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  1. C'est sûr qu'il ne faut pas sous-estimer l'intelligence de Macron. Il a démontré depuis le début de cette crise qu'il était expert en manipulation. On sait d'ailleurs qu'il s'est adjoint les services d'une cellule en sciences comportementales pour gérer cette crise. Durant la crise sanitaire, Macron a utilisé toutes les ficelles de la manipulation pour faire passer comme une lettre à la poste ses nombreuses mesures liberticides : Pour le premier confinement, il a utilisé la bonne vieille technique de la soumission à l'autorité théorisée par Milgram : "légitimer" la décision autoritaire (le confinement) par la création du conseil scientifique. Ce n'était plus l'Etat qui ordonnait le confinement, mais la Science qui l'exigeait. Il est d'ailleurs amusant de constater que Macron a peu à peu pris ses distances avec la Science à mesure que les scientifiques perdaient en crédibilité dans l'opinion. Pour préparer les esprits au second confinement, il a mobilisé la technique de l'amorçage : durant tout l'été les Français ont été culpabilisés de se relâcher et d'adopter des comportements irresponsables. Pour ces deux premiers confinements, la technique de la "faveur déguisée", combinée à la force de "l'escalade d'engagement", a également été utilisée : on demande aux Français de faire un gros effort sur une courte période, pour se débarrasser une bonne fois pour toute du covid... mais une fois que le confinement de 3 semaines est installé, il devient plus simple de le faire durer 3 mois : allez, encore un petit effort et cette fois-ci on s'en débarrasse vraiment... les Français de leur côté se disent qu'ils n'ont pas fait ces 3 premières semaines d'effort pour rien, donc se persuadent que poursuivre l'effort (rester confinés) est rationnel... Pour le troisième confinement, c'est le coup de maître ! On commence par le nommer "couvre-feu" au lieu de "confinement" (objectivement, la situation était aussi restrictive et contraignante que le second confinement). Et pour faire avaler la pilule aux Français, Macron a utilisé avec brio la technique de la "porte dans le nez" : laisser croire qu'on va confiner de façon très stricte le pays pour finalement surprendre tout le monde et se donner le beau rôle en annonçant que le politique se dresse contre les scientifiques pour ne pas confiner. Résultat : les Français sont prêts à endurer 5 mois de confinement couvre-feu : on l'a échappé belle, n'est-ce pas ?... on aurait pu être confiné encore plus durement... Chapeau, l'artiste ! Actuellement pour faire adopter le pass sanitaire et/ou l'obligation vaccinale, Macron use de plusieurs techniques. J'en vois au moins 4 : Elle saute aux yeux : la bonne vieille technique du "diviser pour mieux régner" : on crée une situation dans laquelle les gens vont s'opposer les uns les autres (les pro-pass contre les anti-pass). Et on renforce cette situation délétère en mettant de l'huile sur le feu (les fameuses déclaration de G Attal l'illustrent à merveille en opposant la «France laborieuse et volontariste, qui veut mettre le virus derrière elle et travailler», et la «frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire, qui se satisferait bien de rester dans le chaos et l'inactivité». La technique du chiffon rouge, comme évoquée plus haut dans ce fil, permet de détourner l'attention des gens sur ce qui est vraiment en jeu, tout en disqualifiant les opposants. Je suis convaincu qu'une technique bien connue en conduite du changement est aussi à l'œuvre : elle consiste à catégoriser la population pour identifier la catégorie sur laquelle agir en priorité, à faire basculer en faveur du changement puis à mobiliser comme levier de promotion du changement. Par exemple, en utilisant une matrice Intérêt/Pouvoir (Mendellow) qui distinguent les acteurs en fonction de l'intérêt qu'ils ont à agir sur le projet de changement et le pouvoir qu'ils détiennent pour le faire, on peut identifier la catégorie des personnels soignants qui ont un intérêt fort à bloquer le projet mais qui ont très très peu de pouvoir (le personnel médical est contre eux, la population estime normal qu'ils se vaccinent pour éviter de transmettre le covid aux patients). En raison du faible pouvoir qu'ils détiennent (faible soutien), il sera aisé de les faire basculer : une fois l'obligation vaccinale de cette catégorie obtenue, on pourra annoncer l'obligation vaccinale des enseignants par exemple, les personnels soignants en deviendront les principaux promoteurs : "ouais bah, nous, on nous a obligé à nous vacciner, je ne vois pas pourquoi les enseignants seraient épargnés". Enfin, le gouvernement utilise de nouveau la technique de la "porte dans le nez" qui consiste à présenter une mesure extrême qui sera rejetée, puis d’en formuler une plus raisonnable, celle qu’il souhaite réellement voir acceptée. Le manipulateur donne l’impression de faire une concession quand il revient en formulant une mesure moins conséquente, qui pousse les personnes concernées par la mesure à calmer leurs récriminations et à faire en retour une concession. Annoncer avec tambours et trompettes que les restaurateurs qui refuseraient de jouer le rôle de flic auraient une amande de 45000 euros, puis quelques temps plus tard revenir en annonçant qu'on assouplit la mesure ("seulement" 1500 euros). Dans le même genre : Véran qui annonce que les personnels soignants seront licenciés s'ils ne se plient pas à la mesure, Macron qui annonce que les enfants de 12 ans seront vaccinés (alors qu'il vise à mon avis les lycéens et étudiants), etc.
    20 points
  2. Quelques commentaires en vrac : Le tri, il a eu lieu dès le début du premier confinement. Reporter des procédures chirurgicales ou des traitements pour faire de la place à l'hôpital, c'est une perte de chances pour les patients concernés. C'est du tri. Confiner, avec toutes les conséquences psychiatriques que cela entraîne, c'est du tri. Et un tri bien, bien dégueulasse, puisqu'il se fonde sur les préjugés traditionnels concernant les maladies mentales, qui ne sont pas de vrais "maladies". Un type qui se jette du septième, c'est un faible. Mais s'il meurt en réa, c'est une victime. Le tri dont on ne veut pas, c'est celui qui se voit, sous l’œil des caméras, dans les couloirs de l'hôpital. Mais le tri qui ne se voit pas, celui des cancéreux en phase terminale qui auraient pu être sauvés, celui des cardiaques qui sont tombés chez eux dans l'indifférence, celui des vieux qui se sont laissés glisser vers la mort dans la solitude de leur ehpad transformé en prison, celui de tous les suicidés, il dure depuis plus d'un an et il continue. Ces urgentistes et réanimateurs qui menacent de "faire du tri" dans leurs unités si on ne confine pas font partie des plus abjects spécimen de la profession médicale qu'on peut rencontrer à l'hôpital. Sur la question des déplacements de malades des établissements saturés vers les sites où il y a de le place (et il y en a beaucoup), une anecdote (significative) : l'année dernière, notre ARS avait essayé de "coordonner" tout ça (je suis dans le quart nord-est de la France). On nous avait communiqué une liste de numéros de téléphone à appeler dans les établissements en sous-occupation pour y placer les malades qui attendait une place d'hospit dans les couloirs de nos urgences. À quelques exceptions près, personne ne décrochait le combiné et ça sonnait dans le vide. Concrètement, les établissements en sous-occupation n'avaient aucun intérêt à accueillir des malades supplémentaires. En effet, le gouvernement a mis en place depuis février 2020 une "garantie de financement" qui permet aux établissements de toucher tous les mois un douzième de leurs recettes d'activité constatées en 2019, sans rapport avec l'activité réelle. Dans ces conditions, dans les secteurs qui n'étaient pas touchés par la pandémie, c'était tout bénef : moins d'activité du fait du confinement généralisé, donc moins de moyens à déployer (baisse des budgets d'intérim, de CDD, etc.), moins de boulot et de stress pour les équipes, tout ça pour encaisser autant de sous que d'habitude. Pourquoi prendre le risque d'accueillir des malades supplémentaires, qui vont générer du boulot, qui pourraient en plus s'avérer positifs au covid (on peut tout à fait avoir un test négatif au départ du transfert et se révéler positif à l'arrivée) et qui viennent d'ailleurs, alors qu'on peut conserver à recettes équivalentes de la capacité hospitalière au cas où les choses évolueraient mal localement ? Bref, la suspension avec cette "garantie de financement" de la seule part de mécanisme se rapprochant un peu du marché dans le financement hospitalier a bien sûr contribué à la mauvaise allocation des ressources disponibles par rapport aux besoins.
    14 points
  3. On n'est certes pas dans une dictature mais ce n'est pas une raison non plus pour se voiler la face sur l'ensemble des problèmes que l'on vit aujourd'hui. Il y a effectivement une dérive liberticide comme tu le dis plus haut mais ce n'est pas la seule. La France connait également aujourd'hui une sérieuse dérive autocratique. Toutes les décisions restrictives de l'Etat qui conditionnent désormais notre vie quotidienne sont prises dans deux organes de décision totalement obscures (le conseil de défense et le conseil scientifique), c'est-à-dire des dispositifs qui échappent totalement aux processus électifs, délibératifs et de contrôle chers à la démocratie. Dans les faits, non seulement le Parlement ne sert plus à rien, mais le Conseil des ministres non plus. Les décisions ne sont plus prises au Conseil des ministres mais on ne sait comment par deux conseils non transparents sur leur façon de fonctionner. Les décisions de santé publique sont-elles prises par Delfraissy, Salomon ou Véran ? Ou Jupiter ? On n'en sait strictement rien, en fait. Au total cette crise révèle 4 dérives très inquiétantes dans le fonctionnement de l’État français : une dérive autocratique (conseil de défense) et une dérive technocratique (conseil scientifique) dans les processus de décision (et on pourrait même ajouter une dérive populiste avec les conventions citoyennes) une dérive bureaucratique dans la mise en œuvre de l'action publique une dérive liberticide dans l'effectivité des décisions (des restrictions attentatoires aux libertés individuelles totalement disproportionnées)
    13 points
  4. Pour être clair : on n'a pas de personnel à l'hôpital public. En situation normale, disons en 2019, l'absentéisme est déjà très élevé et on a recours en permanence à des CDD de remplacement et à des boîtes d'intérim spécialisées. Cela coûte fort cher et on ne trouve pas toujours (certains profils infirmiers spécialisée ou de personnel médical ne se remplacent pas comme ça). Le rationnement de l'offre de soin hospitalière, c'est donc le quotidien de base. Cette année, il y a une bonne partie des soignants qui se sont mis en arrêt de manière préventive vers février, quand ils commençaient à voir venir le truc. Les généralistes ont décerné des arrêts à tour de bras. Dans le milieu, ça a commencé à gueuler, notamment au niveau de la médecine du travail qui voyait venir la cata, mais c'était trop tard. Puis, parmi ceux qui n'ont pas pu se faire mettre en arrêt, une bonne partie a réussi à ne pas trouver le moyen de faire garder ses gosses pendant le confinement. Ils ne demandaient qu'à venir aider, mais hélas ils n'avaient pas d'autre solution de garde, ils étaient bien désolés. Bref, on était donc déjà en sous-effectif avant même que la première vague commence. Là-dessus, du personnel a été contaminé quand les choses sont devenues sérieuses. Plus on est en sous-effectif, plus le personnel restant se fatigue vite. Les postes sont plus durs et il y a moins de repos. On doit annuler les congés, repousser les récupérations, etc. À un moment donné ça décompense et c'est une nouvelle vague d'arrêts-maladie et de démissions. Maintenant, avec les tests, ce sont les périodes d'observation qui nous rajoutent un autre motif d'absentéisme. Au moins, les écoles restent ouvertes pendant ce nouveau confinement. Ça enlève un prétexte pour ne pas venir travailler. Sur le terrain, on en arrive au stade où on commence à fermer des unités médicales complètes pour récupérer les agents et les envoyer boucher les trous dans les unités restantes. Ouvrir plus de lits de réa ? Mais avec qui ? À ce stade les agences d'intérim ne décrochent même plus leur téléphone quand ils voient notre numéro. Dans les zones frontières, les IDE disponibles vont prendre un job d'aide-soignant à l'étranger et gagner trois à cinq fois plus qu'en France. J'entends des "experts" nous dire qu'on pouvait former des IDE et AS spécialisées réa en quelques mois. Admettons que ce soit pédagogiquement réalisable. Mais on va former qui exactement ? On recherche déjà en permanence des gens qui ont deux sous de jugeote et l'envie de travailler, et on ne trouve pas car on vit dans un pays de glandeurs en plein déclin cognitif. Ce n'est pas maintenant qu'on va découvrir des pépites qui n'attendaient que cette opportunité pour se former et contribuer à la société. Ce qui tue plus sûrement que la covid-19 à l'hôpital, c'est le statut de la fonction publique, la suppression des jours de carence, les arrêts de complaisance, le fait tout bonnement que l'arbitrage travail/glande déjà défavorable au travail dans ce pays à cause des charges l'est encore plus quand on bosse à l'hôpital en période de pandémie. Bref, la solution on la connaît : que le travail paye, que l'oisiveté ne paye pas. Donc on est foutus. Le but du confinement c'est juste de faciliter le rationnement des soins (ça se voit aux urgences aujourd'hui avec moins de bobologie) et que les gens crèvent chez eux plutôt qu'en face des caméras.
    12 points
  5. Oulah que de réponses... Bon je vais me permettre de brosser un tableau de ce qu'est le marché de l'art aujourd'hui. Cela va resté très schématique, vu que je n'ai pas envie de rédiger 50 pages. La naissance véritable d'un marché de l'art comme on le connait aujourd'hui date du XIXeme siècle et même de la seconde moitié, notamment due à de nombreux facteurs: - Auparavant, un artiste était payé à la commande, c'est à dire qu'il réalisait une oeuvre pour le compte d'un commanditaire et le prix de cette dernière était convenu à l'avance. Il n'y avait pas d'accusation de plagiat et autre d'ailleurs vu qu'à cette époque, l'artiste renonçait naturellement à tout droit sur son oeuvre originelle. Il n'était d'ailleurs pas rare qu'entre artistes de renom, on se copie joyeusement sur certains thèmes (le portrait de Maddalena Doni de Rafael ne vous rappelle pas une certaine Joconde ?). - le XIX eme siècle, après la chute du second empire voit des changements de taille: · la plupart des œuvres sont détachées du contexte religieux · les artistes sont en contact avec le marché · l'offre fait la demande ainsi les artistes ne se soumettent pas à la demande des acheteurs mais leurs soumettent leurs productions - La bourgeoisie cherche elle aussi à acquérir des œuvres, symbole de leur ascension. Elle commence à chercher des tableaux de peintres reconnus, mais abordables. C'est à ce moment que pour répondre à cette demande apparaissent des courtiers en art, ainsi que des galeries pour exposer les nouvelles oeuvres. - La propriété artistique apparaît (droit d'auteur concernant l'art) et est renforcé par la convention de Berne en 1886 - Le« salon officiel » connait une première crise en 1863 avec l'apparition du "salon des refusés"puis parla création du « Salon des Indépendants » en 1884 et du « Salon d’Automne » en 1903 Des cette époque on voit les premières manipulations de cours. L'art n'est plus un symbole de statut social comme un autre mais devient objet de spéculation, surtout que son cours ne dépend pas de facteurs "rationnels" et peut être manipuler. Van Gogh, au delà de son talent, doit sa popularité post-mortem à sa belle sœur qui par d'habiles manœuvres et un certain sens du marketing a fait de ses tableaux des objets cotés. Sans elle et bien... On en parlerait comme d'un obscur peintre du XIXeme qui n'a pas laissé grand chose. Aujourd'hui le système est rodé. Admettons que vous êtes millionnaire et que vous aimeriez bien faire fructifier votre capital. Il se trouve que dans vos relations, vous avez un conservateur (d'un musée ou mieux d'un château ou autre endroit prestigieux) et un conseiller régional. Vous repérez un artiste prometteur (comme il y en a 20) et vous lui acheter quelques toiles à prix correct. Vous montrez les toiles à votre copain du conseil régional et vous le convainquez d'acheter plusieurs œuvres de cet artiste pour le FRAC; Puis vous dites au conservateur que, vu que le Frac expose cet artiste, ce serait sympa de faire une expo concernant l'artiste en question dans son lieu. Vous vous arrangez ensuite pour qu'une des œuvres exposées fasse polémique (taper sur l'église catholique... Cela ne menace pas votre vie et les intégristes religieux vous feront un maximum de pub en pétitionnant et manifestant contre l'oeuvre en question). Du jour au lendemain la valeur de l'artiste montera et vous pourrez faire une plus-value monstrueuse qu'aucun autre placement ne vous proposera. Au pire après, il suffit de trafiquer le cours d’enchères ou de gonfler les prix d'achat... (bon c'est très schématique, la réalité est un poil plus complexe mais l'idée est là). En plus rien ne vous interdit de bouger à l'étranger avec votre oeuvre, cette dernière étant trop récente pour avoir la qualification de "trésor national". Et je ne parle pas de la politique fiscale favorable à l'art... Pour ce qui est du blanchiment,... Dans les casinos et l'immobilier aussi. Et une oeuvre d'art, bah c'est traçable. Alors, oui la pratique existe mais entre nous c'est pas le meilleur moyen pour ce genre de pratiques. Là où Koons a passé un palier supérieur, c'est qu'il considère que l'oeuvre d'art est associée à l'idée de cette dernière et non l'oeuvre conçu elle même. En gros si un autre artiste avait pour idée de faire un bouquet de tulipes, Koons serait tout à fait capable de hurler au plagiat vu que l'idée (selon lui) est à lui. Voila, merci à ceux qui ont lu le pavé.
    11 points
  6. "Le téléphone de Gilbert vibra. C'était une notification de Mangeo qui le prévenait qu'il n'avait mangé que quatre fruits et légumes dans la journée. Gilbert se rendit compte que si il ne mangeait pas un fruit ou un légume d'ici quinze minutes, son passe #TousEnForme serait révoqué pour une semaine. Trouver un fruit ou un légume à Bourg-la-Reine à 23h45 aurait relevé de l'exploit à toute autre époque ; fort heureusement, Mangeo avait passé un contrat avec une pépite de La French Tech, et d'un mouvement agile sur son écran, Gilbert commanda le premier légume qui apparaissait. 23h55. Un drône ZeFrenchGusto se présenta à la fenêtre de Gilbert, pour lui livrer son gingembre. Merde ! J'aurais dû regarder avant de commander. Gilbert s'assit à table. Dans la rue, seul le vélo du coursier qui repartait, avec son drône dans le panier, se faisait entendre. Il scanne son gingembre. Il n'a pas le temps de le cuire où l'éplucher. Dans la main droite, il tient son téléphone d'une main tremblante. Les anti-puces comme Gilbert doivent se filmer avec géolocalisation à chacun de leurs repas, pour que Mangeo mette à jour leur compte #TousEnForme. L'alternative était de se faire installer une puce dans l'estomac, directement reliée à Mangeo. Le salon n'était éclairé que par la lueur blafarde du flash du téléphone de Gilbert. Son Linky lui avait coupé l'électricité depuis qu'il avait perdu son pass #TousAntiCO2 en offrant une tondeuse à gazon à son père pour Noël. Un craquement suivi d'une grimace terrible commença l'agonie du gingembre. Second craquement. Seconde grimace. Gilbert n'en pouvait plus. Trente seconde avant minuit, il craqua lui-même. Il ne terminerait pas ce fichu gingembre. Gilbert alla s'effondrer dans son canapé et s'endormit comme un roc. Il était minuit, et l'écran du téléphone de Gilbert s'illumina de multiples notifications pour prévenir le brave endormi que la révocation de son pass #TousEnForme entraînait la suspension de son pass Navigo, de son abonnement Netflix, de sa réservation de lundi au restaurant. Son plafond bancaire passait à 15€ et la CAF lui suspendait ses APL. Tinder le prévenait qu'il aurait un macaron rouge supplémentaire. A une heure du matin, la batterie du téléphone de Gilbert rendit l'âme. Sans Linky, il ne pouvait la recharger qu'au travail. Gilbert ne le savait pas encore, mais il serait bientôt libre." Pavé César. Mais je n'en peux plus de ce monde.
    10 points
  7. Courage les amis! Tout désespoir en politique est une sottise absolue, comme disait l'autre. Pour observer et prendre des photos, je me suis rendu aux manifs à Rouen et ce we à Paris. J'ai commencé par Bastille, mais comme je m'y faisais chier et que ça sentait un peu trop le gilet jaune cégétiste (en plus ils écoutaient de la merde), je suis allé au Trocadéro (et j'ai bien fait, ça a un peu dégénéré à Bastille, alors qu'au Troca, c'était ambiance familiale). A Rouen comme à Paris, j'y ai vu beaucoup de monde, beaucoup de gens ordinaires, de milieux extrêmement variés (mais aussi à Lille, Nantes, Nice d'après ce qu'on m'a rapporté). Plein de jeunes, des vieux, des ni jeunes ni vieux, des profils de scouts et des babos, des profs, des soignants, bcp de familles qui venaient d'un peu partout en France. Il y avait même quelque chose d'assez irréel de voir des minettes en sarouels, des femmes voilés et des barbus cotoyer des réacs et des BCBG. Et tout le monde était content de discuter, alors que très clairement, la plupart des types présents n'était pas là par Philippotisme. J'ai en effet eu l'impression que les gens venaient d'abord pour se retrouver et protester, plus que par adhésion active au message politique de FP. Comme le disait @Romy je pense que l'élément déclencheur pour beaucoup de monde, c'est la vaccination des enfants, qui ne passe pas. J'ai croisé à Paris quelques libertariens bien connus ici, quelques journalistes (VA, CNews) et surtout beaucoup de noobs en politique. Je retiens que comme pour les gilets jaunes, même si le profil des manifestants ne semble pas le même, il y a une défiance commune envers la politique et les médias. Les militants qui se succédaient à la tribune étaient ovationnés poliment, et c'est Di Vizio et un représentant syndical des Sapeurs Pompiers qui ont été le plus applaudis. Il y avait 1 journaliste pour un manifestant à la Bastille, et pratiquement aucun (sauf presse étrangère) à Troca. A Rouen, une semaine avant, un cortège immense sans policiers et sans leaders politiques ou syndicaux. C'est d'ailleurs ce qui pourrait être le plus à craindre pour les pouvoirs publics : le processus de déalignement qui m'a semblé bien visible ici. Les gens ne s'agrégeaient pas en fonction d'étiquettes ou de coalitions politiques ou idéologiques bien définies, mais pour défendre un message bien particulier, quelque soit le porteur du message. Cela pourrait vouloir dire aussi qu'il devient de plus en plus difficile de mobiliser/démobiliser des coalitions en s'appuyant sur les vieux schémas idéologiques de l'ancien monde (le clivage droite/gauche, les solidarités de classes, le groupisme antifa/le dressage social par le Polcor). Pas trop de provoc, mais du complotisme quand même sur les bords quand on savait tendre l'oreille. Par ex les deux minettes en sarouels de 20 ans qui répondaient à un journaliste qu'elles ne croyaient qu'en France Soir, ou encore, plus folko, des chinoises de Falun Gong qui distribuaient Epoch Times et des tracts pour dénoncer les crimes du Parti communiste chinois. En d'autres termes, des phénomènes d'extrême défiance envers la parole des institutions (ce qu'on peut déplorer, mais qu'on peut comprendre aussi) au sein d'une foule défiante envers le nouveau pouvoir sanitaire. En tout cas, une occasion en or pour parler aux gens, ces inconnus, qui n'ont jamais entendu parler des liberaux et des libertariens que dans les tweets et les posts de leurs ennemis. "Quoi ? Tu es libertarien? Tu veux dire que tu es pour le marché des organes et tout et tout?" Oui, il faut lire Gary Becker sur le sujet. "Et la libéralisation du cannabis aussi alors?" Oui, mais pas que. C'est la base, ça. Bref, l'occasion de se sortir les doigts du cul.
    10 points
  8. - Quand un salarié touche 1 183 € (SMIC) sur son compte courant, sur les 1 654 € que débourse son employeur : o 8 % partent en cotisations patronales. o 20,5 % partent en cotisations salariales et CSG. o 0 % partent en IR. - Quand un salarié touche 10 000 € sur son compte courant, sur les 27 011 € que débourse son employeur : o 29,5 % partent en cotisations patronales. o 14 % partent en cotisations salariales et CSG. o 19 % partent en IR. Au SMIC, on touche 71,5 % de ce que débourse son employeur. À 10 000 €, on ne touche que 37 % de ce que notre vil patron a bien voulu payer pour nous. La courbe rouge représente le ratio entre la hausse du coût pour l’employeur et la hausse dont bénéficie le salarié (hausses en % et hors IR). Ainsi, au SMIC si le salaire augmente de 1 %, le coût pour l’employeur augmente de 1,6 %. On peut aussi voir ce phénomène de l’autre sens, ainsi quand un employeur fait l’effort d’investir 100 € de plus dans un salarié, celui-ci n’en bénéficie qu’à hauteur de 40 %. Ainsi, le taux de prélèvement marginal jusqu’à 1 800 € est supérieur à 50 % ! Entre 1 183 € et 1 900 €, on voit le ratio diminuer pour rejoindre un coefficient de 1. Il s’agit de la déduction Fillon sur les cotisations patronales qui décroit et s’éteint à 1,6 SMIC brute. Belle illustration de la trappe à bas salaire. Le salaire médian se situant aux alentours de 1 800 €, la moitié des salariés français est donc soumise à un taux marginal de cotisations supérieur à 50 % sur le super brute. Y a-t-il un lien entre la fin de la réduction Fillon à 1 800 € et le niveau du salaire médian ? La mise en place de la prime d’activité compense en partie le phénomène du taux de prélèvement marginal puisqu’elle s’applique jusqu’à 1,5 SMIC mais vient renforcer l’effet pervers de trappe à bas salaire. En plus de la gestion du prélèvement à la source par les entreprises, la prise en compte probable de la prime d’activité par les employeurs lors d’une négociation brouille un peu plus le rôle de chacun (jusqu’à 550 € de prime d’activité pour une personne célibataire). On voit un pic au niveau des 3 000 €. Le seuil est à 3 804 € brute (2,5 SMIC) – ou 2 615 € net – donc impactant la tranche net 2 500 € – 3 000 €. Cela correspond à un seuil de cotisation patronale maladie qui passe de 7 % à 13 %. Plus précisément, il s’agit de la pérennisation du CICE. En effet, avant le 1er janvier 2019, le taux était de 13 % et à la suite de la transformation du CICE en baisse de charges pérennes, le taux passe à 7 % mais seulement pour les rémunérations inférieures à 2,5 SMIC. En augmentant son salarié d’un euro (de 3 803 € à 3804 € brute), le patron se prend 230 € de hausse de cotisation. À voir dans quelques temps si ce magnifique effet de seuil se matérialise par une belle marche dans la distribution des rémunérations. Hormis ce seuil et la réduction Fillon, une augmentation de 1 % du coût pour l’employeur se traduit par une hausse de 1 % du salaire net (toujours hors IR) du salarié. Ce seuil de 3 804 € brute est aussi le niveau où le super net (donc cette fois-ci IR pris en compte) représente moins de 50 % de ce qu’a payé l’employeur. À partir de là, chaque nouvel euro négocié bénéficiera plus à l’état qu’à vous-même. La meilleure situation revient à bénéficier d’une augmentation entre 1 800 € et 3 000 € net hors IR. À ces niveaux-là, on bénéficie plein pot de l’augmentation i.e. tranche où vous bénéficiez le plus de ce que l’employeur vous accorde en sus. On a un système de rémunération qui favorise les bas salaires mais avec un seuil d’entré haut (SMIC). On se retrouve avec un système favorisant les secteurs économiques à faible VA mais avec en parallèle une forte pression sur les salariés pour rester compétitifs. Le système est progressif dans son ensemble (désolé je n'ai pas fait de zoom sur les 0,000 000 6 % les plus riches soit nos 40 milliardaires français). On passe d'un taux super net de plus de 70 % pour le SMIC à 37 % pour les gros salaires. La prime d'activité, la CAF, l'IFI viennent probablement renforcer ce mécanisme. Les chiffres ont été obtenus grâce à Pole Emploi. Ils sont bruts et ne tiennent pas compte de toutes les subtilités pouvant faire varier le taux des cotisations ou l’impôts sur le revenu.
    10 points
  9. Ce qui m'insupporte au plus haut point actuellement, ce sont les critiques gauchistes à l'encontre de Parcoursup qui font leur petit chemin dans la tête des gens. Tout le monde finit par croire que se généralise une logique de sélection dans le supérieur qui se ferait en défaveur des classes sociales défavorisées. Or c'est exactement l'inverse qui se produit depuis quelques années : l’État petit à petit est en train de déconstruire la logique des filières sélectives, pour des motifs sociaux socialistes. Déjà sous le quinquennat précédent, la filière sélective qui s'adressait aux étudiants de niveau modeste (le BTS) a été totalement saccagée par une politique de quota qui oblige les lycées à prendre en priorité des diplômés de bac pro au détriment des autres (alors que très peu de bacs pros étaient sélectionnés lorsqu'on laissait la liberté aux profs de BTS de sélectionner comme ils l'entendaient). Sauf cas rarissime et exceptionnel, les diplômés d'un bac pro n'ont pas les qualités nécessaires pour suivre des études sups. Résultat : un gros nivellement par le bas. Les programmes de BTS ont été totalement révisés pour que de tels étudiants puissent obtenir le diplôme. Pour donner un exemple frappant, en BTS on ne fait plus rédiger aux étudiants de mémoire de stage. Trop difficile... La destruction de ce diplôme est un véritable scandale car on avait avec le BTS une filière qui avait les qualités de la sélectivité et qui permettait de hisser vers le haut des gamins de niveau moyen et généralement issus de familles modestes. S'est généralisée également depuis trois ans, une même politique de quota pour les IUT, qui avaient le gros défaut aux yeux du ministère d'avoir une trop forte proportion de bacs S dans leurs effectifs. Des quotas de bacheliers technos leur ont été imposés. Et désormais, avec Macron, sont également imposés aux établissement supérieurs sélectifs des critères sociaux : le fait d'être boursier vous fait remonter automatiquement dans les classements. Un collègue responsable d'un DUT m'a dit qu'il avait constaté que cela faisait remonter certains candidats de plus de 200 places dans son classement ! Autant dire que le niveau de l'étudiant n'est plus le critère déterminant de sélection. Bref, l'EN est en train de vider de leur substance les filières sélectives en faisant perdre aux établissements par petits coups de canifs successifs la possibilité de sélectionner comme ils l'entendent...
    10 points
  10. A la fin de l'Internet vraiment libre et far west, à l'époque des sites de warez tout ça, les webmasters kiddies ont commencé à se professionnaliser dans le porn. Il existait à l'époque des fournisseurs de contenu qui poussaient des flux de vidéos payantes pour chaque niche. T'avais des previews, généralement 8-10 vignettes, et l'accès à la vidéo sous forme d'abo. Les webmasters de l'époque avaient peu d'efforts à fournir pour mettre en ligne des sites avec des milliers de pages qui s'indexaient bien sur les moteurs de recherche. Les fournisseurs donnaient les scripts clés en main, il suffisait de les déployer et pouf tu avais un site de 40 000 pages de {niche} en ligne en quelques minutes. Il était très facile de faire du 6k-8k par mois en quasi full automatisé. Evidemment ça a attiré beaucoup de monde très vite et les gens ont rapidement dû appliquer des méthodes black hat ultra agressives pour se démarquer, tout le monde avait les mêmes sites, et les clones se comptaient par million. L'arrivée de ce qu'ils ont appelé les "tube", aka les xhamster, pornhub, xvideos etc. a été un vrai coup d'arrêt qui a complètement bousillé cet ancien business model. Soudainement les gens n'ont plus accepté de payer pour du X. Les anciens de l'époque ont réagi en pur marchand de chandelle style, ils ont tenté des actions juridiques attaquant le contenu pirate rendu gratuit. Légalement c'était sensé tenir, mais l'engouement a été un tel raz de marée que bizarrement ça n'a jamais pu aboutir vraiment. Les sites owner étaient inatteignables et tout le monde a très vite compris que la partie était terminée. Du coup on s'est retrouvé avec une armée de webmasters ultra aguerris qui a dû se réinventer fissa. Il faut savoir que le pron c'est au moins 10 ans d'avance sur le mainstream en terme de savoir faire pour un IT. Si tu peux recruter un IT qui vient du pron, ne réfléchit même pas, embauche le direct. Mais c'est aussi vrai dans toute la chaine de production de valeur. L'ultra compétitivité du secteur rejaillit sur tous les maillons. Du coup on s'est retrouvé avec un volume de sites considérables, backés par des gens super forts, ce qui explique en partie le non monopole. L'industrie pron est une industrie fondamentalement black hat dans tous ses compartiments: sur les techniques évidemment, mais aussi sur les structures légales et dans la gestion des flux d'argent. Les mecs ont été assez agiles dès le départ pour s'incorporer dans les pays libres, les paradis fiscaux, monter des holdings, etc. Pour l'argent, les revolut like d'aujourd'hui ne sont rien d'autres que la version mainstream des banques que l'industrie du pron a créé. En fait ça a créé le cadre financier tel qu'il devrait être réellement dans la vraie vie si le socialisme n'avait pas gagné : tu pouvais retirer l'argent de ton compte offshore pour acheter tes pâtes ou une voiture en Europe, ça n'avait aucune espèce d'importance, on te fournissait des cartes de retrait qui fonctionnaient dans tous les distributeurs automatiques et la compta n'existait pas, les mecs regardaient juste tes flux entrants et tes flux sortants sur ton compte le 31 Décembre pour faire ton bilan. Les gros classeurs de compta vert et rouge à la papa, t'oublies. Le rêve. Après ils ont aussi créé des trucs bien hardcore pour bill et rebill les gens, shady as fuck, mais ça reste des innovations bancaires qui ont été maintes fois reprises ailleurs à des degrés édulcorés. Typiquement l'abo mensuel qu'on connaît aujourd'hui, à mon avis les bases ont été posés par l'industrie du X. Pareil pour le boom des ringtones et autres abos à base de pin submit qui ont mis très, très, trèèèèès longtemps à se faire réguler et qui ont permis de siphonner pas mal de pigeons. Donc à mon avis ça a permis à l'industrie de s'éclater sur les territoires en fonction des opportunités d'incorporation, tax, banking, etc. On a donc du volume, et le marché est éclaté. Et le dernier point à mon avis c'est le revenue stream. Le pron est un vrai crève cœur pour moi parce que c'est clairement la première vertical de l'humanité... mais c'est aussi la plus difficile à monétiser. Les gens ne paient tout simplement plus, ou pas assez pour du pron. Si tu regardes les map des régies publicitaires tu as l'impression qu'il en existe beaucoup mais en réalité elles se partagent toutes exactement le même inventaire, découpé en "tier" en fonction des deals d'exclusivité qu'arrivent à obtenir, ou ne pas obtenir, certaines plateformes. Et ça bouge tout le temps. Ceux qui durent sont ceux qui ont l'exclusivité complète sur un panel de sites. Je vais pas citer de noms mais j'en vois au moins 3 vraiment significatives, le reste se partage les cacahuètes. Les gens que tu chopes dans le trafic pron sont des gens qui n'ont aucune intention d'achat, mais pas que pour le pron, dans tous les domaines. Ils ne sont pas là pour ça. C'est pour ça que la seule façon de monétiser à peu près c'est les fake sites de rencontre 100% black hat, avec des bots ou des opérateurs offshore en guise de "base de membre". Leur bases sont tellement doublonnées et archi doublonnées que le taux de défacturation monte jusqu'à des 85%. C'est tout simplement ingérable, impossible à monétiser sans une dose de black hat qui n'est même plus de l'ordre de l'agressivité mais du truandage pur et simple pour arriver à en tirer quelque chose. No go. Aujourd'hui tu ne peux même plus y aller avec ton site de rencontre, les tubes ont depuis le temps compris comment ça marche et ils internalisent eux même la monétisation de leur espace pub. C'est souvent moins bien fait qu'un marketeur à la performance qui connaît son métier mais ils s'en foutent, c'est eux qui ont le trafic. Je pense quand même qu'il va y avoir de plus en plus de fusion et de consolidation, la vidéo est très couteuse à stocker et à streamer, et les revenus publicitaires ne couvrent pas bien. Il me semble que c'est ce qui a tué les concurrents de youtube non ? J'ai pas les metrics en tête mais il me semble que youtube n'a quasiment jamais gagné d'argent, le vrai edge pour google c'est les datas de profiling que ça lui apporte, d'où explication en partie de son monopole. Le business model de la publicité côté éditeur est de toute façon complètement flawed et la pire idée que l'on puisse avoir pour monétiser ses assets. PS pour le FBI: je ne fais rien de tout ce que j'ai décrit ici, on connaît juste les usages quand on travaille dans mon domaine
    9 points
  11. Parce que j'ai du temps libre, parce que vous le valez bien. CP? Pas CP? Ça vous intéresse? Des remarques? Voici ce à quoi j'ai passé ma nuit. Inégalités économiques et criminalité On associe souvent de hauts niveaux de criminalité à des pays dont l’indice de Gini est élevé. Une explication qui pourrait nous être familière est celle de Becker : un membre du bas de la hiérarchie sociale à moins à perdre dans un acte illégal. L’indice de Gini est calculé à partir d’une courbe de Lorenz : cet outil statistique mesure la différence d’un pays avec une situation de « parfaite égalité » dans laquelle les ressources seraient distribuées de façon parfaitement équitables à toutes les échelles géographiques, et où, par exemple, le revenu par tête en Île-de-France serait égal à celui du Limousin. Plus l’indice de Gini est élevé, plus les inégalités économiques sont importantes. Examinons bien ce que cet argument dit et ce qu’il ne dit pas : ce n’est pas la pauvreté qui cause le crime. Regardez les pays où tout le monde est pauvre : pas de crime. Regardez les pays où tout le monde est riche : pas de crime. Ce n’est que lorsqu’il s’agit d’une différence de richesse relative que la criminalité éclate, en particulier chez les jeunes hommes de 15 à 34 ans, qui commettraient la plupart des crimes dans le monde (Kanazawa et Still, 2000). Par exemple, on peut contraster les cas du Royaume-Uni et du Japon pendant la 2e partie du XXe siècle, et surtout depuis les années 1980. Au Royaume-Uni, les inégalités de revenus ont augmenté pendant la période (de 25 à 36 pour l’indice de Gini entre 1977 et aujourd’hui selon Statista), et le taux de criminalité aussi, tandis que le Japon est devenu un pays plus égalitaire, avec moins de crime. C’est en tout cas le portrait que nous en donne l’association caritative anglaise Equality Trust dans un rapport trop bref daté de 2011, mais ce n’est pas la vérité. Primo, quand on regarde le Gini Country Report du Japon, publié deux ans plus tard, on y apprend (c’est la première phrase, vous ne pouvez pas la rater) : « Inequality has widened continuously since the 1980s in Japan. » S’il est vrai que la concentration de la richesse au Japon a fortement diminué au milieu du XXe siècle, entre autres parce qu’ils ont incidemment reçu deux bombes atomiques, essuyé une défaite, dû des réparations colossales et ont été un petit peu occupés, l’inégalité n’en reste pas moins, par définition, relative : si c’est l’inégalité qui incite au crime, alors une augmentation de l’inégalité, quelle que soit le niveau de départ, devrait mener à une augmentation de la criminalité. Or on observe bien une augmentation de l’inégalité au Japon depuis 1980 (Minami 2008), mais pas d’augmentation des crimes, avec un taux d’homicides pour 100,000 habitants en déclin quasi-constant (de 0.61 en 1998 à 0.26 en 2018). Problème. Le problème de cet argument est assez vite visible : les pays les plus pauvres du monde (selon leur PIB en PPA) sont le plus souvent dans des situations de trouble politique majeur (ceci expliquant cela). Toutefois, les niveaux de criminalité du Burundi (dont l’indice de Gini est de 31 environ en 2018) ou du Malawi (à peine plus) sont sans comparaison avec ceux d’Afrique du Sud ou du Brésil, qui caracolent respectivement à plus de 50 et 60 points. Cependant, si notre objection tient, il faudrait peut-être réfléchir à l’idée que le crime crée des inégalités, et pas l’inverse. L’autre question qui se fait jour avec le cas du Japon est la suivante : est-ce une augmentation relative de l’inégalité, l’inégalité mais seulement dans les pays pauvres, ou seulement certains niveaux « extrêmes » d’inégalité dans des pays riches ou pauvres ou les deux qui sont corrélés à des hausses de la criminalité ? Si vous trouvez que ça fait beaucoup de questions d’un coup, tranquillisez-vous, car avec les exemples, décidément mal choisis, du Royaume-Uni et du Japon, nous pouvons dire « non » à toutes ces hypothèses : le Japon post-1980 réfute la thèse de l’augmentation relative ou d’une corrélation linéaire, et l’UK, avec son taux de criminalité en hausse (sur ce plan-là, on peut faire confiance à Equality Trust), a un indice de Gini… pas très éloigné du Japon (autour de 30, et en hausse). D’autre part, l’ « inégalité » n’est pas un phénomène uniforme. Il existe des inégalités de richesse et des inégalités de revenus, ce qui n’est pas la même chose. Les inégalités de revenus sont plus précisément ciblées par le Palma ratio, qui prend en compte le fait que les décilles centraux de la distribution (D5 à D9) consomment 50% de la richesse produite, les 50% restants étant partagés entre les 40% les plus pauvres (ceux sous la médiane) et les 10% les plus riches. Pour obtenir le Palma ratio, on divise la part du RNB détenue par les derniers par la part détenue par les premiers. Toutefois, le Palma ratio montre une corrélation forte avec le nombre de crimes pour 100,000 habitants (environ 0.92 pour le Brésil, les USA, la France, l’UK, le Japon, la Russie, l’Afrique du Sud et la Turquie). Comme l’indice de Gini. Ce n’est donc pas la mesure de l’inégalité qui est en jeu, mais plutôt le vaste ensemble de phénomènes sociaux que cette donnée embrasse. Le « crime », en revanche, gagnerait à être mieux défini. La corrélation semble plus forte pour les crimes plus violents, comme l’homicide. Les études de Kelly (2000) ont ainsi montré que les niveaux d’inégalité n’avaient aucun effet sur les vols, ce qui peut paraître surprenant, mais beaucoup sur les crimes violents (type homicide), alors que c’était la pauvreté qui se qualifiait comme meilleur prédicteur des vols. L’idée qui semble émerger est que dans une situation d’inégalité, ce n’est pas la jalousie du pauvre qui pousse à agir pour avoir ce que l’autre a, mais l’envie, qui exige que l’autre n’ait pas ce qu’il a, même si vous ne l’avez pas non plus. Pour les crimes plus rares, là encore, biais d’échantillonnage sans doute, mais surtout facteur confondant, la corrélation s’effrite : Cela dit, même pour les meurtres, la corrélation ne saute pas toujours aux yeux Tout simplement parce que d’autres facteurs entrent en jeu. Le graphique de The Economist mérite à ce titre également ample commentaire. Premièrement, on souffre d’un biais d’échantillonnage, avec très peu de pays « très » inégalitaires (>50). Deuxièmement, entre un Gini de 40 et 50, il y a à boire et à manger : voulez-vous beaucoup d’inégalité et beaucoup de crime ? Nous avons. Voulez-vous beaucoup d’inégalité et peu de crime (i.e. moins de 20% des sondés rapportant un vol par exemple) ? Nous avons. Un autre point technique est que l’inégalité économique corrèle avec de très nombreux facteurs plus localisés, qui sont les dérivés de la croissance économique et de l’enrichissement. L’économiste italien Pareto expliquait déjà au début du XXe siècle comment 20% de la population accaparait 80% de la richesse dans la plupart des sociétés. Or les études du Palma ratio nous montrent que ce ne sont pas les classes « moyennes » (D5 à D9) qui assimilent la variabilité dans la distribution, et expliquent l’inégalité que les ratios mesurent : ce sont les queues (et principalement le sommet). En d’autres termes, si 50% de la richesse revient à peu près partout aux décilles 5 à 9, la manière dont les décilles sous la médiane et le top se répartissent l’autre moitié est beaucoup plus fluctuante. Il paraît alors difficile d’augmenter le niveau de vie d’une société entière sans gonfler les ratios d’inégalité. Beaucoup d’études indiquent une corrélation entre pauvreté et inégalité économique, parce qu’il est vrai que la plupart des pays pauvres sont très inégaux, mais ils le sont moins que des pays plus riches ou en développement (dont le Brésil et l’Afrique du Sud sont de bons exemples). D’autre part, la pauvreté étant une notion totalement relative (souvent définie comme x% du revenu médian), on ne peut parler d’une « augmentation » de la pauvreté si un plus grand pourcentage de la population vit sous x% quand ce revenu médian… augmente ! On peut aussi bien observer une augmentation de l’inégalité dans les déciles 5 à 9 (qui n’affectent donc pas la médiane), et la pauvreté pourrait augmenter si le revenu médian augmentait tandis que les revenus marginaux baissaient (et vice versa), autant d’effets documentés et évoqués dans la littérature (Karagiannaki 2017 ; Bourguignon 2004). Toutefois, l’inégalité économique n’est pas toujours assimilée de la même façon. Elle peut signifier la détérioration des conditions de vie pour une partie de la population, ensuite estompée par la moyennisation avec le reste de la population, mais cet embellissement statistique ne fait que cacher des tensions sociologiques, surtout dans des territoires ségrégés. La question est donc avant tout culturelle. Nous en revenons ici à notre suggestion d’inversion de cause et d’effet entre crime et inégalité, évoquée récemment par Anser, M.K., Yousaf, Z., Nassani, A.A. et al. 2020 (article cité). L’autre renversement de perspective à évoquer est que la croissance économique d’un pays conditionne aussi l’efficacité de sa réponse à la criminalité et sa répression : il ne faut pas seulement regarder du côté des criminels potentiels. Là encore cependant, les corrélations nous font nous mettre le doigt dans l’œil, parce qu’une « corrélation » évidente existe entre de plus grandes dépenses de police et un taux de criminalité plus élevée… parce que le taux de criminalité élevé a suscité ces dépenses importantes. Ces phénomènes « culturels » ne sont pas indépendants des variables économiques que nous avons évoquées. L’effet de l’avortement sur le taux de criminalité est largement documenté (v. notamment Donohue et Levitt 2001), et cette pratique est notoirement plus répandue dans les pays développés. Par extension, elle agit sur les ratios d’hommes par femmes. On peut donc supposer une homogénéité culturelle de sociétés inégalitaires et violentes, où le facteur culturel est un facteur confondant : l’association violence/inégalité disparaîtrait quand on contrôle pour d’autres variables dans la même aire culturelle. C’est par exemple ce que montrent abondamment les études de Zhang 2018 sur les comtés américains, où l’on a peine à voir une corrélation, même en plissant les yeux, à partir d’un certain niveau de granulation géographique : comme l’écrit Songman Kang, professeur d’économie de Séoul, Cette analyse culturelle avait été ouverte par Simpson 1985. Il soulignait alors que la meilleure manière de maximiser cette violence très endogène était d’augmenter l’hétérogénéité ethnique des villes, afin de multiplier les foyers de violence (on sait de même depuis longtemps que les agressions en général sont fortement interraciales). A l’inverse, des zones de plus grande homogénéité culturelle facilitent l’exercice d’un contrôle social informel, plus efficace dans la prévention et la répression des crimes que la police d’Etat perpétuellement impotente. Difficile après ça de s’entendre dire que c’est un phénomène, que dis-je, une loi économique, et non culturelle. Car si c’était une loi économique, on ne voit pas pourquoi elle s’appliquerait entre pays et pas au sein du même pays. Or ce n’est pas le cas. Il n’y a pas plus inégalitaire que l’Île-de-France en France, mais les départements les plus criminels (en taux de crimes et délits pour mille habitants, nous parlons d’un rapport de 1 à 2 en pourmille, de 35 à 72 pour les données de 2014) sont les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône et… Mayotte, où ce n’est pas l’inégalité qui est un problème. Non, le problème là-bas, c’est que tout le monde est pauvre. Encore est-il vrai qu’il y a beaucoup d’inégalités en Seine-Saint-Denis, et beaucoup de crimes, mais dans ce cas il est étrange qu’à Paris, où l’on observe les inégalités les plus criantes, le taux de criminalité ne s’élève « qu’à » 59 pourmille, moins qu’en Haute-Garonne ou dans l’Hérault, qui est un département pauvre avant d’être inégalitaire. On nous rétorquera que l’inégalité s’exerce entre les régions au sein d’un pays, mais alors pourquoi ne s’exerce-t-il pas aussi entre les pays ? Et comment les inégalités « mondiales » croissent-elles alors que la violence diminue ? Quelle échelle voulez-vous prendre exactement ? Car parler d’ « inégalités mondiales » n’a pas de sens, à moins de rêver d’un monde où le revenu médian du Bangladesh est équivalent à celui du Luxembourg. Ce qui n’arrivera pas. Il y a de l’inégalité criminelle là où la pauvreté est s’enracine dans un terreau culturel fertile d’envie et de frustration, par exemple sexuelle (retour de nos jeunes hommes de 15 à 34 ans). Mais de l’inégalité, on en trouvera partout : l’envie cimente les relations sociales à toutes les échelles de la hiérarchie. On envie surtout celui qui gagne un peu plus (Freud parlait fameusement du « narcissisme des petites différences »), aussi toute déviation de la « ligne de parfaite égalité » de la courbe de Lorenz a-t-elle des effets disproportionnés non pas seulement « à différentes échelles » mais à toutes les échelles. Et oui, Daly, Martin; Wilson, Margo and Vasdev, Shawn. (2001) ont montré qu’une diminution de 0.01 point de l’indice de Gini entraînait (quoiqu’on ne sache pas comment ni où) une diminution de 12.7% du nombre d’homicides pour 100,000 habitants. Mais le crime est un phénomène local. Comme il est assez rare que les tueurs traversent le pays pour trucider leur victime, les différences de revenus entre Seattle et Detroit importent sans doute moins que les différences de revenus au sein de Detroit ou Seattle. Kang 2014 nous rappelle l’importance des dynamiques locales : en effet, si l’inégalité entre différentes régions peut mener à des niveaux de criminalité plus élevés, les inégalités « naturelles » au sein d’une aire géographique ont plutôt tendance à les diminuer, sans doute davantage du fait de l’environnement culturel qui a rendu ces organisations respectives possibles. Le modèle du choix rationnel de Becker, note Kang, nous aide à comprendre pourquoi un criminel ne s’attaquerait pas à beaucoup plus mais seulement à un peu plus riche que lui : la première catégorie sait se défendre, et présente un coût trop élevé. Nous avons donc tenté de ramener l’unité d’analyse à un niveau beaucoup plus proche de nous. La moyenne de l’activité criminelle d’une ville entière est une mesure trop grossière pour être aisément manipulée et comprise. On voit ici apparaître certains effets de seuil non-linéaires que nous avions supposés plus haut, notamment dans les quartiers les plus pauvres. Ce n’est pas la quantité mais la manière dont le crime ou les criminels sont distribués qui nous importent. Remerciements: @Rincevent pour la théorie des aires culturelles et le paradoxe de Simpson. Bibliographie Anser, M.K., Yousaf, Z., Nassani, A.A. et al. (2020). Dynamic linkages between poverty, inequality, crime, and social expenditures in a panel of 16 countries: two-step GMM estimates. Journal of Economic Structures 9, 43. Bourguignon, F. (2004) The Poverty-Growth-Inequality Triangle, Indian Council for Research on International Economic Relations, New Delhi Working Paper No. 125. Daly, Martin; Wilson, Margo and Vasdev, Shawn. (2001) “Income Inequality and Homicide Rates in Canada and the United States” Canadian Journal of Criminology 43: pp.219–36 Donohue, John J., III and Steven D. Levitt (2001). The Impact Of Legalized Abortion On Crime, Quarterly Journal of Economics, , v116 (2,May), 379-420. The Equality Trust. “Income inequality and violent crime.”Equality Trust Research Digest 2011; no.1: pp.1–5 Kanazawa, S., and Still, M. (2000). Why Men Commit Crimes (and Why They Desist). Sociological Theory 18 (3), 434-47. Kang, S. (2014), Inequality and Crime Revisited: Effects of Local Inequality and Economic Segregation on Crime, Hanyang University Karagiannaki, E. (2017). Understanding the Links between Inequalities and Poverty. The empirical relationship between income poverty and income inequality in rich and middle income countries, CASE paper 206 /LIP paper 3, London School of Economics Kelly M. (2000). Inequality and crime. The Review of Economics and Statistics, 82(4): 530–539 Minami, R. (2008), Income Distribution of Japan: Historical Perspective and Its Implications, Japan Labor Review, vol. 5, no. 4. Simpson, Mile E. (1985), Violent Crime, Income Inequality, and Regional Culture: Another Look, Sociological Focus, Vol. 18, No. 3, pp. 199-208 Zhang, L. (2018), Violent Crime and Income Inequality, mémoire soumis à la California State Polytechnic University, accessible en ligne.
    8 points
  12. Tandis que le jeune morveux d'une quarantaine d'années, retranché dans son bunker élyséen, continue de croire qu'il peut régenter à lui seul la vie de 68 millions d'habitants, on voit se généraliser partout un phénomène bien connu désormais en sciences de gestion, la "désobéissance organisationnelle" : je viens de voir une émission très intéressante qui explique que, sur le terrain, plus aucun centre de vaccination ne respecte les règles définies à Paris. Le soir, toute personne qui se présente peut se faire vacciner avec les doses qui restent, même si elle ne rentre pas dans les critères d'âges soigneusement édictés par les bureaucrates sanitaires. Mieux, certains centres hospitaliers dressent leurs propres listes de vaccination selon leurs propres critères : c'est ce que font ouvertement Nice et la Corse, où sont vaccinés des jeunes de 18 ans qui le souhaitent. Il ne serait pas étonnant que d'autres le fassent discrètement. Exactement le même phénomène existe aussi à l'université : dans mon établissement, les règles édictées nationalement (1 seul jour de cours par semaine et jauge de 20%), qui ne tiennent pas compte des ressources du terrain, ne sont plus appliquées depuis plusieurs mois. Par exemple, les 28 étudiants de ma formation ont eu tous leurs cours en présentiel depuis janvier dans un amphi d'une capacité de 200 places... Un reporting est exigé par le ministère pour "contrôler" qu'on applique bien la règle : évidemment, on lui envoie des chiffres totalement bidonnés. La "désobéissance organisationnelle", c'est l'intelligence des gens de terrain qui comprennent que l'application stricte des règles conduit à des situations absurdes et qui prennent leur responsabilité en les contournant. La "désobéissance organisationnelle", c'est ce qui vient pallier les failles d'une bureaucratie devenue totalement ineffective, car celle-ci est déconnectée des réalités ou inapte, dans des situations urgentes et complexes, à prendre des décisions pertinentes qui tiendraient compte de l'ensemble des paramètres.
    8 points
  13. Il ne s'agit pas d'une mini réformette mais bien d'un changement majeur dans le fonctionnement de l'université. Sur le papier, l'idée est de passer de la transmission de "connaissances" à la transmission de "compétences". Pour le dire autrement, passer de la "tête bien pleine" à la "tête bien faite". Sacrifier le contenu pour donner du temps à l'apprentissage des méthodologies. Sur le papier, ce n'est pas con, mais mis en œuvre par la machine bureaucratique, ça va être une catastrophe. Tout d'abord, ça devient un affaiblissement de la transmission et de l'évaluation des savoirs remplacées par une valorisation et une évaluation des savoir-être et autres "soft skills" mal compris. On passe totalement à côté de ce qu'il faudrait faire si on allait au bout de cette nouvelle logique : transmettre de véritables savoir-faire qui font défaut chez les bacheliers actuels (capacité à la réflexion, la conceptualisation, la problématisation, capacité à classer de l'information, capacité à mener des raisonnements déductifs, inductifs, capacité à mobiliser un modèle théorique pour résoudre un problème concret, etc.). Par exemple, concernant l'évaluation des étudiants, on passe du contrôle des connaissances par discipline à un contrôle des compétences interdisciplinaires. Le contrôle ne se fait plus par un DS individuel sur chaque matière, mais par des travaux de groupe, des exposés transversaux combinant plusieurs disciplines composant un "bloc de compétences". Là aussi sur le papier ce n'est pas totalement con. Dans la réalité on sait bien ce que ça va donner : l'étudiant bien évalué sera celui qui adopte les meilleures stratégies de free riding, ou l'étudiant qui a un bon bagou pourra compenser ainsi ses faibles facultés d'analyse et de réflexion, etc. Tu ne sais pas résoudre une équation à une inconnue (oui, oui, je dis bien une inconnue...) ? Ce n'est pas grave tu as su faire un jolie présentation avec Prezi qui a impressionné le jury, qui te permet donc de valider ce bloc de compétences... Autre exemple : on part du postulat qu'une "culture étendue" plutôt qu'un bourrage de crane est un élément clef pour avoir une "tête bien faite" au lieu d'une "tête bien pleine". Ce qui est juste. Mais l'opérationnalisation de cette idée par la machine bureaucratique consiste en un élargissement du périmètre disciplinaire en L1 au détriment de la profondeur des connaissances transmises, c'est-à-dire un fort allègement des contenus, ceux-ci étant remplacés par un saupoudrage de tout et n'importe quoi sans cohérence (par exemple l'étudiant de L1 en éco-gestion sera amené à survoler autant de disciplines que la psychologie, la sociologie, la science politique, le droit, la géopolitique, la comptabilité, le management, l'économie micro et macro, la communication, etc., etc., chacune de ces disciplines étant traitée en une vingtaine d'heures... autrement dit, il aura survolé tout le spectre des sciences sociales sans rien comprendre...). Le nivellement par le bas est frappant quand on regarde ce qui va se passer dans les IUT. Le DUT (bac+2) disparaît pour être remplacé par un Bachelor universitaire (bac+3) : en 3 ans sera traité de façon plus allégée ce qui était traité en 2 ans jusqu'ici. Si on considère qu'aujourd'hui il faut 3 ans en IUT pour réaliser en moins bien ce qu'on faisait jusqu'ici en 2 ans, et quand on sait que, contrairement à la fac, les IUT ont une longue expérience de la pédagogie par compétences, et quand on sait enfin que la grosse majorité des étudiants qui se retrouvent en L1 éco-gestion sont ceux qui n'ont pas réussi à entrer en IUT de gestion (formation sélective), on peut d'ores et déjà pleurer sur ce que va devenir très prochainement le niveau des diplômés d'une Licence Eco-gestion.
    8 points
  14. Ce n'est pas nouveau. J'ai eu l'occasion il y a deux ou trois ans de participer à un groupe de travail sur les normes E+C-, à l'époque où j'étais dans le logement social. En gros, c'est ce qui préfigure la future réglementation thermique dans le bâtiment. Le jeune chargé de mission parisien termine sa présentation devant la salle (des directeurs travaux ou finances dans des offices HLM de l'est de la France). Silence pesant. J'ai fini par dire à peu près ça : "Donc, si j'ai bien compris, on n'aura plus le droit de faire de pavillon, ni même du petit collectif. Il faut que ce soit des barres de quatre ou cinq étages. On doit limiter les grandes ouvertures, donc plutôt des fenêtres minces, des meurtrières quoi. Et aussi, pas de parking pour les résidents. Donc d'un côté, on nous demande de dépenser des millions pour démolir les quartiers des années 60 et 70. Mais de l'autre, vous voulez qu'on reconstruise la même chose en pire." Réponse de notre orateur : "C'est à peu près ça."
    7 points
  15. Pourquoi tiennent-ils la route ? Réponses en vrac : - la viticulture est la seule pratique agricole où l'on sait maintenant que pour faire des produits qualitatifs il faut baisser les rendements, en passant en biodynamie, beaucoup de vignerons qui faisaient du classique avant voient leurs rendements baisser parce que les vignes se font détruire en biodynamie...ce qui augmente la concentration en sucre dans les raisons et donc la qualité du vin. Rien à voir donc avec la biodynamie, on obtient la même chose en faisant des vendanges en vert (tradition bourguignonne des grands crus : pas plus de 7 grappes par pied de vigne). - le passage des tracteurs et des engins lourds est une catastrophe pour les vignes, ça tasse les racines, l'utilisation d'un cheval en biodynamie supprime ce problème, encore une fois rien avoir avec la lune ou les poudres de perlimpinpin. On commence d'ailleurs à voir apparaitre des tracteurs très légers dédiés à la vigne, aussi légers qu'un poney. - on sait aujourd'hui que plus le sol des vignes est riches en micro éléments et en bactéries, plus le vin est riches et complexes en gouts, en supprimant les produits phytho, on augmente la vie microbienne (études à l'appui) et on augmente la qualité du vin, encore une fois, c'est un effet de bord de la biodynamie mais pas un effet de la biodynamie ; on peut faire exactement pareil sans prier la lune. Je pourrais multiplier les exemples, et plus largement, les pratiques bio/biodynamie ont obligé les vignerons à faire attention à ce qu'il se passe dans les vignes et à revenir à un vieux précepte important : le bon vin se fait a la vigne et non pas au chai. La biodynamie oblige les vignerons à sortir arpenter leurs terres et à faire attention, mais on peut faire pareil sans poudre de cornes de vaches, encore une fois ce n'est pas les recettes de biodynamie qui fonctionnent ou "qui tiennent la route", c'est une pratique différnete qui pourraient se faire sans ça. Le seul truc qui amène peut-etre une différence, ça se discute actuellement, c'est l'utilisation de silice bien que les doses soient sans doute trop légères pour avoir un véritable effet. Enfin, les gouts des consommateurs ont changé, plus personne ne veut boire aujourd'hui des vins ultra concentrés et très travaillés dans les chais avec moultes pratiques oenologiques "dures", la mode et les gouts osnt sur les vins plus léger, plus fruité, moins travaillé, "nature", ... et là encor ela biodynamie tire son épingle du jeu mais pas pour ses qualités intrinsèque mais parce que ça produit des vins qu'on aime en 2020 et qu'on aimait pas en 1990. Je termine quand même sur autre chose, on sait aujourd'hui que la clef dans les vignes et le vin est le travail du sol : léger et sans labour dur et avec enherbement ; les vignerons qui travaillent de manière classique (avec produit phyto) mais avec un travail du sol léger et un enherbement ont un sol plus qualitatif sur certains aspects (population ver de terres par ex.) que les bio qui passent le tracteur et le labour profond, qui détruisent leurs sols (sans oublie ceux qui bombardent de bouillie bordelaise, soit du métal lourd...). Et l'enherbement fait aussi partie des pratiques de la biodynamie, ainsi que le labour léger à cheval. Donc encore une fois, les gens qui font de la biodynamie disent "ça marche" mais ce n'est rien d'autre qu'un immense post hoc propter hoc (d'ailleurs aucun vigneron ne fait de la biodynamie quoi qu'ils en disent, ce qu'il font, c'est piquer ici et là 5 ou 6 recettes et whalou). C'est tout. Il n'y a rien d'autre à comprendre, on pourrait faire pareil sans faire chier une vache dans une corne et sans clouer une chauve souris sur une porte. C'est juste que depuis 20 ans on commence à mieux comprendre comment travailler proprement en vigne. Et j'insiste encore sur les vignes, on a jamais vu un producteur de tomates faire de la biodynamie et pour cause (un vrai producteur je veux dire, pas 2 hippies qui font mumusent dans le fond du Gard), quand il aura perdu 80% de sa récolte (comme on le fait pour le vin), il ne recommencera pas (le vigneron, oui). Tout ça n'est possible que parce que le raisin une fois en bouteille se vend 20€ le kilo (le prix moyen d'une bouteille de vin biodynamie), aucun autre fruit ne se vend ce prix là ; on ne verra pas de biodynamie à 4€ la bouteille, et pour cause... un cheese-bacon burger est sans doute 10x meilleur pour la santé
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  16. Les Français : « Vive les entreprises familiales ! » Les français aussi : « Non aux fortunes héritées ! » Les Français : « Non au consumérisme ! » Les Français aussi : « Il faut relancer la consommation ! » Les Français : « Il faut consommer local ! » Les Français aussi : « Non à une nouvelle entreprise dans ma ville ! » Pays de débiles.
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  17. zyva Fmas, si tu ponds un article, je peux repasser dessus pour un truc écrit à deux mains bien saignant. Ca commence à devenir ultra-néo-nécessaire.
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  18. (wayto t’a tué ma soirée ^_^) Bien que je n'ai qu'un background assez mince en architecture aéro, voici selon moi une liste des problèmes techniques que l'aéronautique aurait à dégrossir avant de proposer un avion CIVIL grande capacité propulsé avec une source hydrogène. En exemple ci-dessous plusieurs dimensions qui laissent à penser que contrairement à certaines déclarations de presse, les designers d'avions civils auront certainement affaire à un défi technologique important: - La taille de la bombonne et ou la mettre. - L'avion autour. - Quelle techno de bombonne, 700 bars ou -253 °c ? - Design parlant, c'est facile ou c'est dur de rentrer une bombonne dans un avion? - La proposition business et l'utilisation au quotidien pour les compagnies. - Les particular risks, et les moteurs précisément. - D'ailleurs ils vont où les moteurs ? (On ne demandera pas s’ils existent … :p puisque selon la coutume il faut d’abord un moteur pour faire un avion… ) - L'EASA et la FAA qui vont recommencer du début, frileux comme ils sont actuellement, surtout depuis le 737 max ... - D'un point de vue certification ça ressemblerait à quoi comme travail ? Je passerais sur la "facilité" d'amener de l'hydrogène au pied d'un avion, car je n'ai pas idée de la méthode, même si je doute un peu du rendement nécessaire pour pressuriser ou refroidir les volumes nécessaires à l'aviation civile. J'imagine que les éoliennes feront de l'électrolyse le week end quand elles ne seront plus occupées à remplir les voitures électriques... Quelques idées des temps et volumes: Aujourd'hui un avion de la famille A320 (spoiler alert : ne rêvons pas, on ne pourra pas prendre plus gros comme comparateur) consomme dans les 20 tonnes de carburant sur son range maximum, 7000km plus un poids à vide d'environ 40 tonnes. On note que 7000km ça suffit à traverser l’atlantique depuis que les autorités sont d’accord, accord qui a couté 2 programmes à Airbus, mais passons. On parle ici d'un avion dont les paramètres de masse, moteur, consommation générale et utilisation compagnies sont optimisés continuellement depuis 35 ans. La recherche de réduction de poids est d'ailleurs devenue tellement compliquée qu'on en trouve simplement plus: il faut payer trop cher en design et fabrication pour réduire le poids des avions, ce n'est juste plus rentable. Les technos nouvelles, qui ne sont pas sur ces vieux avions, n'aident que peu au final: le 3D print n'a que peu d'applications, surtout qu'il n'est pas certifié pour les métaux en aéronautique, et le carbone laisse passer la foudre et crée un véritable casse-tête de design avec de la structure additionnelle et de la haute résistivité de partout, et en plus c'est très cher à fabriquer et à maintenir. (Il parait que le fuselage aime pas la grêle ….) Dans les 20 tonnes de fuel on a coutume de penser que 40% sont cramés au décollage. Ce n’est pas tout à fait vrai, puisque c'est en fait le type de destinations qui prime sur le reste: on peut très bien ne pas remplir un avion sur une petite distance. Les compagnies ne le font pas, pour gagner en rotations: hé oui sur des vols de type A320, un avion au sol perd instantanément de l'argent, il faut le faire partir au plus vite. Aussi la rotation au sol s'effectue maintenant en dessous de 45 minutes, (sortie des passagers/nettoyage/remplissage/initialisation du vol) ce qui est plus de temps que pour remplir le réservoir, qui prend au moins 45 minutes. Aussi les compagnies remplissent l'avion à plein même si elles n'ont pas besoin du fuel pour un Paris-Nice qui ne nécessite qu’un 7ème du range max: ça fait gagner du temps de remplissage en journée, tant pis pour le surpoids. (chut il faut pas le dire, ça donnerait du grain à moudre aux écolos) C'est donc une première info importante: pour que l'avion hydrogène soit rentable par rapport aux avions actuels, il doit rentrer en compétition avec une rotation de 45 minutes, puisque ces avions seront assurément en compétition sur le court courrier uniquement, au vu de la suite. Il faudra donc vérifier que le remplissage de la bombonne se fasse en moins de 45 min, ou que l'avion puisse faire de multiples rotations avec un remplissage. Concernant la bombonne, je n'ai pas de chiffre précis en tête, mais les quelques documents lus par ci par là laissent à penser que le réservoir serait 4 à 6 fois plus important que les réservoirs actuels, H2 étant 1000 fois moins dense que le fuel, qui l'air de rien à une particularité dévastatrice: il est liquide a pression atmo et 20 degrés. Ce n'est pas le cas de l'hydrogène, il faut compresser le gaz ou refroidir à l'état liquide, pour rentrer dans une taille raisonnable, taille qui serait 6 fois plus grande à équivalent de litres si on met en surpression, ou 4 fois plus grande si on met en basse température. A première vue, l'aéro va faire le choix du liquide, la raison est simple: le poids, et la plus petite taille possible. Dans un premier cas, la bombonne devra tenir un bar de pression, ( ou moins si pression negative) dans l'autre 700 bars. Tenir 700 bars sur de tels volumes, c'est juste une utopie, la bombonne pèserait des centaines de tonnes, et à la première fuite , on se retrouve sur la lune. donc -253° it is. Comme sur les fusées, quand ça vole, c'est froid. Le problème c'est que -253° c'est vraiment froid, il va falloir éviter les fuites et maintenir le tout à pression constante, donc ) contrario des reservoirs actuels ou on met du fuel dans les ailes, la géométrie va être simple: (encore plus si pression négative) Il n'y a donc pas de raison que ça soit pas un cylindre. Et ça, ben c'est un peu le début des grosses grosses emmerdes. Actuellement, pour rentrer les 20 tonnes de fuel, on remplit déjà les ailes, puis la partie entre les ailes, puis on ajoute entre 2 et 4 reservoirs additionnels, à condition que les compagnies poussent à la réduction du nombre de valises. Ici on parle d'un volume à minima 4 fois plus gros. Donc 80 tonnes en terme d'équivalent volume: 1 kg de fuel c'est a peu près 1.2kg d'eau donc faut ajouter 20% soit 25 mêtres cubes. Donc on doit trouver 100m3 pour que l'avion, a masse égale, et a rendement moteur égal (qui n’existe pas d'ailleurs, ce moteur, mais passons) parcoure le même range avec le même nombre de passagers. Notez qu'à ce moment-là on n’a pas ajouté le poids de la cuve, par contre on a pas enlevé les ailes ^^. On supposera pour se faciliter la vie que la géométrie de l'avion sera grossièrement la même, une saucisse avec des ailes au milieu. Il y a bien une aile delta sur les photos de temps en temps, mais au vu de la galère sur un design qu'on connaît, je n’imagine pas si on en prend un qu'on connaît pas. Donc 100 m3. L’avion fait 35mètres de long en moyenne, on enlève un peu devant et un peu derrière, il faut donc une section de 3m², et donc 1 mètre de rayon. A première vue, on ne fera pas une ballaste de 35 mètres sous les ailes qui ne font pas 2 mètres d'épaisseur et qui bougent, donc on va la mettre dans le fuselage. Voyons: Aieaie, ça va pas être facile-facile à rentrer. Surtout qu'il n'y a pas que du carburant dans une soute, il y a des valises, il y a de l'hydraulique, des calculateurs énormes, un tout petit système de ventilation qui doit ventiler un avion entier en 3 minutes, et ..... UN MOTEUR, les gens n'y pensent pas mais les avions ont 3 moteurs, pas deux: si les moteurs se coupent, il faut quand même de l'électricité gérer l’avion qui planne et avoir de l'air pour les gens et des freins, donc il faut un moteur électrique annexe. ON est gentil on ne demandera pas s’il s’alimente à l’hydrogène, pour froisser personne. Il y a aussi un tout petit détail: les ailes. Ça ne se voit pas de l'extérieur, mais la structure cubique centrale, qu’on appelle bêtement le centre wing box,, qui relie les 2 ailes et qui est un réservoir, est l'endroit qui prend évidemment le plus cher dans l'avion: elle laisse passer les efforts de la portance à travers le fuselage, et encaisse les atterrissages.. Ce truc est très lourd, se déforme dans tous les sens pendant le vol (vous le savez peut-être pas mais les fuselage d’avions sont plus proche des knackis que des saucissons secs) et surtout ON NE LE TRAVERSE PAS, on ne fait surtout pas un trou de 2mètre de rayon dedans. Ceci est donc un problème, il n'y a aura pas une bombonne, il y en aura deux car on ne peut pas traverser la voilure. il va donc falloir faire certainement plus petit, ou alors l'avion n'aura pas la forme d'un A320. D'ailleurs, on en a pas parlé, mais la cuve, elle ne risque pas d'être en bas. Car des fois un avion, ça peut ne pas atterrir sur ses roues, mais directement sur son fuselage, si un train d'atterissage reste coincé, ou si l'hudson passe par là. Et là, catastrophe. Il faut donc la mettre au DESSUS des gens, il faut donc 3 étages au lieu de deux. Ca commence à merder question « à masse équivalente » Donc il semble à peu près établi que si la géométrie ne change pas, l'avion ne fera pas la même distance, et ce pourtant si le rendement et le poids global sont égaux à un avion qui a 35 ans d'optimisations dans tous les domaines techniques possibles.... Maintenant remplissons une bombonne de 100m3 (enfin il est a peu près établi qu'elle ne fera pas 100m3 maintenant). Le Fuel rentre à 7 bars (sur une section de maximum 90mm, mais c'est pas très important) . Cette vitesse et ce diamètre sont dûs au fait qu'il faut quand même envoyer une bonne pression en entrée pour remplir vite, donc des pompes costaudes, mais aussi qu'après 7 bars le fuel commence à avoir une friction avec le tube, et qu'il se met à faire des décharges d’électricité statique dues à la friction dans le tuyau et.... ben boum. Donc on va rester sous 7 bars. Je ne connais pas les propriétés de l'hydrogène liquide a -253° mais déjà que 7 bars à température ambiante c 'est énervé, j'imagine 7 bars à -253°, les pompes vont se marrer. Mais gardons 7 bars. Donc le calcul est simple: ou la section du tuyau fait x 4 vu que le réservoir est 4 fois plus grand, ou il faudra bien plus de 45 minutes pour remplir. Hors 7 bars sur 350mm de diamètre, ça pousse pas mal. Il va falloir que les tubes encaissent, que les camions soient équipés etc, les pompes vont être épiques, puis il faut encore rentrer un truc super gros dans le fuselage... (+10 point au premier qui se demande « mais au fait ils viennent d’où les 100 m3 ? » ) Petit détail qui a son importance: l'avion est autorisé à être rempli partiellement de fuel pendant le remplissage passager, car l'avion est connecté du coté ou il n'y a pas les portes. Là on a le réservoir dans le fuselage, c'est donc niet d'avance, encore du temps en plus. Il faut donc connecter à chaque fois, temps en plus. Il faut respecter les contrôles de sécurités et faire toute la procédure, temps en plus. En résumé on a donc une bombonne qui rentre pas car elle est environ 3 fois trop grosse, et ce si on est très gentil, et un remplissage qui est 4 fois plus long qu'actuellement. Ca commence à devenir intéressant. Voyons un peu le reste. Dans une fusée l'épaisseur de la bombonne est très fine, mais malheureusement ca ne sera pas le cas ici: l'avion ne fait pas que monter sur l'axe Z, et il faut en plus qu'il ne fuit pas (car les passagers ne vont pas apprécier les -253°sui leur souffle au visage, vu que la bombonne est en haut). Ca veut dire: Une seconde bombonne autour de la bombonne, allez hop, on augmente le poids ou on réduit encore la bombonne. Et elle bouge bien cette bombonne ? car vu son poids il ne vaudrait mieux pas. Malheureusement, on va mettre donc mettre deux ballastes de 30 tonnes autour d'un cube qui en encaissait déjà 50 , il va falloir augmenter la résistance ... et donc monter le poids. Et il ne faudra pas que ça bouge. Malheureusement² un avion, structurellement parlant ca bouge. Vous pourrez trouver sur youtube des vidéos ou on se rend compte dans un long courrier que sous fortes turbulences, il arrive que les gens derrière ne voient pas devant .... car le plafond de devant est physiquement en dessous du plancher de derrière. Ca bouge, A CE POINT LA. (c’est d’ailleurs pour ça qu’on met des cloisons, si les gens voyaient les 70m dans un A380, ça leur filerait la gerbe comme quand on regarde le désaxage des rames de métro) Je résume donc, on va vouloir installer des bombonnes pas lourde pleines de tonnes d’H2 (surtout qu'il y en a une dans l'autre) dans un avion ou entre le devant et le derrière de la bombonne cylindrique de 1mètre de rayon il peut y avoir ... 1 mètre. le tout en gardant -253°, sans fuite. EZ PZ. -253° dont on a pas parlé de combien d'energie il faut pour le maintenir ... la ou on ne maintenait pas la témpérature du fuel. Il faudrait pas un pti moteur d’ailleurs ?! Mais attendez il y a plus fun. Les P. R. A. Les PRA ou particular risk analysis, sont tous les cas de casse critiques qui mettent en danger direct un avion. Il y a le feu, il y a des blagues très drôle genre maman qui jette une couche dans les chiottes (le cauchemar du commandant de bord ca, annoncer que les toilettes ne marchent plus pour les 8 prochaines heures à 200 personnes), ou un moteur qui casse, ou un pneu qui pête, ou un avion qui se prend un oiseau, ou un très gros trou dans la carlingue, ou un avion qui atterrit sans trains, comme dit plus haut. Il doit y en avoir une bonne vingtaine. (ce post n’est pas pour les gens qui ont peur de voler, j’aurai sans doute dû le marquer au début J ) Un bon design, c'est donc au moins un design ou aucun PRA n'en croise un autre. Par exemple, disons, à tout hasard, qu'un moteur casse. Une pale est éjectée vers l'extérieur .... éjection qui se trouve être en plein dans la direction du fuselage. Bon premier point, sur cette pale touche l'autre moteur, j'ai une mauvaise nouvelle, mais je ne crois pas que ce soit arrivé dans l’histoire de l’aviation civile récente. Mais disons qu'elle ne fait que scier en deux 5 ou 6 passagers (ne vous asseyez pas à plus ou moins 2 mètres de l'axe moteur , seriously) car ces pales sont considérées inarrétable lors de la casse, au vu de la vitesse de rotation. Bon, il se trouve que maintenant, par-là, se trouve aussi la bombonne, qui non contente de devoir rester pressurisée, est le seul et unique réservoir de l'avion.... bref. Pas de bombonne près des moteurs: donc moteurs à l'arrière, et encore moins de range. Moteurs à l'arrière ? Moteur auxiliaire pas à l'arrière. Encore une fois moins de distance possible. Notez qu'on a géré qu'un PRA, il y en a 20: loin des pneus, loin de l'hydraulique pour les freins, pas en dessous de la cabine, et... mais au fait ça serait pas devenu un PRA cette bombonne ? 🙂 L'avion ressemble donc de moins en moins à un avion actuel. Pour donner une idée des problèmes de design annexes, la liste des paramètres indiscutable donnés par les autorités comme l'EASA pour dessiner un tube de carburant fait .... 400 lignes. Pas de foudre, pas de fuites, pas de charge électrique, pas d'efforts sur le tube, rien doit toucher le tube, rien ne doit être à moins de 25mm de distance au cas où le tube se déforme, les simples tresses de métallisation pour éviter la foudre ont 50 lignes de paramètres. (exemple: pendre vers le bas pour éviter le frottement, ne pas se prendre les pieds dedans si au sol, les doubler au cas ou une des deux casse) etc. etc. On parle de tubes de 1 mètre par 90mm de diamètre. Imaginez si on parle d'un tube de 30m par 2m. Bref, un aperçu d'intégration d'une simple bombonne qui tourne au casse-tête, et tout autour prendra la même ampleur: la structure : poubelle, on recommence de A à Z. Même l'in flight Entertainment (les télés) vont prendre super cher, le calculateur central rentrera plus On a parlé des dizaines de kilomètre de câble électrique autour ? Bref, du sport, mais c'est presque anecdotique à côté de sa source hydrogène à gérer. La coutume du fuel c'est de dire que si ça ne vole pas depuis le concorde, on le monte pas. Heureusement, ce n'est pas du fuel Pour résumer, ça ressemble de plus en plus à un avion qui porte 70 passagers au lieu de 200, qui fait 1500km au lieu de 7000, qui a besoin de 2h de refuel par arrêt obligatoire au lieu de 45 min facultatives. Il faut que les avions aient un taux d'effectivité de minimum 98% (car le 320/737 en ont 99, c 'est à dire une heure de retard toutes les 100 heures) et qui concurrence un marché ou les low cost actuels vendent des places à 40€. Et il va falloir 20 ans pour le faire, et la compétence n'existe pas sur le marché du design, sauf chez airliquide, qui fait des bombonnes qui restent ancrées au sol. Et enfin, last but not least, si on exclut le 737max et les facéties de boeing, l’aviation civile a fait 0 morts pour problèmes techniques les 3 dernières années, il y a donc un standing. Mais bon il paraît que ce n’est pas un défi technologique majeur. TL ; Dr : c’est mal parti pour rentrer ça en 15 ans…
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  19. Je démarre un nouveau thread pour répondre à ta question et ce, afin de ne pas polluer l'autre. Bon, en quelques (longues lignes), l'explication de P. Raynaud (complétée par Wikipedia. Je sais, ce n'est pas très sérieux mais cela ne concerne que des points mineurs). Attention, un wall of text se cache dans le spoiler ci-dessous, on attache donc bien fort sa ceinture ! TLDR : tout ça est bien compliqué, même moi je m'y perds. Il faut juste retenir qu'au final, c'est rien que de la faute de Trotski et de ses analyses foireuses. Si certains ont des infos complémentaires ou des corrections à apporter, qu'ils n’hésitent pas.
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  20. J'allais ajouter (mais tu le fais plus bas) que les conseils citoyens tirés au sort ont une place centrale dans le dispositif visant à contourner les institutions. Ils permettent d'aboutir aux conclusions des dirigeants au nom du peuple, qu'ils "représentent". Et effectivement, sous certains rapports, ils le représentent bien mieux dans ses différentes composantes statistiques que ne le font les scrutins avec leurs circonscriptions et/ou leurs listes. Mais ils le représentent uniquement quand on prend la population comme une masse anonyme, et par le simple fait qu'ils ont le même petit camembert des âges et des csp que la pop totale. Mais ça nous fait oublier que c'était en tant que société d'individus autonomes que le peuple était sensé être représenté dans nos systèmes politiques. On est subrepticement en train de passer d'une conception de la représentation que l'on pourrait qualifier de "linguistique" à une autre, "picturale". La linguistique est sur le même mode que la représentation du signifié par le signifiant dans le langage, elle est purement conventionnelle, et n'implique pas une ressemblance stricte de l'un et de l'autre, voir même, pas de ressemblance du tout (les grands penseurs de la représentation, Siéyès, Constant, Tocqueville, etc, n'attendaient surement pas des représentants qu'ils soient de simples messagers de l'opinion de la foule, sans pensées propres), mais elle repose justement sur ça : une convention, c'est à dire, un accord entre les membres d'une communauté d'interlocuteurs. Elle suppose une lucidité concernant le fait que l'élu sera toujours nécessairement un individu singulier, et non une pure émanation de l'électorat (d'où la nécessité de limiter son pouvoir). La picturale au contraire pense la représentation sur le mode de la peinture ou de la photographie : il s'agit d'une prétention à la ressemblance objective, exacte, voire au trompe-l'oeil. Mais bien entendu, ce n'est jamais qu'une illusion, puisque même la meilleure des photos n'est jamais qu'une seule perspective, monofocale, sur un certain moment, à travers un certain dispositif (argentique ou numérique, etc), qui ne dépasse pas les bords d'un certain cadre, etc. Cette nouvelle vision de la représentation fonctionne doublement en tandem avec le nouvel autoritarisme : D'une part, aussi tôt que les citoyens tirés au sort ont été "informés" correctement (et donc, par les scientifiques d'état), ils fournissent une légitimité encore plus grande au décideur que ne le ferait une élection, puisqu'ils "représentent" (mais en ce sens différent) encore mieux le peuple. D'autre part, l'exactitude de la représentation picturale repose sur un dispositif technique lui-même mis en oeuvre par les scientifiques d'état. Les décideurs et leurs techniciens deviennent donc à la fois ceux qui décident de ce que vont dire les représentants du peuple, et à la fois ceux sans lesquels la représentation, et donc, l'expression de la population, ne peut pas avoir lieu. Tout ceci reposant bien sûr sur le fait que le peuple soit pris, et accepte d'être pris, comme une masse, comme un agrégat mou, et non plus comme une société d'individus libres en relation les uns avec les autres.
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  21. tu confonds être libre avec être caché. Le politique y est moins regardant pour un tas de raisons, mais pas parce que t'es plus libre, si l'état avait les meme possibilités d'action et de contrainte, tu serais moins libre. je ne sais pas moi, lisez un bouquin sur l'histoire des villes, le Benevolo est très bien les villes sont les lieux de pouvoirs, les campagnes ont toujours été à l'écart, donc oui, on est "plus libre" dans le sens où le regard s'y porte moins mais on est pas plus libre au sens libéral, confondre les deux est au moins aussi terrible que confondre liberté et capacité chez les socialistes . Et les campagnards ne sont pas moins étatistes que les urbains, ils le sont juste dans un sens qui vous choquent moins. Si les révolutions libérales étaient venues des campagnes, ça se saurait, l'histoire ça ne sert pas qu'a faire joli. Le libéralisme est une théorie politique et juridique issue de la bourgeoisie urbaine. Les campagnards ne sont ni plus ni moins libéraux que les urbains. D'ailleurs "les campagnards" ou "les urbains" ça n'existe pas vraiment tant il y a des variations. Qu'il existe des différences politiques sensible n'est ni nouveau, ni le début ou la fin de quoi que ça soit (Bénevolo again), et encore moins une bonne (ou une mauvaise) nouvelle pour le libéralisme. La ville contre la campagne et vice-versa ça a 5 000 ans d'histoire. Pas 25. De toute façon le libéralisme n'a plus sa place dans la société contemporaine, en fait je pense meme qu'il ne l'a jamais eu, il n'y a jamais eu de société libérale et il n'y en aura jamais, le libéralisme est une utopie politique et, je l'ai déjà exprimé plusieurs fois sur ce forum ; le libéralisme est au mieux un garde fou intellectuel pour les dérives politiques, une sorte de laisse sur laquelle il faut parfois tirer (ou il faudrait parfois tirer). Tous les libéraux qui rêvent d'un paradis libéral caché ou idéal que ne font que détruire les vilains socialites me font penser à ces socialistes qui ne font que rêver d'un paradis socialiste caché ou idéal que ne font que détruire les vilains libéraux. Fonctionne aussi avec les écolos. Et tous ces groupes ont les même discussions : ou vivre, ou s'expatrier, a quand un vrai politique de gauche/libéral/écolo, les meme forums, les meme déprimes psychologiques, les meme catastrophismes. Moi aussi je rêve d'un jour retourner à la campagne : une ferme en pierre ardennaise, une cour carrée, un terrain de x hectares avec barrière et murs de pierre, trois ou quatres molosses, un fusil, un potager et foutez-moi la paix. Moine, mais sans m'emmerder avec Dieu et les prières. Mais j'appelle pas ça être libre, j'appelle ça me libérer des connards contemporains, du monde qui m'emmerde et des autres, mais libre, non. Vivre caché c'est pas vivre libre, je ne confonds pas les deux. Je me retire du monde. Mais libre dans 5 hectares privés, c'est pas "être libre" dans l'absolu, mais bon... Un jour, peut-etre.
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  22. Oui l'argument de l'ONU à propos de Mayotte c'est quand il y a un référendum tu ne peux pas choisir des morceaux de la taille qui t'intéresse. Comme si pour une indépendance le colonisateur gardait des villes voir des quartiers qui ont voté non. Mayotte a beaucoup de soucis. Déjà à l'indépendance il y avait 30 000 habitants sur l'ile. Maintenant on est proche du demi million, c'est plus de x10 en moins de 50 ans. Sur 376km². Comme plus de la moitié de l'ile est classé en réserve naturelle ou forestière, il y a de gigantesques bidonvilles qui se sont développés. Aussi, la tradition immobilière maoraise ne permet pas de supporter une aussi grosse démographie : Les adolescents se construisent une cabane et les pères construisent des maisons pour leurs filles à marier. La gestion des terres et leur inclusion dans le droit français a été catastrophique, imaginez la corruption qu'il y a quand un élu à le pouvoir de retirer des terres a des agriculteurs parce qu'ils n'en ont pas les papiers ou que le cadi (juge musulman) qui a acté la succession est mort, pour les donner à leurs potes. Le principal soucis c'est l'insécurité, la violence. C'est difficile de déterminer précisément les causes : pauvreté et inégalités (mais les Comores sont encore plus pauvre et ils n'ont pas ce problème), sentiment d'injustice et déception (quand les jeunes envoyés par leurs parents se retrouvent à survivre dans un bidonville alors qu'on leur avait promis la vie facile chez les riches), rupture générationnelle (l'éducation à l'africaine où n'importe quel adulte se doit de corriger n'importe quel gamin quand il le voit faire une bêtise n'est pas très efficace dans des villes à très forte densité de population) mineurs isolés sans papiers (3000 recensés, probablement le double en réalité) qui vivent dans la rue avec ce que ça implique de violence. Mais la principale raison, et c'est celle qui est mise en avant par les gréviste, c'est l'incapacité totale de la police à assurer ses fonctions les plus basiques. Ils sont en sous nombre, une grande partie est là pour des missions de un an, parfois 3 mois. Aussi le système judiciaire métropolitain n'est pas adapté du tout à ce type de population. La prison ne fait pas peur, trois repas assurés par jours c'est une perspective alléchante pour une grande partie des jeunes délinquants. Aussi, au niveau du sous effectif de la police, la raison pour laquelle la grève ne s'est pas arrêté suite aux déclarations de la ministre c'est parce qu'elle a promis 16 malheureux postes, ce qui ne rempli même pas les promesses non tenues pendant les grèves de 2016. Après, il y a aussi de gros problèmes structurels : administrations pléthoriques, surpayées et inefficaces (ce qui est parfois un avantage mais pas tout le temps) infrastructures dans un état lamentable, manque de moyens scolaires (les écoles primaires c'est des cagibis sans eau sans électricité, sans livres, sans crayons avec des profs qui parlent à peine français) Au niveau de l'immigration, c'est bien sur un problème, bien moins grand que ce que les maorais veulent faire croire. Quand une entreprise ne peut pas ouvrir parce que son employé s'est fait attrapé et expulsé la veille au soir (la paf ne respecte aucune procédure légale, ils font absolument ce qu'ils veulent) c'est toute l'économie de l'ile qui en pâtit. Et c'est plus facile d'attraper un père de famille qui bosse qu'un jeune délinquant dans une bande armée. La grève fait suite au droit de retrait des chauffeurs de bus scolaires, qui se faisaient caillasser et a la fermeture de collèges et lycée suite à de fortes violences : dans le lycée d'un ami une bande armée est arrivé dans l'après midi et s'est mis a défoncer les élèves, un s'est pris un coup de machette au crane et a du être envoyé à la réunion par hélicoptère. Ici je pense que ce sont des guerres de gang qui attisent les rivalités entre villages et qui dégénèrent. Dans le lycée de mon ami il y avait 1600 élèves et trois agents de sécurité. Dans le collège ou je suis, juste a coté du deuxième plus gros bidonville de l'ile, comme il y avait eu les années passées beaucoup de violence pour 1800 élèves il y a une douzaine d'agents de sécurité (des médiateurs on appelle ça), une 30ne de pions et des rondes journalière de la police qui viennent prendre la température. Des milices se mettent en place dans les villes, ce qui laisse craindre que ça dégénère, je sais que ça ne va pas faire plaisir aux anarcaps mais elles ont déjà commencé à procéder à des expulsions sommaires dans quelques quartiers et ca risque surtout d'un un moyen d’extérioriser le racisme contre les comoriens. Sinon l'ile est complètement bloqué, les barrages routiers laissent à peine passer les ambulances, les médecins ou les pompiers. Pénurie d'essence, les magasins se vident, beaucoup d'entreprises commencent à être au bord de la faillite et il commence à y avoir de grosses tensions entre les grévistes, barragistes et le reste de la population qui n'est pas fonctionnaire. Moi ça va, je suis en vacances payées, je vais donner quelques cours de temps en temps au collège a coté de chez moi car le mien est inaccessible. Sinon la ministre des outre mer à promis "plus d'Etat" (la phrase qui fait tremblé tout libéral) à mayotte et il est très probable que ça se traduise uniquement par plus de plantons pour contrôler les cartes grises et les excès de vitesse, de services d'hygiène qui vont contrôler les licences ou les magasins non déclarés et que les vrais soucis soient complètement ignorés.
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  23. AMA en gros La base arrière des sjws, ce sont les facs, et la culture diffuse qu'ils ingurgitent est la chair même de l'identity politics. Sur les contours de ce dernier courant théorique et pratique : https://plato.stanford.edu/entries/identity-politics/ On peut effectivement se poser la question de savoir si les assos militantes qui organisent les campagnes d'intimidation sur les campus ont lu directement les grands auteurs, ou, plus simplement, comme la plupart des étudiants, se contentent de leurs cours et de digestes pour occuper leurs esprits. N'importe quel étudiant en droit par exemple est plus ou moins positiviste sans pour autant avoir lu Kelsen dans le texte, parce qu'il s'agit de l'idéologie diffuse de la discipline. Ils y a des profs mégalos et des militants attentistes : chez certains profs, en particulier chez les marxistes et plus généralement à l'extrême gauche, il semble avoir un besoin de donner à son travail un sens politique. Certains crackpots pensent leur travail comme la traduction intelligible de phénomènes sociaux profonds qu'ils ont la capacité de rendre public et de mobiliser. Je pense à des types comme Bourdieu ou Butler, qui se voient comme les portes-paroles de l'avant-garde d'une catégorie sociale opprimée. Les militants attentistes seront ceux qui seront capables d'extraire des débats théoriques des positions politiques pratiques pour défendre des intérêts collectifs particuliers (éventuellement monétisables). Si les identités collectives pourrissent le débat, c'est parce qu'il y a un marché de la passion identitaire qui marche, et que certains entrepreneurs politiques peuvent en tirer profit en appuyant sur les bonnes cordes. Ensuite les grandes universités forment les élites politiques et culturelles, ce qui fait qu'elles se diffusent auprès de la classe discutante pour innerver l'ensemble des élites. https://medium.com/incerto/the-intellectual-yet-idiot-13211e2d0577 Je suis en train de lire le dernier Taleb sur les asymétries quotidiennes cachées : il y a un chapitre qui rejoint un peu ce que dit Poney sur la révolution. Il s'intitule : "c'est le plus intolérant qui l'emporte" : il suffit qu'une minorité intransigeante atteigne un niveau relativement faible pour que la totalité de cette dernière doive se soumettre à ses préférences. (pourquoi ? Parce qu'il est moins coûteux pour une majorité indifférente-ou plutôt flexible- de se conformer aux desideratas de la minorité que l'inverse). On peut imaginer que c'est comme ça que se sont diffusés les messages les plus wtf des cultural studies non seulement à la fac, mais aussi au sein des élites anglo et dans l'industrie du spectacle, de l'information et de la variété. Le risque, c'est l'intolérance idéologique au sommet, le cléricalisme progressiste, la pétrification des débats et des disciplines, le divorce encore plus prononcé entre le peuple et ses élites (avec les risques que cela peut faire courir), la dilution des principes du gouvernement représentatif, l'extension du domaine de la superstition vertueuse sur la réflexion, la transformation des élites en fragilistas pénibles, le sacrifice de la recherche de la vérité au nom du ressentiment collectiviste, etc. Maintenant soyons clairs sur une chose, ce qui est inquiétant là-dedans, ce ne sont pas les débilos qui font une vid sur youtube ou les connards qui twittent des mongoleries d'un enfant de 5 ans mais plutôt certains phénomènes de sidération collective qui révèlent la pénétration des idées débiles dans les couches supérieures de la société. C'est le moment Caitlin Jenner aux USA : il y a quelques années la pression médiatique était telle aux usa qu'il était impossible de critiquer CJ dans les medias sans passer pour un affreux. Il y a eu une sorte de moment orweillien assez bien saisi par ailleurs par South Park (le trumpisme est d'ailleurs l'un des retours de bâton de cet esprit moraliste agressif qui ne supporte pas de contradiction) http://southpark.wikia.com/wiki/Caitlyn_Jenner Le collectivisme moral des groupes divers et variés qui constituent le panthéon swj menace la liberté d'expression, s'en prend à la science quand elle n'est pas conforme à ses aspirations, et promet d'être le plus gros aspirateur à pognon public de ces prochaines années, parce que c'est au contribuable de payer pour leurs souffrances imaginaires et collectives, dire le contraire, c'est déjà être raciste, xénophobe, néocolonialiste, etc. Le poids de l'idéologie diversitaire largement portée par les élites, associé à la white guilt peut avoir des conséquences un peu plus douloureuses que de devoir se taper Lilian Thuram en expert de l'histoire de France. Eduquer les gens à être soumis au politiquement correct le plus pavlovien est aussi se résigner à être totalement servile. https://www.theguardian.com/uk-news/2018/feb/20/rotherham-sexual-abuse-victims-rises-to-1510-operation-stovewood
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  24. La méthode "je pose ma petite crotte et j'attends qu'on me la débunke, en espérant qu'un post passera au travers", ça devient franchement irritant et totalement pas respectueux des gens sur un forum. Quand on accuse littéralement quelqu'un (les fabricants de Pfizer) de tuer +50 000 "jeunes" (en prenant ton ratio de 3 pour 100 000 sur la population mondiale vaccinée), la moindre des choses c'est d'avoir un minimum backé son message. Mais bon, étant un peu con, j'ai regardé la vidéo en me disant, plein de bonne volonté, ça y est, les antivax du forum ont trouvé un truc fou, révolutionnaire. H16 insiste comme un malade pour qu'on checke la donnée, ça doit être de l'analyse de malade, je vais pouvoir arrêter de passer pour le rageux de service et voir la lumière moi aussi. Et bah en fait, le mec prend les courbes de mortalité de l'équivalent local de l'INSEE (jusque là ok) et dit que si la mortalité moyenne semble avoir augmenté en janvier pendant la période de vaccination, c'est que ça doit être la faute de la vaccination. Voilà. Waouh. Impressionné je suis. Conclusion du gars, la mortalité a augmenté en janvier, c'est en janvier qu'on a le plus vacciné, donc c'est la faute du vaccin. C'est littéralement le niveau de l'analyse. Je cite : "Les graphiques ci-dessous représentent le nombre d’injections reçues pour chaque tranche d’âge ainsi que le nombre de décès constatés pour chaque mois." Il aurait peut-être été intelligent de regarder en même temps s'il n'y avait pas un autre facteur qui jouait et pourrait biaiser la lecture. Par hasard, si ce n'était pas... la faute du COVID pour laquelle il y avait un surplus de mortalité en janvier. Hein, genre la base quoi. J'ai donc regardé. Oups. Oh bah zut, en fait janvier c'est le pire de la mortalité COVID. Ça c'est fou. Ça ne serait pas légèrement beaucoup malhonnête non ? Et ça décroit bien sur février et mars, de manière parfaitement cohérente avec ses chiffres de mortalité... C'est bien simple, cela suit parfaitement la courbe du nombre de morts COVID... Je me dis mais non, quand même pas, ce n'est pas possible qu'il ait ignoré cela, volontairement ou non. Je continue à regarder la vidéo. Arrive ce graph magique (repris d'un article inspiré de la vidéo) Commentaire de l'auteur : "Cette période d’octobre 2020 est d’ailleurs la seule pendant laquelle Israël a présenté une mortalité totale standardisée différente de l’habitude. Tout le reste de la période est comparable à la décennie. Nous ne pouvons malheureusement pas explorer plus loin ce sujet, n’ayant pas accès au nombre d’injections antigrippales réalisées sur la période.". Il s'interroge sérieusement sur ce deuxième pic, inexpliqué selon lui alors que le premier pic est expliqué dans cette réalité parallèle par la vaccination causant des milliers de morts. Bien évidemment la piste, c'est la vaccination contre la grippe qui tuerait. Évidemment hein, c'est toujours la faute du vaccin, c'est la règle. Curieux je suis, ne serait-ce pas encore encore tout bêtement COVID ? Je retourne à mon graph. Oups, c'est encore le pic COVID. Mais quelle surprise, donc en fait le raisonnement de YouTube man, c'est que il y a des pics de mortalité, dont un pendant la phase de vaccination. Pendant les deux pics tu as aussi un pic de morts du COVID d'après les stats officielles, mais non, ça ne peut pas être lié. C'est la faute, 1. à la vaccination 2. on ne sait pas. Pas au COVID... Qui a dit wishful thinking au fond de la salle ? Alors peut-être que j'ai tort dans ma lecture, mais je n'affirme pas quelque chose qui serait la news de l'année, sans avoir évacué une explication 10 fois plus logique. Ce que j'ai appris de plus intéressant en regardant cette vidéo en fait, c'est découvrir de nouveaux jeux de société dans la bibliothèque derrière lui.
    6 points
  25. Un thread twitter qui m'a bien fait rire : Le saviez-vous ? Au Panthéon, Paris en commun aurait planté 40 arbres dans sa précédente mandature C’est la carte qui le dit... si si! Alors à première vue ca ne saute pas aux yeux cette forêt urbaine grandeur nature.. il faut sans doute contourner le monument pour découvrir cette canopée, que dis-je ce poumon vert. En plus c’est l’occasion de (re)découvrir le site archéologique de Lutèce sous le règne de Caius Annus Betonnus Et là, au milieu des restes de l’ancien temple de la déesse Hidalgravas, on tombe nez à nez avec une des forêts les plus primaires de cette époque: la forêts de pots.. 100% inutile pour la nature, 100% utile pour gonfler les chiffres de la mandature Heureusement ce petit mensonge (car clairement ce ne sont pas des arbres plantés mais au mieux des arbres posés) est un cas isolé.. ah non ? Mais que sont ces 173 arbres plantés aux Halles ? Ce sont les arbres « RE »plantés après avoir tout rasé quelques années auparavant pour refaire la canopée. Non seulement, ils sont REcomptabilisés, mais en plus, notre grande cheffe de la canopée Roani Dalgo ne prend pas en compte le fait qu’ils sont moins nombreux qu’avant Mais grâce @EELVParis5 , je me suis intéressé à une petite comparaison entre la carte qu’on appellera désormais la carte « mensonge » et celle de Paris Open Data. Petit tour de chauffe à #ParisCentre: 41 arbres plantés selon la carte mensonge 26 arbres référencés Et là, bingo: je tombe non pas sur une forêt urbaine mais sur un domaine royal: 1200 arbres d’un coup en 2018. 6% du total de la mandature et ça sur une parcelle de la taille d’un parking. 1200 arbres, ca ne devrait pas échapper à ParisOpenData. Sauf que la forêt semble se faire discrète.. c’est bien simple, sur la parcelle du périphérique extérieure référencée par ParisenCommun comme le poumon vert de sa mandature, sa propre base de données parle de... 6 arbres ! Preparez-vous au choc, j’ai retrouvé la forêt. Notre rempart face au réchauffement climatique. Cette luxuriante verdure qui sauvera l’humanité: C’est la première forêt Miyawaki à Paris. Une forêt qui en impose: 400m2 (soit 2 fois la taille du bureau d’ @Anne_Hidalgo ) ET... 1200 PETITES PLANTES ??!! Donc en fait, il n’y a absolument aucun forêt plantée là-bas. C’est un champ de patates la forêt Voilà l’oasis en question Voilà donc résumé en 3 exemples concrets, 3 mensonges avérés de la municipalité: des arbres en pots comptés comme plantés des arbres comptés comme nouveaux alors qu’ils n’ont été que replantés une forêt de 1200 arbres qui n’en compte aucun Pour info, pour tout ceux qui croient encore aux pipeaux des faux écolos de la mairies: Sur les 170.000 arbres promis par la mairie, 100.000 seront de type forêt Miyawaki. Vous n’allez pas être emmerdés par l’ombre en été Merci d’avoir lu ce thread jusqu’au bout. Si vous aussi, vous voulez un vrai retour de la nature dans Paris, aidez-moi en soutenant mon projet #BudgetParticipatif: un grand jardin à République avec pelouse, sol débitumé, fontaines, kiosque et manège: https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=G&idee=331&from_url=/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=G&idee=331
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  26. Il y a aujourd'hui en France beaucoup d'entrepreneurs intellectuels libéraux qui font un travail important de recherche sur, approfondissement ou re-packaging et diffusion des idées libérales : - chez les libéraux que l'on dit ou qui se définissent comme "de droite", tu as par exemple Jean-Philippe Delsol ou Nicolas Lecaussin - chez les libéraux tout court, il y en a beaucoup : par exemple Cecile Philippe et Nicolas Marques (Institut économique Molinari), Olivier Babeau (Institut Sapiens), Pierre Bentata (essayiste), Christian de Boissieu (Prof. émérite Paris I), Nicolas Bouzou (Asterès), Jean-Marc Daniel (Prof. émérite ESCP), Laurence Daziano, Erwan Le Noan et Dominique Reynié (Fondation pour l'innovation politique), Francois Facchini (Paris I), Xavier Fontanet, Gabriel Giménez-Roche et Nathalie Janson (NEOMA Business School), Robin Rivaton (essayiste), Christian Saint-Etienne (économiste), etc. Mais si tu as en tête des intellectuels libéraux qui produisent véritablement de nouvelles idées ou qui défrichent de nouveaux champs, je pense que cela manque un peu en France en ce moment, le dernier étant de Jasay, hongrois mais ayant vécu en France. Il faut se tourner vers l'étranger, les Etats-Unis par exemple. La dernière grande innovation est peut-être la théorie des choix publics (1950s-60s). Les seuls trucs que je vois en un peu novateurs, mais qui ne sont pas de la production d'idées nouvelles per se, c'est : en sciences politiques (comment les réformes politiques libérales se font en pratique, livre, résumé) en histoire (naissance des premiers Etats, livre, résumé) il y a plusieurs libéraux qui se sont intéressés aux changements culturels, politiques et techniques des Lumières et à leurs relations avec l'émergence du libéralisme, elle et lui par exemple Si d'autres ont des pistes de vrais producteurs d'idées, je suis preneur.
    6 points
  27. On peut dire plein de chose de cette affaire. Déjà, comme d'autres l'ont noté ( @Rocou par exemple), ça vient de Merdapart : c'est donc totalement téléguidé. Comme par hasard, on apprend en parallèle que 15 députains socialistes - dont ce gros benêt de Cambadélice - se sont fait toper les doigts plein de confitures. L'enquête suivra, mais on distingue déjà la réponse du berger à la bergère. Donc oui, ici, on comprend qu'en amplifiant / relayant / commentant ces affaires, on sert la soupe à ce trouduc de Plenel qui méritera le lampadaire qui a déjà son nom. Certes. D'autre part, oui, c'est évident que nos élus s'empiffrent dès qu'ils le peuvent et font généralement preuve d'un mauvais goût de parvenu assez clinquant (le sèche-cheveu plaqué or de la pouffe de Rugy, c'est assez croquignolet, mais tout à fait typique de ce style gitan-manouche qui traverse les "élites" de la Nation à mesure qu'elles se recrutent dans un corps de plus en plus mafieux et crapuleux). De Rugy n'est pas le premier, n'est pas le seul, n'est pas le dernier. Enfin, oui, il y a bien une nécessité de faste pour les réceptions des hauts gradés de la République ce qui amoindrit le propos "ils vivent dans le luxe" puisque c'est justement leur fonction, de représentation, qui leur "impose" ce luxe. Bon. Ceci posé, - on peut, on doit goûter au plaisir de ces misères qui étreignent ces abrutis de politiciens qui ont joué, surjoué la partition de la morale et des bonnes moeurs pour se prendre le retour de bâton dans la gueule. Mieux : n'oubliez pas que Rugy et ses compères, ce sont des types qui expliquent partout que "s'il y a des pauvres, c'est parce qu'il y a des riches", dans la plus pure tradition du socialisme de jalouserie franco-français. Qu'il se prenne maintenant de plein fouet les chenilles de toute la colonne de tanks des médias sociaux est bien fait pour sa gueule de démagogue idiot : à force de répéter ces âneries, il a fini par en convaincre tant que ceux-là vont lui faire les tripes. C'est exactement le genre de leçon qui peut finir par porter dans la tête de ses comparses. - que l'affaire soit présenté par Merdapart ou d'autres n'y change fondamentalement rien, téléguidé ou non, il ne faut jamais louper une occasion de faire gicler un avorton comme celui-là du pouvoir. IL FAUT QUE LES POLITICIENS TREMBLENT, systématiquement, lorsqu'ils exercent le pouvoir. La main tremblante de Montesquieu, c'est pas du poulet et ça devrait occuper les esprits notamment de ceux qui écrivent les lois. De Rugy n'est pas le pire, mais justement : il faut en passer par là pour terroriser les pire aussi. Chaque pas dans cette direction est la bonne. Quand un Macron commencera à faire dans son pantalon à l'idée d'utiliser la CB de l'Elysée, là, on aura enfin un début d'espoir pour sauver le pays. On en est beaucoup trop loin. Un Rugy n'est qu'une petite étape. Il en faudrait beaucoup d'autres pour qu'enfin on se rappelle que ces gens sont des valets, pas des maîtres. - on pleurnichera très vite sur l'aspect "oui mais bon la vie privée de Rugy est passée au crible, c'est dur". Vite, parce qu'en réalité, ce type **a choisi** de devenir politicien. Il n'a pas dérapé malencontreusement sur les listes d'inscriptions dans les différents partis auxquels il a appartenu, il n'a pas présenté par hasard sa bobine dans les élections, il n'a pas agité ses subventions sous le nez des gogos votants pour être nommé ministre sur un coup de chance, un malentendu ou un concours de circonstance. Ce type, comme tous les autres, **a voulu** le sort en question : le homard thermidor, il voulait en croquer. Il l'a eu, et ça s'est su. Maintenant, il va falloir assumer, vindicte populaire comprise. Pour rappel, la transparence doit être nulle pour le citoyen et totale pour le politicien, parce que le citoyen n'a aucun droit et l'Etat, lui, les a tous.
    6 points
  28. J'avais pondu ça l'année dernière :
    6 points
  29. Libéral classique n'est pas synonyme de libéral modéré. Friedman est toujours cité à tort et à travers sur l'immigration. Je l'ai déjà expliqué à plusieurs reprises sur lib.org et CP : le propos de Friedman était une critique de la social-démocratie. Il ne visait pas à promouvoir un contrôle de l'immigration mais à souligner malicieusement les effets pervers de l’État-providence sur les libertés individuelles. C'était un argument pour montrer les incohérence de la social-démocratie, qui se prétend progressiste en matière d'immigration, mais dont l'application des principes aboutit à l'exact opposé à une politique autoritaire dans ce domaine. Friedman n'était pas un libéral modéré mais un libéral "pragmatique". Il considérait que les libertés économiques, politiques et civiles étaient indissociables. Son approche pragmatique était de gagner petit à petit des libertés économiques, considérant que les libertés économiques ouvriraient une brèche et que les autres libertés individuelles finiraient par suivre naturellement. Je ne connais aucun argument libéral classique en défaveur de la liberté de migrer. Aucun. En revanche, il y a de nombreux prétendus libertariens anarcho-capitalistes (en fait des droitards) qui mobilisent leur corpus théorique (à la suite de HHH) pour lutter contre l'immigration. Je rappelle par ailleurs que ce sont des principes libéraux classiques (et non des principes anarcho-capitalistes) qui ont permis l'espace Schengen, c'est-à-dire une mise en œuvre très concrète de la liberté de circulation des personnes au sein de l'UE.
    6 points
  30. Je vois qu'on est passé du mode "on critique la donnée" à "on attaque le messager". Classe. Partons du principe que je suis un agent infiltré de Pfizer / Véran / la bien-pensance, choisissez votre ennemi favori. Et donc, sur le fond maintenant : - En quoi est-ce faux de rappeler que faire des études de risque sur la base des données de pharmacovigilance, ça ne rime à rien ? On peut refaire pour la 5e fois la discussion, je peux ressortir encore la notice méthodo des études, pas de soucis mais oui lassitude il y a. - Ca vient d'où la connaissance du risque cardiaque sur les hommes jeunes à part de la pharmacovigilance ? Et les chiffres précis justement qui permettent 1. de confirmer l'ampleur limitée du risque (sur la base des informations disponibles) 2. orienter sur les meilleurs vaccins par classe d'âge 3. confirmer que le risque vaccinal est très inférieur au risque du COVID sur ces populations - Ca vient d'où à part des études "officielles" la confirmation sur la durée limitée apportée par la vaccination ? - "On nous ment". OK super, c'est quoi les alternatives ? La data devient miraculeusement propre quand elle dit ce que vous voudriez qu'elle dise ? Sinon c'est quoi la donnée propre ? Parlons-en, ravi d'avoir des exemples Il y a un monde entre : Partir du principe que la donnée est imparfaite, rester vigilant, checker toutes les nouvelles data et ajuster sa connaissance au fur et à mesure. Et dans tous les cas laisser chacun libre de son choix. Partir du présupposé "on nous ment, les vaccins tuent" et tenter de le prouver de manière obstinée, envers et contre tout Partir du présupposé très liborg "je suis contre l'obligation vaccinale donc je dois être contre le vaccin" et tenter de démontrer que le vaccin ne marche pas Ce n'est pas déformer la data pour lui faire dire ce qu'elle ne dit pas qui va aider à lutter contre l'obligation vaccinale. C'est l'inverse, ça nous rend inaudible, mêlés aux obscurantistes. Pourquoi Macron et tous les politocards se choisissent-ils comme ennemis les antivax à part parce que ce sont des ennemis faciles ? Personne ici ne part du principe que la science est une blanche colombe, que la data est 100% clean. Mais rien ne montre de manière crédible un risque vaccinal significatif avec ce qui est disponible actuellement. Il faut remettre l'église au milieu du village. Et c'est orthogonal à un positionnement sur l'obligation vaccinale.
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  31. Oui, c'est le magnifique système Suédois de prix bloquée qui fout le bazar dans le marché immobilier du pays. Comme il y a un prix fixé par l'état sous le prix du marché, les locataires actuels sont contant. Pour les nouveaux locataires il y a 10 ans (!) d'attente, ce qui fait qu'il y a un marché noir de la sous-location, parce que une personne qui vient travailler a Stockholm n'a pas 10 ans pour trouver un logement. Comme les prix sont fixes, il n'y a aucune raison de construire des maisons et appartement pour louer, du coup on ne construit que des biens pour classes aisés vu que se sont les seules à avoir de quoi acheter. Avec le temps les logements sont de moins en moins bonne qualité, vu qu'il n'y a aucune raison de les entretenir, ce qui fait que de plus en plus de monde voudrait changer de logement pour un de meilleur qualité, mais ce n'est pas possible. La seul solutions pour un ménage normal qui veut un endroit correcte pour vivre est donc d'acheter, ce qui fait que les prix de l'immobilier ont augmenté de ... 18 % en un an. Ce qui est une bulle spéculative. Du coup pour soulager le marché le premier ministre proposait de lever le contrôle des prix pour les nouvelles construction, chose inacceptable pour une partie de la gauche qui a torpillé le gouvernement. Le gouvernement, c'est vraiment régler les problèmes que on aurait pas si il n'était pas la pour dérègler les échanges. Sans compter ce spécifiquement le contrôle des loyer est le plus grand consensus parmi les économistes, même Piketty et Krugman disent que ça ne fonctionne pas.
    5 points
  32. C'est une très bonne lecture pourtant. Mais en gros: - le labo de Wuhan a reçu des fonds pour fabriquer des coronavirus exactement comme SARS-COV-2, le but des fonds est publiquement documenté, et il existe des interviews sur youtube des acteurs concernés expliquant le but des recherches (évidemment publiées avant 2020) - un virus a deux moyens pour acquérir une mutations: le remplacement d'une "lettre" d'ARN ou recombinaison avec un autre coronavirus pour lui copier une séquence. Problème: SARS-COV-2 contient au moins une séquence (le furin cleavage site) qui ne peut pas être expliqués par ces deux moyens. Elle est trop longue pour être le résultat d'une série de mutation (ça reviendrait à choisir une série de lettres à pile ou face, et tomber sur une phrase écrite en bon français), et elle n'existe dans aucun des coronavirus connus, donc il n'y a pas de source pour la copie. En parallèle, cette séquence connue depuis longtemps et a déjà été utilisés dans d'autres expérience de création de virus. Bonus: elle utilise des condons peu utilisés par les coronavirus, mais en revanche très fréquents dans les cellules humaines. L'article détaille beaucoup plus la longue suite d’événement improbables qui seraient nécessaires pour l'apparition naturelle du virus (incluant la zone géographique des précurseurs) et en quoi la fuite du labo explique les différents faits connus de manière beaucoup plus simple. Autre point abordés par l'article: vous vous rappelez des articles publiés dans the lancet et nature en mars 2020 traitant tout ceux qui oseraient considérer l'accident de labo de complotistes finis? Certains de leurs plus importants co-auteurs ont leur noms un peu partout sur les demandes de bourses et autres documentations des expérimentations de gain de fonctions sur les coronavirus menées à Wuhan. L'interprétation la plus charitable est qu'ils essayaient d'éviter que des bâtons réglementaires ne leurs soient mis dans les roues après covid, mais l'interprétation la plus logique est qu'ils déployaient un écran de fumée pour éviter de devoir rendre des comptes si covid est le résultat de l'une de leurs expérimentations qui a mal tourné (hypothèse probable à ce stage). Sinon, cela va sans dire, mais l'article part du principe que les chercheurs ont été irresponsables en créant ces virus, mais qu'il n'y avait pas d'intention de nuire.
    5 points
  33. Il me semble que la justification habituelle des "rassuristes" concernant la dette est qu'on peut se contenter de la faire rouler, de la payer avec plus de dette, ad vitam eternam. Ce serait possible pour les états puisque ceux-ci, contrairement aux individus, seraient potentiellement immortels. Ca me semble con, puisque c'est aussi le cas des entreprises, qui n'ont elles pas du tout ce luxe de pouvoir faire rouler leur dette sans s'en soucier. Je doute que ce soit une question de longévité, il y a beaucoup d'entreprises qui sont plus anciennes que beaucoup d'états. Pour ce que j'en comprends, la seule raison pour laquelle les états peuvent s'endetter comme ils le font, et envisager de le faire encore plus, c'est parce qu'ils contraignent les banques, par la force, à racheter leur dette. Et la seule raison pour laquelle ils peuvent le faire sans que les banques et tout le système ne s'effondre, est qu'ils les font profiter du seigneuriage en leur rachetant cette dette sur le marché secondaire via les banques centrales. Donc le problème fondamental avec tout ça n'est pas qu'un huissier (détenteur de quelle autorité ?) vienne taper à la porte de l'état s'il est en défaut de paiement. Ce n'est pas non plus que ses créanciers cessent de lui faire confiance et refusent de lui prêter par la suite - il peut les y forcer. Ce n'est pas non plus que ceux-ci fassent faillite à cause de cet usage potentiellement immodéré de la force contre eux, il peut les rincer avec de l'argent magique. Le problème, c'est que plus de dette revient à plus de création monétaire. Et qui dit plus de création monétaire dit : 1) de méchantes crises qui nous guettent, d'après l'ABCT, 2) une augmentation artificielle de la préférence pour le présent, d'où le consumérisme et le capitalisme "de cigale" que l'on voit depuis les années 50, qui tranche pas mal avec le capitalisme "de fourmi" que nous décrivent Weber et les écrivains français du XIX, et 3) une redistribution à l'envers, des pauvres vers les riches, d'où le creusement des inégalités que l'on voit depuis les années 70. On insiste trop sur le 1), et pas assez sur le 2) et 3). Ca pousse au court-termisme, et c'est du Robin des bois à l'envers. Voilà le message qui doit être entendu.
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  34. Je pense que vous estimez mal l'ampleur de la répression qu'il y a eu depuis les gilets jaunes. Des amis qui avaient une banderole macron dégage sur leur balcon pendant le confinement ont reçu une amende de plusieurs centaines d'euros pour "utilisation de musique amplifiée" pour leur enceinte Bluetooth 20w dans leur maison en journée parce qu'ils avaient refusé de l'enlever. Un bon pote d'extrême gauche a Toulouse a voulu manifester malgré l'interdiction avant Noël au milieu de la foule des acheteurs, les flics ont arrêté et embarqué tous les gens qui affichaient des slogans politiques au milieu des badauds. Presque plus aucun de mes amis semi activistes ne font plus la moindre action politique publique (ouvertement) , que ce soit contre le confinement ou la loi de sécurité globale.
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  35. Je ne l'aurais pas exprimé comme cela en mars avril parce que je n'avais pas encore une idée claire du phénomène. Cet été, grâce à Raoult lui-même où il parle je ne sais plus où, j'ai appris l'existence du SIGAPS : le système français qui sert à valoriser les publications scientifiques en mettant "des points" et plus t'as de points... plus t'as de l'argent public. Publish or perish est devenu publish for public money. Je me demandais à l'époque comment Raoult faisait pour publier des milliers d'articles en quelques années alors que les meilleurs chercheurs en sortent 4 ou 5 dans le meilleur des cas et que moi, par exemple, j'ai mis 2 ans à sortir un papier. Mais j'en avais parlé à l'époque. Je pensais à ce moment que Raoult publiait surtout des trucs écrit par les autres et j'avais bien compris qu'il publiait dans les revues des copains. Mais c'est bien plus sournois. Je ne savais pas a l'époque que la vraie spécialité de Raoult ce sont les bactéries intestinales et l'écrasante majorité des publications des labos de Raoult consiste uniquement à analyser du caca - et je ne trolle pas - et à signaler l'existence de bactéries inconnues. Il n'y a aucune analyse des bactéries. Tu sais comme moi, voir mieux que moi, qu'il y en a des millions dans l'intestin et que ce petit jeu peut encore durer des années, meme après sa retraite d'ailleurs. Le rapport du HCERES à l'époque parle de "collectionner les bactéries comme d'autres les timbres". Le même rapport dit que seul 4% de ces études ont un intéret, bref 96% du travail de Raoult ne sert à rien du tout (et ça c'est sans parler des fraudes éventuelles), et c'est pour ça qu'il s'est fait retirer les label INSERM et CNRS à l'époque. La plupart de ses travaux étaient refusés dans les revues soit parcequ'ils ne servaient à rien, soit parce que la méthodologie étaient nulle, soit parce que les résultats étaient farfelus, alors il a trouvé la parade : il a créé ses propres revues, l'immense majorité de ce que publie l'IHU tourne en interne, le meme rapport du HCERES dit d’ailleurs que le labo est totalement isolé du monde de la recherche. Sans oublier que des groupes de revue lui ont interdit l'accès pour fraude (je le rappelle parce que ce n'est pas "mes accusations de bidonnage" uniquement). Ah oui, le meme rapport dit plusieurs fois que Raoult préfère la quantité à la qualité, d'ailleurs c'est corroboré par le snombreux témoignages d'ex chercheurs du labo avec force de détails et d'annecdotes. Et ce système ingénieux, il a fait péter les score sur a) experscape qui a déclaré sur Twitter et en français que Raoult avait fraudé leur système mais qu'ils ne pouvaient pas changer leur algorithme juste pour lui et b ) ça fait exploser "virtuellement" son score SIGAPS qui lui garanti ainsi plusieurs millions d'€ d'argent public pour son institut et pour l'APHP Marseille puisque le seul critère c'est le classement et non la qualité. Après on peut dire, très justement, que Raoult s'est parfaitement adapté au système et qu'il a joué avec les règles et que les règles sont connes mais au final, entre les fraudes avérées, ses méthodes parfaitement organisée pour etre en haut du classement en dépit de la qualité, et les millions qu'il récolte d'argent public en échange, bon... moi j'appelle ça une forme de détournement d'argent public mais j'imagine que chacun peut voir midi à sa porte et déclarer que c'est légal (parce que c'est le cas bien entendu).
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  36. Won't anybody think of the children ?! C'est rigolo, c'est la formule de Constant renversée : on sacrifie un truc rendu artificiellement abstrait au prétexte de sauver des gens concrets. Les Européens et Asiatiques ont domestiqué depuis des milliers d'années toutes sortes d'animaux, et ce d'autant plus que l'Eurasie est à peu près orientée Ouest-Est, i.e. qu'une même latitude (et donc un climat comparable) couvre une vaste bande de terre, facilitant l'acclimatation des animaux dans des coins très éloignés. À l'inverse, les Amérindiens n'ont presque rien domestiqué (faute de faune intéressante, en bonne partie), et leur continent est orienté Nord-Sud, rendant plus difficile le transfert d'animaux domestiqués. Or, un animal domestiqué, ça peut être une cause de zoonose. Et le fait est que la plupart des glandes maladies infectieuses de l'humanité sont des zoonoses, en fait (charbon, grippes, brucellose, peste, salmonellose, lèpre, leptospirose, rage, toxoplasmose, trichinose, tuberculose, listériose, variole, hépatite E, typhus, botulisme...). Du coup, ces animaux domestiqués ont forcé les populations d'Europe et d'Asie à développer des résistances contre ces maladies, et à garder notamment une certaine diversité de leurs allèles HLA (permettant la reconnaissance du non-soi). À l'inverse, les Amérindiens en ont été protégés pendant des millénaires, et les allèles permettant de résister à des maladies n'avaient pas de raison d'être sélectionnés ; au contraire, le phénotype correspondant étant généralement un poil plus coûteux pour un tas de raisons, ces allèles ont eu tendance à disparaître. Et plus encore dans la mesure où le peuplement des Amériques a donné lieu à une série d'effets fondateurs, appauvrissant le pool génétique général, et des HLA en particulier (en gros, les Amériques sont le coin du monde le plus éloigné du lieu d'origine de notre espèce, et le Sud plus encore que le Nord). Et en fait, il y a eu un coin du monde où les explorateurs Européens ont été complètement décimés par les maladies locales avant que la médecine ne leur permette d'aller plus loin : l'Afrique.
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  37. Ha. J'espère que t'as pris le temps d'écrire la question, car la réponse va être épique. Star trek c'est un peu le truc vieux qui sent la poussière saupoudré d'instant kit kat, ou plus rien ne compte. Donc résumons, histoire que tu te rendes compte du temps à consacrer, que ça soit en picorant, ou bingewatchant (je conseille pas forcément de binge watch un truc pareil) A penser: Les star trek sont structurés autour d'episodes de 40 minutes. Hormis l'évolution et la présence /retrait de certains personnages et certains fait marquants, il n'y a pas de fil rouge. (à l'exception de la fin de star trek DS9/et enterprise , mais ça reste fugace) On peut donc sauter les épisodes pourries sans trop de peine, au pire ca donne "ha il est mort lui? ha il y a un wormhole maintenant) A noter, pour es matheux, c'est toujours sympa de se représenter l'univers selon les distance star trekienne, il y a un côté la galaxie pour les nuls plutôt sympa (mais complètement fantasmée ) Le listing des épisodes, dans l'ordre de parution, on prévient: il y en a plus de 800 au total. 3 saisons avec kirk ( et une série animé en plus) , puis 6 films. Ca se passe vers la fin du 23° siècle. <- je mentirais pas, c'est plus pour sentir l'écart de 60 ans de télévision, ( avec quelques instants chouettes ou se rend compte de comment les gens pensaient l'époque) que pour les scénarios et la mise en scène. Il y a évidemment de grands épisodes sinon la sauce originelle n'aurait pas pris. Mais tuer 60H la dessus, faut avoir de la patience. Reste l’introduction de la mécanique trekienne, mettre un personnage (Spock) hors du monde et parfait critique de société en side Kick d'une capitaine Stylé. 2 des 6 films sont sympa, le reste oubliable. 7 saisons avec Picard, Star Trek nouvelle génération Puis 4 Films, puis St: Picard depuis une semaine. Ca se passe techniquement 80 ans après Kirk, ce qui justifie l'écart de technos. Bon la on va être clair, c'est pas pour rien que la hype dure depuis 40 ans. Next Generation a tout amené à la SF à la télévision, les acteurs sont bons, certains épisodes passionnants, la mise en perspective de l'humanité à travers son regard futur superment travaillé. Reste 180 épisodes, et dont il faut avouer qu'ils n'étaient pas inspiré toutes les semaines non plus. Mais il y a un top 10 qui s'inscrit sans problème dans les meilleurs instants de télévision, et certainement un top 50 des épisodes ou on passe un bon moment. Au delà de la performance mortelle de Patrick Stewart, fraichement débarqué du monde Shakespirien pour venir faire capitaine de vaisseau chauve, et pourtant calmer tout le monde, Il y a 'Lieutenant commander Data' joué par Brent Spinner. C'est ce qu'on peut appeler du grand art. L'acteur a donné un côté robotique à son jeu , teinté d'une fraicheur innocente d'enfant découvrant la vie mais coincé dans un aquarium, avec une performance phénoménale. Ce personnage est adulé non seulement par son positionnement scénaristique mais aussi grâce à l'acteur lui même. Il est autant à l'origine de l'esprit Star trek qui anime toutes les conventions depuis 40 ans que Spock et Kirk réunis. Le défaut de TNG: Star trek est basé sur la résolution deus ex Machina 80% du temps. L’épisode dure 42 minute, et à 39min on a toujours aucune idée de comment ils vont s'en sortir, puis magie, et voilà c'est fini. Ca peut avoir passé de mode, mais si on accepte le modèle, ça le fait. Enfin les effets spéciaux des 1eres saisons sont un peu rèches, c'est de 1987 après tout. Certains personnages comme Q valent leur pesant de cacahouètes/pop corn <- Conseil de visionnage, il faut suivre le top 50 ou démarrer du début et sauter les épisodes dont on sent très vite autour de quel personnage ça va tourner, certaines trames personnages sont moins bonnes que d'autres, mais c'est une histoire de goût. On passera peut être rapidement sur la saison 1, quitte à revoir ça en détail 5 ans plus tard quand la passion trekkie aura pris le dessus Les 4 films sont bons, pour des raisons différentes. -Le 1er avec le TNG crew (7eme de la saga) mixe picard et Kirk, un instant fan service attendu. -Les 2 nd est simplement un TRES bon film qui fait honneur à l'unviers. -Le 3eme est scify friendly, mais pas indispensable. -Le dernier est le moins bon, mais il amorce Star Trek: Picard, donc c'est un must see quand même. A savoir, Gene Roddenberry, l'auteur originel , est mort vers la saison 5. Mais vu qu'ils avaient par le pur hasard recruté Ronald D Moore ( Monsieur Battlestar moderne) ça a bien tourné jusqu'au bout. Mention spéciale à Ron pour avoir développé le mythe Klingon. 7 Saison avec Sisko, un capitaine black dans les années 90 , Star Trek Deep Space 9, pas de films associés à ce crew. C'est une série qui a eu du mal à prendre. D'abord, il n'y a plus de voyages, c'est sur une station (pitch en concurrence avec Babylon V à l'époque). Il s'agit plus de développer du lore pendant 5 saisons, et résoudre la scène globale durant les deux dernières. C'est pour ça que ça a eu du mal à prendre. DS9 arrive au moment ou c’était pas encore l'époque d’étoffer de l'univers au détriment des personnages. Une fois passé le changement de mécanique scénaristique, c'est une série qui s'est bonifiée avec le temps, et qui est passé de malaimée à adorée. Les plus: Il s'agit d'un traitement beaucoup plus politique, les grands forces en présence se développent et menacent, les personnages sont centraux mais ont des identités très différenciées. Il y a le juif de service capitaliste jusqu'aux ongles comme cliché , mais aussi la nana qui vit en symbiose avec un ver dans le ventre, le métamorphe qui va avoir du mal à expliquer au monde qu'il n'est pas fait d'os et qui cherche d'ou il peut bien venir puisqu'il est le seul connu, et enfin la nana fraichement sortie de camp de concentration qui a pas l'intention d'y retourner et a qui on risque pas de vendre de la social justice. Il y a aussi le développement des Cardassiens, sortent d'allemands repentis mais pas trop. L'acteur cardassien est mortel. Les moins; années 90 oblige, ça aura pu tenir sur 4 saisons et non 7. Certains dénouements du fil rouge pas bien épais mettent une vie à arriver, car la mécanique de tenue d'un fil sur une saison n'existait pas encore. A voir: Comme les autres, un top 50 à faire, sauf si on s'est épris du mécanisme Star trek gràce à TNG. DS9 fait partie de ces plaisirs coupables, on sait qu'un épisode sur deux coûte trop cher en temps, mais on se met dans une sorte de temporalité parallèle où on est bien au coin du feu à noel en famille.... Il vaut concentrer les épisodes du top 50 vers la seconde partie de la série. 7 Saisons avec Janeway, Star Trek Voyager, pas de films. Retour aux origines du voyage, vu que DS9 n'avait pas été bien perçu en son temps, comme si enlever le voyage réduisait le potentiel de l'univers et en faisait une série mineure, ce qui sera considéré comme une bétise par tous les trekkie ensuite Bref, Voyager, Faut vraiment être addict pour pas zapper ... jusqu' à la saison 4. Après ils ont mis une blonde à gros seins.... qui en plus relève le tout. Voyager connait comme personnage type spock/data un hologramme docteur qui a bien du mal à accepter qu'il ne peut pas sortir du vaisseau. C’était bon, mais ça a malheureusement pas supporté plus de 3 saisons qui en plus sentaient la resucée de Next generation. Les scénaristes ont eu la présence d'esprit à partir de la saison4 de déployer monstrueusement le lore des Borgs, la menace trekienne par excellence, tout en récupérant la blonde qui va réinitialiser le côté Data raté de l'hologramme. Du coup on se retrouve avec deux protagonistes avec un regard sur l'humanité complémentaires, cette partie là marche plutôt bien. La qualité: plus de Star Trek ne fait jamais de mal à postériori. Les défauts: c'est TNG en moins bien, car les scénaristes n'ont pas le grain de génie de Moore qui s'est tiré faire BSG vers la fin de Deep Space Nine. Voir juste les premiers épisodes pour les persos , les doubles épisodes, le top 10 des borgs, et le top 10 ou Seven Of Nine montre ses seins. En entier si on est fondu de la série. On peut honnètement tout zapper sion est pas fan. 4 Saisons avec Scott Bakula en capitaine Archer, Msieur Code Quantum, Star Trek Enterprise, pas de films. Le parti pris, Cette série se passe AVANT kirk ( du coup les FX du vaisseau n'ont aucun sens, la série étant evidemment plus belle que dans les années 60) 2 premières saisons médiocre, on sent déjà le miel des années 2000 pointe rle bout de son nez, puis une bonne idée pour la saison 3 qui aurait du durer 8 episodes et en dure 25.... La dernière saisons est oubliée, pour dire qu'elle ne doit pas casser des briques. les plus: toujours more Star trek, après 25 saisons on est juste en mode "'please rewind again". La naissance de la fédération. Les acteurs font leur travail, mais c'est parce qu'il faut trouver un plus. Les moins: Ni bien comme au début de la saga, ni essentiel, avec certaines fautes d'univers, quasiment tout les personnages sont superflus. Le fait que ca se passe AVANT KIRK les amène à respecter la chronologie des rencontres spatiales, et vu qu'ils avaient épuisés les metamorphes, les hologrammes et les robots, ben ils ont remis une vulcain en side Kick observateur. Ca n'amène RIEN et c'est tout le problème. EN plus ca vire grossier, elle est beaucoup trop souvent quasiment à poil. Voir: euh joker, comme une curiosité, mais c'est clairement pas essentiel, dommage pour Scott bakula, on en attendait beaucoup. 2 Films Star TREK rebootés de BAD ROBOT avec JJ ABBRAMS aux commandes: Tu Vois Star WarsVII VIII IX ? Ben dis toi qu'il a été respecteux de Star Wars. J'avais vu venir l'echec star wars dès les 20 premières minutes de son Star Trek. Abbrams chie littéralement sur les mécaniques trekienne car il n'a pas fait ses devoirs.. Il y a donc deux camps: Ceux qui se sont tapés 800 episodes et pour qui c'est un affront, et ceux qui trouvent que quand on enlève Star Trek de l’équation ce sont des bons films pop corn. A voir? Au pire ça tue 4 Heures avec des lense flare qui font pleurer les yeux. 1 Film Star Trek Beyond de Simon Pegg. Je me suis endormi. La série Star Trek Discovery sur Netflix depuis 3 saisons., après 12 ans d'absence de Star Trek à la télévision: HAHA. non. Star Trek: Picard: 1 épisode, gorge nouée du début à la fin, j'attends demain depuis autant de temps qu'un enfant attend Noêl. Je dirais si c'etait rationnel l'année prochaine (Et je saute evidemment univers étendu, livres, comics, animés, conventions, joués dérivés, jeux vidéos. Il aprait que le jeu en réalité virtuelle est bien, et je suis pas assez Nerd pour avoir testé le monde persistant). Voilà, tu peux aller tuer 1000 Heures de ta vie BIENVENUE !
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  38. L’ambiguïté de l'adjectif "productif" vient du fait qu'il renvoie à deux substantifs à la signification différente : production (1) et productivité (2). Du coup, productif admet également deux significations. Un "salarié productif" peut désigner une personne qui produit, qui réalise son travail (sens 1) ou une personne qui a un bon rendement (sens 2). Dans le sens 1, c'est assez proche de l'efficacité : est productif un salarié qui réalise le travail pour lequel il est employé. Dans le sens 2, il s'agit d'efficience : est productif le travail d'un salarié qui rapporte : il produit davantage qu'il ne coûte. Une troisième signification du terme "productif" peut également être utilisée, plus rarement : est productive une personne qui réalise des choses utiles à autrui. C'est généralement ainsi que l'entendent les libéraux. Dans ce sens 3, il s'agit d'effectivité : est productif le travail d'un salarié qui produit des effets désirables (effets --> effectivité). L'adjectif productif appliqué à la fonction publique peut donc s'entendre comme : 1- une fonction publique efficace : elle produit des services publics en contrepartie des prélèvements 2- une fonction publique efficiente : elle optimise les ressources (impôts et taxes) mises à sa disposition pour produire les services publics 3- une fonction publique effective : elle produit des choses utiles à la société (elle produit les bons services, ceux qu'il faut faire, qui répondent aux réels besoins des concitoyens). Pour résumer, les étatistes considèrent que les fonctionnaires sont productifs en ce qu'ils produisent un travail (sens 1), ce qui est vrai ; alors que les libéraux contestent l'efficience et l'effectivité de la fonction publique. La gabegie qu'entraine une gestion bureaucratique des services publics peut se vérifier : dans le gaspillage des ressources : une bureaucratie publique est improductive dans le sens où elle fait mal les choses (sens 2, inefficience) dans la mauvaise allocation des ressources : une bureaucratie publique est improductive dans le sens où elle fait de mauvaises choses (sens 3, problème d'effectivité) : elle est incapable d'identifier les actions nécessaires et souhaitables car, coupée du marché, elle n'est pas en prise avec la demande Productive la fonction publique ? Certes elle fait des choses. Mais elle fait mal les choses et fait de mauvaises choses.
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  39. poc: c'est bien d'alerter la planète, mais t'aurais pas une solution court terme pour tous les gamins qui sont à deux doigts de prendre du prosac car on est infoutu de leur expliquer qu'en vrai on sait tous foutrement rien à se qui va se passer, ce qui peut se résumer par '"comme depuis tout le temps en fait, mais cette fois ci on a eu a mauvaise idée de dire aux gamins qu'il y a pas de père noel ?". J'ai pas de télé , j'écoute pas la radio, mon fils est depuis 6 mois à l'école et il chante à tue tête " plutôt que de jeter il faut recycler". Je vais lui dire quoi dans 2 ans quand il va me demander pourquoi on va tous mourir ? Que sa prof, qui représente l'autorité du savoir, ne sait rien du tout de ce qu'il va se passer, et que c 'est juste un mouton junkie devant sa télé qui reproduit un narratif qu'elle n'essaie même pas de comprendre ? C'est pas une blague, mais je trouve qu'il parle BEAUCOUP TROP DE LA MORT pour un gamin de 4 ans. Je pense que le mois chez mamie à regarder TF1 pendant le repas y est largement pour quelque chose. Tu la sens pas la démarche non rationnelle dans laquelle on tente de mettre en place une prédiction auto réalisatrice, car en plus de 'la planète' (regardons nous un peu le nombril plutôt) , on détruit une partie de l'espoir dans l'avenir , ergo plus aucune solution possible à moyen terme ? la croisade écolo, ça finit par me gonfler durement (et je suis pas le seul, y a beaucoup de péquins moyens qui ont la même approche, surtout chez les vieux): - Pourquoi la demande de décroissance de nucléaire alors qu'on a un besoin en masse si le Co2 c'est la foire ? - Pourquoi on nous saoule sur les déchets pendant qu'on défonce du charbon par millier de tonnes minute ? - Pourquoi la demande de décroissance sur les avions dans un pays qui a la plus belle production aéronautique et fait vivre 200 000 personnes ? - Pourquoi descendre le numérique pour son ratio énergétique alors que le télétravail bien étudié peut repeupler le rural ? - Pourquoi on justifie des voitures electriques qui ont un ratio déchet désastreux ? A chaque fois qu'on mise sur la technologie pour s'en sortir, on se fait bouler idéologiquement , mais c'est y pas louche ça ? C'est marrant mais c'est toujours quand ça touche à l'énergie que ça merde.... Tous les zoives qui vendent de la réduction d'énergie en masse du au manque de réserve préfèrent éviter qu'on cherche de nouveaux moyens d'en produire pour justifier leur narratif, c'est pas du tout louche. (coucou jancovici) On sent pas du tout les forces en présence justifiant un combat prédit au doigt mouillé tentant de se faire la part du lion pour recoller à un communisme bien cradasse. On sent pas du tout le besoin religieux de se trouver une nouvelle raison de pas crever pour tous les quarantenaires qui n’étaient pas assez fort intellectuellement pour rejeter l'église ... Si c 'est vraiment vraiment vraiment grave, pourquoi on est pas drastique sur la question ? Y a vraiment rien à faire pour baisser sa conso énergétique facilement dans le pays ? blocage du réseau en surconsommation, amende pour voiture utiliser plus de x 1000 km selon le job ... mesure en masse des dechets et amendes, ou même simplement prune magistrale dès qu'on est sale ? qu'est ce qu'il y a donc, cette fois ci on est trop libre dans le pays ? Pourquoi on me parle de viande pour de la baisse de CO2, seriously ? dans l'ensemble des propositions potentielles visant à réduire sa conso energetique, ce qui est pertinent, C'EST LA VIANDE ???!!!!!! Et le pire dans cette dissonance cognitive, c'est qu'on culpabilise ceux qui font des efforts , alors qu'ils sont pas écolos, juste pragmatiques (car si on jete rien, mais qu'on a pas son étiquette écolo, on fait pas partie des bons) Les collègues font la gueule car j'habite à 3 km du travail et que je prend la voiture, alors qu'ils habitent à 50 pour se payer une maison et prennent les bouchons tous les jours, et ce pour aller au travail, alors que mon travail C'EST DE CRAMER DU FUEL. Ils chauffent 180m² quand j'en chauffe 66 et m'expliquent qu'il faut pas utiliser la clim l'été ... jusqu'au premier pic de chaleur. Ils font la tronche quand je vais au japon, mais çà les gêne pas de prendre un vol pour Saint Nazaire pour une réunion de 2 heures "car il faut se faire des contacts", sachant que ce qui crame du fuel, c est le nombre de décollages en premier lieux, pas la distance. Ils achètent tous des vélos électriques "car je veux plus de voiture", gros comme ils sont, alors qu'ils devraient chercher de l'energie dans les tomates plutôt que dans les terres rares. Putain de comiques. Ergo, laissez moi vivre, damn it. (j'avais pourtant cru que je m’étais pas trompé de forum sur cette question) Et au fait , vraie question car je me suis pas renseigné, elle dit quoi ARAMCO et son épargne grosse comme la dette des Etats Unis ? Ca les gêne pas de plus avoir de boulot ? drôle de projection d'avenir, pour les rois du monde. Quand je pense à Jancovici qui te justifie du pic pétrolier alors que personnes connait la taille des réserves. D'habitude je fais pas dans la conspi, mais je serais aps etonné d'apprendre un jour qu'elles sont BEAUCOUP BEAUCOUP plus grosses que prévu.
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  40. On me dit que le libéralisme n’aurait pas d’avenir en France (cf : https://forum.liberaux.org/index.php?/forum/151-philosophie-éthique-et-histoire/ ), ce qui n’est pas dire autre chose que la France n’a pas d’avenir (d'avenir désirable s'entend), que la route de la servitude est comme l’autre, tout comme l’autre sans sortie*, que les lendemains déchanteront fatalement, et qu’il n’y a aucun espoir à l’horizon. (*Allusion à la formule du commissaire du peuple européen Yves-Thibault de Silguy : « L’euro est une autoroute sans sortie. »). L’espoir, ce n’est peut-être pas à un pessimiste de caractère, qui estime son propre pays en décadence (cf: http://oratio-obscura.blogspot.com/2018/07/de-la-profanation-des-symboles.html ), qu’il faut le demander. Mais pessimisme n’est pas quiétisme, pas plus que comprendre le découragement n’implique d’admettre les jérémiades. Par exemple celles, trop fréquentes, qui consistent, à l’instar du premier collectiviste venu, à confondre un pays avec son gouvernement, ou l’opinion des Français avec celle d’une majorité électorale. Ou encore à dénigrer la « fRance » (sic), comme si elle n’avait jamais vu naître un seul homme libre, comme s’il s’agissait de quelque lamentable contrée maudite et sans qualités, rétive et obtuse et unanime dans l'adoration de ses chaînes. Ce à quoi l’auteur de ces lignes, sans du tout faire un pronostic ou un pari (il lui arrive de les perdre), voudrait rappeler, d’avantage à l’attention des dépités qu’à celle de la bêtise essentialiste, qu’à défaut d’un avenir, le libéralisme à un passé en France. Et quel passé ! Et par combien de luttes et de tempêtes sont-ils passés, les meilleurs de nos devanciers, pour nous donner, en dépit de tout, la liberté et le bonheur dont l’on peut jouir malgré tout, dans ce pays ? Et comment notre désespoir ne se trouverait-il pas tempéré, et même renversé, par le souvenir de cette longue suite d’audaces et de triomphes, de ce « non » perpétuel adressé à l’oppression, de cette ardeur qui nous fit meilleurs et plus grands que nous n’étions, et plus libres et plus enviables, tout de même, que peut-être bien des peuples encore ? … “Any movement that has no sense of its own history, that fails to acknowledge its own leaders and heroes, is not going to amount to very much, nor does it deserve a better fate.” -Murray N. Rothbard.
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  41. Ici, je souhaiterais élaborer un peu sur le « style de pensée » conservateur, histoire de mettre un peu d’ordre dans mes idées. Je parle de « style de pensée » comme le fait Oakeshott pour désigner une manière de raisonner et d’aborder la théorie partagée par des auteurs aussi différents que Montaigne, Hobbes, Machiavel, Clausewitz, Hume ou encore Sowell, Scruton, Aron, Buchanan et Hayek (ça fait large, je sais, mais wait for la suite). Pessimisme sur la nature humaine Il me semble que si les conservateurs reconnaissent en tant que tel le pluralisme politique, moral et religieux, c’est parce qu’ils s’inscrivent dans une même sensibilité pessimiste quant à la nature humaine, et donc à la possibilité de dépasser les conflits inhérents à une nature humaine qui marche un peu sur trois pattes (voir le post précédent). En d’autres termes et à gros traits, la permanence de la conflictualité des valeurs et la limitation des ressources informent le reste et limitent plus ou moins le progrès moral de l’Humanité. On retrouve par exemple cette idée chez Carl Schmitt, qui, dans sa Notion de politique (1932), dresse une généalogie de son propre ‘réalisme’ (Hobbes, Machiavel, Hegel) en notant un commun pessimisme anthropologique (issu de l’augustinisme théologique). La marque du péché originel dessine un homme imparfait, limité et belliqueux que les conventions, l’autorité ou encore les contraintes conventionnelles de la morale doivent polir pour vivre en société. Carl Schmitt donne ici une description intéressante de son réalisme politique, qui aboutit en relations internationales à une reconnaissance du caractère pluriel des Etats et des organisations internationales (pourquoi au sein des RI et pas des Etats eux-mêmes ? La réponse dans sa théorie de la constitution et le nomos de la terre). Thomas Sowell dans son livre A conflict of vision. Ideological Origins of Political Struggles (2007) présente aussi le pessimisme anthropologique, même s’il est moins marqué que chez Schmitt, comme un trait essentiel du conservatisme. L’ambition de Sowell dans cet essai est de présenter les « visions » (des « actes cognitifs préanalytiques ») qui sont à l’origine des clivages entre théories morales, économiques et politiques. Il existe selon lui un « vision sous contrainte » de la nature humaine, qui reconnaît les limitations morales de l’homme en général et son égoïsme en particulier, à laquelle répond une « vision sans contrainte » qui refuse de poser comme une constante de la nature humaine son caractère égocentrique (et donc capable d’être élevé ou perfectionné. Sowell pose d’un côté Adam Smith (aux côtés de Hobbes et Hayek par exemple) et de l’autre William Godwin (et Condorcet par exemple). Prudence first Plus intéressant encore pour notre propos sur le style de pensée conservateur, Thomas Sowell propose d’associer la vision sous contrainte à l’éthique des vertus d’Edmund Burke et d’Adam Smith : « Dans la vision sous contrainte, où les compromis (trade off) sont tout ce que nous pouvons espérer, la prudence l’un des devoirs les plus élevés. Edmund Burke l’appelait ‘la première de toutes les vertus’. ‘Rien n’est bon, disait Burke, mais en proportion et avec référence’, en résumé comme compromis. » Je note au passage que la propension des (libéraux) conservateurs à célébrer la prudence (le calcul, la rationalité, l’homo economicus) chez Adam Smith a été critiquée chez McCloskey (parce qu’ils ont tendance à oublier les autres vertus de la TSM et à minorer son caractère égalitariste en politique). Si pessimisme anthropologique il y a chez eux, il est beaucoup moins marqué que chez les non libéraux : Smith, Hume et Burke ne vont pas aussi loin que Mandeville ou Hobbes (c’est d’ailleurs ce qui me les rend à la fois plus sympathiques, et qu’ils me semblent plus ‘réalistes’ que les réalistes autoproclamés qui minorent le rôle de la morale, les capacités de coopération sociale humaines ou encore sous estiment son intelligence). Il y a d’autres traits caractéristiques de ce ‘conservatisme interne’ au libéralisme (son scepticisme prononcé et sa réflexion sur les sciences de l’homme qui mériteraient une étude). En théorie des relations internationales Ce style conservateur transparaît particulièrement en théorie des relations internationales, où l’école réaliste, qu’on oppose en général à l’école libérale ou internationaliste, lui donne une place de premier plan (la théorie des RI est un autre de mes dadas). Le pessimisme anthropologique, la compétition entre Etats pour l’appropriation des ressources, l’anarchie des Ri ou encore l’équilibre des puissances sont des thèmes communs à des auteurs qui sont politiquement assez éloignés les uns des autres (Aron, Schmitt, Morgenthau, Waltz, Carr, Niebuhr), si ce n’est dans le rejet de l’internationalisme, qui dégénère souvent en esprit de croisade (pour la démocratie ou pas, version néocon), dérègle le fonctionnement interne des Etats et tend à l’institution d’organismes internationaux incapables ou dont la légitimité est contestable (il y a tout une littérature sur le sujet). C’est un point de jonction par ailleurs entre conservateurs revendiqués et libertariens, qui s’entendent pour critiquer la guerre démocratique (même si la position libertarienne condamne toutes les guerres, alors que pour les réalistes, c’est l’interdiction de faire la guerre dans le droit international moderne, ou plutôt sa requalification comme opération de police ou intervention humanitaire qui aboutit à l’illimitation) et les différentes formes d’interventionnismes non strictement nécessaires (ce qui reste à définir, et ce qui peut varier selon les auteurs). @Johnnieboy : sur le conservatisme religieux : Tous les conservateurs ne sont pas croyants, et parmi les plus ‘conservateurs’ au sein de la constellation libérale, ce n’est pas non plus unanime (Hume, Smith). Chesterton, qui était réactionnaire, ne s’y était pas trompé. Il reprochait au whig Edmund Burke devenu idole des conservateurs d’être un moderne et d’avoir un air de famille avec le Darwinisme, ce qui est vrai, puisque le (libéral) conservatisme des Lumières écossaises appartient à la même sensibilité spontanéiste dans le domaine moral et épistémologique (il existe même un conservatisme darwinien pour tout dire). Mais là aussi, expliquer ça pourrait durer des posts, et je devrais plutôt foutre tout ça dans un livre ! Je pourrais encore continuer sur le kantisme et la morale du devoir progressiste, qui me semble bcp moins tolérante et bcp plus excluante que le pluralisme libéral (du moins dans sa version pathologique, parce qu'il y en a des biens quand même), mais je vais arrêter de vous emmerder avec mes walls of texts et me mettre son mon bouquin sérieusement. Ou sortir un article sur le sujet. Pour les courageux qui ont réussi a me lire, vos comms sont toujours bienvenus. Je suis preneur de toute remarque.
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  42. Sauf que cette crise, elle touche tout l'Occident. Historiquement, chaque camp politique (doté d'une base sociologique) avait ses élites qui portaient sa voix sur le plan de la représentation politique. Ces dernières décennies, pour diverses raisons (cf par exemple Charles Murray), les élites ont fini par s'agglomérer les unes aux autres, donnant dans un premier temps l'illusion d'arriver à atténuer les affrontements politiques dans un centrisme social-managérial éternel (l'ère Clinton-Blair-Jospin, pour simplifier). Sauf que cette illusion s'est brisée parce que les gens ont fini par comprendre que leurs élites considéraient avoir davantage en commun avec les autres élites (du même pays mais d'autres camps politique, ou même d'un autre pays), aboutissant à une profonde crise de la représentation (la prise de conscience officielle de ce fait en France a été le référendum de 2005). De plus en plus, tout donne aux gens l'impression d'une nouvelle lutte des classes ; à ceci près que ce ne sont plus les prolétaires de tous pays qui cherchent à renverser le capitalisme, mais les élites de tous les pays qui cherchent à dissoudre les nations (ces deux représentations décrivent sans doute moins ce qui se passe dans la réalité que ce que les gens en perçoivent, et donc comment ils vont réagir). Privées d'élites, les masses sont intrinsèquement désorganisées (i.e. privées à la fois de cadres et de direction précise), et seul un leader hors élite habituelle peut arriver à plus ou moins surfer sur tout ça (aux USA Trump, en Italie Beppe Grillo, c'est-à-dire leur Coluche). Qui le fera en France ? J'ai mes idées...
    5 points
  43. Bon, bon, pour mon retour ici, quelle ambiance. Une des raisons qui fait que j'ai été peu présente ici ces derniers temps, outre diverses manifestations d'art est que je suis allée apporter mon humble contribution au mouvement des gilets jaunes. J'ai assisté aux assemblées locales de ma région, j'ai fait quelques blocages et suis même allée à Paris il y a une semaine. Le bilan de tout cela ? C'est que les libéraux qui pensent voir dans ce mouvement les prémices d'une nouvelle révolution libérale se foutent le doigt (et même une partie du bras) dans l'oeil. Exemple de quelques propositions retenues par de nombreuses assemblées de gilets jaunes (et je parle de ceux sur le terrain), comme votées à celle de Nantes Jeudi dernier: - Rétablissement de l'ISF avant Macron pour baisser les taxes des petits - SMIC à 1500 euros - Salaires dirigeants d'entreprise (Renault, Air France...) plafonné. - Renationalisation de certains services dit public (La Poste, EDF, la SNCF...) parce que "c'est la faute du privé si les petites communes sont mal desservies". Et il ne s'agit pas de l'entrisme de militants FI ou RN. C'est réellement le gilet jaune moyen (si tant est que cela puisse être défini ainsi) qui tient ce type de propos sur les barrages ou à la pause. De toute façon Macron est un président "libéral" à la solde des banques et des mangeurs d'enfants que nous sommes (discours entendu aussi). N'oubliez pas qu'une des principales revendications des gilets jaunes(autre que le cout de la vie) c'est le rétablissement des services publics partout en France, avec un guichetier de poste dans chaque village. Quand aux violences et autres pillages... Si effectivement l'allumage est le fait de groupuscules "ultras" (droite ou gauche), j'ai vu des gens biens sous tout rapport se comporter comme de véritables pilleurs sur certaines boutiques (de toute façon tout cela c'est la propriété de milliardaires Quataris qui saignent la France, n'est ce pas?). Et ce sont là des gens tout à fait normaux que vous croisez tous les jours. Moi en tout cas j'arrête avec le mouvement. Mais allez voir par vous même et vous verrez que le PCF a bien plus de chances que nous de tirer parti de la situation (et je ne parle pas du RN ou de FI).
    5 points
  44. L'Université n'a pas pour fonction, à mon avis, de former à la vie professionnelle, sauf cas rares ou métiers particuliers. J'ai envie d'hurler à chaque fois que j'entends un type m'expliquer qu'il rendre les cursus universitaires plus proche du milieu du travail. Non, il faut plutôt supprimer l'idée qu'il faut aller à l'université pour avoir un diplôme pour avoir un boulot. L'écrasante majorité des étudiants sont des veaux qui veulent un diplôme, ils n'ont rien à faire du savoir, de l'apprentissage, de la science, de la culture. Ils veulent un papier. Ensuite, une minorité assez importante va à l'université pour se forger des connaissances et de la culture, ceux là feraient mieux de prendre une bonne liste d'essais et de livre académiques et s'y tenir. D'ailleurs, ils n'apprennent pas beaucoup plus. Enfin, seule une petite minorité va à l'université pour ce qui est son rôle véritable et qui ne devrait être que celui là : la recherche de savoirs, leur création, la connaissance. C'est élitiste, mais c'est comme ça. Le problème c'est la massification des universités, pas le fait que les diplômés sortent en étant inadaptés au marché du travail. Les filières "professionnalisantes" dans les universités en Belgique forment des technocrates bêtes à bouffer du foin qui n'ont retenu de leur parcours universitaire que des fiches de lectures, des tics de langages et répète à l'envi diverses vulgates qu'ils prétendent être de l'esprit critique. L'anthropologie "à finalité appliquée" me fait honte à chaque fois je jette un œil, une oreille ou une heure de mon temps avec ces gens, leurs discours, leurs pratiques, leurs "savoirs". Et j'en connais quelques uns qui sont rentrés dans le monde du travail et font de l'anthropologie appliquée comme consultants urbains par exemple (pour le public comme pour le privé), ils font de la merde, j'ai pas d'autres mots, de la merde qu'ils labellisent "anthropologie". Interviewer trois connards dans un bar et pondre un rapport de 10 pages, c'est pas de l'anthropologie, quand bien même les mecs en face sont tellement à l'ouest qu'ils trouvent ça trop génial d'avoir le point de vue des habitants. Former tous les profs depuis la maternelle dans un système universitaire de 5 ans est une aberration. Que ceux qui veulent un diplôme pour bosser ou rendre les études professionnalisantes regardent les filières courtes, ou éventuellement longues mais non-universitaires. J'ai dit.
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  45. Oui, les conservateurs reprochent au libéralisme de ne pas être une conception perfectionniste de la politique, comme pouvait l'être par exemple celle de Platon soutenant que le but de la politique est le bien / l'élévation de l'âme. Les libéraux peuvent critiquer cette objection de plusieurs manières: -en soutenant que l'Etat, dont le moyen est la force (légale), ne peut pas produire cette élévation morale (à la différence de la persuasion ou de l'éducation conçue comme activités privés et volontaires). -en soutenant que, même si l'Etat pouvait le faire, ce serait au prix de libertés qui compte au moins autant voire davantage dans l'obtention du bonheur humain. -en soutenant enfin que, les conceptions de la vie de vertu étant inévitablement différentes, demander à l'Etat de rendre les gens vertueux ne viole pas seulement les libertés, cela menace telle conception particulière de la vertu d'être éradiquée par un dressage psychique favorables à des valeurs jugées nocives (par exemple les jacobins ou les communistes n'ont pas la même conception de ce qu'est une vie de vertu que ne l'ont les conservateurs -et au sein des conservateurs, un conservateur chrétien n'aura pas exactement les mêmes préférences éthiques qu'un musulman ou un bouddhiste. Admettre que le politique puisse agir au-delà de la défense de la liberté conduit donc à des luttes inextricables entre groupes qui essayent mutuellement de façonner le mode de vie global de d'autres individus ou groupes). Le libéralisme n'est pas responsable du manque ou de la crise du sens. Il est une doctrine politique et pas une philosophie générale (ou une religion). Il prétend résoudre la question du meilleur régime politique, pas celle du sens de la vie. "Le libéralisme n'est pas une vision du monde parce qu'il n'essaie pas d'expliquer l'univers, parce qu'il ne dit rien et ne cherche pas à dire quoi que ce soit sur la signification et les objectifs de l'existence humaine." (Ludwig von Mises, Le Libéralisme, 1927) Le fait qu'il considère que les questionnements ultimes sur l'existence ne nécessitent pas que les façons de vivre découlant des réponses proposées soient appliquées par la force n'implique nullement qu'il méprise ces questionnements ou qu'il prétende qu'ils soient impossible d'y répondre. Le libéralisme n'est ni un relativisme ni un nihilisme, ni même un scepticisme mou. Certains penseurs libéraux étaient des philosophes qui ont également émis des jugements tranchés -d'ailleurs divergents entre eux- sur ces questions ultimes. Mais il ne faut pas confondre la politique avec la morale ou avec l'ontologie. (Ce qui ne veut pas dire que les choix politiques ne présupposent pas des choix moraux et métaphysiques, généralement inconscients). Il serait donc appréciable que la droite cesse d'accuser le libéralisme d'être un "hédonisme" insipide, car cette accusation est hors sujet. Le fait que ce poncif haineux persiste obstinément depuis 200 ans n'incite hélas pas à l'optimisme en la matière. Il ne fait que masquer l'appétit de certains pour utiliser la violence légale afin d'imposer ce qu'ils croient être la vérité. Au final, le collectiviste respectueux des procédures d'accès au pouvoir politique n'est qu'une variante policée du terroriste.
    5 points
  46. Merci pour ce post. Alors je vais commencer par prévenir que je suis biaisé, car je suis prof. Ceci étant dit, j'ai écouté attentivement la conférence et j'ai une impression très étrange : celle d'une complète contradiction avec tout ce que je croyais établi par la recherche sérieuse. Je me permets de renvoyer à mon post de novembre qui tentait de la synthétiser : Alors pour résumer mes impressions (grosso modo dans l'ordre chronologique de la conf) : 1) Il prétend que l'éducation n'a fondamentalement changée en 3000 ans, en montrant une image de médiévaux qui ressemblent à une classe d'aujourd'hui -> bullshit (voir première partie de mon post). 2) Il explique que 1-8% de la variance des "achievements" seulement s'explique par le prof, mais il imagine une expérience (qu'il n'a en fait pas réalisée) dans laquelle il est nécessaire de classer les profs en fonction de leur "teaching ability". -> heu...puisqu'en gros il n'y a pas ou très peu de teaching ability, on fait comment exactement ? (@Lancelot l'a pointé). 3) Il explique qu'il a souvent donné un test (de fin d'année) en début d'année puis un autre similaire en fin d'année, et que ce sont les plus hauts QI qui ont le plus progressé -> sans blague ! Et alors ? (le type fait de l'enseignement frontal traditionnel en amphi, pour info...) En fait il redécouvre le fil à couper le beurre dans l'eau tiède... 4) Un bon point : c'est effectivement absurde de vouloir traiter tout le monde de la même façon, avec un moule unique et de croire que tout le monde peut tout réussir de la même façon -> certes mais aucun rapport avec la choucroute et l'effet des profs/la pédagogie. 5) Il prétend que toutes les études qui ne vont pas dans son sens mélangent sans le savoir les variables -> traduction : tous les chercheurs en sciences de l'éducation qui n'aboutissent pas aux mêmes conclusions que moi sont en fait juste des crétins (ceci dit il ne semble même pas avoir conscience de l'existence de leurs recherches, comme on le reverra). 6) La plus grosse étude qu'il cite (The Coleman Report de 1966) a mesuré les variables propres aux enseignants et aux structures avec des questionnaires !!! (trois points d'exclamation c'est le minimum). 7) Je passe toute sa revue d'études, en gros l'argumentation est toujours la même : la variable qui explique presque tout, ce sont les étudiants et leur intelligence. 8) Sans s'en rendre compte, il se tire une balle dans le pied en parlant du "fading effect" (bien connu) : même avec un bon prof, les effets s'estompent au bout de quelques années si on ne continue pas à avoir de bons profs -> oui, c'est pour ça qu'il faut accumuler les bonnes années de formation (c'est aussi lié à notre cerveau, évidemment). Mais...je croyais que les bons profs n'existaient pas vraiment...finalement ce qu'il mesure, c'est peut-être juste la dilution de trop peu de bons profs dans plein de mauvais. 9) Le QI prédit mieux que tout les achievements -> donc ceux qui réussissent le mieux aux tests sont ceux...qui réussissent le mieux aux test ? Aucune mention du groupe de pairs (fondamental notamment à l'adolescence)...qui parlait de variables non contrôlées ? 10) On arrive au climax : à 45'15" une étude de plus qui lie le QI aux achievements mais on va pas trop en parler parce que certains l'ont critiquée (bizarrement on aboutit à de grandes différences de QI entre hommes et femmes...dans des pays où les femmes ne sont pas scolarisées ! Tiens tiens...) puis à 45'45" on apprend qu'en prenant des jumeaux et en leur faisant apprendre la musique on n'aboutira à aucune différence significative (il ne définit pas "musical abilities") même si l'un d'eux s'entraîne 20 000 h de plus ! (c'est-à-dire le double de la durée considérée nécessaire pour devenir expert dans un domaine complexe). Mais bon heu...on va pas trop s'étendre non plus les gars. Heu...là j'avoue que j'ai commencé à ciller sérieusement. Je sais qu'il faudrait que j'aille lire l'étude en question (mon hypothèse c'est qu'elle ne dit pas du tout ce qu'il prétend qu'elle dit). Je reprends mon souffle : 11) Il en arrive à sa conclusion : faut arrêter de financer les profs et tout ce qui se concentre sur eux et mettre le paquet sur les étudiants pour comprendre l'intelligence -> cohérent avec sa position. Side note : de toutes façons les profs ne deviennent bons qu'au bout de 5 ans et après ne font que décliner...aucune source n'est mentionnée... 12) le secret sera dans une convergence entre génétique, neuro-sciences et cognition -> bah oui, c'est sûr (c'est aussi ce que disent tous les bons chercheurs en sciences de l'éducation...) 13) il faut regrouper les gens par niveau -> contradiction, il a passé beaucoup de temps à expliquer que l'intelligence d'un individu expliquait à elle seule plus de 90% de ses réussites académiques, et que peu importait l'université dans laquelle vous alliez étudier. Mon impression est celle d'un universitaire enclavé dans sa discipline d'origine, qui n'a même pas conscience de l'existence d'un pan gigantesque de la recherche sur le sujet mais dans d'autres spécialités, et qui imagine la pédagogie comme ce qu'il a du faire toute sa carrière en amphi. En réalité je pense il n'y a pas de contradiction entre ce que les études qu'il cite établissent réellement et ce que celles que je synthétisais dans mon post ont découvert. Le problème vient des biais et des préconceptions : si on est persuadé qu'un effet n'existe même pas (ou qu'on ne peut même pas commencer par imaginer son existence), on ne va pas concevoir une expérience pour l'établir ou le mesurer, et on ne le distinguera pas d'autres effets qui viennent éventuellement le noyer. On ne verra que du bruit. Pour finir, voilà un chercheur célèbre (dans son milieu) que je n'avais pas cité dans mon post de novembre et qui dit exactement le contraire, basé sur de vastes méta-analyses (comme quoi, on trouve toujours ce qu'on cherche, mais rarement ce qu'on ne conçois même pas) : Attention je ne dis pas qu'il n'est pas critiquable, mais c'est fascinant de voir des savants de spécialités différentes aboutir à des conclusions en apparence diamétralement opposées.
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  47. Sauf que ta vidéo a été coupée par Canal+ et qu'il faudrait retrouver la version coupée que tu as utilisée. Ce "du coup" n'a aucun sens ou mérite d'être développé. D'autant plus que l'idée d'antisémitisme nait dans le monde juif allemand (dans l'espace rhénan, hihihi, rhénan/Renan ?) comme un problème intérieur alors que l'islamophobie naît comme un concept de politique internationale en Iran. De toute façon, il faut classifier les différentes manières de critiquer l'Islam avant de se balancer des anathèmes à la gueule, parce que ces critiques se déclinent de nombreuses façon, et seule une petite partie peut être qualifiée de xénophobe. La première classe des critiques de l'Islam est d'ordre géopolitique et provient de la rencontre entre l'Occident moderne et un espace civilisationnel islamique dont l'un des fait les plus marquants, même si non exclusif, est la religion musulmane. On peut diviser cette classe en deux sous-classes, l'une historique et l'autre contemporaine. La critique historique de l'Islam, qui peut avoir un versant théologique, revient à répondre à la question : pourquoi le monde islamique, qui hérite des greniers à blé de l'Empire romain (Afrique et Égypte), des berceaux de la civilisation humaine (Mésopotamie et Égypte), et de tout le monde hellénique à l'exception de l'Anatolie (pour un temps) et de la Grèce, se trouve aujourd'hui en queue de peloton du Monde ? Les explications critiques cherchent à expliquer ce phénomène par la conception de la pensée que l'islam-religion a laissée se développer au sein de l'islam-culture. Cette critique n'est pas univoque et relève avant tout du débat universitaire. On pourra noter The Closing of the Muslim Mind de Reilly, qui reproche grosso modo à l'Islam de ne pas être thomiste (l'auteur est catholique ; c'est un peu idéologique). Dans les œuvres de vulgarisation moins engagée What went wrong ? de Bernard Lewis, sur la période ottomane, ou Aristote au Mont Saint-Michel de Sylvain Gouguenheim, qui cherche à répondre à une autre question, mais décrit l'évolution de la pensée dans le monde islamique jusqu'au XIIème siècle. La critique contemporaine, et c'est son problème, est bien plus politique et en interaction avec les néo-conservateurs. Il s'agit surtout de comprendre ce qu'Huntington appelle, dans Le choc des civilisations, les "frontières sanglantes de l'Islam". Le débat est un peu trop marqué par différentes idéologies pour que j'essaie de l'esquisser en quelques lignes. La seconde classe des critiques de l'Islam s'établit au sein même de l'Occident. C'est une critique de l'ordre de la politique intérieure qui naît de la confrontation entre les sociétés séculières occidentales et les vagues migratoires venues du monde musulman installées en Occident. Là encore, il y a plusieurs versants à cette critique : une revue des problèmes d'immigration classique, une critique des traditions venues des mondes islamiques, et une critique de la radicalisation des populations musulmanes immigrées. Les problèmes classiques de l'immigration, c'est la criminalité organisée, éventuellement le communautarisme et l'endogamie, avec différentes magnitudes, parfois la pauvreté. Comme c'est un débat qui peut s'exprimer assez facilement en termes économicistes/matérialistes, beaucoup, à gauche, ne voient la critique de l'Islam que par cette lorgnette, ce qui leur permet de dire que tout autre problème "est de l'islamophobie". La critique des traditions est celle qui pollue le débat public en France, parce que les traditions sont les éléments les plus visibles : en particulier le voile islamique et la nourriture hallal. C'est sur ce champ de débats qu'on trouvera la xénophobie la plus obtuse. Ce n'est pourtant pas une raison pour l'escamoter entièrement parce que la critique des traditions amène à la défense de l'émancipation (la notion d'émancipation n'a pas vraiment bonne presse sur ce forum, comme quoi c'est quand même très conservateur). Je pense qu'il y a là un débat très intéressant qu'on a du mal à poser ici, dans la lignée du Most intolerant wins de Taleb. La dernière forme, en dialogue avec les deux précédentes, est une critique de la radicalisation des musulmans en Europe ("la hallalisation des esprits"). C'est un phénomène moderne (quoique c'est peut être une rémanence médiévale), qui me semble assez inquiétant, et qui doit vraiment être distingué de la critique des traditions. A ces évolutions proprement religieuses viennent s'ajouter, comme une tumeur, In fine, c'est sur le sujet des traditions que le débat patine, parce que les problèmes sont mal posés, ou parce qu'on ne souhaite pas les poser. Mais souvent, on mélange un peu tout. On réussit grosso modo à distinguer les aspects géopolitiques des aspects de politiques intérieure, mais très rarement on voit une distinction propre entre le problème de la radicalisation, le sujet des traditions et de la sécularisation, et le sujet de l'immigration. C'est bien plus facile de traiter l'autre d'islamophobe.
    5 points
  48. Avec l'augmentation de la capacité de stockage et les réseaux ubiquitaires on se met à enregistrer plein de données qu'on n'avait pas avant (car on met des capteurs communiquants partout). Maintenant on également la puissance de calcul permettant de traiter cette masse de donnée. Typiquement ça revient à chercher des formes dans les espaces où tu représentes tes informations. Par exemple une droite dans un espace à deux dimensions dans lequel tu enregistres la taille et les résultats aux tests de lecture. Car plus on est grand mieux on lit (ce qui est statistiquement vrai). Ça permet de remarquer des corrélations qu'on ne pouvaient pas voir avant. Cependant ces corrélations sont agnostiques : à priori rien ne te permet d'une part de décider (uniquement à partir des données) si ces corrélations représentent un lien de causalité (il y en un entre la taille et la capacité de lecture ... mais qui n'est pas celui auquel on pourrait s'intéresser pour en tirer de quoi avoir une action sur l'illettrisme) ou si c'est juste comme ça par ce que c'est comme ça point à la ligne. Enfin se reposer uniquement sur les données pour prévoir le futur (car si tu analyses les données c'est pour faire quelque chose à partir de ces analyses) tu ne peux pas faire mieux que d'imaginer que demain sera probablement comme hier. Et là tu t'exposes au paradoxe de la dinde qui pense que l'être humain est bon envers elle car il s'occupe d'elle et la nourrit... Jusqu'à la veille de Thanksgiving.
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