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L'écriture inclusif et inclusive


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Il y a 8 heures, Philiber Té a dit :

Mais c'est noté : pour vous l'écriture inclusive, ça se résume à l'utilisation du point médian (comme pour ces députés j'imagine).

 

Ça doit faire la troisième fois en deux mois que tu cherches à importer un concept politique extrêmement marqué en expliquant que non non non ce n'est pas politique, c'est une définition neutre.

 

C'est un peu difficile de croire que c'est autre chose qu'une forme d'entrisme.

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Il y a 8 heures, Rincevent a dit :

Mes chers concitoyens", "mes chers compatriotes", ce genre de choses qui étaient courantes dans les adresses politiques il y a encore quelques décennies.

 

Il y a encore quelques jours. 

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Il y a 9 heures, Philiber Té a dit :

Petite question du coup : les autres choses que j'ai évoquées, on appelle ça comment ?

La féminisation des noms relève en partie d'une simple évolution naturelle de la langue. Le langage épicène est plus un style qu'un changement de la langue, il s'agit d'une certaine préférence dans le choix des mots qui appartiennent déjà au vocabulaire français. Et il faut remarquer que le style épicène et la féminisation des noms sont contradictoires, ce qui est un gros problème pour la définition de l'écriture inclusive, que ce soit pour ceux qui veulent l'interdire ou ceux qui la recommande.

L'usage de la parenthèse est une alternative (plus agréable, je trouve) au point médian, mais qui encore une fois est une simple abréviation. C'est de la sténographie plus que de la ponctuation. 

 

Là où on a un véritable changement de grammaire, c'est sur la question du pluriel. Effectivement, dire "les chaises et les tabourets sont belles et beaux" (selon l'usage que vient abréger le point médian), ou "le tabouret et la chaise sont belles" (en utilisant la règle du précédent plutôt que d'utiliser le masculin comme collectif) sont des innovations. Le premier cas choque moins je trouve, mais je doute que quiconque l'utilise à l'oral avec les nombreux mots dont le féminin est homophone. Pourtant, "mes ami.e.s" devrait se lire "mes amis et amies".

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11 hours ago, Philiber Té said:

Quoi ?! Tu veux dire que ma remarque ne va pas anéantir totalement la crédibilité politique de ces députés ?? :D

Elle ne va rien anéantir du tout parce qu'elle est fausse.

 

10 hours ago, Philiber Té said:

Petite question du coup : les autres choses que j'ai évoquées, on appelle ça comment ?

Pour "Mesdames et messieurs", on appelle ça l'usage du français depuis 1850. Je sais bien que les progs adorent réécrire l'histoire mais de là à redéfinir ça en écriture inclusive il y a comme un air d'anachronisme.

 

11 hours ago, Philiber Té said:

Leur définition de l'écriture inclusive est bancale

 

10 hours ago, Philiber Té said:

la proposition de loi débile qui contenait une définition suffisamment large de l'écriture inclusive pour condamner par là même des formulations courantes comme "Mesdames messieurs".

Tu répètes ça mais :

14 hours ago, Philiber Té said:

Ça marche aussi avec la définition donnée dans la proposition de loi : "[...] en écriture dite inclusive, qui désigne les pratiques rédactionnelles et typographiques visant à substituer à l’emploi du masculin, lorsqu’il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l’existence d’une forme féminine."

Une graphie ça désigne la manière dont un mot est écrit.

Donc changer la manière d'écrire un mot pour imposer une forme féminine qui n'existait pas ("autrice") ou rajouter des points ou des parenthèses à la con, oui. Mesdames et messieurs, non. Au delà de ça il y a bien entendu la question de la volonté d'être de l'écriture inclusive ou pas de la part de la personne qui écrit, mais bon c'est un critère qui demande de la bonne foi...

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1 hour ago, Mégille said:

Là où on a un véritable changement de grammaire, c'est sur la question du pluriel. Effectivement, dire "les chaises et les tabourets sont belles et beaux" (selon l'usage que vient abréger le point médian), ou "le tabouret et la chaise sont belles" (en utilisant la règle du précédent plutôt que d'utiliser le masculin comme collectif) sont des innovations. Le premier cas choque moins je trouve, mais je doute que quiconque l'utilise à l'oral avec les nombreux mots dont le féminin est homophone. Pourtant, "mes ami.e.s" devrait se lire "mes amis et amies".

Je préfère l'usage "les chaises et les tabourets sont beaux" (si tu es prêt à changer la grammaire pour que ça sonne mieux, tu devrais être prêt à changer l'ordre de ta liste pour avoir un item masculin à la fin pour que ça sonne mieux), ou "les chaises sont belles et les tabourets aussi", ou "les chaises sont belles et les tabourets sont beaux".

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Sur l'écriture inclusive, j'ai remarqué avec l'expérience que ça ne sert à rien de s'attaquer au fond (cfr ce texte à mon avis très juste des linguistes).

On sait tous ça depuis le début si on a un minimum de jugeotte et qu'on a appris une seconde langue : certaines langues, comme les langues germaniques, on des neutres et ça ne rend pas les allemands ou les hollandais moins sexiste et le simple fait qu'il n'existe aucune correspondance logique entre les genre grammaticaux en français ou dans une autre langue, et sans corrélation avec le sexisme supposé des populations concernées, devrait suffire à enterrer tout débat.

 

Mais ça aurait été le cas si l'écriture inclusive était dans une démarche logique, "rationnelle" j'ai envie de dire. Ce n'est pas le cas, c'est une magnifique exemple de propagande de groupes politiques extrémistes qui s'est gagnée sur le terrain de la morale sur un bon gros syllogisme des familles (si tu es contre, tu es sexiste).

 

J'ai compris ça le jour où pour se défendre de son utilisation, une ancienne collègue m'a sorti la vieille devinette de nos 10 ans : "un père fait un accident de voiture avec ses deux enfants, l'un deux a survécu mais est gravement blessé et est transporté à l’hôpital, le chirurgien voit l'enfant et dit 'je ne peux pas l'opérer, c'est mon fils. Qui est le chirurgien ?".

 

Evidemment à 10 ans, on buggait tous un peu parce que "un chirurgien" renvoyait dans notre inconscient à un homme et le père était mort. La blague à 10 ans c'est, on l'a compris, qu'il s'agit de la mère.

Et bien cette blague d'école primaire est prise au sérieux pour "preuve de l'invisibilisation des femmes".

 

Moi je veux bien discuter du fait que les enfants de 10 ans, en moyenne, pensent "homme" ou "père" quand on dit "le chirurgien", je suis de bonne composition et je peux dire que oui c'est dommage que les enfants ne pensent pas à une femme médecin dans ces moments et que peut-etre ça trahi un déséquilibre dans l'éducation. Ou même la société, soyons fou. Discutons.

Mais qui peut croire que "un.e chirugien.ne" répondra à cet éventuel problème ? Personne de sérieux.

 

Ce discours n'est pas sérieux, c'est de la bêtise, c'est pour ça qu'il ne faut jamais utiliser d'argument rationnel avec ces gens, ni sortir la carte des handic, il faut leur dire "mais ta gueule", boire un coup sans entrer dans une discussion avec eux, ne pas l'utiliser et s'ils insistent, retourner contre eux leurs arguments de gauchistes : "ceci est l'oeuvre des élites urbaines sur-diplomée et un problème de bourgeois, c' est une violence sociale envers le peuple et les classes populaires qui ont d'autres problèmes, qui ne savent pas finir leurs fins de mois et qui ont déjà du mal avec l'orthographe de base".

 

Faut mettre les gauchistes en pls sur leur terrain si on veut discuter avec eux, surtout pas discuter rationnellement, ou alors les ignorer.

 

Les traiter de bourgeois arrivistes et violents envers les classes populaires, ça marche très souvent et y a que ça de vrai, en général, ils finissent par se taire pour aller bougonner dans leur coin.

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il y a 13 minutes, poney a dit :

Mais ça aurait été le cas si l'écriture inclusive était dans une démarche logique, "rationnelle" j'ai envie de dire. Ce n'est pas le cas, c'est une magnifique exemple de propagande de groupes politiques extrémistes qui s'est gagnée sur le terrain de la morale sur un bon gros syllogisme des familles (si tu es contre, tu es sexiste).

This, this, this.

 

il y a 14 minutes, poney a dit :

Ce discours n'est pas sérieux, c'est de la bêtise, c'est pour ça qu'il ne faut jamais utiliser d'argument rationnel avec ces gens, ni sortir la carte des handic, il faut leur dire "mais ta gueule", boire un coup sans entrer dans une discussion avec eux, ne pas l'utiliser et s'ils insistent, retourner contre eux leurs arguments de gauchistes : "ceci est l'oeuvre des élites urbaines sur-diplomée et un problème de bourgeois, c' est une violence sociale envers le peuple et les classes populaires qui ont d'autres problèmes, qui ne savent pas finir leurs fins de mois et qui ont déjà du mal avec l'orthographe de base".

 

Faut mettre les gauchistes en pls sur leur terrain si on veut discuter avec eux, surtout pas discuter rationnellement, ou alors les ignorer.

 

Les traiter de bourgeois arrivistes et violents envers les classes populaires, ça marche très souvent et y a que ça de vrai, en général, ils finissent par se taire pour aller bougonner dans leur coin.

:wub:

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Il y a 14 heures, Tesla a dit :

J'ai le souvenir que ce n'est pas le masculin qui l'emporte sur le féminin mais surtout le neutre et le masculin (issu du latin) qui sont indissociables en français.

Citation

« Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte », affirme l'abbé Bouhours en 1675. « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », complète en 1767 le grammairien Nicolas Beauzée.

Le dernier était académicien.

 

Il y a 2 heures, Mégille a dit :

La féminisation des noms relève en partie d'une simple évolution naturelle de la langue. Le langage épicène est plus un style qu'un changement de la langue, il s'agit d'une certaine préférence dans le choix des mots qui appartiennent déjà au vocabulaire français. Et il faut remarquer que le style épicène et la féminisation des noms sont contradictoires, ce qui est un gros problème pour la définition de l'écriture inclusive, que ce soit pour ceux qui veulent l'interdire ou ceux qui la recommande.

L'usage de la parenthèse est une alternative (plus agréable, je trouve) au point médian, mais qui encore une fois est une simple abréviation. C'est de la sténographie plus que de la ponctuation. 

 

Là où on a un véritable changement de grammaire, c'est sur la question du pluriel. Effectivement, dire "les chaises et les tabourets sont belles et beaux" (selon l'usage que vient abréger le point médian), ou "le tabouret et la chaise sont belles" (en utilisant la règle du précédent plutôt que d'utiliser le masculin comme collectif) sont des innovations. Le premier cas choque moins je trouve, mais je doute que quiconque l'utilise à l'oral avec les nombreux mots dont le féminin est homophone.

Heu, https://fr.wikipedia.org/wiki/Règle_de_proximité#Coexistence_des_accords_jusqu’à_la_Renaissance

Racine, ça commence à faire une vieille innovation quand même.

 

Il y a 2 heures, Mégille a dit :

Pourtant, "mes ami.e.s" devrait se lire "mes amis et amies".

C'est le cas il me semble.

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13 hours ago, Philiber Té said:

 

C'est exactement mon discours, bravo ! :icon_tourne:

Mais c'est noté : pour vous l'écriture inclusive, ça se résume à l'utilisation du point médian (comme pour ces députés j'imagine).

Petite question du coup : les autres choses que j'ai évoquées, on appelle ça comment ?

 

Le truc qui m'amusait au départ, c'était simplement la proposition de loi débile qui contenait une définition suffisamment large de l'écriture inclusive pour condamner par là même des formulations courantes comme "Mesdames messieurs". Une proposition de loi bricolée avec les pieds par des députés pour montrer qu'ils s'opposent courageusement aux progressistes !

Non mais si tu écris "madame monsieur" on ne le remarquera pas, si tu écris "m.adame.onsieur" on te jettera au bûcher, la ligne est quand même claire non ?

Et oui, écriture inclusive = point médian à la con, sinon c'est du français à quelques détails mineurs près, et c'est legit.

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9 minutes ago, Mathieu_D said:

Et oui, écriture inclusive = point médian à la con, sinon c'est du français à quelques détails mineurs près, et c'est legit.

Mais ça c'est un argument qui marche avec les gens de bonne foi. Les autres te diront "très bien on arrête le point alors, je vais mettre des tirets à la place lolilol".

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17 hours ago, Rincevent said:

Allons, les demoiselles sont illégales depuis 2012. ;)

Pour les filles de joies, elles sont illégales depuis plus longtemps (Ok, je sors).

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15 hours ago, Philiber Té said:

 

 

 

 

 

L'Académie est obsolète depuis un moment, on a un truc administratif déjà prêt pour ça : la DGLFLG  !

 

 

 

 

Putain on est vraiment à l'os en France sur les dépenses publiques! Fermez moi ce comité Théodule à la con!

 

14 hours ago, Neomatix said:

De l'écriture inclusive.

Mmmhh c'est faux. "Mesdames, Messieurs" ne peut pas être remplacé par "Messieurs" en gardant le sens originel (la proposition de loi s'adresse à tous). Ça aurait pu être remplacé par "Citoyens", à la limite, mais on n'est plus en 1793.

Que l'AN soit le théâtre d'un combat d'infirmes, rien de nouveau sous le soleil. De là à raconter nawak pour se moquer des infirmes suscités...

 

13 hours ago, Rincevent said:

"Mes chers concitoyens", "mes chers compatriotes", ce genre de choses qui étaient courantes dans les adresses politiques il y a encore quelques décennies. Mais ça exclut des trouzilliards de gens, évidemment (ceux qui n'ont pas le passeport du pays en question).

 

Moi j'ai trouvé remplaçons ces mots archaiques par Camarade comme au bon vieux temps de l'URSS (qui nétait pas en peluche!) Ok je ressors!

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Tous les ans, on a les usines de l'éducation nationale qui sortent des illettrés par centaine de millier. Les djeunes écrivent en phonétique et onomatopée. Et nos élites éclairés pensent que l'écriture inclusi.f.ve va tout régler.

 

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Il y a 3 heures, poney a dit :

"un père fait un accident de voiture avec ses deux enfants, l'un deux a survécu mais est gravement blessé et est transporté à l’hôpital, le chirurgien voit l'enfant et dit 'je ne peux pas l'opérer, c'est mon fils. Qui est le chirurgien ?".

 

Et bien pour le coup, je suis pas sûr d'avoir su que "chirurgienne" ne se dit pas, et j'en avais déduit que le chirurgien est le mari gay du père. Comment je suis encore plus inclusif.

Je suis sûr que beaucoup de gens disent "chirurgienne" et "pharmacienne" sans y penser et sans volonté militante, seulement parce que c'est un peu chiant de savoir quel mot ne s'accorde pas. Tant qu'on écrit toujours "clef" et "oignon", ça ne me dérange pas.

 

 

Il y a 2 heures, Jean_Karim a dit :

Le dernier était académicien.

 

Heu, https://fr.wikipedia.org/wiki/Règle_de_proximité#Coexistence_des_accords_jusqu’à_la_Renaissance

Racine, ça commence à faire une vieille innovation quand même.

 

Oui, je connais ça. J'ai cru comprendre qu'au XVIIème encore, plusieurs règles (et orthographes pour certains mots) existaient de façon concurrentes. A propos de l'abbé, j'ai souvent vu cette citation sortie par les pro-inclusifs... Mais ça oublie une chose importante (et c'est sans doute l'erreur centrale des inclusivistes), c'est que ce ne sont pas les grammairiens qui inventent la grammaire. Ils se contentent de la décrire et de l'expliquer tant bien que mal. Qu'une autre règle ait coexistée pour l'accord du pluriel ne change rien au fait que dans les langues latines, la "domination" de la classe nominale dite "masculine" vient du fait que le neutre a fini par se confondre avec le masculin (sauf en roumain), et ce pour des raisons phonétiques. Qu'un curton et un crouton aient par la suite justifié ça de façon a posteriori par leurs préjugés sexistes n'y change rien non plus.

D'ailleurs, ça vaut la peine d'être remarqué, il ne me semble pas que cette évolution des langues latines aient été accompagné d'une aggravation du sexisme. Au contraire, on peut difficilement imaginer pire que les anciens romains sur ce sujet (droit de vie et de mort du mari sur sa femme), et la transformation du neutre en masculin a donc sans doute accompagnée une évolution de la société un peu plus favorable aux femmes.

Difficile aussi de voir la moindre relation avec les évolutions de la société dans l'évolution des genres dans les langues germaniques, que ce soit le maintient des trois genres en allemand, la fusion totale (en suédois) ou quasi-totale (en néérlandais) du masculin et du féminin en un genre "commun" en face du neutre, ou la disparition des genres en anglais.

 

Aussi, le retour d'un usage disparu dans un nouveau contexte, c'est une innovation. L'hébreux moderne est une nouvelle langue.

 

 

Il y a 2 heures, Jean_Karim a dit :

C'est le cas il me semble.

 

Tu dis, à l'oral, "mé zami zé zami" ? Et pas simplement "mézami" ?

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il y a 58 minutes, Mégille a dit :

L'hébreux moderne est une nouvelle langue.

Sans "x" pour la langue. (Et sinon, c'est clairement une innovation, mais pas vraiment une nouvelle langue, en tous cas pas beaucoup plus que le hongrois suite à sa période dite de "renouvellement".)

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6 hours ago, poney said:

Sur l'écriture inclusive, j'ai remarqué avec l'expérience que ça ne sert à rien de s'attaquer au fond (cfr ce texte à mon avis très juste des linguistes).

On sait tous ça depuis le début si on a un minimum de jugeotte et qu'on a appris une seconde langue : certaines langues, comme les langues germaniques, on des neutres et ça ne rend pas les allemands ou les hollandais moins sexiste et le simple fait qu'il n'existe aucune correspondance logique entre les genre grammaticaux en français ou dans une autre langue, et sans corrélation avec le sexisme supposé des populations concernées, devrait suffire à enterrer tout débat.

 

Mais ça aurait été le cas si l'écriture inclusive était dans une démarche logique, "rationnelle" j'ai envie de dire. Ce n'est pas le cas, c'est une magnifique exemple de propagande de groupes politiques extrémistes qui s'est gagnée sur le terrain de la morale sur un bon gros syllogisme des familles (si tu es contre, tu es sexiste).

 

J'ai compris ça le jour où pour se défendre de son utilisation, une ancienne collègue m'a sorti la vieille devinette de nos 10 ans : "un père fait un accident de voiture avec ses deux enfants, l'un deux a survécu mais est gravement blessé et est transporté à l’hôpital, le chirurgien voit l'enfant et dit 'je ne peux pas l'opérer, c'est mon fils. Qui est le chirurgien ?".

 

Evidemment à 10 ans, on buggait tous un peu parce que "un chirurgien" renvoyait dans notre inconscient à un homme et le père était mort. La blague à 10 ans c'est, on l'a compris, qu'il s'agit de la mère.

Et bien cette blague d'école primaire est prise au sérieux pour "preuve de l'invisibilisation des femmes".

 

Moi je veux bien discuter du fait que les enfants de 10 ans, en moyenne, pensent "homme" ou "père" quand on dit "le chirurgien", je suis de bonne composition et je peux dire que oui c'est dommage que les enfants ne pensent pas à une femme médecin dans ces moments et que peut-etre ça trahi un déséquilibre dans l'éducation. Ou même la société, soyons fou. Discutons.

Mais qui peut croire que "un.e chirugien.ne" répondra à cet éventuel problème ? Personne de sérieux.

 

Ce discours n'est pas sérieux, c'est de la bêtise, c'est pour ça qu'il ne faut jamais utiliser d'argument rationnel avec ces gens, ni sortir la carte des handic, il faut leur dire "mais ta gueule", boire un coup sans entrer dans une discussion avec eux, ne pas l'utiliser et s'ils insistent, retourner contre eux leurs arguments de gauchistes : "ceci est l'oeuvre des élites urbaines sur-diplomée et un problème de bourgeois, c' est une violence sociale envers le peuple et les classes populaires qui ont d'autres problèmes, qui ne savent pas finir leurs fins de mois et qui ont déjà du mal avec l'orthographe de base".

 

Faut mettre les gauchistes en pls sur leur terrain si on veut discuter avec eux, surtout pas discuter rationnellement, ou alors les ignorer.

 

Les traiter de bourgeois arrivistes et violents envers les classes populaires, ça marche très souvent et y a que ça de vrai, en général, ils finissent par se taire pour aller bougonner dans leur coin.

 

Un.e chirurgien.ne non. Mais dire une chirurgienne, si.

 

Pour moi cette blague du XXème siècle marchait surtout car les chirurgiens femmes était très rare  et que l'image homme=médecin, femme=infirmière était prégnant.

 

Maintenant si je raconte ça à un gamin de 10ans il va surtout me dire "Mais pourquoi tu as dis "le chirurgien""?

 

La féminisation des noms de profession est je trouve une évolution normale suite à l'évolution de notre société.

Le féminin d'un nom de profession qui désigne la femme de celui qui exerce cette profession, c'est quelque chose d'utile quand les femmes ne bossent pas et que leur fonction est d'être le soutien de leur mari.

On remarquera en passant, que cela ne concerne (concernait?) que des professions assez haute dans l'échelle sociale.

 

Maintenant que les femmes ont investit ces professions (je désigne un fait), que l'on ne désigne plus une personne par le métier que fait son conjoint, il me semble normal que la langue évolue avec le changement de société.

 

 

(Sinon, cette blague, j'en avais une variante avec suisse à la place de chirurgien).

 

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il y a 19 minutes, Marlenus a dit :

Maintenant si je raconte ça à un gamin de 10ans il va surtout me dire "Mais pourquoi tu as dis "le chirurgien""?

Et il demandera pourquoi on n'imprime pas plus d'argent pour éliminer la pauvreté. Il faut expliquer pourquoi aux enfants, pas les prendre au mot.

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Je réagis avec une page de retard, mais...

Mesdames Messieurs n'est absolument pas de l'écriture inclusive, usage ou non, c'est du vocabulaire.

Monsieur = individu de sexe masculin, Messieurs = groupe d'individus de sexe masculin, excluant les individus de sexe féminin par définition. D'où le Messieurs-dames dès qu'il y a une femme.

Tous/ils = groupe d'individus de genre grammatical masculin ou mixte.

Pareil pour "les garçons".

 

Sexe != genre grammatical, et c'est tout le qu'il y aurait à dire sur le sujet ni @poney n'avait pas entièrement raison.

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À j'ai dit que c'était l'argument servi par une collègue qui écrit ses articles en incisifs, pas que c'était juste ou intelligent. 

 

Faut lire. 

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C'est ta collègue qui pense:

10 hours ago, poney said:

Mais ça aurait été le cas si l'écriture inclusive était dans une démarche logique, "rationnelle" j'ai envie de dire. Ce n'est pas le cas, c'est une magnifique exemple de propagande de groupes politiques extrémistes qui s'est gagnée sur le terrain de la morale sur un bon gros syllogisme des familles (si tu es contre, tu es sexiste).

?

 

Ou alors tu réponds à quelqu'un d'autre?

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Je pensais que tu parlais de la devinette. 

 

Du coup je ne comprends rien à ce que tu racontes. 

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4 minutes ago, poney said:

Du coup je ne comprends rien à ce que tu racontes. 

1 hour ago, Jensen said:

Sexe != genre grammatical, et c'est tout ce qu'il y aurait à dire sur le sujet si @poney n'avait pas entièrement raison.

Je suis d'accord avec ton analyse sur le fait que c'est un phénomène émotionnel / militant et pas une discussion rationnelle, donc "sexe != genre grammatical" n'est pas suffisant pour clore le débat.

 

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Il y a 5 heures, Marlenus a dit :

Maintenant si je raconte ça à un gamin de 10ans il va surtout me dire "Mais pourquoi tu as dis "le chirurgien""?

Je réagis pareil quand on me dit "le maire" et que je vois une femme arriver. Dites "la mairesse" ou "la maire", ou "madame le maire" à la limite.

 

La (re)féminisation des noms des métiers prestigieux je trouve ça tout à fait normal et logique, et ça n'a rien à voir avec cette abomination qu'est l'écriture inclusive.

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Le problème est que ça n'a pas de sens de féminiser une fonction, qui est distincte de la personne qui l'occupe. Que le maire en ait dans le slip ou non ne regarde personne.

Va-t-on commencer à parler d'un vigie, d'un sentineau, d'un sage-homme ?

 

C'est comme après que + indicatif ou l'accord du participe avec le COD quand il est avant l'auxiliaire, l'effacement de la particule du nom après un déterminant. Ça fait bizarre au début mais c'est comme ça.

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il y a 19 minutes, Neomatix a dit :

Le problème est que ça n'a pas de sens de féminiser une fonction, qui est distincte de la personne qui l'occupe.

 

Après, le problème que j'ai, c'est qu'on a alors du mal à distinguer entre madame le maire, le maire, de madame le maire, l'épouse du maire.

 

C'est là qu'on aurait besoin des innovations grammaticales.

 

C'est comme avec l'institutionnalisation de l'homosexualité : comment faire la différence entre monsieur le député, le député, et monsieur le député, l'époux du député ? Hein. On nous pond des lois à la con mais plus personne lorsqu'il s'agit de l'étiquette.

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Madame la générale, comme pour madame la colonelle (a.k.a. Claude Gensac) ?

 

C'est vrai que pour l'homosexualité c'est chiant  :mrgreen:

Monsieur et Monsieur Prénom Nom ? Mais alors quel Prénom/Nom ? Faudrait noter qui est le bottom dans le contrat de mariage.

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il y a 15 minutes, Neomatix a dit :

Madame la générale, comme pour madame la colonelle (a.k.a. Claude Gensac) ?

 

Madame la maire > l'épouse du maire

Madame le maire > le maire

Monsieur le maire > le maire

Monsieur la maire > l'epoux du maire si le maire est une femme.

 

Ça devrait mettre assez le boxon pour être amusant :D .

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1 hour ago, Neomatix said:

Le problème est que ça n'a pas de sens de féminiser une fonction, qui est distincte de la personne qui l'occupe. Que le maire en ait dans le slip ou non ne regarde personne.

Va-t-on commencer à parler d'un vigie, d'un sentineau, d'un sage-homme ?

Sage homme serait très con vu que que sage femme veut dire: "Qui connait la femme", et donc femme désigne la personne sur qui on pratique, pas le praticien.

 

Mais justement car les gens ne comprennent pas, maïeuticien est de plus en plus utilisé pour les sage-femme homme.

 

 

 

 

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