Tramp Posté 13 juin Signaler Posté 13 juin Il y a 21 heures, Astral a dit : Je trouve que la constitution de la 5e république est bonne et que les problèmes actuels viennent du fait que nos politiques la respectent à la limite dans la lettre et certainement pas dans l'esprit (je pense que les délires que l'on a eu avec la dissolution, le temps pour nommer un premier ministre et le refus d’admettre une défaite électorale sont totalement anormaux par exemple). Si en pratique la constitution ne fonctionne pas c’est qu’elle n’est pas bonne. Une constitution ne doit pas être une déclaration d’intention. C’est un peu le paradoxe de la 3e vs la 5e république.
Mégille Posté Jeudi at 15:54 Signaler Posté Jeudi at 15:54 Le 12/06/2026 à 16:25, Astral a dit : Alors je crois que je suis vraiment en désaccord avec toi. Dans le désordre : - Je trouve que la constitution de la 5e république est bonne et que les problèmes actuels viennent du fait que nos politiques la respectent à la limite dans la lettre et certainement pas dans l'esprit (je pense que les délires que l'on a eu avec la dissolution, le temps pour nommer un premier ministre et le refus d’admettre une défaite électorale sont totalement anormaux par exemple). Notre constitution n'est pas notre principal problème, mais elle est bien un problème. En tant que régime parlementaire dualiste (où le gouvernement est responsable à la fois devant le parlement et devant un chef d'état qui n'est pas, ou beaucoup moins, contrôlé par le parlement), comme sous la monarchie de juillet, notre principale caractéristique est le pouvoir disproportionné accordé au chef d'Etat (mais avec un demi-napoléon à la place d'un demi-roi d'ancien régime). On ne partage cette forme aujourd'hui qu'avec le Portugal (lui aussi en négociant une semi-dictature dans l'après Salazar), la Russie, et les états qui imitent l'un ou plusieurs de nous trois. De Gaulle ne le justifiait que par l'attente d'un chef d'état qui surplomberait les oppositions partisanes pour ne penser qu'aux intérêts supérieurs de la France, et s'assurerait d'être consensuel par des plébiscites occasionnels - mais ça n'a pas duré plus longtemps que Pompidou, voire plus longtemps que lui-même, et ce n'est pas très surprenant. Je ne pense pas que faire reposer un système sur un homme providentiel à la vertu et au patriotisme exceptionnel soit un très bon choix architectonique. Ceci dit, toute notre classe politique s'est montrée encore pire que la constitution, puisqu'on a, depuis le deuxième mandat Macron (et encore plus depuis la dernière législature), l'occasion d'avoir un vrai fonctionnement parlementaire, et avec un président qui semblait bien vouloir jouer le jeu. Mais le spectacle qu'on a eu à la place -les députés qui refusent de prendre la moindre responsabilité (c'est à dire, soit se coaliser, soit censurer) par intérêt pécunier ou électoraliste- est peut-être justement dû à la perte du sens du parlement sous ce régime. Le 12/06/2026 à 16:25, Astral a dit : - Il est mort il y a 56 ans. Je pense que c'est trop vieux pour le rendre responsable du délitement de la droite française. Surtout que depuis on a eu Chirac et Sarkozy (avec en bonus Mitterrand) qui sont pour moi les responsables des dérives que tu décrits. Pompidou et Giscard tenait la route même si le niveau baissait sans doute. Pas d'opinion sur Pompidou, mais concernant Giscard, il n'était pas du parti (post-)gaulliste. C'est bien le parti issu du gaullisme lui-même qui était un problème depuis le début, car condamné à se transformer en ce qu'il est devenu aujourd'hui aussi tôt qu'il a été privé de sa tête, et ancré dans des baronnies locales. Le 12/06/2026 à 16:25, Astral a dit : - Ensuite, j'avais lu qu'assez rapidement de Gaulle avait eu conscience que la conservation de l'empire, sous une forme ou sous une autre, était impossible. Il me semble que Leclerc qui indique assez rapidement suite à un voyage en Indochine par exemple qu'elle ne pourra pas redevenir française et qu'il faut négocier une sortie avec les Việt Minh. Rapidement il ne souhaite pas la conservation de l'Algérie française. Oui ce qu'il met en place est la base de ce qui deviendra la France-Afrique, et je le regrette pour tous les problèmes de corruption que cela a amené et amène encore mais cela à permis de démonter l'Empire de manière acceptable pour la France et les français (et je reviendras sur ce point ensuite). Je ne connais pas assez bien tout ça, mais il me semble bien qu'il disait "vive l'Algérie française" encore deux jours après son "je vous ai compris". Il me donne plutôt l'impression d'avoir abandonné l'empire avec beaucoup de réticence, et sans doute avec à peu près autant d'enthousiasme, et face à une nécessité aussi forte, que Pétain abandonnant la France à l'Allemagne. (et dans les deux cas, avec pour principale légitimité leurs têtes de vainqueurs, suffisante pour consoler les français) Le 12/06/2026 à 16:25, Astral a dit : - J'ai un gros doute sur le fait que son absence aurait forcé les forces conservatives a se mobiliser plus efficacement contre les socialistes et les communistes, surtout si l'on parle d'un pouvoir mis en place par les américains. Pour rappel, de Gaulle est dégagé après la 2e guerre mondiales et ne reviens qu'en 58 avec un coup d'état. Les socialiste et communistes était puissants dans les équilibres politiques de l’époque car ils représentait une partie importante de la population française. Il était bien forcé de négocier avec les communistes à la libération... Mais il a tout de même délibérément décidé de ne pas s'opposer le moins du monde à eux sur ce qui les intéressait le plus, au profit de son obsession nationaliste. Un conservateur ou un libéral qui aurait accordé proportionnellement au moins un peu plus d'importance à la politique économique aurait sans doute fait plus de bien. Le 12/06/2026 à 16:25, Astral a dit : - Je suis content que la France soit une puissance militaire régionale sérieuse et une puissance nucléaire. Sur ce point, je reconnais qu'en ce moment en particulier, j'en vois l'intérêt. Mais même avec ça, je remarque qu'on a pas particulièrement cultivé notre indépendance stratégique (mais je sais que c'est un mauvais argument, et qu'on pourra y répondre que c'est parce qu'on n'est pas assez gaullistes). Le 12/06/2026 à 16:25, Astral a dit : - Enfin, mon problème avec les alternatives que tu propose est le risque de revanchisme. Le risque que la dissolution de l'empire apparaisse comme imposée par l'extérieur et que ce soit une position politique sérieuse que d'appeler à sa reconstitution (et sur ce point je fait un parallèle peux être erroné avec la Russie/Chute de l'URRS). Aujourd'hui appeler à la réintégration de l'Algérie française ou tout autre ancienne colonie comme les russes appellent à la réintégration de l'Ukraine oudes pays baltes est ridicule et traité comme tel. Je ne suis pas certain que cela aurait été le cas dans d'autres circonstances. J'attribue l'absence actuel de ce revanchisme en grande partie à de Gaulle et à la manière dont il a gérer cela et la politique internationale de la France à cette époque. Je pense que cela à bien plus bénéficié à la France et aux français sur le long terme que tout autre réforme économique qui aurait pu être effectuée par n'importe lequel de ses successeurs. Post-45, que je sache, il n'y a pas eu de tel revanchisme en Allemagne, ni en Italie... pourquoi aurait-ce été différent ici ?
F. mas Posté Jeudi at 17:27 Signaler Posté Jeudi at 17:27 La présidentialisation des démocraties représentatives est une dynamique de fond qui ne touche pas que le régime politique français. Parler de dualisme me semble exagéré : la Ve République constitue une rupture flagrante avec la tradition républicaine antérieure. Le domaine de la loi y est clairement limité afin d’améliorer l’efficacité de l’action gouvernementale par le règlement : on passe de la souveraineté du parlement à un rééquilibrage en faveur de l'exécutif (qui sera renforcé par l'élection direct du président de la république par la suite). Ajoutons que, jusqu’en 2024, plus de 80 % de la législation trouvait son origine dans des projets de loi (bref, c’est encore l’exécutif qui mène la danse, même si l’initiative parlementaire est aujourd’hui majoritaire parce qu’il n’y a plus de majorité présidentielle). La Constitution est surtout, à l’origine, un instrument technique visant à donner au chef de l’État le pouvoir politique de sortir de la guerre d’Algérie et le pouvoir économique de planifier une économie semi-dirigée. Sinon, le gaullisme étant une idéologie 'nationaliste' visant à l'indépendance nationale, elle s'est très vite opposée via le rpf à la fois aux moscoutaires du Pc'f' et aux atlantistes du type MRP ou CNIP. Ces derniers 'conservateurs ne s'étaient pas particulièrement illustrés par leur habileté à se dépétrer du piège algérien (bon, la solution gaullienne divise aussi).
Mégille Posté Jeudi at 18:08 Signaler Posté Jeudi at 18:08 il y a 12 minutes, F. mas a dit : La présidentialisation des démocraties représentatives est une dynamique de fond qui ne touche pas que le régime politique français. Parler de dualisme me semble exagéré : la Ve République constitue une rupture flagrante avec la tradition républicaine antérieure. Le domaine de la loi y est clairement limité afin d’améliorer l’efficacité de l’action gouvernementale par le règlement : on passe de la souveraineté du parlement à un rééquilibrage en faveur de l'exécutif (qui sera renforcé par l'élection direct du président de la république par la suite). Ajoutons que, jusqu’en 2024, plus de 80 % de la législation trouvait son origine dans des projets de loi (bref, c’est encore l’exécutif qui mène la danse, même si l’initiative parlementaire est aujourd’hui majoritaire parce qu’il n’y a plus de majorité présidentielle). La Constitution est surtout, à l’origine, un instrument technique visant à donner au chef de l’État le pouvoir politique de sortir de la guerre d’Algérie et le pouvoir économique de planifier une économie semi-dirigée. Sinon, le gaullisme étant une idéologie 'nationaliste' visant à l'indépendance nationale, elle s'est très vite opposée via le rpf à la fois aux moscoutaires du Pc'f' et aux atlantistes du type MRP ou CNIP. Ces derniers 'conservateurs ne s'étaient pas particulièrement illustrés par leur habileté à se dépétrer du piège algérien (bon, la solution gaullienne divise aussi). Quelles que soient les tendances globales, il y a quand même une spécificité française (partagée avec les portugais, les russes, et nos émules respectives) à l'excès formel de pouvoir du chef d'état. La plupart des démocraties du monde sont parlementaires et monistes, et l'exécutif y est entièrement responsable politiquement devant le parlement, ce qui n'est pas le cas chez nous, et aux USA, le président n'a pas le pouvoir de dissoudre l'assemblée, contrairement à chez nous (et le POTUS n'a évidemment pas une possibilité de prendre provisoirement les pleins pouvoirs offerte par la constitution). Elle était très bien la troisième république, et la quatrième pas mal non plus, malgré les rouges. Si elle est tombé, ce n'est pas tant à cause de ses problèmes internes (qui sont toujours là) que parce qu'on avait du mal à accepter la décolonisation. Notre constitution est tout à fait un dualisme, ce qui change par rapport à la monarchie de juillet est que le deuxième pouvoir, à la place d'un roi héréditaire, est un président élu et plébiscité. Ce qui est sans doute mieux dans la mesure où ça met de la démocratie des deux cotés... Mais reste que, tout comme une monarchie parlementaire dualiste est la moitié d'une monarchie absolue, une république parlementaire dualiste est la moitié d'un régime donnant un pouvoir absolu à un dictateur plébiscité par le peuple (dans le cadre d'une loi si on veut, ce qui ne change pas grand chose quand le dit dictateur en fait ce qu'il veut). Si on est optimiste, on dira que le verre de poison est à moitié vide. Je pense que sans de Gaulle, la question de l'Algérie ne se serait même pas posée, puisque l'empire français aurait été démantelé dès 45. Les anglais auraient négocié pour le reprendre, et en aurait peut-être eu quelques bouts (le nord du Cameroun, Djibouti...), mais les américains et les russes auraient milités pour les indépendances. Les pieds-noirs auraient peut-être tenté un régime d'apartheid à la sud-africaine, ce qui n'aurait pas dérangé l'Amérique ségrégationniste, mais ça aurait été leur problème, leur histoire, et leur solution. Et ça aurait quand même été probablement moins sanguinaire que la guerre d'Algérie.
F. mas Posté Jeudi at 19:11 Signaler Posté Jeudi at 19:11 L'introduction du suffrage universel pour désigner le chef de l'Etat en 1962 introduit une rupture avec la tradition républicaine, d'abord parce qu'elle se fait sur la base d'un référendum en violation de la constitution de 58, ensuite parce que la logique plébiscitaire n'est pas celle des 3e et 4e république. Il s'agit plutôt d'un retour au second empire, un césarisme qui d'ailleurs arrange tout le monde puisque la gauche se plaint à l'époque, mais quand est saisi le conseil constitutionnel, celui-ci se déclare incompétent à juger du résultat d'un référendum populaire (fin bref). A mon avis, c'est là la spécificité de la 5e. Les 3e et 4e républiques sont mortes de leur inaction, de la faiblesse de l'exécutif, de leur incapacité à se choisir des gouvernements stables capables de prendre des décisions solides, de la valse des ministères, tout cela est connu. Maintenant, j'ai l'impression que la 5e finissante prend la même direction ce qui d'ailleurs relativise les qualités décisionnistes qu'on trouvait au constitutionnalisme gaullien. Sur la décolonisation, je ne suis pas très fort en matière d'uchronie. Je ne sais pas
Tramp Posté Jeudi at 19:28 Signaler Posté Jeudi at 19:28 C’est intéressant parce qu’en théorie le pouvoir réglementaire est large mais en même temps le CC et la pratique l’ont subordonné à la loi sur beaucoup de sujets. Un point qui est souvent oublié avec la 3e république : si les gouvernements ne durent pas longtemps, ce sont souvent les mêmes personnes au gouvernement.
Mégille Posté Jeudi at 19:38 Signaler Posté Jeudi at 19:38 il y a 16 minutes, F. mas a dit : L'introduction du suffrage universel pour désigner le chef de l'Etat en 1962 introduit une rupture avec la tradition républicaine, d'abord parce qu'elle se fait sur la base d'un référendum en violation de la constitution de 58, ensuite parce que la logique plébiscitaire n'est pas celle des 3e et 4e république. Il s'agit plutôt d'un retour au second empire, un césarisme qui d'ailleurs arrange tout le monde puisque la gauche se plaint à l'époque, mais quand est saisi le conseil constitutionnel, celui-ci se déclare incompétent à juger du résultat d'un référendum populaire (fin bref). A mon avis, c'est là la spécificité de la 5e. Les 3e et 4e républiques sont mortes de leur inaction, de la faiblesse de l'exécutif, de leur incapacité à se choisir des gouvernements stables capables de prendre des décisions solides, de la valse des ministères, tout cela est connu. Maintenant, j'ai l'impression que la 5e finissante prend la même direction ce qui d'ailleurs relativise les qualités décisionnistes qu'on trouvait au constitutionnalisme gaullien. Sur la décolonisation, je ne suis pas très fort en matière d'uchronie. Je ne sais pas Non, la troisième est morte de l'invasion allemande, et la quatrième de la libération algérienne (d'ailleurs, le Portugal, notre camarade de malheur constitutionnel, doit aussi son dernier changement de régime à l'échec des efforts pour garder son empire). A peu près toutes les démocraties du monde ont des régimes parlementaires tout à fait similaires à nos troisième et quatrième républiques, avec les mêmes vicissitudes intrinsèques. Et ça tient plutôt pas mal, aussi bien en Angleterre qu'en Italie, en Allemagne, en Inde ou au Japon, je ne vois pas pourquoi ce serait mystérieusement calamiteux et insupportable en France. Et n'oublions pas que, pour encore un an ou deux (si Mélenchon ne fait pas son petit coup d'état d'ici là), la troisième république reste le régime le plus stable qu'on a eu depuis 1789. Cette histoire de parlementaires présumés corrompus et toujours occupés à débattre sans se mettre d'accord, au point qu'il faudrait un papa alpha pour leurs rappeler les priorités, je le vois vraiment comme de la propagande dictatoriale primaire, que les manuels d'histoire nous ont trop facilement fait gobé. Sur ce point là, les discours de de Gaulle rejoignent parfaitement ceux de Pétain, de Mussolini, et de l'autre. Et puis, l'instabilité gouvernementale n'est pas toujours un mal. Quand les électeurs ne sont pas d'accord entre eux, peut-être qu'il vaut mieux laisser nos chers représentants tourner un peu en rond en attendant, plutôt que de les laisser se mettre d'accord sur n'importe quoi d'autre à notre place.
Bézoukhov Posté Jeudi at 19:48 Signaler Posté Jeudi at 19:48 il y a 33 minutes, F. mas a dit : Sur la décolonisation, je ne suis pas très fort en matière d'uchronie. Je ne sais pas Alors que la participation de la République Française d’Algérie à l’Eurovision est un débat capital (quoi que si ils avaient eu la bonne idée de couronner Roi d’Algerie un Orléans à Oran c’eût été encore plus drôle).
Bézoukhov Posté Jeudi at 19:53 Signaler Posté Jeudi at 19:53 Il y a 1 heure, Mégille a dit : Si elle est tombé, ce n'est pas tant à cause de ses problèmes internes (qui sont toujours là) que parce qu'on avait du mal à accepter la décolonisation. Tant qu’on est dans l’uchronie, une partie des idées de la Veme émergeait déjà à droite dès les années 30 avec Tardieu. Sans la défaite, on ne sait pas ce que ça aurait donné.
Mégille Posté Jeudi at 19:58 Signaler Posté Jeudi at 19:58 à l’instant, Bézoukhov a dit : Tant qu’on est dans l’uchronie, une partie des idées de la Veme émergeait déjà à droite dès les années 30 avec Tardieu. Je l'apprends, mais sans surprise. La dictature était globalement à la mode dans les années 30, et le remarquer n'exige pas un très grand effort spéculatif. à l’instant, Bézoukhov a dit : Sans la défaite, on ne sait pas ce que ça aurait donné. Tu veux dire, si on avait eu un tournant dictatorial sans avoir été soumis à l'Allemagne ? Sans doute une trajectoire similaire à l'Espagne, non ?
Bézoukhov Posté Jeudi at 20:24 Signaler Posté Jeudi at 20:24 Je ne suis pas sûr qu'on aboutira à grand chose en parlant de dictature. On parle de renforcement du pouvoir réglementaire (par décrets) face aux régimes parlementaires du XIXème siècle qui montraient leurs limites dans la structure étatique/bureaucratique du début du XXème siècle.
Rincevent Posté Jeudi at 20:25 Signaler Posté Jeudi at 20:25 il y a une heure, F. mas a dit : Il s'agit plutôt d'un retour au second empire Ah, si seulement... il y a une heure, F. mas a dit : Les 3e et 4e républiques sont mortes de leur inaction, de la faiblesse de l'exécutif, de leur incapacité à se choisir des gouvernements stables capables de prendre des décisions solides, de la valse des ministères, tout cela est connu. Moui, avec le recul elles ont beaucoup bâti. L’œuvre éducative de la 3ème, le nucléaire pour la 4ème (pour ne dire que la première chose qui me passe en tête pour chacune), ce n'est pas à négliger non plus. Plus je prends du recul, plus je pense que le péché originel de toutes les républiques en France, c'est le suffrage à deux tours. C'est un tout petit facteur, mais qui pousse toujours dans la mauvaise direction (et il ne faut pas sous-estimer les petites forces permanentes et de long terme). La stabilité relative apportée par le suffrage uninominal à un tour outre-Manche aurait dû nous inspirer (et d'ailleurs, Michou la colère voulait en faire le mode de scrutin de la Cinquième, mais c'est de Gaulle qui l'en a hélas empêché).
Bézoukhov Posté Jeudi at 20:35 Signaler Posté Jeudi at 20:35 Vu l'état de déliquescence de la Grande Bretagne, j'en doute. 2
Rincevent Posté Jeudi at 21:03 Signaler Posté Jeudi at 21:03 il y a 25 minutes, Bézoukhov a dit : Vu l'état de déliquescence de la Grande Bretagne, j'en doute. Sur les trois derniers siècles, la Grande-Bretagne a un track record de stabilité, de succès et accessoirement de démocratie incomparable à celui de la France. 40 ans d'UE ont fait beaucoup de mal au Royaume-Uni, mais j'espère qu'ils sauront se ressourcer dans ce que leur histoire institutionnelle a de meilleur.
Mégille Posté Jeudi at 21:34 Signaler Posté Jeudi at 21:34 il y a une heure, Bézoukhov a dit : Je ne suis pas sûr qu'on aboutira à grand chose en parlant de dictature. On parle de renforcement du pouvoir réglementaire (par décrets) face aux régimes parlementaires du XIXème siècle qui montraient leurs limites dans la structure étatique/bureaucratique du début du XXème siècle. Dictature était le mot employé à l'époque (par Lénine aussi bien que par Schmitt), et pas forcément dans un sens négatif, qu'il n'a pris que plus tard. Tout comme "despote" avait encore une connotation positive au XVIIIème. il y a une heure, Rincevent a dit : Plus je prends du recul, plus je pense que le péché originel de toutes les républiques en France, c'est le suffrage à deux tours. C'est un tout petit facteur, mais qui pousse toujours dans la mauvaise direction (et il ne faut pas sous-estimer les petites forces permanentes et de long terme). La stabilité relative apportée par le suffrage uninominal à un tour outre-Manche aurait dû nous inspirer (et d'ailleurs, Michou la colère voulait en faire le mode de scrutin de la Cinquième, mais c'est de Gaulle qui l'en a hélas empêché). Qu'est-ce que tu lui reproche, au scrutin à deux tours ? Je le trouve pas mal, moi. Le scrutin à un tour, pour un président, c'est ce qui a donné Wilson aux USA, et Allende au Chili.
PABerryer Posté hier à 05:17 Signaler Posté hier à 05:17 Non, tu oublies le système des grands électeurs aux USA et le fait que cette année là tu avais deux candidats républicains. Allende a été choisis comme compromis par le Parlement chillien encore dans une élection à 3 où le centre a tourné casaque contre la droite.
Mégille Posté hier à 07:39 Signaler Posté hier à 07:39 Il y a 2 heures, PABerryer a dit : Non, tu oublies le système des grands électeurs aux USA et le fait que cette année là tu avais deux candidats républicains. Allende a été choisis comme compromis par le Parlement chillien encore dans une élection à 3 où le centre a tourné casaque contre la droite. Je les ai justement choisi parce qu'elles étaient des élections à trois gros candidats, où le plus mauvais l'a emporté en ayant une légèrement plus haute minorité, tout en représentant d'autant moins la majorité. Wilson l'a emporté alors que presque les deux tiers des électeurs avaient voté pour un républicain (en comptant Teddy Roosevelt comme tel), et Allende l'a emporté alors que presque les deux tiers des électeurs avaient plutôt voté pour un candidat de droite. C'est justement ce genre de chose que permet d'éviter le deuxième tour.
Lameador Posté hier à 08:10 Signaler Posté hier à 08:10 Bof, je pense que l'érosion démocratique actuelle vient plus du conflit de juridiction avec l'UE, du poids des ONG, de la politisation d'une partie de la fonction publique, et de certains effets du suffrage universel en social-démocratie bien plus que d'un mode de scrutin. 3
Marlenus Posté hier à 08:45 Signaler Posté hier à 08:45 Moui, j'ai l'impression que ton analyse s'arrête a pourquoi les électeurs de droite n'ont plus confiance. Sans essayer de comprendre pourquoi les électeurs de gauche le sont tout autant et que si la gauche maintenant c'est LFi c'est qu'il y a des raisons autres. Surtout que certains ici, je n'en fait pas parti néanmoins pensent qu'il a une réelle chance pour 2027
Soda Posté il y a 22 heures Signaler Posté il y a 22 heures Il y a 5 heures, Mégille a dit : Je les ai justement choisi parce qu'elles étaient des élections à trois gros candidats, où le plus mauvais l'a emporté en ayant une légèrement plus haute minorité, tout en représentant d'autant moins la majorité. Wilson l'a emporté alors que presque les deux tiers des électeurs avaient voté pour un républicain (en comptant Teddy Roosevelt comme tel), et Allende l'a emporté alors que presque les deux tiers des électeurs avaient plutôt voté pour un candidat de droite. C'est justement ce genre de chose que permet d'éviter le deuxième tour. Lors des dernières municipale le RN était largement devant au premier tour, au second tour toute la gauche s'est unit pour le faire perdre. Quand les perdants s'unissent pour faire perdre le favoris, c'est un problème aussi.
Rincevent Posté il y a 21 heures Signaler Posté il y a 21 heures il y a une heure, Soda a dit : Lors des dernières municipale le RN était largement devant au premier tour, au second tour toute la gauche s'est unit pour le faire perdre. Quand les perdants s'unissent pour faire perdre le favoris, c'est un problème aussi. C'est même une cause importante de perte de légitimité des élus et de perte de confiance des électeurs. Et ça a au moins autant tué la Quatrième que la guerre d'Algérie.
Soda Posté il y a 21 heures Signaler Posté il y a 21 heures il y a 10 minutes, Rincevent a dit : C'est même une cause importante de perte de légitimité des élus et de perte de confiance des électeurs. Et ça a au moins autant tué la Quatrième que la guerre d'Algérie. On serait moins emmerder avec une dictacture libérale
Marlenus Posté il y a 20 heures Signaler Posté il y a 20 heures https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/jamais-je-n-ai-eu-l-intention-de-le-tuer-j-etais-en-mode-survie-victime-d-un-cambriolage-il-se-retrouve-sur-le-banc-des-accuses-3371269.html Espérons que les jurés lui accordent la légitime défense. De nuit, blessé lui même, il appelle les secours, les cambrioleurs ont plusieurs fois cambriolé sa maison, là je ne sais pas ce qu'il faut se plus. Voyons si M. Vignaud a plus d'amis que M. Prētre...
Mégille Posté il y a 4 heures Signaler Posté il y a 4 heures Il y a 18 heures, Soda a dit : Lors des dernières municipale le RN était largement devant au premier tour, au second tour toute la gauche s'est unit pour le faire perdre. Quand les perdants s'unissent pour faire perdre le favoris, c'est un problème aussi. Il faudrait faire X alors même que ne pas vouloir X est spécifiquement la seule chose sur laquelle la majorité se met d'accord, sous prétexte que X est voulu par une minorité un peu plus grosse que les autres ?
Prouic Posté il y a 2 heures Signaler Posté il y a 2 heures Remplace X par mégille: Il faudrait se faire mégille alors même que ne pas vouloir se faire mégille est spécifiquement la seule chose sur laquelle la majorité se met d'accord, sous prétexte que mégille est voulu par une minorité un peu plus grosse que les autres ? Tu vois ? oui. :D
Messages recommandés
Créer un compte ou se connecter pour commenter
Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire
Créer un compte
Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !
Créer un nouveau compteSe connecter
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.
Connectez-vous maintenant