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Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 08/03/2025 dans Messages

  1. Les universités du moyen-âge étaient des conservatoires. Elles pouvaient innover, mais seulement sur un mode cumulatif, ou plutôt, en apportant de plus en plus de précision à ce qui était déjà acquis, et étaient tout à fait close à toute forme de remise en cause de leurs doctrines de référence, sur lesquels reposaient les consensus et à partir desquelles les nouvelles idées étaient jugées. En philosophie et en physique générale, impossible de douter d'Aristote, en astronomie, de Ptolémée, en médecine, de Galien, etc. A la Renaissance, les types comme Galilée et les premiers découpeurs de cadavres, mais aussi, les humanistes, et les alchimistes "hermétiques", Paracelse, jusqu'à Boyle et Newton au moins, etc, se sont confrontées à une vive opposition de l'institution, et on dû poursuivre leur travaux hors de celles-ci, à la cours de certains princes, par des correspondances privées, dans les salons, parfois même via des sociétés secrètes pour ne pas se faire choper. A propos des humanistes : ils étaient tellement hors système et anti-système qu'ils sont allé jusqu'à saper les fondements historiques de l'autorité du Pape sur les états papaux, en "débunkant" la dotation de Constantin. Les universités, qui étaient à peu de choses près des exclaves du Vatican, n'auraient jamais pu faire une chose pareille. Et elles reléguaient les humanités (le "trivium") à une place subalterne, préliminaires à l'étude des autres matières. La valorisation des humanités étaient explicitement un renversement de l'université, et était soutenu par des princes laïcs qui cherchaient à s'autonomiser par rapport à l'église, comme Cosme de Médicis à Florence, et François I en France, qui créé le Collège Royal (aujourd'hui Collège de France) explicitement pour valoriser les humanités et concurrencer l'université. A propos des alchimistes, des "hermétiques" et de Paracelse : aujourd'hui, on s'en moque, puisqu'ils sont à l'origine de l'ésotérisme de la modernité aussi bien que de sa science, mais c'est parce qu'ils exploraient, sans préjugés, toutes les voies refusées par l'institution, et ils cherchaient à le faire empiriquement et pratiquement, même s'il n'y avait pas encore une méthode expérimentale mature. Même Newton avait un pied dans ce genre de chose. Quand à Bayle, il fait partie des premiers qui, comme Descartes, a cherché à distinguer, au sein des nouvelles idées (mais toutes hors de et contre l'université), celles qui deviendront la science de celles qui sont devenus des pseudo-science. Mais lui même oeuvrait dans l'ombre, hors institution, notamment en participant au "Invisible College", société secrète à l'origine à la fois de la Royal Society et de la Franc-Maçonnerie "spéculative" (sans truelle). En Angleterre, la transition entre l'ancienne et la nouvelle université s'est fait assez délicatement. La Compétition des Sociétés savantes créées et protégées par la Couronne a créé une saine émulation, qui a permis une évolution continue. (Peut-être était-ce aussi dû à ce que les universités anglaises étaient initialement des syndicats d'étudiants et de maîtres à la fois, alors que les universités continentales étaient issues soit de syndicats d'étudiants seulement, comme en Italie, soit de syndicats de maîtres seulement, comme en France, ce qui aurait entraîné des rapports de pouvoir plus fort, et moins de flexibilité ?) En Allemagne, il y a eu une prise de conscience du retard sur l'Angleterre au XVIIIème siècle, et ça a motivé des réformes volontaristes importantes, sous l'influence de Humboldt, Fichte et Schleiermacher. En France, il y avait eu une tentative de noyauter la vieille université par Descartes et sa clique au XVIIème, mais avec un succès limitée. La révolution l'a entièrement détruite, comme le reliquat de pouvoir théocratique médiévale qu'elle était, et l'a remplacé par des écoles à visée plus pragmatiques (ENS pour former des profs, polytech pour les ingénieurs, et le CNAM pour les chercheurs en ingénieries). Et ce n'est que plus tard qu'on a recréé à partir de presque rien des universités modernes, avec une rupture encore plus forte qu'ailleurs. J'ai quand même l'impression qu'une partie importante du nouveau savoir produit, hors de ce qui a une application immédiate, vient de l'université. Et la mort de la vieille bête, si elle a lieu, ne sera pas forcément une bonne chose (ou alors, il faudra voir ce qui vient après). La transparence de la recherche, et que ses résultats soient publiques et vérifiables, a une valeur plus que subjective, je crois, mais aussi une vraie utilité pour son progrès. On peut sans doute faire mieux sur ce plan là que ce qu'elle fait, mais on peut aussi faire pire. Et la trop grande focalisation sur le résultat immédiatement pragmatique (qui semble être globalement la direction de la recherche privée actuelle) n'avait historiquement pas fait beaucoup de bien à la science en France (même si c'était sous une direction étatique).
    5 points
  2. Coquerel est l'archétype de l'imposteur politicien, totalement incompétent mais qui donne le change auprès des journalistes et fait illusion auprès du public. Comme le disait Tramp plus haut, il raconte n'importe quoi sur les sujets économiques et financiers, alors qu'il est président de la Commission de finances. Il n'a strictement aucune expertise qui pourrait intéresser l'AN : ni en économie, ni en finances publiques, ni en droit, ni en fiscalité, ni en sciences politiques, etc., ni dans aucun domaine spécifique, comme l'énergie, l'éducation, les transports, la culture ou que sais-je... Son seul domaine d'expertise est... la voile. Je ne suis pas sûr qu'on puisse en faire quelque chose d'utile à l'AN. Son parcours : 1977-1987 est la période où il est censé faire des études. En fait, il échoue au bac... et met 5 ans pour enfin l'obtenir, puis se lance dans des études d'histoire en fac... sans jamais obtenir de diplôme. Il passe plutôt son temps à militer dans des groupuscules d'extrême-gauche, faire la fête ou pratiquer la voile. Sa véritable formation, c'est le militantisme gauchiste, non pas au sein de la gauche intellectuelle, mais dans ce qui se fait de pire : la LCR. Sa seule formation est donc du pur endoctrinement idéologique. À partir de la fin des années 80, comme il faut bien vivre, il profite de ses réseaux dans le milieu de la voile pour monter une petite agence de communication dont le job est d'assurer les relations presse du Vendée Globe, d'Isabelle Autissier et de Michel Desjoyeaux. En parallèle il continue de militer à la LCR, puis au Parti de Gauche. À la création du Parti de Gauche, Mélenchon repère chez lui le profil de bon petit couillon totalement endocriné et le nomme à son tour responsable de l'endoctrinement idéologique des membres du parti. Coquerel grenouille dans les partis de la gauche de la gauche depuis qu'il est ado, mais c'est seulement à 52 ans qu'il obtient un premier poste d'élu local, et à 60 ans un poste de député. Ses attachés parlementaires écrivent pour lui un livre bidon sur la dette, qu'il signe, ce qui lui permet de passer pour l'expert de la question au sein du NFP et d'obtenir le poste de président de Commission des finances.
    4 points
  3. Il faut sortir de la Cour Européenne des Droits de l’Homme mais avec un nom pareil, c’est pas prêt d’arriver. Petit extrait de la page Wikipedia :
    3 points
  4. Pour diverses raisons je me suis posé la question de savoir quels étaient les pays ayant produit le plus de jeux/quel était l'origine majoritaire des jeux et j'ai trouvé (une partie de) la réponse: Pas vraiment de surprises du reste.
    3 points
  5. J'ai l'impression que la perte de signification de l'état de droit est liée à l'érosion de la culture politique libérale en Occident et à sa captation idéologique par l'oligarchie progressiste, qui cherche à en faire un instrument pour contrer le populisme (politique, judiciaire, sécuritaire).Hayek, dans La Constitution de la liberté, fait du Rechtsstaat le fer de lance du mouvement libéral contre l'émergence du pouvoir administratif au XIXe siècle, c'est-à-dire la soumission de l'autorité administrative au droit (qu'il s'agisse du droit commun, comme en Autriche, ou du droit administratif, comme en France). En général, les commentateurs s'insurgent contre son développement par principe contre-majoritaire en démocratie, car il vise à restreindre l'emprise de la majorité sur la minorité par excellence, l'individu (et ses droits), tout comme la concentration des pouvoirs au sein des institutions politiques. Assurer un cadre légal pour protéger les libertés individuelles, obliger les institutions à respecter les limites des pouvoirs qui leur sont conférés ou encore insister sur l'égalité juridique sont des éléments constitutifs de l'état de droit. Le droit de l'état de droit n'est pas censé protéger les criminels au détriment des innocents, puisque la présomption d'innocence, le droit à un procès équitable, les juridictions d'appel, etc., s'appliquent à tous les citoyens (voire, dans certaines circonstances, à tous les êtres humains).Avec l'européanisation du droit français et l'influence grandissante du droit nord-américain en Europe ces trente dernières années, les expressions « état de droit » et « règle de droit » sont devenues à la fois assez semblables et connotées positivement (par exemple, protection des droits fondamentaux, comme l'article 6 du TUE). On est loin des débats du XIXe siècle sur le positivisme juridique face à l'état républicain, comme évoqué plus haut. Cependant, aujourd'hui, ce qu'on observe, c'est la perte de pouvoir politique (la souveraineté et ses organes) des instances élues au profit des institutions technocratiques et de l'expertise, ce qui modifie le rapport de force entre instances élues et institutions contre-majoritaires. La « sécession des élites », dont parle Christopher Lasch, correspond aussi à la concentration effective des pouvoirs au sein de toutes les institutions par une même classe partageant une même mentalité, une éducation similaire et une socialisation accrue. Les juges, en particulier dans les instances les plus hautes, partagent des traits idéologiques communs avec les élites politiques, administratives et économiques de tous les pays occidentaux, et donc les mêmes intérêts et préjugés de classe. En France, ce sont des macronistes mentaux, comme n'importe quel membre de Renaissance. Depuis une dizaine d'années, la peur du populisme a rendu ses défenseurs au sein de l'institution judiciaire plus politiques, et l'état de droit est devenu un outil pour contrer les politiques jugées contraires à la conception éthérée qu'ils se font de la démocratie libérale. Que ce soit le rôle des procureurs aux États-Unis avec Trump, la Cour constitutionnelle en Roumanie, la rhétorique européiste contre Orbán, ou, désormais en France, la nomination de moins en moins discrète de militants au sein des institutions administratives suprêmes en vue de préparer l'arrivée du RN au pouvoir (sans parler du précédent du PNF avec Fillon). Ce n'est plus la culture partagée de la liberté qui anime ses thuriféraires, mais l'idéologie progressiste qui confisque certains leviers de pouvoir par intérêt de classe, groupisme et rejet du populisme, tout en abandonnant sa vertu principale : celle de tempérer la concentration du pouvoir politique aux mains d'une clique d'upper-class twits.
    3 points
  6. Intéressant, mais à part la toute dernière partie, ça parle de l'islam historique, pas spécifiquement de l'islam "d'aujourd'hui" ! Et à propos de la réaction musulmane actuelle, il y a plusieurs éléments importants qui manquent. Cette réaction, qu'on assimile beaucoup à Ibn Abdelwahhab (dont je n'ai pas l'impression qu'il soit très influent hors du clan Saoud), est à la fois plus récente, et trans-sectaire, plutôt que vraiment anti-sectaire. Alors que les wahhabi d'Arabi Saoudite sont quand même très ancré dans l'école hanbali, historiquement plus rigide et littéraliste que les autres, les talibans par exemple sont liés à l'école hanafi, pourtant historiquement la plus libérale. Et les Frères musulmans se font les avocats des écoles traditionnelles toute entière, et sont loin des excès salafi. Et ça ne se limite pas au sunnisme, la révolution iranienne, chiite duodécimaine, est sans doute le point de départ de l'islamisme actuel. Et les houthis, chiites zaydi, ne sont pas en reste. Et d'ailleurs, point intéressant à mettre en lien avec le reste de la vidéo : les chiites duodécimains et zaydis ont une théologie très proche de celle des mutazilites, rationalistes. Et les duodécimains étudient les anciens philosophes. Khamenei est même, je crois, un spécialiste de Mulla Sadra, un très grand philosophe du XVIIème siècle (qu'on gagnerait à connaître en occident), héritier de Ibn Sina. Difficile, donc, d'identifier le rejet du rationalisme comme cause unique du fondamentalisme. Sur la partie histoire maintenant. Je n'ai pas vu la vidéo "partie I", mais j'ai l'impression qu'il sous entend qu'il y avait un islam des origines avant toute cette corruption... J'ai plutôt l'impression que c'est la construction historique de l'islam qu'il décrit. Les premiers "musulmans" étaient sans doute des chrétiens hérétiques, apocalyptiques, à tendance arianiste mais pas trop dogmatiques et plutôt inclusifs (plutôt que "muslim", soumis, ils se faisaient appeler "mumin", c'est à dire croyants, incluant parfois les autres chrétiens et les juifs), ayant toujours la Bible chrétienne pour référence (puisque sans elle beaucoup de textes coraniques sont incompréhensibles), mais avec des sources sacrées renouvelées grâce à un prophétisme vivant, qui ne se limitait d'ailleurs pas à Muhammad (j'attends d'ailleurs que la recherche se saisisse de l'importante des autres, en particulier de Musaylima). A propos des hadith. J'ai l'impression que c'est plus subtil que ça, et qu'ils ont d'abord été mobilisé (eux ou en tout cas, leur étude systématique) contre le pouvoir, plutôt que pour lui. Les hadiths jouaient un rôle assez mineurs sous les omeyyades et au début des abbasides, et les imams Abu Hanifa et Malik ibn Anas n'y avaient presque jamais recours. On se met vraiment à voir un mouvement pro-sunna et pro-hadith en opposition au calife al-Mamun, lui même très centralisateur et très autoritaire, et partisan d'un islam plutôt rationaliste. Ce sont les opposants à Mamun, notamment Ibn Hanbal, qui vont utiliser les hadith comme une source d'autorité juridique partagée et décentralisée, plus légitime que le pouvoir politique du calife, et incontrôlable par lui. C'est encore la raison pour laquelle les tentatives politiques de contrôler l'islam pour le rendre modéré sont si inefficaces. La Sunna est une sorte de blockchain, conçue spécifiquement pour résister à ça. L'étape manquante sans doute dans cette histoire est la construction de la mystique musulmane, soufi. Al Ghazali, grand soufi lui-même, ne réfute pas les falasafa seulement au nom de l'orthodoxie, mais aussi au nom des faiblesses internes de leurs systèmes métaphysiques, qu'il maîtrise bien. Et avec et après lui, ce n'est pas tant un islam aveugle et dogmatique qui triomphe contre la pensée critique, mais plutôt un islam plus intuitifs et émotifs. Qui n'est pas tout à fait une plus grande soumission au politique, d'ailleurs, puisqu'il repose sur les figures charismatiques des sheikh. Ca a sans doute contribué à la perte de vitesse scientifique du monde musulman à la fin du moyen-âge. Mais puisque c'est un islam au préoccupation surtout spirituel et supra-mondaine, il était assez compatible avec une certaine modernisation, même s'il était attaché aux écoles théologiques et juridiques traditionnelles. C'est cet islam là, spirituel et esthétique, qui s'est effondré à la fin du XIXème et au début du XXème (au Moyen-Orient en tout cas). Et c'est aussi, peut-être même surtout, contre lui qu'est apparu l'islam bête et méchant actuel, qui rejette aussi bien la philosophie que la mystique, et qui se contente de chercher à appliquer un droit anachronique.
    3 points
  7. J'observe de plus en plus que le "Trump derangement syndrome" qui caractérisait l'outrance ridicule de quiconque hurlait à tout bout de champ "oulala, l'abominable Trump a encore frappé" est en train de se transformer en l'aveuglement militant ridicule de quiconque ne supporte pas la moindre critique adressée à son héros, infaillible par construction. Comme le dit @Marlenus plus haut, il n'est nul besoin d'être un "radical left lunatic" (une des formules bateaux de Trump) pour penser, d'un point de vue libéral, qu'à de multiples égards, il fait fausse route.
    3 points
  8. En pratique l’étude la plus célèbre fait bien ça en comparant le cycle de vie avec les danois historiques. Dans des pays socio démocrates gérés correctement comme le Danemark, le cycle de vie est globalement neutre. Vu que la redistribution sociale est moyennée et donc invisible, et que le cœur de vie active compense le déficit crée dans le jeune âge et à la retraite. Si tu veux l’analyse économique générale (et pas libérale, parce que je ne sais pas ce que l’idéologie a à voir), en Europe, l’immigration extra européenne est une perte en moyenne sur tout le cycle de vie. Elle est donc financée par le contribuable général au profit de ceux qui margent dessus. C’est un fait ; la question politique est de savoir si on a besoin de subventionner l’immigration. Et retournons maintenant au début de ton message, si ma mère en avait. Si tu prends la même immigration avec la même création de valeur, mais sans transferts sociaux, elle n’est grosso modo soutenable qu’entre 25 et 45 ans. Donc fondamentalement, avec des enfants, l’immigration devient économiquement négative pour l’immigré, qui rationnellement devrait rentrer chez lui (où on retrouve les phénomènes historiques de retour des immigrés). La conséquence au niveau de l’équilibre général, c’est que les salaires devraient augmenter et l’économie se réorganiser. Faire des métiers manuels devient plus rentable pour les gens ; sûrement plus automatisé aussi. Ça veut sûrement dire qu’il faut moins de gens pour remplir des tableaux XLS de reporting. Et sur les besoins non pourvus, vous avez des immigrés qui viennent faire du cash avant de rentrer chez eux. C’est quand même nettement plus sain.
    3 points
  9. Et bien, les ia conversationnelles gratuites nuisent, de fait, aux universités. Elles facilitent peut-être l'apprentissage autonome, si elles sont utilisées intelligemment et à bon escient, mais ça en ferait presque des rivales plus que des alliées des universités. Les universités gardent leur quasi-monopole sur le marché du signalement de l'apprentissage, mais les ia viennent précisément fausser ces signaux-ci en facilitant énormément la fraude, ce qui va bien finir par leur faire perdre leur valeur. D'ailleurs, c'est de notoriété publique que ces ia sont principalement utilisées par des étudiants, leur utilisation chute rapidement pendant les périodes de vacances universitaires. Ca c'est pour le coté formation, mais le coté recherche (dont dépend principalement le classement international des universités, qui sert à attirer les étudiants et à valider les signaux à la fois) est lui aussi impacté. L'évaluation quantitative de l'importance des recherches était déjà biaisée par les nombreux articles à très faible valeur ajoutée (autoplagiat, recherche salamisée, etc), mais ces biais restaient tolérables tant qu'ils étaient au moins limités par le coût, en temps et en énergie humaine, de la publication de ces bullshits papers. Ce coût étant maintenant presque éliminé, les signaux de contribution à la recherche vont eux aussi rapidement perdre en valeur. Bref, c'est un coup dur porté contre l'université. Peut-être autant, voire plus, que l'imprimerie, qui a rendu obsolète l'université du moyen-âge en la mettant en concurrence avec des sources de développement du savoir indépendantes beaucoup plus performantes. Comme l'université scolastique au début de l'époque moderne, l'université contemporaine est sans doute trop inerte pour adopter rapidement le changement, et elle a toutes les chances de se transformer elle aussi, dans un première temps, en une coquille vide, distribuant des diplômes officiels donnant accès à des privilèges, mais dont tout le monde se moquera. Reste à voir si, ensuite, elle se renouvellera en absorbant la concurrence, comme elle l'avait fait au milieu de l'époque moderne, ou si elle tombera pour de bon. Ce qui ne signifie heureusement pas la fin de la science, après tout, la science ancienne existait depuis bien avant l'université, qui n'avait été créé que tardivement et pour la transmettre, et la science moderne est née hors de et même contre l'institution universitaire du début de la modernité. Selon quelles modalités et sous quelle forme, je ne sais pas, mais je ne doute pas que la science puisse continuer son chemin sans l'université, sous sa forme actuelle en tout cas (même si ce ne sera pas sans poser plusieurs problèmes). Dans tous les cas, le monde de la tech a des raisons de ne pas trop s'en inquiéter. Leurs grosses entreprises font déjà de la recherche indépendante, et font de plus de plus de formation. Et il est facile d'imaginer que plusieurs membres de son armée, que ce soit les généraux ou les fantassins, puissent avoir un petit quelque chose contre l'université. Soit qu'ils ont pu constater que de très bons étudiants pouvaient faire de mauvais ingénieurs (peut-être parmi leurs subordonnés), soit qu'ils ont l'idée que des ex-étudiants peu accomplis académiquement peuvent faire de très bons ingénieurs (peut-être parce que c'est l'idée qu'ils ont d'eux mêmes). J'ignore à quelle point ça correspond à la réalité, mais j'ai l'impression qu'on a encore ce mythe de l'informaticien prodige, hors système, qui prépare seul la prochaine révolution technologique depuis le garage de ses parents, pendant que l'informaticien théorique universitaire le snob en tournant en rond. S'il y a ne serait-ce qu'une petite part de vérité dans cette représentation, ça peut être dû à la trop grande valorisation de la conscienciosité et du conformisme par le système académique, ce qui serait une raison de plus pour le rejeter. Enfin, il peut aussi y avoir un motif idéologique. L'université est identifiée comme étant de gauche. Voire même, comme étant la gauche, aux USA. Ce qui en fait non seulement une rivale mais même une ennemi pour les adeptes de le tech-right.
    2 points
  10. Je pense qu'il faut voir le racisme systémique moins comme un fait, qu'on pourrait observer ou non sans ambiguïté, que comme une grille d'analyse, dont on jugera la pertinence par sa capacité à expliquer un ensemble de faits. C'est le cas d'ailleurs de toutes les tentatives de comprendre la société, ou l'histoire, à un niveau macro : les phénomènes y sont trop complexes pour qu'on puisse faire mieux que des approximations un peu grossières mêlant stats et intuitions biaisées, et toujours en cachant encore plus de la réalité qu'on en montre. Mais on fait quand même par là apparaître des phénomènes non-triviaux, et qui ne sont pas *que* dépendant de notre grille. Ce que soulève @Domi, je crois, est que ce petit jeu risque d'aller de pair avec un projet constructiviste. De fait, j'ai l'impression que c'est bien le cas. Lorsqu'on s'intéresse à un objet, c'est le plus souvent pour apprendre à le manipuler, idem si l'objet en question est la société. Par contre, je ne crois pas que ça découle logiquement de cette théorie-ci. Et d'une manière générale, c'est je crois une erreur (qu'elle soit très fréquente, voire quasi systématique, n'y change rien) que de tenter d'inférer la nécessité d'un projet de correction planifiée de la société à partir d'une théorie de l'oppression systémique. La raison n°1 en est l'oubli (au moins partiel) de la place du théoricien, et du moyen de réaliser ses projets, au sein du système oppressif étudié. Pour une théorie organiciste (la société comme grand vivant qui cherche à préserver sa santé), ou pour une théorie de la domination qui se placerait du coté du dominant, ça ne poserait aucun problème, puisque l'existence de la théorie et la réalisation de ses injonctions serait un mécanisme de renforcement positif de plus dans le système étudié. Mais une théorie de la domination qui se place du coté des dominés est condamnée à logiquement s'autodétruire, puisque chacune de ses victoires, sur le plan des idées aussi bien que des actions, devraient en toute logique la réfuter, ou la renverser. En bref : des trois propositions suivantes, il faut nécessairement en rejeter au moins une : (1) l'état et l'université peuvent être du coté des dominés, (2) l'état et l'université peuvent agir significativement sur la société, (3) la domination est systémique. Si (1) et (3) sont vrais, alors il faut considérer que l'état et l'université (ou tout autre champ de bataille où les théoriciens critiques espèrent avoir une influence) sont impuissants, puisqu'eux-mêmes deviendraient sujet de domination en rejoignant les dominés. Si (2) et (3) sont vrais, alors, il faut considérer que le système oppressif est si fort qu'il n'y a rien à attendre des institutions constructivistes qui seront toujours des ennemis sous couvertures. C'est l'idée que j'ai cherché à diffuser autour de moi dans le petit monde woke que je fréquente (succès mitigé). Sinon, effectivement, il faut laisser de coté, ou au moins beaucoup relativiser, la systématicité de la domination. C'est évidemment ce dont il s'agit. On est là dans un cadre de pensée post-marxiste : il s'agit de déceler des mécanismes implicites sous la "superstructure", et donc, ne pas s'arrêter au contenu explicite (et conscientisé) des croyances, des discours et des lois. Ca, c'est si on a 30% des propriétaires qui discriminent complètement dans 100% des cas. Mais peut-être que c'est 100% des propriétaires qui discriminent dans 30% des cas (par exemple chacun en mettant la barre juste un tout petit peu plus haut qu'habituellement, tout en ne la mettant pas tous au même niveau au départ). Et plus plausiblement, n'importe où au milieu de ces deux situations invraisemblablement extrêmes. Et même si on est dans le cas que tu envisages, même une légère déviance statistique, si elle est suffisamment avérée, doit être considérée comme faisant partie de la réalité et exigeant qu'on lui cherche une explication. Quelques pourmillionièmes de lumière en plus que prévu peuvent pousser les physiciens à soupçonner l'existence d'une planète lointaine ou d'une nouvelle particule fondamentale. 1 ou 2% de chance en plus d'être gay par grand frère biologique est suffisant pour qu'on établisse une influence du système immunitaire de la mère sur l'orientation sexuelle de l'enfant mâle. Rien d'aberrant donc à chercher une explication à un biais raciste moyen au niveau de la société, même s'il est léger. Et même si la première explication à laquelle on pense est "oh, c'est le vieux Gégé à coté qui est con et raciste", alors, se pose toujours la question de pourquoi on voit apparaître régulièrement de tels Gégé, plutôt que n'importe quel autre déviation aléatoire vers des idiots ayant des préjudices contre n'importe qui ou quoi d'autre. Stop à l'antisémantisme ! 😁
    2 points
  11. Une réflexion intéressante de John Podhoretz (avec qui j'ai de grosses divergences idéologiques) sur la tendance à dire tout ce qui nous passe par la tête sur les réseaux sociaux et la polarisation violente que cela entraîne. https://twitter.com/jpodhoretz/status/1966474548762607694
    2 points
  12. Pour moi, c'est typiquement le genre d'histoire où ce qu'il s'est vraiment passé, ou même qui est vraiment l'homme, ce n'est pas ce qui est important. Ce qui est important c'est que l'image qui en est ressorti a trouvé écho à une certaine partie de la population. Un homme identifié comme un migrant musulman non-blanc clandestin se fait remettre à sa place par une fillette blanche qui a le courage de lui faire face de façon armée. Cela donne de super même: Qu'au final il soit bien migrant mais blanc, en règle et chrétien (visiblement orthodoxe) ne change rien finalement et que l'on ne sache pas ce qui s'est réellement passé on s'en fout. Qu'une fillette de 12ans se trimballe dans la rue avec une hache et un couteau, on s'en fout. L'image est belle, cela peut être un symbole de révolte et réveiller les consciences car des filles tuées par des migrants clandestins malheureusement c'est trop courant (voir récemment au pays-bas) et c'est ça qui est important. Là c'est une image qui est importante pour la droite. Mais la gauche a aussi ce genre d'affaire. Si demain une jeune fille accuse une super-star de droite de viol, la gauche va cancel de suite la super-star et la droite va crier à la présomption d'innocence. Et oui, le fait que beaucoup d'hommes de pouvoir ont abusé de jeunes femmes est une vérité, donc forcément cela va parler à celles qui dénoncent le patriarcat. La vérité sur le cas spécifique n'a pas d'importance, ce qui est important c'est le symbole. La justice de toutes façons est beaucoup trop longue et la vérité cela prend du temps de la connaitre si un jour on la connait. Cela me fait penser à l'affaire du chat qui miaule et la SNCF. Une femme blanche présente un chat tout mignon et explique qu'elle a été verbalisé à tort par la SNCF. Cela parle à tout le monde, des amendes qui nous tombe dessus dont on estime qu'elles sont injustes alors que les délinquants pullulent de façon impuni cela nous énerve. Haro sur la SNCF et ses contraventions débiles. Puis c'est pas comme si nous n'avons pas 15k exemples du même type qui sont des marronniers des journalistes. Qu'au final la femme a été verbalisé car elle était ingérable, qu'elle insultait le wagon et les autres passagers qui lui demandaient de s'occuper de son chat, qu'elle ait refusé tout arrangement, ben ce n'est pas important. C'est le symbole qui est important qui permet de parler de ses frustrations. Comme le dit l'expression, on est dans une ère de post-vérité.
    2 points
  13. Vous savez ces chercheurs qui se croient subtils et malins à inventer des acronymes vaguement insultants, genre "WASP" ou "WEIRD" ? Moi ça m'agace. Donc je définis officiellement mon propre acronyme : Radical Activist Producing Ideological Scientific Theory. Je vous annonce donc la parution prochaine d'une série de papiers : "Protecting academia from RAPIST influence", "10 signs you are a RAPIST and why you should stop", "A case study in RAPIST publication"...
    2 points
  14. J'ai creusé le sujet avec l'obsession typique d'un nerd qui a trouvé un filon de connaissance intéressant depuis 4 ans. Ma conclusion: l'introduction des huiles de graines dans l'alimentation au cours du XXe siècle, suivi de l'augmentation de leur usage au point qu'elles représentent maintenant jusqu'à 20% des calories consommés par certaines parties de la population (la moyenne doit plutôt être à 10-15%, plus élevée aux US qu'en Europe), explique 85-95% de l'épidémie de maladies chroniques et métaboliques dont on souffre (obésité, diabète, cancer, maladies cardio-vasculaires, Alzheimer, ...). Si une maladie implique une inflammation persistante dans l'organisme, les huiles de graines sont de la partie (sans nécessairement en faire la cause unique). Qu'est-ce qui rend les huiles de graines si toxiques? l'acide linoléique (LA), la forme d'omega 6 la plus couramment trouvée dans l'alimentation. On a évolué pour en consommer 0.5%-2% de nos calories, à cause des huiles de graines ont est maintenant à 10% (ou plus). Avec deux conséquences: - déséquilibre complet avec les omega 3. Pour simplifier un système très complexe, les omega 6 jouent le rôle de la pédale d'accélérateur pour l'inflammation, les omega 3 de frein. C'est un mécanisme de régulation qui fonctionne bien tant que ces deux acides gras sont en proportion équilibrée. Avec l'alimentation actuelle, on est pied au plancher sur l'accélérateur sans possibilité de frein - le LA s'oxide, et ses produits d'oxydations sont toxiques (4-HNE est le plus connu). Si tu cherches pubmed pour la plupart des maladies métaboliques, tu es sûr de trouver le 4-HNE impliqué d'une façon où d'une autre. Nous sommes équipés de tout un système pour prévenir cette oxydation (centré sur le glutathion et l'utilisation de vitamine E que les plantes produisent pour exactement la même raison), mais ce système a été "conçu" pour un max de 2% de LA, à 10% il est complètement surchargé. "Malheureusement", c'est un poison qui tue lentement (dizaines d'années), et la quasi totalité des gens ne se rendent absolument pas compte de combien ils en consomment (l'huile de tournesol dans la poêle est négligeable par rapport à la quantité mise dans à peu près toutes les préparations industrielles, et pour les pays qui ont une culture de la frite, ...), ce qui expliquent qu'elles soient passés sous le radar pendant aussi longtemps (ça, et le fait que la nutrition est capturé par des militants végétariens qui ont fait de ces huiles leur héro). Une étude clinique de 2 ans ne montrera jamais leur toxicité, à cause de leur durée d'action et du fait qu'on a pas de vrai groupe contrôle. Personnellement, je les ai viré par "accident" de mon alimentation il y a un peu plus de 10 ans (via mon expérience paléo), elles sont revenues il y a 7 ans parce que ça n'était pas un truc auquel je faisais attention, il n'y a pas d'effet immédiat, et il faut plus ou moins abandonner les trucs tout faits, et j'y suis revenu consciemment cette fois il y a 3-4 ans. Le résultat? j'ai perdu du poids, quasi plus de migraines, ma maladie inflammatoire de l'intestin est sous contrôle, plus de douleurs articulaires, peau plus saine, et quasi-plus de gueule de bois (avant je pouvais l'avoir après 4 verres... la détoxification du 4-HNE et celle de l'alcool utilisent les même enzymes, donc j'imagine que mon foie était déjà à la limite de ses capacités avant que l'alcool n'arrive). C'est une expérience relativement typique, même si les effets ressentis sont assez variables d'une personne à l'autre (le maillon le plus faible génétiquement casse en premier j'imagine), ce qui explique qu'on soit passé d'un sujet trouvé sur un obscur blog de nerd il y a 5 ans à un sujet discuté lors d'une élection présidentielle. PS: tu notera le glissement sémantique entre "huile végétale" et "huile de graine". Les huiles d'olive, d'avocat et de coco ne posent pas ces dangers, malgré le fait que ce soit bien évidemment des végétaux, d'où le changement ne nom. (malheureusement les huiles d'olive et d'avocat sont souvent coupées à l'huile de soja, mais c'est un autre sujet) J'avais déjà évoqué le sujet sur le fil nutrition, il me parait être le bon fil pour continuer la discussion pour éviter de devier celui-ci.
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  15. Le mercosur n'est qu'un prétexte mais dans les faits il y a 2 mondes qui s'opposent actuellement dans le monde agricole. Le monde des gros exploitants et des agro-industriels représenté par la FNSEA et le monde des petits exploitants familiaux représenté par la coordination rurale (avec en arbitre des paysans écolos représenté par la confédération paysanne). Historiquement la FNSEA fait la politique agricole de la France. C'est l'un des lobby les plus puissants en France et ils donnent des lois toutes prêtes à être votés aux députés. Et dans les faits, les gros exploitants et l'agro-industrie vont bien. Le problème c'est que cette même FNSEA depuis très longtemps largement dominante aux élections professionnelles commence à être discrédité et à perdre de son influence même si elle est encore majoritaire. Un exemple, c'est la taxation du rouge. Le rouge c'est du diesel non taxé pour les tracteurs. Officiellement, le gouvernement sous couvert de transition écologique a demandé à taxer plus le rouge pour privilégier le biocarburant. Dans les faits le gros gagnant aurait été le président de la FNSEA qui est à la tête de l'industrie leader du biocarburant. Beaucoup soupçonne que ce soit même lui qui était à l'origine du texte. Sauf que chez les petits producteurs ce n'est pas du tout, mais alors pas du tout passé. Et la coordination rurale capitalise sur le ressentiment de plus en plus de petits agriculteurs pour mener des actions coup de poings. Ses leaders sont tous sauf des tendres. Plusieurs ont été de multiples fois condamnés. Mais ils représentent ces "petits" qui ne veulent pas mourir et que la FNSEA et les politiques n'aurait aucun mal à sacrifier si cela n'avait pas de coût politique. Et là, dans le Mercosur, clairement les gros agriculteurs de la FNSEA vont être gagnant. Ceux de la CR, perdant. Tu gagnes rarement à l'ouverture au marché quand tu es un petit exploitant qui a déjà du mal à t'en sortir. Il est intéressant de voir que depuis longtemps les présidents de la FNSEA ne sont agriculteurs qu'en petite partie. https://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_Rousseau Sur l'influence de la FNSEA sur les élus: https://reporterre.net/Deputes-ils-proposent-des-textes-ecrits-par-la-FNSEA Le MERCOSUR n'est donc qu'un prétexte sur un combat sur la vision de l'agriculture entre 2 syndicats. Perso, je ne vois pas trop de salut dans les petites exploitations à l'anciennes défendus par la CR. Soit tu te converti à l'agriculture écolos de la CP qui vont te vendre du bio sur les marché et qui vont être heureux avec peu, soit tu deviens un gros. Mais le petit exploitant qui essaye de faire de l'agriculture à l'ancienne, je ne vois pas comment il va tenir. Le Mercosur ne va pas l'aider, c'est sûr, mais ne pas l'avoir ne va pas le sauver.
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  16. Malformation du mot. Le chibrographe est celui qui prend la photo, photo qu'on gagnerait donc à décrire comme un chibrogramme.
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  17. Une vidéo intéressante sur le commerce des cheats. Sinon Clair Obscur a fait un braquage aux Games Award avec 9 victoires ( dommage pour Kingdom come 2 qui méritait de gagner dans une ou deux catégories). Et les gauchistes n'ont pas loupés l'occasion de se monter détestable en renommant le jeu Gwer Obscur, Expedition 88, KKKlair obscur, Expedition à Tel Aviv, Goy Obscur et j'en passe.
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  18. Il va falloir faire accepter aux gens (en agrégé) qu'ils vivent 20% au-dessus de leur niveau de vie. Et les quantiles en dessous du 60% doivent aller dans les 40% - 50%. Sachant que pour rembourser la dette accumulée par la Génération Mitterrand, il faudrait encore réduire de 10% - 15% le niveau de vie. Va falloir être fort pour que les gens le comprennent et l'acceptent.
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  19. Je pense que le problème de la France est moins l'immigration que l'émigration. L'émigration des cerveaux ( ce n'est pas les plus mauvais qui émigrent) fait énormément de mal au pays et dit beaucoup de nos politiques. Et j'ai l'impression que c'est un problème qui n'est absolument pas pris en compte à part pour dire des trucs à base de "la France tu l'aimes ou tu la quittes et si tu la quittes on fera en sorte que le fisc français par contre restera à tes basques".
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  20. https://www.bbc.com/news/articles/c3vn25d5dq7o Dans un documentaire, le discours de Trump du 6 janvier avait été largement édité (pas en faveur de Trump). Un bon exemple de mauvais journalisme et de manipulation dans un documentaire. Ce que je ne comprends pas c'est qu'il semble qu'il aura fallu un "leaked memo" récent.. mais le discours et le documentaire étaient là disponibles depuis des années...
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  21. J’ai un gros problème d’ordre de grandeur la :
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  22. Tu confonds cause et conséquences. Yarvin a passé la barrière du mainstream parce que c’est l’un des intellectuels du dark enlightenment, idéologie qui a un impact chez une partie notable des conseillers de Trump. C’est comme de dire en 1917 qu’on ressort cet obscur économiste socialiste qu’on appelle Marx. Ben oui.
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  23. Ils sont suffisamment cons pour avoir mis un seuil de 5m€ : ils vont réussir à faire fuir les vrais riches (à + 5m€) et ne même pas faire rentrer la ressource fiscale de ces impôts, qui vient à chaque fois des "petits" riches. En tout cas je connais trois personnes qui sont littéralement entre 5 et 6m€ de bilan. Dans les trois cas avec possibilité facile d'expatriation ou de changements de structuration fiscale. Ca va être intéressant à suivre mais je suis à peu près certain que pas 1 € n'ira dans les poches de Bercy. Sinon, n'oubliez pas la vraie nouvelle : pas de changement sur la flat tax. Prolongation des soldes fiscales (très relatives), si vous avez des plus-values à matérialiser prochainement, faites le en 2025, ça risque d'être bien pire en 2026. Et on oublie pas, le budget en train d'être voté fixe les règles... 2025. Ne vous faites pas avoir. Si nouvelle majorité en 2026 et nouveau budget, ça changera les règles rétroactivement au 1er janvier (2026).
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  24. comme pour les yachts et au final ce sont les crétins qui votent pour plumer leur prochain qui se retrouvent encore plus plumés.
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  26. Je ne suis pas étonné. Comme la plupart des combats du progressisme de centre-ville, il s'agit in fine de lutter contre ces salauds de pauvres.
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  27. L'obésité ne devrait pas être considérée comme normale dans les forces armées.
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  28. C’est le fond de ma remarque ? C’est pas clair ce que tu recherches, mais si tu cherches des resources sérieuses sur des sujets de fond, pourquoi tu vas sur une video youtube d’un "Monsieur Phi" qui est visiblement un clash de personnalités ? Pour la technique, avec des maths et du code, voir Andrej Karpathy. Il fait un travail monstre là dessus. Pour une approche plus en largeur et bien moins en profondeur (où ça parle aussi économie, stratégie business, énergie, datacenters…), voir le podcast de Dwarkesh Patel ? (par exemple cette video) Pour suivre "le nez dans le guidon, au jour le jour", le substack de Zvi Mowshowitz (dernier article en date).
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  29. Un résumé pas sans pertinence de la moyenne du paysage d'opérations chinoises envers Taiwan, avec le théâtre et les diverses forces en présences dit de la guéguerre mondiale dans le monde "tinois à taiwan".
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  30. Bonne question. Il y plusieurs pétitions en cours: Sur Change.org, plus de 30000 signatures à ce jour Sur le site de l'Assemblée nationale (date limite dépassée), un peu plus de 1000 Sur MesOponions.org, un peu plus de 150 Il y a aussi un site web qui permet de contacter directement les représentants: https://fightchatcontrol.eu/ Ce site indique aussi quels sont les Etats favorables ou défavorables au projet. Sur 81 représentants français, 15 sont défavorables: des LFI et des Ecolos.
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  31. La relation fondamentale, c'est la fin du droit de Henri IV à sélectionner hors carte scolaire au lycée (Affelnet). Qui a bien évidemment pour effet de pousser des gens à mettre leurs gamins chez les jésuites pharisiens du privé. (et qui finira par avoir pour effet un effondrement du consentement à l'impôt des CSP++)
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  32. Les députés semblent avoir compris quelque chose et choisissent de protéger a priori le secret de échanges. https://www.frandroid.com/culture-tech/politique/2792183_les-deputes-adoptent-une-loi-pour-renforcer-le-chiffrement https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1112_projet-loi#D_Article_16_bis
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  33. Un bel exemple d'usine à gaz bureaucratique poussée par la technocratie, trouvée sur LinkedIn. Il s'agit du "schéma français de gouvernance de l'IA". Le plus cynique dans cette affaire est de présenter ce système de flicage bureaucratique comme un dispositif public "décentralisé", "efficient" et... "favorable à l'innovation".
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  34. 1/ Le ras-le-bol induit le mouvement initial, mouvement qui est spontané, désorganisé et bordélique 2/ à peine démarré, les organisations d'EG surveillent le machin. Si ça avorte, on ignore. Si la mayo fait mine de prendre, hop les organisations rodées viennent prendre, facilement, le contrôle du mouvement initial. C'est stricto-sensu du squat. Et les bonnes volontés initiales voyant la prise de contrôle, se barrent. L'EG reste seule aux manettes. Bref, ce n'est pas le mouvement initial qui se transforme de lui-même en un mouvement d'EG. C'est juste que les initiateurs perdent le contrôle (de gré ou de force) au profit de l'EG. J'ai vu ça en direct sur les ronds-points des GJ chez moi. Les gars de LFI venaient avec du café, des viennoiseries, etc. C'en était gênant. Et tous les GJ sympas du début se sont barrés. Et tristes de se barrer.
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  35. J'ai du mal avec ce concept de sur-tourisme. C'est quelque chose qui fait très NIMBY de mon point de vue et qui est surtout un sentiment personnel. Je doute que les restaurateurs que l'on voit pleurer à chaque saison estivales pensent qu'il y a du sur-tourisme par chez eux, par contre ceux qui arrivent pas à se loger car leur ville s'est transformé en AirBnB géant, beaucoup plus. Par contre qu'il y ait un vrai phénomène de tourisme de masse qui s'est développé autour de certains points en particulier, ça 100% d'accord. Là où cela m'a le plus frappé c'était à Prague il y 2-3ans. J'ai eu la chance d'y aller avec quelqu'un qui y était allé dans les années 90, cela avait changé du tout au tout. Ou plutôt cela avait changé sur ce qui était fléché tourisme. Dès que c'est vu comme touristique c'est invivable de mon point de vue. Dès que tu t'éloignes un peu par contre c'est très vivable et intéressant. Mais tout dépend ce que tu cherches dans le tourisme. Pour faire un parallèle avec la peinture, si tu veux voir la Joconde, ton expérience sera moche, mais tu auras vu LA toile que tout le monde connait et tu pourras en parler. Si tu veux voir de belles peintures dans une expérience agréable, tu as pleins de choix, par contre tu auras du mal à partager cette expérience vu que peu de personnes sauront de quoi tu parles.
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  36. C'est strictement pareil en France. L'organisme en charge est : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mobilier_national En 2007, peu avant son départ, le Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin, avait fait diligenter un inventaire général, transmis à son successeur François Fillon, et qui avait permis à la commission de récolement, et de l'inventaire physique, de constater la disparition de plus de 17 000 pièces, soit environ 19,1 % des objets prêtés[20],[21]. Plus récemment, la Cour des comptes, dans son rapport 2014, indique que 625 objets, ainsi que 32 œuvres prêtées par les musées nationaux, sont signalés comme « non vus »[22],[23], ce que la Cour des comptes assimile à de pures et simples « disparitions »[Note 3]. Avec un taux de perte de 26 %, le ministère des Affaires étrangères est le plus mauvais élève. Les ambassades, richement dotées, sont les plus faciles à dépouiller. En particulier en Europe de l’Est, où l’on a retrouvé des objets provenant des représentations françaises sur le marché de Naschmarkt, à Vienne, en Autriche[24]. Toute la caste au pouvoir se sert : ministres, haut-fonctionnaires, préfets, sous-préfets, c'est open bar. Les pièces disparaissent par centaines chaque année, mais c'est sans risques, il n'y a jamais de condamnation. Le pire c'est de devoir rendre les objets volés, mais même ça n'arrive pas souvent.
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  37. Je suis actuellement à Copenhague et j’y observe, comme partout, un véritable déclassement de la classe moyenne supérieure (et donc forcément de toutes les classes en-dessous). Mon ami est anesthésiste, sa petite amie en médecine aussi et ils vivent en coloc dans un appartement décent mais vraiment sans plus (mais dans le centre). Nous avons été invités à dîner chez une de leurs collègues et tout le monde s’extasiait de son logement avec une chambre dans un lotissement probablement bâti il y a des décennies pour les classes populaires. Je me demande jusqu’où et jusqu’à quand nous allons tomber. Il va falloir une sacrée chute de population via la disparition des générations précédentes + une absence de remplacement de celle-ci via l’immigration pour retrouver un confort de vie décent dans les grandes villes européennes. Bref, pas de notre vivant malheureusement. De plus, créer une generation entière qui ne pourra pas accéder à la propriété tout en vivant dans une culture qui valorise énormément le fait d’être propriétaire ne peut que renforcer le ressentiment gauchiste des jeunes. C’est vraiment mal barré.
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  38. Ca fait bien une dizaine d'années que je me demande si ceci est lié à ce site (pas forcément des plus utiles).
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  39. Non, c'est un post assez mauvais. Et j'ai d'ailleurs failli répondre à cette publication de Parti Mileiste (que je suis sur Twitter et qui fait souvent par ailleurs des posts intéressants). Il mélange tout. Sait-il que les Lettres ne font pas partie des sciences sociales ? Sait-il que l'économie ou ma discipline (gestion/management) font partie des sciences sociales ? Visiblement non. Si je reprends ses arguments par rapport à ma discipline (gestion-management) : c'est 1 étudiant sur 10 en France, hein. C'est pas anecdotique. "Des capacités juste au-dessus de la moyenne car aucune sélectivité" : bah non pas de bol, c'est au contraire l'une des rares disciplines dont l'accès aux formations est systématiquement sélectif. "5 ans d'endoctrinement simili-marxiste" : à aucun moment Marx ou les délire cocos ne sont évoqués dans les cursus de gestion/management. "- Aucune qualification monnayable chère sur le marché du travail - Des salaires qui sont et resteront souvent autour ou sous le salaire médian" : c'est faux, les gens qui sortent d'écoles de management ou d'IAE ont des salaires très confortables. Ceux qui sortent d'IUT de gestion (GEA, TC) sont parmi les salaires les plus élevés des bac+3. "Ayant pour seul espoir de promotion sociale de devenir un super apparitchik dans une administration." : parmi les diplômés gestion/management, très rares sont ceux qui deviennent fonctionnaires. Et d'ailleurs il se plante, l'administration publique recrute surtout des gens qui viennent des formations juridiques (facs de Droit et d'AES) pour les postes d'encadrement intermédiaire et de l'ENA pour les cadres sups (et donc très accessoirement des gens de socio, lettres...) Et si on s'intéresse aux disciplines socio et psycho, ce serait bien qu'on cesse les caricatures débiles. Oui, il y a des charlots dans ces disciplines. Mais il y a aussi des scientifiques rigoureux et de qualité (pour ce que je connais, je pense notamment à ceux qui travaillent dans les domaines de la sociologie des organisations ou de la psychologie sociale). A vrai dire, et ça surprendra peut-être ceux qui savent ici que ma formation initiale est économique, j'ai plutôt tendance à penser qu'il y a beaucoup plus de charlots en économie qu'en socio ou psycho. Parce que franchement, parmi les enseignants-chercheurs en éco, en dehors de ceux qui font de l'économie financière, la plupart ne comprennent rien au fonctionnement et à la gestion des entreprises.
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  40. Je vous avais promis que j'aurais des choses à dire sur The Dictator's Handbook. En voici un résumé plus quelques remarques. L'ambition du bouquin est de réduire toutes les questions politiques, ou au moins une grande partie, à la proportion de différents groupes dans la société considérée. Ces groupes sont: Le "nominal selectorate", ou les "interchangeables", qui regroupe la population générale qui n'a pas d'influence politique particulière (l'électeur lambda dans une démocratie). Le "real selectorate", ou les "influentials", est la sous-partie du nominal selectorate composée de gens qui ont une réelle influence politique, par exemple les membres du parti dans un régime communiste ou le chef d'un village qui décide pour qui tout le monde va voter dans son patelin, ou en France les maires dont les signatures sont nécessaires pour se présenter à la présidentielle. La "winning coalition", ou les "essentials", est la sous-partie du real selectorate qui regroupe les personnes dont le soutient est nécessaire au dirigeant pour continuer à être dirigeant. Dans une démocratie ça sera la majorité. Le dirigeant Cette classification a pour ambition de pouvoir décrire n'importe quel régime politique de manière plus fine que la simple dichotomie entre démocratie et dictature. Pour situer les choses l'idéal-type d'un régime qualifié de dictature aura typiquement seulement une poignée d'essentials et peu d'influencials, tandis que celui d'un régime qualifié de démocratie aura typiquement un très grand nombre d'essentials et d'influentials. Chaque personne a pour but de survivre, d'amasser de la richesse, de conserver son pouvoir si elle en a et éventuellement d'en obtenir plus, mais la manière d'y arriver dépend du groupe où elle se trouve. Pour le dirigeant les règles à suivre sont (1) avoir aussi peu d'essentials que possible pour mieux les surveiller et ne pas trop ruiner les coffres en les gavant de pognon, (2) avoir autant d'interchangeables que possible qu'il pourra sortir de son chapeau pour remplacer les influentials et essentials déloyaux, (3) contrôler la richesse, la situation idéale étant que tout le monde soit aussi misérable que possible (ça leur évite de se faire des idées) sauf les essentials, (4) ne pas trop payer les essentials pour ne pas qu'ils deviennent trop gourmands, (5) payer les essentials assez pour maintenir leur loyauté, en particulier ne pas leur enlever de l'argent des poches pour l'utiliser à améliorer le sort du peuple ou autre lubie. Ces règles marchent tout aussi bien en démocratie, et les auteurs donnent un exemple de chacune dans le cadre des États-Unis : le gerrymandering pour la règle (1), l'immigration et le vote pour les migrants pour la règle (2), les batailles autour du code des impôts pour la règle (3), la défense du système social par les démocrates pour la règle (4), la défense des baisses d'impôts et le combat contre le système social par les républicains pour la règle (5). Partant de là les auteurs continuent avec plusieurs chapitres thématiques que je résume très brièvement : Comment arriver au pouvoir. En dictature il faut attendre un moment de faiblesse, typiquement quand le gars précédent va mourrir ou n'a plus assez d'argent pour arroser ses essentials, aller le plus vite possible pour ne pas qu'un rival puisse réagir, mettre la main sur le trésor et se débarasser de ceux qui ne sont pas d'accord. En démocratie arriver au pouvoir est moins violent physiquement mais implique de se battre pour trouver la combinaison gagnante de l'électorat à coup de postures populaires. Dans les deux cas le processus peut être adoucit quand le dirigeant actuel a un successeur officiel. Comment rester au pouvoir. Le plus important est de maintenir le contrôle sur les essentials en les remplaçant sans hésitation dès que leur loyauté est en doute, si c'est impossible en augmentant leur nombre pour diluer l'opposition, en divisant pour mieux régner chez les opposants, en corrompant les influentials etc. L'économie. Le dirigeant doit trouver de l'argent à tous prix pour arroser sa coalition. Il peut le faire en taxant les interchangeables, et personne ne s'en prive, mais quand on taxe trop les gens ils finissent par fuir ou mourir ce qui peut devenir contre-productif. La seconde solution est d'exploiter les ressources naturelles quand on en a ce qui est mieux puisque ça nécessite moins de main d'oeuvre et qu'on peut laisser le reste du peuple crever. Ça explique pourquoi les dictatures avec beaucoup de ressources sont pires. La dernière solution est de s'endetter autant que possible, et c'est au final le mieux surtout quand les dettes sont facilement annulées après quelques promesses en l'air. Les dépenses publiques. Les dictatures procurent uniquement ce qui est essentiel pour que les gens travaillent sans se révolter, par exemple une éducation basique et un système de santé pour les gens productifs mais pas trop de routes qui permettraient de fuir ou de réseaux de communication qui permettraient de s'organiser. En démocratie par contre on retrouve typiquement des biens publics pour tous qui vont de la liberté à plein de "droits à", parce que ces services sont considérés comme essentiels par la majorité des électeurs ce qui implique qu'il est nécessaire de les promettre pour être élu et de continuer à les procurer pour être réélu. La corruption. Faire des lois contre la corruption là où elle est endémique est contre productif puisque tout le monde est nécessairement corrompu, donc ça ne fait que donner des armes au dirigeant qui décidera qui peut l'être impunément (la coalition) ou pas (l'opposition). Il vaut donc mieux changer le système pour qu'il y ait moins d'incitation à être corrompu ce qui peut être fait d'après les auteurs en augmentant autant que possible le nombre d'essentials qui auront chacun moins de pouvoir, donc moins de tentation, et se surveilleront entre eux. L'aide au développement. Les aides sont un miroir aux alouettes, elles sont toujours détournées par le gouvernement local qui décide exactement ce qui va où, et généralement très peu va à l'objectif initialement visé. Les agences sont impuissantes à contrôler ça et d'ailleurs se gavent aussi au passage. Les gouvernements des pays riches utilisent les aides comme des moyens de pression pour faire adopter telle ou telle politique qu'ils estiment préférables comme "combattre le communisme" ou "fournir du pétrole pas cher", avec en démocratie la bénédiction des électeurs. Le dirigeant local de son côté n'est pas con et fait jouer les enchères par exemple entre les États-Unis et l'URSS pour avoir toujours plus de pognon. La guerre. Pour les dictatures la guerre se passe comme décrit par Sun Tzu, il faut privilégier des campagnes courtes où on pille tant qu'on peut et la défaite n'est pas très grave tant que ça ne touche pas les essentials. Pour les démocraties c'est différent, perdre une guerre a des conséquences catastrophiques pour le dirigeant. Les démocraties ont donc tendance à investir beaucoup plus de ressources dans les guerres et à se battre jusqu'au bout, ce qui explique qu'elles ont un bon track-record de victoire contre les dictatures. Les démocraties vont également ne vouloir entrer en guerre que quand elles sont raisonnablement certaines de gagner, donc contre des pays petits et/ou pauvres et/ou des dictatures, ce qui explique le mythe de l'absence de guerre entre démocraties. Au final la guerre est bien la continuation de la politique par d'autres moyens, le moyen précédent pour les démocraties étant d'offrir des aides contre des concessions politiques comme on l'a vu au dessus. En particulier ça ne pose absolument aucun problème de remplacer un dirigeant plus démocrate par le pire des dictateurs à condition que le dictateur soit plus conciliant. L'important est avant tout d'être réélu. Le reste du livre est dédié à des conseils pour améliorer la situation d'un pays en prenant en compte les règles décrites précédemment. Le principal moyen d'agir suggéré est un système qui conditionnerait l'annulation de dettes et les aides à des contreparties. Concrètement une somme d'argent serait bloquée sur un compte pour être reversée au dirigeant uniquement après qu'il aura mis en place les réformes voulues. Les dirigeants qui ne sont pas prêts à s'engager de cette manière ne devraient pas être sauvés du risque de faire faillite qui les incitera à enclencher eux-mêmes des réformes libérales pour enrichir le pays et sauver leur peau, ou finira par déclencher des révoltes et les renverser. Ensuite il faut s'attaquer aux causes du problèmes et pas aux conséquences. On a vu que la corruption est une conséquence et que s'y attaquer ne fait que servir le dirigeant en place, de même pour la pauvreté (les dictatures avec le plus de ressources sont les pires) ou l'absence d'élection (en forçant des élections on ne fait qu'obtenir des résultats à la soviétique). Quelles sont alors les vraies causes ? C'est résumé par les toutes dernières phrases du livre : Une chose qui m'a moyennement convaincu est la comparaison récurrente au cours du texte entre un gouvernement et la direction d'une entreprise privée, qui est sans doute valable dans certains cas mais je ne suis pas certain de l'équivalence morale qui aboutirait logiquement à défendre une sorte de modèle d'entreprise démocratique. Plus profondément, j'ai l'impression en lisant des passages comme le dernier paragraphe cité qu'ils passent à côté de beaucoup de nuance sur les phénomènes autoritaires qui peuvent avoir lieu en démocratie. Est-ce qu'on doit par exemple considérer que les confinements pour le covid sont une bonne chose dès lors qu'ils ont eu lieu dans des démocraties et que la majorité des gens les ont trouvé acceptables ? Doit-on défendre un régime de référendum permanent ? Il me semble qu'il y a là une sorte de démocratisme naïf. Je peux imaginer les auteurs me répondre que je pleure la bouche pleine et que, dans leur grille de lecture qui inclut la Corée du Nord, la différence entre la France et mon utopie est négligeable. Je comprends bien mais c'est une différence importante pour moi et je préfèrerais avoir des outils d'analyse qui me permettent de la prendre en compte.
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  41. Lorsque Constantinople tomba en 1453, il est dit que les derniers grands intellectuels byzantins discutaient du sexe des anges. Alors que la France est entrain de s'effondrer sous les coups du socialisme, les liborgiens discutent du sideboob d'une photo qu'ils ne savent pas classer dans le bon fil.
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  42. C'est un sujet qui me passionne, alors je vais essayer de faire court et simple. En sciences humaines, je pense qu'il est totalement vain et illusoire de faire quelque chose qui ne soit pas un tout petit peu, même marginalement, le reflet de la vision du monde qu'a le scientifique. Tout l'enjeu est d'en avoir conscience et d'essayer de garder la maîtrise du travail, c'est une question de volonté propre au chercheur, une question d'honnêteté intellectuelle. Ca passe par plusieurs choses qui vont d'un cadre théorique conséquent et cohérent, une démarche réflexive bien conçue, une tentative de trianguler un maximum ses données, jouer le jeu de la transparence, savoir reconnaître ses limites. Je ne pense pas que les sciences humaines soient par défaut plus sujette à problème que les sciences dites "dures" (pour la blague, j'aime bien dire "sciences inhumaines"), il suffit de voir tout ce qui se trame dans la nutrition, la biologie, le climat et peut-être ailleurs dont je n'ai pas conscience. Par contre, elles sont devenues un lieu de bataille politique après guerre parce qu'elles furent investies par l'idée d'ingénieurisme social, c'est à dire l'idée que, armés de leur savoir, les sociologues et autres pouvaient résoudre les problèmes qu'ils analysaient : la pauvreté des classes populaire, la situation coloniale et j'en passe. C'est évidement plus difficile d'essayer d'améliorer le monde en analysant les étoiles. Pour répondre à tes questions, Flashy ("comment faire quand l'object d'étude est foncièrement politique"), je peux parler de mon travail pour donner un exemple de ce que je pense être une bonne maîtrise de l'approche politique d'un travail que je crois être scientifique. Ma spécialité c'est l'esclavage, c'est déjà un sujet politique à partir du moment ou j'y suis opposé. Plus encore, ma spécialité c'est l'esclavage domestique ouest-africain qui s'est constitué dans le sillage de la traite atlantique. Dans les premiers paragraphes de ma thèse, j'explique que mon travail est une volonté de donner une place à ces millions d'esclaves que l'histoire à oublié, ils sont au moins aussi nombreux que les esclaves atlantiques. C'est éminemment politique, c'est un sujet qui demain peut être brandi par une certaine droite pour dire "ah vous voyez, c'est pas la faute qu'aux Blancs, tralalalère" (alors que ce n'est pas ce qui est dit) et pris en grippe par les militants afrocentristes et autres qui nient cette situation et qui par là participent à l'euphémisation de rapports sociaux extrêmement violents et à la négation de l'existence de ces anciens esclaves, et quelque part, la négation de l'histoire de leurs descendants aujourd'hui. D'ailleurs, ces esclaves ont disparu de la vue des gens pour des raisons politiques, une sorte d'alliance improbable du colonialisme et des abolitionnistes. Mais ça va plus loin, je me bats pour assoir une définition de l'esclavage qui soit juridique, c'est à dire, j'essaie -je ne suis pas le seul bien sur- de définir l'esclavage par le statut qui leur est réservé dans une société donnée. Au contraire de beaucoup, je pense qu'il est vain de définir l'esclavage par un ensemble de phénomènes, car on en fait jamais le tour et surtout parce que dire ce qu'une chose fait ou subit n'est pas dire ce qu'elle est. Pourtant, cette définition phénoménologique de l'esclavage est la plus répandue, aussi bien dans la doxa populaire que savante, c'est la définition du BIT, de l'UNESCO, et j'en passe. Pourtant, si on dit que le mariage forcé c'est de l'esclavage, on doit dire que les reines du moyen-age étaient des esclaves, ce qui est ridicule. Ou si on parle de condition de travail difficiles, on ne distingue plus l'esclave, du serf, du paysan pauvre ou du travailleur forcé. Or, ces définitions sont massivement défendues par des chercheurs qui naviguent entre étude et militantisme : le travail forcé et la traite des êtres humains devient de l'esclavage. Moi je défends que ce sont des choses différentes, je ne les hiérarchise pas, je les distingue. Bien entendu, le fait que je sois libéral et défenseur d'une certaine forme de capitalisme n'y est pas étranger : je ne pense pas que les travailleurs soient exploités, je ne crois pas que les petites mains d'Amazon soient des esclaves. Je veux bien admettre qu'il puisse s'agir de travail forcé, de traite d'être humains, de conditions de travail dégradantes, mais je pense que c'est différent de l'esclavage pour un tas de raisons que je ne vais pas citer ici, mais que d'autres chercheurs défendent aussi. Je crois fermement que mon approche est la plus neutre, parce qu'elle évite le mélange des gens et surtout, elle permet de voir toutes les formes d'esclaves : certains esclaves n'étaient pas mal traités et bénéficiaient de statuts sociaux très enviés (par exemple, les devins royaux), si tu t'arrêtes sur le travail forcé, tu passes à côté de ces gens là. Par contre, si tu analyses l'esclavage comme un statut juridique, tu peux les retrouver dans ton étude. Je crois que mon travail rend justice aux esclaves et à leurs descendants, et j'y tiens, mais tu vois, en disant ça, je suis déjà une démarche politique. Mais ça ne sera pas écrit comme ça dans mon travail, il sera plus neutre, ça sera les conclusions à en tirer. ESt-ce qu'il est possible d'arriver sur un sujet d'étude sans en avoir des préjugés ? Je suis persuadé que non, j'ai longuement réfléchis à cette question. On a tous des préjugés. Si on en a pas sur l'objet en question, parce qu'on est libéraux, parce qu'on est fils de paysan ou fils de cadre du cac 40, parce qu'on a des parents militants socialistes ou des parents qui se foutent de la politique, parce qu'on a fréquenté une bonne ou une mauvaise école, parce qu'on a lu tel livre ou tel autre livre, on a tous une vision propre du monde. On a tous des idées sur ce qui fonctionne ou pas et sur ce qu'il devrait advenir du monde. Rien que ça suffit à comprendre qu'on a des préjugés sur n'importe quel sujet, même si on pense ne pas en avoir. Mais cette grille de lecture au monde, si on en prend conscience, je crois qu'il est possible de la neutraliser un maximum. Ou alors, on s'appelle Eric Fassin et on pétitionne toutes les semaines pour des sujets à la con dans Libération et on se couvre de ridicule, et toute la discipline avec.
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