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Mégille

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  1. Bonsoir liborg ! Je viens de passer deux semaines un peu coupé du monde, et c'était merveilleux. Du coup, je suis à nouveau prêt à mutiler ma joie de vivre à coup d'informations déprimantes ! En bref, quoi de neuf dernièrement ?
  2. Je vais passer une semaine ou deux dans un genre de château un peu perdu, je ne sais pas si il y aura internet. Liborg va me manquer.
  3. Je le ferais dès que possible (en septembre pour moi) si ce n'était pas obligatoire/quasi-obligatoire. En l'état actuel des choses, par principe, je ne le ferai pas tant que j'ai la liberté de ne pas le faire, jusqu'à janvier environ. Et la bienveillante volonté générale a le temps de suffisamment changer d'ici là pour rendre inutile de penser aussi loin pour l'instant.
  4. Je traine un peu sur les pages de en:wiki en lien avec les coopératives par curiosité, et certaines en dressent un portrait plutôt positif, voire flatteur (ex ici ou là). Ce serait plus résilient et plus solide face aux crises (notamment parce que plus apte à baisser les salaires lorsque c'est nécessaire), plus stimulant pour les travailleurs, etc... Sur le papier c'est beau, et puis, ce n'est ni plus ni moins libéral que les entreprises classiques. C'est aussi une façon assez radicale de régler le problème de l'agence. Le rapport d'égal à égal entre les sociétaires peut être séduisant aussi, même si c'est un peu de l'excès de zèle moral. Et il y a quelques exemples de belles réussites, comme le groupe Mondragon chez les basques et Buurtzorg au Pays Bas. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que ce soit le modèle dominant des organisations... Pourquoi donc ? On a des diagnostics précis et sérieux sur ce relatif échec ?
  5. Tous les autres écrivains anglais de l'Histoire avaient déjà été pris ?
  6. Ca se discute pour le contrôle de l'opinion. Et on est justement bien plus proche des quasi-totalitarismes mièvres de Rand que des gros bidules énervés de l'histoire irl.
  7. "Ségrégation" (ou apartheid, si on tiens à faire un lien avec un fait historique quand même pas mal différent) colle assez bien à ce qui a lieu. Parler de "ségrégation médicale" est peut-être plus précis. "Despotisme" au sens de Montesquieu est assez approprié dans la mesure où s'il y a une passion sur laquelle repose le pouvoir en ce moment, c'est bien la crainte. Parler de totalitarisme au sens de Arendt est problématique, mais parler de simple dictature/tyrannie/etc encore plus. Plusieurs des caractéristiques importantes du totalitarisme sont là : lourde bureaucratie, tentative de contrôler la totalité de la vie des individus, isolement et désolation des gens à la racine de tout ça, science totalement instrumentalisée au service de la propagande, opinion de la masse devenu flexible et capable d'avaler n'importe quelle contradiction d'une semaine à l'autre... On est loin du tyran traditionnel qui se contente d'être bourrin et arbitraire par-ci par-là. Il y a même la relative déstructuration et mise en compétition des différentes instances de pouvoir. Entre le conseil de défense, le conseil scientifique (il y a un moment qu'on en parle moins, de celui-là, non ?), les préfets, etc, on ne sait plus très bien qui a quelle compétence, et qui a pris quelle décision. Mais on est encore loin d'un vrai culte du chef, il n'y a pas de vision à long terme, pas de grand récit qui donnerait un sens à tout (au contraire, on fait comme s'il ne s'agissait que d'une brève parenthèse de l'histoire, justifié uniquement par sa brièveté), pas d'acceptation de la violence en elle-même (elle est encore relativement faible par rapport à ce qui peut être le cas, et les déments refusent obstinément de considérer les conséquences négatives, directes ou non)... Tiens, d'ailleurs, vous avez remarqué qu'en théorie (si le sondage publié peu après l'allocution du grand jupiter était et est toujours juste), les opposants aux mesures sont grosso modo aussi nombreux que les gauchistes ? (entre 25 et 30% dans les deux cas, peut être un peu plus sur certains points des mesures) C'est fou la différence que peut faire le fait d'avoir les journalistes de son bord ! (et je souhaite aux gauchistes que la classe médiatique ne se retourne pas contre eux...)
  8. Et dire que le mot "terroriste" servait d'abord à désigner les partisans de la Terreur, durant la révolution, et était donc une étiquette utilisée par les hommes libres pour mettre en garde contre certaines tendances étatiques et non l'inverse... La subversion est totale. (elle a eu lieu suite à la Commune, accusée à juste titre de terrorisme, puis par association entre celle-ci et les anarchistes, qui furent "terroristes" au sens actuel du terme dans les décennies suivantes, bien que seul une minorité des communards avait été anar).
  9. Perso, je n'ai rien contre les abstractions métaphysiques, par contre, je reconnais que lorsque je passe sur un forum, ce n'est pas avec le niveau d'attention nécessaire pour lire 10+ pages. J'aime faire ça aussi, mais je préfère réserver mon énergie pour ça à des livres et à des articles. A propos de cette histoire de réification. Je veux bien croire qu'il puisse s'agir d'un problème moral qui se pose occasionnellement, voire peut-être souvent, dans nos relations. Cependant, il me semble extrêmement difficile de déterminer précisément, et de façon consensuelle, ce qui compte comme tel, et les réponses légales qui y seraient appropriées (si on en faisait un problème politique). Après tout, la prise en compte politique de ce genre de souci peut tout aussi bien mener à un paternalisme conservateur modéré comme le tien, se contentant d'encadrer un peu le droit du travail et notamment du travail du sexe, qu'à un appel à la révolution afin de renverser le capitalisme. Car quand bien même la théorie de l'exploitation du vieux Marx est fausse et a été proprement réfutée, il n'en va pas tout à fait de même pour sa plus ancienne théorie de l'aliénation (ne serait-ce que parce qu'elle relève de la philo et non de l'éco, et qu'il est donc plus difficile de tirer un trait définitif dessus). Ce problème (que la réification et sa solution puissent être comprises de différentes façons, pas tant la compréhension communiste en elle-même) est justement l'une des choses qui m'amène à croire qu'il n'est ni possible ni souhaitable de construire une société moderne et ouverte sur une idée précise et épaisse de la réification. Plutôt, il me semble qu'il faut se contenter du strict minimum sur lequel il est possible de tous se mettre d'accord, qui revient plus ou moins à l'impératif catégorique de ne jamais prendre l'autre que comme un moyen (ce qui signifie respecter son droit, sa liberté, sa propriété), et laisser à chacun, voire peut-être même plutôt à chaque paire (individuelle) d'individus, le soin de chercher la meilleure façon d'avoir des relations authentiques.
  10. C'est merveilleux d'ailleurs, pour savoir s'il fait froid chez nous en lisant la presse, il suffit de regarder si on parle de hautes températures ailleurs dans le monde.
  11. Je proteste, autant pour les hommes, je ne demande que des muscles et une belle gueule, autant avec les femmes, vu que je cherche plus que du sexe, j'ai des standards. Mais je n'ai jamais entendu une femme se plaindre de ça à propos des hommes en général.
  12. Non mais tu comprends, ça nuit à la bonne vie, alors il faut punir sévèrement l'adultère, et ça n'a rien à voir avec du paternalisme, puisque c'est dans le but d'épargner à des innocents -qui eux ne sont pas coercés par cette loi- d'être cocufiés. Quand à ceux qui sont coercés dans l'histoire, c'est pour leur bonne vie aussi, tgcm.
  13. Je suis d'accord sur une chose, c'est que les règles sur lesquelles doivent reposer la vie en société doivent relever de la morale, et donc, d'une façon ou d'une autre, être une part de ce que tu appelles la bonne vie. Mais ce n'est pas pour autant que ces règles doivent découler de la totalité de nos valeurs morales, et chercher à toutes les servir, tout entièrement... Une petite partie de celles-ci est suffisant, et plus que la plus petite partie possible est déjà trop. Faire reposer la société sur une conception bien précise d'une bonne vie nécessite soit que l'on se soit tous mis d'accord sur cette conception -et ça, ça fait au moins depuis la réforme que l'on doit y renoncer- soit qu'un segment de la société -peut-être la majorité, peut-être pas, peu importe- impose sa conception aux autres. Mais le risque que la conception au pouvoir ne soit pas la meilleure (risque supérieur à 1/2 puisqu'il y a bien plus de deux conceptions possibles...) revient à un risque que le pouvoir oeuvre activement à empêcher la meilleure des vies, ce qui me semble bien pire que de laisser chacun chercher ce qu'est une bonne vie comme il le souhaite. Ma conception n'est en fait pas très éloigné de celle du vieux Rawls de Political liberalism, mais en plus cohérent que lui, il me semble. Non, c'est l'étatisme qui est une douce utopie perfectionniste. Le monde est une anarchie dans laquelle se baladent parfois quelques états, il l'a toujours été, et il le restera aussi longtemps qu'il n'y aura pas d'état mondial. D'ailleurs, si les arguments de Hobbes et de Nozick pour la nécessité de l'état étaient corrects, il y a longtemps qu'un état mondial existerait. Définis "alternatives pertinentes" ? Parce que je vois bien deux ou trois postes ici où là (tu me files une chaire au collège de France stp ?) qui, s'ils m'étaient offert, me feraient reconsidérer ma vie et m'amèneraient probablement à voir mon boulot de petit prof de philo dans le privé comme une cruelle forme d'exploitation... Mais ce qui compte à mes yeux est que ces alternatives ne sont pas une ressource rare et finie que l'on se partagerait, elles sont créées par la satisfaction de nos besoins, ce qui nous permet, en tant que producteurs, d'être plus exigent du coté de nos conditions de travail, et en tant que consommateurs, nous amène à rechercher de nouvelles choses et proposer de nouvelles activités aux autres producteurs. Et il me semble établi que c'est par la liberté, et le plus par la plus grande des libertés, que l'on obtient cet enrichissement. Concernant ma copine tds, elle parle 4 ou 5 langues dont le japonais et la langue des signes des USA, elle a une formation de théâtre, une formation de soin vétérinaire, et je ne sais plus quoi d'autres, mais c'est le shibari (et le fist...) qui lui rapporte le plus et lui laisse le plus de temps libre pour faire ce qui lui plaît à coté - principalement, écrire de la poésie et continuer à apprendre de nouvelles choses. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais ça m'a l'air plutôt épanouissant comme vie. Je me doute bien qu'entre elle et une sans papier érythréenne qui vend ses services pour 30€ au bord de la route, il y a tout un monde... Mais justement, où tranches tu, dans tout ce monde intermédiaire, pour déterminer qui est réifiée (et doit donc être libérée de force ?) et qui ne l'est pas ? Même pour l'érythréenne, le mieux que tu puisses faire est de la protéger contre les agressions (et dans le monde actuel, les flics représentent pour elles bien plus une menace de plus qu'une protection) et ne pas lui mettre de bâtons dans les roues si elle essaie de faire autre chose, elle est a des chances d'être suffisamment débrouillarde pour être capable de s'en sortir si on la laisse faire (et il se trouve que les bâtons dans ses roues, droit du travail, régulation du logement, etc, sont généralement mis là au nom de bonnes intentions comparables aux tiennes). 1) oui, si tout le monde est d'accord 2) non 3) non 4) oui, bon appétit, pense à le mentionner dans ton testament si tu ne veux pas que ça t'arrive.
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