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Oui c'est un marxiste, mais c'est un marxiste intelligent.

 

 

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Il y a 8 heures, Rincevent a dit :

Oui c'est un marxiste, mais c'est un marxiste intelligent.

 

 

Il parle des travaux de René Girard ?

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il y a 5 minutes, Soda a dit :

Il parle des travaux de René Girard ?

Non, il ne parle que d'éléments sérieux et tangibles appuyés sur des faits. :icon_diablotin: C'est un admirateur d'Alain Testard, autant dire un ethnologue no-bullshit (et c'est pas si courant).

  • 2 weeks later...
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Le 06/12/2025 à 01:14, Rincevent a dit :

Est-ce que j'ai déjà mentionné que YT me bombardait de shorts de Rory Sutherland ces temps-ci ?

 

Ok, je crois avoir compris. L'algorithme sait sur moi bien plus de choses que prévu.

 

 

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il y a 25 minutes, Soda a dit :

Est-ce que tu peux au minimum te fendre d'une phrase ou deux de présentation, d'introduction, ou n'importe quoi qui donne envie de cliquer sur ce que tu postes ; ou bien c'est au-dessus de tes forces et de ta capacité à te mettre à la place d'autrui ?

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Il y a 18 heures, Rincevent a dit :

Est-ce que tu peux au minimum te fendre d'une phrase ou deux de présentation, d'introduction, ou n'importe quoi qui donne envie de cliquer sur ce que tu postes ; ou bien c'est au-dessus de tes forces et de ta capacité à te mettre à la place d'autrui ?

Warren Farrell est un ancien féministe qui au cours de ses enquête s'est rendu compte que le les hommes ne sont pas privilégiés. Il dit que les hommes sont le sexe jetable de la société car c'est eux qui occupent 93% des métiers dangereux et envoyés à la guerre, il parle d'études sur les violence domestique qui serait quasiment équivalente entre les hommes et les femmes.

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On 6/2/2026 at 7:50 AM, Soda said:

Warren Farrell est un ancien féministe qui au cours de ses enquête s'est rendu compte que le les hommes ne sont pas privilégiés. Il dit que les hommes sont le sexe jetable de la société car c'est eux qui occupent 93% des métiers dangereux et envoyés à la guerre, il parle d'études sur les violence domestique qui serait quasiment équivalente entre les hommes et les femmes.

Farrell est une légende dans le milieu MRA. Je ne savais pas qu'il faisait encore des interviews.

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Il y a 2 heures, Lancelot a dit :

Farrell est une légende dans le milieu MRA. Je ne savais pas qu'il faisait encore des interviews.

Et il est désormais traduit en français (un livre paraît cette année, et deux de plus l'an prochain si j'ai bien compris).

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État de l'art sur la tech de guerre ukrainienne

 

Où on apprend que l'Ukraine a créé son sorte d'amazon de l'armement, sur lequel les soldats peuvent "acheter" ce dont ils ont besoin, et obtiennent des crédits supplémentaires en abattant certaines cibles prioritaires (la gamification de la guerre, j'avoue que ça me fait bizarre, même si c'est parfaitement logique, et d'une certaine manière un retour au source, les jeux vidéo surfant sur les instincts guerriers, et le jeu lui-même bien souvent un succédané de guerre).

On a aussi une démo rapide de leur système de suivi qui transforme le terrain en RTS.

Enfin une discussion sur la position géopolitique de l'Ukraine qui selon la vidéo devient d'avantage un partenaire de ses alliés en offrant son expérience qu'un récipiendaire de charité. J'espère que c'est vrai, mais la vidéo m'a laissé un sentiment diffus de wishful thinking sur ce point, je ne sais pas si d'autres sources convergent (je ne doute pas des faits présentés dans la vidéo eux-mêmes, mais plutôt de leur importance réelle).

En tout cas, la nécessité étant la mère de l'invention, il se pourrait que l'Ukraine se transforme en géant de la tech à la sortie de la guerre (si celle-ci ne dure pas trop non plus).

  • Yea 2
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13 minutes ago, Jensen said:

Enfin une discussion sur la position géopolitique de l'Ukraine qui selon la vidéo devient d'avantage un partenaire de ses alliés en offrant son expérience qu'un récipiendaire de charité. J'espère que c'est vrai, mais la vidéo m'a laissé un sentiment diffus de wishful thinking sur ce point, je ne sais pas si d'autres sources convergent (je ne doute pas des faits présentés dans la vidéo eux-mêmes

Je n'ai pas vu la vidéo, mais il y a pleins de sources qui disent que l'Ukraine a la meilleure expérience actuelle en matière de guerre avec des drônes et qu'elle est donc devenue indispensable pour ses alliés dans les guerres actuelles.

Ils ont envoyé des experts dans la guerre en iran par exemple et vendent leur matériel aux pays du golfe:

 

https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/les-ukrainiens-ou-les-specialistes-mondiaux-des-drones-intercepteurs_7974977.html

 

Quote

, les pays du Golfe se défendent en achetant massivement des armes aux Ukrainiens. Les Ukrainiens sont devenus les spécialistes mondiaux des drones intercepteurs. L'Ukraine va en fabriquer près de 5 millions cette année.[...]Plus de 200 experts ukrainiens sont partis au Moyen-Orient pour aider à contrer les drones d'attaque iraniens

 

Donc oui, clairement, actuellement on paye l'Ukraine pour qu'elle paye avec son sang l'apprentissage de la guerre moderne et que l'on puisse en profiter.

  • Yea 3
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Cela n'apprendra rien à un Corse, mais pour les autres, un symbole du foutage de gueule.

 

Et, ils sont très évasifs sur les problèmes de trafic, de caisse noire, etc. On en parle 2sec. et on évacue.

C'était une machine à cash au black.

 

 

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 La gnose est partout dans la pop culture ! (Avec un beau passage sur Warhammer 40K, dont les tenanciers de la chaîne sont aussi fans que Rémy de IronQuest qui est leur invité).

 

 

  • 2 weeks later...
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Les droits de l'homme contre le droit naturel :

Révélation

1. La redéfinition classique du droit vs le positivisme moderne

  • La vision classique : Pour Guillaume Bernard, le droit ne se résume pas à la simple légalité ou à la technique [02:11]. Il critique la vision moderne selon laquelle tout ce qui est légal est forcément juste. Le droit classique consiste à chercher l'équité et la juste répartition des choses (honneurs, biens, responsabilités) à partir de l'observation et de l'expérience du corps social [03:07].

  • La loi vs le droit : En s'appuyant sur les travaux de Michel Villey, il rappelle que la loi détermine une conduite morale (elle s'énonce à l'impératif), tandis que le droit s'occupe de la répartition factuelle des choses (à l'indicatif) [10:03].

2. Critique de la dérive des droits individuels contemporains

  • L'euthanasie et le consentement : En prenant l'exemple des débats sur la fin de vie, l'invité dénonce deux perversions intellectuelles : l'exacerbation du consentement (le fait qu'une victime consente à mourir n'enlève pas la nature d'homicide à l'acte) [04:18] et la confusion entre la simple faculté de faire une chose (se suicider) et le droit intrinsèque d'exiger qu'on la réalise [04:50].

  • L'omniprésence du pouvoir politique : Dans les sociétés modernes nées du "contrat social", le pouvoir politique s'est octroyé une compétence illimitée pour régenter la vie privée, rendant même les régimes libéraux potentiellement totalitaires [08:10]. À l'inverse, la conception classique attribue au politique un rôle d'abord judiciaire (restaurer un ordre naturel préexistant brisé par la démesure des hommes) [24:25].

3. L'opposition entre "Droit naturel" et "Droits de l'homme"

  • Conception classique : Le droit est extérieur à la personne. Il est attribué à un individu en fonction de son rôle, de son mérite et de sa fonction sociale au sein d'une relation d'altérité [13:03]. Le droit n'est pas intrinsèque à l'humanité (par exemple, un classique s'oppose à l'avortement en raison de l'innocence de l'enfant et non d'un droit abstrait à la vie) [37:37].

  • Conception moderne : L'homme possède des droits inhérents à sa nature, qu'il projette vers l'extérieur (le "droit-puissance") [12:25].

4. L'évolution vers la "4ème génération" : Les droits humains sans homme

Guillaume Bernard retrace les générations des droits de l'homme :

  1. 1ère génération (XVIIIe siècle) : Les droits-libertés (propriété, expression, aller et venir) [58:21].

  2. 2ème génération (milieu du XXe siècle) : Les droits-créances (exiger des prestations de l'État : éducation, santé) [59:31].

  3. 3ème génération (années 70-90) : Les droits-solidarité (environnement, principe de précaution vis-à-vis des générations futures) [59:55].

  4. 4ème génération actuelle (les "droits humains") : Le passage d'une définition objective (ontologique) de l'homme à une définition purement subjective basée sur l'exercice d'une liberté radicale ou transgressive [01:03:05]. On n'est plus humain parce qu'on appartient à l'espèce humaine, mais parce qu'on s'auto-construit par sa volonté autonome. Il qualifie cela de "droits de l'homme sans homme" [01:03:59].

Conclusion et conseils

Malgré ce qu'il perçoit comme un obscurcissement idéologique, Guillaume Bernard conclut sur une note optimiste : l'ordre naturel des choses peut être perturbé, mais il ne peut pas être détruit car il est plus fort que les constructions artificielles [01:06:42].

Pour aller plus loin, il conseille la lecture des œuvres de Michel Villey, réputé pour sa clarté et son accessibilité en philosophie du droit [01:07:22].

 

 

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Révélation

Voici un résumé structuré de la conférence de l'anthropologue Christophe Darmangeat intitulée « Préhistoire : entre utopie et réalité », qui analyse de manière critique la place des femmes dans la chasse aux temps paléolithiques [00:42].

1. Le consensus scientifique traditionnel et l'ethnologie

L'idée que la grande chasse était principalement une activité masculine ne repose pas initialement sur l'archéologie, mais sur l'ethnologie (l'observation des peuples chasseurs-cueilleurs récents) [03:53].

  • L'Atlas ethnographique de Murdock (1950-1960) : Portant sur près de 150 sociétés, cet atlas montre une régularité immense [06:33] :

    • La chasse à la grande faune terrestre et aquatique y apparaît comme une activité quasi exclusivement masculine [06:28, 07:22].

    • La petite faune attrapée sans piège ou la petite faune aquatique est en revanche une activité partagée ou plutôt féminine [07:59, 08:22].

  • La Division Sexuée du Travail (DST) : Elle s'observe partout [10:47]. Si la cueillette des végétaux est souvent féminine [11:28], la collecte du miel ou le travail de la pierre sont très masculins [11:56, 12:12]. À l'inverse, le portage de l'eau est très majoritairement attribué aux femmes [13:14].

  • Des exceptions existent (comme un peuple où les femmes chassent à l'arc), mais elles confirment la règle statistique globale [14:14, 15:25].

2. Les remises en cause récentes et leurs limites

Ces dernières années, plusieurs publications scientifiques ont fortement contesté ce modèle dans les médias et les ouvrages de vulgarisation (Lady Sapiens, etc.) [15:34, 26:11]. Christophe Darmangeat en analyse deux particulièrement :

  • L'étude archéologique de Randall Haas (2020) : Elle repose sur la découverte au Pérou d'un squelette de 9 000 ans, enterré avec des pointes de chasse et identifié comme une jeune femme [19:05]. Haas en a déduit que 30 à 50 % des chasseurs de l'Amérique paléolithique étaient des femmes [19:55].

    • Limites : La détermination du sexe de ce squelette n'est fiable qu'à 82 % (le seuil habituel requis est de 95 %) [13:16]. De plus, la statistique de 30 à 50 % repose sur seulement 27 individus, dont 23 cas douteux et deux enfants [35:22, 35:36].

  • L'étude ethnologique d'Abigail Anderson (2023) : Elle affirmait que les femmes chassaient le gros gibier dans un tiers des sociétés étudiées [21:04].

    • Limites : Un article de contre-publication signé par 15 spécialistes a démontré que cette étude souffrait de graves biais de codage (codage binaire "oui/non" qui invisibilise les proportions réelles) et d'erreurs factuelles majeures (comme classer les Iroquois, qui sont agriculteurs, parmi les chasseurs-cueilleurs) [29:37, 31:38].

3. Les indices archéologiques réels

L'archéologie paléolithique reste peu bavarde car les restes sont rares [03:59, 38:01], mais les indices disponibles (représentations, dépôts funéraires) s'alignent globalement avec les données ethnologiques [36:09, 37:16].

  • Des chercheurs, comme Sébastien Vilotte, ont notamment identifié des marques d'usure spécifiques sur le coude droit (liées aux mouvements de lancer d'armes de jet comme les propulseurs) uniquement sur des squelettes masculins, et ce jusqu'à 25 000 ans en arrière [38:39, 38:55].

4. Origines et conséquences de la Division Sexuée du Travail

  • Pourquoi cette division ? L'explication purement biologique (grossesse/maternité) est réelle mais insuffisante (elle n'explique pas pourquoi les femmes ne taillaient pas la pierre) [43:53, 44:57]. L'explication par le "tabou du sang" d'Alain Testard se heurte au problème de l'origine des idées [46:04, 47:35]. Une hypothèse plus récente met en avant la préservation démographique du groupe : perdre des hommes à la chasse est moins dramatique pour la survie d'un petit groupe que de perdre des femmes en âge de procréer [48:20, 49:03].

  • Conséquences politiques : En détenant le monopole des armes de chasse et de guerre, les hommes ont historiquement capté les moyens matériels de la violence [50:09, 50:53]. C'est ce qui explique, selon l'orateur, la tendance quasi universelle à la domination masculine (aucun matriarcat politique n'ayant jamais pu être prouvé historiquement) [51:22].

5. Conclusion de l'auteur [01:00:48]

Pour Christophe Darmangeat, vouloir gommer la division sexuée du travail dans le passé pour servir les combats féministes actuels est une erreur de raisonnement [58:04].

Si nos sociétés modernes tendent vers l'égalité et l'indifférence au genre, ce n'est pas parce que nous redécouvrons un passé paléolithique mythique, mais grâce à des conditions matérielles et sociales inédites [58:57] : le machinisme (qui remplace la force physique), la contraception, la baisse de la mortalité infantile et la marchandisation de l'économie où « l'argent n'a pas de sexe » [59:23, 01:00:31]. L'émancipation actuelle n'a pas besoin de mythes, mais de vérité scientifique [01:01:15].

 

 

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Quand on  a de l'argent et pas de masochisme climatique, on peut réaliser des rêves.

 

 

 

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4 minutes ago, Liber Pater said:
2 hours ago, Lameador said:
Quand on  a de l'argent et pas de masochisme climatique, on peut réaliser des rêves.
 
 
 

On dit vraiment Emirien ? J'aurais dit Arabe

On dit émirati, émirien c'est la trad auto de Twitter.

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Pourquoi la Chine n'a pas inventé la révolution industrielle en 1100

Révélation

Ce nouvel épisode de DirtyBiology est passionnant. Leo Grasset s'y attaque à un grand classique de l'histoire économique : l'énigme de Joseph Needham et le débat de la Grande Divergence.

Il y analyse comment la Chine de la dynastie Song (autour de l'an 1100), malgré une avance technologique monumentale de plusieurs siècles sur l'Europe, n'a pas déclenché la révolution industrielle.

L'épisode s'articule autour de l'exemple fascinant de la ville de Zigong (Sichuan), une ancienne mer intérieure devenue le centre mondial du forage profond. Les artisans y extrayaient de la saumure et du gaz naturel à plus d'un kilomètre sous terre (le puits de Shenhai atteint 1 000 m en 1835, quand le premier puits américain plafonnait à 21 m) via des pipelines et des derricks en bambou. Ils y ont même inventé une forme de capital-risque pour financer ces forages. Pourtant, la greffe industrielle n'a pas pris.

Pour expliquer ce paradoxe, la vidéo passe en revue plusieurs théories majeures :

1. La théorie des hauts salaires (Robert Allen / Mark Elvin)

La Chine disposait d'une main-d'œuvre pléthorique. À quoi bon investir des fortunes dans la conception et la maintenance de machines complexes si l'on peut employer 200 ouvriers pour trois fois rien ? À l'inverse, l'Europe (et surtout l'Angleterre) a subi le choc de la Peste Noire en 1348, décimant 40 à 60 % de sa population. Les survivants ont obtenu un pouvoir de négociation inédit, créant une économie à hauts salaires. Cette rareté de la main-d'œuvre a forcé les investisseurs britanniques à financer l'automatisation.

L'exemple frappant de la vidéo : Une roue à filer le chanvre automatique, activée par un moulin à eau, avait été inventée en Chine en 1300. Elle fut totalement abandonnée et oubliée au profit du retour au tissage manuel, car la machine n'était tout simplement pas rentable face au coût dérisoire des ouvriers.

2. La géographie et la contrainte énergétique (Kenneth Pomeranz)

Si la Chine utilisait le charbon et le gaz naturel, ses immenses gisements (notamment dans le Shanxi) étaient situés dans le Nord-Ouest, à des milliers de kilomètres du delta du Yangzi, le cœur économique et manufacturier du pays. Transporter cette énergie était un défi logistique colossal. En Angleterre, le charbon était situé à proximité immédiate des côtes, des fleuves et des grands centres urbains, rendant son exploitation immédiatement rentable. De plus, les mines britanniques souffraient d'inondations (déclenchant l'invention de la pompe à vapeur de Newcomen puis la machine de Watt pour vider l'eau), tandis que les mines chinoises souffraient d'émanations de gaz toxiques invisibles et explosives, un défi technique bien plus complexe qu'aspirer de l'eau.

3. Le rôle des colonies (Kenneth Pomeranz)

L'Europe a bénéficié d'un immense "coup de chance" économique en colonisant le Nouveau Monde. D'une part, l'afflux massif d'argent extrait des mines sud-américaines est tombé à point nommé au moment où la Chine (sous les Ming) abandonnait le papier-monnaie pour réclamer l'argent métal comme base fiscale, enrichissant considérablement les marchands européens. D'autre part, l'exploitation des terres d'Amérique (bois, coton, laine) a permis à l'Angleterre de déléguer sa production agricole de périphérie, libérant ainsi un tiers de son propre territoire et une quantité massive de main-d'œuvre pour les usines. Enfin, ces colonies ont constitué un marché de consommateurs captifs et affamés de produits manufacturés, boostant la demande de textile.

4. L'hypothèse anthropologique du "cerveau collectif" (Joseph Henrich)

L'innovation dépend de la manière dont les cerveaux d'une population sont connectés. En Chine, la structure sociale reposait historiquement sur le clan élargi (Tsangu), où les savoirs, secrets de fabrication et techniques se transmettaient jalousement de père en fils ou d'oncle à neveu, compartimentant les idées. En Europe, à partir du IVe siècle, l'Église catholique a imposé des restrictions maritales strictes (interdiction des mariages entre cousins jusqu'au 6e degré, fin de la polygamie, interdiction du lévirat). En brisant les clans, l'Église a forcé la création d'une psychologie individualiste et ouverte aux inconnus (la psychologie WEIRD). Cela a favorisé l'émergence d'associations volontaires non basées sur le sang : les universités, les guildes, les corporations et les sociétés savantes (comme la Royal Society), permettant aux idées de circuler et de s'hybrider beaucoup plus vite.

5. La fragmentation politique et la République des Lettres (Joel Mokir)

L'Europe est restée un continent morcelé en États faibles et en compétition constante. Si un savant ou un libre-penseur était persécuté dans un pays (comme Descartes ou Voltaire), il pouvait fuir dans un État voisin (souvent les Provinces-Unies / Pays-Bas) pour continuer ses travaux. En Chine, l'Empire était unifié sous une administration centrale. Si l'Empereur ou la caste des hauts fonctionnaires confucéens décidait qu'une technologie ou une idée n'était plus une priorité (comme la destruction de la monumentale Flotte du Trésor de l'amiral Zheng He en 1433), le programme de recherche s'arrêtait net, sans alternative possible.

6. Le modèle du "Tournoi Militaire" (Philip Hoffman)

Entre 1500 et 1800, les puissances européennes ont passé environ 50 % de leur temps à se faire la guerre, y consacrant jusqu'à 80 % de leur budget. Ce conflit permanent a agi comme un tournoi darwinien hyper-compétitif, poussant à un perfectionnement frénétique des technologies militaires, et en particulier de l'artillerie et de la métallurgie du fer. La Chine, bien qu'ayant inventé la poudre, faisait face à des menaces nomades venues des steppes du Nord, contre lesquelles les canons fixes étaient peu efficaces, limitant l'incitation financière à perfectionner les armes à feu. Le décalage s'est payé cher lors des guerres de l'opium au XIXe siècle face aux canonnières en fer britanniques.

En conclusion, Leo Grasset rappelle (en citant les travaux de l'économiste Victor Court) qu'il n'y a probablement pas un seul facteur magique, mais une importance relative qui change au fil du temps : les structures institutionnelles et anthropologiques ont préparé le terrain dès le Moyen-Âge, avant que des facteurs conjoncturels et géographiques (la peste, l'emplacement du charbon, l'accès aux colonies) ne fassent définitivement basculer l'Angleterre dans l'ère industrielle. 

 

1. La base scientifique : Très solide (L'école de Californie)

Léo Grasset s'appuie directement sur les thèses de l'École de Californie (portée par des historiens comme Kenneth Pomeranz et son ouvrage culte The Great Divergence, ou R. Bin Wong).

Sur le plan factuel, la vidéo est juste lorsqu'elle présente la Chine des Song (vers 1100) :

  • La réalité des faits : La Chine de cette époque avait effectivement une production de fonte massive (grâce au charbon de bois puis minéral), l'usage de la boussole, de l'imprimerie, du papier-monnaie, et des institutions marchandes très avancées.

  • Le concept clé : L'idée que l'Europe n'avait aucune avance culturelle ou institutionnelle intrinsèque avant le $XVIII^e$ siècle est le consensus actuel en histoire globale.

La vidéo évite brillamment le piège de l'ethnocentrisme (l'idée que l'Europe aurait réussi grâce à une "supériorité intellectuelle ou culturelle").

2. Les raccourcis et approximations majeures

C'est là que le format "vulgarisation" force des choix qui occultent la complexité du débat scientifique.

Le coût du travail et le piège de l'équilibre de haut niveau

La vidéo explique que la Chine avait trop de main-d'œuvre bon marché, ce qui rendait les machines non rentables (le théorème de l'incitation économique). C'est la thèse de Mark Elvin (High-level equilibrium trap).

  • Le raccourci : Les données récentes de l'histoire économique (notamment les travaux de Robert Allen) montrent que la situation était très hétérogène. Si les salaires étaient bas dans les campagnes, certaines régions ultra-développées comme le delta du Yangzi avaient des niveaux de vie et des salaires comparables à ceux de l'Angleterre du $XVIII^e$ siècle. Le facteur "main-d'œuvre infinie et pas chère" est donc une vérité générale qui masque des dynamiques régionales complexes.

La géographie du charbon : Un peu trop déterministe

La vidéo insiste sur le fait que la Chine avait du charbon, mais situé au Nord (Shanxi), loin des centres économiques et manufacturiers du Sud (le Delta du Yangzi), contrairement à l'Angleterre où les mines étaient proches des côtes et des villes.

  • L'approximation : C'est l'argument central de Pomeranz, mais il est jugé par d'autres historiens comme un peu trop déterministe. La Chine disposait d'un réseau de canaux de transport absolument gigantesque (comme le Grand Canal). Transporter du charbon sur de longues distances était techniquement difficile, mais pas totalement impossible si la volonté politique et économique avait été là. La contrainte n'était pas purement géographique, elle était aussi liée aux priorités de l'État impérial.

3. Le grand débat manquant : L'institutionnel et le technologique

Pour faire tenir la vidéo en 30 minutes, l'auteur a dû choisir son camp (le camp matérialiste/géographique de Pomeranz) et écarter d'autres théories scientifiques majeures :

  • La thèse institutionnelle (Acemoglu / Robinson) : Beaucoup d'économistes soutiennent que l'Angleterre a réussi parce qu'elle a développé des institutions limitant le pouvoir royal (Glorieuse Révolution de 1688), garantissant les droits de propriété et brevetant les inventions. En Chine, l'État impérial, bien que très sophistiqué, restait une bureaucratie centralisée capable de couper court à une industrie si elle menaçait l'ordre social (comme cela s'est produit après les Song).

  • Les "Lumières industrielles" (Joel Mokyr) : Une autre école de pensée affirme que ce qui a manqué à la Chine, ce n'est pas l'ingéniosité, mais la sédimentation d'une culture scientifique connectée aux artisans. En Europe, la méthode scientifique et la diffusion des connaissances (l'Encyclopédie, les académies) ont permis de perfectionner la machine à vapeur, qui au départ était un gouffre énergétique hautement inefficace.

 

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Fermiers contre lièvres dans le midwest

 

Tout les usual suspects en prennent pour leur grade: gouvernement, journalistes, militants de la cause animale, chercheurs en bullshit :D 

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Pour ceux qui ont encore des questions quant au niveau de violence des Paraguayens récemment, un petit rappel historique

 

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il y a une heure, Rincevent a dit :

Pour ceux qui ont encore des questions quant au niveau de violence des Paraguayens récemment, un petit rappel historique

 

 

Votre théorie est que, à cause d'une guerre survenue il y a 160 ans, un match de football sera marqué par les fautes ? (J'utilise le mot "fautes" ici, car je pense qu'on ne peut pas utiliser le mot "violence" pour comparer un match de football à une guerre du XIXe siècle).

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Il y a 1 heure, Hugh a dit :

 

Votre théorie est que, à cause d'une guerre survenue il y a 160 ans, un match de football sera marqué par les fautes ? (J'utilise le mot "fautes" ici, car je pense qu'on ne peut pas utiliser le mot "violence" pour comparer un match de football à une guerre du XIXe siècle).

Non. Je dis que les Paraguayens ont la réputation d'être... un peu farouches. ;) 

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Comment nos amis les zaméricains ont financé l'islam en Europe via la CIA.

Révélation

Cette vidéo d'Alexandre Del Valle, intitulée "La CIA derrière le djihadisme européen : l'histoire qu'on vous cache", analyse le rôle qu'ont joué les interventions occidentales et américaines dans les Balkans durant les années 1990 dans l'émergence du djihadisme en Europe [00:21].

Voici une synthèse détaillée des principaux points abordés :

1. Le « Syndrome Afghan » appliqué aux Balkans

  • Une stratégie de endiguement : L'auteur explique que la CIA a reproduit en ex-Yougoslavie la stratégie éprouvée en Afghanistan dans les années 1980 [01:01]. Pour affaiblir l'influence de la Russie (considérée à travers son allié serbe orthodoxe) et lui couper l'accès aux « mers chaudes », les États-Unis et l'OTAN ont soutenu des factions locales, y compris des islamistes radicaux [01:51], [08:50].

  • Le contournement de l'embargo : Les États-Unis ont fermé les yeux sur les violations de l'embargo sur les armes, permettant à l'Organisation de la coopération islamique (OCI), à l'Arabie Saoudite, au Pakistan et même à l'Iran d'acheminer des fonds, des armes et des volontaires en Bosnie [18:43], [19:54].

2. La création d'un sanctuaire djihadiste en Europe

  • Le foyer de Tuzla : La ville bosniaque de Tuzla est devenue un centre névralgique pour le wahhabisme international et les cellules d'Al-Qaïda, où cohabitaient ou s'affrontaient des influences saoudiennes et iraniennes [20:17].

  • L'impact sur la sécurité européenne : C'est dans ce contexte que sont nées les premières filières de convertis radicaux européens (comme le « gang de Roubaix » avec Lionel Dumont et Christophe Caze) [00:31], [02:50]. Ces individus sont partis s'entraîner en Bosnie au sein de milices ressuscitées (telles que les légions Anchar) avant de revenir commettre des actions criminelles et terroristes sur le sol français [01:51], [21:04].

3. Les figures politiques et les contradictions occidentales

  • Alija Izetbegović : Del Valle critique vivement la réhabilitation par certains intellectuels occidentaux (comme Bernard-Henri Lévy) du leader bosniaque Alija Izetbegović, présenté à l'époque comme un champion de la liberté [21:23]. Il rappelle qu'Izetbegović était l'auteur d'une « Déclaration islamique » radicale et qu'il avait des antécédents d'engagement auprès de milices pro-nazies durant la Seconde Guerre mondiale [21:56], [22:15].

  • L'UCK au Kosovo : Initialement classée comme organisation terroriste et mafieuse par la CIA, l'Armée de libération du Kosovo (UCK) a été requalifiée en « combattants de la liberté » lorsque ses provocations ont permis de justifier l'intervention armée de l'OTAN en 1999 [25:44], [26:18]. Cette guerre a abouti à l'installation de Camp Bondsteel, l'une des plus grandes bases militaires américaines en Europe [08:37], [28:42].

4. La réécriture de l'histoire et le bilan géopolitique

  • L'exagération des faits : En s'appuyant sur des déclarations ultérieures de magistrats du Tribunal pénal international (comme Carla Del Ponte), la vidéo soutient que les exactions serbes ont été médiatiquement amplifiées ou inventées (comme l'intox du massacre de Račak) pour légitimer les bombardements unilatéraux de l'OTAN [26:39], [29:00].

  • La réislamisation des Balkans : Le démantèlement de la Yougoslavie selon le principe du « diviser pour régner » a laissé place à des micro-nationalismes et à une profonde transformation religieuse [17:52], [31:52]. Des financements massifs en provenance du Golfe et de la Turquie ont permis l'implantation d'un islam radical (voilement de populations, construction de grandes mosquées wahhabites) qui n'existait pas sous l'ère communiste [19:29], [32:35].

Del Valle conclut en affirmant que cette alliance tactique et historique entre l'administration américaine et les mouvements islamistes pour des motifs géopolitiques à court terme s'est répétée plus tard lors des printemps arabes en Libye ou pendant la guerre en Syrie [03:34], [04:29].

 

Voici les ouvrages et documents de référence les plus solides si tu souhaites creuser le sujet :

1. Les enquêtes majeures sur les moudjahidines et la CIA dans les Balkans

  • Al-Qaïda en Europe : Des Balkans au 11 septembre (2004) – Evan F. Kohlmann

    • Pourquoi c'est une référence : C'est sans doute l'ouvrage le plus complet et documenté sur l'infrastructure du djihad en Bosnie. Kohlmann, qui a servi d'expert pour le FBI et les tribunaux internationaux, y détaille précisément comment la brigade El-Moudjahid s'est implantée à Tuzla et Zenica, comment Al-Qaïda y a installé ses bases logistiques, et la manière dont les services de renseignement occidentaux ont, au minimum, fermé les yeux pour des raisons tactiques.

  • Des moudjahidines à Sarajevo : Les réseaux du djihad en Bosnie-Herzégovine (2001) – Jürgen Elsässer

    • L'axe de recherche : Ce journaliste d'investigation allemand a été l'un des premiers à mettre en lumière ce qu'il appelle "l'alliance secrète entre Washington et l'islam radical" dans les Balkans. Il y analyse le double jeu de la CIA et du BND (renseignement allemand) qui ont facilité le transit d'armes et de combattants islamistes pour affaiblir les forces serbes, malgré l'embargo de l'ONU.

2. Le point de vue des acteurs du renseignement et de la justice

  • La Chasse, les criminels de guerre et moi (2008) – Carla Del Ponte

    • L'apport du livre : Évoquée dans la vidéo, l'ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) livre un témoignage sans concession. Elle y dénonce les pressions politiques subies (notamment de la part des Américains et de l'OTAN) pour freiner ou bloquer les enquêtes sur les crimes de guerre commis par l'UCK au Kosovo ou par les forces bosniaques, mettant en lumière le traitement de faveur asymétrique dont ont bénéficié les alliés de Washington.

  • Un voyage de noces à Sarajevo (2004) – Franck Pitiot

    • L'axe de recherche : Un ouvrage français très précis sur l'histoire du Gang de Roubaix (Christophe Caze et Lionel Dumont). L'auteur y retrace minutieusement le parcours de ces jeunes convertis français, leur endoctrinement, leur passage par les camps d'entraînement de Bosnie sous l'égide de vétérans afghans, et leur retour en France pour financer le djihad par le grand banditisme.

3. Les analyses de fond sur la réislamisation et la géopolitique régionale

  • L'Islam balkanique : Les musulmans du sud-est européen dans la période post-communiste (1993) / Les Musulmans des BalkansNathalie Clayer et Xavier Bougarel

    • Pourquoi c'est une référence : Chercheurs au CNRS, Clayer et Bougarel sont les plus grands spécialistes francophones de l'islam dans cette région. Leurs travaux sont indispensables pour comprendre la nuance : ils expliquent comment un islam historiquement très laïque et européen (hérité de l'Empire ottoman et de l'ère titiste) a subi, à partir des années 1990, des tentatives de "réislamisation" agressives et exogènes via des ONG saoudiennes, des financements du Golfe et l'influence turque.

  • Guerres secrètes à la CIA (2004) – John Prados

    • L'apport du livre : Ce livre d'histoire globale sur les opérations clandestines de la CIA consacre des sections éclairantes sur la manière dont la doctrine des "Covert Actions" (actions secrètes) à court terme de Washington a régulièrement produit un effet de "blowback" (le retour de bâton), où les forces armées en secret contre un ennemi principal (les Serbes/Russes) se retournent quelques années plus tard contre l'Occident.

Pour aller plus loin sans acheter de livres : Tu peux chercher le rapport parlementaire de la Chambre des représentants des États-Unis de 1996, intitulé "The Clinton Administration's Iran-Bosnia Arms Traffic" (Le trafic d'armes Iran-Bosnie de l'administration Clinton). C'est un document officiel officiel qui détaille comment la Maison-Blanche a validé une "politique du feu vert" permettant à l'Iran d'armer les musulmans de Bosnie en violation directe des résolutions de l'ONU.

Pour aller au-delà de la thèse d'Alexandre Del Valle — qui repose sur une lecture purement géopolitique et "verticale" (les États-Unis manipulent ou créent le chaos) —, il est indispensable de se tourner vers des analyses académiques, des historiens de terrain ou des experts du renseignement.

Ces travaux apportent des nuances majeures, remettent en cause certaines conclusions hâtives (comme l'idée d'une création directe ou d'une adhésion massive des populations locales) et réintègrent la complexité des dynamiques internes des Balkans.

Voici les livres incontournables pour compléter, nuancer ou contredire la vidéo avec des arguments solides :

1. Pour nuancer : L'analyse d'un haut analyste du renseignement américain

  • Unholy Terror: Bosnia, Al-Qa'ida, and the Rise of Global Jihad (2007) – John R. Schindler

    • L'auteur : Il est l'ancien chef du contre-espionnage de la NSA (National Security Agency) pour les Balkans. Son profil est hautement technique et non partisan.

    • L'apport / La nuance : Schindler confirme la présence d'Al-Qaïda et le double jeu d'Izetbegović. Cependant, il contredit fermement l'idée que la CIA a volontairement créé le djihadisme bosniaque. Il montre plutôt que l'administration Clinton a fait preuve d'une incompétence et d'un aveuglement tragiques : obsédés par l'idée de stopper les massacres serbes sans envoyer de troupes au sol, les Américains ont sciemment ignoré le fait que l'Iran et les Saoudiens utilisaient ce vide pour infiltrer leurs réseaux. C'est l'analyse par le "blowback" (retour de bâton) dû à la naïveté tactique, plutôt qu'au complot machiavélique.

2. Pour contredire la vision "extérieure" : L'histoire vue du sol

  • Bosnie : l'histoire d'un chaos (republié sous divers formats) / Histoire des BalkansGeorges Castellan

    • L'auteur : Historien français incontournable, professeur à l'INALCO, spécialiste de l'Europe du Sud-Est.

    • L'argument d'opposition : Castellan contredit l'idée que les conflits yougoslaves ne seraient que le produit d'une manipulation américano-atlantiste pour affaiblir la Russie. Il démontre à partir des sources locales que les nationalismes (serbe, croate, albanais) possèdent leurs propres racines historiques profondes, nées de la mort de Tito et de crises économiques internes. Pour lui, l'Occident n'a pas créé la guerre, il est intervenu (souvent tardivement et mal) dans un brasier purement local.

3. Pour détruire le mythe d'une "islamisation profonde" des populations

  • Islam et politique dans les BalkansXavier Bougarel

    • L'auteur : Chercheur au CNRS, c'est l'un des universitaires les plus respectés au monde sur l'islam bosniaque.

    • L'argument d'opposition : La vidéo de Del Valle insiste lourdement sur la "réislamisation" radicale des Balkans. Bougarel nuance cela de manière implacable par les chiffres et la sociologie de terrain. Il démontre que la greffe du wahhabisme saoudien en Bosnie a globalement échoué. L'immense majorité des Bosniaques est restée attachée à un islam sunnite de tradition hanéfite, sécularisé, européen et profondément hostile aux mœurs importées du Golfe. Les villages radicaux (comme Maoča ou Tuzla) sont des isolats ultra-minoritaires et non une tendance lourde de la société.

4. L'enquête ultime sur les services secrets dans cette guerre

  • Intelligence and the War in Bosnia 1992–1995 (2003) – Cees Wiebes

    • L'origine du livre : C'est une section majeure du rapport officiel commandé par le gouvernement néerlandais après le massacre de Srebrenica. Wiebes a eu un accès unique aux archives des services secrets occidentaux (CIA, MI6, DGSE) et des Balkans.

    • L'apport : C'est le livre le plus factuel et le moins idéologique disponible. Il confirme de manière scientifique le "pont aérien secret" (les Black Flights) qui acheminait des armes de contrebande iraniennes aux Bosniaques avec la complicité passive des États-Unis. Mais il documente aussi la guerre secrète que se livraient les agences sur le terrain (la DGSE française protégeant parfois des lignes serbes, la CIA appuyant les Croates et les Bosniaques), prouvant qu'il n'y avait pas de "grand plan occidental unifié", mais un immense chaos de décisions contradictoires.

 

 

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