trump a encore frappé" est en train de se transformer en l'aveuglement militant ridicule de quiconque ne supporte pas la moindre critique adressée à son héros, infaillible par construction. Comme le dit @Marlenus plus haut, il n'est nul besoin d'être un "radical left lunatic" (une des formules bateaux de Trump) pour penser, d'un point de vue libéral, qu'à de multiples égards, il fait fausse route.3 points
-
En pratique l’étude la plus célèbre fait bien ça en comparant le cycle de vie avec les danois historiques. Dans des pays socio démocrates gérés correctement comme le Danemark, le cycle de vie est globalement neutre. Vu que la redistribution sociale est moyennée et donc invisible, et que le cœur de vie active compense le déficit crée dans le jeune âge et à la retraite. Si tu veux l’analyse économique générale (et pas libérale, parce que je ne sais pas ce que l’idéologie a à voir), en Europe, l’immigration extra européenne est une perte en moyenne sur tout le cycle de vie. Elle est donc financée par le contribuable général au profit de ceux qui margent dessus. C’est un fait ; la question politique est de savoir si on a besoin de subventionner l’immigration. Et retournons maintenant au début de ton message, si ma mère en avait. Si tu prends la même immigration avec la même création de valeur, mais sans transferts sociaux, elle n’est grosso modo soutenable qu’entre 25 et 45 ans. Donc fondamentalement, avec des enfants, l’immigration devient économiquement négative pour l’immigré, qui rationnellement devrait rentrer chez lui (où on retrouve les phénomènes historiques de retour des immigrés). La conséquence au niveau de l’équilibre général, c’est que les salaires devraient augmenter et l’économie se réorganiser. Faire des métiers manuels devient plus rentable pour les gens ; sûrement plus automatisé aussi. Ça veut sûrement dire qu’il faut moins de gens pour remplir des tableaux XLS de reporting. Et sur les besoins non pourvus, vous avez des immigrés qui viennent faire du cash avant de rentrer chez eux. C’est quand même nettement plus sain.3 points
-
Disons que la seule classe sociale qui produit des richesses pour de vrai en France, et qui a le niveau socio-culturel pour être une élite de substitution (c'est-à-dire, en substance, plutôt les hommes, qui travaillent dans des jobs plutôt techniques de cadre et qui se font plier par les impôts) a de bonnes chances de tourner anti-consensus politique ; c'est ce qui s'est passé dans la Silicon Valley. L'autre classe sociale qui produit des richesses vote déjà RN, mais tout le monde sait que (le RN) sont des bouffons. Ca à de quoi leur faire peur. Les gens qui expliquent depuis 50 ans que "ah, non, non, ma bonne dame, c'est pas possible, trop compligereux, et vous savez lesheureslesplussombres" sont à deux doigts de se faire sortir de l'histoire comme un vulgaire noble en 1789. *** Ensuite il y a du bon et du moins bon à prendre. Le bon, c'est que c'est très probablement l'un des seuls mouvements efficaces de réduction de l'influence de l'Etat depuis les années 80 (ça veut pas dire qu'il sera capable de réduire matériellement la taille des dépenses sociales de l'Etat, c'est très différent, et celle là ne sera éteinte que progressivement avec l'inflation). Le moins, c'est qu'on a jamais vu classe révolutionnaire avec une aussi faible connaissance de la philosophie politique, et ça donne facilement dans le n'importe quoi ; reste plus qu'à espérer que Vance rattrape la mise lorsque Trump disparaîtra.3 points
-
On peine à croire que certaines dépenses ne sont pas des plaisanteries : Des projets financés par les aides de l'UE, via l'argent des Français qui sont les 2ᵉ contributeurs après l'Allemagne. Des millions € pour notamment : • 250 chameaux en Mauritanie. • Des mixeurs dans des écoles sans électricité. Des projets financés par des prêts de l'AFD, qui ont fait le buzz : • 10 millions € en Éthiopie sur les inégalités de genre. • 25 millions € en Algérie pour les quartiers défavorisés (elle nous le rend si bien). • 100 millions € pour les seniors en Chine.3 points
-
Les alliés européens servent à quoi pour les US ? Ils apportent quoi de lourd ? ça fait 3 ans que le budget défense de l'Europe est à 2% ... alors qu'il y a une guerre importante à ses frontières. Et pendant que l'Europe utilise toute son énergie à se suicider. Vu des US de 2025, maintenant que eux tournent le dos au socialisme au wokisme et à l'escrologie ... l'"allié" européen, il a piteuse mine. Si on prolonge les tendances actuelles, l'Europe dans 10 ans ne pèsera plus lourd. L'Europe s'est sortie du jeu toute seule, comme une grande. Trump fait juste le constat. Sur la façon dont il procède, je trouve aussi que c'est verbalement très dur, mais 1/ main point : il ne faut pas oublier que c'est la manière de négocier de Trump 2/ pour réveiller les européens, il faut littéralement leur allumer un feu sous le cul. Et même ça risque de ne pas suffire 3/ atteindre les oreilles des citoyens européens, en tenant compte de l'édulcoration par les MSMs, demande un message assez violent Trump est comme il est, mais l'ennemi de l'Europe, c'est l'UE, pas les US.3 points
-
Et bien, les ia conversationnelles gratuites nuisent, de fait, aux universités. Elles facilitent peut-être l'apprentissage autonome, si elles sont utilisées intelligemment et à bon escient, mais ça en ferait presque des rivales plus que des alliées des universités. Les universités gardent leur quasi-monopole sur le marché du signalement de l'apprentissage, mais les ia viennent précisément fausser ces signaux-ci en facilitant énormément la fraude, ce qui va bien finir par leur faire perdre leur valeur. D'ailleurs, c'est de notoriété publique que ces ia sont principalement utilisées par des étudiants, leur utilisation chute rapidement pendant les périodes de vacances universitaires. Ca c'est pour le coté formation, mais le coté recherche (dont dépend principalement le classement international des universités, qui sert à attirer les étudiants et à valider les signaux à la fois) est lui aussi impacté. L'évaluation quantitative de l'importance des recherches était déjà biaisée par les nombreux articles à très faible valeur ajoutée (autoplagiat, recherche salamisée, etc), mais ces biais restaient tolérables tant qu'ils étaient au moins limités par le coût, en temps et en énergie humaine, de la publication de ces bullshits papers. Ce coût étant maintenant presque éliminé, les signaux de contribution à la recherche vont eux aussi rapidement perdre en valeur. Bref, c'est un coup dur porté contre l'université. Peut-être autant, voire plus, que l'imprimerie, qui a rendu obsolète l'université du moyen-âge en la mettant en concurrence avec des sources de développement du savoir indépendantes beaucoup plus performantes. Comme l'université scolastique au début de l'époque moderne, l'université contemporaine est sans doute trop inerte pour adopter rapidement le changement, et elle a toutes les chances de se transformer elle aussi, dans un première temps, en une coquille vide, distribuant des diplômes officiels donnant accès à des privilèges, mais dont tout le monde se moquera. Reste à voir si, ensuite, elle se renouvellera en absorbant la concurrence, comme elle l'avait fait au milieu de l'époque moderne, ou si elle tombera pour de bon. Ce qui ne signifie heureusement pas la fin de la science, après tout, la science ancienne existait depuis bien avant l'université, qui n'avait été créé que tardivement et pour la transmettre, et la science moderne est née hors de et même contre l'institution universitaire du début de la modernité. Selon quelles modalités et sous quelle forme, je ne sais pas, mais je ne doute pas que la science puisse continuer son chemin sans l'université, sous sa forme actuelle en tout cas (même si ce ne sera pas sans poser plusieurs problèmes). Dans tous les cas, le monde de la tech a des raisons de ne pas trop s'en inquiéter. Leurs grosses entreprises font déjà de la recherche indépendante, et font de plus de plus de formation. Et il est facile d'imaginer que plusieurs membres de son armée, que ce soit les généraux ou les fantassins, puissent avoir un petit quelque chose contre l'université. Soit qu'ils ont pu constater que de très bons étudiants pouvaient faire de mauvais ingénieurs (peut-être parmi leurs subordonnés), soit qu'ils ont l'idée que des ex-étudiants peu accomplis académiquement peuvent faire de très bons ingénieurs (peut-être parce que c'est l'idée qu'ils ont d'eux mêmes). J'ignore à quelle point ça correspond à la réalité, mais j'ai l'impression qu'on a encore ce mythe de l'informaticien prodige, hors système, qui prépare seul la prochaine révolution technologique depuis le garage de ses parents, pendant que l'informaticien théorique universitaire le snob en tournant en rond. S'il y a ne serait-ce qu'une petite part de vérité dans cette représentation, ça peut être dû à la trop grande valorisation de la conscienciosité et du conformisme par le système académique, ce qui serait une raison de plus pour le rejeter. Enfin, il peut aussi y avoir un motif idéologique. L'université est identifiée comme étant de gauche. Voire même, comme étant la gauche, aux USA. Ce qui en fait non seulement une rivale mais même une ennemi pour les adeptes de le tech-right.2 points
-
Il faut sortir de la Cour Européenne des Droits de l’Homme mais avec un nom pareil, c’est pas prêt d’arriver. Petit extrait de la page Wikipedia :2 points
-
Je pense qu'il faut voir le racisme systémique moins comme un fait, qu'on pourrait observer ou non sans ambiguïté, que comme une grille d'analyse, dont on jugera la pertinence par sa capacité à expliquer un ensemble de faits. C'est le cas d'ailleurs de toutes les tentatives de comprendre la société, ou l'histoire, à un niveau macro : les phénomènes y sont trop complexes pour qu'on puisse faire mieux que des approximations un peu grossières mêlant stats et intuitions biaisées, et toujours en cachant encore plus de la réalité qu'on en montre. Mais on fait quand même par là apparaître des phénomènes non-triviaux, et qui ne sont pas *que* dépendant de notre grille. Ce que soulève @Domi, je crois, est que ce petit jeu risque d'aller de pair avec un projet constructiviste. De fait, j'ai l'impression que c'est bien le cas. Lorsqu'on s'intéresse à un objet, c'est le plus souvent pour apprendre à le manipuler, idem si l'objet en question est la société. Par contre, je ne crois pas que ça découle logiquement de cette théorie-ci. Et d'une manière générale, c'est je crois une erreur (qu'elle soit très fréquente, voire quasi systématique, n'y change rien) que de tenter d'inférer la nécessité d'un projet de correction planifiée de la société à partir d'une théorie de l'oppression systémique. La raison n°1 en est l'oubli (au moins partiel) de la place du théoricien, et du moyen de réaliser ses projets, au sein du système oppressif étudié. Pour une théorie organiciste (la société comme grand vivant qui cherche à préserver sa santé), ou pour une théorie de la domination qui se placerait du coté du dominant, ça ne poserait aucun problème, puisque l'existence de la théorie et la réalisation de ses injonctions serait un mécanisme de renforcement positif de plus dans le système étudié. Mais une théorie de la domination qui se place du coté des dominés est condamnée à logiquement s'autodétruire, puisque chacune de ses victoires, sur le plan des idées aussi bien que des actions, devraient en toute logique la réfuter, ou la renverser. En bref : des trois propositions suivantes, il faut nécessairement en rejeter au moins une : (1) l'état et l'université peuvent être du coté des dominés, (2) l'état et l'université peuvent agir significativement sur la société, (3) la domination est systémique. Si (1) et (3) sont vrais, alors il faut considérer que l'état et l'université (ou tout autre champ de bataille où les théoriciens critiques espèrent avoir une influence) sont impuissants, puisqu'eux-mêmes deviendraient sujet de domination en rejoignant les dominés. Si (2) et (3) sont vrais, alors, il faut considérer que le système oppressif est si fort qu'il n'y a rien à attendre des institutions constructivistes qui seront toujours des ennemis sous couvertures. C'est l'idée que j'ai cherché à diffuser autour de moi dans le petit monde woke que je fréquente (succès mitigé). Sinon, effectivement, il faut laisser de coté, ou au moins beaucoup relativiser, la systématicité de la domination. C'est évidemment ce dont il s'agit. On est là dans un cadre de pensée post-marxiste : il s'agit de déceler des mécanismes implicites sous la "superstructure", et donc, ne pas s'arrêter au contenu explicite (et conscientisé) des croyances, des discours et des lois. Ca, c'est si on a 30% des propriétaires qui discriminent complètement dans 100% des cas. Mais peut-être que c'est 100% des propriétaires qui discriminent dans 30% des cas (par exemple chacun en mettant la barre juste un tout petit peu plus haut qu'habituellement, tout en ne la mettant pas tous au même niveau au départ). Et plus plausiblement, n'importe où au milieu de ces deux situations invraisemblablement extrêmes. Et même si on est dans le cas que tu envisages, même une légère déviance statistique, si elle est suffisamment avérée, doit être considérée comme faisant partie de la réalité et exigeant qu'on lui cherche une explication. Quelques pourmillionièmes de lumière en plus que prévu peuvent pousser les physiciens à soupçonner l'existence d'une planète lointaine ou d'une nouvelle particule fondamentale. 1 ou 2% de chance en plus d'être gay par grand frère biologique est suffisant pour qu'on établisse une influence du système immunitaire de la mère sur l'orientation sexuelle de l'enfant mâle. Rien d'aberrant donc à chercher une explication à un biais raciste moyen au niveau de la société, même s'il est léger. Et même si la première explication à laquelle on pense est "oh, c'est le vieux Gégé à coté qui est con et raciste", alors, se pose toujours la question de pourquoi on voit apparaître régulièrement de tels Gégé, plutôt que n'importe quel autre déviation aléatoire vers des idiots ayant des préjudices contre n'importe qui ou quoi d'autre. Stop à l'antisémantisme ! 😁2 points
-
Une réflexion intéressante de John Podhoretz (avec qui j'ai de grosses divergences idéologiques) sur la tendance à dire tout ce qui nous passe par la tête sur les réseaux sociaux et la polarisation violente que cela entraîne. https://twitter.com/jpodhoretz/status/19664745487626076942 points
-
Pour moi, c'est typiquement le genre d'histoire où ce qu'il s'est vraiment passé, ou même qui est vraiment l'homme, ce n'est pas ce qui est important. Ce qui est important c'est que l'image qui en est ressorti a trouvé écho à une certaine partie de la population. Un homme identifié comme un migrant musulman non-blanc clandestin se fait remettre à sa place par une fillette blanche qui a le courage de lui faire face de façon armée. Cela donne de super même: Qu'au final il soit bien migrant mais blanc, en règle et chrétien (visiblement orthodoxe) ne change rien finalement et que l'on ne sache pas ce qui s'est réellement passé on s'en fout. Qu'une fillette de 12ans se trimballe dans la rue avec une hache et un couteau, on s'en fout. L'image est belle, cela peut être un symbole de révolte et réveiller les consciences car des filles tuées par des migrants clandestins malheureusement c'est trop courant (voir récemment au pays-bas) et c'est ça qui est important. Là c'est une image qui est importante pour la droite. Mais la gauche a aussi ce genre d'affaire. Si demain une jeune fille accuse une super-star de droite de viol, la gauche va cancel de suite la super-star et la droite va crier à la présomption d'innocence. Et oui, le fait que beaucoup d'hommes de pouvoir ont abusé de jeunes femmes est une vérité, donc forcément cela va parler à celles qui dénoncent le patriarcat. La vérité sur le cas spécifique n'a pas d'importance, ce qui est important c'est le symbole. La justice de toutes façons est beaucoup trop longue et la vérité cela prend du temps de la connaitre si un jour on la connait. Cela me fait penser à l'affaire du chat qui miaule et la SNCF. Une femme blanche présente un chat tout mignon et explique qu'elle a été verbalisé à tort par la SNCF. Cela parle à tout le monde, des amendes qui nous tombe dessus dont on estime qu'elles sont injustes alors que les délinquants pullulent de façon impuni cela nous énerve. Haro sur la SNCF et ses contraventions débiles. Puis c'est pas comme si nous n'avons pas 15k exemples du même type qui sont des marronniers des journalistes. Qu'au final la femme a été verbalisé car elle était ingérable, qu'elle insultait le wagon et les autres passagers qui lui demandaient de s'occuper de son chat, qu'elle ait refusé tout arrangement, ben ce n'est pas important. C'est le symbole qui est important qui permet de parler de ses frustrations. Comme le dit l'expression, on est dans une ère de post-vérité.2 points
-
Vous savez ces chercheurs qui se croient subtils et malins à inventer des acronymes vaguement insultants, genre "WASP" ou "WEIRD" ? Moi ça m'agace. Donc je définis officiellement mon propre acronyme : Radical Activist Producing Ideological Scientific Theory. Je vous annonce donc la parution prochaine d'une série de papiers : "Protecting academia from RAPIST influence", "10 signs you are a RAPIST and why you should stop", "A case study in RAPIST publication"...2 points
-
J'ai creusé le sujet avec l'obsession typique d'un nerd qui a trouvé un filon de connaissance intéressant depuis 4 ans. Ma conclusion: l'introduction des huiles de graines dans l'alimentation au cours du XXe siècle, suivi de l'augmentation de leur usage au point qu'elles représentent maintenant jusqu'à 20% des calories consommés par certaines parties de la population (la moyenne doit plutôt être à 10-15%, plus élevée aux US qu'en Europe), explique 85-95% de l'épidémie de maladies chroniques et métaboliques dont on souffre (obésité, diabète, cancer, maladies cardio-vasculaires, Alzheimer, ...). Si une maladie implique une inflammation persistante dans l'organisme, les huiles de graines sont de la partie (sans nécessairement en faire la cause unique). Qu'est-ce qui rend les huiles de graines si toxiques? l'acide linoléique (LA), la forme d'omega 6 la plus couramment trouvée dans l'alimentation. On a évolué pour en consommer 0.5%-2% de nos calories, à cause des huiles de graines ont est maintenant à 10% (ou plus). Avec deux conséquences: - déséquilibre complet avec les omega 3. Pour simplifier un système très complexe, les omega 6 jouent le rôle de la pédale d'accélérateur pour l'inflammation, les omega 3 de frein. C'est un mécanisme de régulation qui fonctionne bien tant que ces deux acides gras sont en proportion équilibrée. Avec l'alimentation actuelle, on est pied au plancher sur l'accélérateur sans possibilité de frein - le LA s'oxide, et ses produits d'oxydations sont toxiques (4-HNE est le plus connu). Si tu cherches pubmed pour la plupart des maladies métaboliques, tu es sûr de trouver le 4-HNE impliqué d'une façon où d'une autre. Nous sommes équipés de tout un système pour prévenir cette oxydation (centré sur le glutathion et l'utilisation de vitamine E que les plantes produisent pour exactement la même raison), mais ce système a été "conçu" pour un max de 2% de LA, à 10% il est complètement surchargé. "Malheureusement", c'est un poison qui tue lentement (dizaines d'années), et la quasi totalité des gens ne se rendent absolument pas compte de combien ils en consomment (l'huile de tournesol dans la poêle est négligeable par rapport à la quantité mise dans à peu près toutes les préparations industrielles, et pour les pays qui ont une culture de la frite, ...), ce qui expliquent qu'elles soient passés sous le radar pendant aussi longtemps (ça, et le fait que la nutrition est capturé par des militants végétariens qui ont fait de ces huiles leur héro). Une étude clinique de 2 ans ne montrera jamais leur toxicité, à cause de leur durée d'action et du fait qu'on a pas de vrai groupe contrôle. Personnellement, je les ai viré par "accident" de mon alimentation il y a un peu plus de 10 ans (via mon expérience paléo), elles sont revenues il y a 7 ans parce que ça n'était pas un truc auquel je faisais attention, il n'y a pas d'effet immédiat, et il faut plus ou moins abandonner les trucs tout faits, et j'y suis revenu consciemment cette fois il y a 3-4 ans. Le résultat? j'ai perdu du poids, quasi plus de migraines, ma maladie inflammatoire de l'intestin est sous contrôle, plus de douleurs articulaires, peau plus saine, et quasi-plus de gueule de bois (avant je pouvais l'avoir après 4 verres... la détoxification du 4-HNE et celle de l'alcool utilisent les même enzymes, donc j'imagine que mon foie était déjà à la limite de ses capacités avant que l'alcool n'arrive). C'est une expérience relativement typique, même si les effets ressentis sont assez variables d'une personne à l'autre (le maillon le plus faible génétiquement casse en premier j'imagine), ce qui explique qu'on soit passé d'un sujet trouvé sur un obscur blog de nerd il y a 5 ans à un sujet discuté lors d'une élection présidentielle. PS: tu notera le glissement sémantique entre "huile végétale" et "huile de graine". Les huiles d'olive, d'avocat et de coco ne posent pas ces dangers, malgré le fait que ce soit bien évidemment des végétaux, d'où le changement ne nom. (malheureusement les huiles d'olive et d'avocat sont souvent coupées à l'huile de soja, mais c'est un autre sujet) J'avais déjà évoqué le sujet sur le fil nutrition, il me parait être le bon fil pour continuer la discussion pour éviter de devier celui-ci.2 points
-
Possible. Une autre théorie, et elles ne s'excluent pas l'une l'autre, c'est que quand certains parlent d'UERSS, c'est loin d’être une comparaison un peu creuse/facile... Il y a au contraire un pilier commun fondamental entre l'UE et le communisme soviétique: les deux sont des ultra-élitisme prescripteur, croyant à un niveau quasi psychiatrique au top-->down, à l'organisation scientifico-rationelle de la société ect. Un totalitarisme +/- light en découle naturellement. Comme je le disais dans un autre fil, ils croient en la démocratie pour leur donner de la légitimée, certainement pas pour faire remonter de l'information en bottom-->up. Hors ça ne marchait pas hier (enfin c'est fondamentalement sous optimal) ne marche pas aujourd'hui et c'est tant mieux car une de mes pires craintes est que le soviétisme devienne fonctionnel grâce à la digitalisation ... Fabry a certains arguments intéressant prévoyant qu'il y aura à moyen terme une révolution démocratique européenne, j’espère qu'il a raison, ce type de pensée a pris 50 à 70 ans à disparaître a l'Est (j'inclus la Russie car sous bien des aspect la Russie de 2025 s’est débarrassée de ce que je décris plus haut). Si Fabry a tord je partage la conclusion suivante et il faut faire extrêmement gaffe que ce voisinage n'aide pas l'UE a survivre plus longtemps qu'elle ne devrait ... (Ce n'est pas comme si ce n'etait pas un grand classique certains roman dystopiques ...)2 points
-
On en revient à la base: Une bonne part des élites culturelles est démocrate pour la légitimité que ça donne au pouvoir, pas pour faire remonter en bottom-up les aspirations de la population, d'où la panique totale et l'agressivité vis à vis de la perte du contrôle hégémonique du narratif, car ça expose cette arnaque2 points
-
Je commence par un fil ici mais cela pourrait devenir un club. J'essaye de créer une IA de Bastiat avec les Characters de Venice.ai (https://venice.ai/character-chat?ref=FAZRhA). Le but est de pouvoir le connecter à un compte Twitter par exemple. Je ne l'ai pas rendu publique car il mes reste un peu de test à faire. Ceux qui auraient Venice Pro peuvent le reproduire. Base: Instructions auto-générées à partir du nom de la description: Instructions retravaillées:2 points
-
A propos de Lombard : Des ministres de l'économie vraiment pas libéraux, c'est commun en France. Ce n'est pas le premier et ce ne sera pas le dernier. En revanche, je me demande si ce n'est pas le premier à tenir un discours ouvertement anti-business, anti-entreprise. Voilà ce qui me rend le personnage profondément antipathique. Même un charlot comme Montebourg par exemple avait endossé le rôle du ministre du "redressement productif" : ses idées et sa politique étaient idiotes, mais au moins tenait-il un discours pro-business (et je pense qu'il y avait une certaine sincérité de sa part puisque, une fois revenu à la vie civile, il est allé suivre des formations à la gestion d'entreprise).2 points
-
Et allez, un énième scandale d'abus de pouvoir, de corruption et de détournement de fonds, à tel point que ça devient lassant: La Commission européenne a payé des ONG pour faire son lobbying C'est en paywall, mais ça devrait sortir un peu partout, enfin enfin j'ose l'espérer.2 points
-
Effectivement, au sens propre, historiquement (avec la même rigueur que l'on exige nous même quand le mot "libéral" est utilisé n'importe comment), les socio-démocrates sont des socialistes à peu près aussi extrêmes que les marxistes et les libertaires sur le plan économique. Ils se distinguaient principalement de ceux là par le fait, pour commencer, d'être étatistes, c'est à dire, de considérer que l'état pouvait être considéré comme un représentant des travailleurs et à ce titre, pouvait être un outil légitime pour contrôler les moyens de production (les libertaires eux voulaient réserver ça aux associations volontaires, et les marxistes, ne voulaient avoir recours à l'état que provisoirement avant d'atteindre l'idéal des libertaires). Plus précisément, ils se distinguaient des autres socialistes étatistes (socialistes républicains à la Jaurès, socialistes fabiens, aile gauche du national-socialisme et du fascisme, etc) par la clause qu'ils ajoutaient à ça, pour que l'état soit justement un représentant des travailleurs et non un oppresseur : à savoir, qu'il soit démocratique, et qu'il laisse un grand rôle aux syndicats, conçus comme ce par quoi la démocratie pouvait s'exercer au sein des entreprises. Les autres courants socialistes étatistes se donnaient d'autres clauses : pour la gauche du NSDAP (tout le parti n'était pas socialiste, mais une partie historiquement importante l'était bel et bien), il fallait plutôt que l'état soit au service de la nation conçue comme une entité organique, ce qui rendait la démocratie facultative. En Angleterre, les socialistes fabiens exigeaient plutôt que l'état soit dirigé, ou au moins guidé, par des technocrates éclairés, utilitaristes et efficaces. En France, pour les socialistes républicains (ceux qui se sont alliés aux marxistes pour créer le PS), il fallait plutôt que l'état socialiste se fasse héritier de notre tradition révolutionnaire républicaine, et donc, ait un certain respect pour les institutions républicaines, pour la DDHC, et une certaines méfiance vis-à-vis des syndicats (ce qui l'oppose aux soc-dem germaniques). D'où le fait que notre PS soit indépendant de nos syndicats, contrairement aux partis travaillistes et soc-dem des anglais, des allemands et des scandinaves. Les marxistes, très fourbement, profitent de n'être en théorie qu'à moitié et que provisoirement étatistes pour mettre beaucoup moins de clause de légitimité à leur état ouvrier, ce qui lui donne donc une carte blanche idéologique pour commettre n'importe quelle atrocité. Bien entendu, la politique et la théorie politique étant deux mondes pour ainsi dire indépendants, les étiquettes sont utilisées n'importe comment sur la scène électorale. Il est arrivé à Hollande de se dire soc-dem (je crois que c'est de là que vient l'usage du mot sur liborg), mais il l'est à peine plus que Macron n'est libéral. La démocratie et le syndicalisme sont très loin d'être ses priorités, et il était beaucoup plus proche du socialisme fabien historique des think thanks anglais. Et Méluche se revendique du socialisme républicain, mais il est beaucoup plus proche idéologiquement et par ses méthodes d'un socialisme nationaliste légèrement tempéré par une conception française (subjectiviste, à la Renan) plutôt qu'allemande de la nation. Je pense que Corbière serait ce qui se rapproche le plus en ce moment d'un socialiste républicain, et Ruffin, d'un soc-dem. Quant au "vrai" nom de ce qu'on appelle "social-démocratie" ici... ça va faire grincer des dents, mais ce serait plutôt "libéralisme moderne" (ou à la limite, "social-libéralisme"). Il s'agit, en fait, de ce qu'ont pensé, revendiqué ou mis en oeuvre Lippmann, Keynes, FDR, Rawls... Tous ceux là se revendiquaient bien du libéralisme, et d'une certaine façon, c'est bien à notre tradition plus qu'au socialisme qu'ils se rattachent, puisque leur but étaient bien de permettre la liberté individuelle (qu'ils confondent avec la capacité matérielle de la réaliser). Libérer les travailleurs de l'exploitation capitaliste en leur permettant collectivement de s'approprier leur moyen de production n'a jamais été l'enjeu pour eux. Quand Hollande (et donc nous) a cru qu'il se rapprochait de la social-démocratie, c'est sans doute parce qu'il voulait se rapprocher de ce que font les partis soc-dem ailleurs en Europe, mais ceux-ci, tout comme les travaillistes anglais, se sont progressivement écarté de leurs idéologies initiales pour converger vers le libéralisme moderne des américains. D'ailleurs, c'est par opposition à cette déformation du libéralisme de la part "libéraux modernes" qu'on s'est d'abord mis à parler de "libéralisme classique", et pas pour faire des nuances avec les libertariens et les ancaps. En toute rigueur, il faudrait donc considérer les libertariens comme une partie des libéraux classiques, tout comme les ancaps sont une partie des libertariens.2 points
-
Pourquoi donc concrétiser après le divorce un arrangement qui n'avait de sens qu'au sein du mariage ? Au contraire, ça n'a pas de sens. De plus, une fois les enfants arrivés, la séparation devrait être rare voire rarissime, dans une société saine. Ceci. Et à l'époque, on nous disait déjà "mais ça ne nuit à personne puisque les deux consentent", "ça vient d'être légalisé et pourtant la société ne s'est pas effondrée, sales réacs", et autres billevesées entendues depuis sur d'autres sujets. Ah et sinon un des patterns technologiques les plus inquiétants est l'hybridation des sites de rencontres avec les sites porno, à savoir les OnlyFans et compagnie. Le développement des relations parasociales parasitaires, c'est la meilleure manière de stériliser familialement et patrimonialement des milliers (au niveau mondial, des millions) de simps. Non, mais principalement parce que le célibat féminin est contagieux. Quatre fois sur cinq, les femmes divorcées que j'ai connu et avec qui j'ai pu parler en détail de ces choses-là ont divorcé sur les conseils de leurs amies qui soit projetaient leur propre situation conjugale médiocre, soit ne supportaient pas qu'une de leur copines soit plus stoïque ou moins malheureuse qu'elles. Une quadra divorcée avec enfant met souvent des années à comprendre que le mariage n'a pas été une parenthèse, et qu'elle n'est plus aussi désirable qu'à 28 ans et sans enfants, à la veille de revêtir sa robe de mariée. Quand elle daigne bien le comprendre, puisque c'est infiniment plus facile de blâmer le manque de volonté d'engagement des hommes. Pattern vu et revu des centaines de fois. Dans les pays où l'éducation supérieure est payante, le coût futur d'émerger la progéniture jusqu'au dernier diplôme fait partie des freins explicites à la fécondité. Après, il y a des pays qui mitigent ça en permettant des reprises d'études à l'âge adulte, i.e. une fois qu'on en a les moyens. C'est d'ailleurs une voie rarement explorée (je n'ai entendu ça que chez Peterson), mais on peut très bien imaginer qu'un parcours possible (et souhaitable) pour une femme soit d'avoir ses enfants dans la vingtaine, de s'en occuper dans la trentaine, puis seulement ensuite d'aller sur les bancs du supérieur et de ne faire carrière qu'après si elle le souhaite.2 points
-
Concernant les robots, je suis convaincu que la seule piste qui subsistera pour les robots domestiques est celle des robots humanoïdes. Pour plusieurs raisons, dont le fait que notre monde humain est évidemment très anthropomorphique (à tel point qu'on ne s'en rend plus compte). Donc un robot avec forme et caractéristiques humaines est optimal. Et les autres formes ne le sont pas. L'acceptation de masse demande ama aussi une forme humaine, car tout le reste, c'est zarbi et en fait ça sera rejeté. C'est viscéral et dans l'ADN. Les histoires d'AGI, c'est le 25.000.000° avatar du diable et du grand méchant loup. Le cadet de nos soucis. Pour les soins, je parie au contraire qu'un robot sera préféré. En fait, c'est déjà le cas. à chaque fois qu'un patient a une soluce alternative à un être humain, il la choisit (pour des raisons évidentes). La recherche qui produit quelque chose est le fait d'une ultra-minorité humaine. ça a toujours été le cas et ça va continuer. Cette ultra-minorité de trouveurs aura à sa disposition des AIs (c'est déjà le cas), qui vont multiplier sa productivité. ama non. Entre le torchage par un robot, au moment où c'est nécessaire et le torchage par une infirmière peu avenante 2 heures trop tard, le choix est vite fait. (Et oui, il faut aller visiter les ehpads). La plupart des gens ne pourront effectivement pas travailler jusqu'à 80 ans, du moins dans la sphère concurrentielle. Par contre, déjà aujourd'hui, les vieux sont obligés de trouver des moyens pour gagner leur vie. Et ça va forcément devenir de plus en plus vrai. Là, on a une petite bulle où ils sont tous occupés à leur croisière Concordia, mais avec les futures retraites à zéro euros, il va falloir ajuster.2 points
-
Les humains n'étant sont pas fongibles, l'immigration sub-saharienne ne remplacera pas les naissances manquantes. L'espoir est qu'une horde de jeunes bien formés viennent la bouche en cœur torcher nos vieux. Comment dire, c'est optimiste. Déjà, si ces populations étaient capables de maintenir une civilisation, leur pays ne serait pas sous-développé. Peut-être que les individus, intégré à la civilisation européenne, en seraient capables. Mais s'il faut remplacer 30-50% de la population, ce que peut ou ne peut pas faire l'individu n'a aucune importance, c'est la population qui compte, et il faut une couche très épaisse de wokisme pour penser que c'est une bonne idée de même tenter de remplacer une telle proportion d'une population d'un pays développé par celle d'un pays du tiers monde, qui n'a par ailleurs jamais démontré sa bienveillance envers ses ethnies voisines (alors nous, imaginez!) Et dans l'hypothèse farfelue qu'ils s'intègrent et deviennent de parfait petits européens, les raisons qui ont tué notre natalité s'appliqueraient aussi à eux. Non, les seules solutions réalistes, ce sont les robots servants (heureusement, ils ont l'air d'arriver bientôt), la médecine anti-âge (gros joker, je suis optimiste là dessus, mais il n'y a aucune raison d'être confiant sur le fait qu'on l'aura dans les 50 prochaines années), le travail jusqu'à 80 ans, et l'euthanasie des vieux invalides. L'invasion et la disparition de notre civilisation ne sont aussi pas à exclure pour les pays qui perdent 75% de leur population en 2 générations (ce que provoque un taux de fécondité à 1).2 points
-
L'Occident, aussi imparfait soit-il, se démarque de pas mal d'autres régions par sa relative tolérance et son ethos individualiste/démocratique, or le wokisme se veut collectiviste (que ce soit par l'écologie ou par d'autres moyens) et assume considérer certains piliers de nos us et coutumes (due process, responsabilité individuelle, libéralisme au moins partiel) comme une menace. Pendant deux ans (en gros de George Floyd à fin 2023/début 2024) ça a été la foire à la saucisse pour déconstruire tous les fondements du libéralisme tel que défendu ici, Dieu merci ça semble un peu refluer mais les personnes qui ont mises en place ces politiques sont toujours là et il n'y a pas de raisons de penser qu'elles ont changé d'un point de vue idéologique, donc c'est inquiétant, je pense que c'est une position partagée par Rincevent. Concernant l'Église, les principales différences avec l'écologie actuelle c'est que : -L'Église n'est pas protéiforme, elle a un dogme qu'elle doit plus ou moins suivre là où l'écologie "politique" peut un jour prêcher le nucléaire, le lendemain la sortie de ce même nucléaire. -Le christianisme ne s'oppose pas foncièrement au libéralisme (fécondité des mouvements chrétiens et libéraux tout au long du XIXème tels que l'orléanisme en France), certes c'est malheureusement moins le cas aujourd'hui (François étant sans doute un marxiste qui s'ignore), pour autant même au cours du XXème siècle la doctrine sociale de l'Église n'était pas en contradiction avec un certain libéralisme. En revanche je n'ai jamais vu un mouvement écolo qui ne servait pas de faux-nez à des politiques socialistes débridées (les fameuses pastèques). Je ne sais pas si on peut qualifier Musk d'écolo (je ne connais pas assez la question).2 points
-
A Rabbi, a Minister, a Monk, and a Priest Took Magic Mushrooms. Here’s What Happened1 point
-
J'avoue être du même avis que @Bisounours. L'âme de ce forum est en train de disparaitre. Pus d'humour (ou très peu), des diatribes vigoureuses vis à vis de ceux qui ne pensent pas comme on le souhaite. Pas ou peu d'arguments excepté d'autorité, mais surtout, surtout, plus aucune tolérance à la divergence de point de vue. Les chapelles libérales sont nombreuses, et même si des avis s'opposent, les échanges sont exacerbés. Bref, en ce qui me concerne je passe de temps en temps, mais je m'y ennuie.1 point
-
Nous, Grands du Royaume, nous opposons aux mauvais conseillers dont les décisions contreviennent au Bien Public et sommes humblement dévoués à Sa Majesté. Rien de nouveau sous le soleil1 point
-
C'était justement le but du livre 'suicide mode d'emploi ' qui a été interdit. On change d'époque où l'état milite pour le suicide assisté (étatique). Le but peut-être est que la mort soit calibrée par l'état, sous contrôle de l'état. L'état va décider quand et comment on a le droit (l'obligation) de mourir.1 point
-
X est interdit en Chine donc on peut penser que les comptes qui y existent sont des comptes de propagande. Et voilà :1 point
-
Le ministère de l'EN a tué le BTS le jour où il a décidé d'y envoyer proritairement les bacs pro. Par curiosité je suis allé voir l'épreuve de CEJM des BTS tertiaire, censée être une épreuve de synthèse en économie, droit et management : https://www.letudiant.fr/etudes/btsdut/sujets-corriges-bts-cejm-2025-culture-economique-juridique-et-manageriale.html C'est affligeant. Amha, sans aucune révision, il est tout à fait possible de réussir cette épreuve puisqu'il suffit de connaitre quelques notions hyper-basiques (comme la différence entre entrepreneur et manager, par exemple) et savoir lire correctement les annexes (toutes les réponses aux questions s'y trouvent). Le plus grave est que strictement aucune compétence du gestionnaire n'est testée : problématiser, analyser et dresser un diagnostic, élaborer des solutions et établir un plan d'action et des dispositifs de suivi/évaluation. C'est triste parce qu'il y a une vingtaine d'années, le BTS offrait aux étudiants, souvent d'origine modeste, un niveau de formation correcte et une vraie spécialisation technique recherchée sur le marché du travail. Et comme par ailleurs les étudiants d'IUT poursuivent leurs études en master pour les 2/3 d'entre eux, le système éducatif français ne fournit plus du tout le nombre de techniciens nécessaires au marché du travail. Et après on s'étonne que les entreprises recrutent des ingénieurs pour des boulots de techniciens ou des diplômés d'école de management ou d'IAE pour des emplois de collaborateurs de gestion... De même, on s'étonne que les entreprises fassent appel à de la main d'oeuvre étrangère... Toute cette dérive n'est pas saine car : du côté des employeurs, ça brouille les signaux pour le recrutement : il devient difficile de séparer le bon grain de l’ivraie quand le niveau d'étude n'est plus un indicateur fiable (parmi les nombreux diplomés de master il y a beaucoup de gens qui ont à peine le niveau bac+2 d'il y a 20 ans) du côté des salariés, ça crée des frustrations (avoir obtenu un bac+5 pour se retrouver au mieux sur un poste de technicien sans possibilité de promotion ou avoir obtenu un bac+2 pour se retrouver sur un poste qui ne nécessite aucune compétence technique, ça démotive)1 point
-
1 point
-
Le nouveau pape a choisi le nom de Léon XIV - une référence qui nous place directement dans les pas de Léon XIII, grand artisan de la "Doctrine sociale de l'Église" et du concept de "Destination universelle des biens", développés dans sa célèbre encyclique Rerum Novarum de 1891. D’aucuns ont pu se prévaloir de cette doctrine pour y voir une légitimation des thèses marxistes (théologie de la libération notamment). Mais dans Rerum Novarum, Léon XIII dit ceci : « Qu’on n’oppose pas (…) à la légitimité de la propriété privée le fait que Dieu a donné la terre au genre humain tout entier pour qu’il l’utilise et en jouisse. Si l’on dit que Dieu l’a donnée en commun aux hommes, cela signifie non pas qu’ils doivent la posséder confusément, mais que Dieu n’a assigné de part à aucun homme en particulier. » À vrai dire, l’Église est loin de dénigrer la propriété privée qu’elle considère comme un droit naturel et un vecteur de création positive de richesses, à condition qu’il en soit usé avec discernement, responsabilité et justice vis-à-vis des autres et vis-à-vis de notre « maison commune » la terre. Non seulement elle lui trouve des qualités supérieures à la collectivisation « car chacun donne à la gestion de ce qui lui appartient en propre des soins plus attentifs qu’il n’en donnerait à un bien commun à tous ou à plusieurs » (Saint Thomas d’Aquin dans sa Somme théologique, circa 1270, p. 1737 du PDF), mais elle considère que dans le système socialiste de la propriété collective, « le mythe tant caressé de l’égalité ne serait pas autre chose qu’un nivellement absolu de tous les hommes dans une commune misère et dans une commune médiocrité » (Léon XIII, ibidem). Belle clairvoyance. Et de poursuivre ainsi : "Il résulte que la théorie socialiste de la propriété collective est absolument à répudier comme préjudiciable à ceux-là mêmes qu'on veut secourir, contraire aux droits naturels des individus, comme dénaturant les fonctions de l'Etat et troublant la tranquillité publique. Que ceci soit donc bien établi : le premier principe sur lequel doit se baser le relèvement des classes inférieures est l'inviolabilité de la propriété privée." (Léon XIII, ibidem). Intéressant, non ?1 point
-
Liborg est devenu sur la majorité des sujets aussi pertinent que reddit ou la télé en mode poulet sans tête qui pinaille sur le dernier truc à la mode sans aucun recul. Vous êtes tous la bave aux lèvres à attendre le moindre mouvement critiquable de Milei pour nous expliquer sur deux pages avec un ton solennel à quel point vous êtes très déçus. Votre vie est triste.1 point
-
En fouillant, un article plus détaillé sur le sujet: https://www.npr.org/2025/04/15/nx-s1-5355896/doge-nlrb-elon-musk-spacex-security1 point
-
Comme le rappellent plusieurs intervenants, il n'y a pas que la question des €€€. Je recommande vivement la vidéo ci-dessous (en Anglais... si quelqu'un connait une version française je suis preneur!) "Autonomy". Certes l'enseignant est seul donc autonome dans sa classe, mais son autonomie est entravé de partout: programmes, plannings, méthodes pédagogiques, directives incessantes "Mastery". L'EN donne-t-elle à ses enseignants les moyens de maîtriser la pédagogie et de progresser? J'ai n'en ai pas l'impression. "Purpose". Le métier d'enseignant a incontestablement du sens. Je pense que c'est ce qui permet à certain de garder le moral.1 point
-
Quelques considérations sur les avis judiciaires sur les emprisonnements au Salvador (je ne parle pas d'expulsion comme on l'entend dans les média, parce qu'expulsion sous entend généralement que la personne est libre une fois arrivée dans son pays de destination).1 point
-
En effet. À partir du moment où l'on envisage les relations internationales sur la base de l'échange et non sur la base de la prédation territoriale pour obtenir des richesses par la force, les notions de déficit commercial, "bijoux de famille" et réindustrialisation perdent de leur importance. Mon impression, c'est que ce fétichisme se réplique à toutes les époques en fonction des "révolutions" technologiques qui affectent l'économie. Au milieu du XVIIIè siècle, les physiocrates n'envisageaient pas une autre économie que celle basée sur l'agriculture (laquelle parvient aujourd'hui à nourrir la planète tout en représentant une faible part des emplois et des productions économiques) Un peu plus tard, Adam Smith et même Thomas Malthus ont parfaitement intégré la révolution industrielle (dont ils ont vu de leurs yeux les effets en Angleterre), mais imaginent difficilement une économie basée sur les services, considérés comme du faux travail ou du travail de domestique sans valeur. Jean-Baptiste Say est sans doute le premier économiste à prendre les services pour une production en tant que telle. Actuellement, on admet bien la répartition primaire, secondaire, tertiaire, mais encore mal le tertiaire supérieur issue de la révolution numérique. Peut-être faut-il donner du temps au temps pour intégrer la nouvelle physionomie des activités économiques. (Petite remarque : J'avais déjà noté en 2016 que Donald Trump, promoteur immobilier, avait une forme de fétichisme pour les m3 de béton. A l'époque, il prônait tout un tas de grands travaux de construction aux US, et aujourd'hui, son projet pour Gaza a toutes les caractéristiques d'un grand plan immobilier de loisirs façon mar-a-lago.)1 point
-
Oui, ce pb a déjà été mentionné dans un autre fil. On pond actuellement plus de PhD en études de genre etc qu'en sciences "dures" physique, maths, etc. et bien sûr que ça va se payer (et ça se paye déjà). Et sur quoi bossent les ingés techniques actuellement ? la décarbonation et autres lubies 100% HS. En plus, il y a de bonnes chances que les US sucent à l'UE une bonne part du peu d'ingénieurs de production qu'elle produit. Sinon, une courte (2') itw de Buffett, de 2018, sur les relations US/Chine Lienhttps://x.com/BourbonCap/status/1910825742939688979 https://x.com/BourbonCap/status/19108257429396889791 point
-
1 point
-
C'est intéressant les crash tests libéraux : on envoie le véhicule libéralisme à toute vitesse contre un bon gros mur d'antilibéralisme et on regarde comment il se comporte. Contre le mur du Covid, beaucoup de libéraux avaient raté le test. Je vois qu'ici aussi, face au mur protectionniste et mercantiliste profondément illibéral de Trump, certains courent comme des dératés et perdent le contrôle de leur véhicule. J'avais déjà formulé cette idée pendant le Covid : le problème du libéralisme en France est que ses défenseurs ne croient pas aux idées libérales.1 point
-
La pétition des vendeurs de chandelles encore et toujours : https://www.lemonde.fr/livres/article/2025/04/04/olivier-nora-pdg-des-editions-grasset-le-livre-d-occasion-fait-les-larrons_6590879_3260.html "Une solution équilibrée" curieux phrasé pour dire qu'un millionnaire jouissant d'un quasi monopole grâce à la collusion des pouvoirs publics se plaint que les français osent acheter des livres moins chers. Encore un peu plus de protection et d'exception pour la culture, c'est clairement ce qui manquait dans ce pays. "Où est le problème?" Je vais bouillir. Est ce vraiment la bonne approche pour dire que des clients ayant acheté un livre puissent profiter de leurs droits de propriété pour revendre le dit livre (comme n'importe quel bien) ? Dois-je demander la permission à Lego ou Nintendo avant de revendre ma replique du Millenium Falcon ou mes vieilles cartouches? Dois -je demander à Glénat leur autorisation expresse pour revendre mes tomes de Bleach ? Notrr bon sire est à deux doigts de se lancer dans une tirade enlevée sur le "manque à gagner" ou un classique "c'est la faute aux méchants d'amazon qui tuent l'emploi". Quoi de plus normal que les éditeurs ne "perçoivent plus aucun droit" puisqu'ils n'en disposent plus d'aucun, c'est le principe d'une vente, tout simplement. Et notre brave PDG de Galligrasseuil nous demande du rab, à cor et à cri, pour arrondir les fins de mois. Car voyez vous ma bonne dame, les ventes se sont contractées de 7 points au dernier trimestre c'est terrible! Les gens ne lisent plus, noyés par la masse d'informations des reseaux sociaux des infâmes Gafams. Leur pouvoir d'achat n'est plus ce qu'il était, érodé par la ponction fiscale, l'inflation et le n'importe quoi des gouvernments successifs. Ces pingres essaient donc de rogner sur leur budget culture, en sautant sur le marché d’occasion, quoi de plus sain donc que d'ajouter une nouvelle taxe au mille feuile actuel ? Une de plus ou de moins... Alors certes nous, éditeurs et hérauts de l'exception culturelle, avions déjà réclamé (et obtenu) la taxe sur les livraisons de livres pour que la plèbe qui habitent les zones reculées sans accès facile à une librairie ou qui sont simplement en phase avec le confort de la modernité ne fassent plus appel au démon Amazon (et encore, ils se sont empressés de trouver des contournements à la loi ! Qui l'eut cru ! Ah les coquins !). Mais cette fois-ci il faut agir ! Pour la culture, encore et toujours. Car que deviendrait on sans les éditions Grasset ? Des individus faisant usage de leurs droits de propriété ! L'horreur ! Je me demande simplement, comment appelle-t-on le fait de prétendre à un bien sur lequel on ne dispose d'aucun droit ? Du vol. De la spoliation, au moyen de la loi. La pétition des vendeurs de chandelles, encore et toujours.1 point
-
L'IA risque d'accélérer la tendance vers l'idiocratie, mais comparé à la destruction de la capacité de concentration liées aux écrans en bas âges et aux app du genre tiktok, à l'infiltration marxiste dans l'éducation et la perte de toute recherche d'excellence qui va avec, et la chute spectaculaire du niveau des profs, ça n'est vraiment pas ce qui m'inquiète le plus. Paradoxalement, quand les voit les profs que mes neveux ont, je me demande si l'IA n'est pas le seul espoir de l'éducation en France, parce que une fois que les profs eux-mêmes sont des mous du bulbe, c'est très, très dur de relever un pays.1 point
-
C'est un sujet qui me passionne, alors je vais essayer de faire court et simple. En sciences humaines, je pense qu'il est totalement vain et illusoire de faire quelque chose qui ne soit pas un tout petit peu, même marginalement, le reflet de la vision du monde qu'a le scientifique. Tout l'enjeu est d'en avoir conscience et d'essayer de garder la maîtrise du travail, c'est une question de volonté propre au chercheur, une question d'honnêteté intellectuelle. Ca passe par plusieurs choses qui vont d'un cadre théorique conséquent et cohérent, une démarche réflexive bien conçue, une tentative de trianguler un maximum ses données, jouer le jeu de la transparence, savoir reconnaître ses limites. Je ne pense pas que les sciences humaines soient par défaut plus sujette à problème que les sciences dites "dures" (pour la blague, j'aime bien dire "sciences inhumaines"), il suffit de voir tout ce qui se trame dans la nutrition, la biologie, le climat et peut-être ailleurs dont je n'ai pas conscience. Par contre, elles sont devenues un lieu de bataille politique après guerre parce qu'elles furent investies par l'idée d'ingénieurisme social, c'est à dire l'idée que, armés de leur savoir, les sociologues et autres pouvaient résoudre les problèmes qu'ils analysaient : la pauvreté des classes populaire, la situation coloniale et j'en passe. C'est évidement plus difficile d'essayer d'améliorer le monde en analysant les étoiles. Pour répondre à tes questions, Flashy ("comment faire quand l'object d'étude est foncièrement politique"), je peux parler de mon travail pour donner un exemple de ce que je pense être une bonne maîtrise de l'approche politique d'un travail que je crois être scientifique. Ma spécialité c'est l'esclavage, c'est déjà un sujet politique à partir du moment ou j'y suis opposé. Plus encore, ma spécialité c'est l'esclavage domestique ouest-africain qui s'est constitué dans le sillage de la traite atlantique. Dans les premiers paragraphes de ma thèse, j'explique que mon travail est une volonté de donner une place à ces millions d'esclaves que l'histoire à oublié, ils sont au moins aussi nombreux que les esclaves atlantiques. C'est éminemment politique, c'est un sujet qui demain peut être brandi par une certaine droite pour dire "ah vous voyez, c'est pas la faute qu'aux Blancs, tralalalère" (alors que ce n'est pas ce qui est dit) et pris en grippe par les militants afrocentristes et autres qui nient cette situation et qui par là participent à l'euphémisation de rapports sociaux extrêmement violents et à la négation de l'existence de ces anciens esclaves, et quelque part, la négation de l'histoire de leurs descendants aujourd'hui. D'ailleurs, ces esclaves ont disparu de la vue des gens pour des raisons politiques, une sorte d'alliance improbable du colonialisme et des abolitionnistes. Mais ça va plus loin, je me bats pour assoir une définition de l'esclavage qui soit juridique, c'est à dire, j'essaie -je ne suis pas le seul bien sur- de définir l'esclavage par le statut qui leur est réservé dans une société donnée. Au contraire de beaucoup, je pense qu'il est vain de définir l'esclavage par un ensemble de phénomènes, car on en fait jamais le tour et surtout parce que dire ce qu'une chose fait ou subit n'est pas dire ce qu'elle est. Pourtant, cette définition phénoménologique de l'esclavage est la plus répandue, aussi bien dans la doxa populaire que savante, c'est la définition du BIT, de l'UNESCO, et j'en passe. Pourtant, si on dit que le mariage forcé c'est de l'esclavage, on doit dire que les reines du moyen-age étaient des esclaves, ce qui est ridicule. Ou si on parle de condition de travail difficiles, on ne distingue plus l'esclave, du serf, du paysan pauvre ou du travailleur forcé. Or, ces définitions sont massivement défendues par des chercheurs qui naviguent entre étude et militantisme : le travail forcé et la traite des êtres humains devient de l'esclavage. Moi je défends que ce sont des choses différentes, je ne les hiérarchise pas, je les distingue. Bien entendu, le fait que je sois libéral et défenseur d'une certaine forme de capitalisme n'y est pas étranger : je ne pense pas que les travailleurs soient exploités, je ne crois pas que les petites mains d'Amazon soient des esclaves. Je veux bien admettre qu'il puisse s'agir de travail forcé, de traite d'être humains, de conditions de travail dégradantes, mais je pense que c'est différent de l'esclavage pour un tas de raisons que je ne vais pas citer ici, mais que d'autres chercheurs défendent aussi. Je crois fermement que mon approche est la plus neutre, parce qu'elle évite le mélange des gens et surtout, elle permet de voir toutes les formes d'esclaves : certains esclaves n'étaient pas mal traités et bénéficiaient de statuts sociaux très enviés (par exemple, les devins royaux), si tu t'arrêtes sur le travail forcé, tu passes à côté de ces gens là. Par contre, si tu analyses l'esclavage comme un statut juridique, tu peux les retrouver dans ton étude. Je crois que mon travail rend justice aux esclaves et à leurs descendants, et j'y tiens, mais tu vois, en disant ça, je suis déjà une démarche politique. Mais ça ne sera pas écrit comme ça dans mon travail, il sera plus neutre, ça sera les conclusions à en tirer. ESt-ce qu'il est possible d'arriver sur un sujet d'étude sans en avoir des préjugés ? Je suis persuadé que non, j'ai longuement réfléchis à cette question. On a tous des préjugés. Si on en a pas sur l'objet en question, parce qu'on est libéraux, parce qu'on est fils de paysan ou fils de cadre du cac 40, parce qu'on a des parents militants socialistes ou des parents qui se foutent de la politique, parce qu'on a fréquenté une bonne ou une mauvaise école, parce qu'on a lu tel livre ou tel autre livre, on a tous une vision propre du monde. On a tous des idées sur ce qui fonctionne ou pas et sur ce qu'il devrait advenir du monde. Rien que ça suffit à comprendre qu'on a des préjugés sur n'importe quel sujet, même si on pense ne pas en avoir. Mais cette grille de lecture au monde, si on en prend conscience, je crois qu'il est possible de la neutraliser un maximum. Ou alors, on s'appelle Eric Fassin et on pétitionne toutes les semaines pour des sujets à la con dans Libération et on se couvre de ridicule, et toute la discipline avec.1 point
-
Il n'y en a pas beaucoup, mais à mon avis c'est voulu. Être est Temps est sensé être un livre sur ce que veut dire "être", donc une ontologie (un discours sur l'être), mais c'est surtout un livre sur l'ontologie. Je vous fais Être et Temps en trois paragraphes ? La première partie de ce bouquin consiste en la déconstruction de la métaphysique aristotélicienne et de toute ontologie scientifique, c'est-à-dire de tout discours qui décrirait objectivement des êtres, que Heidegger appelle des "étants". Il montre ensuite que la métaphysique aristotélicienne et son prolongement scientifique échouent à "poser la vraie question de l'être", et se limitent à la description des "étants". Il oppose le discours sur les étants à ce qu'il considère comme étant la vraie ontologie, c'est-à-dire "le discours sur l'être en tant qu'il se pose la question de l'être". A mon humble avis c'est là qu'il se goure : toute métaphysique n'est pas soit l'exploration de la question de ce que veut dire être, soit la description des choses qui sont. Mais pour revenir à Heidegger ça l'amène à définir un être qu'il appelle le Dasein, aussi appelé l'être au monde, et qui est en gros l'être qui a une perspective sur le monde ET la capacité à se poser la question de l'être. A quel point est-ce que c'est équivalent pour Heidegger, voilà une question compliquée. Donc déjà Heidegger est un subjectiviste radical, il refuse même de dire que le Dasein est un être humain, ou une conscience, à la limite une perspective... en gros le truc ne doit avoir aucun contenu positif qui ferait de l'ontologie un discours sur un étant objectif. La deuxième partie du bouquin consiste en la fameuse phénoménologie, c'est-à-dire une description de l'être au monde, de ce que ça fait d'être le Dasein. Et autant avant le parti pris était radical mais plus ou moins rigoureux (évacuer tout contenu positif de l'ontologie), autant là ça a tendance à devenir foutoir mais l'essentiel c'est la recherche de l'authenticité qui est en gros la manière pour le Dasein de se concevoir lui même tout en restant en accord avec sa nature d'être qui "pose la question de l'être" (donc en ne se confondant pas lui même avec un étant déterminé). De là vient une grosse partie de la métaphysique existentialiste qui considère que tout être est avant tout une possibilité et que tout ce qui est fixé ou identifié à une nature particulière dans un être est contraire à la liberté ou l'authenticité, Sartre va notamment plagier tout ça ce qui va donner la culte de l'indéterminé dans la métaphysique contemporaine, à mon avis. Donc, la phénoménologie de l'être au monde : le Dasein est anxieux, mais évidemment l'angoisse authentique n'est jamais la peur de quelque chose d'objectif, comme vous l'imaginez. L'angoisse vient du fait que bien que le Dasein, qui est essentiellement possibilité, est confronté au fait de sa mort prochaine, d'où l'impératif de vivre exister authentiquement (si vous trouvez que le Dasein ressemble de plus en plus à un être humain avec une psychologie, vous commencez comme moi à être un peu sceptique). L'ontologie se transforme alors surtout en la question de savoir ce qu'est l'authenticité en actes et là ça traine des pieds : l'existence authentique nécessite l'acte authentique, mais le Dasein n'a aucun moyen de savoir, par l'ontologie, ce que sera cette action, mais il sait qu'elle lui sera révélée dans la situation authentique, mais le Dasein ne peut pas non plus savoir ce que sera la situation authentique... Du coup Heidegger digresse sur les modes authentiques et inauthentiques de l'existence, notamment du rapport à la mort, et ça ressemble de plus en plus à de la mauvaise psychologie, mais en gros l'idée est qu'il faut accepter l'inéluctabilité de la mort et s'y confronter, si possible souvent. Toujours est-il qu'à un moment il s'agit de savoir quel est le mode authentique de l'existence collective, et là badaboum, c'est le volk qui va se saisir dans la conscience de son histoire collective dans une situation authentique, et accomplir de magnifiques actes héroïques authentiques en allant au devant de la mort. Tout d'un coup l'ontologie a plein de contenu. Etonnant, non ?1 point
Ce classement est défini par rapport à Paris/GMT+01:00
