Jump to content

Leaderboard


Popular Content

Showing content with the highest reputation since 06/15/15 in all areas

  1. 11 points
    Oulah que de réponses... Bon je vais me permettre de brosser un tableau de ce qu'est le marché de l'art aujourd'hui. Cela va resté très schématique, vu que je n'ai pas envie de rédiger 50 pages. La naissance véritable d'un marché de l'art comme on le connait aujourd'hui date du XIXeme siècle et même de la seconde moitié, notamment due à de nombreux facteurs: - Auparavant, un artiste était payé à la commande, c'est à dire qu'il réalisait une oeuvre pour le compte d'un commanditaire et le prix de cette dernière était convenu à l'avance. Il n'y avait pas d'accusation de plagiat et autre d'ailleurs vu qu'à cette époque, l'artiste renonçait naturellement à tout droit sur son oeuvre originelle. Il n'était d'ailleurs pas rare qu'entre artistes de renom, on se copie joyeusement sur certains thèmes (le portrait de Maddalena Doni de Rafael ne vous rappelle pas une certaine Joconde ?). - le XIX eme siècle, après la chute du second empire voit des changements de taille: · la plupart des œuvres sont détachées du contexte religieux · les artistes sont en contact avec le marché · l'offre fait la demande ainsi les artistes ne se soumettent pas à la demande des acheteurs mais leurs soumettent leurs productions - La bourgeoisie cherche elle aussi à acquérir des œuvres, symbole de leur ascension. Elle commence à chercher des tableaux de peintres reconnus, mais abordables. C'est à ce moment que pour répondre à cette demande apparaissent des courtiers en art, ainsi que des galeries pour exposer les nouvelles oeuvres. - La propriété artistique apparaît (droit d'auteur concernant l'art) et est renforcé par la convention de Berne en 1886 - Le« salon officiel » connait une première crise en 1863 avec l'apparition du "salon des refusés"puis parla création du « Salon des Indépendants » en 1884 et du « Salon d’Automne » en 1903 Des cette époque on voit les premières manipulations de cours. L'art n'est plus un symbole de statut social comme un autre mais devient objet de spéculation, surtout que son cours ne dépend pas de facteurs "rationnels" et peut être manipuler. Van Gogh, au delà de son talent, doit sa popularité post-mortem à sa belle sœur qui par d'habiles manœuvres et un certain sens du marketing a fait de ses tableaux des objets cotés. Sans elle et bien... On en parlerait comme d'un obscur peintre du XIXeme qui n'a pas laissé grand chose. Aujourd'hui le système est rodé. Admettons que vous êtes millionnaire et que vous aimeriez bien faire fructifier votre capital. Il se trouve que dans vos relations, vous avez un conservateur (d'un musée ou mieux d'un château ou autre endroit prestigieux) et un conseiller régional. Vous repérez un artiste prometteur (comme il y en a 20) et vous lui acheter quelques toiles à prix correct. Vous montrez les toiles à votre copain du conseil régional et vous le convainquez d'acheter plusieurs œuvres de cet artiste pour le FRAC; Puis vous dites au conservateur que, vu que le Frac expose cet artiste, ce serait sympa de faire une expo concernant l'artiste en question dans son lieu. Vous vous arrangez ensuite pour qu'une des œuvres exposées fasse polémique (taper sur l'église catholique... Cela ne menace pas votre vie et les intégristes religieux vous feront un maximum de pub en pétitionnant et manifestant contre l'oeuvre en question). Du jour au lendemain la valeur de l'artiste montera et vous pourrez faire une plus-value monstrueuse qu'aucun autre placement ne vous proposera. Au pire après, il suffit de trafiquer le cours d’enchères ou de gonfler les prix d'achat... (bon c'est très schématique, la réalité est un poil plus complexe mais l'idée est là). En plus rien ne vous interdit de bouger à l'étranger avec votre oeuvre, cette dernière étant trop récente pour avoir la qualification de "trésor national". Et je ne parle pas de la politique fiscale favorable à l'art... Pour ce qui est du blanchiment,... Dans les casinos et l'immobilier aussi. Et une oeuvre d'art, bah c'est traçable. Alors, oui la pratique existe mais entre nous c'est pas le meilleur moyen pour ce genre de pratiques. Là où Koons a passé un palier supérieur, c'est qu'il considère que l'oeuvre d'art est associée à l'idée de cette dernière et non l'oeuvre conçu elle même. En gros si un autre artiste avait pour idée de faire un bouquet de tulipes, Koons serait tout à fait capable de hurler au plagiat vu que l'idée (selon lui) est à lui. Voila, merci à ceux qui ont lu le pavé.
  2. 10 points
    - Quand un salarié touche 1 183 € (SMIC) sur son compte courant, sur les 1 654 € que débourse son employeur : o 8 % partent en cotisations patronales. o 20,5 % partent en cotisations salariales et CSG. o 0 % partent en IR. - Quand un salarié touche 10 000 € sur son compte courant, sur les 27 011 € que débourse son employeur : o 29,5 % partent en cotisations patronales. o 14 % partent en cotisations salariales et CSG. o 19 % partent en IR. Au SMIC, on touche 71,5 % de ce que débourse son employeur. À 10 000 €, on ne touche que 37 % de ce que notre vil patron a bien voulu payer pour nous. La courbe rouge représente le ratio entre la hausse du coût pour l’employeur et la hausse dont bénéficie le salarié (hausses en % et hors IR). Ainsi, au SMIC si le salaire augmente de 1 %, le coût pour l’employeur augmente de 1,6 %. On peut aussi voir ce phénomène de l’autre sens, ainsi quand un employeur fait l’effort d’investir 100 € de plus dans un salarié, celui-ci n’en bénéficie qu’à hauteur de 40 %. Ainsi, le taux de prélèvement marginal jusqu’à 1 800 € est supérieur à 50 % ! Entre 1 183 € et 1 900 €, on voit le ratio diminuer pour rejoindre un coefficient de 1. Il s’agit de la déduction Fillon sur les cotisations patronales qui décroit et s’éteint à 1,6 SMIC brute. Belle illustration de la trappe à bas salaire. Le salaire médian se situant aux alentours de 1 800 €, la moitié des salariés français est donc soumise à un taux marginal de cotisations supérieur à 50 % sur le super brute. Y a-t-il un lien entre la fin de la réduction Fillon à 1 800 € et le niveau du salaire médian ? La mise en place de la prime d’activité compense en partie le phénomène du taux de prélèvement marginal puisqu’elle s’applique jusqu’à 1,5 SMIC mais vient renforcer l’effet pervers de trappe à bas salaire. En plus de la gestion du prélèvement à la source par les entreprises, la prise en compte probable de la prime d’activité par les employeurs lors d’une négociation brouille un peu plus le rôle de chacun (jusqu’à 550 € de prime d’activité pour une personne célibataire). On voit un pic au niveau des 3 000 €. Le seuil est à 3 804 € brute (2,5 SMIC) – ou 2 615 € net – donc impactant la tranche net 2 500 € – 3 000 €. Cela correspond à un seuil de cotisation patronale maladie qui passe de 7 % à 13 %. Plus précisément, il s’agit de la pérennisation du CICE. En effet, avant le 1er janvier 2019, le taux était de 13 % et à la suite de la transformation du CICE en baisse de charges pérennes, le taux passe à 7 % mais seulement pour les rémunérations inférieures à 2,5 SMIC. En augmentant son salarié d’un euro (de 3 803 € à 3804 € brute), le patron se prend 230 € de hausse de cotisation. À voir dans quelques temps si ce magnifique effet de seuil se matérialise par une belle marche dans la distribution des rémunérations. Hormis ce seuil et la réduction Fillon, une augmentation de 1 % du coût pour l’employeur se traduit par une hausse de 1 % du salaire net (toujours hors IR) du salarié. Ce seuil de 3 804 € brute est aussi le niveau où le super net (donc cette fois-ci IR pris en compte) représente moins de 50 % de ce qu’a payé l’employeur. À partir de là, chaque nouvel euro négocié bénéficiera plus à l’état qu’à vous-même. La meilleure situation revient à bénéficier d’une augmentation entre 1 800 € et 3 000 € net hors IR. À ces niveaux-là, on bénéficie plein pot de l’augmentation i.e. tranche où vous bénéficiez le plus de ce que l’employeur vous accorde en sus. On a un système de rémunération qui favorise les bas salaires mais avec un seuil d’entré haut (SMIC). On se retrouve avec un système favorisant les secteurs économiques à faible VA mais avec en parallèle une forte pression sur les salariés pour rester compétitifs. Le système est progressif dans son ensemble (désolé je n'ai pas fait de zoom sur les 0,000 000 6 % les plus riches soit nos 40 milliardaires français). On passe d'un taux super net de plus de 70 % pour le SMIC à 37 % pour les gros salaires. La prime d'activité, la CAF, l'IFI viennent probablement renforcer ce mécanisme. Les chiffres ont été obtenus grâce à Pole Emploi. Ils sont bruts et ne tiennent pas compte de toutes les subtilités pouvant faire varier le taux des cotisations ou l’impôts sur le revenu.
  3. 10 points
    Ce qui m'insupporte au plus haut point actuellement, ce sont les critiques gauchistes à l'encontre de Parcoursup qui font leur petit chemin dans la tête des gens. Tout le monde finit par croire que se généralise une logique de sélection dans le supérieur qui se ferait en défaveur des classes sociales défavorisées. Or c'est exactement l'inverse qui se produit depuis quelques années : l’État petit à petit est en train de déconstruire la logique des filières sélectives, pour des motifs sociaux socialistes. Déjà sous le quinquennat précédent, la filière sélective qui s'adressait aux étudiants de niveau modeste (le BTS) a été totalement saccagée par une politique de quota qui oblige les lycées à prendre en priorité des diplômés de bac pro au détriment des autres (alors que très peu de bacs pros étaient sélectionnés lorsqu'on laissait la liberté aux profs de BTS de sélectionner comme ils l'entendaient). Sauf cas rarissime et exceptionnel, les diplômés d'un bac pro n'ont pas les qualités nécessaires pour suivre des études sups. Résultat : un gros nivellement par le bas. Les programmes de BTS ont été totalement révisés pour que de tels étudiants puissent obtenir le diplôme. Pour donner un exemple frappant, en BTS on ne fait plus rédiger aux étudiants de mémoire de stage. Trop difficile... La destruction de ce diplôme est un véritable scandale car on avait avec le BTS une filière qui avait les qualités de la sélectivité et qui permettait de hisser vers le haut des gamins de niveau moyen et généralement issus de familles modestes. S'est généralisée également depuis trois ans, une même politique de quota pour les IUT, qui avaient le gros défaut aux yeux du ministère d'avoir une trop forte proportion de bacs S dans leurs effectifs. Des quotas de bacheliers technos leur ont été imposés. Et désormais, avec Macron, sont également imposés aux établissement supérieurs sélectifs des critères sociaux : le fait d'être boursier vous fait remonter automatiquement dans les classements. Un collègue responsable d'un DUT m'a dit qu'il avait constaté que cela faisait remonter certains candidats de plus de 200 places dans son classement ! Autant dire que le niveau de l'étudiant n'est plus le critère déterminant de sélection. Bref, l'EN est en train de vider de leur substance les filières sélectives en faisant perdre aux établissements par petits coups de canifs successifs la possibilité de sélectionner comme ils l'entendent...
  4. 7 points
    Je démarre un nouveau thread pour répondre à ta question et ce, afin de ne pas polluer l'autre. Bon, en quelques (longues lignes), l'explication de P. Raynaud (complétée par Wikipedia. Je sais, ce n'est pas très sérieux mais cela ne concerne que des points mineurs). Attention, un wall of text se cache dans le spoiler ci-dessous, on attache donc bien fort sa ceinture ! TLDR : tout ça est bien compliqué, même moi je m'y perds. Il faut juste retenir qu'au final, c'est rien que de la faute de Trotski et de ses analyses foireuses. Si certains ont des infos complémentaires ou des corrections à apporter, qu'ils n’hésitent pas.
  5. 7 points
    Oui l'argument de l'ONU à propos de Mayotte c'est quand il y a un référendum tu ne peux pas choisir des morceaux de la taille qui t'intéresse. Comme si pour une indépendance le colonisateur gardait des villes voir des quartiers qui ont voté non. Mayotte a beaucoup de soucis. Déjà à l'indépendance il y avait 30 000 habitants sur l'ile. Maintenant on est proche du demi million, c'est plus de x10 en moins de 50 ans. Sur 376km². Comme plus de la moitié de l'ile est classé en réserve naturelle ou forestière, il y a de gigantesques bidonvilles qui se sont développés. Aussi, la tradition immobilière maoraise ne permet pas de supporter une aussi grosse démographie : Les adolescents se construisent une cabane et les pères construisent des maisons pour leurs filles à marier. La gestion des terres et leur inclusion dans le droit français a été catastrophique, imaginez la corruption qu'il y a quand un élu à le pouvoir de retirer des terres a des agriculteurs parce qu'ils n'en ont pas les papiers ou que le cadi (juge musulman) qui a acté la succession est mort, pour les donner à leurs potes. Le principal soucis c'est l'insécurité, la violence. C'est difficile de déterminer précisément les causes : pauvreté et inégalités (mais les Comores sont encore plus pauvre et ils n'ont pas ce problème), sentiment d'injustice et déception (quand les jeunes envoyés par leurs parents se retrouvent à survivre dans un bidonville alors qu'on leur avait promis la vie facile chez les riches), rupture générationnelle (l'éducation à l'africaine où n'importe quel adulte se doit de corriger n'importe quel gamin quand il le voit faire une bêtise n'est pas très efficace dans des villes à très forte densité de population) mineurs isolés sans papiers (3000 recensés, probablement le double en réalité) qui vivent dans la rue avec ce que ça implique de violence. Mais la principale raison, et c'est celle qui est mise en avant par les gréviste, c'est l'incapacité totale de la police à assurer ses fonctions les plus basiques. Ils sont en sous nombre, une grande partie est là pour des missions de un an, parfois 3 mois. Aussi le système judiciaire métropolitain n'est pas adapté du tout à ce type de population. La prison ne fait pas peur, trois repas assurés par jours c'est une perspective alléchante pour une grande partie des jeunes délinquants. Aussi, au niveau du sous effectif de la police, la raison pour laquelle la grève ne s'est pas arrêté suite aux déclarations de la ministre c'est parce qu'elle a promis 16 malheureux postes, ce qui ne rempli même pas les promesses non tenues pendant les grèves de 2016. Après, il y a aussi de gros problèmes structurels : administrations pléthoriques, surpayées et inefficaces (ce qui est parfois un avantage mais pas tout le temps) infrastructures dans un état lamentable, manque de moyens scolaires (les écoles primaires c'est des cagibis sans eau sans électricité, sans livres, sans crayons avec des profs qui parlent à peine français) Au niveau de l'immigration, c'est bien sur un problème, bien moins grand que ce que les maorais veulent faire croire. Quand une entreprise ne peut pas ouvrir parce que son employé s'est fait attrapé et expulsé la veille au soir (la paf ne respecte aucune procédure légale, ils font absolument ce qu'ils veulent) c'est toute l'économie de l'ile qui en pâtit. Et c'est plus facile d'attraper un père de famille qui bosse qu'un jeune délinquant dans une bande armée. La grève fait suite au droit de retrait des chauffeurs de bus scolaires, qui se faisaient caillasser et a la fermeture de collèges et lycée suite à de fortes violences : dans le lycée d'un ami une bande armée est arrivé dans l'après midi et s'est mis a défoncer les élèves, un s'est pris un coup de machette au crane et a du être envoyé à la réunion par hélicoptère. Ici je pense que ce sont des guerres de gang qui attisent les rivalités entre villages et qui dégénèrent. Dans le lycée de mon ami il y avait 1600 élèves et trois agents de sécurité. Dans le collège ou je suis, juste a coté du deuxième plus gros bidonville de l'ile, comme il y avait eu les années passées beaucoup de violence pour 1800 élèves il y a une douzaine d'agents de sécurité (des médiateurs on appelle ça), une 30ne de pions et des rondes journalière de la police qui viennent prendre la température. Des milices se mettent en place dans les villes, ce qui laisse craindre que ça dégénère, je sais que ça ne va pas faire plaisir aux anarcaps mais elles ont déjà commencé à procéder à des expulsions sommaires dans quelques quartiers et ca risque surtout d'un un moyen d’extérioriser le racisme contre les comoriens. Sinon l'ile est complètement bloqué, les barrages routiers laissent à peine passer les ambulances, les médecins ou les pompiers. Pénurie d'essence, les magasins se vident, beaucoup d'entreprises commencent à être au bord de la faillite et il commence à y avoir de grosses tensions entre les grévistes, barragistes et le reste de la population qui n'est pas fonctionnaire. Moi ça va, je suis en vacances payées, je vais donner quelques cours de temps en temps au collège a coté de chez moi car le mien est inaccessible. Sinon la ministre des outre mer à promis "plus d'Etat" (la phrase qui fait tremblé tout libéral) à mayotte et il est très probable que ça se traduise uniquement par plus de plantons pour contrôler les cartes grises et les excès de vitesse, de services d'hygiène qui vont contrôler les licences ou les magasins non déclarés et que les vrais soucis soient complètement ignorés.
  6. 7 points
    AMA en gros La base arrière des sjws, ce sont les facs, et la culture diffuse qu'ils ingurgitent est la chair même de l'identity politics. Sur les contours de ce dernier courant théorique et pratique : https://plato.stanford.edu/entries/identity-politics/ On peut effectivement se poser la question de savoir si les assos militantes qui organisent les campagnes d'intimidation sur les campus ont lu directement les grands auteurs, ou, plus simplement, comme la plupart des étudiants, se contentent de leurs cours et de digestes pour occuper leurs esprits. N'importe quel étudiant en droit par exemple est plus ou moins positiviste sans pour autant avoir lu Kelsen dans le texte, parce qu'il s'agit de l'idéologie diffuse de la discipline. Ils y a des profs mégalos et des militants attentistes : chez certains profs, en particulier chez les marxistes et plus généralement à l'extrême gauche, il semble avoir un besoin de donner à son travail un sens politique. Certains crackpots pensent leur travail comme la traduction intelligible de phénomènes sociaux profonds qu'ils ont la capacité de rendre public et de mobiliser. Je pense à des types comme Bourdieu ou Butler, qui se voient comme les portes-paroles de l'avant-garde d'une catégorie sociale opprimée. Les militants attentistes seront ceux qui seront capables d'extraire des débats théoriques des positions politiques pratiques pour défendre des intérêts collectifs particuliers (éventuellement monétisables). Si les identités collectives pourrissent le débat, c'est parce qu'il y a un marché de la passion identitaire qui marche, et que certains entrepreneurs politiques peuvent en tirer profit en appuyant sur les bonnes cordes. Ensuite les grandes universités forment les élites politiques et culturelles, ce qui fait qu'elles se diffusent auprès de la classe discutante pour innerver l'ensemble des élites. https://medium.com/incerto/the-intellectual-yet-idiot-13211e2d0577 Je suis en train de lire le dernier Taleb sur les asymétries quotidiennes cachées : il y a un chapitre qui rejoint un peu ce que dit Poney sur la révolution. Il s'intitule : "c'est le plus intolérant qui l'emporte" : il suffit qu'une minorité intransigeante atteigne un niveau relativement faible pour que la totalité de cette dernière doive se soumettre à ses préférences. (pourquoi ? Parce qu'il est moins coûteux pour une majorité indifférente-ou plutôt flexible- de se conformer aux desideratas de la minorité que l'inverse). On peut imaginer que c'est comme ça que se sont diffusés les messages les plus wtf des cultural studies non seulement à la fac, mais aussi au sein des élites anglo et dans l'industrie du spectacle, de l'information et de la variété. Le risque, c'est l'intolérance idéologique au sommet, le cléricalisme progressiste, la pétrification des débats et des disciplines, le divorce encore plus prononcé entre le peuple et ses élites (avec les risques que cela peut faire courir), la dilution des principes du gouvernement représentatif, l'extension du domaine de la superstition vertueuse sur la réflexion, la transformation des élites en fragilistas pénibles, le sacrifice de la recherche de la vérité au nom du ressentiment collectiviste, etc. Maintenant soyons clairs sur une chose, ce qui est inquiétant là-dedans, ce ne sont pas les débilos qui font une vid sur youtube ou les connards qui twittent des mongoleries d'un enfant de 5 ans mais plutôt certains phénomènes de sidération collective qui révèlent la pénétration des idées débiles dans les couches supérieures de la société. C'est le moment Caitlin Jenner aux USA : il y a quelques années la pression médiatique était telle aux usa qu'il était impossible de critiquer CJ dans les medias sans passer pour un affreux. Il y a eu une sorte de moment orweillien assez bien saisi par ailleurs par South Park (le trumpisme est d'ailleurs l'un des retours de bâton de cet esprit moraliste agressif qui ne supporte pas de contradiction) http://southpark.wikia.com/wiki/Caitlyn_Jenner Le collectivisme moral des groupes divers et variés qui constituent le panthéon swj menace la liberté d'expression, s'en prend à la science quand elle n'est pas conforme à ses aspirations, et promet d'être le plus gros aspirateur à pognon public de ces prochaines années, parce que c'est au contribuable de payer pour leurs souffrances imaginaires et collectives, dire le contraire, c'est déjà être raciste, xénophobe, néocolonialiste, etc. Le poids de l'idéologie diversitaire largement portée par les élites, associé à la white guilt peut avoir des conséquences un peu plus douloureuses que de devoir se taper Lilian Thuram en expert de l'histoire de France. Eduquer les gens à être soumis au politiquement correct le plus pavlovien est aussi se résigner à être totalement servile. https://www.theguardian.com/uk-news/2018/feb/20/rotherham-sexual-abuse-victims-rises-to-1510-operation-stovewood
  7. 6 points
    On peut dire plein de chose de cette affaire. Déjà, comme d'autres l'ont noté ( @Rocou par exemple), ça vient de Merdapart : c'est donc totalement téléguidé. Comme par hasard, on apprend en parallèle que 15 députains socialistes - dont ce gros benêt de Cambadélice - se sont fait toper les doigts plein de confitures. L'enquête suivra, mais on distingue déjà la réponse du berger à la bergère. Donc oui, ici, on comprend qu'en amplifiant / relayant / commentant ces affaires, on sert la soupe à ce trouduc de Plenel qui méritera le lampadaire qui a déjà son nom. Certes. D'autre part, oui, c'est évident que nos élus s'empiffrent dès qu'ils le peuvent et font généralement preuve d'un mauvais goût de parvenu assez clinquant (le sèche-cheveu plaqué or de la pouffe de Rugy, c'est assez croquignolet, mais tout à fait typique de ce style gitan-manouche qui traverse les "élites" de la Nation à mesure qu'elles se recrutent dans un corps de plus en plus mafieux et crapuleux). De Rugy n'est pas le premier, n'est pas le seul, n'est pas le dernier. Enfin, oui, il y a bien une nécessité de faste pour les réceptions des hauts gradés de la République ce qui amoindrit le propos "ils vivent dans le luxe" puisque c'est justement leur fonction, de représentation, qui leur "impose" ce luxe. Bon. Ceci posé, - on peut, on doit goûter au plaisir de ces misères qui étreignent ces abrutis de politiciens qui ont joué, surjoué la partition de la morale et des bonnes moeurs pour se prendre le retour de bâton dans la gueule. Mieux : n'oubliez pas que Rugy et ses compères, ce sont des types qui expliquent partout que "s'il y a des pauvres, c'est parce qu'il y a des riches", dans la plus pure tradition du socialisme de jalouserie franco-français. Qu'il se prenne maintenant de plein fouet les chenilles de toute la colonne de tanks des médias sociaux est bien fait pour sa gueule de démagogue idiot : à force de répéter ces âneries, il a fini par en convaincre tant que ceux-là vont lui faire les tripes. C'est exactement le genre de leçon qui peut finir par porter dans la tête de ses comparses. - que l'affaire soit présenté par Merdapart ou d'autres n'y change fondamentalement rien, téléguidé ou non, il ne faut jamais louper une occasion de faire gicler un avorton comme celui-là du pouvoir. IL FAUT QUE LES POLITICIENS TREMBLENT, systématiquement, lorsqu'ils exercent le pouvoir. La main tremblante de Montesquieu, c'est pas du poulet et ça devrait occuper les esprits notamment de ceux qui écrivent les lois. De Rugy n'est pas le pire, mais justement : il faut en passer par là pour terroriser les pire aussi. Chaque pas dans cette direction est la bonne. Quand un Macron commencera à faire dans son pantalon à l'idée d'utiliser la CB de l'Elysée, là, on aura enfin un début d'espoir pour sauver le pays. On en est beaucoup trop loin. Un Rugy n'est qu'une petite étape. Il en faudrait beaucoup d'autres pour qu'enfin on se rappelle que ces gens sont des valets, pas des maîtres. - on pleurnichera très vite sur l'aspect "oui mais bon la vie privée de Rugy est passée au crible, c'est dur". Vite, parce qu'en réalité, ce type **a choisi** de devenir politicien. Il n'a pas dérapé malencontreusement sur les listes d'inscriptions dans les différents partis auxquels il a appartenu, il n'a pas présenté par hasard sa bobine dans les élections, il n'a pas agité ses subventions sous le nez des gogos votants pour être nommé ministre sur un coup de chance, un malentendu ou un concours de circonstance. Ce type, comme tous les autres, **a voulu** le sort en question : le homard thermidor, il voulait en croquer. Il l'a eu, et ça s'est su. Maintenant, il va falloir assumer, vindicte populaire comprise. Pour rappel, la transparence doit être nulle pour le citoyen et totale pour le politicien, parce que le citoyen n'a aucun droit et l'Etat, lui, les a tous.
  8. 6 points
    J'avais pondu ça l'année dernière :
  9. 6 points
    Libéral classique n'est pas synonyme de libéral modéré. Friedman est toujours cité à tort et à travers sur l'immigration. Je l'ai déjà expliqué à plusieurs reprises sur lib.org et CP : le propos de Friedman était une critique de la social-démocratie. Il ne visait pas à promouvoir un contrôle de l'immigration mais à souligner malicieusement les effets pervers de l’État-providence sur les libertés individuelles. C'était un argument pour montrer les incohérence de la social-démocratie, qui se prétend progressiste en matière d'immigration, mais dont l'application des principes aboutit à l'exact opposé à une politique autoritaire dans ce domaine. Friedman n'était pas un libéral modéré mais un libéral "pragmatique". Il considérait que les libertés économiques, politiques et civiles étaient indissociables. Son approche pragmatique était de gagner petit à petit des libertés économiques, considérant que les libertés économiques ouvriraient une brèche et que les autres libertés individuelles finiraient par suivre naturellement. Je ne connais aucun argument libéral classique en défaveur de la liberté de migrer. Aucun. En revanche, il y a de nombreux prétendus libertariens anarcho-capitalistes (en fait des droitards) qui mobilisent leur corpus théorique (à la suite de HHH) pour lutter contre l'immigration. Je rappelle par ailleurs que ce sont des principes libéraux classiques (et non des principes anarcho-capitalistes) qui ont permis l'espace Schengen, c'est-à-dire une mise en œuvre très concrète de la liberté de circulation des personnes au sein de l'UE.
  10. 5 points
    Won't anybody think of the children ?! C'est rigolo, c'est la formule de Constant renversée : on sacrifie un truc rendu artificiellement abstrait au prétexte de sauver des gens concrets. Les Européens et Asiatiques ont domestiqué depuis des milliers d'années toutes sortes d'animaux, et ce d'autant plus que l'Eurasie est à peu près orientée Ouest-Est, i.e. qu'une même latitude (et donc un climat comparable) couvre une vaste bande de terre, facilitant l'acclimatation des animaux dans des coins très éloignés. À l'inverse, les Amérindiens n'ont presque rien domestiqué (faute de faune intéressante, en bonne partie), et leur continent est orienté Nord-Sud, rendant plus difficile le transfert d'animaux domestiqués. Or, un animal domestiqué, ça peut être une cause de zoonose. Et le fait est que la plupart des glandes maladies infectieuses de l'humanité sont des zoonoses, en fait (charbon, grippes, brucellose, peste, salmonellose, lèpre, leptospirose, rage, toxoplasmose, trichinose, tuberculose, listériose, variole, hépatite E, typhus, botulisme...). Du coup, ces animaux domestiqués ont forcé les populations d'Europe et d'Asie à développer des résistances contre ces maladies, et à garder notamment une certaine diversité de leurs allèles HLA (permettant la reconnaissance du non-soi). À l'inverse, les Amérindiens en ont été protégés pendant des millénaires, et les allèles permettant de résister à des maladies n'avaient pas de raison d'être sélectionnés ; au contraire, le phénotype correspondant étant généralement un poil plus coûteux pour un tas de raisons, ces allèles ont eu tendance à disparaître. Et plus encore dans la mesure où le peuplement des Amériques a donné lieu à une série d'effets fondateurs, appauvrissant le pool génétique général, et des HLA en particulier (en gros, les Amériques sont le coin du monde le plus éloigné du lieu d'origine de notre espèce, et le Sud plus encore que le Nord). Et en fait, il y a eu un coin du monde où les explorateurs Européens ont été complètement décimés par les maladies locales avant que la médecine ne leur permette d'aller plus loin : l'Afrique.
  11. 5 points
    Ha. J'espère que t'as pris le temps d'écrire la question, car la réponse va être épique. Star trek c'est un peu le truc vieux qui sent la poussière saupoudré d'instant kit kat, ou plus rien ne compte. Donc résumons, histoire que tu te rendes compte du temps à consacrer, que ça soit en picorant, ou bingewatchant (je conseille pas forcément de binge watch un truc pareil) A penser: Les star trek sont structurés autour d'episodes de 40 minutes. Hormis l'évolution et la présence /retrait de certains personnages et certains fait marquants, il n'y a pas de fil rouge. (à l'exception de la fin de star trek DS9/et enterprise , mais ça reste fugace) On peut donc sauter les épisodes pourries sans trop de peine, au pire ca donne "ha il est mort lui? ha il y a un wormhole maintenant) A noter, pour es matheux, c'est toujours sympa de se représenter l'univers selon les distance star trekienne, il y a un côté la galaxie pour les nuls plutôt sympa (mais complètement fantasmée ) Le listing des épisodes, dans l'ordre de parution, on prévient: il y en a plus de 800 au total. 3 saisons avec kirk ( et une série animé en plus) , puis 6 films. Ca se passe vers la fin du 23° siècle. <- je mentirais pas, c'est plus pour sentir l'écart de 60 ans de télévision, ( avec quelques instants chouettes ou se rend compte de comment les gens pensaient l'époque) que pour les scénarios et la mise en scène. Il y a évidemment de grands épisodes sinon la sauce originelle n'aurait pas pris. Mais tuer 60H la dessus, faut avoir de la patience. Reste l’introduction de la mécanique trekienne, mettre un personnage (Spock) hors du monde et parfait critique de société en side Kick d'une capitaine Stylé. 2 des 6 films sont sympa, le reste oubliable. 7 saisons avec Picard, Star Trek nouvelle génération Puis 4 Films, puis St: Picard depuis une semaine. Ca se passe techniquement 80 ans après Kirk, ce qui justifie l'écart de technos. Bon la on va être clair, c'est pas pour rien que la hype dure depuis 40 ans. Next Generation a tout amené à la SF à la télévision, les acteurs sont bons, certains épisodes passionnants, la mise en perspective de l'humanité à travers son regard futur superment travaillé. Reste 180 épisodes, et dont il faut avouer qu'ils n'étaient pas inspiré toutes les semaines non plus. Mais il y a un top 10 qui s'inscrit sans problème dans les meilleurs instants de télévision, et certainement un top 50 des épisodes ou on passe un bon moment. Au delà de la performance mortelle de Patrick Stewart, fraichement débarqué du monde Shakespirien pour venir faire capitaine de vaisseau chauve, et pourtant calmer tout le monde, Il y a 'Lieutenant commander Data' joué par Brent Spinner. C'est ce qu'on peut appeler du grand art. L'acteur a donné un côté robotique à son jeu , teinté d'une fraicheur innocente d'enfant découvrant la vie mais coincé dans un aquarium, avec une performance phénoménale. Ce personnage est adulé non seulement par son positionnement scénaristique mais aussi grâce à l'acteur lui même. Il est autant à l'origine de l'esprit Star trek qui anime toutes les conventions depuis 40 ans que Spock et Kirk réunis. Le défaut de TNG: Star trek est basé sur la résolution deus ex Machina 80% du temps. L’épisode dure 42 minute, et à 39min on a toujours aucune idée de comment ils vont s'en sortir, puis magie, et voilà c'est fini. Ca peut avoir passé de mode, mais si on accepte le modèle, ça le fait. Enfin les effets spéciaux des 1eres saisons sont un peu rèches, c'est de 1987 après tout. Certains personnages comme Q valent leur pesant de cacahouètes/pop corn <- Conseil de visionnage, il faut suivre le top 50 ou démarrer du début et sauter les épisodes dont on sent très vite autour de quel personnage ça va tourner, certaines trames personnages sont moins bonnes que d'autres, mais c'est une histoire de goût. On passera peut être rapidement sur la saison 1, quitte à revoir ça en détail 5 ans plus tard quand la passion trekkie aura pris le dessus Les 4 films sont bons, pour des raisons différentes. -Le 1er avec le TNG crew (7eme de la saga) mixe picard et Kirk, un instant fan service attendu. -Les 2 nd est simplement un TRES bon film qui fait honneur à l'unviers. -Le 3eme est scify friendly, mais pas indispensable. -Le dernier est le moins bon, mais il amorce Star Trek: Picard, donc c'est un must see quand même. A savoir, Gene Roddenberry, l'auteur originel , est mort vers la saison 5. Mais vu qu'ils avaient par le pur hasard recruté Ronald D Moore ( Monsieur Battlestar moderne) ça a bien tourné jusqu'au bout. Mention spéciale à Ron pour avoir développé le mythe Klingon. 7 Saison avec Sisko, un capitaine black dans les années 90 , Star Trek Deep Space 9, pas de films associés à ce crew. C'est une série qui a eu du mal à prendre. D'abord, il n'y a plus de voyages, c'est sur une station (pitch en concurrence avec Babylon V à l'époque). Il s'agit plus de développer du lore pendant 5 saisons, et résoudre la scène globale durant les deux dernières. C'est pour ça que ça a eu du mal à prendre. DS9 arrive au moment ou c’était pas encore l'époque d’étoffer de l'univers au détriment des personnages. Une fois passé le changement de mécanique scénaristique, c'est une série qui s'est bonifiée avec le temps, et qui est passé de malaimée à adorée. Les plus: Il s'agit d'un traitement beaucoup plus politique, les grands forces en présence se développent et menacent, les personnages sont centraux mais ont des identités très différenciées. Il y a le juif de service capitaliste jusqu'aux ongles comme cliché , mais aussi la nana qui vit en symbiose avec un ver dans le ventre, le métamorphe qui va avoir du mal à expliquer au monde qu'il n'est pas fait d'os et qui cherche d'ou il peut bien venir puisqu'il est le seul connu, et enfin la nana fraichement sortie de camp de concentration qui a pas l'intention d'y retourner et a qui on risque pas de vendre de la social justice. Il y a aussi le développement des Cardassiens, sortent d'allemands repentis mais pas trop. L'acteur cardassien est mortel. Les moins; années 90 oblige, ça aura pu tenir sur 4 saisons et non 7. Certains dénouements du fil rouge pas bien épais mettent une vie à arriver, car la mécanique de tenue d'un fil sur une saison n'existait pas encore. A voir: Comme les autres, un top 50 à faire, sauf si on s'est épris du mécanisme Star trek gràce à TNG. DS9 fait partie de ces plaisirs coupables, on sait qu'un épisode sur deux coûte trop cher en temps, mais on se met dans une sorte de temporalité parallèle où on est bien au coin du feu à noel en famille.... Il vaut concentrer les épisodes du top 50 vers la seconde partie de la série. 7 Saisons avec Janeway, Star Trek Voyager, pas de films. Retour aux origines du voyage, vu que DS9 n'avait pas été bien perçu en son temps, comme si enlever le voyage réduisait le potentiel de l'univers et en faisait une série mineure, ce qui sera considéré comme une bétise par tous les trekkie ensuite Bref, Voyager, Faut vraiment être addict pour pas zapper ... jusqu' à la saison 4. Après ils ont mis une blonde à gros seins.... qui en plus relève le tout. Voyager connait comme personnage type spock/data un hologramme docteur qui a bien du mal à accepter qu'il ne peut pas sortir du vaisseau. C’était bon, mais ça a malheureusement pas supporté plus de 3 saisons qui en plus sentaient la resucée de Next generation. Les scénaristes ont eu la présence d'esprit à partir de la saison4 de déployer monstrueusement le lore des Borgs, la menace trekienne par excellence, tout en récupérant la blonde qui va réinitialiser le côté Data raté de l'hologramme. Du coup on se retrouve avec deux protagonistes avec un regard sur l'humanité complémentaires, cette partie là marche plutôt bien. La qualité: plus de Star Trek ne fait jamais de mal à postériori. Les défauts: c'est TNG en moins bien, car les scénaristes n'ont pas le grain de génie de Moore qui s'est tiré faire BSG vers la fin de Deep Space Nine. Voir juste les premiers épisodes pour les persos , les doubles épisodes, le top 10 des borgs, et le top 10 ou Seven Of Nine montre ses seins. En entier si on est fondu de la série. On peut honnètement tout zapper sion est pas fan. 4 Saisons avec Scott Bakula en capitaine Archer, Msieur Code Quantum, Star Trek Enterprise, pas de films. Le parti pris, Cette série se passe AVANT kirk ( du coup les FX du vaisseau n'ont aucun sens, la série étant evidemment plus belle que dans les années 60) 2 premières saisons médiocre, on sent déjà le miel des années 2000 pointe rle bout de son nez, puis une bonne idée pour la saison 3 qui aurait du durer 8 episodes et en dure 25.... La dernière saisons est oubliée, pour dire qu'elle ne doit pas casser des briques. les plus: toujours more Star trek, après 25 saisons on est juste en mode "'please rewind again". La naissance de la fédération. Les acteurs font leur travail, mais c'est parce qu'il faut trouver un plus. Les moins: Ni bien comme au début de la saga, ni essentiel, avec certaines fautes d'univers, quasiment tout les personnages sont superflus. Le fait que ca se passe AVANT KIRK les amène à respecter la chronologie des rencontres spatiales, et vu qu'ils avaient épuisés les metamorphes, les hologrammes et les robots, ben ils ont remis une vulcain en side Kick observateur. Ca n'amène RIEN et c'est tout le problème. EN plus ca vire grossier, elle est beaucoup trop souvent quasiment à poil. Voir: euh joker, comme une curiosité, mais c'est clairement pas essentiel, dommage pour Scott bakula, on en attendait beaucoup. 2 Films Star TREK rebootés de BAD ROBOT avec JJ ABBRAMS aux commandes: Tu Vois Star WarsVII VIII IX ? Ben dis toi qu'il a été respecteux de Star Wars. J'avais vu venir l'echec star wars dès les 20 premières minutes de son Star Trek. Abbrams chie littéralement sur les mécaniques trekienne car il n'a pas fait ses devoirs.. Il y a donc deux camps: Ceux qui se sont tapés 800 episodes et pour qui c'est un affront, et ceux qui trouvent que quand on enlève Star Trek de l’équation ce sont des bons films pop corn. A voir? Au pire ça tue 4 Heures avec des lense flare qui font pleurer les yeux. 1 Film Star Trek Beyond de Simon Pegg. Je me suis endormi. La série Star Trek Discovery sur Netflix depuis 3 saisons., après 12 ans d'absence de Star Trek à la télévision: HAHA. non. Star Trek: Picard: 1 épisode, gorge nouée du début à la fin, j'attends demain depuis autant de temps qu'un enfant attend Noêl. Je dirais si c'etait rationnel l'année prochaine (Et je saute evidemment univers étendu, livres, comics, animés, conventions, joués dérivés, jeux vidéos. Il aprait que le jeu en réalité virtuelle est bien, et je suis pas assez Nerd pour avoir testé le monde persistant). Voilà, tu peux aller tuer 1000 Heures de ta vie BIENVENUE !
  12. 5 points
    L’ambiguïté de l'adjectif "productif" vient du fait qu'il renvoie à deux substantifs à la signification différente : production (1) et productivité (2). Du coup, productif admet également deux significations. Un "salarié productif" peut désigner une personne qui produit, qui réalise son travail (sens 1) ou une personne qui a un bon rendement (sens 2). Dans le sens 1, c'est assez proche de l'efficacité : est productif un salarié qui réalise le travail pour lequel il est employé. Dans le sens 2, il s'agit d'efficience : est productif le travail d'un salarié qui rapporte : il produit davantage qu'il ne coûte. Une troisième signification du terme "productif" peut également être utilisée, plus rarement : est productive une personne qui réalise des choses utiles à autrui. C'est généralement ainsi que l'entendent les libéraux. Dans ce sens 3, il s'agit d'effectivité : est productif le travail d'un salarié qui produit des effets désirables (effets --> effectivité). L'adjectif productif appliqué à la fonction publique peut donc s'entendre comme : 1- une fonction publique efficace : elle produit des services publics en contrepartie des prélèvements 2- une fonction publique efficiente : elle optimise les ressources (impôts et taxes) mises à sa disposition pour produire les services publics 3- une fonction publique effective : elle produit des choses utiles à la société (elle produit les bons services, ceux qu'il faut faire, qui répondent aux réels besoins des concitoyens). Pour résumer, les étatistes considèrent que les fonctionnaires sont productifs en ce qu'ils produisent un travail (sens 1), ce qui est vrai ; alors que les libéraux contestent l'efficience et l'effectivité de la fonction publique. La gabegie qu'entraine une gestion bureaucratique des services publics peut se vérifier : dans le gaspillage des ressources : une bureaucratie publique est improductive dans le sens où elle fait mal les choses (sens 2, inefficience) dans la mauvaise allocation des ressources : une bureaucratie publique est improductive dans le sens où elle fait de mauvaises choses (sens 3, problème d'effectivité) : elle est incapable d'identifier les actions nécessaires et souhaitables car, coupée du marché, elle n'est pas en prise avec la demande Productive la fonction publique ? Certes elle fait des choses. Mais elle fait mal les choses et fait de mauvaises choses.
  13. 5 points
    poc: c'est bien d'alerter la planète, mais t'aurais pas une solution court terme pour tous les gamins qui sont à deux doigts de prendre du prosac car on est infoutu de leur expliquer qu'en vrai on sait tous foutrement rien à se qui va se passer, ce qui peut se résumer par '"comme depuis tout le temps en fait, mais cette fois ci on a eu a mauvaise idée de dire aux gamins qu'il y a pas de père noel ?". J'ai pas de télé , j'écoute pas la radio, mon fils est depuis 6 mois à l'école et il chante à tue tête " plutôt que de jeter il faut recycler". Je vais lui dire quoi dans 2 ans quand il va me demander pourquoi on va tous mourir ? Que sa prof, qui représente l'autorité du savoir, ne sait rien du tout de ce qu'il va se passer, et que c 'est juste un mouton junkie devant sa télé qui reproduit un narratif qu'elle n'essaie même pas de comprendre ? C'est pas une blague, mais je trouve qu'il parle BEAUCOUP TROP DE LA MORT pour un gamin de 4 ans. Je pense que le mois chez mamie à regarder TF1 pendant le repas y est largement pour quelque chose. Tu la sens pas la démarche non rationnelle dans laquelle on tente de mettre en place une prédiction auto réalisatrice, car en plus de 'la planète' (regardons nous un peu le nombril plutôt) , on détruit une partie de l'espoir dans l'avenir , ergo plus aucune solution possible à moyen terme ? la croisade écolo, ça finit par me gonfler durement (et je suis pas le seul, y a beaucoup de péquins moyens qui ont la même approche, surtout chez les vieux): - Pourquoi la demande de décroissance de nucléaire alors qu'on a un besoin en masse si le Co2 c'est la foire ? - Pourquoi on nous saoule sur les déchets pendant qu'on défonce du charbon par millier de tonnes minute ? - Pourquoi la demande de décroissance sur les avions dans un pays qui a la plus belle production aéronautique et fait vivre 200 000 personnes ? - Pourquoi descendre le numérique pour son ratio énergétique alors que le télétravail bien étudié peut repeupler le rural ? - Pourquoi on justifie des voitures electriques qui ont un ratio déchet désastreux ? A chaque fois qu'on mise sur la technologie pour s'en sortir, on se fait bouler idéologiquement , mais c'est y pas louche ça ? C'est marrant mais c'est toujours quand ça touche à l'énergie que ça merde.... Tous les zoives qui vendent de la réduction d'énergie en masse du au manque de réserve préfèrent éviter qu'on cherche de nouveaux moyens d'en produire pour justifier leur narratif, c'est pas du tout louche. (coucou jancovici) On sent pas du tout les forces en présence justifiant un combat prédit au doigt mouillé tentant de se faire la part du lion pour recoller à un communisme bien cradasse. On sent pas du tout le besoin religieux de se trouver une nouvelle raison de pas crever pour tous les quarantenaires qui n’étaient pas assez fort intellectuellement pour rejeter l'église ... Si c 'est vraiment vraiment vraiment grave, pourquoi on est pas drastique sur la question ? Y a vraiment rien à faire pour baisser sa conso énergétique facilement dans le pays ? blocage du réseau en surconsommation, amende pour voiture utiliser plus de x 1000 km selon le job ... mesure en masse des dechets et amendes, ou même simplement prune magistrale dès qu'on est sale ? qu'est ce qu'il y a donc, cette fois ci on est trop libre dans le pays ? Pourquoi on me parle de viande pour de la baisse de CO2, seriously ? dans l'ensemble des propositions potentielles visant à réduire sa conso energetique, ce qui est pertinent, C'EST LA VIANDE ???!!!!!! Et le pire dans cette dissonance cognitive, c'est qu'on culpabilise ceux qui font des efforts , alors qu'ils sont pas écolos, juste pragmatiques (car si on jete rien, mais qu'on a pas son étiquette écolo, on fait pas partie des bons) Les collègues font la gueule car j'habite à 3 km du travail et que je prend la voiture, alors qu'ils habitent à 50 pour se payer une maison et prennent les bouchons tous les jours, et ce pour aller au travail, alors que mon travail C'EST DE CRAMER DU FUEL. Ils chauffent 180m² quand j'en chauffe 66 et m'expliquent qu'il faut pas utiliser la clim l'été ... jusqu'au premier pic de chaleur. Ils font la tronche quand je vais au japon, mais çà les gêne pas de prendre un vol pour Saint Nazaire pour une réunion de 2 heures "car il faut se faire des contacts", sachant que ce qui crame du fuel, c est le nombre de décollages en premier lieux, pas la distance. Ils achètent tous des vélos électriques "car je veux plus de voiture", gros comme ils sont, alors qu'ils devraient chercher de l'energie dans les tomates plutôt que dans les terres rares. Putain de comiques. Ergo, laissez moi vivre, damn it. (j'avais pourtant cru que je m’étais pas trompé de forum sur cette question) Et au fait , vraie question car je me suis pas renseigné, elle dit quoi ARAMCO et son épargne grosse comme la dette des Etats Unis ? Ca les gêne pas de plus avoir de boulot ? drôle de projection d'avenir, pour les rois du monde. Quand je pense à Jancovici qui te justifie du pic pétrolier alors que personnes connait la taille des réserves. D'habitude je fais pas dans la conspi, mais je serais aps etonné d'apprendre un jour qu'elles sont BEAUCOUP BEAUCOUP plus grosses que prévu.
  14. 5 points
    On me dit que le libéralisme n’aurait pas d’avenir en France (cf : https://forum.liberaux.org/index.php?/forum/151-philosophie-éthique-et-histoire/ ), ce qui n’est pas dire autre chose que la France n’a pas d’avenir (d'avenir désirable s'entend), que la route de la servitude est comme l’autre, tout comme l’autre sans sortie*, que les lendemains déchanteront fatalement, et qu’il n’y a aucun espoir à l’horizon. (*Allusion à la formule du commissaire du peuple européen Yves-Thibault de Silguy : « L’euro est une autoroute sans sortie. »). L’espoir, ce n’est peut-être pas à un pessimiste de caractère, qui estime son propre pays en décadence (cf: http://oratio-obscura.blogspot.com/2018/07/de-la-profanation-des-symboles.html ), qu’il faut le demander. Mais pessimisme n’est pas quiétisme, pas plus que comprendre le découragement n’implique d’admettre les jérémiades. Par exemple celles, trop fréquentes, qui consistent, à l’instar du premier collectiviste venu, à confondre un pays avec son gouvernement, ou l’opinion des Français avec celle d’une majorité électorale. Ou encore à dénigrer la « fRance » (sic), comme si elle n’avait jamais vu naître un seul homme libre, comme s’il s’agissait de quelque lamentable contrée maudite et sans qualités, rétive et obtuse et unanime dans l'adoration de ses chaînes. Ce à quoi l’auteur de ces lignes, sans du tout faire un pronostic ou un pari (il lui arrive de les perdre), voudrait rappeler, d’avantage à l’attention des dépités qu’à celle de la bêtise essentialiste, qu’à défaut d’un avenir, le libéralisme à un passé en France. Et quel passé ! Et par combien de luttes et de tempêtes sont-ils passés, les meilleurs de nos devanciers, pour nous donner, en dépit de tout, la liberté et le bonheur dont l’on peut jouir malgré tout, dans ce pays ? Et comment notre désespoir ne se trouverait-il pas tempéré, et même renversé, par le souvenir de cette longue suite d’audaces et de triomphes, de ce « non » perpétuel adressé à l’oppression, de cette ardeur qui nous fit meilleurs et plus grands que nous n’étions, et plus libres et plus enviables, tout de même, que peut-être bien des peuples encore ? … “Any movement that has no sense of its own history, that fails to acknowledge its own leaders and heroes, is not going to amount to very much, nor does it deserve a better fate.” -Murray N. Rothbard.
  15. 5 points
    Ici, je souhaiterais élaborer un peu sur le « style de pensée » conservateur, histoire de mettre un peu d’ordre dans mes idées. Je parle de « style de pensée » comme le fait Oakeshott pour désigner une manière de raisonner et d’aborder la théorie partagée par des auteurs aussi différents que Montaigne, Hobbes, Machiavel, Clausewitz, Hume ou encore Sowell, Scruton, Aron, Buchanan et Hayek (ça fait large, je sais, mais wait for la suite). Pessimisme sur la nature humaine Il me semble que si les conservateurs reconnaissent en tant que tel le pluralisme politique, moral et religieux, c’est parce qu’ils s’inscrivent dans une même sensibilité pessimiste quant à la nature humaine, et donc à la possibilité de dépasser les conflits inhérents à une nature humaine qui marche un peu sur trois pattes (voir le post précédent). En d’autres termes et à gros traits, la permanence de la conflictualité des valeurs et la limitation des ressources informent le reste et limitent plus ou moins le progrès moral de l’Humanité. On retrouve par exemple cette idée chez Carl Schmitt, qui, dans sa Notion de politique (1932), dresse une généalogie de son propre ‘réalisme’ (Hobbes, Machiavel, Hegel) en notant un commun pessimisme anthropologique (issu de l’augustinisme théologique). La marque du péché originel dessine un homme imparfait, limité et belliqueux que les conventions, l’autorité ou encore les contraintes conventionnelles de la morale doivent polir pour vivre en société. Carl Schmitt donne ici une description intéressante de son réalisme politique, qui aboutit en relations internationales à une reconnaissance du caractère pluriel des Etats et des organisations internationales (pourquoi au sein des RI et pas des Etats eux-mêmes ? La réponse dans sa théorie de la constitution et le nomos de la terre). Thomas Sowell dans son livre A conflict of vision. Ideological Origins of Political Struggles (2007) présente aussi le pessimisme anthropologique, même s’il est moins marqué que chez Schmitt, comme un trait essentiel du conservatisme. L’ambition de Sowell dans cet essai est de présenter les « visions » (des « actes cognitifs préanalytiques ») qui sont à l’origine des clivages entre théories morales, économiques et politiques. Il existe selon lui un « vision sous contrainte » de la nature humaine, qui reconnaît les limitations morales de l’homme en général et son égoïsme en particulier, à laquelle répond une « vision sans contrainte » qui refuse de poser comme une constante de la nature humaine son caractère égocentrique (et donc capable d’être élevé ou perfectionné. Sowell pose d’un côté Adam Smith (aux côtés de Hobbes et Hayek par exemple) et de l’autre William Godwin (et Condorcet par exemple). Prudence first Plus intéressant encore pour notre propos sur le style de pensée conservateur, Thomas Sowell propose d’associer la vision sous contrainte à l’éthique des vertus d’Edmund Burke et d’Adam Smith : « Dans la vision sous contrainte, où les compromis (trade off) sont tout ce que nous pouvons espérer, la prudence l’un des devoirs les plus élevés. Edmund Burke l’appelait ‘la première de toutes les vertus’. ‘Rien n’est bon, disait Burke, mais en proportion et avec référence’, en résumé comme compromis. » Je note au passage que la propension des (libéraux) conservateurs à célébrer la prudence (le calcul, la rationalité, l’homo economicus) chez Adam Smith a été critiquée chez McCloskey (parce qu’ils ont tendance à oublier les autres vertus de la TSM et à minorer son caractère égalitariste en politique). Si pessimisme anthropologique il y a chez eux, il est beaucoup moins marqué que chez les non libéraux : Smith, Hume et Burke ne vont pas aussi loin que Mandeville ou Hobbes (c’est d’ailleurs ce qui me les rend à la fois plus sympathiques, et qu’ils me semblent plus ‘réalistes’ que les réalistes autoproclamés qui minorent le rôle de la morale, les capacités de coopération sociale humaines ou encore sous estiment son intelligence). Il y a d’autres traits caractéristiques de ce ‘conservatisme interne’ au libéralisme (son scepticisme prononcé et sa réflexion sur les sciences de l’homme qui mériteraient une étude). En théorie des relations internationales Ce style conservateur transparaît particulièrement en théorie des relations internationales, où l’école réaliste, qu’on oppose en général à l’école libérale ou internationaliste, lui donne une place de premier plan (la théorie des RI est un autre de mes dadas). Le pessimisme anthropologique, la compétition entre Etats pour l’appropriation des ressources, l’anarchie des Ri ou encore l’équilibre des puissances sont des thèmes communs à des auteurs qui sont politiquement assez éloignés les uns des autres (Aron, Schmitt, Morgenthau, Waltz, Carr, Niebuhr), si ce n’est dans le rejet de l’internationalisme, qui dégénère souvent en esprit de croisade (pour la démocratie ou pas, version néocon), dérègle le fonctionnement interne des Etats et tend à l’institution d’organismes internationaux incapables ou dont la légitimité est contestable (il y a tout une littérature sur le sujet). C’est un point de jonction par ailleurs entre conservateurs revendiqués et libertariens, qui s’entendent pour critiquer la guerre démocratique (même si la position libertarienne condamne toutes les guerres, alors que pour les réalistes, c’est l’interdiction de faire la guerre dans le droit international moderne, ou plutôt sa requalification comme opération de police ou intervention humanitaire qui aboutit à l’illimitation) et les différentes formes d’interventionnismes non strictement nécessaires (ce qui reste à définir, et ce qui peut varier selon les auteurs). @Johnnieboy : sur le conservatisme religieux : Tous les conservateurs ne sont pas croyants, et parmi les plus ‘conservateurs’ au sein de la constellation libérale, ce n’est pas non plus unanime (Hume, Smith). Chesterton, qui était réactionnaire, ne s’y était pas trompé. Il reprochait au whig Edmund Burke devenu idole des conservateurs d’être un moderne et d’avoir un air de famille avec le Darwinisme, ce qui est vrai, puisque le (libéral) conservatisme des Lumières écossaises appartient à la même sensibilité spontanéiste dans le domaine moral et épistémologique (il existe même un conservatisme darwinien pour tout dire). Mais là aussi, expliquer ça pourrait durer des posts, et je devrais plutôt foutre tout ça dans un livre ! Je pourrais encore continuer sur le kantisme et la morale du devoir progressiste, qui me semble bcp moins tolérante et bcp plus excluante que le pluralisme libéral (du moins dans sa version pathologique, parce qu'il y en a des biens quand même), mais je vais arrêter de vous emmerder avec mes walls of texts et me mettre son mon bouquin sérieusement. Ou sortir un article sur le sujet. Pour les courageux qui ont réussi a me lire, vos comms sont toujours bienvenus. Je suis preneur de toute remarque.
  16. 5 points
    Résumé de l’épisode précédent : il est difficile de trouver la trace d’une tradition intellectuelle et politique conservatrice distincte en France, et le terme ‘conservateur’, s’il est utilisé dans le lexique politique au 19e pour désigner la Réaction, a pratiquement disparu le siècle suivant (après-guerre en tout cas). Ça ne fait qu’une vingtaine d’années qu’on l’utilise de nouveau : sans doute faut-il y voir aussi l’effacement des clivages liées à la révolution française justement et l’avènement de la « république du centre » (enfin qui est tout sauf apaisée contra Julliard, Furet, Rosanvallon, les lignes de fracture se sont recréées ailleurs) entendue ici comme lestée de sa conscience historique fondatrice. La plupart des tentatives actuelles me semble essentiellement du rebranding des vieilles droites française, et l’incapacité aujourd’hui de trouver un consensus sur sa signification réelle nous raconte l’histoire des fractures sociales et politiques profondes d’un pays qui est tout sauf un long fleuve tranquille dans lequel se coulerait naturellement l’Etat de droit, la démocratisation ou plus généralement ce que les néoinstitutionnalistes appellent le modèle économique aux institutions inclusives. ---- Deuxièmement, l’une des critiques philosophiques portées sur le pluralisme par le philosophe John Gray à l’endroit du libéralisme me semble intéressante. Dans un texte (publié dans un livre de 1989) qui a fait grand bruit au sein du milieu libéral, au point que James Buchanan se soit senti obligé de prendre la plume pour défendre le libéralisme classique (et que l’œuvre de philosophie politique d’Anthony de Jasay puisse être lue comme une réponse adressée à Gray), le philosophe qui fut l’un des jeunes intellectuels du thatchérisme (et un spécialiste de Popper, Hayek et Oakeshott entre autres) répudie son libéralisme politique pour embrasser une sorte de pensée post-pyrrhonienne à la limite du relativisme (plus tard, d’ailleurs, c’est même une position nihiliste qu’il adoptera. NB, le relativisme, le différentialisme ou encore l’identitarisme sont ama des pathologies assez souvent attachées au conservatisme sceptique). Pour Gray, le libéralisme, dont les fondements prétendent défendre la tolérance et le pluralisme, est politiquement l’inverse : il est une expression de l’intolérance parce qu’incapable de comprendre que différentes formes de régimes politiques peuvent contribuer au bien-être de l’individu. Il relève un certain nombre de faiblesses constitutives de la tradition libérale, en particulier le caractère indeterminé de ses principes fondateurs, son incohérence et son aveuglement aux conditions historiques de son émergence et de compréhension de sa propre identité. Il critique en particulier Hayek, Buchanan et David Gauthier (mes héros personnels, le salaud !), l’évolutionnisme, le contractualisme mais aussi les tentatives pour accommoder Aristote et le libéralisme moderne à la lumière de ce qu’en dit Alasdair McIntyre (qui a écrit un essai retentissant sur l’éthique des vertus quelques années avant). Mais concentrons-nous sur l’intolérance politique du libéralisme, voilà son argumentation : l’universalité politique du libéralisme est de l’ordre de la foi (politics of faith, clin d’œil à Oakeshott), à l’image de l’évangélisme chrétien : « aucun libéral [sans cesser d’être libéral] ne peut accepter que les pratiques libérales n'expriment et n'incarnent qu'une seule des nombreuses variétés souvent contradictoires et parfois incommensurables de l'épanouissement humain ». Par conséquent, pour le libéral, la société libérale n’est pas une option parmi plusieurs autres possibles, mais une obligation morale. Toutes les sociétés non libérales sont condamnées, toutes ensembles, ainsi que les vertus sur lesquelles elles peuvent éventuellement se fonder (il pense ici aux cités antiques ama). A cause de son zèle universaliste doctrinal, la pensée libérale a toujours pensé élever les pratiques libérales au rang de principes, et ensuite de chercher à les fonder en raison sur ces mêmes principes. En d’autres termes, plus que n’importe quelle idéologie occidentale, celle du libéralisme a cherché à se constituer en idéologie. Ce qui me fait dire à moi (plus à J Gray) qu’il existe une tendance naturelle des libéraux à accepter le pluralisme, la diversité des points de vue, des opinions, et des organisations sociales à une seule condition, que ces différentes formes de la vie sociale et politique puissent trouver une justification ou une traduction au sein de l’idéologie libérale elle-même. C’est un monisme au sens défini par John Kekes cité plus haut : pour les monistes, la tache essentielle de la morale est de créer des institutions, de formuler des principes et d’éduquer le peuple pour que les gens s’accordent le plus possible à un seul système de valeurs jugé raisonnable. Pour les libéraux monistes je pense, il faut que tous les individus s’accordent par exemple sur la notion de justice, entendue comme la protection de la propriété et de son transfert (éventuellement de la punition en cas de fraude), ce qui suppose aussi de défendre un certain nombre de préconditions culturelles favorables à la défense des obligations et à la formation du droit par ex. C’est un exemple, et vous pouvez penser à tous les théoriciens libéraux qui cherchent à refonder la moralité et la politique en fonction d’une théorie de la justice plus ou moins épaisse. Le monisme qu’on peut trouver au sein de la tradition libérale est un progressisme : l’idéal moral qu’il défend est l’avenir du monde et obsolétise toutes les formes anciennes ou différentes de moralité (on rejoint la critique de J. Gray), quand il ne réussit pas à les traduire dans son idiome particulier. A contrario, le pluraliste, qu’il soit libéral ou non, reconnaît avec fatalisme peut-être, que les conflits de valeurs et leur incommensurabilité (relative et absolue) est un fait indépassable. Il y aura toujours des conflits et des tensions parce que les ressources sont limitées, parce que les modes de vie sont différents et même certains totalement incompatibles entre eux et que ce pluriversum ne s’atténue qu’en convoquant des outils extérieurs à la raison seule, comme l’autorité de la tradition ou de l’histoire commune. Le libéral n’est pas un fantôme qui gravite au-dessus des phénomènes, mais est situé dans une histoire nationale, et dialogue -assez difficilement oui- avec d’autres traditions, et sauf à tomber dans l’autisme, pour se faire entendre et avancer ses idées, il fait des transactions (ah du pragmatisme !), et donc accepter le monde comme pluriel, ce qui me fait m’arrêter là pour l’instant : je reprendrai plus tard sur la tension interne au libéralisme entre pluralisme et rationalisme (ou alors que ce qui me semble être la différence essentielle entre le langage moral prog et cons, et expliquer la difficulté de penser de concert libéralisme et pluralisme, en tout cas plus que conservatisme et pluralisme wait for it là encore, il faut que je pose tout et on verra ensuite).
  17. 5 points
    Sauf que cette crise, elle touche tout l'Occident. Historiquement, chaque camp politique (doté d'une base sociologique) avait ses élites qui portaient sa voix sur le plan de la représentation politique. Ces dernières décennies, pour diverses raisons (cf par exemple Charles Murray), les élites ont fini par s'agglomérer les unes aux autres, donnant dans un premier temps l'illusion d'arriver à atténuer les affrontements politiques dans un centrisme social-managérial éternel (l'ère Clinton-Blair-Jospin, pour simplifier). Sauf que cette illusion s'est brisée parce que les gens ont fini par comprendre que leurs élites considéraient avoir davantage en commun avec les autres élites (du même pays mais d'autres camps politique, ou même d'un autre pays), aboutissant à une profonde crise de la représentation (la prise de conscience officielle de ce fait en France a été le référendum de 2005). De plus en plus, tout donne aux gens l'impression d'une nouvelle lutte des classes ; à ceci près que ce ne sont plus les prolétaires de tous pays qui cherchent à renverser le capitalisme, mais les élites de tous les pays qui cherchent à dissoudre les nations (ces deux représentations décrivent sans doute moins ce qui se passe dans la réalité que ce que les gens en perçoivent, et donc comment ils vont réagir). Privées d'élites, les masses sont intrinsèquement désorganisées (i.e. privées à la fois de cadres et de direction précise), et seul un leader hors élite habituelle peut arriver à plus ou moins surfer sur tout ça (aux USA Trump, en Italie Beppe Grillo, c'est-à-dire leur Coluche). Qui le fera en France ? J'ai mes idées...
  18. 5 points
    Bon, bon, pour mon retour ici, quelle ambiance. Une des raisons qui fait que j'ai été peu présente ici ces derniers temps, outre diverses manifestations d'art est que je suis allée apporter mon humble contribution au mouvement des gilets jaunes. J'ai assisté aux assemblées locales de ma région, j'ai fait quelques blocages et suis même allée à Paris il y a une semaine. Le bilan de tout cela ? C'est que les libéraux qui pensent voir dans ce mouvement les prémices d'une nouvelle révolution libérale se foutent le doigt (et même une partie du bras) dans l'oeil. Exemple de quelques propositions retenues par de nombreuses assemblées de gilets jaunes (et je parle de ceux sur le terrain), comme votées à celle de Nantes Jeudi dernier: - Rétablissement de l'ISF avant Macron pour baisser les taxes des petits - SMIC à 1500 euros - Salaires dirigeants d'entreprise (Renault, Air France...) plafonné. - Renationalisation de certains services dit public (La Poste, EDF, la SNCF...) parce que "c'est la faute du privé si les petites communes sont mal desservies". Et il ne s'agit pas de l'entrisme de militants FI ou RN. C'est réellement le gilet jaune moyen (si tant est que cela puisse être défini ainsi) qui tient ce type de propos sur les barrages ou à la pause. De toute façon Macron est un président "libéral" à la solde des banques et des mangeurs d'enfants que nous sommes (discours entendu aussi). N'oubliez pas qu'une des principales revendications des gilets jaunes(autre que le cout de la vie) c'est le rétablissement des services publics partout en France, avec un guichetier de poste dans chaque village. Quand aux violences et autres pillages... Si effectivement l'allumage est le fait de groupuscules "ultras" (droite ou gauche), j'ai vu des gens biens sous tout rapport se comporter comme de véritables pilleurs sur certaines boutiques (de toute façon tout cela c'est la propriété de milliardaires Quataris qui saignent la France, n'est ce pas?). Et ce sont là des gens tout à fait normaux que vous croisez tous les jours. Moi en tout cas j'arrête avec le mouvement. Mais allez voir par vous même et vous verrez que le PCF a bien plus de chances que nous de tirer parti de la situation (et je ne parle pas du RN ou de FI).
  19. 5 points
    L'Université n'a pas pour fonction, à mon avis, de former à la vie professionnelle, sauf cas rares ou métiers particuliers. J'ai envie d'hurler à chaque fois que j'entends un type m'expliquer qu'il rendre les cursus universitaires plus proche du milieu du travail. Non, il faut plutôt supprimer l'idée qu'il faut aller à l'université pour avoir un diplôme pour avoir un boulot. L'écrasante majorité des étudiants sont des veaux qui veulent un diplôme, ils n'ont rien à faire du savoir, de l'apprentissage, de la science, de la culture. Ils veulent un papier. Ensuite, une minorité assez importante va à l'université pour se forger des connaissances et de la culture, ceux là feraient mieux de prendre une bonne liste d'essais et de livre académiques et s'y tenir. D'ailleurs, ils n'apprennent pas beaucoup plus. Enfin, seule une petite minorité va à l'université pour ce qui est son rôle véritable et qui ne devrait être que celui là : la recherche de savoirs, leur création, la connaissance. C'est élitiste, mais c'est comme ça. Le problème c'est la massification des universités, pas le fait que les diplômés sortent en étant inadaptés au marché du travail. Les filières "professionnalisantes" dans les universités en Belgique forment des technocrates bêtes à bouffer du foin qui n'ont retenu de leur parcours universitaire que des fiches de lectures, des tics de langages et répète à l'envi diverses vulgates qu'ils prétendent être de l'esprit critique. L'anthropologie "à finalité appliquée" me fait honte à chaque fois je jette un œil, une oreille ou une heure de mon temps avec ces gens, leurs discours, leurs pratiques, leurs "savoirs". Et j'en connais quelques uns qui sont rentrés dans le monde du travail et font de l'anthropologie appliquée comme consultants urbains par exemple (pour le public comme pour le privé), ils font de la merde, j'ai pas d'autres mots, de la merde qu'ils labellisent "anthropologie". Interviewer trois connards dans un bar et pondre un rapport de 10 pages, c'est pas de l'anthropologie, quand bien même les mecs en face sont tellement à l'ouest qu'ils trouvent ça trop génial d'avoir le point de vue des habitants. Former tous les profs depuis la maternelle dans un système universitaire de 5 ans est une aberration. Que ceux qui veulent un diplôme pour bosser ou rendre les études professionnalisantes regardent les filières courtes, ou éventuellement longues mais non-universitaires. J'ai dit.
  20. 5 points
    Oui, les conservateurs reprochent au libéralisme de ne pas être une conception perfectionniste de la politique, comme pouvait l'être par exemple celle de Platon soutenant que le but de la politique est le bien / l'élévation de l'âme. Les libéraux peuvent critiquer cette objection de plusieurs manières: -en soutenant que l'Etat, dont le moyen est la force (légale), ne peut pas produire cette élévation morale (à la différence de la persuasion ou de l'éducation conçue comme activités privés et volontaires). -en soutenant que, même si l'Etat pouvait le faire, ce serait au prix de libertés qui compte au moins autant voire davantage dans l'obtention du bonheur humain. -en soutenant enfin que, les conceptions de la vie de vertu étant inévitablement différentes, demander à l'Etat de rendre les gens vertueux ne viole pas seulement les libertés, cela menace telle conception particulière de la vertu d'être éradiquée par un dressage psychique favorables à des valeurs jugées nocives (par exemple les jacobins ou les communistes n'ont pas la même conception de ce qu'est une vie de vertu que ne l'ont les conservateurs -et au sein des conservateurs, un conservateur chrétien n'aura pas exactement les mêmes préférences éthiques qu'un musulman ou un bouddhiste. Admettre que le politique puisse agir au-delà de la défense de la liberté conduit donc à des luttes inextricables entre groupes qui essayent mutuellement de façonner le mode de vie global de d'autres individus ou groupes). Le libéralisme n'est pas responsable du manque ou de la crise du sens. Il est une doctrine politique et pas une philosophie générale (ou une religion). Il prétend résoudre la question du meilleur régime politique, pas celle du sens de la vie. "Le libéralisme n'est pas une vision du monde parce qu'il n'essaie pas d'expliquer l'univers, parce qu'il ne dit rien et ne cherche pas à dire quoi que ce soit sur la signification et les objectifs de l'existence humaine." (Ludwig von Mises, Le Libéralisme, 1927) Le fait qu'il considère que les questionnements ultimes sur l'existence ne nécessitent pas que les façons de vivre découlant des réponses proposées soient appliquées par la force n'implique nullement qu'il méprise ces questionnements ou qu'il prétende qu'ils soient impossible d'y répondre. Le libéralisme n'est ni un relativisme ni un nihilisme, ni même un scepticisme mou. Certains penseurs libéraux étaient des philosophes qui ont également émis des jugements tranchés -d'ailleurs divergents entre eux- sur ces questions ultimes. Mais il ne faut pas confondre la politique avec la morale ou avec l'ontologie. (Ce qui ne veut pas dire que les choix politiques ne présupposent pas des choix moraux et métaphysiques, généralement inconscients). Il serait donc appréciable que la droite cesse d'accuser le libéralisme d'être un "hédonisme" insipide, car cette accusation est hors sujet. Le fait que ce poncif haineux persiste obstinément depuis 200 ans n'incite hélas pas à l'optimisme en la matière. Il ne fait que masquer l'appétit de certains pour utiliser la violence légale afin d'imposer ce qu'ils croient être la vérité. Au final, le collectiviste respectueux des procédures d'accès au pouvoir politique n'est qu'une variante policée du terroriste.
  21. 5 points
    Merci pour ce post. Alors je vais commencer par prévenir que je suis biaisé, car je suis prof. Ceci étant dit, j'ai écouté attentivement la conférence et j'ai une impression très étrange : celle d'une complète contradiction avec tout ce que je croyais établi par la recherche sérieuse. Je me permets de renvoyer à mon post de novembre qui tentait de la synthétiser : Alors pour résumer mes impressions (grosso modo dans l'ordre chronologique de la conf) : 1) Il prétend que l'éducation n'a fondamentalement changée en 3000 ans, en montrant une image de médiévaux qui ressemblent à une classe d'aujourd'hui -> bullshit (voir première partie de mon post). 2) Il explique que 1-8% de la variance des "achievements" seulement s'explique par le prof, mais il imagine une expérience (qu'il n'a en fait pas réalisée) dans laquelle il est nécessaire de classer les profs en fonction de leur "teaching ability". -> heu...puisqu'en gros il n'y a pas ou très peu de teaching ability, on fait comment exactement ? (@Lancelot l'a pointé). 3) Il explique qu'il a souvent donné un test (de fin d'année) en début d'année puis un autre similaire en fin d'année, et que ce sont les plus hauts QI qui ont le plus progressé -> sans blague ! Et alors ? (le type fait de l'enseignement frontal traditionnel en amphi, pour info...) En fait il redécouvre le fil à couper le beurre dans l'eau tiède... 4) Un bon point : c'est effectivement absurde de vouloir traiter tout le monde de la même façon, avec un moule unique et de croire que tout le monde peut tout réussir de la même façon -> certes mais aucun rapport avec la choucroute et l'effet des profs/la pédagogie. 5) Il prétend que toutes les études qui ne vont pas dans son sens mélangent sans le savoir les variables -> traduction : tous les chercheurs en sciences de l'éducation qui n'aboutissent pas aux mêmes conclusions que moi sont en fait juste des crétins (ceci dit il ne semble même pas avoir conscience de l'existence de leurs recherches, comme on le reverra). 6) La plus grosse étude qu'il cite (The Coleman Report de 1966) a mesuré les variables propres aux enseignants et aux structures avec des questionnaires !!! (trois points d'exclamation c'est le minimum). 7) Je passe toute sa revue d'études, en gros l'argumentation est toujours la même : la variable qui explique presque tout, ce sont les étudiants et leur intelligence. 8) Sans s'en rendre compte, il se tire une balle dans le pied en parlant du "fading effect" (bien connu) : même avec un bon prof, les effets s'estompent au bout de quelques années si on ne continue pas à avoir de bons profs -> oui, c'est pour ça qu'il faut accumuler les bonnes années de formation (c'est aussi lié à notre cerveau, évidemment). Mais...je croyais que les bons profs n'existaient pas vraiment...finalement ce qu'il mesure, c'est peut-être juste la dilution de trop peu de bons profs dans plein de mauvais. 9) Le QI prédit mieux que tout les achievements -> donc ceux qui réussissent le mieux aux tests sont ceux...qui réussissent le mieux aux test ? Aucune mention du groupe de pairs (fondamental notamment à l'adolescence)...qui parlait de variables non contrôlées ? 10) On arrive au climax : à 45'15" une étude de plus qui lie le QI aux achievements mais on va pas trop en parler parce que certains l'ont critiquée (bizarrement on aboutit à de grandes différences de QI entre hommes et femmes...dans des pays où les femmes ne sont pas scolarisées ! Tiens tiens...) puis à 45'45" on apprend qu'en prenant des jumeaux et en leur faisant apprendre la musique on n'aboutira à aucune différence significative (il ne définit pas "musical abilities") même si l'un d'eux s'entraîne 20 000 h de plus ! (c'est-à-dire le double de la durée considérée nécessaire pour devenir expert dans un domaine complexe). Mais bon heu...on va pas trop s'étendre non plus les gars. Heu...là j'avoue que j'ai commencé à ciller sérieusement. Je sais qu'il faudrait que j'aille lire l'étude en question (mon hypothèse c'est qu'elle ne dit pas du tout ce qu'il prétend qu'elle dit). Je reprends mon souffle : 11) Il en arrive à sa conclusion : faut arrêter de financer les profs et tout ce qui se concentre sur eux et mettre le paquet sur les étudiants pour comprendre l'intelligence -> cohérent avec sa position. Side note : de toutes façons les profs ne deviennent bons qu'au bout de 5 ans et après ne font que décliner...aucune source n'est mentionnée... 12) le secret sera dans une convergence entre génétique, neuro-sciences et cognition -> bah oui, c'est sûr (c'est aussi ce que disent tous les bons chercheurs en sciences de l'éducation...) 13) il faut regrouper les gens par niveau -> contradiction, il a passé beaucoup de temps à expliquer que l'intelligence d'un individu expliquait à elle seule plus de 90% de ses réussites académiques, et que peu importait l'université dans laquelle vous alliez étudier. Mon impression est celle d'un universitaire enclavé dans sa discipline d'origine, qui n'a même pas conscience de l'existence d'un pan gigantesque de la recherche sur le sujet mais dans d'autres spécialités, et qui imagine la pédagogie comme ce qu'il a du faire toute sa carrière en amphi. En réalité je pense il n'y a pas de contradiction entre ce que les études qu'il cite établissent réellement et ce que celles que je synthétisais dans mon post ont découvert. Le problème vient des biais et des préconceptions : si on est persuadé qu'un effet n'existe même pas (ou qu'on ne peut même pas commencer par imaginer son existence), on ne va pas concevoir une expérience pour l'établir ou le mesurer, et on ne le distinguera pas d'autres effets qui viennent éventuellement le noyer. On ne verra que du bruit. Pour finir, voilà un chercheur célèbre (dans son milieu) que je n'avais pas cité dans mon post de novembre et qui dit exactement le contraire, basé sur de vastes méta-analyses (comme quoi, on trouve toujours ce qu'on cherche, mais rarement ce qu'on ne conçois même pas) : Attention je ne dis pas qu'il n'est pas critiquable, mais c'est fascinant de voir des savants de spécialités différentes aboutir à des conclusions en apparence diamétralement opposées.
  22. 5 points
    Sauf que ta vidéo a été coupée par Canal+ et qu'il faudrait retrouver la version coupée que tu as utilisée. Ce "du coup" n'a aucun sens ou mérite d'être développé. D'autant plus que l'idée d'antisémitisme nait dans le monde juif allemand (dans l'espace rhénan, hihihi, rhénan/Renan ?) comme un problème intérieur alors que l'islamophobie naît comme un concept de politique internationale en Iran. De toute façon, il faut classifier les différentes manières de critiquer l'Islam avant de se balancer des anathèmes à la gueule, parce que ces critiques se déclinent de nombreuses façon, et seule une petite partie peut être qualifiée de xénophobe. La première classe des critiques de l'Islam est d'ordre géopolitique et provient de la rencontre entre l'Occident moderne et un espace civilisationnel islamique dont l'un des fait les plus marquants, même si non exclusif, est la religion musulmane. On peut diviser cette classe en deux sous-classes, l'une historique et l'autre contemporaine. La critique historique de l'Islam, qui peut avoir un versant théologique, revient à répondre à la question : pourquoi le monde islamique, qui hérite des greniers à blé de l'Empire romain (Afrique et Égypte), des berceaux de la civilisation humaine (Mésopotamie et Égypte), et de tout le monde hellénique à l'exception de l'Anatolie (pour un temps) et de la Grèce, se trouve aujourd'hui en queue de peloton du Monde ? Les explications critiques cherchent à expliquer ce phénomène par la conception de la pensée que l'islam-religion a laissée se développer au sein de l'islam-culture. Cette critique n'est pas univoque et relève avant tout du débat universitaire. On pourra noter The Closing of the Muslim Mind de Reilly, qui reproche grosso modo à l'Islam de ne pas être thomiste (l'auteur est catholique ; c'est un peu idéologique). Dans les œuvres de vulgarisation moins engagée What went wrong ? de Bernard Lewis, sur la période ottomane, ou Aristote au Mont Saint-Michel de Sylvain Gouguenheim, qui cherche à répondre à une autre question, mais décrit l'évolution de la pensée dans le monde islamique jusqu'au XIIème siècle. La critique contemporaine, et c'est son problème, est bien plus politique et en interaction avec les néo-conservateurs. Il s'agit surtout de comprendre ce qu'Huntington appelle, dans Le choc des civilisations, les "frontières sanglantes de l'Islam". Le débat est un peu trop marqué par différentes idéologies pour que j'essaie de l'esquisser en quelques lignes. La seconde classe des critiques de l'Islam s'établit au sein même de l'Occident. C'est une critique de l'ordre de la politique intérieure qui naît de la confrontation entre les sociétés séculières occidentales et les vagues migratoires venues du monde musulman installées en Occident. Là encore, il y a plusieurs versants à cette critique : une revue des problèmes d'immigration classique, une critique des traditions venues des mondes islamiques, et une critique de la radicalisation des populations musulmanes immigrées. Les problèmes classiques de l'immigration, c'est la criminalité organisée, éventuellement le communautarisme et l'endogamie, avec différentes magnitudes, parfois la pauvreté. Comme c'est un débat qui peut s'exprimer assez facilement en termes économicistes/matérialistes, beaucoup, à gauche, ne voient la critique de l'Islam que par cette lorgnette, ce qui leur permet de dire que tout autre problème "est de l'islamophobie". La critique des traditions est celle qui pollue le débat public en France, parce que les traditions sont les éléments les plus visibles : en particulier le voile islamique et la nourriture hallal. C'est sur ce champ de débats qu'on trouvera la xénophobie la plus obtuse. Ce n'est pourtant pas une raison pour l'escamoter entièrement parce que la critique des traditions amène à la défense de l'émancipation (la notion d'émancipation n'a pas vraiment bonne presse sur ce forum, comme quoi c'est quand même très conservateur). Je pense qu'il y a là un débat très intéressant qu'on a du mal à poser ici, dans la lignée du Most intolerant wins de Taleb. La dernière forme, en dialogue avec les deux précédentes, est une critique de la radicalisation des musulmans en Europe ("la hallalisation des esprits"). C'est un phénomène moderne (quoique c'est peut être une rémanence médiévale), qui me semble assez inquiétant, et qui doit vraiment être distingué de la critique des traditions. A ces évolutions proprement religieuses viennent s'ajouter, comme une tumeur, In fine, c'est sur le sujet des traditions que le débat patine, parce que les problèmes sont mal posés, ou parce qu'on ne souhaite pas les poser. Mais souvent, on mélange un peu tout. On réussit grosso modo à distinguer les aspects géopolitiques des aspects de politiques intérieure, mais très rarement on voit une distinction propre entre le problème de la radicalisation, le sujet des traditions et de la sécularisation, et le sujet de l'immigration. C'est bien plus facile de traiter l'autre d'islamophobe.
  23. 5 points
    Avec l'augmentation de la capacité de stockage et les réseaux ubiquitaires on se met à enregistrer plein de données qu'on n'avait pas avant (car on met des capteurs communiquants partout). Maintenant on également la puissance de calcul permettant de traiter cette masse de donnée. Typiquement ça revient à chercher des formes dans les espaces où tu représentes tes informations. Par exemple une droite dans un espace à deux dimensions dans lequel tu enregistres la taille et les résultats aux tests de lecture. Car plus on est grand mieux on lit (ce qui est statistiquement vrai). Ça permet de remarquer des corrélations qu'on ne pouvaient pas voir avant. Cependant ces corrélations sont agnostiques : à priori rien ne te permet d'une part de décider (uniquement à partir des données) si ces corrélations représentent un lien de causalité (il y en un entre la taille et la capacité de lecture ... mais qui n'est pas celui auquel on pourrait s'intéresser pour en tirer de quoi avoir une action sur l'illettrisme) ou si c'est juste comme ça par ce que c'est comme ça point à la ligne. Enfin se reposer uniquement sur les données pour prévoir le futur (car si tu analyses les données c'est pour faire quelque chose à partir de ces analyses) tu ne peux pas faire mieux que d'imaginer que demain sera probablement comme hier. Et là tu t'exposes au paradoxe de la dinde qui pense que l'être humain est bon envers elle car il s'occupe d'elle et la nourrit... Jusqu'à la veille de Thanksgiving.
  24. 4 points
    Alors, sur obsolescence de l'armée française, de ses chasseurs, bombardiers et blindés, il y a quand même des nuances à apporter. Sur la chasse française : Sur les bombardiers : Je passe sur la chasse lourde et les avions d'attaques au sol pour arriver directement aux blindés : Bref, quelques exemples qui montrent l'arrogance de l'état-major français en 40 et l'inadaptation de ses doctrines aux nouveaux armements. Un dernier exemple pour illustrer cela : en 40, quand des avions de reconnaissances repèrent des blindés qui traversent les Ardennes, l'état-major menace leurs équipages de les envoyer au trou. En effet, pour ces sagaces officiers, les Ardennes sont infranchissables pour des blindés, les pilotes se payent donc leur tête. Ah oups, des blindés allemands qui arrivent ?! Comment est-ce possible ??
  25. 4 points
    Alors j'ai sûrement du très mal m'exprimer depuis décembre parce que c'est justement ce que j'avais essayé de transmettre en parlant de l'assouplissement de mon point de vue. Pour être tout à fait clair gardons en tête que je ne prétends pas avoir vraiment compris quoi que ce soit en profondeur. En fait pour être honnête j'ai même carrément l'impression d'avoir brutalement dévalé la pente depuis le sommet initial de l'effet Dunning-Krueger et de commencer tout juste à me rendre compte pour de bon à quel point c'est complexe, tout ça. Cette théorie que tu réclames à juste titre, et bien elle existe, c'est celle vulgarisée par Guyenet dans son débat face à Taubes. Pour résumer : 1) le modèle CIM (carbohydrates-insulin-model) qui dit pour simplifier glucides -> insuline -> stockage sous forme de gras est faux, ou alors au moins à relativiser très très fortement (du genre ça explique au mieux 10% de ce qu'on constate). C'est établi expérimentalement. Pour la suite, bien comprendre que quand je dis "établi expérimentalement", c'est d'après ma compréhension limitée de non spécialiste. Je peux complètement me tromper. Mais Guyenet m'a fait une très forte impression et les études qu'il cite m'ont semblées très solides (je n'ai pas tout lu il y en a des dizaines voir des centaines). 2) le modèle CICO (calories in, calories out) est en fait très proche de la réalité. C'est aussi établi expérimentalement. Je note d'ailleurs au passage que c'était un point qui m'avait toujours dérangé. Quelle logique évolutionniste y a-t-il à voir un organisme excréter de l'énergie plutôt que de la stocker ? 3) Ce qui se passe en fait (je résume à la hache, sinon autant copier/coller mon post de décembre), c'est que c'est le cerveau qui régule tout ça, l'insuline n'étant qu'un élément parmi des tas d'autres. Pour des raisons évolutionnistes très plausibles, les nourritures denses nutritionnellement déclenchent une frénésie de nourrissage. Or les nourritures raffinées modernes concentrent justement de manière jamais vue dans la nature des glucides et des lipides sous une forme agréable (textures, sel, arômes etc). Il suffit de comparer le nombre de calories pour 100 g de produit entre le morceau de viande le plus gras possible et n'importe quel machin attirant issu de l'industrie pour comprendre cela. Or à ce titre le gras crée autant d'attirance que le sucre dans le cerveau humain, et provoque grosso-modo exactement les mêmes conséquences (tu connais beaucoup de gens qui bouffent du sucre blanc pur ? Par contre, une crème glacée bien grasse...). le vrai problème, ce n'est pas les glucides ou les lipides, c'est la combinaison des deux ! Je précise que ça aussi, c'est établi expérimentalement. 4) D'un autre côté, il y a d'autres paramètres qui ceteris paribus vont eux faire diminuer la tendance à manger comme un va-nu-pied sur le chemin de la Terre Sainte en 1095 (effet de satiété, établi expérimentalement). Les protéines (peut-être car le corps a une capacité limitée à les traiter rapidement, ou alors parce que dans la nature elles étaient associées à du bon gras de quadrupède ruminant, là je ne sais pas trop), les fibres (logique on n'est pas censé les digérer), le volume ingéré de nourriture, aussi. 5) Je passe d'autres aspects que j'avais abordés pour faire remarquer que juste avec ces quelques simples paramètres, on a déjà une ébauche de modèle qui permet de rendre compte de ce qu'on observe, sans faire appel au CIM : l'immense majorité des gens qui passent en low-carb bouffaient mal avant (moi le premier). Tu passes donc d'une alimentation ultra-dense en énergie qui rend ton cerveau complètement ouf à une alimentation moins dense (vu ce que tu élimines et vu que tu te concentres sur des produits bruts non raffinés) tout en augmentant ton ratio en protéines (pour toutes les versions) et en fibres (pour les versions céto non carnivores). l'appétit se régule donc sans avoir besoin de compter les calories. Mais soyons clairs : il y a moins de calories qui entrent dans le corps, et c'est pour ça que les gens perdent du poids. C'est établi expérimentalement. C'est d'ailleurs pour cela que quelqu'un qui passe d'une alimentation standard à un régime vegan un peu travaillé rend compte de changements positifs aussi, en toute objectivité ! (Je reste d'avis que c'est la solution la moins optimisée pour la santé, mais c'est un autre débat). C'est aussi pour ça qu'un régime traditionnel à 70% de glucides peut créer les mêmes résultats (essaye de bouffer des pommes de terre cuites à l'eau sans rajouter une tonne de beurre ou de crème !) J'ai un régime extrêmement semblable au tien et je fais le même constat. Mais à moins d'avoir mal compris, ça ne contredit pas du tout ce que j'essaye d'expliquer (au contraire). Pour résumer mon résumé par une image, je dirais que la nutrition est une équation incroyablement compliquée (à l'image du corps humain) qui possède plusieurs "solutions", certaines étant sûrement plus optimisées que d'autres (mais c'est compliqué à trancher). Le low-carb est une solution parmi d'autres. Mais j'envisage désormais qu'elle ne convienne pas forcément à tout le monde, pour des tas de raisons. Ce qui compte, c'est de trouver sa solution, et pour cela il faut être capable de la maintenir indéfiniment au quotidien (c'est notre cas à tous les deux). Voilà, j'espère avoir mieux fait passer mon message. Et s'il s'avère que j'ai tort, je serai ravi de lire mes contradicteurs et d'améliorer encore mes maigres connaissances. C'est pour ça que j'aime ce forum !
  26. 4 points
    - on ne peut pas définir un esclave sur base de l'usus, de l'abusus et du fructus ; d'abord parce que l'esclavage ne se limite pas à Rome ; ensuite parce que le pater familias pouvait vendre ses enfants et ça n'en faisait pas des esclaves pour autant ; enfin parce que l'abusus n'était jamais réellement existant totalement. Après je suis pas un spécialiste du droit romain mais y a trop d'exception et de particularités pour asseoir une définition de l'esclavage sur la propriété de toute façon ( à commencer parce que la propriété n'a pas le même sens selon les contextes historiques et sociaux). - le servage ne se défini pas par l'attachement à une terre VS l'esclave à un homme comme le soutient une légende tenace (ce n'est qu'en partie vrai). C'est pourtant le sujet de la thèse de Marc Bloch (donc pas récent). Les serf étaient aussi qualifiés "d'hommes de lige", ou "homo de corpore" (et parfois précisé "homo sine casalagio" - c'est à dire "sans maison", sans "espace physique", le "casal" dans les pays méridionnaux désignait une unités économique et de vie, une grosse ferme donc - l'héritage de la villa romaine) c'est à dire que ces serfs étaient tenus par un serment personnel envers un suzerain. Pas une terre donc. Pouf pouf, fini cette histoire de serf attaché à une terre. En fait on confond les institutions du servage au Moyen âge entre les pays méridionaux et ceux du nord en France, sans parler de ce qui existait en Allemagne ou Angleterre (que je connais moins bien). Une preuve de plus que le moyen age est très mal connu et qu'on ne lis pas assez les médiévistes - un esclave c'est d'abord une condition juridique, ça ne s'approche pas par des conditions de vie, un lien à telle ou telle personne, des obligations particulières. En fait les esclaves dans une sociétés sont toujours exclus d'une dimension fondamentale de la societe, mais ça peut toujours être quelque chose de différent. La citoyenneté chez les grecs, la parenté en Afrique, la sexualité chez les Ottomans, la raison chez les européens du 18ème. C'est toujours une humanité liminale, presque en sursis. Chaque société à une manière particulière de qualifier ses esclaves, c'est toute la difficulté de l'étudier. Autre chose, on oppose souvent esclavage et liberté mais c'est sans doute une erreur parce que la dichotomie n'est pas si simple, il suffit de penser que des esclaves ont dirigés des empires (les Mamelouks) ; et puis si on l'oppose à la liberté, on ne sait plus comment jongler avec les serfs, qui ne sont pas totalement libres, les mariages forcés, les travailleurs forcés, les serviteurs, les ouvriers pauvres de l'époque industrielle (Marx avait beau jeu d'expliquer alors que les conditions de vie des prolétaires étaient pires que celle des esclaves noirs aux USA et en terme de condition de vie pure, il avait sans doute raison). Toutes ces catégories sont toutes à un endroit différent dans un continuum entre non liberté et liberté, mais pas dans une opposition pure. Tout le débat actuel sur "l'esclavage moderne" se prend les pieds dans cette confusion, mais si le mariage forcé d'une petite fille suffit à parler d'esclavage, alors toutes les reines de France, toutes les aristocrates mariées de force par leurs familles sont des esclaves ? Tout le monde comprends le ridicule de la proposition. C'est pour ça qu'il faut voir l'esclavage comme une situation juridique, à défaut d’être légale (il faut encore que la société qu'on étudie dispose d'un code), il faut que les esclaves soient vu dans la société comme des esclaves (ce n'était pas le cas des serfs, que personne ne confondait avec des esclaves, et qui la plupart du temps ne savaient même pas qu'ils étaient serfs - Marc Bloch sur les abolitions encore une fois-), c'est pour ça qu'il faut s’intéresser à "en quoi ils sont exclus de leur société pour etre désignés comme esclaves" et ça, ça peut être différent selon les contextes, avant de désigner une personne comme un esclave, il faut connaitre la manière dont la société dans laquelle ils sont les considère.
  27. 4 points
    Ceci n'est pas en lien direct avec covid, mais je pense que c'est une ressource importante pour en apprécier la létalité : c'est un texte de Philippe Lacoude. La vraie mortalité de la grippe saisonnière par Philippe Lacoude et h16 (1er avril 2020) À un moment, il est temps d’être sérieux et de regarder la littérature scientifique et de faire un vrai travail de fond. Certains citent 8000 morts par an pour la grippe. Voire 14400 décès pour 2017. Santé Publique, sur son site grand-public donne un taux de létalité de 0,26%, soit 1 mort pour 384 malades ! Arrêtons donc les articles de vulgarisation, Marie-Claire, Doctissimo, et Cosmopolitan, pour regarder ce qui existe vraiment dans la littérature scientifique solide. La mortalité en France est un sujet trop sérieux pour le confier à des médecins (qui sont parfois fâchés avec les chiffres). On la confie donc aux démographes. L’Institut national d’études démographiques (INED) nous dit que la France a un peu moins de 600 morts par an due à la grippe et que ce chiffre est en chute libre grâce aux progrès de la médecine. La source scientifique est ici : https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/19138/pes470.fr.pdf De la même façon, aux Etats-Unis, on cite les chiffres du CDC à tout va. 37000 morts par an nous dit même le président Trump : https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1237027356314869761 Evidemment les « experts » ne sont jamais allés voir les données de décès car ils sauraient que la définition de « flu » englobe les pneumonies. Dans les chiffres US grand public, on a toujours « influenza+pneumonia » car elles sont groupées (comme dans https://www.cdc.gov/nchs/data/nvsr/nvsr68/nvsr68_09-508.pdf ) et on additionne donc les morts d’infections virales (pas toutes des grippes) et bactériennes. Les codes médicaux IDC-10 sont toujours agrégés de J09 à J18. Les définitions sont importantes ! Quand ils veulent des données sur la grippe, les scientifiques utilisent les données officielles du National Center for Health Statistics (qui est le bras statistique du CDC). Dans l’actuariat par exemple, on cherche à être précis et c’est ce qu’on utilise comme source. Or, pour être précis, toute personne (épidémiologiste, actuaire, économiste travaillant sur les retraites, etc.) qui utilise des données de mortalité va les chercher dans le National Vital Statistics System qui est géré par le National Center for Health Statistics. Selon le National Center for Health Statistics, il y a 6500 morts par an de la grippe aux Etats-Unis, loin, très loin des 37000 morts du site grand public du CDC. Et donc, si on regarde la littérature scientifique – peer-reviewed articles – sur la grippe saisonnière, elle fait environ 145.000 victimes par an pour l’ensemble des 7,7 milliards d’humains dans le monde. On remarquera au passage que ça ferait donc 1224 morts pour 65 millions en France mais voilà, malgré les coups de boutoir de l’Etat, la médecine y est un peu meilleure qu’ailleurs et on y survit plus : on retombe donc ici sur le chiffre de moins de 600 de l’INED. De même, pour 327 millions de personnes (Etats-Unis), ces 145000 pour 7,7 milliards feraient ... 6500 victimes. C’est exactement le chiffre du National Center for Health Statistics (CDC). Ici, on prend le chiffre de 145.000 morts de la grippe dans le monde de 2017 car c’est une estimation haute. Pour rappel, c’était environ 50% de plus que la moyenne. Mais au fait, d’où sort ce chiffre de 145000 morts de la grippe en 2017 ? Comme il faut arrêter avec les articles de pacotille de sites pour Madame Michu, prenons plutôt le “Gold Standard” des études sur la grippe : la Global Burden of Disease Study (GBD) pour les intimes – financée par la Bill & Melinda Gates Foundation – publiée dans le prestigieux Lancet. https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(18)30496-X/fulltext Ces chiffres sont donc bas. Comment est-ce possible ? Comment Santé Publique peut annoncer 8000 morts alors que l’INED annonce 600 morts (ou moins) ? L’explication est fort simple : le chiffre de 8000 morts provient de la surmortalité en hiver. Il englobe toutes sortes de maladies pulmonaires ! Pour le calculer, on regarde les morts en été et celles en hiver et on regarde à quel moment les tests ARN – sur les rares cas de grippe vraiment testés – surviennent. Si, dans le village de Clochemerle, on a 15 morts en février et seulement 10 morts en août, et si on sait qu’on avait beaucoup de grippes en février dans toute la France, la surmortalité due à la grippe est de 5 morts, en février, à Clochemerle. Bingo ! C’est arbitraire. Ces 5 morts sont peut-être morts de la bronchite ou d’une infection bactérienne sans lien ; à l’extrême, l’un de ces morts est peut-être un individu qui a glissé sur le verglas... En théorie, ce dernier cas est éliminé, mais en pratique, ce système de comptage est suffisamment absurde pour qu’il se présente vraiment. Mais pourquoi diable faire ainsi ? Le secret est la standardisation statistique au niveau mondial. Dans les pays en voie de développement, c’est le seul moyen possible. L’OMS fait donc ainsi partout dans le monde. Et le CDC en Amérique et Santé Publique en France font de même. Ça n’a jamais posé problèmes … Jusqu’au jour où il a fallu faire des comparaisons internationales et surtout des comparaisons avec SARS-CoV-2 : ainsi, si on prend les chiffres de Santé Publique pour la grippe et ceux de la Corée du Sud pour SARS-Cov-2, on découvre que la grippe représenterait deux ou trois fois l’impact de COVID-19, ce qui est parfaitement faux. C’est même débile et tous les épidémiologistes le réalisent. Dans l’article du Lancet, les auteurs, qui ont pris le temps de regarder précisément les données, calculent que sur 8 cas de surmortalité, 1 seul est dû à la grippe saisonnière. Il faut se résoudre à l’évidence : beaucoup d’études universitaires de très bon niveau existent sur la grippe, mais ce n’est pas sur Santé Publique qu’on les trouvera. Du reste, pourquoi utiliser un chiffre sorti du chapeau d’un fonctionnaire français quand on peut aller directement à la source, voire aux sources, pluriel ? Si on veut utiliser des sources fiables, il faut faire des moyennes de taux calculés dans des études scientifiques peer-reviewed. Statistiquement parlant, la meilleure est celle de l’université de Hong Kong pour la pandémie de grippe H1N1 de 2009. C’est une méta-étude, une étude d’études : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3809029/ La pandémie de grippe H1N1 de 2009 est la plus étudiée des 20 dernières années (parce que c’est celle qui a touché le plus grand nombre de personnes de par le monde). Il y a des milliers d’articles scientifiques. Les chercheurs de l’université de Hong Kong en ont recensé plus de 12.000 et en ont retenu une cinquantaine (77 estimations du taux de mortalité au total). Que disent ces 77 estimations ? Pour bien comprendre, il faut les séparer en trois groupes. D’une part, les « estimated cases » (c’est-à-dire les gens qui ont eu le virus dans leur système à un moment), d’autre part, les « estimated symptomatic cases » (c’est-à-dire les gens qui ont eu des symptômes du virus à un moment) et enfin, les « laboratory-confirmed cases » (c’est-à-dire les gens dont on est sûr qu’ils ont eu le virus grâce à des tests en laboratoire). Les « estimated symptomatic cases » et les « laboratory-confirmed cases » donnent – par définition ! – des taux de mortalité très élevés. On calcule un taux sur les gens les plus malades en excluant ceux qui récupèrent sans jamais aller chez le médecin. Ce n’est pas inutile quand on gère une maison de retraite mais pour ce qui nous intéresse, c’est hors sujet. Reste donc les taux de mortalité calculés sur les « estimated cases », c’est-à-dire les gens qui ont eu le virus dans leur système à un moment. En moyenne, si on compile les 77 estimations des 50 peer-reviewed articles, cela donne ceci pour la grippe pandémique 2009 H1N1 : – Estimated Cases 0.006% – Estimated symptomatic cases 0.067% – Laboratory-confirmed cases 4.747% En moyenne pondérée de tous ces articles, les « estimated symptomatic cases » sont à 0,0135%. La conclusion est donc sans la moindre échappatoire possible : Les chiffres de 10.000 morts de la grippe par an en France sont faux. Les estimations de mortalité par la grippe à 0.1% sont faux. La grippe saisonnière fait moins de 150.000 morts par an dans le monde, moins de 7000 aux Etats-Unis et moins de 1000 en France. Le taux de mortalité constaté est de l’ordre de 0.01%.
  28. 4 points
    Une remarque pas immédiatement liée au sujet (à savoir, ce type sur twitter raconte n'imp et passe pour un guignol>>> I agree). Je regardais ce fil avec intérêt quand tout à coup, le fameux impératif "Someone is -possibly- wrong on the internet" m'a dicté d'aller dans mon bureau, de prendre Droit, législation et liberté et de l'ouvrir à la page 438 sur le "droit naturel" pour double checker. Hayek nous y explique que l'expression "droit naturel" est un ensemble de théories hétéroclites rassemblé par les positivistes sous la même étiquette, parce que ceux-ci ne reconnaissent rien en dehors de la dichotomie construit par l'esprit/la volonté humaine -produit par un dessein suprahumain. Seulement l'adjectif naturel a été employé par le passé en un autre sens, celui de non produit par un dessein rationnel mais par un "processus d'évolution et de sélection naturelle". Hayek pense en effet avant lui en particulier à David Hume, dont il reprend explicitement la philosophie du droit (voir ses Essais de philo, etc.). Cependant, Hayek ajoute : "La position défendue dans le présent livre est (...) susceptible d'être aussi qualifiée par les positivistes de droit naturel. Cependant, s'il est exact que nous développons une interprétation que certains de ses partisans ont jadis appelée 'naturelle', le mot tel qu'il est employé couramment est si ambigu qu'il faudrait l'éviter." "Lorsque nous utilisons "nature" et "naturel" pour désigner l'ordre permanent du monde extérieur ou matériel, par opposition à ce qui est surnaturel ou artificiel, il est clair que nous voulons dire tout autre chose que quelque chose fait partie de la nature d'un objet." D'ailleurs, à ce moment là, Hayek renvoie au Traité de la nature humaine de Hume en note. Un peu plus loin, il ajoute ça, qui me semble déterminant : "(...) l'on ne peut valablement représenter les règles de juste conduite comme naturelles au sens de parties d'un autre externe et éternel des choses, ni comme implantées en permanence dans une inaltérable nature humaine (c'est moi qui souligne), ni même au sens que l'esprit humain est ainsi constitué une fois pour toutes qu'il lui faille adopter ces règles de conduite précises." Je passe encore quelques paragraphes : "La méthode évolutionniste d'analyse du droit (...) qui est ici soutenue a donc aussi peu de parenté avec les théories rationalistes du droit naturel qu'avec le positivisme juridique." Ceci me fait dire que l'évolutionnisme culturel de Hayek est à la fois à distance des utilitaristes que des jusnaturalistes modernes à la Locke (qui fondent leurs théories sur l'existence de droits naturels découvert qu'une structure sociale particulière doit protéger ou rendre effectifs, un peu comme Robert Nozick). Il me semble assez difficile de l'assimiler aux théories du droit naturel moderne qui sont en général associées au libéralisme. J'ai même vu que parmi les précurseurs de sa propre pensée, il invoque l'interprétation jurisprudentielle d'Edward Coke (combattue par les tenants de la loi naturelle) et surtout Savigny, le grand théoricien de l'historicisme juridique. Il me semble que Randy Barnett (mais je n'arrive pas à foutre la main sur The Structure of Liberty, qui doit traîner quelque part) déplace un peu le problème pour intégrer Hayek dans la tradition de la loi naturelle : il part du raisonnement commun à la philosophie juridique de D. Hume et du juge de Common Law pour montrer Hayek se situe dans la même tradition (celle de Grotius en gros). Edit : j'ajoute que quand Hayek évoque le raisonnement du juge qu'il retrouve au sein de la cour suprême des Etats-Unis, de mémoire, il s'appuie sur les écrits du juge OW Holmes, le père (sceptique) de la sociological jurisprudence. Ca me semble assez cohérent avec l'esprit jurisprudentiel de la Common law et l'historicisme juridique, mais c'est assez éloigné du jusnaturalisme. Peut être en fait-il une lecture un peu superficielle ou instrumentale. Voilà voilà.
  29. 4 points
    La "déflation" sur laquelle s'est penchée Fisher n'est pas un phénomène lié à une augmentation de la richesse à masse monétaire identique, mais à une chute des prix du fait qu'à la suite du krach de 29 de nombreux acteurs économiques ont voulu au même moment liquider leur capital, notamment immobilier. Dans les deux cas il y a une hausse du pouvoir d'achat de la monnaie, mais les situations sont fondamentalement différentes. Les revenus sont stables dans le premier cas alors qu'ils s'effondrent dans le second à cause de la crise. D'ailleurs, le mécanisme que Fischer identifie comme problématique n'est pas tant la déflation que le couple dette-déflation dans le cas de la crise de 29 : 29. When over-indebtedness stands alone, that is, does not lead to a fall of prices, in other words, when its tendency to do so is counter-acted by inflationary forces (whether by accident or design), the resulting "cycle" will be far milder and far more regular. 30. Likewise, when a deflation occurs from other than debt causes and without any great volume of debt, the resulting evils are much less. It is the combination of both—the debt disease coming first, then precipitating the dollar disease—which works the greatest havoc. Grosso modo, ses conclusions sont qu'il faut d'une part que le gouvernement intervienne pour faire de l'inflation en cas de crise de la dette, pour contrer la déflation, à court terme, et d'autre part qu'il faut interdire les réserves fractionnaires, pour éviter à long terme de nouvelles crises de la dette. Il n'y a qu'une partie de ses préconisations qui a été retenue, évidemment. On voit le résultat aujourd'hui, avec des banques centrales qui ont tellement puni l'épargne pour nourrir la dette, la consommation et l'inflation qu'on se retrouve complètement en slip douze ans après 2008 pour faire face à une crise bien plus grave. Mais on aura fait des green bonds, alors la morale est sauve. Mais on s'égare. Dans le cas de la déflation "pure", il y a bien sûr des désagréments pour certains acteurs économiques. Mais c'est le fonctionnement normal de l'économie. Voici ce qu'en dit Mises par exemple dans l'Action humaine (partie 4, chapitre 17-10) :
  30. 4 points
    Beaucoup ont répliqué, et répliquent, sur le fond. Pour ma part, je suis une sale teigne. Lucet veut jouer à la pure? OK. On va voir... L'amélioration mentale et éthique de ces journalistes m'indiffère. Je veux simplement pointer qu'ils sont des tartuffes, aux méthodes ignobles. Ni plus, ni moins. Prenons un autre exemple : https://www.generations-futures.fr/actualites/cash-investigation-et-france-info/ L'émission d'Elise Lucet sur les pesticides, en 2015/2016, a été créée main dans la main avec Générations Futures. Pour mémoire, Générations Futures est une ONG anti-pesticides -de synthèse-. Elle est dirigée par Maria Pelletier https://www.generations-futures.fr/qui-sommes-nous/notre-equipe/maria-pelletier/ Maria Pelletier est aussi présidente de la Société Moulin Marion. Rappelons qu'elle est aussi : Membre de la Commission Nationale de l’Agriculture Biologique (CNAB) Expert au Grenelle de l’environnement (Agriculture et Alimentation) Membre du Comité National de l’Agriculture Biologique (CNAB) à l’INAO Membre du comité consultatif d’ECOCERT Membre du conseil d’administration du Synabio Présidente de l’ONG Générations Futures (ex MDRGF) Membre fondateur et membre du conseil d’administration de Réseau Environnement Santé (RES) Le Synabio, c'est le lobby du bio. Autrement dit, Elise Lucet a son émission sur les pesticides co-écrite avec une ONG dirigée par une lobbyiste du bio -et des pesticides bio-. Et ça se pose en journaliste indépendante, alors qu'elle fait du publi-reportage?
  31. 4 points
    Le problème c'est que, contrairement à un procès classique, les migrants sont soupçonnés par les administrations dès le début de la procédure d'être des menteurs et de vouloir resquiller. La présomption innocence (ou de victime ici) n'existe pas. Ils n'ont aucune maîtrise des codes sociaux, culturels, .. de nos administrations. La plupart sont en état de traumatisme du même niveau que les soldats (espt), concrètement, les migrants refusent de parler des tortures qu'ils ont subis le cas échéant parce que ça leur fait revivre les situations, ce qui s'ajoute au trauma de l'exil, du pays en guerre, de la traversée de la Méditerranée, des amis noyés, .. Des tas d'histoires circulent, parfois pour le pire - ce que ne montrera évidement pas ce stupide reportage à charge : les migrants ont tous entendu de vagues histoires sous forme de téléphone arabe qui "marchent" et les répètent bêtement dans l'espoir qu'on leur foute la paix ou qu'on les autorise a passer. L'histoire du gars dont les parents ont été tués sous ses yeux et qui a du fuir est répétée 100x par jours aux professionnels désespérés qui savent que c'est un mensonge mais qui savent aussi que le mec en face n'en démordra pas parce qu'il pense que cette histoire est la clef pour avoir ses papiers. Ce qu'il ne sait pas c'est que l'administration des étrangers a embauché des professionnels qui connaissent bien les pays d'où ils viennent et qui posent des questions avec assez de détails pour les coincer. Ces gens ont 2h d'interview pour convaincre un fonctionnaire qu'ils n'ont jamais vu avant, et ne reverront jamais après, qu'ils ne mentent pas et sont en danger. Evidemment que dans ce contexte ubuesque, ils sont "briefé" par des associations, pour le meilleur et pour le pire. Oui, beaucoup de militants dans ces associations savent que les gars qui n'ont pas d'autres raisons d'être là que d'avoir fui un pays en guerre dans l'espoir d'un avenir meilleur (les migrants dit "économiques") se verront refouler par l'administration et leur font inventer une vie. Et bien sur, ces gens sont souvent la majorité. Oui c'est débile, oui c'est éventuellement condamnable moralement mais faire reposer le bordel actuel sur ces ong ou ces militants c'est de la connerie, arbre, foret, toussa. Si tu fréquentais un peu ce milieu plutôt qu'anoner ce genre de bêtise issue de la droite xénophobe, tu saurais que la tuberculose est une maladie classique chez les SDF. Les professionnels de la santé de rue appelle ça "la maladie de la pauvreté", l'une de ses causes directes est la vie en rue sans système de santé efficace. Tous les SDF sont confrontés un jour ou l'autre à ce problème, qu'ils viennent d'Afrique ou qu'ils soient des bons Français. Ce n'est pas les migrants qui "amènent" la tuberculose, c'est la situation dans lesquels on les laisse pourrir ici, i.e. dans des campements de fortune dehors toute l'année. Ce n'est pas les migrants qui sont responsables des vagues de tubercolose, mais bien la régulation étatique actuelle. Du reste, c'est pareil pour leur santé mentale en général : la plupart des migrants qui sont chez nous sont en train de développer d'immenses problèmes psychiatriques. Ce n'est que le début, tous les professionnels tirent la sonnette d'alarme. L'alcoolisme fait des ravages, beaucoup se suicident. La plupart n'ont plus de projet au bout de plusieurs mois, même plus rallier l'UK, ils ont abandonné tout espoir soit de passer soit d'avoir un droit de séjour ici. Ils errent, c'est tout.En fait, on a beaucoup de chance que ça n'aie pas encore dégénéré en quelque chose de très dangereux. Les migrants ne sont pas responsables de ces problèmes, ils ont les victimes : les responsables sont nos gouvernements
  32. 4 points
    Ah, tu veux les dix grands classiques de la sociologie à lire avant de mourir selon Poney malgré le fait que lui même ne les a pas tous lu ? Here we go : - L'imagination Sociologique, Mills - Economie et Société, Weber - La Distinction, Bourdieu (mais s'il ne fallait en lire qu'un, je conseille toujours "le bal des célibataires") - La construction sociale de la réalité, Berger & Luckman - Stigmate, Goffman (ou alternativement "la présentation de soi") - Outsider, Becker - La Théorie de la structuration, Giddens - Le suicide, Durkheim - Essai sur le Don, Mauss (pourrait/devrait aller en anthropologie, mais bon...) - La théorie de l'action, Parsons Je pense que là, on a les 10 gros classiques mais pour être complet il faudrait rajouter les "pas vraiment de la sociologie mais presque" comme les ouvrages de Norbert Elias, Marx ou Tocqueville. Et pour les 10 classiques de l'anthropologie, qui est quand même "the real deal", hein, faut pas déconner : - Interprétation of culture, Geertz - Withcraft, Evans-Pritchard - La pensée sauvage, Levi-Strauss - The argonauts, Malinowski - Les mots, la mort, les sorts, Favret-Saada - Modernity at large, Appadurai - Stone Age Economics, Sahlins - How we think they think, Bloch - La production des grands hommes, Godelier (alternativement "l'énigme du don", si t'as lu Mauss, c'est la meilleure critique) - un Balandier, mais lequel... "Sociologie des Brazzavilles noires", ou "Afrique Ambiugue", ou "la situation coloniale", ou ses livres sur le désordre Tiens, je réalise que je lis la sociologie traduite et l'anthropologie en VO, curieux.
  33. 4 points
    Je suggérais qu’un certain conservatisme était mieux équipé qu’un certain libéralisme politique en matière de respect du pluralisme idéologique, moral et social, que ce certain conservatisme n’était pas une exception au sein des diverses formes de conservatisme, mais un tropisme assez répandu. Je suggérais aussi que cette forme de conservatisme chevauchait le frontière libéralisme/non libéralisme, bien qu’il me semble que celui interne à la tradition libérale (oui, interne, comme courant interne) soit à la fois préférable et cumulant à la fois les avantages du conservatisme et du libéralisme classique. C’est une réflexion qui me trotte dans la tête depuis un certain temps, et faire quelques posts me permet aussi de mettre mes idées au clair sur le sujet. C’est aussi une réflexion personnelle que je vous soumets, qui n’engage que moi et moi seul. Premièrement, je ne vois pas de conservatisme politique moderne en France aussi complet historiquement et sociologiquement que dans le monde anglo-américain, ceci pour une raison historique assez peu abordée ici, à savoir que nous sommes le pays de la révolution française, pas celui du whiggisme (qui est paradoxalement l’un des pères du conservatisme moderne anglo-américain). Elle instaure une rupture politique radicale dans le pays, obligeant d’abord à se positionner pour ou contre le nouveau régime et marginalisant toutes les positions modérées entre les deux grandes traditions politiques classiquement libérale et réactionnaire (le socialisme n’émergera vraiment que plus tard au 19e siècle). La troisième force qui émerge à la suite de la révolution française, le bonapartisme (ou césarisme), est une autre tradition illibérale qui fonctionne sur la volonté de rassembler le peuple par-delà les clivages. Du fait de la polarisation issue de la révolution, l’organisation symbolique du débat public depuis les débuts de la république s’est faite jusqu’à une date récente autour du clivage droite gauche, avec une asymétrie assez favorable idéologiquement -pas sociologiquement- en faveur de la gauche, ou du moins du parti républicain et progressiste, au détriment d’une droite catholique et réactionnaire certes puissante, mais dont la légitimité politique n’est pas institutionnelle. Ainsi, un certain nombre de thèmes associés à la contre-révolution (le fédéralisme, la décentralisation, la subsidiarité) ont été largement marginalisé pour ne pas dire discrédité, et cela malgré les écrits héroïques et extraordinaires de certains libéraux (Constant, de Stael) qui regardaient un peu le modèle anglais et son idéologie de l’ancienne constitution avec envie. En France, il n’y a pas de continuité historique entre l’Ancien régime et la révolution, et les classes les plus susceptibles d’être politiquement ‘conservatrices’ ont été tenu à l’écart de la politique et du débat public, entrainant à la fois sa radicalisation et son caractère ‘révolutionnaire’ ou au moins ‘rupturiste’. Il n’y a qu’à voir comment se fait la réception d’Edmund Burke en France, et plus largement sur le continent : les contre-révolutionnaires s’en emparent pour n’en retenir qu’une charge violente contre la révolution et ses principes abstraits. On ignore le Burke whig, intellectuellement proche d’Adam Smith et David Hume, défenseur du droit des Anglais et des libertés américaines, pour forger partout en armer la ‘rhétorique réactionnaire’ partout en Europe face à la révolution et son émissaire à cheval Bonaparte. On marie Burke avec de Bonald, de Maistre, Veuillot et D. Cortès pour condamner l’effacement de la société d’ordre, de la souveraineté politique et de la légitimité théocratique des temps anciens. La polarisation idéologique postrévolutionnaire n’est pas la seule en cause dans la marginalisation du conservatisme en France (ce jusqu’à une date récente, en gros deux bonnes décennies) : si les révolutionnaires associent le fédéralisme, la subsidiarité, la liberté des provinces et le pays à la Réaction, cette dernière n’est pas non plus unanime ou totalement honnête dans leur défense. Entre l’Ancien régime et la révolution, il y a aussi le poids du centralisme capétien et de l’instrumentalisation de l’Eglise pour l’unifier, qui rend difficile de penser en termes de pluralisme religieux mais aussi institutionnel. La réaction en France se situe plus du côté de Jean Bodin que d’Althusius, de Loiseau que de François Hotman. Comme l’avait très bien vu G de Stael, le monarchisme contre-révolutionnaire a toujours eu tendance à idéaliser la monarchie et à minorer les tensions internes, les résistances des pays, des provinces, des corporations et des juridictions locales pour présenter un tableau alliant harmonieusement le Trône et l’Autel. Résultat, l’espace accordé au conservatisme en France est réduit, et se limite à quelques intellectuels -certains assez brillants- mais marginaux comparés à nos voisins anglos. Le deuxième point va suivre sur un texte de J Gray (wait for it)
  34. 4 points
    Elle reconduit une confusion typiquement conservatrice (d'origine platonicienne) entre liberté et vertu ("si je suis l'esclave de mes désirs chaotiques, je ne suis pas libre"). Alors que la liberté n'est ni la mesure, ni la tempérance, ni la vertu, ni la sagesse, etc. La liberté est l'état dans lequel je suis lorsque mes droits naturels individuels sont respectés. On peut ensuite soutenir que la liberté ne peut pas être maintenue durablement sans certaines vertus, sans l'acceptation de devoirs qui la fonde, etc., je serais d'accord ; mais ça ne change pas que la liberté n'est pas la même chose que la vertu. Une fois que cette confusion perfectionniste est opérée, on peut justifier une politique paternaliste et liberticide puisqu'en empêchant l'individu de mal consommer, en réprimant ses vices, etc., on le rend "libre" ... c'est une conception positive de la liberté. On la retrouve d'ailleurs à gauche du spectre politique.
  35. 4 points
    Suite aux réactions pas franchement positives sur mon dernier post je tiens à expliciter un peu. D'abord c'était évidemment un bon troll d'utiliser le terme "gilets bruns", mais ça illustrait mon sentiment de plus en plus précis que la sociologie des GJ reflète celle du RN, tout comme les méthodes employées. En clair on a l'impression d'assister à une revanche, une sorte de 3ème tour de la présidentielle de 2017. Certains ici ont de la sympathie pour le mouvement, en particulier pour sa phase initiale avant les violences répétées et la récupération tous azimuts. Et là je ne suis pas d'accord, car je trouve que ça partait mal dès le début. Effectivement c'est l'augmentation d'une taxe qui a suscité le mouvement, on pourrait y voir du libéralisme. On a pu voir qu'il n'en était rien, puisque dès le succès initial les revendications se sont multipliées dans tous les sens, tant que ça faisait plus de pognon à la fin du mois. Pour ce que j'ai vu des groupes GJ sur le net, de mes propres amis ou contacts GJ, et des nombreuses interviews à la TV/Radio ou de mon propre passage sur les ronds-points (je parcours beaucoup la France), le "plus de pognons pour nous" semblait l'emporter sur "moins de dépenses publiques". Toujours dans la phase initiale du mouvement j'étais interpellé par les méthodes employées, à savoir le blocage des routes. Les méthodes en disent beaucoup sur le fond, et quand des individus se croient investis d'une légitimité à emmerder leurs voisins parce que "c'est la seule manière de se faire entendre dans ce pays", je m'interroge. Admettons alors que les GJ libéraux l'emportent et que l'Etat recule, qu'est-ce qui empêchera demain les gauchos d'aller bloquer les routes et d'obtenir le retour des dépenses publiques par des méthodes similaires ? C'est un chemin dangereux à emprunter, et ce n'est pas parce que nos adversaires gagnent comme ça qu'il faut s'y mettre, car nous savons que c'est injuste et surtout inefficace pour garantir un Etat limité à long terme. Ensuite il y a eu le développement et le dérapage du mouvement, et là ça devient incontestablement n'importe quoi. J'ai suivi la chose en détails, jour après jour, car c'était tristement instructif. Quand un couillon se faisait écraser quelque part - souvent après avoir pris des risques inconsidérés - on avait systématiquement droit au coup du martyr. Puis lors des manifs il y avait des scènes de violences dignes des pires racailles de banlieues, et si la police avait le malheur de répondre la foule semblait en vouloir à la police ! C'était aussi le phase où l'extrême-droite et l'extrême-gauche ont jugé en choeur que ce mouvement était un bon tremplin pour elles. Là encore il y a de quoi s'interroger : si quand je lance un mouvement j'attire naturellement des mouches à merde, c'est peut-être qu'il y a quelque chose qui cloche, non ? Puis il y a eu les pillages de magasins, les tentatives de lynchage de policiers, la dévastation de l'Arc de Triomphe, le saccage des locaux de sociétés d'autoroutes (qui sont les seules routes correctement entretenues dans toute la France, mais passons), bref, largement de quoi donner honte à quiconque de porter un gilet jaune depuis lors. A chaque manif les policiers saisissaient des centaines d'armes aussi sympathiques que des marteaux, des boules de pétanques, d'énormes pétards capables de gravement blesser, etc., et les gens continuaient à venir, parfois accompagnés de leurs bambins. Incroyable, quelle irresponsabilité ! Ca n'empêche pas qu'il y a eu des violences policières par la suite, mais qu'on ne vienne pas m'expliquer que c'est la police qui a commencé. Le système actuel n'est évidemment pas satisfaisant, sinon je ne serai pas dans le mouvement libéral, nous sommes d'accord. Mais il est quand même héritier d'une tradition libérale d'équilibre des pouvoirs, de respect d'un droit lui-même soumis à des textes fondamentaux, et nous aurions tort de sous-estimer le bénéfice que ça représente. Si en France nous avons utilisé la démocratie comme le craignait Bastiat, soit pour vivre aux dépens des autres catégories, c'est plus la faute de notre mentalité que du système lui-même. Et je n'ai pas l'impression que les GJ ont une mentalité moins axée sur la la redistribution. En revanche j'ai un net sentiment qu'ils piétinent les institutions en recourant à "l'appel au peuple", c'est-à-dire ce procédé magique qui permet de justifier n'importe quelle voie de faits sous prétexte d'une légitimité supposée des actes commis au nom du peuple. J'ajoute que dans les éléments inquiétants il y a le niveau de haine anti-Macron qu'on a pu constater sur les ronds-points. Près de chez moi on avait des choses aussi poétiques que "Macron va niquer ton singe" ou encore "rends-nous notre honneur ou tu connaîtras la peur !". Quoiqu'on pense du personnage il n'est sûrement pas pire que ses prédécesseurs, et même s'il l'était on parle de quelqu'un qui a été justement été élu par la volonté "du peuple". Lui en vouloir personnellement à ce point c'est irrationnel, il sert clairement de défouloir à une colère plus profonde. On peut discuter des heures sur le mal-être d'une certaine classe moyenne rurale, mais ce n'est pas aux libéraux de s'associer à des actes injustifiables, même quand on comprend la colère ou le mal-être qui y donnent naissance. Bref, je m'arrête là car ça va devenir illisible, mais je ne connais pas une seule situation historique où la prise de pouvoir par des couches populaires énervées aurait débouché sur des institutions plus libérales qu'avant. A ce titre la Révolution Française est riche de leçons : ceux qui se sont appuyés sur "le peuple" pour mettre en place des institutions libérales dans la phase 1 ont vite compris que "le peuple" pouvait être agité par plus méchant qu'eux dans une phase 2 ou 3. Peut-être ont-ils eu le temps de méditer sur l'appel au peuple en allant à l'échafaud, devant ces foules assoiffées de sang qui pensaient sincèrement que l'extermination d'un nombre suffisant d'anti-révolutionnaires allait résoudre les problèmes.
  36. 4 points
    Je rebondis pas sur l'affaire des malformations mais sur la fin de l'article. ok, je vais voir. Bon, y en a plus qu'une. admettons une erreur de frappe. Ah, y en a donc plusieurs. Continuons. ok, formidable. Une seule étude. Et quelle étude ! Rapport disponible ici Représentativité de l'étude ? Ben on se baladait toutes les 5 maisons pour sonner chez les gens. Superbe. L'échantillon ? Plus de femmes, plus âgées, plus inactives. Que des %, pas d'analyse comparative. L'existence de maladie ? Fondée sur parole. Quid des non malades qui ont peur ?(j'imagine la grand-mère qui tousse. "C'est peux-être de l'asthme ? oh oui oui." Check asthme, je valide.), quid des malades qui veulent pas répondre ? La standardisation ? Oh ben les deux villes doivent être kiffkiff à la France, allez go, on valide. Autre chose qui m'a surpris, on fait participer les gens. On leur pose des questions sur les maladies, sur leur environnement, sur la pollution. Et puis on leur demande leur sentiment général. Résultat ? Sentiment de crainte élevé. Non, sans blague. Parle de viol en réunion et de trafiquant de drogue dans un patelin pommé de la Drôme, tu verras le sentiment de sécurité comment il va baisser. Conclusion de tout ça, alors qu'il y a des enfants qui naissent sans bras dans la région, l'imMonde peut pondre ça : Ce journal, c'est un pur torchon, y a pas d'autre mot.
  37. 4 points
    La question portait donc sur la responsabilité de la gauche SJW dans la radicalisation de la droite (ou, pourquoi l'alt-right est fille, ou nièce, de la ctrl-left). J'y vois plusieurs raisons concomitantes (il y en a sans doute d'autres, mais je ne prétends pas à l'exhaustivité). Comme je le disais, la droite est principalement composée d'exclus de la gauche et de réactions envers la gauche ; en l'occurrence, l'alt-right n'est pour l'essentiel pas composée d'exclus (ça, c'est plutôt l'IDW), mais est fondamentalement une réaction à certain nombre d'éléments prônés par la ctrl-left. D'abord, le fait que les SJW aient été élevés dans et prônent le culte de la différence et l'agressivité envers ceux qui critiquent les groupes officiellement protégés (en gros, les outgroups traditionnels deviennent l'ingroup des SJW), ça énerve, parce que c'est fatigant d'être traité de fasciste à toutes les sauces (et là intervient la deuxième raison, le labeling). On peut aussi mentionner le puritanisme prosélyte des SJW qui a par exemple amené au Gamerate, par lequel une importante partie de cette génération (qui se réfugiait dans les jeux vidéo comme stratégie d'escapism) a été rattrapée par le militantisme de certains, a été sommée de prendre position sur le sujet... et a souvent pris une position anti-SJW par réaction directe à leur intrusion dans leur sphère ouatée. Et puis comme quatrième explication, il ne faut jamais oublier que, parmi les cinq ou six sentiments humains élémentaires, le sentiment de base des mouvements fascistes, davantage encore que la colère, c'est le dégoût (hat tip à Peterson) ; plus les SJW prônaient la "beauté alternative" (cheveux WTF, modifications corporelles), plus ils militaient non pas pour la tolérance mais pour l'acceptation de l'homosexualité (ça me chagrine de dire ça, mais voir deux hommes qui s'embrassent, ça choquera et ça dégoûtera toujours un sacré paquet de gens) et de la transsexualité (et là, Peterson a pas mal à dire), ou la promotion de tout autre truc délibérément choquant (on se souvient de Xochi Mochi, la fameuse drag queen qui lit des histoires aux enfants dans la Michelle Obama Library de Long Beach), et plus en réaction les gens se trouvent dégoûtés, et donc à même d'entendre un discours politique "adapté" à leur dégoût. Enfin, je reviens à la tactique du salami évoquée plus haut : une fois que tu as une politique identitaire pour les Noirs, pour les Latinos, pour les gays, pour les femmes, pour les trans, pour les Asiatiques, pour tel, tel ou tel groupe "minoritaire" (et la ctrl-left adore trouver un tas de nouveaux groupes minoritaires, comme en témoigne l'allongement potentiellement infini de l'acronyme LGBT et de la liste des genres par exemple), à la fin, le bloc de salami restant, celui des hommes blancs/européens hétéros et de culture occidentale se trouve lui-même en position de minorité, et même par certains aspects de minorité oppressée (la violence du discours sur la "masculinité toxique" ou sur les "white men" est invraisemblable). Au fur et à mesure où ce bloc prend conscience d'être minoritaire, il tend à définir son identité de la même manière que les autres minorités (d'où la revendication d'être "blanc", étiquette pourtant oubliée depuis des décennies par la plupart des gens concernés), et à réclamer une politique identitaire adaptée à sa propre identité. E que s'appellorio l'alt-right. Ajoute à ça une responsabilité indirecte (à savoir que, comme je le disais, les progressistes de la Silicon Valley ont mis en place les réseaux antisociaux nécessaires pour que 1- les malpensants finissent par se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls à penser mal, 2- ces mêmes malpensants en arrivent à échanger des matériaux idéologiques d'horizons divers, depuis Hoppe jusqu'aux masculinistes en passant par les white nats ou encore les oeuvres de KMD, oeuvrant ainsi mutuellement à leur enrichissement culturel, 3- le miracle du village mondial rapproche les SJW de tout le monde, favorisant l'émergence du sentiment de dégoût et donc de la réaction, 4- l'anonymat des Interwebs permet un certain niveau de déresponsabilisation, coucou 4chan). Pour le dire comme Niall Ferguson, loin d'aboutir à l'idéal naïf d'égalité et d'intercompréhension mutuelle, l'organisation des sociétés en réseaux a toujours mené à la polarisation.
  38. 4 points
    Verser le salaire brut aux salariés et leur laisser le soin de faire eux-mêmes les chèques à leur caisse de retraite, leur csg, leur assurance chômage et leur urssaf... Tout le monde aurait très vite envie de baisser les dépenses et le périmètre de l'état .. dans un deuxième temps on baisse les taxes et l'IR. Dans l'intervalle la dette commence à se tasser. C'est assez radical et cela pourrait se faire de manière paisible...on agrémente ça de mesures symboliques de probité des politiques, pas de privilèges, pas de dépenses non justifiées, etc...
  39. 4 points
    Bonjour @expat J'ai également travaillé en Chine quelques années mais j'ai pris la décision de rentrer en Europe. Je te rejoins complètement sur le fait que la liberté d'entreprendre est beaucoup plus large en Chine que ce à quoi on est habitué par chez nous. Les autorités ferment généralement les yeux sur les activités des "petits" et il est très facile de monter un petit magasin ou un petit restaurant. Du point de vue business en général (tech en particulier), il y a énormément d'opportunités en Chine en ce moment comme tu le soulignes, du fait de la taille du marché intérieur, du financement disponible et des compétences locales. Il y a de très belles boîtes chinoises qui sont apparues relativement récemment et qui sont devenues les références de leur secteur : DJI pour les drones grand public par exemple. Le pays (ou plutôt, les grandes villes) sont sûres, tu peux rentrer en pleine nuit chez toi sans aucun risque de te faire emmerder par des racailles. La délinquance existe mais elle est beaucoup plus invisible et indolore (très peu de violence physique, pas d'incivilités) que chez nous. Après tout n'est pas rose et c'est pourquoi je n'avais pas opté pour une installation sur le long terme : Beaucoup d'arnaques en tout genre, tout le temps, partout, ce qui fait que tu deviens un peu parano et ne peut plus faire confiance à quiconque. Quelques cas auxquels moi ou des amis ont été exposés : agent immobilier véreux qui t'arnaque de 500 euros en échange d'une réduction que tu ne verras jamais, fausse monnaie dans des distributeurs de billets, faux magasin de bijoux qui utilise la marque d'un acteur établi mais vend des bijoux avec beaucoup moins d'or évidemment, faux magasin Apple qui vend des iPhones en dessous du prix du marché (occasion ou contrefaçon ?), fausse "annexe" médicale installée à côté d'un hôpital... en définitive tu n'es jamais vraiment sûr de ce que tu achètes. C'est pour ça que les touristes chinois achètent autant quand ils viennent en Europe, c'est pour le prix certes, mais aussi pour la provenance garantie. Internet. TOUS les sites ou services (facebook, twitter, gmail, skype, etc.) dont tu as besoin pour garder le contact avec ta famille et tes amis sont bloqués ou tellement ralentis qu'ils sont inutilisables. Certes, il y a les VPN mais c'est un peu le chat et la souris avec les autorités, donc ton VPN peut cesser de fonctionner à tout moment. En plus tout ce que tu fais sur internet est susceptible d'être intercepté par un employé gouvernemental. Il y a quand même des dizaines de milliers de personnes affectées au contrôle de l'internet. L'information est tellement contrôlé que paradoxalement ça laisse la porte ouverte à toutes les rumeurs les plus délirantes parce que la population sait qu'un problème sérieux ne sera pas relayé par les agences gouvernementales. Toutes les statistiques en Chine sont bidonnées, même le gouvernement ne connait pas la situation réelle du pays. Même la population serait apparemment sous-évaluée, peut-être de de 100 millions de personnes ! L'esprit de "us vs them" général à l'encontre de l'étranger. Bien si tu es chinois, moins si tu ne l'es pas. Par exemple si jamais en cas d'accident de voiture entre un chinois et un étranger, tous les témoins prendront toujours la cause du conducteur chinois, même si celui-ci est complètement en tort, et ça peut rapidement dégénérer en violence. La culture traditionnelle chinoise qui a été à peu près éradiquée par 70 ans de propagande. Ne reste plus que quelques slogans genre "5000 ans d'histoire" (ce qui est faux a priori, c'est plus 3000 ou 4000) et une histoire officielle tellement romancée qu'elle tient plus de la fiction (bon ok, en France on en est pas si loin, mais les voix dissonantes sont autorisées). Tellement de contrôle sur toutes les productions culturelles qu'il y a très peu films, séries, jeux vidéo qui soient un tant soit peu intéressants. Très peu de culture underground. De mon point de vue, un pays comme la Suède avec ses 10 millions d'habitants produit plus de produits culturels intéressants que la Chine. La tendance pour l'ouverture du pays avec Xi Jiping est clairement négative depuis plusieurs années et je pense que ça pèsera sur le développement du pays à terme, avec des multinationales qui quitteront le pays complètement. Le gouvernement impose par exemple de plus en plus la présence de membres du PCC au conseil d'administration d'entreprises étrangères privées. Mes critiques sont surtout à l'encontre du gouvernement, j'ai rencontré plein de chinois très agréables et accueillants. Et on y mange super bien ! Tu ne parles pas de la nourriture dans tes points positifs, pourtant pour moi c'est un énorme plus. Tu habites à Hong Kong ou en Chine continentale au fait ? C'est pas très clair dans tes messages. Hong Kong est quand même encore bien différente du reste de la Chine. L'État de droit y subsiste encore et la population est quand même beaucoup plus éduquée et fortunée en général.
  40. 4 points
    On ne devrait pas s'étonner que libéraux classiques et libertariens défendent des mêmes principes de libertés individuelles, ici la liberté de migrer. Je profite de ton message et des suivants pour proposer une tentative d'explication de la mécompréhension récurrente entre libéraux classiques et libertariens. Voilà comme je vois les choses : Ce qui distingue le libéral classique du libertarien (au sens anarcap) n'est pas que l'un serait plus "modéré" que l'autre, comme aiment le croire les libertariens. Ce qui les distingue est plus profond : entre eux, il y a une différence ontologique et méthodologique. Le libéral classique est pragmatique tandis que le libertarien est utopique. (je précise que j'utilise ici les termes "pragmatique" et "utopique" de façon neutre, sans aucune connotation négative) Le pragmatisme du libéral classique le conduit à privilégier la recherche de solutions libérales ici et maintenant, au regard de principes libéraux, en partant du réel tel qu'il est. L'utopisme du libertarien le conduit à privilégier la recherche et la construction d'un modèle idéal parfaitement cohérent au regard d' "axiomes" libertariens, en partant d'un "idéal-type". Les libertariens sont obsédés par la "cohérence" interne de leur modèle d'anarcapie là où les libéraux classiques sont obsédés par la congruence de leurs propositions libérales. Les libertariens s'obstinent à penser un modèle d'organisation sociale qui garantirait totalement les libertés individuelles là où les libéraux classiques s'obstinent à vouloir amender l'organisation sociale actuelle dans le sens de davantage de gains de libertés individuelles. La démarche libertarienne paraîtra souvent vaine et chimérique aux yeux du libéral, la démarche libérale paraîtra souvent incohérente et inconséquente aux yeux du libertarien. Ma conviction est que les libéraux classiques ne sont pas plus "modérés" que les libertariens dans la défense des libertés individuelles : les libéraux classiques sont plus "modestes" intellectuellement en comparaison des positions maximalistes des libertariens. Par exemple, que faut-il penser des chéques-éducations ? Au regard de la situation actuelle, le libéral classique pourrait y voir une solution pragmatique fondée sur l'application de principes libéraux (concurrence, liberté de choix, liberté pédagogique, etc.) qui offre très concrètement quelques gains de libertés individuelles. Au regard de la situation idéale anarcap, le libertarien pourrait y voir une concession à la social-démocratie, une échappatoire visant à perpétuer une conception intrinsèquement étatiste de l'instruction. Et de conclure que le libéral est plus "modéré" et moins cohérent que le libertarien. De son côté, le libéral jugera la position libertarienne trop maximaliste pour être pragmatique et offrir une solution congruente à la situation actuelle. La question de l'immigration est intéressante parce qu'elle permet de constater que la différence entre libéraux classiques et libertariens n'est pas une différence de "modération", mais une différence dans la façon d'appréhender le réel et de proposer des idées libérales. Je rappelle que ce sont des principes libéraux classiques qui ont conduit à l'espace Schengen. On est loin de l'idéal de l'immigration libre, mais voilà une solution libérale pragmatique de gain de libertés individuelles, en comparaison de la situation qui précédait. Renforcer les contrôles aux frontières, c'est revenir sur des gains de liberté. Il n'y a pas à s'étonner que des libéraux classiques rejettent une solution qui serait une régression en comparaison de la situation existante et au regard des principes libéraux. Le souci de "cohérence" devrait également conduire tout anarcap à être "pro-immigration". Mais on peut constater que les petits malins xénophobes se réfugient dans le maximalisme libertarien : "je serai pour l'immigration libre le jour où il n'y aura plus d’État-providence et où on sera dans un monde libre"... Avec ma posture libéral-classique, je ne peux m'empêcher de voir que la rhétorique de la "cohérence interne" ne sert pas toujours au mieux la défense des libertés individuelles.
  41. 4 points
    C'est pas mal résumé (la vraie question est double : non seulement la cohabitation, mais aussi la fusion ou non des populations). D'une manière générale, la force des libéraux, c'est qu'ils savent que l'économie va toute seule sans qu'on y touche, et qu'il n'existe au fond pas de réel problème économique (il n'y a que des problèmes de politiques économiques). Et la faiblesse de beaucoup de libéraux, c'est de croire que tout peut se réduire à l'économie, et donc qu'il n'existe aucun problème social du tout.
  42. 4 points
    Exactement. La fermeture des frontières ne crée que des effets collatéraux dommageables qui vont a l'inverse des politiques voulues (ce qui rappelle inévitablement a peu près toutes les politiques, mais passons). Quelques exemples qui me viennent en tête : - Les familles capverdiennes qui veulent migrer aux USA, à cause de la fermeture des frontières, se construisent patiemment au travers des générations, un véritable "capital migratoire", qui s'entretient et se transmet comme n'importe quel capital (marier une fille dont l'oncle est aux USA, ce genre de choses) :https://uclouvain.be/fr/instituts-recherche/iacchos/laap/actualites/nouvelle-publication-amours-pragmatiques.html (ce bouquin est fascinant). C'est une pratique qui n'existerait pas avec des frontières ouvertes, évidemment, ça oblige les gens à se projeter dans un voyage unique, la perspective des aller/retours disparait. Une fois accroché au rocher USA, y rester, "tenter sa chance" et éventuellement revenir devient "y aller coute que coute, et advienne que pourra". - Cela crée immanquablement des crimes qui ne sont pas des vices, toussa, cela va du stress des policiers à des gens innocents en prison (ou des petites filles qui meurent, comme Mawda en Belgique il y a 3 semaines) - Cela crée de véritables crimes (passeurs, trafics d'enfants, résurgences de l'esclavage en Libye, ...) - Le retour étant impossible, l'aveu d''échec l'est tout autant, le silence qui entoure les échecs des migrants en Afrique et la visibilité des réussites seules poussent à croire que l'El Dorado existe vraiment en Europe - Le retour étant impossible, ceux sur place doivent entrer dans une vie parallèle qui ne participe ni à leur intégration, ni à la paix sociale, ni à rien du tout
  43. 4 points
    Pour mettre en perspective niveau rapidité : In barely two years, from 1992 to 1994, the radical reforming Estonian government of Mart Laar was the first in Europe to introduce the flat tax, privatized most national industry in transparent public tenders, abolished tariffs and subsidies, stabilized the economy, balanced the budget, and perhaps most crucially, restored the prewar kroon and pegged it to the stable deutsche mark.[6] Laar claims the only book on economics he had read before becoming prime minister at the age of 32 was Free to Choose by Milton Friedman.[7] Source: https://en.m.wikipedia.org/wiki/Mart_Laar Et en Lettonie: ” Après avoir réduit le nombre de ministères de 16 à 14, le Premier ministre a déclaré que le pays était à quelques mois de la faillite et a promis de stabiliser la situation financière, de diminuer les dépenses publiques, d’accroître l’efficacité et la transparence de l’État. Le gouvernement s’est appuyé sur le travail d’Alberto Alesina et Silvia Ardagna de l’université Harvard aux États-Unis qui, après avoir examiné 107 plans gouvernementaux visant à réduire la dette publique dans 21 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre 1970 et 2007, ont conclu que la réduction des dépenses de l’État est le moyen le plus efficace pour réduire le ratio d’endettement d’un pays. Le Premier ministre letton s’est engagé à réduire les dépenses publiques là où il était possible d’améliorer l’efficacité de l’État, à expliquer ces choix au peuple letton et à faire preuve d’équité dans la réforme. Aux mois d’avril et mai 2009, les ministères ont mis au point trois plans de réductions des dépenses de 20%, 30% et 40% et de diminution des salaires de 20%. Les ministères à reformer en priorité étaient ceux de la Santé, de l’Éducation et de l’Administration publique. Pendant ce temps, un accord de principe sur les réformes à mener a été signé par tous les députés de la coalition. Les partenaires sociaux ont donné leur accord à l’essentiel des reformes. Les salaires des gestionnaires des grands groupes publics, des ministres et des hauts fonctionnaires ont été considérablement diminués afin de montrer l’exemple. Au sein du ministère de la Santé 44 % du personnel a été licencié pour s’aligner sur le nombre de fonctionnaires estoniens, et 35 hôpitaux sur 59 ont été fermés pour s’aligner sur la moyenne européenne. Lorsque l’attention du public s’est concentrée sur ces fermetures, le gouvernement a immédiatement mis l’accent sur les réformes menées dans les autres secteurs, pour montrer que l’ensemble de la population faisait des efforts et que sa stratégie était cohérente. Le Premier ministre a accepté la démission des ministres et conseillers ayant exprimé leur désaccord avec la politique du gouvernement. Au ministère de l’Éducation, 100 écoles ont été fermées, 2400 professeurs ont été licenciés, faisant passer le ratio professeur/nombre d’élèves de 1/7 à la moyenne européenne de 1/12. Enfin, au ministère de l’Administration publique, la moitié des 75 agences étatiques ont été fermées. En tout, 29% des fonctionnaires ont été licenciés en un an et demi. Le salaire moyen du secteur public a diminué de 26%, s’alignant sur le salaire moyen du secteur privé.” Source : https://www.google.be/amp/s/b.marfeel.com/amp/www.contrepoints.org/2013/10/20/143352-austerite-en-lettonie-la-preuve-par-les-faits Et ce sont de vraies réformes structurelles, qui vont dans le bon sens. Alors que le deux pas en avant, un pas en arrière de Macron...
  44. 4 points
    Excellent. https://minarchiste.wordpress.com/2018/04/09/la-surestimation-des-bienfaits-de-leducation/
  45. 4 points
    Déjà à ce stade, je me demande pourquoi est-ce que tu penses que caractériser le phénomène SJW par des notion aussi générales et vagues que "progressisme" et "individualisme" va te permette d'y voir plus clair. En fait tu as choisi d'appeler individualisme quelque chose qui n'est pas l'individualisme au sens où les libéraux l'entendent, en tant que notions explicites suscitant des revendications politiques, elles n'ont simplement pas le même contenu. L'individualisme libéral, en somme, c'est l'égalité devant la justice en vertu de la reconnaissance universelle de droits personnels. Tout le courant de politiques identitaires dont les SJW sont une manifestation s'est construit en remettant en cause cet individualisme libéral. J'imagine que tu fais tout de même ce choix de caractérisation parce que tu penses qu'à un niveau psychologique et dans l'histoire des conceptions (par opposition à un niveau conceptuel et logique), ce qu'on pourrait appeler l'égoïsme ou l'égocentrisme SJW descend, provient, ou est l'émanation de la même conception que celle qui a produit l'individualisme libéral. Cette affirmation généalogique est en elle même très ambitieuse et me semble nécessiter beaucoup plus d'ingénierie théorique que ce dont tu te satisfais là. Mais quand bien même elle serait vraie, il faudrait motiver ce transport à niveau d'analyse psychologique. Penses-tu par exemple qu'il soit utile de vérifier cette observation afin d’établir si agir sur cette tendance psychologique "individualiste", dont l'individualisme libéral et l'individualisme SJW seraient deux éménations, pourrait permettre de préserver les libertés individuelles? Si c'est cela, je trouve le détour fantaisiste. Il faudrait déjà se donner une analyse du phénomène qui n'oblige pas à identifier les deux, puisqu'ils ont clairement des conséquences contraires. Qu'ils procèdent de la même tendance psychologique générale, c'est une possibilité, mais c'est un jugement de fait qui nécessite d'être établi. Qu'ils ont des conséquences contraires, c'est un fait que l'on connaît déjà. Une possibilité serait donc de promouvoir une attitude morale qui reste, dans sa formulation explicite, condition suffisante d'une doctrine des droits individuels, mais qui exclue ou du moins détourne (on parle psychologie et non logique ici...) des tendances que tu déplores. Le problème de ce genre d'interrogation est qu'elle est posée en termes d'interaction entre des tendances psychologiques, dont les mécanismes sont mystérieux, et la formation de doctrines, que nous connaissons par leur développement logique. La manière dont il faut penser cette intéraction et obtenir, par une action décrite depuis l'un des points de vue, des effets observés par l'autre point de vue, est un défi de taille. TL;DR : pourquoi envisager quoi que soit qui remette en cause l'individualisme libéral afin de s'opposer à l'individualisme SJW, puisqu'on sait déjà ce qu'on aime dans le premier, et ce qu'on n'aime pas dans le second?
  46. 4 points
    J'ai l'impression que la bulle libérale-libertarienne américaine qui s'est créée au début des années 2010, et qui a culminé avec la candidature de Ron Paul en 2014 a explosé, encore une fois pour des raisons liées aux circonstances politiques du moment, a éclaté. Je vois principalement deux grands types d'explication : la première, c'est le changement d'atmosphère politique générale après la vague d'attentats qui a frappé le monde ces dernières années et la crise des migrants en Europe, qui a abouti à la fois au Brexit et à l'élection de Donald Trump sur fond de renouveau de la guerre culturelle sur les campus, des critiques de la mondialisation et du libre-échange. La seconde, c'est l'incapacité des libertariens à capitaliser sur la popularité de Ron Paul : Rand Paul, qui a joué la notabilisation au sein du GOP a finalement fait fuir la frange anti-système de son électorat qui a préféré Trump, et Gary 'Aleppo' Johnson n'a pas réussi à convaincre au-delà des déjà convaincus du LP, ceux qui ont trouvé audible son discours sur la libéralisation des drogues et tout le toutim. La première raison a polarisé à l'extrême une tension qui existait déjà au sein de la constellation libertarienne/libérale, mais l'élection a détruit l'idéal de big tent libertarianism, l'idée que les libertariens puisse coexister par-delà les chapelles : avec l'arrivée de Trump et le foutoir que ça a provoqué (les questions sur l'immigration notamment), les prises de position très agressives pro ou contra, prog ou paléo, se sont multipliées, avec deux tentations majeures. La première tentation, à droite du spectre libertarien, est de s'enfermer dans le pur credo anti-establishment paléolibertarien (cf la droite de la droite, celle de Rothbard et de Jeff Deist, mais aussi Lewrockwell and cie) jusqu'à rejoindre l'alt-right comme de nouveaux alliés jugés moins complices de l'establishment que l'aile gauche du spectre libertarien (triple H). La seconde, à gauche du spectre libertarien, est d'assumer son positionnement pro-élites/progressistes pour les uppermiddle classes et de finalement se contenter de défendre l'aile droite de la social-démocratie, c'est à dire plus de libéralisation et de déréglementation, mais sans changer l'essentiel des rapports de force politique (Niskanen center, le 'néolibéralisme' de l'IEA, les vertus bourgeoises à la D McCloskey). Bien entendu, il devient plus difficile d'observer une position médiane sans verser dans une mentalité de citadelle assiégée, ce qui est un problème différent, mais tout aussi réel. Les vents tournent, et les inquiétudes des Américains concernant l'immigration, les tensions interraciales, le terrorisme islamique et la radicalisation de la gauche morale sont aujourd'hui au top de l'agenda politique national. Sur ces sujets, les libertariens n'ont rien à dire, ou plutôt, ils ont tous des opinions différentes en fonction des intérêts et des valeurs politiques qu'ils défendent, qu'ils bouffent du code à Palo Alto ou vivent dans un bled du fin fond de l'Alabama, qu'ils soient gagnants ou perdants de la mondialisation, conservateurs ou prog. Et du coup, plein de gens vont voir ailleurs pour avoir des réponses, parce qu'une théorie en politique n'a d'intérêt que parce qu'elle est autant une explication du monde qu'un guide pour l'action: quand le paradigme a trop de trous, les gens changent de crèmerie pour voir si l'offre à côté peut mieux correspondre à leurs attentes sans trop s'embarrasser de principes. Une théorie politique n'est pas un code moral de Samourai. Notons que cette crise est surtout une crise interne au mouvement libertarien US : ce genre de considération n'a pas trop impacté la France, parce que nous continuons à faire exactement l'inverse de ce qui se passe dans le reste du monde. Les USA et les brits deviennent populistes ? So plouc, on va élire Macron (plongeant les libéraux français dans un autre type de sidération, mais c'est une autre histoire). Le libéralisme politique a besoin de matière grise, pas de procès en hétérodoxie ou de considérations paternalistes sur ce que les gens du commun devraient penser. Il y a aussi de nouvelles lignes de front qui sont en train de s'ouvrir, en particulier en matière de défense de la science et de liberté d'expression, très durement touchées par les politiques gouvernementales, les gender machin et la montée des radicalités sur les campus et dans les médias. Qui dit liberté d'expression, dit liberté d'innover, d'entreprendre, de soumettre à la discussion critique les idées et les projets des individus pour les améliorer. C'est comme ça que la civilisation occidentale marche depuis le début. Sur ces sujets, les libéraux sont audibles pour peu qu'ils s'y prennent bien. On pourra en reparler à l'occasion.
  47. 3 points
    Le corosocialisme des masques : Phase 1 : l'état gère, pénurie Phase 2 : le marché gère, abondance Phase 3 : l'état distribue gratuitement des masques, gaspillage
  48. 3 points
    A beautiful contrarian truth - During WWII, the Navy tried to determine where they needed to armor their aircraft to ensure they came back home. They ran an analysis of where planes had been shot up, and came up with this. Obviously the places that needed to be up-armored are the wingtips, the central body, and the elevators. That’s where the planes were all getting shot up. Abraham Wald, a statistician, disagreed. He thought they should better armor the nose area, engines, and mid-body. Which was crazy, of course. That’s not where the planes were getting shot. Except Mr. Wald realized what the others didn’t. The planes were getting shot there too, but they weren’t making it home. What the Navy thought it had done was analyze where aircraft were suffering the most damage. What they had actually done was analyze where aircraft could suffer the most damage without catastrophic failure. All of the places that weren’t hit? Those planes had been shot there and crashed. They weren’t looking at the whole sample set, only the survivors.
  49. 3 points
    Je connais les articles, souvent très intéressants, de Francisco Moreno. Ne parlant pas l'espagnol, je m'en tiens aux articles publiés sur CP, que j'ai tous lus (il y en a 13). J'aurais du mal à considérer ça comme un état de l'art neutre ; c'est très certainement un (excellent) état de l'art des arguments libéraux en faveur de l'immigration, mais ce genre de débat devrait se traiter à charge et à décharge. Article 1 : Dans le cas théorique proposé, si Sam (présenté comme une personne physique) est le propriétaire du bout de route que Marvin veut traverser, et qu'il refuse, il a le droit de le faire., et n'importe quel libertarien sur ce forum le reconnaît ; on ne peut pas accepter d'un côté cette métaphore de Sam et son fusil, tout en refusant la vision hoppéenne des l'immigration, soit on prend les deux, soit aucune (pour ma part, c'est plutôt aucune). De plus, le fait que Marvin ait des besoins est sans doute pénible, mais ça ne lui crée aucun droit (parce qu'au sens libéral, un droit est une liberté, non une créance comme dans le sens socialiste du terme). Plus loin dans l'article, certaines mesures que propose Caplan vont assez loin (et honnêtement, aucun des partisans de la liberté totale d'immigration sur ce forum ne les accepterait toutes ; c'est une balle dans le pied pour eux). Article 2 : J'ai déjà dit ailleurs que les problèmes que pouvaient causer l'immigration n'étaient, pour l'essentiel, pas économiques. Par ailleurs, faire des projections de croissance du PIB mondial, c'est 1- accorder une confiance imméritée à la macroéconomie, et 2- oublier qu'une moyenne, ça masque énormément de choses. Bref, expliquer en ces lieux que le PIB est un indicateur au mieux médiocre, ça devrait être prêcher à des convaincus. Enfin, quand on commence à avancer que, pour enrichir les pauvres (ce qui serait une bonne chose), il suffit d'amener les habitants des pays pauvres dans les pays riches, alors on peut se demander ce qui se passerait dans la situation théorique (Moreno a l'air de bien aimer ça, les situations théoriques) où tous les habitants des pays pauvres viendraient dans les pays riches. Pour ma part, je doute que nos institutions y résistent. Et comme ce sont nos institutions (libérales) qui font de nous des pays riches, leur destruction aboutirait à une situation où tout le monde serait devenu pauvre. Mais bon, parler d'immigration en restant dans la théorie, ce n'est pas très pertinent (parce que, comme tu le sais, les gens ne sont jamais substituables les uns aux autres). Pour ce qui est des quatre raisons expliquant que la fuite des cerveaux est une bonne chose, la première raison (elle bénéficie aux cerveaux drainés) est plutôt vraie ("plutôt" seulement, parce que est-ce qu'il vaut mieux pour un excellent médecin africain partir en France et végéter comme médecin suppléant et corvéable dans un hôpital de banlieue, ou bien devenir patron d'un hôpital entier en restant au pays... la réponse n'est pas si évidente). La deuxième raison (les flux monétaires vers le pays d'origine) ne me pose aucun problème, puisque je suis pour la liberté de circulation des capitaux ; encore que pour ce qui est de la balance des paiements, l'importation de monnaie est toujours compensée par une modification de la balance courante, ou une baisse de l'épargne, ou une hausse des investissements ; seule cette dernière hypothèse est vraiment souhaitable pour développer le pays récipiendaire, mais rien ne dit qu'elle arrivera plutôt que les deux autres. La troisième raison (les émigrés revenus au pays y apportent leur savoir-faire) est souvent exacte mais, curieusement, jamais invoquée par ceux qui prônent une plus grande immigration (alors que pour ma part, je n'ai pas de problème à ce que des immigrés repartent, comme ça s'est toujours fait dans l'Histoire). La quatrième (les émigrés montrent l'exemple) me semble à côté de la plaque ; quand ton voisin émigre et que tu apprends qu'il réussit, en général, tu as envie toi aussi d'émigrer (d'où les métaphores migratoires à base de pompes aspirantes). Je note plus loin que Moreno précise que n'importe qui ne devrait pas pouvoir accéder au pays d'accueil n'importe comment, que l'immigration n'a pas à être "incontrôlée et sans restriction". Je suis tout à fait d'accord avec ça, mais je ne pense pas que c'était ce que les pro-immigration avaient en tête. Article 3 : il est nettement moins bon que les précédents. Il suppose qu'on déplace des gens comme on déplace des marchandises ou des capitaux ; or, les gens ont une vie dans laquelle ils sont investis, des habitudes, des attaches, des racines même, bref : qu'il y ait des écarts de productivité montre bien que la matière humaine résiste à une analyse simpliste. Le travail ne se mondialise pas, parce que les travailleurs ne sont pas mondiaux, ils sont pour l'essentiel locaux ; si l'analyse ne prend pas en compte ce fait simple, alors elle est viciée de fond en comble. Bref, un billet très médiocre (le fait qu'il existe des pressions pour un phénomène social ne peut en rien ni le justifier, ni le délégitimer, même quand il s'agit de l'immigration ; au pire, rappeler trop souvent ces pressions va faire naître des fantasmes de remplacement que personne ici ne veut susciter). Article 4 : l'article mentionne justement que la xénophobie est une tendance naturelle de l'être humain (je l'ai expliqué par ailleurs) ; par contre, l'auteur souhaite qu'elle soit surmontée, et je pense que c'est une erreur (après tout, les mères inculqueront toujours à leurs enfants de ne pas parler aux inconnus, et elles ont raison, parce que l'existence d'un ingroup distinct de l'outgroup est une feature tout à fait fonctionnelle de la nature humaine). Première "crainte nativiste", l'invasion d'immigrants ; l'auteur explique que le point d'inflexion arrive bien avant celui où les salaires se sont égalisés : un coup dans l'eau, parce que ce n'est pas le bon critère. Rien ne dit que ce point d'inflexion arrivera avant que le seuil de tolérance des locaux ne soit atteint. Puis, l'auteur parle de migration circulaire (en gros, une noria naturelle) ; je suis fondamentalement d'accord avec lui, parce que toute législation (à la con) qui incite les immigrés à rester davantage que ce qu'ils aimeraient ne fait que des mécontents : les locaux, qui voient plus d'étrangers que ce qu'une situation saine produirait, et dont les craintes augmentent d'autant, et les immigrés eux-mêmes, qui auraient préféré s'en aller aussi retrouver les leurs. Deuxième "crainte nativiste", les immigrés voleraient les emplois des locaux. J'ai expliqué plusieurs fois que le problème de l'immigration était rarement économique (on peut éventuellement mentionner des perturbations sur certains segments du marche de l'emploi peu qualifié, mais ce n'est pas un problème d'ensemble) : je suis donc globalement d'accord avec Moreno sur ce point-là. Globalement, parce que arrive la troisième crainte : les immigrés feraient baisser les salaires (les perturbations que je mentionnais juste avant), phénomène que Moreno nie complètement, mais dont il existe pourtant des indices ; toutefois, comme je l'ai dit, la perturbation est localisée sur certains segments (peu qualifiés) du marché du travail, et n'est donc pas global. Quatrième "crainte nativiste", les immigrés coûtent plus qu'ils ne rapportent à l'Etat-providence. Pour ma part, ma position est connue depuis longtemps : pas de prestations sociales aux immigrés n'ayant pas la nationalité ou présents depuis moins d'un certain temps (en attendant de les supprimer pour tout le monde). Entre libéraux, l'argument est donc entendu... jusqu'à ce que Moreno en arrive à écrire que les immigrés sont indispensables pour sauver les retraites par répartition. Bref. Cinquième "crainte nativiste" : l'absence d'assimilation culturelle. Moreno écrit que ça s'est toujours bien passé, et qu'il n'y a pas de raison que ça ne se passe pas à nouveau bien. Ça peut sembler raisonnable, à ceci près que "toujours", c'était principalement une période de l'histoire sans Etat-providence, sns politique identitaire, avec un patriotisme très fort et pendant laquelle la "pression sociale" des voisins (comprendre : l'hostilité aux coutumes étrangères ostentatoires et la discrimination envers ceux qui n'adoptent pas les habitudes locales) était perçue comme légitime (et aboutissait à ce qu'une partie des immigrés fassent le chemin inverse, d'ailleurs). Pour ma part, je n'ai pas de problème à revenir à un tel état de fait, comme je l'ai déjà exprimé ailleurs sur le forum ; mais le fait est que ce n'est pas le cas aujourd'hui, et qu'un tas de gens crieraient à la xénophobie si c'était le cas à nouveau. La possibilité de s'intégrer dépend en gros de trois facteurs : la fraction d'étrangers à intégrer, leur distance culturelle à la société d'accueil, et la capacité / volonté de la société d'accueil de les intégrer (la "pression sociale" en fait partie) ; je doute que la situation actuelle révèle un rapport favorable entre ces quantités. Sixième "crainte nativiste" : la criminalité. Moreno rappelle que les immigrés ne sont pas plus délinquants que les locaux. C'est vrai, mais c'est complètement myope : c'est généralement la deuxième génération qui est délinquante et criminelle (pour la simple raison que les immigrés ont choisi de venir s'installer dans le pays, alors que leurs enfants ne l'ont pas choisi, en gardant tout de même un sentiment de décalage), et ce d'autant plus que l'assimilation culturelle ne s'est pas faite (cf. crainte précédente), au point où ça peut parfois baver sur la troisième génération. C'était le cas lors de la Prohibition aux USA, les patrons de mafias n'étaient pas immigrés mais fils d'immigrés. De même que ce ne sont pas les Maghrébins qui sont venus du bled pour bosser à la régie Renault qui ont posé des problèmes de terrorisme, mais leurs enfants et leurs petits-enfants. Article 5 : ça commence déjà mal, mettre xénophobes et suprématistes dans le même panier, c'est au mieux complètement con et contreproductif. Je n'ai aucun problème à taper sur les malthusiens décroissants ou les eugénistes exterminateurs (ça me met même plutôt en joie, et de ce point de vue je suis dans l'ensemble d'accord avec les arguments de Moreno), mais mettre toute expression de scepticisme vis-à-vis de l'immigration dans le même panier, c'est débile, c'est en dessous de tout, c'est insulter ceux qu'on souhaite convaincre. Un seul paragraphe est à sauver, l'avant-dernier : "peu importe l'origine de la population, ce qui compte c'est de sauvegarder les institutions". Admettons que peu importe l'origine de la population (je doute que la plupart des gens n'y accordent aucun intérêt, parce qu'on coopère plus volontiers avec ceux qui nous ressemblent). Si ce qui compte est de garder des institutions libérales, alors il faut impérativement que les immigrés et leurs descendants adoptent les coutumes et valeurs du pays d'accueil... et l'on en revient à l'article précédent, sur les facteurs qui favorisent ou non l'intégration culturelle. Je me taperai les autres articles demain, à moins que ce post ne provoque un déluge de réponses outrées et hystériques à ce que je pense pourtant être du bon sens (pour ma part je préfère discuter de ces choses sérieuses dans le calme et entre gens honnêtes).
  50. 3 points
    Tu as surtout établi une fausse dichotomie. L'introduction d'un "libéralisme pur" dans le débat public serait la meilleure façon possible de déplacer la fenêtre d'Overton dans une direction plus libérale et d'avoir ainsi une chance d'obtenir des réformes qui iraient dans le bon sens. Regarde les communistes. Leur présence bien ancrée dans le débat public contribue fortement à l'accroissement du socialisme. C'est pas pour rien que depuis le XXe siècle pratiquement tous les pays du monde ont adopté la majeure partie des points du manifeste communiste sans qu'ils aient eu besoin de gagner des élections ou de faire des révolutions dans tous les pays du monde. Ils ont juste eu besoin que le communisme gagne sa place dans le débat public, rendant ainsi les formes moins radicales de socialisme tout à fait raisonnables en comparaison. Autre point qui joue en faveur des socialistes : ils sont profondément convaincus que leur cause est la plus morale, ce qui les rend moins sujets au compromis. Tandis que les libéraux modérés ont tendance à ne justifier le libéralisme que sur des bases technocratiques ou pragmatiques, allant parfois jusqu'à concéder que les idéaux socialistes sont nobles mais que leur seul problème réside dans le fait qu'ils soient irréalisables. En bref, les libéraux "modérés/pragmatiques" ont besoin des purs/mangeurs d'enfants/utopistes pour que leurs réformes paraissent plus raisonnables aux yeux du public. Parce que tant que les ultra-libéraux Macron et Fillon représentent la limite acceptable du libéralisme on ne risque pas de voir les idées libérales avoir une quelconque influence dans le débat politique et ces fameuses réformes marginales ont peu de chances de se produire.
This leaderboard is set to Paris/GMT+02:00
×
×
  • Create New...