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Johnathan R. Razorback

A quoi reconnaît-on un libéral ? Essai de définition idéale-typique

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Les discussions engagées autour de la légitimité du principe de non-agression et les conséquences de ses limites ont quelque peu obscurcies -et visiblement pas qu’à mes yeux- la notion de ce qu’est un libéral.

 

Je me propose d’en produire une définition plus satisfaisante que celles qu’on peut généralement lire, par exemple celles qui font résider le libéralisme dans la promotion de la liberté (sans la définir), celles qui listent une série de droits auquel le libéral serait attaché, sans montrer les liens entre ces choses, celle qui découpent la liberté en morceaux en disant qu’on peut être pour la liberté (en fait souvent subrepticement remplacée par la licence) en économie et pas ailleurs, etc.

 

Je précise que je laisse totalement de côté le problème distinct de connaître les fondements moraux possibles ou le fondement moral adéquat de la liberté libérale. Je tente une définition valide pour tout libéral, qu’il soit jusnaturaliste, utilitariste, évolutionniste, kantien ou partisan de n’importe quelle autre philosophie morale.

 

Pour résoudre ce problème de définition, je confère à l’idéologie politique de l’époque moderne et contemporaine qu’est le libéralisme un statut idéal-typique.

 

Dire que le libéralisme est un idéal-type, c’est dire qu’il est quelque chose vers lequel le comportement et les valorisations effectives des individus libéraux tendent, mais sans jamais se confondre avec, sinon de façon momentanée.

 

Il s’ensuit que l’on est plus ou moins libéral suivant l’écart avec le modèle.

 

Cette conceptualisation ne résout pas à 100% le problème conjoint de déterminer à partir de quelle intensité d’écart d’avec l’idéal-type il n’est plus pertinent de qualifier un individu de libéral. Mais elle a le mérite de distinguer le libéral du liberal / progressiste / social-"libéral", etc., qui, lui, prône une liberté positive (la liberté comme puissance) -ainsi que du conservateur à tendance libérale, parce que ces formes relativement limitées d’antilibéralismes, si elles peuvent défendre certains droits qui découlent de la position libérale, ne les défendent pas à partir des mêmes prémisses.

 

Je propose la définition suivante :

 

1) : Le libéral est un individu qui tient la liberté pour la finalité suprême, la valeur absolue (ou du moins fortement prééminente) dans l’ordre politique. Sa préservation est la raison d’être et le premier des critères de légitimité caractérisant un pouvoir politique juste.

 

2) : Le libéral adhère à une conception négative de la liberté, ce qui signifie qu’est libre l’individu qui n’est pas empêché par autrui de faire (ou d’avoir, ou d’être) quelque chose.

 

3) : Cette liberté négative prend la forme spécifique d’une défense de la vie et de la propriété (comme moyen privilégié pour vivre) par soustraction de l’individu à la violence d’autrui. L’individu libre est celui que l’action d’autrui n’empêche pas de vivre ou de jouir d’une propriété préservée. Ce principe moral fondamental se décline ensuite en une série de droits politiques portant sur des domaines d’actions spécifiques (par exemple, la liberté d’entreprendre, la liberté d’expression, la liberté de circuler, etc.).

 

4) : Cette liberté constitue un bien moral que méritent de part leur seule existence à la fois les membres du corps politique mais aussi le reste de l’humanité, sans aucune discrimination liée à une appartenance naturelle ou volontaire (race, sexe, religion, etc.). Le libéralisme est une philosophie politique universaliste et égalitaire en ce sens que le libéral estime que tous les êtres humains méritent de ne pas être privés de la liberté ainsi définie (à moins qu’ils n’aient eux-mêmes violés la liberté d’autrui et subissent une peine d’emprisonnement en conséquence).

 

 

Définition idéale-typique à partir de laquelle on pourra prendre en "défaut" virtuellement tous les penseurs de la tradition libérale, mais qui peut néanmoins servir d’étalon pour saisir ce qu’ont en commun tous les libéraux.

 

Il me semble qu’en donnant au NAP une place dans une définition de statut idéal-typique, on lui donne une place conforme à ce que sont les libéraux réellement. Ils tendent à considérer le NAP comme le cœur de leur visée morale et politique, mais il y a toujours des écarts et des limites. A contrario, je ne vois pas du tout comment on pourrait saisir la différence entre le libéral et le non-libéral en excluant toute référence au principe de non-agression.

 

Une conséquence intéressante, si l’on admet la pertinence d’une définition de ce type, c’est que les procès en anti-libéralisme entre libéraux deviennent problématiques. Si le libéral est quelqu’un qui tend à défendre le NAP, il ne le défend pas réellement de façon absolue. Dès lors, si on considère que le libéral qui prône un « filet social » minimum (Tocqueville, Hayek), ou la fermeture relative des frontières (HHH), ou certaines formes d’interventionnisme étatique (Hume, Smith, Turgot, Condorcet, Bastiat, etc., et même Rand sur la propriété intellectuelle), a tort, il faut utiliser un autre critère que la simple référence au NAP (sous peine de reprocher aux autres ce qu’on fait soi-même).

 

Ce qui repose le problème de la fondation morale de la liberté et de ses limites (doit-on -et en fonction de quel critérium ?- préférer la liberté par rapport à d’autres biens, s’il advenait un conflit empêchant la réalisation simultanée de deux biens [moraux] ?).

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il y a 8 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

Il me semble qu’en donnant au NAP une place dans une définition de statut idéal-typique, on lui donne une place conforme à ce que sont les libéraux réellement. Ils tendent à considérer le NAP comme le cœur de leur visée morale et politique, mais il y a toujours des écarts et des limites. A contrario, je ne vois pas du tout comment on pourrait saisir la différence entre le libéral et le non-libéral en excluant toute référence au principe de non-agression.

attaboy!

 

il y a 9 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

Une conséquence intéressante, si l’on admet la pertinence d’une définition de ce type, c’est que les procès en anti-libéralisme entre libéraux deviennent problématiques. Si le libéral est quelqu’un qui tend à défendre le NAP, il ne le défend pas réellement de façon absolue. Dès lors, si on considère que le libéral qui prône un « filet social » minimum (Tocqueville, Hayek), ou la fermeture relative des frontières (HHH), ou certaines formes d’interventionnisme étatique (Hume, Smith, Turgot, Condorcet, Bastiat, etc., et même Rand sur la propriété intellectuelle), a tort, il faut utiliser un autre critère que la simple référence au NAP (sous peine de reprocher aux autres ce qu’on fait soi-même).

Se demande-t-on si Du Pouvoir est un livre nazi sous prétexte que Jouvenel a été tenté par le fascisme dans sa jeunesse avant de virer du bon côté de la force et de finir écolo cité par Baudrillard ? Alors pourquoi se demanderait-on si Hayek est libéral sous prétexte qu'il n'est pas d'accord pour privatiser la police ? Je pense qu'un auteur a une pensée cohérente en gros, avec des grandes idées : dans Hayek, l'ordre spontané, l'évolution culturelle, la concurrence des monnaies, la dispersion de l'information. Sa pensée est un monument de la philosophie libérale au XXe siècle pour ces raisons-là. Je ne trouve pas très intéressant d'insister sur ce qu'à côté il a pu dire au sujet de la sécu ou du revenu de base. Et au fond, à part Hoppe, personne ne songe à dire que Hayek n'est pas libéral. Donc pourquoi la question se pose-t-elle ?

Je précise que cela n'enlève rien à mon NAPisme modéré. Je pense que les NAPistes tendent à avoir raison mais deux libéraux peuvent avoir un désaccord sans que l'un cesse d'être libéral. Exemple : ce forum :mrgreen: Et en cas de désaccord, le libéral NAPiste a souvent raison de mon point de vue.

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Je n'ai pas eu le temps d'éditer, donc je précise: si la non-absoluité du NAP appelle à repenser la place de la liberté en fonction du fondement moral qui la soutient, c'est tout simplement parce que l'étude de ce fondement moral est la seule chose qui puisse nous aider à déterminer dans quel cas la liberté -tout en restant un bien- devrait s'incliner devant un autre bien (moral) -si tant est qu'un conflit survienne et qu'abandonner la liberté sur ce cas précis soit justifié / bon :

 

« Il faut qu'il y ait un critère permettant de juger du bien et du mal, absolu ou relatif, des buts, ou objets du désir. Et quel que soit ce critère, il ne peut y en avoir qu'un seul: car, s'il y avait plusieurs principes ultimes pour la conduite, une même conduite pourrait être approuvée par un principe et condamnée par un autre; et il faudrait un principe plus général encore pour trancher entre les deux. » (John Stuart Mill, A System of Logic, 1843).

 

Certains non-philosophes ont soutenus que la liberté était elle-même ce critère ultime: 

 

"Comme le dit Milton Friedman dans Capitalisme et liberté: « [...] en tant que libéraux, nous prenons la liberté de l'individu, ou peut-être de la famille, comme but ultime permettant de juger les institutions sociales. » Fritz Machlup dit à peu près la même chose; pour lui la liberté est le bien suprême : « [...] un libéral, écrit-il, est quelqu'un qui met la liberté au-dessus de tout autre but social et qui ne consentira jamais à limiter une quelconque liberté - économique, politique ou intellectuelle - sauf comme moyen pour atteindre la réalisation plus complète d'une autre liberté. » " (Francisco Vergara, Les fondements philosophiques du libéralisme. Libéralisme et éthique, Paris, La Découverte, 2002 (1992 pour la première édition), 220 pages, p.173).

 

Or ce n'est pas possible puisque la question: "la liberté pour quoi faire ?" est une question valide. La liberté n'est pas à elle-même son propre fondement, elle appelle une justification.

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il y a 6 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

à part Hoppe, personne ne songe à dire que Hayek n'est pas libéral. Donc pourquoi la question se pose-t-elle ?

 

Si, Walter Block. Probablement que des disciples ou des lecteurs de Rothbard aussi. Rand détestait Hayek.

 

Mais même si personne au monde ne traitait personne de faux libéral, ça m'intéresserait toujours de savoir ce que moi et les autres voulons dire lorsque nous disons que nous sommes libéraux. Ne serait-ce que pour répondre quelque chose d'exact et d'universellement valable quand quelqu'un me demande ce qu'est le libéralisme (dédicace à @Lancelotqui a critiqué gentiment mon axiomatique jusnaturaliste ;) ). 

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il y a 3 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

 

Si, Walter Block. Probablement que des disciples ou des lecteurs de Rothbard aussi. Rand détestait Hayek.

 

Mais même si personne au monde ne traitait personne de faux libéral, ça m'intéresserait toujours de savoir ce que moi et les autres voulons dire lorsque nous disons que nous sommes libéraux. Ne serait-ce que pour répondre quelque chose d'exact et d'universellement valable quand quelqu'un me demande ce qu'est le libéralisme (dédicace à @Lancelotqui a critiqué gentiment mon axiomatique jusnaturaliste ;) ). 

La définition en 4 points me paraît bonne.

 

il y a 11 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

La liberté n'est pas à elle-même son propre fondement, elle appelle une justification.

Se justifier auprès de qui ?

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27 minutes ago, Johnathan R. Razorback said:

Pour résoudre ce problème de définition, je confère à l’idéologie politique de l’époque moderne et contemporaine qu’est le libéralisme un statut idéal-typique.

Ça fait très dissertation de lycée. Mignon.

 

27 minutes ago, Johnathan R. Razorback said:

Il s’ensuit que l’on est plus ou moins libéral suivant l’écart avec le modèle.

= on peut être (et en règle générale on est) libéral sur certains points et pas sur d'autres.

 

27 minutes ago, Johnathan R. Razorback said:

1) : Le libéral est un individu qui tient la liberté pour la finalité suprême, la valeur absolue (ou du moins fortement prééminente) dans l’ordre politique. Sa préservation est la raison d’être et le premier des critères de légitimité caractérisant un pouvoir politique juste.

 

2) : Le libéral adhère à une conception négative de la liberté, ce qui signifie qu’est libre l’individu qui n’est pas empêché par autrui de faire (ou d’avoir, ou d’être) quelque chose.

 

3) : Cette liberté négative prend la forme spécifique d’une défense de la vie et de la propriété (comme moyen privilégié pour vivre) par soustraction de l’individu à la violence d’autrui. L’individu libre est celui que l’action d’autrui n’empêche pas de vivre ou de jouir d’une propriété préservée. Ce principe moral fondamental se décline ensuite en une série de droits politiques portant sur des domaines d’actions spécifiques (par exemple, la liberté d’entreprendre, la liberté d’expression, la liberté de circuler, etc.).

 

4) : Cette liberté constitue un bien moral que méritent de part leur seule existence à la fois les membres du corps politique mais aussi le reste de l’humanité, sans aucune discrimination liée à une appartenance naturelle ou volontaire (race, sexe, religion, etc.). Le libéralisme est une philosophie politique universaliste et égalitaire en ce sens que le libéral estime que tous les êtres humains méritent de ne pas être privés de la liberté ainsi définie (à moins qu’ils n’aient eux-mêmes violés la liberté d’autrui et subissent une peine d’emprisonnement en conséquence).

Moui bof c'est un peu bric à brac tout ça. On n'est pas si loin des droits de l'homme sur le principe : on proclame des trucs. Bon.

 

27 minutes ago, Johnathan R. Razorback said:

Il me semble qu’en donnant au NAP une place dans une définition de statut idéal-typique, on lui donne une place conforme à ce que sont les libéraux réellement. Ils tendent à considérer le NAP comme le cœur de leur visée morale et politique, mais il y a toujours des écarts et des limites. A contrario, je ne vois pas du tout comment on pourrait saisir la différence entre le libéral et le non-libéral en excluant toute référence au principe de non-agression.

Disagree. Si un type idéalement libéral existe, ce type n'est pas spécialement un fanatique du PNA. Ce n'est pas nécessaire ni suffisant. Ça ne résout rien, ça n'arrange rien.

  • Yea 4

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Je suis libéral dans le sens où je voudrais que l’Etat me fasse beaucoup moins chier pour tout et n’importe quoi.

  • Yea 3

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fasse beaucoup moins chier autrui pour tout et n'importe quoi, meilleure définition. Car tous les étatistes sont d'accord pour que l'État les fasse moins chier eux, là n'est pas le problème

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Il y a 1 heure, Nick de Cusa a dit :

fasse beaucoup moins chier autrui pour tout et n'importe quoi, meilleure définition. Car tous les étatistes sont d'accord pour que l'État les fasse moins chier eux, là n'est pas le problème

 


Soyons honnêtes : je ne serais probablement pas libéral si l'Etat ne me faisait jamais chier. Le fait est que l'Etat m'emmerde en emmerdant les individus avec lesquels je souhaite échanger, par exemple.

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Si l'état a le pouvoir de faire chier quelqu'un d'autre aujourd'hui alors rien ne l'empêche de me faire chier aussi demain. Du coup c'est le pouvoir de faire chier en général qui est un problème.

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il y a 2 minutes, Lancelot a dit :

Si l'état a le pouvoir de faire chier quelqu'un d'autre aujourd'hui alors rien ne l'empêche de me faire chier aussi demain. Du coup c'est le pouvoir de faire chier en général qui est un problème.


Evidemment. Mais il faut reconnaître que ça nous touche forcément plus lorsque l'on est directement emmerdé par l'Etat.

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Pour compléter la définition - s'il faut absolument en trouver une - je dirais que le libéral est aussi celui qui considère que l'isonomie est la seule forme d'égalité qui importe (et s'oppose donc aux privilèges de castes). Pourquoi ? Parce qu'il comprend que le meilleur filtre pour analyser la réalité qui l'entoure est l'individualisme; parce qu'il comprend l'étendue de la complexité de la nature humaine; parce qu'il a conscience que la planification implique l'accès à la totalité de l'information, par une vision quasi omnisciente sur l'action humaine. Le libéral en vient donc à la conclusion qu'il est nécessaire, dans la poursuite du bonheur et de la liberté de chacun, de ne pas fixer d'objectifs collectifs par des mécanismes étatiques.

  • Yea 1

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Il y a 15 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

Ce qui repose le problème de la fondation morale de la liberté et de ses limites (doit-on -et en fonction de quel critérium ?- préférer la liberté par rapport à d’autres biens, s’il advenait un conflit empêchant la réalisation simultanée de deux biens [moraux] ?).

J'adhère personnellement à la conception de winner de la liberté comme finalité en soi. Mais s'il faut - encore une fois - absolument la justifier par rapport à d'autres biens, j'ai l'impression qu'il s'agit d'une valeur centrale sans laquelle la réalisation d'autres biens serait impossible : préférer la sécurité à la liberté implique déjà d'avoir le choix, et il n'y a pas de choix sans liberté. Donc ta question n'a pas vraiment de sens.

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Une remarque 'jasayenne' sur la liberté : la liberté n'est pas un but en soi, ou plutôt, ça peut être le but subjectif d'une personne en particulier. Il me convient à moi d'orienter toutes mes actions pour les rendre les plus conformes à la conception de l'autonomie que je défends. Mais si ma conception personnelle du bien, qui te paraît rétrograde et oppressive, me convient mieux que ton idéal d'autonomie, faut-il m'obliger à être libre et à adhérer à ta conception de la liberté ?

 

Plutôt qu'un but substantiel, la liberté est une présomption qui porte sur les actes des individus. Sont libres tous les actes posés par les individus jusqu'à preuve du contraire, preuve que devrait fournir ceux qui veulent interdire ou réglementer de tels actes. Le corpus qui permet de coordonner des individus aux actions libres mais aux buts différents, cad qui propose un cadre pluraliste raisonnable, me paraît correspondre à une conception libérale acceptable (c'est l'idée de règles de juste conduite hayékienne par ex).

  • Yea 3

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C'est intéressant. En fait, je crois que je suis jasayenne sans le savoir (^_^) : il n'y a pas une conception de la liberté, mais plusieurs et "libre à chacun de tronquer une part de sa liberté contre une part de servitude tant que mon action n'a pas été contrainte".

  • Yea 1

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il y a une heure, Lancelot a dit :

Si l'état a le pouvoir de faire chier

oui mais est-ce que faire chier = agresser ? :lecon:

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Il y a 16 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

par exemple celles qui font résider le libéralisme dans la promotion de la liberté (sans la définir),

 

M'est avis que si t'arrives pas à te poser sur la racine d'un mot pour le définir, c'est une mauvaise nouvelle. Il vaut mieux donc commencer par définir la liberté pour savoir si en faire la promotion à travers le libéralisme est une condition  pour se revendiquer libéral. Le 1er point étant pour moi que la définition doit être "circulaire" dans le sens ou vouloir la définir et s'approprier sa propre définition  sans être contraint de la définition des autres est une partie du fait d'être libéral. C'est le problème avec ce genre de concept, ils doivent pouvoir en premier lieu s'appliquer à eux mêmes.

 

Donc tant qu'on a pas résolu si, pourquoi quelqu'un estime que la liberté s'applique aussi dans la transgression du NAP car il a choisit cette définition de la liberté, étant libre de la choisir, si la liberté consiste à être en premier lieu libre de matérialiser un choix, ce choix fusse t'il contraire à la définition  d'un choix libéral compatible  des autres, on saura je pense pas ce que c'est d'être libéral, car on peut pas attester la façon d'être à la connaissance exacte  et préalable de sa définition.

 

Si on est pas d'accord avec ça, il va peut être falloir changer de racine de mot.

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17 minutes ago, poincaré said:

C'est intéressant. En fait, je crois que je suis jasayenne sans le savoir (^_^) : il n'y a pas une conception de la liberté, mais plusieurs et "libre à chacun de tronquer une part de sa liberté contre une part de servitude tant que mon action n'a pas été contrainte".

 

Il y a un autre auteur qui dit des choses un peu similaires sur le sujet (liberté/autonomie), mais qui n'est pas très connu en France :

 

https://www.amazon.fr/Libertarian-Idea-Jan-Narveson/dp/1551114216

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Jan_Narveson

 

C'est un peu plus aride que de Jasay (le style de l'auteur est analytique), mais ça mérite aussi la lecture.

 

 

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1 hour ago, Vilfredo Pareto said:

oui mais est-ce que faire chier = agresser ? :lecon:

Ça dépend. Case in point: le nudging.

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il y a 1 minute, Lancelot a dit :

Case in point: le nudging.

Le truc de Thaler ? Tu avais déjà fait eu un débat avec Nihiliste frustré là-dessus. Il défendait le droit au boycott comme au nudging en cas de non-agression précisément si j'ai bonne mémoire. En relisant le sujet, il y avait aussi ce commentaire de @Tramp :

De mon point de vue, il n'y a pas de problème libéral à manipuler les gens pour leur faire faire ce qu'on veut. Ça défavorise honteusement les idiots dans la société mais c'est pas forcément un mal :mrgreen:. Ensuite ton sujet était parti en débat plus large pour savoir si le libéralisme doit combattre la limitation de la liberté par la pression sociale et pas par l'Etat.

Tu écrivais aussi

Ce qui me paraît contradictoire : anarcapiquement parlant, il ne peut pas y avoir de "non-coercition étatique" comme tu l'écris. Il ne peut qu'y avoir coercition s'il y a Etat, et une coercition illégitime (parce que l'Etat fait peser les externalités négatives sur toute la population (sinon ce n'est pas un Etat)). Donc je ne pense pas qu'on peut légitimer d'un point de vue anarcap une intervention de l'Etat pour résoudre une coercition non-étatique ; l'Etat ne peut être considéré comme le "minimum de violence légitime" pour faire cesser l'agression. Reste à définir la coercition "non-étatique" : il s'agit de la menace d'agression ou d'une agression effective. La manipulation n'entre pas nécessairement dedans. Et si tu penses que oui, pourquoi, dans cette logique, ne pas pénaliser les dealers ? Ou alors comment définis-tu manipulation ? Quel degré de manipulation non coercitive est acceptable ?

D'un point de vue pas particulièrement anarcap maintenant, le nudge repose sur le principe que des gens font de mauvais choix ou de mauvaises décisions (j'ai pas compris comment c'était défini mais en même temps j'ai pas lu le bouquin) que l'on peut corriger sans les agresser (apparemment les exemples sont un changement de design dans l'architecture ou repeindre le mur des toilettes). D'abord on peut très bien imaginer dans ces deux cas que personne ne vienne se plaindre et change son comportement sans s'en rendre compte. Ensuite, comment même quelqu'un pourrait-il se plaindre que le patron de l'entreprise ait repeint les murs des toilettes ? Que la mairie  la copropriété du quartier ait changé la forme des poubelles ? Si elle ne te plaît pas, va fonder ta propre entreprise de poubelles ! Le truc c'est que si j'ai envie que tu changes de comportement, je peux faire tout ce que je veux avec ce qui m'appartient pour poursuivre cet idéal, même si ça implique de reconstruire toute ma maison de telle sorte que tu arrêtes d'oublier de fermer les portes ! Ou faut-il suggérer que les gens ne font pas ce qu'ils veulent avec leur propriété tant qu'ils n'agressent personne ? Je ne considère pas, en effet, que ce changement de comportement soit une violation de la liberté, parce que ce changement de comportement, tu l'as voulu ou tu l'as opéré sans y penser (je vois pas de troisième possibilité), donc tu y as librement consenti. Et si tu ne veux pas consentir, tu es libre d'aller voir ailleurs. C'est comme quand Hayek suggère qu'une obligation sociale d'aller à un dîner mondain est une coercition (et puis quoi encore ?). 

L'approche anarcap, en éliminant l'espace public, a le mérite de simplifier les choses. Dans un espace public, le nudge => l'Etat, mais n'importe quel minarchiste dira fort justement que s'occuper de la manière dont les gens ouvrent et ferment les portes n'est pas une fonction régalienne. Ergo, --> poubelle.

 

Citation

An individual’s behaviour is not always in alignment with their intentions (termed a value-action gap).[10] It is common knowledge that humans are not fully rational beings; that is, people will often do something that is not in their own self interest, even when they are aware that their actions are not in their best interest.[11] As an example, when hungry, people who diet often under-estimate their ability to lose weight, and their intentions to eat healthy can be temporarily weakened until they are satiated.[12]

https://en.wikipedia.org/wiki/Nudge_theory

 Ça fait beaucoup de théorie pour des problèmes qui se règlent dans la sphère privée et tout naturellement.

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2 hours ago, Vilfredo Pareto said:

De mon point de vue, il n'y a pas de problème libéral à manipuler les gens pour leur faire faire ce qu'on veut.

De mon point de vue ça rentre dans la case "faire chier les gens" et quand c'est mis en place par le gouvernement le libéralisme devrait avoir quelque chose à dire dessus.

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Il y a 8 heures, poincaré a dit :

1): je dirais que le libéral est aussi celui qui considère que l'isonomie est la seule forme d'égalité qui importe

 

2): Parce qu'il comprend que le meilleur filtre pour analyser la réalité qui l'entoure est l'individualisme; parce qu'il comprend l'étendue de la complexité de la nature humaine; parce qu'il a conscience que la planification implique l'accès à la totalité de l'information, par une vision quasi omnisciente sur l'action humaine. Le libéral en vient donc à la conclusion 

 

1): Oui. L'idée d'isonomie est incluse dans l'idée que les individus méritent une égale liberté.

 

2): Sauf que la question du fil n'était pas psychologique ou sociologique (qu'est-ce qui fait devenir libéral) mais philosophique et historique (qu'est-ce qu'être libéral ?).

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il y a 55 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

2): Sauf que la question du fil n'était pas psychologique ou sociologique (qu'est-ce qui fait devenir libéral) mais philosophique et historique (qu'est-ce qu'être libéral ?).

L'individualisme et le combat pour l'isonomie relèvent de la philosophie et de l'histoire.

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Il y a 14 heures, Lancelot a dit :

De mon point de vue ça rentre dans la case "faire chier les gens" et quand c'est mis en place par le gouvernement le libéralisme devrait avoir quelque chose à dire dessus.

C'est aussi ce que je pense. J'ai fait un petit post à ce sujet au-dessus, je ne sais pas si tu l'as lu...

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Le 17 octobre 2019 à 21:59, Johnathan R. Razorback a dit :

...

Dire que le libéralisme est un idéal-type, c’est dire qu’il est quelque chose vers lequel le comportement et les valorisations effectives des individus libéraux tendent, mais sans jamais se confondre avec, sinon de façon momentanée.

 

Il s’ensuit que l’on est plus ou moins libéral suivant l’écart avec le modèle.

 

 

 

Alors là, je veux bien que tu nous expliques quel type de comportement et quelles valorisations effectives tu considères comme libérales compte tenu de ta définition de l'idéal type.

Ou pour formuler autrement la question : que dois je faire pour être libéral ?  Que veut dire valorisations effectives ? Que suis je censé valoriser effectivement pour être libéral et comment ?

 

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