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École & éducation : Le temps des secrets


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Ou le fait qu'ils ne savent où ils vont être affecté que 2 jours avant et c'est potentiellement à l'autre bout du département. Et que si on te met à l'autre bout du département, c'est pas forcément le meilleur.

 

 

J'ai quelques connaissances profs contractuels qui ne connaissaient pas leur affectation en début de semaine.

Quand je dis ne connaissais pas, cela veut dire:

-Pas de connaissances de l'établissement.

-Pas de connaissances du niveau des classes qu'ils vont avoir à gérer.

 

 

 

 

 

 

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14 hours ago, cedric.org said:

Quelqu'un de recruté en une heure n'a qu'une motivation parcellaire pour son poste...

 

Attention : dans la vidéo que j'ai postée précédemment, ce ne sont pas les contractuels qui ne viennent pas au travail mais ceux qui viennent de réussir le concours.

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15 hours ago, Daumantas said:

selon vous qu'est-ce qui explique la chute drastique du nombre de candidats entre 2021 et 2022 ?

 

Pour les concours du Capes, il y avait environ 30 000 candidats en 2021. Il y en a eu 18 000 cette année. 

Il y a une explication conjoncturelle : le passage de M1 à M2 comme niveau requis pour pouvoir candidater. Il devrait donc mécaniquement y avoir plus de candidats l'année prochaine.

 

Mais même en revenant à environ 30 000 candidats, ça ne suffira toujours pas pour avoir des enseignants d'un niveau correct, comme l'explique Pap Ndiaye dans cette vidéo :

 

 

 

 

Au-delà du phénomène conjoncturel, il y a bien une tendance de fond à la dégradation de l'attractivité de métier d'enseignants comme le montre ce graphique : il y a une vingtaine d'années, il y avait environ 100 000 candidats !

Et sur ce graphique, on voit que le ministère considère qu'il faut 5 candidats pour un poste offert pour assurer un recrutement d'enseignant ayant un niveau correct (ce qui correspond au chiffre énoncé par Pap Ndiaye dans la vidéo ci-dessus).

 

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Sur cet autre graphique on voit que le taux de candidatures s'est fortement dégradé : il était de 8 (8 candidats pour un poste) il y a une quinzaine d'années, il est tombé à 3 ces dernières années (et il était en dessous de 2 en 2022 !...)

(on voit aussi que ce n'est pas la première fois que l'EN se retrouve dans cette situation : le début des années 90 était visiblement assez mauvais aussi en matière de recrutement...)

 

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Anecdotique peut être mais il y a aussi des gens mal affectés dans un établissement où ils n'ont pas besoin de profs supplémentaires

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La question à se poser, c'est pourquoi. Je ne pense pas que le faible salaire soit la seule cause. Centralisation, bureaucratie, absence de liberté... mais évidemment, ce ne sera pas pris en compte.

Le mammouth écrase tout.

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Je ne sais pas. Si je prends la modeste référence de l'école privée que je côtoie, les profs viennent avec plaisir pour sortir de l'EN, mais face au salaire , les conditions de travail et la liberté ont pas l'air de suffire une fois passé les 2 premières années. Je pense plutôt que c'est le manque de concurrence qui fait le mal, non seulement c'est nul, mais tu peux pas partir pour mieux, donc j'imagine que t'arrêtes d'être prof ...

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Je suis vraiment le seul à trouver le métier agréable, et à consentir très volontiers à avoir moins de salaire pour plus de temps libre ? Bon, je suis hors de l'ednat, ceci dit...

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il y a 3 minutes, Mégille a dit :

Je suis vraiment le seul à trouver le métier agréable, et à consentir très volontiers à avoir moins de salaire pour plus de temps libre ? Bon, je suis hors de l'ednat, ceci dit...

Tu bosses où et avec qui ?

Posté
Le 25/08/2022 à 15:56, Bisounours a dit :

Tu bosses où et avec qui ?

.

Posté
Le 25/08/2022 à 16:05, Mégille a dit :

.

 

Le 25/08/2022 à 16:08, Bisounours a dit :

 un secteur géographique plutôt bourgeois ?

Cela sent le prolo à plein nez. :D

 

 

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2 minutes ago, Bisounours said:

Je pense que si @Mégilleavait occupé un poste à la guillotiere il aurait plié les gaules dès la fin de sa première journée.

Cela me fait penser à un prof qui avait enseigné en ZEP et en zone cossue et il avait dit que les 2 étaient problématiques, mais pour des raisons diverses.

Pour simplifier, les parents qui veulent tout contrôler c'est pas forcément mieux que les parents démissionnaires.

 

 

 

 

 

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Il y a 2 heures, Bisounours a dit :

avait occupé un poste à la guillotiere

 

Il aurait pas dépareillé, entre méconnaisseurs de Tolkien. C'était mon collège de secteur et en cinquième ils m'ont compté une erreur au contrôle de lecture pendant les vacances : Cul-de-Sac n'était pas la bonne réponse à "Où vit Bilbo ?". C'était "dans un trou de Hobbit".

 

Trève de blague, j'y ai quand même eu un nombre des honorable de très bons professeurs il y a 20 ans. Quelques déprimés, mais je ne sais pas si statistiquement plus que le reste de l'éducation nationale.

 

Il faut aussi noter que l'équipe éducative essayait autant que possible faire des classes de niveau (qui se trouvaient vite fortement corrélées à tout un tas d'autres variables). Ça modèrait fortement la fréquentation quotidienne des racailles.

 

J'ai cru comprendre que le "white flight" de ces établissements publics avait réellement eu lieu vers les années 2010. A voir si la boboisation du quartier a changé la tendance, mais je n'y connais plus grand monde.

 

 

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@BézoukhovJ'ai pas dit que les profs étaient nuls à la Guillotière. Juste que pour y rester aujourd'hui et surtout dans le secteur public, il faut avoir la foi et une sacrée motivation pour pas se barrer le plus vite possible. Et les classes de niveau, laisse tomber, ça doit plus exister, trop discriminant. Sauf celles pour les vraiment mal-comprenants avec une AOC de la mdph.

C'est quoi, white flight ?

Posté
22 minutes ago, Bézoukhov said:

Il faut aussi noter que l'équipe éducative essayait autant que possible faire des classes de niveau (qui se trouvaient vite fortement corrélées à tout un tas d'autres variables). Ça modèrait fortement la fréquentation quotidienne des racailles.

Ha ha, dans mon collège ils faisaient le contraire, ça distribuait soigneusement les meilleurs élèves dans les pires classes (par idéologie ? pour augmenter les moyennes ?).

Posté
16 minutes ago, Lancelot said:

(par idéologie ? pour augmenter les moyennes ?)

Pour la santé mentale des profs

Posté
Il y a 8 heures, Mégille a dit :

Je suis vraiment le seul à trouver le métier agréable, et à consentir très volontiers à avoir moins de salaire pour plus de temps libre ? Bon, je suis hors de l'ednat, ceci dit...

 

Avec n'importe quel master de maths et un poste de cadre moyen, tu émarges à plus cher, tu as 10 semaines de congés payés/RTT, 2 ou 3 jours de télétravail par semaine, pause café à volonté, et tout ça assez flexible.

 

Le télétravail supprime une grande partie de l'intérêt matériel du professorat (qui était l'emploi du temps relativement plus flexible qu'un emploi de bureau).

 

Il y a 5 heures, Bisounours a dit :

i pas dit que les profs étaient nuls à la Guillotière

 

Je sais ; je disais juste qu'il y a 20 ans c'était différent.

 

Même si il y avait des problèmes réels de violence et autres.

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Posté
Il y a 10 heures, Largo Winch a dit :

 

Au-delà du phénomène conjoncturel, il y a bien une tendance de fond à la dégradation de l'attractivité de métier d'enseignants

 

Tu sais si c'est typiquement français ou si ça touche d'autres pays OCDE ? (J'avais cru comprendre que le problème se posait aussi aux US).

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Posté
Le 25/08/2022 à 16:05, Mégille a dit :

.

Quand on est dans un bon environnement, c'est très bien le métier de prof. Même en REP, ça dépend beaucoup de l'établissement. J'ai fait 6 ans (7 si on compte mon stage) dans un collège Rep et j'ai survécu. Ça me fait des anecdotes géniales à raconter lors des repas de famille.

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Mon pote TZR cette année a encore appris son établissement d'affectation deux semaines avant la rentrée et uniquement parce qu'il a contacté le rectorat et le lycée en question (qui n'était pas au courant). 

 

Il a découvert qu'il donnait un bon tiers de ses cours sur un établissement à 1h30 de voiture de chez lui. Mais il est content, cette année il est rattaché à un seul établissement, pas de prof principal, d'orientation, de classe à diplôme et que du collège alors que l'année dernière. 

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Posté

Pour expliquer la désaffection pour le métier de profs il ne faut pas oublier aussi que pendant longtemps il était bien vu de leur taper dessus et que ce temps n'est pas forcément terminé.

C'était des faignants bossant 18h/semaine avec toutes les vacances scolaires. Pour un mi temps avec autant de vacances ils sont déjà très bien payé.

 

C'est d'ailleurs une antienne régulière des politiques de vouloir les faire bosser plus.

 

Le non respect du professeur par les élèves, dont beaucoup se lamentent ne peut venir si, déjà, il n'est pas respecté par les adultes

 

Et j'entends encore régulièrement qu'il est dur d'enseigner l'histoire commune avec l'algérie dans certaines classes, la shoah, etc.

Les mêmes qui s'indignent de cela vont après taper sur l'école qui promeut la théorie du genre et disent qu'il ne faut surtout pas que l'école apprenne cela à nos enfants.

 

 

 

Je ne vais pas partir sur un débat sur le bien fondé ou pas des critiques sur l'EN et les profs (j'en ai plein).

 

 

Mais ce que je veux signaler par là c'est que le problème de la perte d'attractivité du métier va bien au-delà de juste enseigner dans des classes difficiles de banlieues.

 

 

 

 

 

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Il y a 2 heures, Marlenus a dit :

Pour expliquer la désaffection pour le métier de profs il ne faut pas oublier aussi que pendant longtemps il était bien vu de leur taper dessus et que ce temps n'est pas forcément terminé.

C'était des faignants bossant 18h/semaine avec toutes les vacances scolaires. Pour un mi temps avec autant de vacances ils sont déjà très bien payé.

 

Ben oui et on se demande bien pourquoi. Faire preuve de compassion envers eux en général n'occulte pas non plus les abus hallucinants d'une part du professorat et le refus général de trouver d'autres solutions que plus de paie et plus de moyens. 

 

Les trois quarts de mes amis sont professeurs (genre, littéralement les 3/4, en fac d'histoire t' as pas grand chose d'autre à faire) et ils connaissent parfaitement mon opinion sur l'Etat en général et l'Education Nationale. Et cependant quand je leur fait remarquer  l'insupportable corporatisme dont ils font preuve ils font grise mine. Les gars passent leurs temps à se plaindre de leurs conditions de travail, me racontent des trucs oufs sur leurs collègues et leurs administrations, on a fait la fac ensemble et on sait parfaitement qu'on a des camarades qui ont eu leur CAPES qui sont des ânes batés qui ne devraient jamais êtres mis devant des élèves mais quand je leur fait remarquer que c'est pas en mettant du pognon dans le matos ou le rectorat que subitement ça va s'arranger on me tire la gueule. 

 

Comme les flics où les journalistes ils se voient comme investis d'une mission unique qui justifierait qu'on leur laisse carte blanche de manière unilatérale et qu'ils ont évidemment la solution et la solution c'est plus d'argent et pas, soyons fou, des problèmes structurels d'organisation et de gestion aussi bien au niveau macro qui micro. 

 

Les gens sont pas contents envers les profs parce qu'ils sont pas dupes. Par corporatisme et nostalgie de l'EdNat toute puissante ils défendent un système dont ils bénéficient marginalement, même s'il est objectivement à chier et qu'ils le savent, et parce qu'ils ont peur de ce qui pourrait remplacer le système actuel (peur justifiée, soyons clairs) ils s'obstinent à défendre un brontosaure à bout de souffle. Comme en plus beaucoup n'ont jamais travaillé dans le privé et que les franchouilles vivent peu à l'étranger, tu te retrouves avec un système complètement con où les profs maudissent leur situation mais défendent becs et ongles le système qui en est la source quand l'attaque viens de l'extérieur. Alors certes, c'est humain, mais c'est idiot.

 

Il y a 2 heures, Marlenus a dit :

 

 

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Il y a 16 heures, Bisounours a dit :

C'est quoi, white flight ?

Le départ des blancs qui fait passer d'une population mélangée à une population de non-blancs.

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il y a 5 minutes, NoName a dit :

Comme les flics où les journalistes ils se voient comme investis d'une mission unique qui justifierait qu'on leur laisse carte blanche de manière unilatérale et qu'ils ont évidemment la solution et la solution c'est plus d'argent et pas, soyons fou, des problèmes structurels d'organisation et de gestion aussi bien au niveau macro qui micro. 

This. Et c'est généralisable à plein de choses.

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Il y a 2 heures, Marlenus a dit :

Mais ce que je veux signaler par là c'est que le problème de la perte d'attractivité du métier va bien au-delà de juste enseigner dans des classes difficiles de banlieues.

 

 

D'où ma question sur le côté conjoncturel ou non à la France. Je suspecte une perte d'attractivité globale des métiers de professeurs en occident, intimement liée à la massification de l'enseignement, et qui aboutit plus ou moins à la situation que décrit @NoName

 

il y a 3 minutes, Sekonda a dit :

Le départ des blancs qui fait passer d'une population mélangée à une population de non-blancs.

 

Utilisé un peu par abus de langage pour décrire le fait que les classes bourgeoises enlèvent leurs enfants de l'instruction publique, mais sans déménager.

 

Il y a 2 heures, Marlenus a dit :

C'était des faignants bossant 18h/semaine avec toutes les vacances scolaires. Pour un mi temps avec autant de vacances ils sont déjà très bien payé.

 

Dans l'ancienne génération de professeurs, j'ai le souvenir qu'ils profitaient massivement, au sens où j'en ai pas mal d'exemples dans mon entourage, de leur charge horaire relativement faible pour s'investir dans la "vie de la cité". Certains continuaient la recherche, d'autres prenaient des responsabilités dans l'associatif / le politique, certains faisaient de la littérature, etc. Je pense que ça alimentait énormément la stature de notable de la corporation.

Assez bizarrement, dans les professeurs que je connais aujourd'hui, cet engagement a énormément disparu (mais ils font beaucoup de randonnées).

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Posté
Le 25/08/2022 à 16:05, Mégille a dit :

.

 

Ah, je vois très bien de quoi tu veux parler. J'ai pensé un temps y mettre ma fille, lorsque j'habitais "un peu plus haut sur la droite" mais trop galère pour la logistique.

MDR, cela aurait été amusant que tu lui donnes cours, surtout avec toutes ces histoires de belettes que tu nous racontes 😂

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