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Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 15/06/2015 dans toutes les zones

  1. 7 points
    Oui l'argument de l'ONU à propos de Mayotte c'est quand il y a un référendum tu ne peux pas choisir des morceaux de la taille qui t'intéresse. Comme si pour une indépendance le colonisateur gardait des villes voir des quartiers qui ont voté non. Mayotte a beaucoup de soucis. Déjà à l'indépendance il y avait 30 000 habitants sur l'ile. Maintenant on est proche du demi million, c'est plus de x10 en moins de 50 ans. Sur 376km². Comme plus de la moitié de l'ile est classé en réserve naturelle ou forestière, il y a de gigantesques bidonvilles qui se sont développés. Aussi, la tradition immobilière maoraise ne permet pas de supporter une aussi grosse démographie : Les adolescents se construisent une cabane et les pères construisent des maisons pour leurs filles à marier. La gestion des terres et leur inclusion dans le droit français a été catastrophique, imaginez la corruption qu'il y a quand un élu à le pouvoir de retirer des terres a des agriculteurs parce qu'ils n'en ont pas les papiers ou que le cadi (juge musulman) qui a acté la succession est mort, pour les donner à leurs potes. Le principal soucis c'est l'insécurité, la violence. C'est difficile de déterminer précisément les causes : pauvreté et inégalités (mais les Comores sont encore plus pauvre et ils n'ont pas ce problème), sentiment d'injustice et déception (quand les jeunes envoyés par leurs parents se retrouvent à survivre dans un bidonville alors qu'on leur avait promis la vie facile chez les riches), rupture générationnelle (l'éducation à l'africaine où n'importe quel adulte se doit de corriger n'importe quel gamin quand il le voit faire une bêtise n'est pas très efficace dans des villes à très forte densité de population) mineurs isolés sans papiers (3000 recensés, probablement le double en réalité) qui vivent dans la rue avec ce que ça implique de violence. Mais la principale raison, et c'est celle qui est mise en avant par les gréviste, c'est l'incapacité totale de la police à assurer ses fonctions les plus basiques. Ils sont en sous nombre, une grande partie est là pour des missions de un an, parfois 3 mois. Aussi le système judiciaire métropolitain n'est pas adapté du tout à ce type de population. La prison ne fait pas peur, trois repas assurés par jours c'est une perspective alléchante pour une grande partie des jeunes délinquants. Aussi, au niveau du sous effectif de la police, la raison pour laquelle la grève ne s'est pas arrêté suite aux déclarations de la ministre c'est parce qu'elle a promis 16 malheureux postes, ce qui ne rempli même pas les promesses non tenues pendant les grèves de 2016. Après, il y a aussi de gros problèmes structurels : administrations pléthoriques, surpayées et inefficaces (ce qui est parfois un avantage mais pas tout le temps) infrastructures dans un état lamentable, manque de moyens scolaires (les écoles primaires c'est des cagibis sans eau sans électricité, sans livres, sans crayons avec des profs qui parlent à peine français) Au niveau de l'immigration, c'est bien sur un problème, bien moins grand que ce que les maorais veulent faire croire. Quand une entreprise ne peut pas ouvrir parce que son employé s'est fait attrapé et expulsé la veille au soir (la paf ne respecte aucune procédure légale, ils font absolument ce qu'ils veulent) c'est toute l'économie de l'ile qui en pâtit. Et c'est plus facile d'attraper un père de famille qui bosse qu'un jeune délinquant dans une bande armée. La grève fait suite au droit de retrait des chauffeurs de bus scolaires, qui se faisaient caillasser et a la fermeture de collèges et lycée suite à de fortes violences : dans le lycée d'un ami une bande armée est arrivé dans l'après midi et s'est mis a défoncer les élèves, un s'est pris un coup de machette au crane et a du être envoyé à la réunion par hélicoptère. Ici je pense que ce sont des guerres de gang qui attisent les rivalités entre villages et qui dégénèrent. Dans le lycée de mon ami il y avait 1600 élèves et trois agents de sécurité. Dans le collège ou je suis, juste a coté du deuxième plus gros bidonville de l'ile, comme il y avait eu les années passées beaucoup de violence pour 1800 élèves il y a une douzaine d'agents de sécurité (des médiateurs on appelle ça), une 30ne de pions et des rondes journalière de la police qui viennent prendre la température. Des milices se mettent en place dans les villes, ce qui laisse craindre que ça dégénère, je sais que ça ne va pas faire plaisir aux anarcaps mais elles ont déjà commencé à procéder à des expulsions sommaires dans quelques quartiers et ca risque surtout d'un un moyen d’extérioriser le racisme contre les comoriens. Sinon l'ile est complètement bloqué, les barrages routiers laissent à peine passer les ambulances, les médecins ou les pompiers. Pénurie d'essence, les magasins se vident, beaucoup d'entreprises commencent à être au bord de la faillite et il commence à y avoir de grosses tensions entre les grévistes, barragistes et le reste de la population qui n'est pas fonctionnaire. Moi ça va, je suis en vacances payées, je vais donner quelques cours de temps en temps au collège a coté de chez moi car le mien est inaccessible. Sinon la ministre des outre mer à promis "plus d'Etat" (la phrase qui fait tremblé tout libéral) à mayotte et il est très probable que ça se traduise uniquement par plus de plantons pour contrôler les cartes grises et les excès de vitesse, de services d'hygiène qui vont contrôler les licences ou les magasins non déclarés et que les vrais soucis soient complètement ignorés.
  2. 7 points
    AMA en gros La base arrière des sjws, ce sont les facs, et la culture diffuse qu'ils ingurgitent est la chair même de l'identity politics. Sur les contours de ce dernier courant théorique et pratique : https://plato.stanford.edu/entries/identity-politics/ On peut effectivement se poser la question de savoir si les assos militantes qui organisent les campagnes d'intimidation sur les campus ont lu directement les grands auteurs, ou, plus simplement, comme la plupart des étudiants, se contentent de leurs cours et de digestes pour occuper leurs esprits. N'importe quel étudiant en droit par exemple est plus ou moins positiviste sans pour autant avoir lu Kelsen dans le texte, parce qu'il s'agit de l'idéologie diffuse de la discipline. Ils y a des profs mégalos et des militants attentistes : chez certains profs, en particulier chez les marxistes et plus généralement à l'extrême gauche, il semble avoir un besoin de donner à son travail un sens politique. Certains crackpots pensent leur travail comme la traduction intelligible de phénomènes sociaux profonds qu'ils ont la capacité de rendre public et de mobiliser. Je pense à des types comme Bourdieu ou Butler, qui se voient comme les portes-paroles de l'avant-garde d'une catégorie sociale opprimée. Les militants attentistes seront ceux qui seront capables d'extraire des débats théoriques des positions politiques pratiques pour défendre des intérêts collectifs particuliers (éventuellement monétisables). Si les identités collectives pourrissent le débat, c'est parce qu'il y a un marché de la passion identitaire qui marche, et que certains entrepreneurs politiques peuvent en tirer profit en appuyant sur les bonnes cordes. Ensuite les grandes universités forment les élites politiques et culturelles, ce qui fait qu'elles se diffusent auprès de la classe discutante pour innerver l'ensemble des élites. https://medium.com/incerto/the-intellectual-yet-idiot-13211e2d0577 Je suis en train de lire le dernier Taleb sur les asymétries quotidiennes cachées : il y a un chapitre qui rejoint un peu ce que dit Poney sur la révolution. Il s'intitule : "c'est le plus intolérant qui l'emporte" : il suffit qu'une minorité intransigeante atteigne un niveau relativement faible pour que la totalité de cette dernière doive se soumettre à ses préférences. (pourquoi ? Parce qu'il est moins coûteux pour une majorité indifférente-ou plutôt flexible- de se conformer aux desideratas de la minorité que l'inverse). On peut imaginer que c'est comme ça que se sont diffusés les messages les plus wtf des cultural studies non seulement à la fac, mais aussi au sein des élites anglo et dans l'industrie du spectacle, de l'information et de la variété. Le risque, c'est l'intolérance idéologique au sommet, le cléricalisme progressiste, la pétrification des débats et des disciplines, le divorce encore plus prononcé entre le peuple et ses élites (avec les risques que cela peut faire courir), la dilution des principes du gouvernement représentatif, l'extension du domaine de la superstition vertueuse sur la réflexion, la transformation des élites en fragilistas pénibles, le sacrifice de la recherche de la vérité au nom du ressentiment collectiviste, etc. Maintenant soyons clairs sur une chose, ce qui est inquiétant là-dedans, ce ne sont pas les débilos qui font une vid sur youtube ou les connards qui twittent des mongoleries d'un enfant de 5 ans mais plutôt certains phénomènes de sidération collective qui révèlent la pénétration des idées débiles dans les couches supérieures de la société. C'est le moment Caitlin Jenner aux USA : il y a quelques années la pression médiatique était telle aux usa qu'il était impossible de critiquer CJ dans les medias sans passer pour un affreux. Il y a eu une sorte de moment orweillien assez bien saisi par ailleurs par South Park (le trumpisme est d'ailleurs l'un des retours de bâton de cet esprit moraliste agressif qui ne supporte pas de contradiction) http://southpark.wikia.com/wiki/Caitlyn_Jenner Le collectivisme moral des groupes divers et variés qui constituent le panthéon swj menace la liberté d'expression, s'en prend à la science quand elle n'est pas conforme à ses aspirations, et promet d'être le plus gros aspirateur à pognon public de ces prochaines années, parce que c'est au contribuable de payer pour leurs souffrances imaginaires et collectives, dire le contraire, c'est déjà être raciste, xénophobe, néocolonialiste, etc. Le poids de l'idéologie diversitaire largement portée par les élites, associé à la white guilt peut avoir des conséquences un peu plus douloureuses que de devoir se taper Lilian Thuram en expert de l'histoire de France. Eduquer les gens à être soumis au politiquement correct le plus pavlovien est aussi se résigner à être totalement servile. https://www.theguardian.com/uk-news/2018/feb/20/rotherham-sexual-abuse-victims-rises-to-1510-operation-stovewood
  3. 5 points
    L'Université n'a pas pour fonction, à mon avis, de former à la vie professionnelle, sauf cas rares ou métiers particuliers. J'ai envie d'hurler à chaque fois que j'entends un type m'expliquer qu'il rendre les cursus universitaires plus proche du milieu du travail. Non, il faut plutôt supprimer l'idée qu'il faut aller à l'université pour avoir un diplôme pour avoir un boulot. L'écrasante majorité des étudiants sont des veaux qui veulent un diplôme, ils n'ont rien à faire du savoir, de l'apprentissage, de la science, de la culture. Ils veulent un papier. Ensuite, une minorité assez importante va à l'université pour se forger des connaissances et de la culture, ceux là feraient mieux de prendre une bonne liste d'essais et de livre académiques et s'y tenir. D'ailleurs, ils n'apprennent pas beaucoup plus. Enfin, seule une petite minorité va à l'université pour ce qui est son rôle véritable et qui ne devrait être que celui là : la recherche de savoirs, leur création, la connaissance. C'est élitiste, mais c'est comme ça. Le problème c'est la massification des universités, pas le fait que les diplômés sortent en étant inadaptés au marché du travail. Les filières "professionnalisantes" dans les universités en Belgique forment des technocrates bêtes à bouffer du foin qui n'ont retenu de leur parcours universitaire que des fiches de lectures, des tics de langages et répète à l'envi diverses vulgates qu'ils prétendent être de l'esprit critique. L'anthropologie "à finalité appliquée" me fait honte à chaque fois je jette un œil, une oreille ou une heure de mon temps avec ces gens, leurs discours, leurs pratiques, leurs "savoirs". Et j'en connais quelques uns qui sont rentrés dans le monde du travail et font de l'anthropologie appliquée comme consultants urbains par exemple (pour le public comme pour le privé), ils font de la merde, j'ai pas d'autres mots, de la merde qu'ils labellisent "anthropologie". Interviewer trois connards dans un bar et pondre un rapport de 10 pages, c'est pas de l'anthropologie, quand bien même les mecs en face sont tellement à l'ouest qu'ils trouvent ça trop génial d'avoir le point de vue des habitants. Former tous les profs depuis la maternelle dans un système universitaire de 5 ans est une aberration. Que ceux qui veulent un diplôme pour bosser ou rendre les études professionnalisantes regardent les filières courtes, ou éventuellement longues mais non-universitaires. J'ai dit.
  4. 5 points
    Oui, les conservateurs reprochent au libéralisme de ne pas être une conception perfectionniste de la politique, comme pouvait l'être par exemple celle de Platon soutenant que le but de la politique est le bien / l'élévation de l'âme. Les libéraux peuvent critiquer cette objection de plusieurs manières: -en soutenant que l'Etat, dont le moyen est la force (légale), ne peut pas produire cette élévation morale (à la différence de la persuasion ou de l'éducation conçue comme activités privés et volontaires). -en soutenant que, même si l'Etat pouvait le faire, ce serait au prix de libertés qui compte au moins autant voire davantage dans l'obtention du bonheur humain. -en soutenant enfin que, les conceptions de la vie de vertu étant inévitablement différentes, demander à l'Etat de rendre les gens vertueux ne viole pas seulement les libertés, cela menace telle conception particulière de la vertu d'être éradiquée par un dressage psychique favorables à des valeurs jugées nocives (par exemple les jacobins ou les communistes n'ont pas la même conception de ce qu'est une vie de vertu que ne l'ont les conservateurs -et au sein des conservateurs, un conservateur chrétien n'aura pas exactement les mêmes préférences éthiques qu'un musulman ou un bouddhiste. Admettre que le politique puisse agir au-delà de la défense de la liberté conduit donc à des luttes inextricables entre groupes qui essayent mutuellement de façonner le mode de vie global de d'autres individus ou groupes). Le libéralisme n'est pas responsable du manque ou de la crise du sens. Il est une doctrine politique et pas une philosophie générale (ou une religion). Il prétend résoudre la question du meilleur régime politique, pas celle du sens de la vie. "Le libéralisme n'est pas une vision du monde parce qu'il n'essaie pas d'expliquer l'univers, parce qu'il ne dit rien et ne cherche pas à dire quoi que ce soit sur la signification et les objectifs de l'existence humaine." (Ludwig von Mises, Le Libéralisme, 1927) Le fait qu'il considère que les questionnements ultimes sur l'existence ne nécessitent pas que les façons de vivre découlant des réponses proposées soient appliquées par la force n'implique nullement qu'il méprise ces questionnements ou qu'il prétende qu'ils soient impossible d'y répondre. Le libéralisme n'est ni un relativisme ni un nihilisme, ni même un scepticisme mou. Certains penseurs libéraux étaient des philosophes qui ont également émis des jugements tranchés -d'ailleurs divergents entre eux- sur ces questions ultimes. Mais il ne faut pas confondre la politique avec la morale ou avec l'ontologie. (Ce qui ne veut pas dire que les choix politiques ne présupposent pas des choix moraux et métaphysiques, généralement inconscients). Il serait donc appréciable que la droite cesse d'accuser le libéralisme d'être un "hédonisme" insipide, car cette accusation est hors sujet. Le fait que ce poncif haineux persiste obstinément depuis 200 ans n'incite hélas pas à l'optimisme en la matière. Il ne fait que masquer l'appétit de certains pour utiliser la violence légale afin d'imposer ce qu'ils croient être la vérité. Au final, le collectiviste respectueux des procédures d'accès au pouvoir politique n'est qu'une variante policée du terroriste.
  5. 5 points
    Merci pour ce post. Alors je vais commencer par prévenir que je suis biaisé, car je suis prof. Ceci étant dit, j'ai écouté attentivement la conférence et j'ai une impression très étrange : celle d'une complète contradiction avec tout ce que je croyais établi par la recherche sérieuse. Je me permets de renvoyer à mon post de novembre qui tentait de la synthétiser : Alors pour résumer mes impressions (grosso modo dans l'ordre chronologique de la conf) : 1) Il prétend que l'éducation n'a fondamentalement changée en 3000 ans, en montrant une image de médiévaux qui ressemblent à une classe d'aujourd'hui -> bullshit (voir première partie de mon post). 2) Il explique que 1-8% de la variance des "achievements" seulement s'explique par le prof, mais il imagine une expérience (qu'il n'a en fait pas réalisée) dans laquelle il est nécessaire de classer les profs en fonction de leur "teaching ability". -> heu...puisqu'en gros il n'y a pas ou très peu de teaching ability, on fait comment exactement ? (@Lancelot l'a pointé). 3) Il explique qu'il a souvent donné un test (de fin d'année) en début d'année puis un autre similaire en fin d'année, et que ce sont les plus hauts QI qui ont le plus progressé -> sans blague ! Et alors ? (le type fait de l'enseignement frontal traditionnel en amphi, pour info...) En fait il redécouvre le fil à couper le beurre dans l'eau tiède... 4) Un bon point : c'est effectivement absurde de vouloir traiter tout le monde de la même façon, avec un moule unique et de croire que tout le monde peut tout réussir de la même façon -> certes mais aucun rapport avec la choucroute et l'effet des profs/la pédagogie. 5) Il prétend que toutes les études qui ne vont pas dans son sens mélangent sans le savoir les variables -> traduction : tous les chercheurs en sciences de l'éducation qui n'aboutissent pas aux mêmes conclusions que moi sont en fait juste des crétins (ceci dit il ne semble même pas avoir conscience de l'existence de leurs recherches, comme on le reverra). 6) La plus grosse étude qu'il cite (The Coleman Report de 1966) a mesuré les variables propres aux enseignants et aux structures avec des questionnaires !!! (trois points d'exclamation c'est le minimum). 7) Je passe toute sa revue d'études, en gros l'argumentation est toujours la même : la variable qui explique presque tout, ce sont les étudiants et leur intelligence. 8) Sans s'en rendre compte, il se tire une balle dans le pied en parlant du "fading effect" (bien connu) : même avec un bon prof, les effets s'estompent au bout de quelques années si on ne continue pas à avoir de bons profs -> oui, c'est pour ça qu'il faut accumuler les bonnes années de formation (c'est aussi lié à notre cerveau, évidemment). Mais...je croyais que les bons profs n'existaient pas vraiment...finalement ce qu'il mesure, c'est peut-être juste la dilution de trop peu de bons profs dans plein de mauvais. 9) Le QI prédit mieux que tout les achievements -> donc ceux qui réussissent le mieux aux tests sont ceux...qui réussissent le mieux aux test ? Aucune mention du groupe de pairs (fondamental notamment à l'adolescence)...qui parlait de variables non contrôlées ? 10) On arrive au climax : à 45'15" une étude de plus qui lie le QI aux achievements mais on va pas trop en parler parce que certains l'ont critiquée (bizarrement on aboutit à de grandes différences de QI entre hommes et femmes...dans des pays où les femmes ne sont pas scolarisées ! Tiens tiens...) puis à 45'45" on apprend qu'en prenant des jumeaux et en leur faisant apprendre la musique on n'aboutira à aucune différence significative (il ne définit pas "musical abilities") même si l'un d'eux s'entraîne 20 000 h de plus ! (c'est-à-dire le double de la durée considérée nécessaire pour devenir expert dans un domaine complexe). Mais bon heu...on va pas trop s'étendre non plus les gars. Heu...là j'avoue que j'ai commencé à ciller sérieusement. Je sais qu'il faudrait que j'aille lire l'étude en question (mon hypothèse c'est qu'elle ne dit pas du tout ce qu'il prétend qu'elle dit). Je reprends mon souffle : 11) Il en arrive à sa conclusion : faut arrêter de financer les profs et tout ce qui se concentre sur eux et mettre le paquet sur les étudiants pour comprendre l'intelligence -> cohérent avec sa position. Side note : de toutes façons les profs ne deviennent bons qu'au bout de 5 ans et après ne font que décliner...aucune source n'est mentionnée... 12) le secret sera dans une convergence entre génétique, neuro-sciences et cognition -> bah oui, c'est sûr (c'est aussi ce que disent tous les bons chercheurs en sciences de l'éducation...) 13) il faut regrouper les gens par niveau -> contradiction, il a passé beaucoup de temps à expliquer que l'intelligence d'un individu expliquait à elle seule plus de 90% de ses réussites académiques, et que peu importait l'université dans laquelle vous alliez étudier. Mon impression est celle d'un universitaire enclavé dans sa discipline d'origine, qui n'a même pas conscience de l'existence d'un pan gigantesque de la recherche sur le sujet mais dans d'autres spécialités, et qui imagine la pédagogie comme ce qu'il a du faire toute sa carrière en amphi. En réalité je pense il n'y a pas de contradiction entre ce que les études qu'il cite établissent réellement et ce que celles que je synthétisais dans mon post ont découvert. Le problème vient des biais et des préconceptions : si on est persuadé qu'un effet n'existe même pas (ou qu'on ne peut même pas commencer par imaginer son existence), on ne va pas concevoir une expérience pour l'établir ou le mesurer, et on ne le distinguera pas d'autres effets qui viennent éventuellement le noyer. On ne verra que du bruit. Pour finir, voilà un chercheur célèbre (dans son milieu) que je n'avais pas cité dans mon post de novembre et qui dit exactement le contraire, basé sur de vastes méta-analyses (comme quoi, on trouve toujours ce qu'on cherche, mais rarement ce qu'on ne conçois même pas) : Attention je ne dis pas qu'il n'est pas critiquable, mais c'est fascinant de voir des savants de spécialités différentes aboutir à des conclusions en apparence diamétralement opposées.
  6. 5 points
    Sauf que ta vidéo a été coupée par Canal+ et qu'il faudrait retrouver la version coupée que tu as utilisée. Ce "du coup" n'a aucun sens ou mérite d'être développé. D'autant plus que l'idée d'antisémitisme nait dans le monde juif allemand (dans l'espace rhénan, hihihi, rhénan/Renan ?) comme un problème intérieur alors que l'islamophobie naît comme un concept de politique internationale en Iran. De toute façon, il faut classifier les différentes manières de critiquer l'Islam avant de se balancer des anathèmes à la gueule, parce que ces critiques se déclinent de nombreuses façon, et seule une petite partie peut être qualifiée de xénophobe. La première classe des critiques de l'Islam est d'ordre géopolitique et provient de la rencontre entre l'Occident moderne et un espace civilisationnel islamique dont l'un des fait les plus marquants, même si non exclusif, est la religion musulmane. On peut diviser cette classe en deux sous-classes, l'une historique et l'autre contemporaine. La critique historique de l'Islam, qui peut avoir un versant théologique, revient à répondre à la question : pourquoi le monde islamique, qui hérite des greniers à blé de l'Empire romain (Afrique et Égypte), des berceaux de la civilisation humaine (Mésopotamie et Égypte), et de tout le monde hellénique à l'exception de l'Anatolie (pour un temps) et de la Grèce, se trouve aujourd'hui en queue de peloton du Monde ? Les explications critiques cherchent à expliquer ce phénomène par la conception de la pensée que l'islam-religion a laissée se développer au sein de l'islam-culture. Cette critique n'est pas univoque et relève avant tout du débat universitaire. On pourra noter The Closing of the Muslim Mind de Reilly, qui reproche grosso modo à l'Islam de ne pas être thomiste (l'auteur est catholique ; c'est un peu idéologique). Dans les œuvres de vulgarisation moins engagée What went wrong ? de Bernard Lewis, sur la période ottomane, ou Aristote au Mont Saint-Michel de Sylvain Gouguenheim, qui cherche à répondre à une autre question, mais décrit l'évolution de la pensée dans le monde islamique jusqu'au XIIème siècle. La critique contemporaine, et c'est son problème, est bien plus politique et en interaction avec les néo-conservateurs. Il s'agit surtout de comprendre ce qu'Huntington appelle, dans Le choc des civilisations, les "frontières sanglantes de l'Islam". Le débat est un peu trop marqué par différentes idéologies pour que j'essaie de l'esquisser en quelques lignes. La seconde classe des critiques de l'Islam s'établit au sein même de l'Occident. C'est une critique de l'ordre de la politique intérieure qui naît de la confrontation entre les sociétés séculières occidentales et les vagues migratoires venues du monde musulman installées en Occident. Là encore, il y a plusieurs versants à cette critique : une revue des problèmes d'immigration classique, une critique des traditions venues des mondes islamiques, et une critique de la radicalisation des populations musulmanes immigrées. Les problèmes classiques de l'immigration, c'est la criminalité organisée, éventuellement le communautarisme et l'endogamie, avec différentes magnitudes, parfois la pauvreté. Comme c'est un débat qui peut s'exprimer assez facilement en termes économicistes/matérialistes, beaucoup, à gauche, ne voient la critique de l'Islam que par cette lorgnette, ce qui leur permet de dire que tout autre problème "est de l'islamophobie". La critique des traditions est celle qui pollue le débat public en France, parce que les traditions sont les éléments les plus visibles : en particulier le voile islamique et la nourriture hallal. C'est sur ce champ de débats qu'on trouvera la xénophobie la plus obtuse. Ce n'est pourtant pas une raison pour l'escamoter entièrement parce que la critique des traditions amène à la défense de l'émancipation (la notion d'émancipation n'a pas vraiment bonne presse sur ce forum, comme quoi c'est quand même très conservateur). Je pense qu'il y a là un débat très intéressant qu'on a du mal à poser ici, dans la lignée du Most intolerant wins de Taleb. La dernière forme, en dialogue avec les deux précédentes, est une critique de la radicalisation des musulmans en Europe ("la hallalisation des esprits"). C'est un phénomène moderne (quoique c'est peut être une rémanence médiévale), qui me semble assez inquiétant, et qui doit vraiment être distingué de la critique des traditions. A ces évolutions proprement religieuses viennent s'ajouter, comme une tumeur, In fine, c'est sur le sujet des traditions que le débat patine, parce que les problèmes sont mal posés, ou parce qu'on ne souhaite pas les poser. Mais souvent, on mélange un peu tout. On réussit grosso modo à distinguer les aspects géopolitiques des aspects de politiques intérieure, mais très rarement on voit une distinction propre entre le problème de la radicalisation, le sujet des traditions et de la sécularisation, et le sujet de l'immigration. C'est bien plus facile de traiter l'autre d'islamophobe.
  7. 5 points
    Avec l'augmentation de la capacité de stockage et les réseaux ubiquitaires on se met à enregistrer plein de données qu'on n'avait pas avant (car on met des capteurs communiquants partout). Maintenant on également la puissance de calcul permettant de traiter cette masse de donnée. Typiquement ça revient à chercher des formes dans les espaces où tu représentes tes informations. Par exemple une droite dans un espace à deux dimensions dans lequel tu enregistres la taille et les résultats aux tests de lecture. Car plus on est grand mieux on lit (ce qui est statistiquement vrai). Ça permet de remarquer des corrélations qu'on ne pouvaient pas voir avant. Cependant ces corrélations sont agnostiques : à priori rien ne te permet d'une part de décider (uniquement à partir des données) si ces corrélations représentent un lien de causalité (il y en un entre la taille et la capacité de lecture ... mais qui n'est pas celui auquel on pourrait s'intéresser pour en tirer de quoi avoir une action sur l'illettrisme) ou si c'est juste comme ça par ce que c'est comme ça point à la ligne. Enfin se reposer uniquement sur les données pour prévoir le futur (car si tu analyses les données c'est pour faire quelque chose à partir de ces analyses) tu ne peux pas faire mieux que d'imaginer que demain sera probablement comme hier. Et là tu t'exposes au paradoxe de la dinde qui pense que l'être humain est bon envers elle car il s'occupe d'elle et la nourrit... Jusqu'à la veille de Thanksgiving.
  8. 4 points
    Pour mettre en perspective niveau rapidité : In barely two years, from 1992 to 1994, the radical reforming Estonian government of Mart Laar was the first in Europe to introduce the flat tax, privatized most national industry in transparent public tenders, abolished tariffs and subsidies, stabilized the economy, balanced the budget, and perhaps most crucially, restored the prewar kroon and pegged it to the stable deutsche mark.[6] Laar claims the only book on economics he had read before becoming prime minister at the age of 32 was Free to Choose by Milton Friedman.[7] Source: https://en.m.wikipedia.org/wiki/Mart_Laar Et en Lettonie: ” Après avoir réduit le nombre de ministères de 16 à 14, le Premier ministre a déclaré que le pays était à quelques mois de la faillite et a promis de stabiliser la situation financière, de diminuer les dépenses publiques, d’accroître l’efficacité et la transparence de l’État. Le gouvernement s’est appuyé sur le travail d’Alberto Alesina et Silvia Ardagna de l’université Harvard aux États-Unis qui, après avoir examiné 107 plans gouvernementaux visant à réduire la dette publique dans 21 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre 1970 et 2007, ont conclu que la réduction des dépenses de l’État est le moyen le plus efficace pour réduire le ratio d’endettement d’un pays. Le Premier ministre letton s’est engagé à réduire les dépenses publiques là où il était possible d’améliorer l’efficacité de l’État, à expliquer ces choix au peuple letton et à faire preuve d’équité dans la réforme. Aux mois d’avril et mai 2009, les ministères ont mis au point trois plans de réductions des dépenses de 20%, 30% et 40% et de diminution des salaires de 20%. Les ministères à reformer en priorité étaient ceux de la Santé, de l’Éducation et de l’Administration publique. Pendant ce temps, un accord de principe sur les réformes à mener a été signé par tous les députés de la coalition. Les partenaires sociaux ont donné leur accord à l’essentiel des reformes. Les salaires des gestionnaires des grands groupes publics, des ministres et des hauts fonctionnaires ont été considérablement diminués afin de montrer l’exemple. Au sein du ministère de la Santé 44 % du personnel a été licencié pour s’aligner sur le nombre de fonctionnaires estoniens, et 35 hôpitaux sur 59 ont été fermés pour s’aligner sur la moyenne européenne. Lorsque l’attention du public s’est concentrée sur ces fermetures, le gouvernement a immédiatement mis l’accent sur les réformes menées dans les autres secteurs, pour montrer que l’ensemble de la population faisait des efforts et que sa stratégie était cohérente. Le Premier ministre a accepté la démission des ministres et conseillers ayant exprimé leur désaccord avec la politique du gouvernement. Au ministère de l’Éducation, 100 écoles ont été fermées, 2400 professeurs ont été licenciés, faisant passer le ratio professeur/nombre d’élèves de 1/7 à la moyenne européenne de 1/12. Enfin, au ministère de l’Administration publique, la moitié des 75 agences étatiques ont été fermées. En tout, 29% des fonctionnaires ont été licenciés en un an et demi. Le salaire moyen du secteur public a diminué de 26%, s’alignant sur le salaire moyen du secteur privé.” Source : https://www.google.be/amp/s/b.marfeel.com/amp/www.contrepoints.org/2013/10/20/143352-austerite-en-lettonie-la-preuve-par-les-faits Et ce sont de vraies réformes structurelles, qui vont dans le bon sens. Alors que le deux pas en avant, un pas en arrière de Macron...
  9. 4 points
    Excellent. https://minarchiste.wordpress.com/2018/04/09/la-surestimation-des-bienfaits-de-leducation/
  10. 3 points
    Le problème de ces thèses c'est que les gens qui les défendent ne sont pas crédibles vu qu'ils vont tous envoyer leurs enfants faire des études supérieurs. Me rappelle l'interview d'un politique défendant l'apprentissage et un journaliste lui demandait si il enverrait sa fille en apprentissage, sa réponse: "Elle n'a pas besoin. Elle est bonne à l'école" (avant de se rendre compte de ce qu'il venait de dire.
  11. 3 points
    Une grande partie du problème vient que les deux parties ne partagent pas la même histoire et ne peuvent analyser les choses de la même façon. L'Europe de l'Ouest est resté en dehors de l'occupation soviétique et a développé des Etats soc dem bien lourds. Il ne faut pas oublier qu'une bonne partie de l’intelligentsia européenne reste fascinée par le communisme, en particulier en France. A l'Est ils ont vécu 40 ans d'occupations communisme qui les ont vaccinés contre le socialisme et le bureaucratisme mais cela ne suffit évidement pas à en faire des anar cap. Il y a aussi le prisme de nos dirigeants et médias qui est très progressiste. On emmerde la Pologne par ce qu'elle interdit encore l'IVG... Il ne faut pas oublier que Donald Tusk, le Pdt Européen, s'est fait virer par l'actuel parti au pouvoir en Pologne. Qu'il utilise les mécanismes européens pour aider son parti à revenir au pouvoir ne serait pas surprenant. Disons qu'il est qd même bien juge et partie dans cette affaire. Autre point à noter ce sont des régions qui ont vécu sous la menace et l'occupation ottoman durant des siècles. Le dernier siège de Vienne date de 1683 et il faudra attendre le XIXème siècle pour écarter la menace turque. Que l'on veuille ou non cela marque alors lorsque Merkel souhaite l’installation d'un million et plus de réfugiés venant du moyen Orient c'est évident que cela ne pouvait pas bien se passer. Bref, se sont des pays qui ont eu une histoire très différentes de la nôtre. Je veux bien croire qu'il ait du progrès à faire sur l'échelle des libertés politiques c'est évident, le passage d'un système totalitaire à un régime libre n'a rien d'évident. Entre les élites traditionnelles qui ont été massacrés ou marginalisé et le maintient au pouvoir dans beaucoup de ces pays des anciennes élites coco cela n'aide pas à reconstruire un état libre rapidement. Je dirais qu'une bonne partie de ce qui se passe est que l'on est entrain de terminer de liquider le passé. je pense en particulier à cette réforme de la justice polonaise qui visait à se débarrasser des derniers juges formés à l'école communiste. Bref, ils ont encore du chemin à faire mais ils ne se débrouillent pas trop mal.
  12. 3 points
    Oui, les bons vieux trips "X est une construction sociale" avant l'heure. Du coup, développons (@Anton_K comme annoncé plus haut). Le léninisme biologique, kézako ? Il faut déjà comprendre ce qu'est le léninisme ; le léninisme, c'est avant toute autre considération, une stratégie de conquête du pouvoir, et qui plus est l'une des plus efficaces qui existent. Pour conquérir le pouvoir, il faut rassembler un groupe, c'est-à-dire des gens loyaux (sachant que trahir pour le pouvoir, c'est tellement tentant) et efficaces/motivés (parce que les apéros où l'on refait le monde, ça fait avancer la cirrhose, pas la conquête du pouvoir). Des gens de cette sorte, c'est assez facile d'en trouver, il suffit de draguer tous les groupes qui se sentent frustrés par l'état actuel des choses (pour Lénine, il suffisait de recruter dans tout ce qui n'était pas fils de bonne famille et ethniquement russe, et dont le régime freinait activement l'ascension ; et ça faisait vachement de monde en fin de compte), et de leur promettre que leur ascension sociale sera garantie par le système qu'on compte mettre en place (avec le socialisme, c'est facile : l'espérance messianique du Grand Soir permet de promettre tout, n'importe quoi et son contraire à tout le monde). Leur loyauté au futur/nouveau est assurée par le simple fait que, si le socialisme recule, ils retomberont dans les bas-fonds d'où ils ont été extraits (d'où la méfiance, pour dire le moins, envers tous ceux qui ont des origines nobles, bourgeoises ou koulak, même partiellement). Et hop, tu viens de reconstituer une classe dirigeante, c'est-à-dire une élite et une masse de fonctionnaires d’État à partir de rien, prête à remplacer du jour au lendemain l'ancienne élite (qui, dans le léninisme originel, finit au mieux en exil, et au pire dans une fosse commune). Et maintenant, le léninisme biologique. Nous sommes aujourd'hui dans une société où il n'y a plus vraiment d'obstacle juridique à l'ascension sociale de telle ou telle personne qui n'est pas née au bon endroit ni des bons parents : il faut donc changer la tactique de recrutement. Le léninisme originel trouvait ses ouailles selon des critères ethniques (tous ceux qui n'étaient pas russes : Géorgiens, Juifs, Ukrainiens, Kalmouks et autres) et sociaux (ouvriers, paysans). Le léninisme biologique trouve ses ouailles selon des critères, bah, biologiques : femmes, descendants d'immigrés de couleur, gays, lesbiennes, transsexuels, intersexués, peut-être un jour moches, ou obèses (il n'y a qu'à voir la frange radicale du mouvement "body acceptance" : "fat power" et "fat liberation"), et les unit par le biais de l'intersectionnalité. Évidemment, tous ces groupes à unir ne sont pas dans une situation comparable : très pénible pour certains (trans, intersexués, hommes arabes), équivoque pour d'autres (lesbiennes et gays), en nette amélioration pour d'autres encore (femmes, autres minorités). Alors "on" va les conscientiser de manière à les radicaliser, à leur faire croire que leur situation est bien pire que ce qu'elle est (pay gap, anyone ?) et que quiconque leur dit l'inverse leur veut du mal même sans le savoir (systemic oppression, tout ça), afin de s'assurer de leur loyauté pour la suite de la conquête du pouvoir. De même qu'il y a une autre différence importante, à savoir que les bolchéviks avaient une structure centrale, le Parti, avec à sa tête un unique Lénine, et une doctrine, le centralisme démocratique. Aujourd’hui, la nébuleuse est plus diffuse, avec plein de groupuscules plus ou moins formels (ce qui explique que les femmes blanches soient accusées de racisme, tandis que les gays sont accusés de sexisme, ou tout autre crime-pensée). En l'absence de chef unique, tout ça continue à se tirer un peu dans les pattes malgré l'intersectionnalité ; mais dans le même temps, leurs idées progressent, et leur poids politique augmente. Leur diversité les rend peut-être même plus dangereux, et en tous cas plus résilients.
  13. 3 points
    Je pense que, dans un premier temps, il ne faut pas se disperser. L'important tant pour la France objectivement que pour les Français subjectivement, c'est : l'emploi (dont chômage, précarité, pauvreté), la sécurité (dont terrorisme, délinquance, sécurité routière) le logement, l'instruction, les transports, la santé, les retraites, l'énergie, l'environnement et l'immigration. Si on couvre ça, on couvre 80% de ce qui est important pour le coeur et le portefeuille des Français et libéraliser ne serait-ce que 3 de ces secteurs changerait déjà complètement l'état et l'avenir du pays pour le meilleur. On pourrait aussi include 2-3 thèmes où les libéraux ont un truc d'unique et important à dire (la liberté d'expression, les libertés civiles, etc.). A mon avis, entre nous, on devrait viser moins haut au début et s'essayer à drafter un programme d'une page A4 max sur 1 seul de ces 10 sujets. Mettons le logement dans mon exemple. Ce programme sectoriel serait structuré comme En Marche l'a fait (full programme ici: https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme ; exemple du logement ici : https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/logement) Résumé Le résumé est un... résumé avec un peu de souffle marketing du diagnostic général et des propositions Diagnostic général (50% des diagnostics sectoriels d'En Marche sont corrects, on devrait copier-coller ce qui est bon sans essayer de réinventer la roue) Le diagnostic général est la somme des diagnostics particuliers 1, 2, 3,... Propositions Objectif 1 Diagnostic particulier 1 ("Aujourd'hui...") et Vision de la situation après-réforme 1 ("Demain...") Réforme politique 1 Objectif 2 Diagnostic particulier 2 et Vision 2 Réforme politique 2 Objectif 3 Réforme politique 3 Flashy devrait identifier un chef secteur parmi nous qui se porte volontaire pour porter la responsabilité de ce thème, peut-être parce que ce quelqu'un a déjà des connaissances sur ce sujet. Il a un mois pour accoucher d'un programme 100% libéral classqiue, sur une seule page A4, en pompant par exemple sur les programmes présidentiels précédents (LREM, Fillon, Madelin, etc.), les propositions du PLD, les politiques de ce secteur dans les pays les plus libéraux du monde dans ce secteur, les think tanks français et anglophones, les propositions des lobbys français de ce secteur. S'il y a un autre motivé, pour avoir un peu de saine compétition, et pour structurer les discussions entre nous, Flashy pourrait aussi nommer un shadow chef de secteur qui fait aussi son programme sur le même secteur en format A4, mais avec une dimension plus libertarienne par exemple. Et à la fin, les membres du club votent pour les 3-5 meilleures propositions parmi les deux programmes, ce qui permet de clôturer les discussions (ce qui est important, sinon les discussions vont s'éterniser, on ne va pas aboutir à quoique ce soit, et adieu l'enthousiasme). On fait ça 10 fois sur 10 thèmes. On a un programme libéral en 10 mois. In fine, chaque programme sectoriel doit être 70% libéral classique sans compromission : on libéralise, on privatise, on maximise la liberté et la responsabilité personnelle, on diminue l'étendue du pouvoir de l'Etat et son poids, on divise le pouvoir de l'Etat, on étend le domaine de la société civile. On garde 30% de place pour des experimentations minarchistes/anarcaps si ça existait en France avant ou si ça existe à l'étranger avant/maintenance. On ne propose rien de néolibral (réformer pour mieux faire fonctionner l'Etat-Providence, on s'en fout, c'est du LREM/LR/PS, c'est pas nous), on ne garde que ce qui est une avancée claire pour la liberté/responsabilité personnelle. On doit garder en tête 3 choses quand on écrit un programme sectoriel : - une dimension Popper : on argumente rationnellement (Le truc A crée le problème B, donc on va changer le truc A), et avec pragmatisme (inutile de proposer des trucs irréalistes) - une dimension Kuhn : on fait changer la discussion de paradigme, on construit un autre récit, un autre cadrage - une dimension Machiavel (peut-être de trop à ce stade) : on propose des choses qui divisent intérieurement nos adversaires, on porte le débat là où notre adversaire est le plus faible, on obscurcit, on joue intérêts particuliers contre intérêts particuliers, on séduit la base de l'électorat de l'ennemi par des compensations, on trouve des bouc émissaires. Ensuite, une fois le programme multi-sectoriel finalisé, si on était un think tank, je suggérerai d'aller voir pas mal de gens (dans les think tanks libéraux français, au PLD, au centre-droit, au centre, au centre-gauche, des députés pas trop hostiles qui siègent dans la commission parlementaire du secteur) et les lobbys nationaux sectoriels (genre dans mon exemple, l'UNPI) pour avoir leur feedback. On doit identifier les groupes d'intérêts, les secteurs de la population qui auraient tout à gagner (ou qui croient qu'ils auraient tout à gagner) de réformes libérales. Nos "idiots utiles" en quelque sorte même si je n'aime pas l'expression. L'objectif final c'est de faire en sorte que notre message sur le logement soit porté par nous, par nos alliés de la galaxie libérale et par les lobbyistes participant à l'élaboration des politiques publiques. Voire même idéalement par des gens de l'administration elle-même.
  14. 3 points
    Perso ma plus grande question sur la Russie concerne le manque d'intelligence et de colonne vertébrale des occidentaux. D'un côté on tape sur Poutine sans lui donner la moindre occasion de s'exprimer et de l'autre on lui trouve toute les excuses et on lui fournit même les outils de contre propagande. Un expat russe meurt assassiné en quelque part en Occident tout le monde pense très fort à Poutine, mais sabote systématiquement la façon dont on devrait en tirer partie. Quelque soit le gugusse qui se fait déglinguer, on accuse Poutine avec des preuves faiblardes, mais personne n'exige des explications. Lui a beau jeu de jouer le gars sérieux qui demande des preuves sérieuses. Par exemple plutôt que d'accuser directement le gouvernement Russe dans le cas de Litvinenko on devrait exiger de comprendre pourquoi une substance aussi dangereuse a pu se trouver sur le sol anglais. On laisse une ouverture pour ne pas paraître anti-russe ou anti-gouvernement, mais on exige des explications. Et on pousse jusqu'au bout tant qu'on ne sait pas comment cette substance a pu quitter un laboratoire militaire. Pour les cas d'opposants flingués en Russie comme Nemtsov ou de Politkovskaia on accuse le pouvoir d'avoir commanditer sans preuve alors que le fait de ne pas avoir le commanditaire interroge quand même, surtout lorsqu'on voit a contrario avec quelle efficacité ils peuvent retrouver un opposant quand ils se donnent les moyens. Ensuite on nous joue la pleurnicherie de la Russie assiégée, qui n'a pas d'autre choix que de s'étendre pour ne pas disparaître. Ouin ouin l'OTAN cro-méchant. Quand un pays comme la Pologne ou l'Estonie voit ce qui arrive a un pays comme la Géorgie ou l'Ukraine, faudra m'expliquer par quel miracle ces pays ne devraient pas se sentir menacer, ni pourquoi une adhésion à l'OTAN ne devrait pas leur sembler urgente. On parle ensuite des hackers russes, mais personnes ne vient donner une adresse internet ni ne vient exiger la collaboration de la police russe pour arrêter ces criminels. Pour les fake news c'est le ponpon, on a des médias d'État qui balance des pures inventions en période électorale et personne pour exiger que des responsables ne sautent. Quand Macron dit Russia Today est un organe de propagande alors que Poutine se trouve juste à côté on a envie de lui demander, "et t'as pas envie d'exprimer des exigences là-dessus au type qui est juste à ta droite ?" Un putain d'avion civil est descendu et après quelques gros dos on laisse pisser. Même si on ne veut pas prendre parti on est quand même obligé de voir que les médias russes donnaient deux versions contradictoires servie par l'armée. Il y a un moment où ce genre de jeu de con doit cesser. Il faut à la fois ne pas froisser les pour rien russes qui semblent être des petits fragiles en mal de gloriole nationale. Et être capable de ne rien lâcher sur ces dossiers tant qu'on a pas les réponses satisfaisantes.
  15. 3 points
    Merci, que les russes acceptent majoritairement Poutine, et qu'il gagnerait sans que les élections soient truquées pendant encore un moment, j'ai l'impression que c'est vrai. Après, qu'elle ne veuille pas utiliser le mot dictature... on s'en fout un peu. Je crois que ce qu'elle veut dire, c'est que ce n'est pas un "peuple pris en otage" par un "régime totalitaire" (c'est ce qu'elle disait sur l'autre chaîne). Cela dépend des moments, quand Poutine avait décidé qu'il fallait bloquer les importations de certains produits alimentaires en réponses aux sanctions européennes... on en était pas loin. Que le pouvoir soit individuel (même s'il est contesté de l'intérieur), c'est certain. Sur le fait que Poutine, ou en tout cas son administration, ait joué un rôle décisionnel important pour limiter les dégâts pendant la transition post-soviétique avec un mélange de protection des plus faibles (notamment les vieux), de libéralisation partout, sauf dans l'énergie où ce fut gros capitalisme d'Etat sale pour remplir les caisses de l'état, payer les dettes, les dépenses sociales précédemment citées tout en limitant l'inflation, c'est vrai aussi. C'est ce miracle poutinien qui fait que les gens le soutiennent encore. Economiquement, les russes ne sont pas tellement oppressés par l'Etat : 13% d'impôt sur le revenu individuel, autour de 20% pour les sociétés (exception : >70% dans le secteur de l'énergie). Si l’Etat pose un problème économique, ce n’est pas à cause des régulations mais de la corruption. Jusqu'à récemment, elle était perçue comme un problème de gouvernement local, mais une des contributions importantes de Navalny a été de montrer comment Poutine et ses proches baignaient eux même dans cette corruption. A quel point est-ce que la corruption pèse sur le développement économique de la Russie, je ne sais pas. "Ils vivent mieux qu'avant..." mmmouais. Cela dépend de comment on opère la comparaison. Depuis les années 90 bien sûr. Mais le niveau de vie est plutôt stagnant depuis la fin des années 2000, voire en baisse récemment. Que le conservatisme russe procède du souvenir et la crainte du chaos, c'est sûrement vrai (mais qu'est-ce que le conservatisme sinon?), et ce que ne dit pas Anne Nivat c'est que c'est une peur entretenue par la communication officielle. Par contre cela n'explique pas vraiment l'homophobie. Je n'ai pas vraiment d'explication pour ça non plus. Le clergé orthodoxe a beaucoup d'influence en Russie, notamment via les grosses chaînes, et il est souvent farouchement homophobe, et il n'est pas rare d'entendre des propos vraiment très trash à ce sujet, je ne sais pas à quel point ça joue. A titre d'anecdote, il semble que Poutine lui-même ne soit pas homophobe. Ce qui me dérange un peu, d’ailleurs, c’est qu’elle considère cette peur, ce conservatisme et ce culte de la personnalité soient simplement le fruit du souvenir des temps difficiles. Ce souvenir est en réalité entretenu à grand renfort de propagande sur les chaînes de télé publiques : patriotisme et glorification de la guerre antifasciste, éloges constants sur Poutine, occultation de l’alternative politique… Si les Russes craignent l’après Poutine c’est parce qu’on ne leur sert que la promesse du chaos, le souvenir de la grandeur et le mythe de l'Homme providentiel à longueur de journées, et qu’ils regardent beaucoup, beaucoup trop la télévision en moyenne, les nuits étant longues à ces lattitudes.
  16. 3 points
    Déjà à ce stade, je me demande pourquoi est-ce que tu penses que caractériser le phénomène SJW par des notion aussi générales et vagues que "progressisme" et "individualisme" va te permette d'y voir plus clair. En fait tu as choisi d'appeler individualisme quelque chose qui n'est pas l'individualisme au sens où les libéraux l'entendent, en tant que notions explicites suscitant des revendications politiques, elles n'ont simplement pas le même contenu. L'individualisme libéral, en somme, c'est l'égalité devant la justice en vertu de la reconnaissance universelle de droits personnels. Tout le courant de politiques identitaires dont les SJW sont une manifestation s'est construit en remettant en cause cet individualisme libéral. J'imagine que tu fais tout de même ce choix de caractérisation parce que tu penses qu'à un niveau psychologique et dans l'histoire des conceptions (par opposition à un niveau conceptuel et logique), ce qu'on pourrait appeler l'égoïsme ou l'égocentrisme SJW descend, provient, ou est l'émanation de la même conception que celle qui a produit l'individualisme libéral. Cette affirmation généalogique est en elle même très ambitieuse et me semble nécessiter beaucoup plus d'ingénierie théorique que ce dont tu te satisfais là. Mais quand bien même elle serait vraie, il faudrait motiver ce transport à niveau d'analyse psychologique. Penses-tu par exemple qu'il soit utile de vérifier cette observation afin d’établir si agir sur cette tendance psychologique "individualiste", dont l'individualisme libéral et l'individualisme SJW seraient deux éménations, pourrait permettre de préserver les libertés individuelles? Si c'est cela, je trouve le détour fantaisiste. Il faudrait déjà se donner une analyse du phénomène qui n'oblige pas à identifier les deux, puisqu'ils ont clairement des conséquences contraires. Qu'ils procèdent de la même tendance psychologique générale, c'est une possibilité, mais c'est un jugement de fait qui nécessite d'être établi. Qu'ils ont des conséquences contraires, c'est un fait que l'on connaît déjà. Une possibilité serait donc de promouvoir une attitude morale qui reste, dans sa formulation explicite, condition suffisante d'une doctrine des droits individuels, mais qui exclue ou du moins détourne (on parle psychologie et non logique ici...) des tendances que tu déplores. Le problème de ce genre d'interrogation est qu'elle est posée en termes d'interaction entre des tendances psychologiques, dont les mécanismes sont mystérieux, et la formation de doctrines, que nous connaissons par leur développement logique. La manière dont il faut penser cette intéraction et obtenir, par une action décrite depuis l'un des points de vue, des effets observés par l'autre point de vue, est un défi de taille. TL;DR : pourquoi envisager quoi que soit qui remette en cause l'individualisme libéral afin de s'opposer à l'individualisme SJW, puisqu'on sait déjà ce qu'on aime dans le premier, et ce qu'on n'aime pas dans le second?
  17. 3 points
    Tu as tout dit dans cette première phase : c'est lancé mais c'est en test. Donc c'est pas lancé. LN, c'est un empilement de problèmes. Techniques LN est un mesh (comme internet) et pas un graphe complet (comme bitcoin) ; il faut un nombre de hops toujours plus grands pour atteindre n'importe quel point du réseau à partir de n'importe quel autre point ; ça varie en o(n²). Trouver le chemin optimal de A à B est au mieux en o(n²) mais en pratique, plutôt en exp(n). Ceci est un problème NP complet qui n'a pas encore trouvé de solution. LN n'en apportera aucune à ce niveau (ou sinon c'est une médaille fields pour leurs développeurs). Pour que LN fonctionne avec un nombre conséquent de nœuds et de transactions, il faudra impérativement que les blocs de la chaîne principale grossisse (une estimation parle de 150 Mo environ par bloc, contre 1 à 1.5 actuellement). Sachant que tout ceci a été développé précisément pour éviter la croissance des blocs, c'est particulièrement comique. Pire : pour qu'une transaction soit correctement menée à terme, il faut que le noeud receveur soit en ligne. Autrement dit, un marchand doit disposer d'une infrastructure non interruptible pour récupérer les fonds qui lui sont destinés et conserver le canal ouvert. La perte de connexion ferme le canal et représente donc au mieux une perte des frais de la transaction d'ouverture, au pire une perte des fonds verrouillés dans le canal. Ceci est un show stopper. De sécurisation Il y a, dans le whitepaper de LN lui-même, plusieurs problèmes de sécurisation liés à l'archi choisie. Un attaquant peut ruiner facilement des canaux (les obliger à fermeture avant terme) avec une mise très faible (la transaction initiale). Il y a aussi le problème évident d'une attaque sybil d'autant plus facile que le nombre de hops est très souvent supérieur à 3 (et donc une attaque Man In The Middle est sinon triviale au moins très facile, au contraire du graphe complet / de la clique de Bitcoin où le nombre de hop est toujours <= 2). En terme de décentralisation, LN est une horreur puisque par construction, il favorise l'émergence de hubs centraux (c'est déjà visible sur le testnet et sur le mainnet) avec single-point-of-failure, DOS plus faciles, etc. Philosophiquement, c'est à l'antipode de ce que Bitcoin prétend vouloir être. LN est conçu comme un réseau "best case scenario", de la même façon que BGP (border gateway protocol) utilisé pour router les paquets internet. BGP est utilisé par les ISP de niveau supérieur (en gros, ce sont les fournisseurs internet des fournisseurs internet qui nous fournissent internet, pour schématiser) ; or, BGP a aussi ce problème de routage, et ne fonctionne que parce que les acteurs se comportent de façon responsable et bienveillante. BGP et ses problèmes existent depuis plus de 40 ans, pendant lesquels les meilleurs esprits, ingénieurs & mathématiciens, ont tout fait pour l'améliorer, sans grand succès. LN part exactement du même principe (parce que le problème de routage est exactement le même). On se demande comment il vont résoudre ce problème crucial dans un temps très inférieur à celui qui a été nécessaire pour le BGP (sans y parvenir). Et au fait, lorsque BGP n'est pas géré de façon bienveillante, ça donne ceci : https://arstechnica.com/information-technology/2017/04/russian-controlled-telecom-hijacks-financial-services-internet-traffic/ (je vous laisse pondérer l'impact que ça peut avoir quand ce ne sont pas des données, mais des sous qui sont transités ainsi). Juridiques Un noeud LN étant un outil qui permet de faire des échanges d'argent, il répond exactement à la définition d'établissement bancaire ou de crédit (c'est effectivement le cas aux US) et doit donc répondre à des normes strictes (KYC, AML) notamment, ce qui ruine tout espoir d'avoir la moindre anonymisation des transactions par ce biais et, pire, impose à tous les noeuds des démarches administratives complexes et un risque évident de fermeture, de pressions étatiques ou de fuites d'informations sensibles. Ceci n'est pas une exagération, c'est régulièrement discuté sur plusieurs forums et les développeurs sont très enquiquinés par cet aspect. En gros, LN aux US, c'est le risque pour l'utilisateur ou l'enthousiaste qui met en marche un noeud LN de se retrouver embastillé pour avoir joué les intermédiaires bancaires sans licence. Economiques Problème de la poule et l'oeuf : LN prétend fournir des transactions avec des frais très faibles mais pour y accéder, il faut payer des frais de transactions très forts. Par dessus le marché, les frais d'ouverture et de fermeture sont, par construction, toujours supérieurs au fait de faire une transaction on chain directement. Logiques Si LN fonctionne très bien, il n'y a in fine aucun besoin de plus jamais revenir sur la chaîne. À terme, pourquoi utiliser la chaîne Bitcoin ? (LN sur Litecoin ou sur n'importe quelle chaîne compatible fonctionnerait pareil). Marketing & Interface utilisateur Pour ceux qui ont pris le temps de voir ce qu'était un noeud LN et d'essayer, le nombre de cas de merdoiement possible d'un canal LN est si important qu'il faut se fader tout un vocabulaire assez riche, nouveau, et particulièrement abscons sur l'état du réseau. Ce problème n'est pas insurmontable, mais pour que grandpa et grandma utilisent LN, c'est pas demain la veille. Cela fait plus de 2 ans (oui, 24 mois) qu'on entend que ça sera prêt "bientôt" / "dans 18 mois". La dernière fois était en novembre où ça devait être prêt "dans 18 mois". Tout, depuis le développement jusqu'à la façon de tester, les annonces faites et le hype / buzz construit autour ressemble à ce qu'on trouve dans la plupart des vaporwares et des trucs qui finissent mal. Rien que ces aspects (mineurs mais très éclairant) indiquent exactement l'état des équipes derrières (peu nombreuses, pleines de geeks pas réellement formés ni pour la comm, ni pour les IHM). Juste pour le lol : Bitcoin whitepaper, 9 pages. Ce truc a permis l'émergence de toute une économie nouvelle, valorisée actuellement à plus d'un demi trillion de dollar. LN whitepaper : plein de trous, ne répond pas aux objections ci-dessus (notamment techniques) et fait 54 pages d'algo particulièrement fouillis. Ajouter de la complexité ainsi, c'est très très bon signe. Conclusion : LN est une usine à gaz qui ne fonctionnera jamais et c'est la réintroduction des banques. C'est l'antithèse de Bitcoin et, pompon, ça ne résout en rien le problème de croissance de bitcoin. --- Si j'ai le temps, je reviendrai sur chaque élément et je fournirai les liens & sources corroborant ces éléments (mais pas le temps là).
  18. 3 points
    J'ai l'impression que la bulle libérale-libertarienne américaine qui s'est créée au début des années 2010, et qui a culminé avec la candidature de Ron Paul en 2014 a explosé, encore une fois pour des raisons liées aux circonstances politiques du moment, a éclaté. Je vois principalement deux grands types d'explication : la première, c'est le changement d'atmosphère politique générale après la vague d'attentats qui a frappé le monde ces dernières années et la crise des migrants en Europe, qui a abouti à la fois au Brexit et à l'élection de Donald Trump sur fond de renouveau de la guerre culturelle sur les campus, des critiques de la mondialisation et du libre-échange. La seconde, c'est l'incapacité des libertariens à capitaliser sur la popularité de Ron Paul : Rand Paul, qui a joué la notabilisation au sein du GOP a finalement fait fuir la frange anti-système de son électorat qui a préféré Trump, et Gary 'Aleppo' Johnson n'a pas réussi à convaincre au-delà des déjà convaincus du LP, ceux qui ont trouvé audible son discours sur la libéralisation des drogues et tout le toutim. La première raison a polarisé à l'extrême une tension qui existait déjà au sein de la constellation libertarienne/libérale, mais l'élection a détruit l'idéal de big tent libertarianism, l'idée que les libertariens puisse coexister par-delà les chapelles : avec l'arrivée de Trump et le foutoir que ça a provoqué (les questions sur l'immigration notamment), les prises de position très agressives pro ou contra, prog ou paléo, se sont multipliées, avec deux tentations majeures. La première tentation, à droite du spectre libertarien, est de s'enfermer dans le pur credo anti-establishment paléolibertarien (cf la droite de la droite, celle de Rothbard et de Jeff Deist, mais aussi Lewrockwell and cie) jusqu'à rejoindre l'alt-right comme de nouveaux alliés jugés moins complices de l'establishment que l'aile gauche du spectre libertarien (triple H). La seconde, à gauche du spectre libertarien, est d'assumer son positionnement pro-élites/progressistes pour les uppermiddle classes et de finalement se contenter de défendre l'aile droite de la social-démocratie, c'est à dire plus de libéralisation et de déréglementation, mais sans changer l'essentiel des rapports de force politique (Niskanen center, le 'néolibéralisme' de l'IEA, les vertus bourgeoises à la D McCloskey). Bien entendu, il devient plus difficile d'observer une position médiane sans verser dans une mentalité de citadelle assiégée, ce qui est un problème différent, mais tout aussi réel. Les vents tournent, et les inquiétudes des Américains concernant l'immigration, les tensions interraciales, le terrorisme islamique et la radicalisation de la gauche morale sont aujourd'hui au top de l'agenda politique national. Sur ces sujets, les libertariens n'ont rien à dire, ou plutôt, ils ont tous des opinions différentes en fonction des intérêts et des valeurs politiques qu'ils défendent, qu'ils bouffent du code à Palo Alto ou vivent dans un bled du fin fond de l'Alabama, qu'ils soient gagnants ou perdants de la mondialisation, conservateurs ou prog. Et du coup, plein de gens vont voir ailleurs pour avoir des réponses, parce qu'une théorie en politique n'a d'intérêt que parce qu'elle est autant une explication du monde qu'un guide pour l'action: quand le paradigme a trop de trous, les gens changent de crèmerie pour voir si l'offre à côté peut mieux correspondre à leurs attentes sans trop s'embarrasser de principes. Une théorie politique n'est pas un code moral de Samourai. Notons que cette crise est surtout une crise interne au mouvement libertarien US : ce genre de considération n'a pas trop impacté la France, parce que nous continuons à faire exactement l'inverse de ce qui se passe dans le reste du monde. Les USA et les brits deviennent populistes ? So plouc, on va élire Macron (plongeant les libéraux français dans un autre type de sidération, mais c'est une autre histoire). Le libéralisme politique a besoin de matière grise, pas de procès en hétérodoxie ou de considérations paternalistes sur ce que les gens du commun devraient penser. Il y a aussi de nouvelles lignes de front qui sont en train de s'ouvrir, en particulier en matière de défense de la science et de liberté d'expression, très durement touchées par les politiques gouvernementales, les gender machin et la montée des radicalités sur les campus et dans les médias. Qui dit liberté d'expression, dit liberté d'innover, d'entreprendre, de soumettre à la discussion critique les idées et les projets des individus pour les améliorer. C'est comme ça que la civilisation occidentale marche depuis le début. Sur ces sujets, les libéraux sont audibles pour peu qu'ils s'y prennent bien. On pourra en reparler à l'occasion.
  19. 2 points
    J'ai fini de lire Gender Trouble de J. Butler la semaine dernière et je me suis lancé dans La Vie de Laboratoire de B. Latour, après avoir notamment discuté avec l'auteur de cet article (vous identifierez aisément mon pseudonyme), qui m'a fait d'ailleurs une réponse particulièrement bête. Nous parlerons de Gender Trouble une autre fois si ça vous intéresse mais plus j'avance dans le bouquin de Latour et plus je regarde, en parallèle, ce qu'on en dit (cf lien), ainsi que des interviews du bonhomme, je me rends compte à quel point la critique areo-quilettienne (incarnée ici par un Brice Couturier qui ne sait manifestement pas de quoi il parle) du post-modernisme est pauvre. Je ne dis pas que le projet et les thèses post-modernistes sont en général bien formulés. En fait, lisant Latour, je me trouve très très indisposé par la manière dont il pose la problématique à laquelle sa sociologie des sciences doit répondre, et je le vois osciller entre différentes options méthodologiques assez différentes. Mais je me rends compte que la réponse des "tenants de la modernité" est à chaque fois à côté de la plaque. Après, c'est peut-être que je ne lis pas les bonnes discussions du post-modernisme ; je vais tenter le bouquin de P. Boghossian Fear of Knowledge quand j'aurai fini La Vie de Laboratoire. Une des manières assez compréhensibles et pop dont Latour présente sa contribution, c'est comme un essai de faire une description des institutions scientifiques modernes, qui ne soit pas tributaire des notions utilisées par ces institutions pour se légitimer elles mêmes. Remarquez au passage comme on est très bien disposé à adopter cette perspective quand Bueno de Mesquita le fait pour les régimes politiques, avec brio d'ailleurs. Une des conséquences de ce changement de point de vue est que la réflexion sur l'adhésion à la modernité devient moins une discussion sur la valeur accordée à la vérité que la question du choix de pratiques scientifiques et institutionnelles particulières. Or, il me semble que rien n'empêche, même après avoir adopté l'approche critique de la production de la science moderne, de reformuler le modernisme comme un choix des institutions modernes, au nom des valeurs modernes elles mêmes. En plus, on peut utiliser l'effort critique lui même pour filtrer les pratiques et aspects de l'insitutions en fonction de critères modernes, puisque du point de vue de la motivation à faire un travail critique approfondi, le post-modernisme a quand même pas mal apporté. Au fond, le seul effort supplémentaire que la critique de la modernité demande au moderne, c'est cette distinction dans la description des institutions entre leur justification et leur fonctionnement. Comme dirait Latour lui même dans l'interview : on n'est pas morts, on a enfin une description réaliste de ce à quoi on tient. C'est à dire les institutions elles mêmes, pas leurs justifications. Maintenant il faut reconnaître qu'on y tient et les revendiquer. Je pense que la question n'est même pas vraiment celle de l'atteinte à l'absolu, l'universalité ou même la supériorité de la modernité occidentale. Ce pour la raison que les jugements moraux anti-modernes que l'on peut trouver dans la littérature critique ne sont en général même pas justifiés par la méthodologie explicite des auteurs (c'est là qu'en général le marxisme ou l'écologisme entrent en jeu). Je suis de plus en plus convaincu que la question du "relativisme" du post-modernisme est un appeau à demi-habiles auquel il s'agit de ne pas répondre si on prétend au sérieux.
  20. 2 points
    qui sait quoi, au juste, de la Chine (même Xi) ? http://foreignpolicy.com/2018/03/21/nobody-knows-anything-about-china/
  21. 2 points
    Cela signifie que l'Afghanistan ou les vietnamiens ne peuvent pas mettre en échec l'armée US, au vu des immenses moyens de cette dernière?
  22. 2 points
    Le libéralisme est un individualisme, mais tout individualisme n'est pas libéral. Le libéralisme est un individualisme ; il défend l'individu contre les empiétements qu'autrui (individu, société, Etat, etc) est susceptible de commettre contre sa liberté (définie en termes de droits individuels). Mais ce n'est pas un individualisme absolu, qui soutiendrait que l'individu doit "primer" sur la société. Non pas que la société comme généralité abstraite (intérêt général, etc), possède des droits ; ce sont les autres individus qui en ont. Ma liberté est borné par celle d'autrui, etc. Il diffère donc nettement de l'individualisme de Stirner (qui est un immense rejet de toute limite au caprice arbitre individuel) ; de l'anarchisme individualiste (qui peut admettre des limites morales au désir individuel, mais pas d'institutions coercitives pour réprimer concrètement les abus de l'individu) ; ou de Nietzsche (dont l'individualisme repose sur une discipline individuelle et une hiérarchie à l'échelle de la société). A partir de là ; y-a-t-il un point commun entre l'individualisme libéral et le "progressisme" (je préfère parler de social-démocratie et de gauchisme culturel) ? Les deux présentent une parenté superficielle en tant qu'ils sont des anti-traditionalismes. Le libéralisme est révolutionnaire (au moins au 18ème siècle), parce qu'il soumet les institutions existantes à la critique (et à l'abolition lorsqu'il prend le pouvoir) sur la base de principes idéaux universalistes / jusnaturalistes. D'où la critique conservatrice bien connue de l' "abstraction", du rationalisme politique, de la non-prise en compte des particularités historiques / culturelles, etc. L'autre point commun (qui rejoint le précédent) est que ce libéralisme de la période révolutionnaire se pense comme l'aboutissement d'une évolution historique vers le Progrès (tendanciellement vu comme inéluctable -ce qui est laïcisation de la conception providentialiste de l'histoire qu'on trouve dans les religions du Livre). On trouve des traces nettes de ça chez Turgot, Condorcet ou Constant: « Depuis que l’esprit de l’homme marche en avant /…/ il n’est plus d’invasion de barbares, plus de coalition d’oppresseurs, plus d’évocation de préjugés, qui puisse le faire rétrograder. /…/ Il faut que les lumières s’étendent, que l’espèce humaine s’égalise et s’élève, et que chacune de ces générations successives que la mort engloutit, laisse du moins une trace brillante qui marque la route de la vérité. » -Benjamin Constant, Écrits et discours, éd. O. Pozzo di Borgo, Jean-Jacques Pauvert, 1964, vol. 1, p. 127. Thème dont on connait la reprise communiste, et dont la gauche post-socialiste conserve des restes: "Le gauchisme culturel n’entend pas changer la société par la violence et la contrainte, mais « changer les mentalités » par les moyens de l’éducation, de la communication moderne et par la loi. Il n’en véhicule pas moins l’idée de rupture avec le Vieux Monde en étant persuadé qu’il est porteur de valeurs et de comportements correspondant à la fois au nouvel état de la société et à une certaine idée du Bien. Ce point aveugle de certitude lui confère son assurance et sa détermination par-delà ses déclarations d’ouverture, de dialogue et de concertation. Les idées et les arguments opposés à ses propres conceptions peuvent être vite réduits à des préjugés issus du Vieux Monde et/ou à des idées malsaines." -Jean-Pierre Le Goff, Du gauchisme culturel et de ses avatars, Le Débat n° 176, septembre-octobre 2013, p.49-55. Le dernier point commun que je vois est que le libéralisme se soucie du bonheur terrestre de l'Homme, il ne prétend pas apporter une solution à tous ses problèmes ou lui livrer une philosophie complète à même de satisfaire ses besoins "spirituels". Dès lors le déclin de la spiritualité / cosmologie traditionnelle (ou son devenir nihiliste si on admet l'interprétation de Nietzsche), l'esprit critique de la philosophie des Lumières, menace d'aboutir à du vide ou de déboucher sur une attitude hypercritique dont le constructivisme radical contemporain nous offre de beaux spécimens... Or, d'après Tocqueville, l'incertitude en matière de valeurs est propice à un repli sur la jouissance privée, immédiate, sensible, certaine: "Le dix-huitième siècle et la révolution, en même temps qu’ils introduisaient avec éclat dans le monde de nouveaux éléments de liberté, avaient déposé, comme en secret, au sein de la société nouvelle, quelques germes dangereux dont le pouvoir absolu pouvait sortir. La philosophie nouvelle, en soumettant au seul tribunal de la raison individuelle toutes les croyances, avait rendu les intelligences plus indépendantes, plus fières, plus actives, mais elle les avait isolées. Les citoyens allaient bientôt s’apercevoir que désormais il leur faudrait beaucoup d’art et d’efforts pour se réunir dans des idées communes, et qu’il était à craindre que le pouvoir ne vînt enfin à les dominer tous, non parce qu’il avait pour lui l’opinion publique, mais parce que l’opinion publique n’existait pas. Ce n’était pas seulement l’isolement des esprits qui allait être à redouter, mais leurs incertitudes et leur indifférence ; chacun cherchant à sa manière la vérité, beaucoup devaient arriver au doute, et avec le doute pénétrait naturellement dans les âmes le goût des jouissances matérielles, ce goût si funeste à la liberté et si cher à ceux qui veulent la ravir aux hommes." -Alexis de Tocqueville, Discours de réception à l'Académie française (21 avril 1842). On aurait donc une dégradation du thème libéral du "bonheur de tous" (DDHC, préambule), de la "poursuite du bonheur" (Déclaration d'Indépendance des U.S.A), en simple hédonisme. D'ailleurs c'est justement l'hédonisme (réel ou imaginaire) qui est fustigé en général sous l'étiquette d' "individualisme". Car individualistes, les "progs" le sont très moyennement. Vous avez tous les deux dit leur propension à ne pas pouvoir à réduire l'individu au groupe (réel ou mythique), auquel il faut souvent ajouter l'ambition "progressiste" -un spectre de Marx- de l'abolitionnisme de structure : "Réification d'une catégorie, d'une situation ou d'un groupe auquel appartient l'individu. Cette catégorie / ce groupe / cette situation prédomine et prime sur l'homme en tant que tel, lequel n'existe pas chez Marx, comme tu le signales à juste titre. C'est donc ceci qui est l'objet de l'analyse, la source d'explication, et non plus l'homme. On analyse celle-ci dans son/ses rapport(s) (de force nécessairement) avec les autres catégories ou les autres groupes. Les usages humains sont déterminés par des catégories. Ce ne sont plus les hommes qui font des choix, pensent ou agissent d'après leurs idées, ce sont les catégories (et leurs rapport mutuels) qui agissent à travers les individus. Comme les usages et les codes humains (tel que le droit, la justice...) ne sont que des produits arbitraires des catégories (des conventions) le mal ou l'injuste réside dans la "domination" d'une catégorie sur une autre. (Domination = Oppression ; la notion d'oppression, de violence ou d'esclavage n'est plus nécessairement associé à la force physique) Si une catégorie souffre (car ce ne sont plus des humains qui souffrent, mais des catégories) c'est donc qu'elle est légitimement victime et qu'elle est ce pourquoi (et pour qui) il faut changer la société. A ce titre, on doit lui fournir, non pas des droits égaux (masque de la domination, donc de l'oppression), mais davantage de pouvoir. C'est le sens du progrès. A terme, il faudrait abolir les catégories, lesquelles sont finalement la source du mal." (cf: https://forum.liberaux.org/index.php?/topic/54073-marxisme-et-postmodernisme-les-aventures-de-la-superstructure/&page=4 Ils ont également une propension (qu'il serait très lâche d'essayer de rattacher à l'anti-étatisme libéral, surtout vu leur degré d'étatisme) à l'anti-institutionnalisme, l'anti-conventionnalisme, une sorte de résurgence du romantisme issu de Rousseau. Les institutions / conventions étant le masque oppressif des bourgeois / groupe dominants ennemis, le sens du progrès sera de les abolir ou du moins les réformer (écriture inclusive, etc.). Ce qui est d'ailleurs lié à l'attitude hédonisme pré-cité puisque que les conventions sont un obstacle au "jouir sans entraves", seule certitude du dernier homme: « «L'homme est né libre, et partout il est dans les fers.» Selon cette conception romantique de la liberté, chaque être humain est doté d'un Soi pur et authentique, et il suffit de le déployer pour réaliser pleinement son potentiel. Pour Rousseau, l'homme, quand il n'est pas perverti par la société, peut devenir un sujet responsable, libre et moral. » -Carlo Strenger, Entretien avec Alexandre Devecchio, http://www.lefigaro.fr, 20/02/2018. « La modernité tardive que j'appelle décadence se veut formellement libertaire. Elle entend bannir tabous et inhibitions au profit d'une spontanéité qui rejette les conventions... La civilité, la politesse, la galanterie... Toutes ces procédures qui cantonnent l'instinct agressif pour lisser l'interface ; en un mot l'élégance sociétale, c'est-à-dire le souci de l'autre. Il y a un risque d'anomie que les thuriféraires de soixante-huit ont largement contribué à magnifier en laissant croire que tous ces codes relevaient d'une aliénation d'essence autoritaire et bourgeoise... Les bourgeois sont d'ailleurs les premiers à s'en émanciper, et avec quel entrain... Ils sont l'avant-garde de l'anomie à venir, des enragés de la décivilisation. [...] Le jeunisme, c'est cela ; le " cool ", le sympa, le décontracté, la sacralisation d'une société adolescente libérée des contraintes de la forme. Or la vitalité brute, instinctive, sauvage, célébrée par ce culte de la sincérité et de la transparence, c'est la dénégation de la vie collective et de ces protocoles compliqués qu'on appelle tout simplement la culture. La culture, Bérard, c'est-à-dire depuis Cicéron, ce qui cultive en l'homme social la retenue, la discrétion, la distinction. Le dernier homme ne veut plus être apprivoisé par les usages, et c'est vrai que délesté des impératifs de la règle, il est ainsi persuadé d'avoir inventé le bonheur. La courtoisie, la bienséance, la civilité. Tout cela nous suggère-t-on, ce sont des salamalec, des trucs de vieux, des préjugés d'un autre âge et pire encore des mensonges ; et c'est contre la duplicité* que dissimuleraient les rigueurs du savoir-vivre que l'on veut procéder au sacre des penchants. » -Julien Freund, in Pierre Bérard, Conversations avec Julien Freund, p.11. *A relier au culte rousseauiste et romantique de l' "authenticité", de la "nature" libre contre la civilisation "corrompue", "aliénée", etc. Les post-modernes, les déconstructeurs et les écologistes sont à leur manière des romantiques. "Force est de constater que nombre de thèmes de l’époque [Mai 68] font écho aux postures d’aujourd’hui. Il en est ainsi du culte des sentiments développé particulièrement au sein du MLF. Renversant la perspective du militantisme traditionnel, il s’agissait déjà de partir de soi, de son « vécu quotidien », de partager ce vécu avec d’autres et de le faire connaître publiquement. On soulignait déjà l’importance d’une parole au plus près des affects et des sentiments. Alors que l’éducation voulait apprendre à les dominer, il fallait au contraire ne plus craindre de se laisser porter par eux. Ils exprimaient une révolte à l’état brut et une vérité bien plus forte que celle qui s’exprime à travers la prédominance accordée à la raison. À l’inverse de l’idée selon laquelle il ne fallait pas mêler les sentiments personnels et la politique, il s’agissait tout au contraire de faire de la politique à partir des sentiments. Trois préceptes du MLF nous paraissent condenser le renversement qui s’opère dès cette période: «Le personnel est politique et le politique est personnel »; «Nous avons été dupés par l’idéologie dominante qui fait comme si “la vie publique” était gouvernée par d’autres principes que la “vie privée” »; «Dans nos groupes, partageons nos sentiments et rassemblons-les et voyons où ils nous mèneront. Ils nous mèneront aux idées puis à l’action ». Ces préceptes condensent une nouvelle façon de faire de la « politique » qui fera de nombreux adeptes." -Jean-Pierre Le Goff, Du gauchisme culturel et de ses avatars, Le Débat n° 176, septembre-octobre 2013, p.49-55. Au fond c'est une mentalité assez sauvage, enfantine, indisciplinée, qui n'a de patience ni pour les contraintes (et la société libérale repose à l'évidence sur certains types de contraintes, même si elles sont plus légères pour l'individu que dans une société "holiste"), ni pour ce qui ne lui plaît pas. D'où son intolérance chronique et ses penchants violents pour la censure, le terrorisme intellectuel, etc.
  23. 2 points
    https://wattsupwiththat.com/2013/10/14/90-climate-model-projectons-versus-reality/ Sinon depuis 1880 la température a déjà augmenté de 1.2-1.5°, donc moins de 1.5° dans 80 ans ce sera dur.
  24. 2 points
    Définir les races socialement Il est désormais difficile d'argumenter qu'un concept est socialement construit tant la notion a été idéologiquement galvaudée. Cependant il arrive que le label soit correct. Les démarcations raciales telles que nous les connaissons nous semblent évidentes et solides, pourtant elles changent dans le temps et dans l'espace selon les buts politiques et les rapports de force. Ainsi, par exemple, le concept de race aryenne ne recoupait pas tous les européens ni tous les blancs. Durant le génocide au Rwanda les Hutus n'utilisaient pas comme critère la couleur de peau mais d'autres attributs comme la taille pour reconnaître les Tutsis. Aux États-Unis, une personne aux origines visiblement mêlées (peu importe la proportion) tend à être catégorisée comme non blanche (Ho, Sidanius, Levin, & Banaji, 2011) tandis qu'en Amérique Latine une personne tend à être catégorisée comme blanche dès qu'elle a des origines européennes visibles (Skidmore & Smith, 2005). Toutes les catégorisations raciales existantes sont réelles et utiles du point de vue de ceux qui les utilisent mais leur intérêt du point de vue scientifique se limite à leur rapport à l'Histoire et la société. Définir les races biologiquement Qu'en est-il alors des différences biologiques entre blancs et noirs ? Elles sont le signe que des sous-populations se sont retrouvées en relative isolation. Il faut noter ici que les processus d'évolution biologique ne se limitent pas à la sélection naturelle pour la survie, mais comprennent également des phénomènes sociaux non adaptatifs (sélection sexuelle) ainsi que des phénomènes réellement aléatoires tels que la dérive génétique (Hartl et al., 1997; Lande, 1976). Ces différences ne reflètent donc pas nécessairement des adaptations au milieu. Notons également que, statistiquement, deux groupes qui diffèrent selon n'importe quel critère arbitraire présenteront également un ensemble d'autres différences. À cet égard le critère "couleur de la peau" n'a aucun intérêt particulier justifiant de l'utiliser comme base pour définir des races. Fish (2002) propose par exemple un autre critère : les populations vivant dans des climats froids comme les Inuits tendent à développer des corps plus ronds pour conserver la chaleur. D'autres populations vivant dans des climats chauds comme les Masai tendent à développer des corps plus émaciés, ce qui maximise leur rapport surface/volume et leur permet d'émettre plus de chaleur. Selon cette nouvelle taxonomie les maigres et les gros sont deux races, chacune comprenant des individus blancs et noirs, et on pourrait trouver un grand nombre d'indices génétiques permettant en moyenne de les différencier. La légitimité scientifique d'une telle approche est exactement équivalente à celle s'appuyant sur la couleur de peau. Définir les races génétiquement La couleur de peau est un indicateur plutôt faible d'un point de vue génétique. La variabilité génétique est plus importante à l'intérieur de ces catégories qu'entre elles (Foster & Sharp, 2002), et elle est d'ailleurs beaucoup plus forte en Afrique par rapport au reste du monde (e.g. Tishkoff & Kidd, 2004; Tishkoff & Williams, 2002). Il y a 2% de différence entre l'ADN d'un humain et celui d'un chimpanzée, 0.1% de différence entre deux humains et 0.01% de différence entre les populations européenne, africaine et asiatique (Barbujani & Colonna, 2010; Jorde & Wooding, 2004), sachant que 98% de l'ADN humain est composé de régions non codantes (Elgar & Vavouri, 2008) et que dans les régions codantes les différences entre populations ne sont typiquement pas systématiques mais plutôt des variations de fréquences d'allèles. Lorsque de telles différences systématiques existent, elles concernent plutôt des traits simples comme la couleur de peau. Les traits comportementaux complexes comme l'intelligence tendent à dépendre de l'interaction entre un grand nombre de gènes, la contribution de chacun étant limitée (Chabris, Lee, Cesarini, Benjamin, & Laibson, 2015; Davies et al., 2011; Kirkpatrick, McGue, Iacono, Miller, & Basu, 2014). La recherche en génétique moléculaire et en imagerie cérébrale a pour l’instant échoué à détecter aucune relation entre les gènes et l'anatomie du cerveau d'une part, la race ou le quotient intellectuel d'autre part (Balaresque, Ballereau, & Jobling, 2007; Mekel-Bobrov et al., 2007; Richardson, 2011; Timpson, Heron, Smith, & Enard, 2007). QI et différences raciales Dans les études visant à lier race et intelligence, cette dernière est généralement définie suivant Boring (1923) comme "la quantité que les tests de QI mesurent". Une telle définition a le mérite d'illustrer l'absence d'accord théorique parmi les experts sur la nature de l'intelligence (Sternberg et al., 2005), qui se reflète également dans la multiplicité des tests de QI qui ne mesurent jamais exactement la même chose (Mackintosh, 2011). Par conséquent, s'il est généralement admis que le score des américains noirs est environ 15 points (un écart-type) plus bas, en moyenne, que celui des américains blancs pour les tests de QI (Cottrell, Newman, & Roisman, 2015; Neisser et al., 1996; Roth, Bevier, Bobko, Switzer, & Tyler, 2001), il est utile de compléter le tableau par d'autres types de mesures. Par exemple l'écart entre noirs et blancs est beaucoup plus important pour les connaissances techniques comparé aux tests de mathématiques ou de rapidité cognitive (Alderton, Wolfe, & Larson, 1997; Hough, Oswald, & Ployhart, 2001;Kehoe, 2002; Outtz & Newman, 2010; Wee et al., 2014), sachant que le QI incorpore généralement les deux. Par ailleurs l'écart pour la performance au travail est trois fois moins élevé que l'écart de QI (McKay & McDaniel, 2006). En outre l'écart de QI semble diminuer aux États-Unis (Dickens & Flynn, 2006; Mackintosh, 2011; Nisbett, 2005; Nisbett et al. 2012), ce qui se traduit par une augmentation des performances scolaires (très corrélées au QI) des élèves noirs par rapport aux blancs (Hedges & Nowell, 1998). Pour finir Fryer & Levitt (2013) n'ont trouvé aucune différence significative chez des enfants entre 8 et 12 mois. QI et héritabilité L'héritabilité est définie comme la proportion de variation d'un attribut entre les individus d'une population corrélée à la variation génétique dans cette population. Si le QI a une héritabilité de .50 alors on peut dire que 50% de la variation des scores de QI est potentiellement attribuable à des influences génétiques. La corrélation entre deux variables étant indépendante de leur niveau moyen, augmenter tous les QI d'une population de 200 points ne changera en rien le score d'héritabilité. Cette mesure est donc muette sur l'évolution possible des scores de QI (leur modifiabilité). La taille est un exemple de caractéristique extrêmement héritable (à un niveau supérieur à .90) mais également très modifiable comme l’illustre l'augmentation de la taille moyenne des dernières générations. L'héritabilité étant toujours mesurée pour une population, elle n'a aucun pouvoir explicatif sur les différences entre populations. La différence de taille entre deux populations peut être complètement liée à des facteurs environnementaux (nutrition, maladies...) sans que le score d'héritabilité de ces populations soit affecté. L'héritabilité peut être calculée avec plusieurs méthodes, la plus récente et directe étant la "genome-wide association study". L'héritabilité du QI a été estimée par l'une de ces études entre .40 et .50 (Davies et al., 2011) et par une autre à .35 (Kirkpatrick et al., 2014). Un tel score n'est pas surprenant pour une mesure qui se veut aussi générale que le QI. En effet il est connu que les traits définis les plus largement sont les plus héritables (Johnson et al., 2011). À titre de comparaison, Polderman et al. (2015) ont passé en revue 2748 études sur les jumeaux et trouvé une héritabilité moyenne de .48 pour environ 18 000 traits complexes. L'âge de la population considérée peut altérer l'héritabilité. Par exemple l'héritabilité de la satisfaction au travail a été mesurée à .312 à 21 ans, .187 à 25 ans et .198 à 30 ans (Li et al., 2016). Dans le cas du QI elle tend à augmenter jusqu'à atteindre des valeurs autour de .70 à l'âge adulte, ce qui a été nommé l'effet Wilson (Bouchard 2013). Cela peut s'expliquer en partie par le fait que, lorsqu'ils ont la liberté de le faire, les individus tendent à avoir un parcours de vie correspondant à leurs capacités physiques et intellectuelles (Kristof-Brown & Guay 2010). D'autres facteurs tels que l'éducation et l'environnement familial peuvent également altérer l'héritabilité du QI (Bates et al. 2013, Taylor et al. 2010). QI et brassage génétique La proportion d'origines blanches dans la population noire américaine atteint 24% (Bryc, Durand, Macpherson, Reic, & Mountain, 2015). Un moyen d'établir directement l'influence raciale dans le QI est de vérifier que les noirs américains avec le plus de gènes européens ont en moyenne un meilleur QI que ceux qui n'en ont pas. Witty & Jenkins (1935) ont sélectionné parmi 8000 enfants noirs les 63 avec le plus gros QI, qu'ils ont ensuite classé selon leurs origines telles que rapportées par leurs parents. La distribution des origines était étonnamment similaire dans les deux groupes, avec notamment 14.3% d'enfants d’origines principalement blanches chez les haut QI contre 14.8% dans le groupe contrôle. L'enfant avec le plus haut QI du groupe (une fillette au score exceptionnel de 200) n’avait aucun ancêtre blanc rapporté. Scarr et al. (1977) ont reproduit l'expérience avec une méthode plus moderne : ils ont évalué les origines de 362 enfants noirs avec des marqueurs sanguins et n'ont trouvé aucune corrélation avec 5 tests d'intelligence (le seul résultat s'approchant de la significativité était une tendance pour les enfants les plus blancs à moins bien répondre sur un des tests). Loehlin et al. (1973) ont également utilisé des marqueurs sanguins chez deux groupes indépendants pour un total de 84 adolescents noirs américains, et n'ont trouvé aucune corrélation significative avec le QI. Moore (1986) a mesuré le QI de 46 enfants noirs ou de race mixte ayant été adoptés soit par des parents noirs, soit par des parents blancs. Les scores des enfants avec 50% d’ADN blanc étaient virtuellement les mêmes. Il y avait en revanche un avantage de 13 points en moyenne pour les enfants vivant dans des foyers blancs. Dans la même veine l'étude de Willeman et al. (1974) montre un avantage moyen de 9 points de QI pour les enfants d'une mère blanche et d'un père noir par rapport aux enfants d'une mère noire et d'un père blanc, les proportions génétiques étant le même dans les deux cas. Eyferth (1961) a étudié les Besatzungskinder, des enfants illégitimes de soldats américains (et quelques français) élevés par des mères allemandes suite à la Seconde Guerre Mondiale. Le QI moyen des enfants de père noir (96.5) et de ceux de père blanc (97.2) était encore une fois identique, sans avantage pour les enfants purement blancs. La Minnesota Transracial Adoption Study (Scarr & Weinberg, 1976) est parfois citée en contre-exemple des études précédentes. Elle s'intéressait à 145 enfants noirs, de parents mixtes ou blancs, entre 4 et 12 ans, adoptés par des familles blanches de classe moyenne. Les QI moyens des trois groupes étaient 96.8, 109 et 111.5 respectivement. Notons qu'il n'y a encore une fois pas de différence entre les mixtes et les blancs, en revanche le score des noirs est significativement plus faible. Cette différence est néanmoins expliquée dans l'article : les enfants noirs ont été adoptés plus tardivement et leurs parents (à la fois génétiques et adoptifs) étaient en moyenne moins éduqués que ceux des autres groupes. Les mêmes enfants ont été testés à nouveau 10 ans plus tard (Weinberg, Scarr, & Waldman, 1992) avec comme nouveaux résultats 95.4, 109.5 et 117.6. L'augmentation du score des blancs est encore une fois expliquée dans l'article : un nombre disproportionné d'enfants blancs avec les scores de QI les plus bas n'ont pas pu être re-testés, biaisant la moyenne vers le haut. QI et environnement Des études comparatives internationales, utilisant souvent comme proxy du QI des mesures comme les scores PISA qui lui sont très corrélées (Rindermann, 2007), montrent un lien significatif entre le QI moyen et divers indices de développement comme le PIB par habitant, le nombre d'années d'études, l'espérance de vie, le taux de pauvreté, la liberté économique et le degré de démocratisation (Lynn & Vanhanen, 2006). On peut dès lors s'interroger sur la causalité entre ces facteurs. Le QI tend à augmenter de génération en génération (les néerlandais ont par exemple gagné 20 points de QI entre 1952 et 1982), ce qui a été nommé l'effet Flynn (Flynn, 1999). Comme nous l'avons vu précédemment cela ne contredit en rien l'héritabilité du QI (Dickens & Flynn, 2001). Cet effet est surtout présent dans les pays en voie de modernisation et devient moins important, négligeable voire négatif dans les pays les plus développés (Nisbett et al., 2012; Meisenberg & Woodley, 2013). Il est connu que l'éducation a pour effet d'augmenter le QI (Neisser et al., 1996), un effet quantifié à plus de 3 points par année d'étude en Suède (Falch & Sandgren Massih, 2011) et en Norvège (Brinch & Galloway, 2012). Les longues périodes de déscolarisation causent au contraire un déclin (Ceci, 1991). Von Stumm & Plomin (2015) ont trouvé que, sur 14835 enfants, la différence entre statut économique et social haut et bas entraînait un écart moyen de 6 points de QI à 2 ans qui se retrouvait presque triplé à 16 ans. Bakhiet et al. (2018) ont constaté qu'entre 5 et 12 ans le QI d'enfants de pays arabes devenait de plus en plus bas par rapport à celui d'enfants anglais. Ils nomment ce résultat l'effet Simber et proposent une explication en termes de Life History Speed (Figueredo et al. 2006) : lorsque l'environnement est imprévisible et dangereux (stress, mauvaise nutrition, parasites...) la maturation est plus précoce, ce qui se traduirait par le ralentissement puis l'arrêt du développement du QI à un âge où il continue de progresser chez les enfants occidentaux. Cas pratique : l'Italie Il a été proposé (Piffer & Lynn, 2014) que la présence historique de populations phéniciennes et arabes dans le sud de l'Italie aurait entrainé un mélange avec des gènes nord-africains dans ces régions (détectable à l'aide de marqueurs génétiques) qui expliquerait l'écart de 10 points de QI en moyenne (dérivé des scores PISA) entre les italiens du sud et les italiens du nord et par suite les différences de développement économique et social. Ce raisonnement a aussi été appliqué par exemple pour l'Espagne (Lynn, 2012). Daniele (2015) met en évidence qu'entre 2003 et 2013 le score italien moyen au PISA augmente de 19 points pour les mathématiques et de 14 points pour la lecture, une tendance portée quasi-exclusivement par les régions du sud tandis que dans les régions du nord la variation est négligeable ou négative. Une évolution similaire a existé en Allemagne où, après la réunification et sans qu'on puisse l'attribuer à la génétique, un écart de QI existait entre les régions de l'est et de l'ouest qui a été comblé par une augmentation de 0.5 points par an à l'est (Roivainen, 2012). Concernant l'influence des gènes arabes sur le développement économique, il est aisé de trouver des régions d'Europe avec une haute fréquence de marqueurs génétique nord-africains (Gérard et al., 2006) (par exemple la Sardaigne ou la Sicile) ayant un niveau de prospérité égal ou supérieur à d'autres régions où ils sont absents (par exemple le Kent). Au sujet du QI on peut noter que la proportion d'ancêtres africains est importante dans les populations juives, incluant les Ashkénazes (Moorjani et al., 2011). Références Alderton, D. L., Wolfe, J. H., & Larson, G. E. (1997). The ECAT battery. Military Psychology, 9, 5–37. Bakhiet, S. F. A., Dutton, E., Ashaer, K. Y. A., Essa, Y. A. S., Blahmar, T. A. M., Hakami, S. M., & Madison, G. (2018). Understanding the Simber Effect: Why is the age-dependent increase in children's cognitive ability smaller in Arab countries than in Britain? Personality and Individual Differences, 122, 38-42. Balaresque, P. L., Ballereau, S. J., & Jobling, M. A. (2007). Challenges in human genetic diversity: demographic history and adaptation. Human Molecular Genetics, 16, R134–R139. Barbujani, G., & Colonna, V. (2010). Human genome diversity: frequently asked questions. Trends in Genetics, 27, 285–295. Bates TC, Lewis GJ, Weiss A. (2013). 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  25. 2 points
    Un gouvernement libéral devrait : - accorder un accès sans droits et sans contingent à toutes les importations en provenance d'Afrique subsaharienne ; - mettre fin aux subventions agricoles au sein de l'Union européenne qui sapent les producteurs africains et maintiennent les prix des denrées alimentaires en Europe inutilement élevés ; - interrompre l'aide bilatérale aux gouvernements africains et s'opposer aux prêts du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale aux gouvernements de la région ; - cesser l'opération Barkhane qui pourrait attirer la France dans plus de conflits et être considéré par les Africains comme une entreprise néocolonialiste ; - imposer des sanctions « intelligentes » aux dirigeants soupçonnés de corruption et de violations des droits de l'homme. - abolir toute agence ayant pour objet l'aide au développement et mettre fin aux programmes d'aide aux gouvernements ; - se retirer de la Banque mondiale et des banques multilatérales régionales de développement ; - ne pas utiliser l'aide étrangère pour encourager ou récompenser des réformes, même "de marché" ; - éliminer les programmes qui accordent des prêts au secteur privé dans les pays en développement ; - libéraliser ou abolir toute agence faisant la promotion ou soutenant d'une manière ou d'une autre (aides aux exportations, crédit, protection sociale, etc.) les importations et exportations avec l'Afrique ; - mettre fin au soutien de l'Etat aux prêts aux microentreprises et aux organisations non gouvernementales.
Ce classement est défini par rapport à Paris/GMT+02:00
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