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J'ai (enfin) fini Why Nations Fail de Daron Acemoglu et James A.Robison, une bonne lecture (quoiqu'un peu répetitif sur la fin), un bémol sur la fin :

dans le chapitre 14 ("Breaking the mold" : how a few country change their trajectory by changing their institutions) qui traite des exemples historiques de pays ayant changé leurs institutions d'extractives en inclusives (fin de la loi d'airain de l'oligarchie et du cercle vicieux, pluralisme, respect des droits de propriété, fin des monopoles/corporations/cronyisme etc)  j'ai eu un faux espoir en voyant le sous titre "rebirth of china", je pensais que cela s'appliquait à Taïwan, qui est devenu une république démocratique relativement libre après la mort de Chang kai Shek , et qui constitue un contraste intéressant vis à vis de la RPC (cela aurait aussi fait un joli pied de nez de réserver le nom de Chine à Taiwan) .

Mais en fait non, pas du tout, il s'agit juste de l'ouverture partielle de l'économie sous Deng Xiaoping et de la croissance qui s'en est ensuivi... et les auteurs mettent cela sur le même plan que la Glorieuse Révolution, la restauration Meiji, la réforme démocratique du Botswana après l'indépendance ou la fin des politiques ségrégationnistes des États du Sud.... Bon ils admettent au final que cela reste de la croissance sous un régime extractif donc non durable et non innovant mais cela affaiblit le propos de l'ouvrage à mon avis (et Taïwan ou Hong Kong auraient fait de bien meilleurs exemples).

Je pense à présent me mettre à Philippe Simonnot, vous me conseillez de commencer par quoi ? J'ai trouvé L'Invention de l’État et Vingt et un siècles d'économie pour le moment mais sans doute ne sont ce pas ses œuvres principales?

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Le 20/01/2022 à 12:38, calypso13 a dit :

Après un déménagement, je cherche un logiciel d'inventaire pour mes livres. Afin que je puisse me souvenir où ils sont rangés et ceux que j'ai prêté.

Vous en avez de bien à me recommander ?

Un ami m'a parlé de ce site mais je ne sais pas si cela te conviendra https://www.livresdeproches.fr/

  • Yea 1
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il y a 22 minutes, Pelerin Dumont a dit :

J'ai trouvé L'Invention de l’État et Vingt et un siècles d'économie pour le moment mais sans doute ne sont ce pas ses œuvres principales?

Pour ma part j'avais commencé par L'Erreur Économique, qui est une bonne introduction à son style, et si ça te plaît enchaîne avec ses inévitables Leçons d'économie contemporaines.

Posté
il y a 30 minutes, Rincevent a dit :

inévitables Leçons d'économie contemporaines

Celles de 2018 ou de 1998? (j'ai vu qu'il y avait 2 editions)

edit: personnellement  je serais plus porté sur son livre sur les papes et l'economie mais il a l'air dur à trouver

Posté
il y a 1 minute, Pelerin Dumont a dit :

Celles de 2018 ou de 1998? (j'ai vu qu'il y avait 2 editions)

J'ai lu (et relu, et re-relu, et...) celles de 1998. Celles de 2018 sont une version augmentée d'une poignée de chapitres, dont je ne sais pas trop si ils s'insèrent bien dans le déroulé originel qui était fort bien ficelé. Mais par défaut, prend la nouvelle version.

  • Yea 1
Posté
Il y a 10 heures, Rincevent a dit :

J'ai lu (et relu, et re-relu, et...) celles de 1998. Celles de 2018 sont une version augmentée d'une poignée de chapitres, dont je ne sais pas trop si ils s'insèrent bien dans le déroulé originel qui était fort bien ficelé. Mais par défaut, prend la nouvelle version.

Okay je vais suivre ton conseil, j'ai commencé en attendant 21 siècles d'économie où Phillipe Simmonot qualifie Christophe Colomb de Portugais !! Je croyais une erreur mais il le proclame plusieurs fois... :facepalm:

Posté
Il y a 11 heures, Pelerin Dumont a dit :

dans le chapitre 14 ("Breaking the mold" : how a few country change their trajectory by changing their institutions) qui traite des exemples historiques de pays ayant changé leurs institutions d'extractives en inclusives

Tu aurais des liens / lectures à recommander sur le sujet des institutions extractives ?

Posté

Douglass North, Barry Weingast, Wallis : violence et ordres sociaux, paru en français chez gallimard. 

  • Yea 1
Posté
il y a 26 minutes, Pelerin Dumont a dit :

Okay je vais suivre ton conseil, j'ai commencé en attendant 21 siècles d'économie où Phillipe Simmonot qualifie Christophe Colomb de Portugais !! Je croyais une erreur mais il le proclame plusieurs fois... :facepalm:

Ben…c'est un économiste, pas un historien. 

Posté
il y a 10 minutes, Dardanus a dit :

Ben…c'est un économiste, pas un historien. 

Oui enfin cela reste une grossière erreur, certes Christophe Colomb a travaillé pour le roi du Portugal à un moment de sa carrière et sa première femme etait la fille d'un explorateur portugais ce qui lui a permis de récupérer ses cartes marines et le gouvernorat d'une ile à Madère mais quand même ?

il y a 27 minutes, Rübezahl a dit :

Tu aurais des liens / lectures à recommander sur le sujet des institutions extractives ?

Non malheureusement ☹, j'ai bien des livres sur un régime particulier avec des institutions extractives (l'East India Company, les Conquistadors espagnols, les indes Portugaises etc) mais pas de titres sur la theorie globale

  • Yea 1
Posté
Il y a 2 heures, F. mas a dit :

Douglass North, Barry Weingast, Wallis : violence et ordres sociaux, paru en français chez gallimard. 

Oui, on me dit que Why Nations Fail en est, comment dire, très inspiré...

  • 2 weeks later...
Posté

J'ai fini mes livres de Simonnot 21 siècles d'économie et l'invention de l’État .

Le premier livre m'a un peu déçu, on sent un potentiel mais on reste sur sa faim, j'imagine que c'est le format de vulgarisation qui veut ça. Au final, on n'apprend pas grand chose, sa bibliographie est discutable et il commet parfois quelques erreurs grossières (normal il n'est pas historien) :

  • dans le chapitre sur Otton le "Germain" , on affirme qu'il a "pris de vitesse" Hugues Capet pour s'emparer du trône impérial (ils étaient en fait alliés), plus loin "Aux Ottoniens succèderont les Hohenstaufen puis les Habbsbourg (sic) " , moui c'est un peu plus compliqué (par exemple les Habsbourg furent évincé du trône entre 1308 et 1440) , le Kaiser du SERG est comparé au "secrétaire général de l'ONU ou au directeur général du FMI, en beaucoup plus corrompu":icon_confus: , il utilise aussi le terme "pré carré" dans le cadre de la politique des Capétiens directs :icon_surpris: .
  • On peut aussi discuter de son opinion sur la "victoire du pape" à Canossa : le clergé allemand est resté fidèle au Kaiser et n'a pas accepté son excommunication et d'autre part le pape Grégoire VII fut chassé de Rome et a fini sa vie en exil, prisonnier des Normands de Sicile, ses vassaux nominaux. 
  • "Les Croisés ouvrent la voie aux marchands" -> oui et non, le commerce méditerranéen pré existait les croisades : république maritimes d'Amalfi, Pise, Gênes... qui d'ailleurs faisaient leur propres proto-croisades https://en.wikipedia.org/wiki/Pisan–Genoese_expeditions_to_Sardinia, https://en.wikipedia.org/wiki/Mahdia_campaign_of_1087, et il semble que le commerce des échelles du Levant était plutôt secondaires comparées à l’Égypte ou à Byzance (Claude Cahen "Orient et Occident au temps des Croisades").  Simonnot mentionne aussi un "duc de Hongrie" ??

L'invention de l’État est bien plus réussi : l'introduction sur l'évolution de la philosophie politique reprend le même plan que 21 siècles d'économie mais en mieux. La première partie présente de façon efficace les outils de l'analyse économique, et la seconde partie déploient ces outils pour expliquer les phénomènes des sociétés 'primitives' et illustre bien l'intérêt de l'approche, mais je la trouve un peu courte et aurait préféré plus d'exemples détaillés et variés (après pas sûr qu'il ait l'envie ou les compétences d'historien pour le faire).

On pourrait critiquer l'approche mathématisante pour expliquer des phénomènes économiques, la théorie des jeux et la macro-économie servant souvent de cache sexe à la tutelle étatique : coût de l'anarchie, optimum social, équilibre de Pareto, autant de notions fouines fabrique à prétexte de l'interventionnisme  (je me souviens encore de l'intro de mon manuel d'éco qui affirmait dès la première page les défaillances du marché son corollaire : l'arbitrage du Léviathan, comme ça gratuitement, sans preuve). Cependant, je ne l'ai pas trouvé hors de propos ici. 

Concernant le chapitre sur le dilemme du prisonnier, je trouve qu'on pourrait ajouter plusieurs remarques : Pourquoi choisir des poids symétriques? 5 ans de prison pour chacun des prisonniers alors que la valeur d'évitement de ces 5 ans de prison diffèrent selon les individus (plus ou moins grande tolérance à l’enfermement, coût d'opportunité varient selon les compétences et les projets du prisonnier...). Pourquoi la situation de bien commun est-elle définie comme étant celle de réduction de peine drastique pour les 2 prisonniers ? Pourquoi devrait-on considérer qu'épargner les coupables est une issue désirable au point de réclamer une intervention extérieure  ?

Enfin, Simonnot affirme un peu vite que l’hypothèse de non communication est inutile :

Citation

Même dans le cas où ils auraient pu se réunir et se concerter avant de prendre une décision, même au cas où ils se sauraient engagés l'un vis à vis de l'autre, la tentation d'avouer aurait été la plus forte au moment ultime de la décision

Ce qui est loin d'être évident :

 

Enfin, on notera que Simonnot a définitivement du mal avec les détails historiques :

Citation

Dès lors la question devient : quel niveau de preuve est-il acceptable ? [...] Plus élevé en tous cas que celui que préconisait Lénine [...] ou que Simon de Montfort, le chef de la croisade, contre les Albigeois ordonnait "Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens"

Eh bien raté, c'était Arnaud Amaury, le légat pontifical

Donc je me tâte pour lire le tome 2 l'Incarnation de l’État , des liborgiens l'ont ils déjà lu? Est-ce plus proche de la partie 1 , présentation d'outils techniques/mathématiques ou de la partie 2 plus centrée sur l'application des concepts à des problèmes historiques?

Posté
il y a 28 minutes, Pelerin Dumont a dit :

J'ai fini mes livres de Simonnot 21 siècles d'économie et l'invention de l’État .

Le premier livre m'a un peu déçu, on sent un potentiel mais on reste sur sa faim, j'imagine que c'est le format de vulgarisation qui veut ça.

Je l'avais lu en une soirée, je n'avais pas non plus été impressionné. C'est le format "21 chapitres ultra-courts pour causer histoire" qui veut ça je suppose. D'une manière générale, Simonnot est un excellent économiste (vulgarisateur) mais un piètre historien.

Posté
Il y a 8 heures, Pelerin Dumont a dit :

Enfin, on notera que Simonnot a définitivement du mal avec les détails historiques :

Eh bien raté, c'était Arnaud Amaury, le légat pontifical

Donc je me tâte pour lire le tome 2 l'Incarnation de l’État , des liborgiens l'ont ils déjà lu? Est-ce plus proche de la partie 1 , présentation d'outils techniques/mathématiques ou de la partie 2 plus centrée sur l'application des concepts à des problèmes historiques?

 

Il est plus que probable que ledit Amaury ne l'ai jamais prononcée cette phrase. Elle n'est dans aucun texte de l'époque et apparait plus de cinquante ans plus tard sous la plume d'un chroniqueur teuton réputé peu fiable.

  • Yea 1
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il y a 3 minutes, PABerryer a dit :

 

Il est plus que probable que ledit Amaury ne l'ai jamais prononcée cette phrase. Elle n'est dans aucun texte de l'époque et apparait plus de cinquante ans plus tard sous la plume d'un chroniqueur teuton réputé peu fiable.

Oui alors je ne veux pas rentrer dans ce débat, je sais qu'on a des doutes sur l'authenticité de cette phrase mais qu'il est probable qu'il ait prononcé un propos allant dans ce sens et que ça correspondait plutôt bien au caractère du bonhomme qui désobeissait aux ordres pontificaux (en plus de faire des rapports orientés et partiaux à des fins de désinformation) pour mener une politique personnelle. Toujours est il que cette citation lui est attribuée à lui et non à Simon de Montfort.

Posté
Il y a 8 heures, Vilfredo a dit :

Quelqu’un sait comment c’est Jon Elster?

@F. mas @poney @Mégille Un avis?

Connaissais pas. Il m'a l'air intéressant. Il y a un moment que je suis intrigué par les "marxistes analytiques", mais je n'ai pas encore pris le temps de creuser.

Posté

C'est une lecture que j'ai toujours eu l'intention de faire, mais que j'ai toujours repoussée pour des raisons x ou y. La réputation de Elster me semble valoir le coup, mais je n'ai pratiquement rien lu de lui. 

Posté

J'ai envie de lire un ouvrage de non-fiction par semaine et d'en retenir le maximum. J'étais donc à la recherche de méthodes et tactiques pour atteindre cet objectif, sachant que je lis les non-fictions comme les fictions.


Je suis tombé sur cet article de HBR https://hbr.org/2016/02/how-to-read-a-book-a-week qui propose la méthode suivante :

Citation

 

  1. Start with the author. Who wrote the book? Read his or her bio. If you can find a brief interview or article online about the author, read that quickly. It will give you a sense of the person’s bias and perspective.
  2. Read the title, the subtitle, the front flap, and the table of contents. What’s the big-picture argument of the book? How is that argument laid out? By now, you could probably describe the main idea of the book to someone who hasn’t read it.
  3. Read the introduction and the conclusion. The author makes their case in the opening and closing argument of the book. Read these two sections word for word but quickly. You already have a general sense of where the author is going, and these sections will tell you how they plan to get there (introduction) and what they hope you got out of it (conclusion).
  4. Read/skim each chapter. Read the title and anywhere from the first few paragraphs to the first few pages of the chapter to figure out how the author is using this chapter and where it fits into the argument of the book. Then skim through the headings and subheadings (if there are any) to get a feel for the flow. Read the first sentence of each paragraph and the last. If you get the meaning, move on. Otherwise, you may want to read the whole paragraph. Once you’ve gotten an understanding of the chapter, you may be able to skim over whole pages, as the argument may be clear to you and also may repeat itself.
  5. End with the table of contents again. Once you’ve finished the book, return to the table of contents and summarize it in your head. Take a few moments to relive the flow of the book, the arguments you considered, the stories you remember, the journey you went on with the author.

 

 

Que pensez-vous de cette manière d'aborder les livres de non-fiction ?
Avez-vous une technique / méthode particulière pour lire les non-fictions ?

Posté

En gros la méthode de lecture classique c'est le parcours en profondeur, lire ligne par ligne  https://fr.wikipedia.org/wiki/Algorithme_de_parcours_en_profondeur

en général tu t'arrêtes quand t'en peux plus et donc tu rates une bonne partie du livre

 

 

et la méthode proposée par @Wayto c'est le parcours en largeur https://fr.wikipedia.org/wiki/Algorithme_de_parcours_en_largeur

lire les grande lignes puis ne rentrer que dans les sous parties qui nous intéressent. Quand tu t'arrêtes tu auras juste manqué quelques détails

  • Post de référence 1
Posté

J'ai lu le droit d'ignorer l'Etat de Herbert Spencer (éditions belles lettres), qui regroupe 3 chapitres :

Le droit d'ignorer l'etat, L'esclavage futur,et la superstition politique.

Le premier parle du droit de rompre le contrat social, i.e de faire secession, refuser les services de protection étatiques et ne plus payer ses impôts. Se faisant, l'individu ne lèse personne puisqu'il continue d'obeir au droit naturel (traduit ici par égale liberté ??) .

Il justifie sa position en disant que l'Etat est nécessairement immoral car il existe que pour reprimer les individus vicieux et immoraux combattre le mal par le mal, il est donc inutile voire pernicieux pour les sociétés vertueuses car il remplacera leurs regles bonnes par des lois moins efficientes qui finiront par corrompre la société initialement vertueuse.

Spencer prend soin de rassurer son auditoire pour qui cette idée si radicale peut effrayer/être inconcevable, en disant que c'est à horizon de temps lointain, au fur et à mesure des progrès de la civilisation, les sociétés militaires laisseront place aux sociétés commerciales, et les individus deviendront de plus en plus vertueux et n'auront donc plus besoin de l'Etat. Il ajoute également que les hommes sont si attirés par leurs habitudes qui leur assurent un confort mental qu'ils se débarasseront de l'etat bien après que celui-ci aura cesse d'etre utile. 

Dans le second chapitre, le plus intéressant, il traite du récent changement de paradigme qui s'opere en cette fin de XIX eme siecle : l'abandon du laissez faire et la progression constante du socialisme. Ils denoncent les whigs/faux libéraux qui ont rejette les principes du liberalisme pour faire de la sociale démocratie.  

Pour denoncer les mesures socialistes emplies de bonnes intentions mais qui mènent à la ruine de la civilisation , Spencer utilise la même notion de ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas de Bastiat (en citant des exemples sur la loi des pauvres ou la nationalisation des chemins de fer) mais aussi la notion physique de moment politique : les défenseurs d'une loi pensent que les effets de celle ci s'arrêtent la où leur esprit trace une limite imaginaire. Se faisant, ils négligent le grand angle/la vue génerale : les précédents créés, la superposition de lois allant dans une direction donnée créera un moment difficile à arrêter, qui in fine changera de fond en comble les principes fondateurs de la communauté  (ici l'abandon du libéralisme au profit du collectivisme).

Citation

En même temps ceux qui regardent le courant récent créé par a legislation comme désastreux et qui voient que le courant futur le sera davantage gardent le silence dans la conviction qu'il est inutile de raisonner avec des gens en état d'ivresse politique.

Mais où même donc ce moment politique créés par le socialisme ? À l'esclavage dans un futur proche. On retrouve ainsi la route de la servitude d'Hayek

Citation

Pourquoi appeler ce changement (socialisme d'etat ) l'esclavage futur? La réponse est simple : Tout socialisme implique l'esclavage 

Il decrit précisément la croissance de l'Etat porté par des chefs populaires qui appellent à l'intervention de l'Etat, des journalistes qui relaient leurs idées car le public préfère des mensonges agréables aux vérités dures à admettre, et des politiciens qui veulent gagner les élections à tout prix ou doivent s'incliner devant la volonté du chef du parti. Spencer souligne aussi le rôle de l'instruction obligatoire qui créent des citoyens dociles et developpent chez les basses classes sociales des besoins intellectuelles qu'ils ne sont pas en mesure de satisfaire et appellent donc l'Etat à l'aide. De plus, la démocratisation des emplois public permise par l'instruction des masses veut dire que tout citoyen peut espérer devenir fonctionnaire et a donc moins d'incitation à s'opposerà une augmentation du périmètre de l'Etat ou des impôts (de plus Spencer note que les coalitions de groupes privés ont intérêt à l'extension de l'etat et peuvent facilement peser sur les decisions du législateur en ce sens car les gains sont privés et les coûts collectifs donc la société dans son ensemble a du mal à s'y s'opposer ) .

Par ailleurs, Spencer pense que la chute de l'empire romain a été causée par la fiscalité trop lourde, les laboureurs desertant leurs champs pour rejoindre les Barbares et qu'il faut se garder de supposer que l'on peut transformer les hommes via les institutions  car les ne sont pas une alchimie politique qui changent magiquement les hommes de plomb en or.

Enfin le dernier chapitre parle de la superstition politique : la croyance dans la toute puissance d'un Etat démiurge, sans limites qui prévalaient dans les monarchies s'est reportée sur les républiques. Autrement dit, la forme de souveraineté/fondement du pouvoir a changé (le droit divin est devenu souveraineté populaire) mais la forme de gouvernement/l'exercice du pouvoir est demeure la même : les républiques sont tout autant tyranniques et puissantes que les monarques absolus d'antan.

Citation

La grande superstition de la politique d'autrefois c'etait le droit divin des rois, la grande superstition politique d'aujourd'hui c'est le droit divin des parlements. L'huile d'onction semble t il a glisse sans qu'on y prenne garde d'une seule tête sur celles d'un grand nombre les consacrant eux et les decrets

C'est à rapprocher de la citation d'Hazzlit "Aucune foi au monde n’est plus tenace ni plus entière que la foi dans les dépenses de l’État."

Il développe aussi l'idée que le Droit naturel est non seulement antérieur au droit positif des états (en prenant l'exemple de tribus amérindiennes ou asiatiques) , non seulement il existe indépendamment de lui mais il lui donne egalement sa légitimité : Sans le Droit Naturel les lois ne sont que la volonte arbitraire du souverain 

Citation

Lorsque que cette splendeur divine qui entoure le roi et qui a laisse un reflet autour du corps héritier de son pouvoir aura complètement disparu [...] on verra que ce comité d'administration n'a aucune autorité intrinsèque" 
"Les lois qu'il publie ne sont pas sacrées en elle même, mais tout ce qu'elles ont de sacrées elle le doivent à la sanction morale[ qui dérive des lois de la vie humaine] "
"Et voici le corollaire : quand elles sont dépourvues de cette sanction morale elles n'ont rien reçu de sacrées et peuvent etre recusees de droit"
"La fonction du libéralisme dans le passe a ete de mettre une limite aux pouvoirs des rois. La fonction du vrai liberalisme dans l'avenir sera de limiter le pouvoir des parlements"

 

Pour ma part, j'ai très apprécié la lecture de cet ouvrage, bien loin des clichés de darwinisme social attaché à leur auteur (sans doute pour discréditer ses vues minarchistes à moindres frais). Certains passages m'ont rappelé Bastiat et ont conservé toute leur pertinence vis à vis de la situation actuelle. 

  • Yea 2
Posté

Et bien tu es prêt pour livrer à Contrepoints un bel article, il te suffit de remanier quelques formulations et le tour est joué pour faire la publicité de cet auteur injustement méconnu. :)

  • Yea 1
Posté
il y a une heure, Rincevent a dit :

Et bien tu es prêt pour livrer à Contrepoints un bel article, il te suffit de remanier quelques formulations et le tour est joué pour faire la publicité de cet auteur injustement méconnu. :)

J'en serais honoré mais qu'entends tu par remanier ? Rendre le texte plus concis ou soigner plus l'écriture ? Et une fois le changement réalisé je l'envoie à la rédaction via leur site? ?

Posté
il y a 12 minutes, Vilfredo a dit :

Schumpeter pour l'économie

Schumpter se contente de dire que Spencer est adepte du laissez faire naïf et que c'est rien qu'un anti etatiste forcené et débile parce qu'il refuse l'intervention de l'Etat  dans les transports, les services postaux ou l'education. Autant j'aime beaucoup Schumpeter autant celui ci a tendance à tomber dans la critique facile et superficielle (ce qui est le cas ici)

Edit

les gens ils voient pas toujours toutes les conséquences de leurs actions.

-> ce n'est pas simplement que les lois ont des effets pervers indesirables mais qu'elles impriment une tendance plus générale qui changent les idées, la façon dont les individus perçoivent et analysent les problèmes et les solutions à adopter. Petit à petit l'Etat va donc s'approprier de plus en plus de missions et de domaines car les individus l'appelleront par imitation et transposition des mesures précédentes.

Posté
il y a 46 minutes, Pelerin Dumont a dit :

J'en serais honoré mais qu'entends tu par remanier ? Rendre le texte plus concis ou soigner plus l'écriture ? Et une fois le changement réalisé je l'envoie à la rédaction via leur site? ?

Soigne l'écriture, notamment introduction et conclusion, puis mail à redaction@contrepoints.org ;)

 

il y a 47 minutes, Vilfredo a dit :

Méconnu? A la limite oublié, parce que jusqu'en 1939, c'est le sociologue le plus lu en Europe avec Durkheim et Weber.

Oui, oublié. 

  • Yea 1
Posté
Il y a 1 heure, Vilfredo a dit :

c'est un truisme pur: les gens ils voient pas toujours toutes les conséquences de leurs actions.

en fait, on ne voit déjà pas l'arborescence préalable à un événement (alors que ça serait faisable de gratter un peu)

... alors imaginer qu'on puisse même songer qu'il y a une arborescence après.

C'est l'un des reproches principaux que je fais aux gauchistes et constructivistes de tous poils, cette réduction débilissime d'un historique foisonnant à l'avant-dernier truc visible avant un événement.

Et en arrosant de pognon cette unique cause, on va magiquement résoudre le problème.

Dire qu'on est en 2020 et il y a encore des gens pour n'avoir pas conscience de cela.

 

edit : sinon CP a publié cet article : https://www.contrepoints.org/2014/08/17/177364-le-droit-dignorer-letat-par-herbert-spencer

Posté
il y a 25 minutes, Rübezahl a dit :

Cela parle juste du premier chapitre, le moins intéressant imho donc je pense que cela vaut quand même le coup, j'enverrais l'article et la rédaction decidera ?

  • Yea 1
Posté

Spencer n'a rien révolutionné, mais il reste un figure assez importante de son époque. Il est l'un des premiers à chercher à intégrer l'évolution au sein d'une vision plus large du monde, à essayer de comprendre ce que peux être un monde dans lequel Darwin a raison. Parallèlement, Bergson et Haeckel, même s'ils étaient sans doute meilleurs que Spencer respectivement en philo et en bio, ont tous les deux aussi eu leur lot d'idées débilounettes concernant l'évolution, c'était une étape nécessaire pour la digestion d'une idée aussi lourde. 

Je n'aime pas ce terme de "darwinisme social", qui est une invention journalistique gauchiste tardive visant à mettre les libéraux et les nazis dans le même panier (peut-être pour se venger de "totalitarisme" qui les ranges possiblement eux avec le nazisme). D'une part parce qu'il a rarement une définition très précise (s'il s'agit simplement de s'inspirer de Darwin pour une théorie sociale, alors il faut aussi y intégrer Engels et Kropotine). D'autre part parce qu'elle induit un peu en erreur. Il me semble que chez Spencer, cette évolution de la société résulte d'une sélection des institutions et des manières de faire plus que des individus en eux même (peut-être que je me trompe, je n'ai pas lu beaucoup de lui non plus). Quoi qu'il en soit, il reste surtout un libéral classique envers et contre tous, il ne prône sûrement pas un règne de la force brute.

Il a sa petite place dans l'histoire de l'utilitarisme, aussi. Parallèlement à Sigdwick qui essayait de le combiner avec un "intuitionnisme" (où il mélangeait étrangement philosophie du bon sens et déontologie à la Kant) et un égoïsme rationnel, Spencer essaie plutôt de le radicaliser et de marquer sa différence avec les autres courants, et d'en faire une doctrine strictement rationnelle.

Et aussi, malgré le fait qu'il soit surtout un homme de son époque, il a sa petite originalité. En poussant le plus loin possible les idées libérales classiques, il est l'un des premiers, juste après Molinari et sans doute indépendamment de lui, à proposer l'anarcho-capitalisme. (troisième si on compte Belgarrigue) 

  • Yea 2
Posté
Le 13/02/2022 à 01:02, Rincevent a dit :

Je l'avais lu en une soirée, je n'avais pas non plus été impressionné. C'est le format "21 chapitres ultra-courts pour causer histoire" qui veut ça je suppose. D'une manière générale, Simonnot est un excellent économiste (vulgarisateur) mais un piètre historien.

 

"Piètre historien", je trouve ça sévère de ta part. :D

Pour avoir lu la majeure partie de ses ouvrages depuis Homo Sportivus / Juifs et Allemands : pré-histoire d'un génocide je suis toujours impressionné par son érudition historique et la justesse de ses analyses. Bien entendu, c'est une histoire souvent orientée à la manière d'un Nemo, mais qui seras finalement plus bénéfique pour la culture G du lecteur que les livres d'universitaires qui bien souvent, tournent en rond, alors qu'on ne les considère pas comme de piètres historiens (je dis cela en étant moi-même étudiant en histoire). 

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