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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Everything posted by Mégille

  1. Moment "horloge arrêtée qui donne l'heure" : Image partagée par des vegans sur fb. Je troll un peu en les soutenants dans leur lutte contre les régulations.
  2. Tiens d'ailleurs, est-ce qu'avoir annoncé que le noyau de l'enfer est froid fait de Dante un climato-sceptique ?
  3. J'ai rêvé que des révolutionnaires afghans, d'idéologie nationaliste-communiste-zoroastrienne, avaient installé le cartier général de leur parti dans le vieux Lyon. Alors que je passais par là, une tierce personne (ma mère, je crois ?) me demandait si c'était ce que l'on appelle le "mouvement woke".
  4. Bein justement. Que l'empire arabe n'était pas un moment stable face à une Europe mouvante et divisée était justement mon argument. Je ne connais pas très bien cette affaire de types de familles, mais j'ai du mal à croire que la France et l'Allemagne regorgent de distinctions importantes pour Todd alors que le monde musulman dans son intégralité, des berbères aux malais en passant par les turcs, les iraniens et les indiens, serait homogène de ce point de vue là. Le point important est que le salafisme lui en a toujours quelque chose à carrer de l'occident. Et donc aussi, maintenant, de l'attitude de l'occident face à lui, ou face à l'islam en général. Et à la pire pandémie de l'histoire humaine, et à la relativement fraiche tentative de révolution communisto-religieuse de Mazdak en Perse, et, en Egypte et en Syrie, au conflit incessant entre chalcédoniens et monophysites qui devaient tous en avoir marre de se faire persécuter chaque fois que l'empereur prenait le parti d'en face, et qui devaient donc avoir été bien contents de plutôt se soumettre à des néo-ariens du désert qui foutaient également la paix à tout le monde (en plus d'être probablement beaucoup moins chiants fiscalement et bureaucratiquement).
  5. Le droit de faire ce qu'on veut de son corps est effectivement fondamental. Si le reste, les libertés économiques par exemple, sont plus souvent mises en avant, ce n'est pas tant parce qu'elles sont plus fondamentales que parce qu'elles sont plus utiles, et notamment, plus utile à l'état collecteur de taxes.
  6. Votards ! Je sais que certains d'entre vous le sont, et je vais peut-être vous rejoindre en guise d'activité sociale et mondaine (mais uniquement pour les élections les moins mainstream, hipsterisme oblige). Envisagez vous de voter Pirate aux européennes ? Ils sont très socialistes et fédéralistes (mais au fond, le sont-ils beaucoup plus que les autres ?), mais à coté, ils sont fermement pro-liberté d'expression, anti-propriété intellectuelle, et pro-légalisation concernant la drogue et le travail du sexe. Ca en fait peut-être les plus libéraux du tas. Dommage que Koenig ne présente pas une liste, d'ailleurs.
  7. Le salafisme sous ses différentes formes est clairement avant tout une réaction au modèle occidental. Sa prévalence et sa violence ne sont pas indépendantes de l'attitude des occidentaux face à l'islam.
  8. Evidemment, mais il me semble aussi que tout anti-finance qu'il soit, l'islam reste plutôt pro-commerce. Et de fait, il s'est largement répandu hors de ses empires successives grâce au commerce. Je n'en connais pas les sources doctrinales, mais j'ai souvent observée une tendance chez les juifs à considérer que la loi doit être observée simplement parce qu'elle est la loi, peu importe sa justification et peu importe s'il y en a une, alors qu'il y a chez les musulmans une tendance à justifier la loi par son utilité pour les humains ou la société (ce qui est plus difficile à propos du porc qu'à propos des jeux d'argent ou de l'alcool, mais qui est quand même souvent tenté par ses apologètes plus ou moins habiles). C'est assez surprenant vu que le judaïsme se veut surtout une source de joie et de bonheur dans cette vie-ci, et l'islam, dans la suivante (mais sans refuser le plaisir dans celle-ci, contrairement au christianisme), mais je me contente de le constater. C'est peut-être dû, chez les musulmans, au postulat que Dieu est bon et bienveillant (moins fortement affirmé par les juifs), et chez les juifs, à une certaine résignation face aux querelles de rabbins. Bah, il a connu sa stabilité impériale sous Abdel Malik et quelques autres grands califes, tout comme l'occident sous Charlemagne et Louis le pieux et quelques autres, mais il y a aussi eu une bonne dose de féodalité dans le monde musulman. Dès le IXème s, l'Iran devient de facto féodal, avec une très faible autorité impérial, et à partir du Xème, le calife n'a pas plus de pouvoir que l'empereur d'occident ou plus tard celui du Japon, et différent régimes politiques coexistent sous son autorité théorique. L'islam, ce n'est pas que les arabes. Des mouvements de concentration de population peut très bien amener les musulmans à être majoritaire par endroit, dans des zones plus ou moins large. Ce n'est ni impossible, ni foncièrement à redouter. Après tout, ça a bien pu avoir lieu dans le dit cartier de la ville américaine dont il était question, avec beaucoup moins de musulmans en Amérique qu'en Europe. Ceci dit, d'accord pour le reste, évidemment.
  9. Oui, comme pour les calvinistes, historiquement. Mais c'est uniquement parce que c'est une posture bien pratique tant qu'on est en minorité. Je pense que plus d'islamophilie ferait du bien à l'occident, et pour plusieurs raisons (en France, mettre un peu d'eau dans notre laïcisme devenu fou et qui tend à se retourner contre la liberté de conscience qu'il est censé servir ; permettre à l'islam traditionnel -contre l'islam salafi réactionnaire- de reprendre ses droits sur sa communauté et lui permettre de montrer et d'offrir ce qu'il a de meilleur, esthétiquement et spirituellement ; lutter contre l'alcoolisme dans les classes populaires...). Mais je ne pense pas pour autant que les musulmans soient à considérer comme des alliés des libéraux. Et d'ailleurs, je ne vois pas en quoi interdire de mettre un drapeau arc-en-ciel à son balcon serait un objet de réjouissance pour les libéraux. Oui, c'est vrai, c'est vrai. Mais c'était à une époque ou c'était rajouter ça a rien du tout, c'est donc une invitation à en faire plus. Et l'islam -contrairement au judaïsme- a tendance à transmettre l'idée que ces commandements sont à appliquer parce qu'ils sont bons et utiles (même si on ne comprend pas pourquoi), et donc, que la redistribution en elle-même est bonne. Et de fait, les pays arabes suffisamment riches pour se le permettre (et avec suffisamment de travailleurs étrangers) ont tendance à mettre en place un système économique quasi-communiste pour leurs nationaux, bien au delà de ce qu'exige la zakat. Pour le coup, je suis non-ironiquement d'accord avec ceci. L'islam anticipe la modernité dans plusieurs de ses aspects contradictoires. Par son redistributionnisme intra-communautaire pré-socialiste, mais aussi par son universalisme pratique et applicable politiquement (contrairement à l'universalité spirituelle très abstraite du christianisme) et par sa grande tolérance (par rapport aux standards de l'époque, y compris et surtout par rapport aux chrétiens de l'antiquité tardive) face aux différences culturelles et religieuses. Sans compter le fait qu'il a favorisé le commerce et les échanges aussi bien matériels qu'immatériels à travers le monde, de l'Andalousie à l'Indonésie, contrairement à la chrétienté occidentale qui, sur son bout de péninsule abandonnée au bas des cartes de l'époque, s'est isolé du monde tout au long du moyen-âge, un peu comme le Japon féodal.
  10. Hm... A part qu'ils ont toutes les chances, une fois qu'ils le peuvent, d'être ennemis des woke, qui sont eux même alliés objectifs des socialistes (et ça me semble plutôt faible comme lien avec nous), j'ai du mal à voir ce qui te fait dire ça. Et je dis ça non seulement parce qu'il me semble que les woke sont de meilleurs alliés objectifs (en tant qu'ennemis intérieurs des socialistes), mais aussi parce qu'il me semble que l'islam est porteur de valeurs anti-libérales. Et je ne parle pas tant des appels à la violence, circonstanciels et pardonnables parce qu'habituels, mais surtout à cause de son opposition à la finance et de son appel à la redistribution (même si celle-ci est modérée et peut être faite de façon privée et intra-communautaire, elle reste une valeur forte). Que ce soit de façon plus modérée que le communisme apocalyptique christique ne rend cet anti-libéralisme que plus facilement applicable.
  11. Je reviens de 4 jours de retraite sexpo, où l'on mangeait vegan, bio, local et de saison. Donc beaucoup de choux, et de choux de Bruxelles. Pour en revenir à l'image donc : relatable.
  12. Il faudrait l'avertir que sa répétition de "du coup" est assez inélégante et que le Maroc n'est pas une colonie (parfois, c'est bien "en France" et non "en métropole" qu'il vaut mieux dire !).
  13. C'est intéressant, et ça explique peut-être la très étrange et improbable invention de la monogamie chez les grecs et les romains (la norme anthropologique étant la polygynie au moins occasionnelle) : "l'exposition" (l'abandon d'enfant, généralement de fille) était très pratiquée et avait engendrée un sex ratio extrêmement déséquilibrée, avec peut-être, au moins par période, trois fois plus de garçons que de filles. (à en croire cet article ci : https://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2009-3-page-19.htm)
  14. Oui, tout à fait, mais justement, ils sont beaucoup plus proche des véritables nazis que des islamistes (qui d'ailleurs, dans les pays arabes, sont apparus en réaction au nationalisme arabe).
  15. Il me semble que ce n'était pas tant des islamistes que des nationalistes et des modernistes. Le groupe au pouvoir responsable de tout ça, c'est ceux là : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeunes-Turcs
  16. J'ai rencontré une amatrice de bdsm qui est en "24 4" avec son mari/"maître" ("24h/24, 7j/7", concrètement, un contrat d'esclavage), mais qui trouve que l'islam est trop patriarcal. Il y a des gens chelou, quand même.
  17. Oui, mais à la fois, c'est le plus gros point faible du tout. Autant le marxisme structuraliste, le déconstructionisme libertaire et l'identitarisme tribal peuvent très bien se défendre tout seul, autant "l'intersection" de tout ça est très paradoxal. On part de l'oppression systémique comme cadre de pensée pour l'enrichir, on y ajoute, en guise de facteur d'oppression supplémentaire, plusieurs choses qui sont en fait le fruit de remise en cause de l'approche systématique et structurelle de l'oppression, et on tente d'utiliser ce qui sort au bout comme des identités/appartenances avec des essences intrinsèques... Bah. S'il s'agit d'un critère de sélection arbitraire entre des candidats quasi-équivalents (et je soupçonne que c'est le cas pour les managers), ça m'indiffère. Et sinon, si c'est un fardeau pour les organisations, tant mieux, ça précipite l'affaissement des gros machins au profit du marché, où même les woke sélectionnent leurs producteurs et commerçants sur des critères bien différents de ce qu'ils exigent des RH.
  18. J'ai l'impression que le collectivisme de la nébuleuse idéologique "woke" est paradoxal, puisque le groupe prend plusieurs formes différentes à la fois. -Le "systémisme" amène effectivement à s'identifier comme partie d'un groupe, défini par sa relation (dominant-dominé) avec un autre, et vise souvent explicitement à unir les dominés contre les dominants. C'est le "marxisme" de "néomarxisme post-moderne", encore qu'il est relativement faible, puisque l'économie devient une dimension parmi d'autre au sein de cette relation de domination, et qu'il est désormais rarement question "d'abolir" le groupe dominant (hors de certains cercles très très militants, souvent extérieur au wokement correct). -L'intersectionnalisme se présente comme un prolongement du systémisme, au service des supers-dominés, mais je pense plutôt qu'il fonctionne comme un anti-groupe, donnant à tout le monde l'impression d'avoir à se faire pardonner de ne pas être dans le bon groupe. -Le déconstructionnisme est un kamikaze idéologique, qui rend impossible à la fois l'individualisme et le collectivisme. -L'identitarisme est en effet collectiviste, puisqu'il définit l'identité par une appartenance de groupe, mais d'une façon tout à fait antagoniste à celle du "systémisme", puisque ce groupe est supposé avoir une essence intrinsèque, et pas seulement être défini par la relation à un autre (ce qui substitue au penchant révolutionnaire des revendications quasi-tribales). Remarque que tout ça n'est pas spécifique au "wokisme", mais est aussi partagé avec l'identitarisme de droite. (qui, derrière ses "deus vult", est en fait beaucoup plus païen que l'écologisme, puisque dépourvu de l'eschatologie judéo-chrétienne, de l'universalisme chrétien, et de la culpabilité chrétienne latine).
  19. Une définition qui comprend le terme "postmodernisme" ne peut pas être une très bonne définition... Au delà d'un vague air de famille (qu'elles partagent souvent d'autant plus avec des idées adverses), les différentes thèses "woke" sont réunies par le fait d'être défendue à peu près en même temps par les mêmes personnes, bien plus que par une cohérence globale. Et ces idées ayant chacune leurs propres mérites et leurs propres torts, je pense qu'il vaut mieux les discuter séparément, et que les mettre dans le même panier ne peut qu'appauvrir le débat. Il faut au moins distinguer : 1- l'approche structuraliste/systémique des discriminations, devenant donc toujours des oppressions qui ne se comprennent que de façon holiste, au contraire de l'approche libérale et individualiste. C'est une approche qui est partagée avec les vieux gauchistes -nos ennemis historiques- , que certains se retrouvent à apprécier sous prétexte qu'ils ne sont pas woke, alors qu'ils en partagent le pire vice... 2- l'intersectionnalité, qui se contente d'ajouter quelques facteurs au point précédent. 3- la déconstruction, qui est souvent prise comme équivalente de l'intersectionnalité, mais qui n'en partage que la relative complexité, puisqu'elle revient en fait à saper le fondement de l'approche structuraliste, en refusant le jeu d'oppositions binaires sur lequel elle repose toujours. 4- l'identitarisme, la revendication de "l'identité" (en fait, d'une essence définie par l'appartenance à un groupe, ou à l'intersection de plusieurs groupes) comme donnant des droits, point partagé avec nos pires adversaires de l'autre bord, et qui est encore plus en contradiction avec la déconstruction que tout ce qui précède. La mauvaise identification de ces points amène souvent à sauter vers un mal encore pire que celui qu'on fuit... demander aux RH de GM d'embaucher plus de femmes noires chez les managers pour faire plaisir à Crenshaw, et autoriser les gens à emmerder l'administration en faisant n'importe quoi avec la case "sexe" de leur état civil pour faire plaisir à Butler, me semble beaucoup moins liberharam que d'aller s'accoquiner avec les vieilles féministes différentialistes qui demandent des droits spéciaux pour les femmes, ou avec les anciennes de la deuxième vague qui sont farouchement anti-pornographie, anti-prostitution, anti-religion à la fois, etc. L'écologisme n'est pas plus concurrent du féminisme intersectionnel que ne l'est l'anti-racisme (qui ont tous les deux aussi un paquet d'incompatibilité, d'où l'aporie du cas "Dolezal"). Si on laisse de coté les idées pour regarder la structure sociale du mouvement, il s'agit en fait de trois éléments interdépendants : c'est l'anti-racisme qui fait office de principale base militante (d'où le fait que la plupart des éléments de langage venant de la base en soient issus : "woke", "politiquement correct", "privilège", etc), le féminisme intersectionnel qui sert d'avant-garde révolutionnaire et d'appareil de justification intellectuelle, et l'écologisme qui fourni l'appui institutionnel, notamment en prêtant ses partis politiques comme émissaires. Et derrière son néopaganisme souvent affiché, l'écologisme repose en fait sur un sentiment de culpabilité inné, du à la simple appartenance au genre humain, qui n'est rien d'autre que le péché originel d'Augustin sous stéroïde. Ce sentiment de culpabilité (que l'on conjure en le transformant en une colère sacré contre celui qui prétend pouvoir le refuser) est d'ailleurs sans doute la seule chose qui relie à peu près la totalité du "wokisme". Même l'intersectionalité a en fait beaucoup moins pour effet de créer de super-victime que de rendre tout le monde oppresseur de quelqu'un d'autre (ce qui est vécu avec une grande intensité dans le milieu, où tout le monde doit régulièrement se confesser de jouir de plusieurs privilèges). Celui qui entre le moins là dedans d'ailleurs est sans doute plutôt l'antiracisme. Il me semble que j'entends beaucoup moins souvent de militant anti-raciste noir s'excuser d'être des hommes que je n'entends de féministes intersectionnelles s'excuser d'être blanches.
  20. Qu'est-ce que ça changerait si on remplaçait la tva par un impôt sur le revenu des concernés ?
  21. Idem. Je suis même tombé sur des occultistes post-modernes qui lui vouent littéralement un culte. Et sur des complotistes qui affirment, tantôt avec effroi, tantôt avec enthousiasme, qu'elle est un clone sataniste. Je n'ai pas la moindre idée du genre de musique qu'elle produit.
  22. Je me sens appelé. Quelque chose en moi a subitement envie d'arrêter (ou au moins de mettre sur pause) les reverse gangbangs comme activité sportive, et de plutôt faire une thèse en métaphysique. J'ai peur.
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