Freezbee Posté 17 février Signaler Posté 17 février On vit quand-même une drôle d'époque, où l'extrême-gauche se met à défendre la police 🤣 (Au fait, le gus était candidat FN au siècle dernier)
Soda Posté 21 février Signaler Posté 21 février La moitié des incinérateurs français sont touchés par des explosions de bonbonnes de protoxyde d'azote (gaz hilarant) jetées dans les ordures ménagères. Ces bonbonnes explosent violemment dans les fours à haute température, provoquant arrêts d'urgence, dommages matériels et risques pour les salariés. Le phénomène coûte cher aux collectivités, des millions d'euros de réparations, de pertes de valorisation énergétique et de perturbation du traitement des déchets. https://x.com/AlexXplore/status/2025156544204349875?s=20 2
Hugh Posté 21 février Signaler Posté 21 février L'affaire Quentin Deranque est importante? Ou seulement un cas de violence isolé sans autres conséquences? Les droitards latino-américains sont en pleine ébullition à cause de ce cas.
Marlenus Posté 21 février Signaler Posté 21 février 1 hour ago, Hugh said: L'affaire Quentin Deranque est importante? Ou seulement un cas de violence isolé sans autres conséquences? Les droitards latino-américains sont en pleine ébullition à cause de ce cas. On en parle dans un autre fil. Ma vision: Cela aurait dut être un fait divers où on a 1 gars d'ED mort après qu'il y ait eu un affrontement entre EG et ED suite à un Meeting de Rima Hassan (une députée européenne d'EG fortement engagée dans la cause palestinienne). Cela ne surprendra que ceux qui ne connaissent pas l'historique des affrontements entre EG et ED. Il y avait déjà eu des morts comme Clément Méric il y a quelques années (mais qui était d'EG lui). Par contre c'est devenu un enjeu national, avec notamment hommage à l'assemblée nationale et de façon globale toute la classe politique qui s'empare de ce drame. C'est assez exceptionnel, l'hommage à l'AN c'est normalement réservé aux victimes des attentats terroristes où à des agents publics ayant eu une mort particulièrement courageuse. Quasiment jamais pour un "fait divers". Certains d'ailleurs se disent choqué que pour d'autres faits divers (comme la mort d'un rugbyman international argentin tué par des personnes d'ED), il n'y ait pas la même émotion. Ce qui change tout, à mon sens, c'est que les agresseurs sont pour certains d'entre eux très lié à La France insoumise, le plus gros parti de gauche en France qui est clairement à l'EG, qui jusqu'à présent revendique son soutien aux groupes d'EG. 2 ont l'air d'être des collaborateurs parlementaire d'un député. La France insoumise, c'est le parti repoussoir pour tout ceux qui sont à droite et pour le centre et la gauche non-extrême celui dont on veut se débarrasser mais on ne savait pas trop comment. L'occasion est trop belle d'utiliser ce qui s'est passé pour définitivement faire passer LFI dans le camp des infréquentable. La droite savoure car jusqu'à présent c'était l'ED qui était infréquentable et la gauche non-extrême laisse faire car cela lui permet de casser les liens avec un allié encombrant dont on ne savait pas comment se débarrasser. 2
Freezbee Posté 27 février Signaler Posté 27 février Le meurtrier de Sarah Halimi en garde à vue pour des faits de vol à main armée et séquestration Citation Kobili Traoré, meurtrier de Sarah Halimi en 2017, a été placé en garde à vue pour des faits de vol à main armée et séquestration. Ce dernier, interné dans un hôpital psychiatrique du Val-de-Marne, bénéficie de permissions de sortie. Selon nos informations, après près de trente-cinq heures, il doit être déféré ce jeudi au tribunal judiciaire de Paris avec trois de ses complices.
Johnnieboy Posté 27 février Signaler Posté 27 février Il y a 3 heures, Freezbee a dit : Le meurtrier de Sarah Halimi en garde à vue pour des faits de vol à main armée et séquestration Quel pays…
Bézoukhov Posté 27 février Signaler Posté 27 février vOus N'aveZ Pas les déTAils du PROcès #MaitreEolas *** Honnêtement, je ne sais pas comment sortir de ce truc sans fichage politique et mise à pied d'une bonne partie de la magistrature. 1
Domi Posté 27 février Signaler Posté 27 février Je vois sur Wikipedia qu'il avait été déclaré pénalement irresponsable. Apparemment, il n'avait pas été condamné pour meurtre.
Jean_Karim Posté 27 février Signaler Posté 27 février C'est bensussan le psychiatre qui l'a déclaré irresponsable. C'est lui qui avait participé aux procès Outreau et qui alertait sur le fait qu'il 'e faut pas céder à l'émotion et croire les enfants sur parole.
Lameador Posté 27 février Signaler Posté 27 février 1 hour ago, Jean_Karim said: C'est bensussan le psychiatre qui l'a déclaré irresponsable. C'est lui qui avait participé aux procès Outreau et qui alertait sur le fait qu'il 'e faut pas céder à l'émotion et croire les enfants sur parole. Badinter doit être sorti du Panthéon. Aucun guillotiné n'a récidivé.
Marlenus Posté 27 février Signaler Posté 27 février 1 hour ago, Lameador said: Aucun guillotiné n'a récidivé. Maintenant pour être guillotiné, faut être reconnu coupable. Là le type n'a pas été reconnu coupable. Bon je suppose que c'est plus facile de s'en prendre à Badinter qu'à la justice actuelle.
Jean_Karim Posté 28 février Signaler Posté 28 février Il y a 8 heures, Lameador a dit : Badinter doit être sorti du Panthéon. Aucun guillotiné n'a récidivé. Donc c'était bien de mettre des innocents dans des geoles pour faire plaisir a la populace en colère ?
Jean_Karim Posté 28 février Signaler Posté 28 février Il y a 8 heures, Lameador a dit : Aucun guillotiné n'a récidivé. Merci, Monsieur Lapalisse
Mathieu_D Posté 2 mars Signaler Posté 2 mars Le reddit français est déchaîné contre les résidents français à Dubaï. C'est assez impressionnant.
Azref Posté 2 mars Signaler Posté 2 mars il y a 58 minutes, Mathieu_D a dit : Le reddit français est déchaîné contre les résidents français à Dubaï. C'est assez impressionnant. Pour quelle raison? A moins que ce ne soit juste l'habituel "ils devraient rester en France et se faire matraquer fiscalement."
Mathieu_D Posté 2 mars Signaler Posté 2 mars 33 minutes ago, Azref said: A moins que ce ne soit juste l'habituel "ils devraient rester en France et se faire matraquer fiscalement." Oui, précisément. ( Enfin il paraît que certains ont appelé gouvernemaman à la rescousse et au rapatriage.) 2
Marlenus Posté 2 mars Signaler Posté 2 mars 47 minutes ago, Mathieu_D said: Enfin il paraît que certains ont appelé gouvernemaman à la rescousse et au rapatriage.) C'est ça. Par exemple; Quote "Si jamais il y a une grande guerre, il faut partir. On est Français. La France, protégez-nous" https://www.capital.fr/economie-politique/dubai-pourquoi-le-rapatriement-des-influenceurs-francais-fait-polemique-1524300 Le problème c'est que pour beaucoup de français, les résidents français à Dubaï ce sont les influenceurs issus de la télé réalité. Des gens qu'il est socialement bien vu de détester, déjà par mépris vu qu'ils sont issu de la télé réalité, ensuite leur fortune n'est pas vu comme légitime, ajoutons qu'une partie d'entre eux sont des influvoleurs, qu'il y a plusieurs car connus d'exil à Dubaï pour leurs affaires et retour en France dès qu'il faut payer pour une grossesse par exemple. Pas étonnant qu'ils s'en prennent plein la tronche quand ils pleurent pour demander l'aide de l'état. Et les autres doivent prendre des balles perdues parce que personnes ne les connait. Enfin j'imagine.
Mathieu_D Posté 4 mars Signaler Posté 4 mars Je rêve tous les parents d'élèves viennent de recevoir une lettre (via les plateformes dédiées en ligne) qui dit en substance "Mé heu, vos gosses sont trop violents ils nous tapent dessus, eduquez les un peu siouplé merde à la fin".
Adrian Posté 4 mars Signaler Posté 4 mars Beaucoup d'enfants de nos jours auraient besoin de thérapie cognitivo-comportementale...
Freezbee Posté 6 mars Signaler Posté 6 mars Splendide ! Ça ne date pas d'aujourd'hui : cette chose a été livrée en 2023... Le cabinet d'archis l'affiche fièrement sur son site : https://palabres.fr/guines 3
Antoninov Posté 6 mars Signaler Posté 6 mars C'est moche... Pas contre les trucs originaux (on ne peut pas sauver tous ces bâtiments, et pourquoi ne pas permettre des trucs originaux...) Mais là, quand même, c'est moche. Je comprends qu'une extension moderne derrière le bâtiment n'aurait pas eu le même avantage écologique (un cube est nettement mieux d'un point de vue énergétique), mais cela aurait quand même pu être nettement plus harmonieux..
GilliB Posté 6 mars Signaler Posté 6 mars Le château était moche, là c'est encore plus moche, tout ça pour faire de logements sociaux (avec l'argent gratuit des autres) mais écoresponsable, donc très cher. CPEF 1
Adrian Posté Jeudi at 23:03 Signaler Posté Jeudi at 23:03 Quentin Deranque, catholique traditionaliste à la ville et néonazi en ligne Citation Le militant tué à Lyon gravitait depuis plusieurs années dans les cercles néofascistes locaux. Des milliers de posts anonymes sur X retrouvés par « Mediapart » montrent l’étendue de sa pensée raciste et antisémite, construite autour d’une glorification du fascisme et une nostalgie du nazisme.
PABerryer Posté Vendredi at 06:31 Signaler Posté Vendredi at 06:31 Donc son lynchage est justifié ? 1
Marlenus Posté Vendredi at 08:09 Signaler Posté Vendredi at 08:09 C'est une guerre de communication, et oui cela aura un impact potentiel sur le procès de ses meurtriers. Ici on a d'un côté la droite et le centre qui présentent le gars comme une personne croyante prônant un "Militantisme Pacifique" pour reprendre les mots de son avocat. Et qui lui rendent hommage en mettant une minute de silence à l'AN, qui demande à ce que son portrait soit mis en grand sur l'HV de Lyon, etc. De façon général, ses proches veulent nous en donner l'image de quelqu'un de pacifiste. Limite un lâche face à la violence: ""C'était quelqu'un de très calme", il n'était "ni violent ou agressif", "ce n'était pas du tout un loubard, un costaud, un gros dur. Lui, au contraire, s'il pouvait éviter l'affrontement, il l'évitait", https://www.lagazettefrance.fr/article/quentin-jeune-etudiant-catholique-pacifique-proche-de-la-mouvance-nationaliste Et de l'autre la gauche qui essaye de montrer que c'était un gars violent, diffusant la haine, aimant la confrontation, la violence, etc. Et forcément, suivant le récit qui va gagner, le procès de ses agresseurs va pas être le même. Juger des mecs qui ont fait une embuscade et qui ont tué un militant pacifiste, prônant la non-violence, c'est pas la même que juger des mecs qui ont tué un gars après une bagarre entre 2 groupes qui se détestent et n'hésitent pas à user des poings. D'ailleurs dans le premier cas c'est d'assassinat que l'on parle, dans le 2ème c'est de coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner. Les meurtriers de Clément Méric par exemple ont été condamnés pour: Quote avoir, à Paris le 5 juin 2013, volontairement exercé des violences sur la personne de Clément Méric, avec ces circonstances que lesdites violences, ayant entraîné la mort de Clément Méric sans intention de la donner Ce qui explique qu'ils ont pris 11 et 7ans et pas 30ans. Et donc ici on a une guerre entre la défense qui veut que les meurtriers soient jugé pour coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner et l'accusation qui veut prouver l'intention meurtrière. Ce type de portrait veut orienter dans un sens. Et dans cette guerre, le premier round a été gagné par la droite. Par contre @Adrian, les post d'article en paywall où tu ne peux lire que le titre et où tu ne fais aucun commentaire, c'est ch... . 2
Carl Barks Posté Vendredi at 10:18 Signaler Posté Vendredi at 10:18 Il y a 2 heures, Marlenus a dit : C'est une guerre de communication, et oui cela aura un impact potentiel sur le procès de ses meurtriers. Ici on a d'un côté la droite et le centre qui présentent le gars comme une personne croyante prônant un "Militantisme Pacifique" pour reprendre les mots de son avocat. Et qui lui rendent hommage en mettant une minute de silence à l'AN, qui demande à ce que son portrait soit mis en grand sur l'HV de Lyon, etc. De façon général, ses proches veulent nous en donner l'image de quelqu'un de pacifiste. Limite un lâche face à la violence: ""C'était quelqu'un de très calme", il n'était "ni violent ou agressif", "ce n'était pas du tout un loubard, un costaud, un gros dur. Lui, au contraire, s'il pouvait éviter l'affrontement, il l'évitait", https://www.lagazettefrance.fr/article/quentin-jeune-etudiant-catholique-pacifique-proche-de-la-mouvance-nationaliste Et de l'autre la gauche qui essaye de montrer que c'était un gars violent, diffusant la haine, aimant la confrontation, la violence, etc. Et forcément, suivant le récit qui va gagner, le procès de ses agresseurs va pas être le même. Juger des mecs qui ont fait une embuscade et qui ont tué un militant pacifiste, prônant la non-violence, c'est pas la même que juger des mecs qui ont tué un gars après une bagarre entre 2 groupes qui se détestent et n'hésitent pas à user des poings. D'ailleurs dans le premier cas c'est d'assassinat que l'on parle, dans le 2ème c'est de coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner. Les meurtriers de Clément Méric par exemple ont été condamnés pour: Ce qui explique qu'ils ont pris 11 et 7ans et pas 30ans. Et donc ici on a une guerre entre la défense qui veut que les meurtriers soient jugé pour coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner et l'accusation qui veut prouver l'intention meurtrière. Ce type de portrait veut orienter dans un sens. Et dans cette guerre, le premier round a été gagné par la droite. Par contre @Adrian, les post d'article en paywall où tu ne peux lire que le titre et où tu ne fais aucun commentaire, c'est ch... . Le résumé par ChatGPT Citation Idée principale L’enquête montre que Quentin Deranque, jeune militant d’extrême droite tué à Lyon lors d’un affrontement avec des antifascistes, était beaucoup plus radical idéologiquement que ne le suggéraient les portraits publics diffusés après sa mort. En analysant des milliers de messages anonymes qu’il a publiés sur X, les journalistes concluent qu’il développait une idéologie néonazie structurée, mêlant racisme, antisémitisme, suprémacisme blanc et admiration du fascisme. Ce que révèle l’enquête 1. Un militant très actif en ligne Sous plusieurs pseudonymes sur X, Deranque aurait publié près de 10 000 messages entre 2023 et 2026. Ces posts montrent qu’il : se définissait explicitement comme « fasciste » exprimait de la nostalgie pour le nazisme et faisait référence à Adolf Hitler relayait ou soutenait des figures néonazies diffusait des propos racistes, antisémites, islamophobes et homophobes. Il recommandait par exemple des ouvrages de négationnistes comme Maurice Bardèche et des textes collaborationnistes de Lucien Rebatet. 2. Un profil double : catholique traditionaliste et extrémiste politique Dans la vie quotidienne, ses proches décrivent : un jeune très croyant, engagé dans le catholicisme traditionaliste passionné de lecture (Aristote, saint Thomas d’Aquin) proche de sa famille. Mais en ligne, il diffusait des positions radicales : opposition totale à l’avortement et insultes contre Simone Veil théorie racialiste de la société appels à expulser ou déporter les immigrés. 3. Une insertion dans la mouvance néofasciste lyonnaise Au-delà d’internet, il fréquentait ou soutenait plusieurs groupuscules d’extrême droite radicale, notamment : des milieux proches de Lyon populaire des clubs d’entraînement physique liés au suprémacisme blanc le défilé néonazi annuel du Comité du 9 Mai. Il avait même lancé un petit groupe militant local, Allobroges Bourgoin. 4. Son rapport à la violence Selon sa famille, il était non violent. Mais l’enquête souligne qu’il : participait à des entraînements de combat organisés par des groupes néofascistes était présent lors de l’affrontement avec des antifascistes à Lyon où il a été mortellement agressé. Dimension politique de l’affaire Après sa mort : plusieurs responsables du Rassemblement national lui ont rendu hommage certains l’ont présenté comme un militant mort pour ses idées. L’enquête de Mediapart souligne que ses positions néonazies étaient déjà en partie connues, mais que leur ampleur n’avait pas été révélée publiquement. ✅ En résumé : L’article démontre que Quentin Deranque n’était pas seulement un militant d’extrême droite tué lors d’une rixe, mais un activiste profondément engagé dans une idéologie néonazie, actif dans des réseaux radicaux en ligne et dans certains groupuscules lyonnais. Et en bonus son avis sur le sérieux de l'article Citation Avec un regard de journaliste, l’enquête de Mediapart présente à la fois des points solides et des angles éditoriaux assez marqués. 1. Les points journalistiquement solides Documentation très lourde L’article repose sur : des milliers de posts archivés sur X un travail de recoupement biographique des archives récupérées via Wayback Machine plusieurs semaines d’enquête. C’est typiquement une méthode d’investigation numérique assez classique et solide aujourd’hui : identifier des pseudonymes, les relier à une personne réelle et analyser les publications. Si les comptes sont bien attribués à Deranque (ce que l’article affirme avoir vérifié), les citations semblent difficiles à contester, car elles sont nombreuses et très explicites. L’existence de sources contradictoires L’article inclut : la position de la famille via l’avocat les propos des amis les réactions des groupes militants. Même si l’avocat ne répond pas au fond, la démarche de sollicitation est mentionnée, ce qui est une pratique standard. 2. L’angle éditorial très clair L’article n’est pas seulement un portrait : il cherche à démonter le récit médiatique du “jeune militant catholique respectable” apparu après sa mort. Autrement dit, l’objectif est : montrer l’écart entre les hommages publics et la radicalité réelle du personnage. C’est un angle d’enquête légitime, mais il structure fortement le texte. 3. Ce qui peut être discuté a) L’équilibre biographique L’article accorde énormément de place aux posts les plus extrêmes, ce qui est logique puisqu’ils constituent la révélation centrale. Mais cela crée un effet : la personne est presque réduite à ses publications en ligne les autres dimensions de sa vie apparaissent surtout pour contraster avec la radicalité. C’est un choix narratif classique en enquête politique. b) La question du poids réel des tweets Le texte cite beaucoup de messages, parfois ironiques ou provocateurs. Dans ce genre d’enquête, une question journalistique importante est : ces propos représentent-ils une idéologie structurée ou une radicalisation discursive typique des réseaux ? Mediapart tranche clairement pour la première hypothèse. c) L’interprétation politique L’article insiste sur la proximité entre Deranque et certaines figures de la droite radicale, par exemple : Jordan Bardella Sébastien Chenu Mais le lien est surtout symbolique ou discursif, pas organisationnel. C’est un glissement narratif fréquent dans les enquêtes politiques. 4. Ce que l’article montre vraiment (au-delà du cas individuel) En creux, l’enquête documente surtout trois phénomènes : la radicalisation idéologique en ligne chez certains jeunes militants l’écosystème néofasciste lyonnais, très actif depuis une quinzaine d’années la formation d’une “interfaf” d’extrême droite, mélangeant plusieurs courants. ✅ En résumé : Factuellement solide sur les citations et les archives numériques. Angle clairement militant ou critique, visant à déconstruire l’image publique du militant. Narration très orientée par la démonstration, mais c’est cohérent avec un format d’enquête. 1 1
Freezbee Posté Vendredi at 14:14 Signaler Posté Vendredi at 14:14 L'article de Mediapart est désormais en accès libre : Quentin Deranque, catholique traditionaliste à la ville et néonazi en ligne Citation Le militant tué à Lyon gravitait depuis plusieurs années dans les cercles néofascistes locaux. Des milliers de posts anonymes sur X retrouvés par « Mediapart » montrent l’étendue de sa pensée raciste et antisémite, construite autour d’une glorification du fascisme et une nostalgie du nazisme. Il y a d’abord eu les hommages, élogieux. « Quentin est un nouveau converti au catholicisme engagé pour le bien commun […] avec une noblesse d’âme impressionnante », décrivait son ami Baptiste Claudin le 16 février sur CNews. Puis est arrivée la minute de silence à l’Assemblée nationale. À 15 heures, le lendemain, tout l’hémicycle s’est levé pour le « jeune Quentin » – les mots de la présidente Yaël Braun-Pivet. Le militant d’extrême droite venait d’être déclaré mort après avoir été passé à tabac par des militants antifascistes, en marge d’un affrontement entre deux bandes rivales. Allait suivre un débat national jetant notamment l’opprobre sur le mouvement de La France insoumise (LFI), accusé de proximité avec le mouvement antifasciste. Enfin, les rares portraits étoffés sont apparus dans la presse conservatrice, décrivant Quentin Deranque à travers les témoignages de ses ami·es proches. « Quentin est devenu catholique pour des raisons identitaires : le patriotisme et l’amour de Dieu sont liés chez lui », a ainsi résumé Domitille Casarotto dans Le Figaro. Le jeune « consacrait ses nuits à l’aide aux sans-abri et à la lecture », affirme encore l’avocat de sa famille Fabien Rajon, qui a dénoncé le 11 mars « le harcèlement de certains médias dont les prétendues “enquêtes” ne visent qu’à salir sa mémoire ». Contacté par Mediapart, il n’a pas répondu à nos sollicitations. Un aspect de la personnalité du militant néofaciste, qui s’était porté volontaire pour faire partie d’un service d’ordre bénévole du groupe de fémonationalistes Némésis le 12 février, a pourtant jusqu’ici été complètement éclipsé. Un activisme en ligne d’une rare brutalité, qui laisse peu de doute sur les convictions néonazies qu’il avait développées. Mediapart a identifié des milliers de posts que Quentin Deranque a publiés sous pseudonyme ces deux dernières années sur le réseau social X. Si elles confirment le portrait de fervent catholique et intellectuel appliqué que ses ami·es ont dressé, ces publications donnent aussi à voir l’étendue vertigineuse d’une pensée structurée autour d’un racisme et d’un antisémitisme décomplexés, ainsi qu’une glorification assumée du fascisme et de la nostalgie du nazisme. Des publications de Quentin Deranque sur X. © Photomontage Mediapart « Il faut que les lois Pleven et Gayssot soient supprimées », énonce-t-il dans l’une de ses premières publications le 2 mai 2023, à propos des lois françaises qui interdisent notamment de nier la Shoah. Le début d’une logorrhée qui n’a fait que s’intensifier à mesure de son utilisation de la plateforme et de ses interactions avec d’autres militants néonazis. Durant des mois s’accumulent des posts négationnistes, fascistes, antisémites, racistes, islamophobes, homophobes. Très proche de sa famille Quentin Deranque est né le 13 juillet 2002, d’une mère péruvienne et d’un père français, à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Il y passe quelques années avant que ses parents déménagent en Auvergne-Rhône-Alpes. Ils se rendent parfois dans le village de Cucuron (Vaucluse), au nord d’Aix-en-Provence, où le grand-oncle de Quentin Deranque a été maire pendant vingt ans. C’est ici, dans un caveau familial, qu’il a été enterré le 25 février dans la plus grande discrétion. Pour éviter les risques de profanation, les fleurs ont été déposées uniquement au milieu du cimetière du petit village, sous une statue de Jésus crucifié. « Casapound Blocco Studentesco », lit-on sur une gerbe, du nom de l’organisation néofasciste italienne, connue pour son influence sur la mouvance française. Il est scolarisé dans le lycée catholique privé sous contrat Robin à Vienne (Isère), un établissement qui brasse des milliers d’élèves par an. En parallèle, il prend des cours de guitare électrique dans un centre social d’un quartier prioritaire viennois. Un professeur se souvient d’un « gentil gamin, petit et fin » et « très obéissant avec son père ». « Je ne me souviens pas d’une personnalité très affirmée, mais il était très preneur de la moindre proposition », ajoute-t-il. Quentin Deranque entame ensuite ses études supérieures en septembre 2020 à Lyon I, en parcours mathématiques et économie. Le jeune homme est toujours resté « très proche de ses parents », formant une « famille tranquille et peu nombreuse », dit-on à Mediapart. Quentin Deranque a aussi une sœur de quelques années de moins, qui vivrait dans le Sud-Ouest, selon Le Figaro. Lui rentrait quasiment tous les week-ends et fréquentait assidûment les paroisses de la région. Depuis sa mort, ses parents refusent de prendre la parole, renvoyant toute sollicitation vers leur avocat Fabien Rajon (voir la boîte noire). « Il y a des parents qui ont perdu un enfant. La famille est dépassée par ce retentissement, il faut les comprendre », rappelle l’entourage de la famille. Une gerbe en hommage à Quentin Deranque le 3 mars 2026, à Cucuron (Vaucluse). © Photo Marie Turcan / Mediapart Après deux années à Lyon I passées « avec succès », décrit une source en interne, puis un stage à l’été 2022 dans le domaine de l’énergie, sur le lieu de travail de son père, il disparaît des radars scolaires. Bien qu’inscrit en troisième année entre 2022 et 2025, il ne se présente pas aux épreuves et n’obtient pas de diplôme. Ce n’est qu’en septembre 2025 qu’il se réinscrit dans un autre cursus, suivant un bachelor universitaire de technologie (BUT) de science des données à Lyon II. De ces trois années de creux, on ne sait quasiment rien. Selon les témoignages de ses proches, c’est à cette période que sa fréquentation des paroisses s’intensifie. C’est aussi à cette époque que Quentin Deranque poste frénétiquement sur X. Apologie du fascisme et du nazisme Au printemps 2023, il crée deux comptes anonymes sur le réseau social d’Elon Musk : @PatricienD et @Gavariou. Sur le premier, il publie près de 7 000 fois en un an, de 2024 à janvier 2025. Il bascule alors parfois sur l’autre, présenté comme son « compte secondaire », et un troisième, @ultragavariou, créé en avril 2025, où l’on dénombre 3 000 publications jusqu’en février 2026. L’exégèse de ces milliers de messages montre que non seulement il se revendiquait du fascisme (« On veut le fascisme », janvier 2025) et se définissait comme « un fasciste » (janvier 2025), mais qu’il prenait aussi le temps de le théoriser : « Un fasciste est quelqu’un qui soutient le fascisme, càd qu’il affirme la primauté de l’État sur l’individu. Il souhaite que l’État soit une force régénératrice (d’un ordre moral) et qu’il unisse la Nation. Il s’oppose au libéralisme et au marxisme. » Il lui arrive d’ailleurs de recadrer d’autres militants de droite peu avisés qui qualifieraient les antifascistes de fascistes. « Les fascistes et les antifas ont littéralement 2 visions opposées de la société. La violence politique n’est pas propre aux fascistes, elle est intrinsèque à la politique quand on a un peu de caractère », s’agace-t-il en novembre 2024. Tantôt sérieux, tantôt goguenard, il multiplie également les références nostalgiques au nazisme. En apprenant en novembre 2024 que huit Allemands préparaient un coup d’État néonazi, il compare cette initiative au putsch de la Brasserie d’Hitler en 1923, à Munich, survenu neuf ans avant l’accession du chancelier nazi au pouvoir. « Dans neuf ans nous serons définitivement de retour », prophétise-t-il. Lorsqu’un internaute poste un chapitre de Mein Kampf d’Adolf Hitler, il abonde : « À faire lire à tous les lycéens » (septembre 2024). En juillet 2024, alors qu’un internaute manifeste son « soutien aux pd, trans et adelphes », il réagit : « Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc. » Un an plus tard, lorsqu’un utilisateur du réseau social mentionne les retards des trains en Allemagne, il répond le 14 août 2025 : « On les a trop culpabilisés d’avoir eu une excellente utilisation des réseaux ferrés. » Le jour où dix-huit mois de prison sont requis contre le leader néonazi Marc de Cacqueray pour avoir passé à tabac des militants de SOS Racisme, Quentin Deranque commente : « Soutien à lui, il n’a rien fait de mal. » Et quand le député Antoine Léaument (LFI) rappelle à Julien Odoul que son parti, le Rassemblement national (RN) « a été fondé par des Waffen SS », Quentin Deranque assume : « Et c’est très bien. » Dans la presse, les amis de Quentin Deranque ont multiplié les références à sa « grande bibliothèque » et à son goût pour la lecture, mentionnant par exemple Aristote, saint Thomas d’Aquin et saint Augustin. Mais le jeune homme de 23 ans avait aussi une fine connaissance des auteurs négationnistes. Il recommande plusieurs fois les deux livres Nuremberg de Maurice Bardèche, premier négationniste français, où l’universitaire plaide en faveur de l’Allemagne nazie, nie l’existence de la Shoah et diffuse des idées fascistes et antisémites, et pour lequel il a été condamné pour apologie de crimes de guerre. Quentin Deranque valorise aussi les écrits de Jean-Jacques Stormay, auteur qui plaide pour un ordre politique autoritaire inspiré du fascisme catholique, et recommande sans sourciller Les Décombres, pamphlet antisémite et collaborationniste de Lucien Rebatet, soutien du nazisme. « Ses lectures étaient surtout fondées sur Aristote, saint Thomas d’Aquin, ou Patrick Buisson [ex-conseiller de Nicolas Sarkozy et théoricien de l’« union des droites » – ndlr]. C’était vraiment sa colonne vertébrale, le reste ce sont des running gags entre amis », minimise son ami Vincent Claudin auprès de Mediapart. La religion au centre À la ville comme en ligne, la religion semble omniprésente dans la vie de Quentin Deranque. Selon ses amis cités dans la presse, il serait même devenu le parrain de la confirmation de son propre père, qu’il aurait initié à la foi catholique. « Mon père a préféré le catéchisme de saint Pie X au début. Il a ensuite continué avec le compendium lorsqu’il suivait les cours de l’abbé. Le catéchisme de saint Pie X est plus digeste pour ceux qui commencent », décrit en effet le jeune homme en novembre 2024 sur X. En famille, ils fréquentaient assidûment la chapelle Notre-Dame-de-l’Isle à Vienne, située en bordure de la route nationale. Pour y accéder, il faut contourner un Ehpad du même nom et emprunter une route étroite, où une seule voiture passe à la fois. C’est ici que la famille Deranque assistait à des messes traditionnelles. Les portes du bâtiment sont toutefois closes depuis le 1er septembre 2025, car le clocher de l’église du XIIe siècle fuit et le bâtiment n’est plus aux normes électriques. « Pour les fidèles qui venaient célébrer ici la messe selon l’ancien ordo deux dimanches par mois, il a été convenu […] de délocaliser cette proposition paroissiale […] au sein de l’église de Jardin », lit-on sur deux feuilles A4 placardées à côté de l’entrée. La famille Deranque s’est donc repliée vers ladite église de Saint-Théodore dans la commune à 5 kilomètres de là. « On y dispense des messes traditionalistes », confirme un habitant sur place. Ce type de messe dite en latin s’est raréfié en France depuis les réformes engagées par le Vatican dans les années 1970, mais connaît un regain de popularité ces dernières années, auprès d’une jeunesse très croyante. Sur X, Quentin Deranque ne faisait d’ailleurs pas mystère de son opposition à la décision du pape François de restreindre en 2021 l’usage de la messe en ancien ordo (terme qui désigne le calendrier liturgique) dans l’Église catholique. X semblait être pour lui un lieu d’échange avec des dizaines d’interlocuteurs et interlocutrices très croyant·es, passionné·es, avec lesquel·les il échangeait régulièrement sur la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). Ils se souhaitent une « Sainte Épiphanie » et font même des tests en ligne pour savoir « quel saint les accompagnera en 2025 » (il tombe sur saint François Xavier). Plusieurs posts sur X de Quentin Deranque sous pseudonyme. © Photomontage Mediapart Fervent opposant au droit à l’avortement, qu’il compare au fait de « tuer des bébés », Quentin Deranque injurie à répétition Simone Veil, qu’il traite de « salope meurtrière » ou de « catin ». Lorsque le petit-fils de celle qui a porté le combat en France pour la légalisation de l’avortement se souvient sur X d’une action de sa grand-mère, il répond, le 31 juillet 2025 : « Question : il y a plus d’enfants morts à cause de votre grand-mère ou à cause du camp de Bobrek ? [une annexe d’Auschwitz-Birkenau – ndlr]. » Quentin Deranque se dit par ailleurs déçu de la position du Rassemblement national (RN) sur le sujet – le parti d’extrême droite ayant préféré l’abstention au vote contre la constitutionnalisation de l’IVG en mars 2024. « C’est pour ça que j’ai voté Forteresse Europe (en plus d’être d’accord sur le reste) », écrit-il à propos du parti néofasciste mené par l’avocat Pierre-Marie Bonneau, qui défend notamment les antisémites et négationnistes Alain Soral, Robert Faurisson et Boris Le Lay. Le parti Forteresse Europe a obtenu 0,02 % des suffrages exprimés en juin 2024, après avoir fait campagne sur l’abrogation de l’IVG et du mariage pour tous, la sortie de l’Union européenne, la création d’un « code de la nationalité » et d’un « recensement de la population incluant les critères ethniques et religieux ». Racisme et antisémitisme Comment Quentin Deranque pouvait-il se revendiquer d’une foi catholique qui demande « d’aimer son prochain » tout en propageant sa haine en ligne à longueur de journée ? « Ce n’est pas une question de haine », répond-il à un internaute qui soulève cette dichotomie. « NB : Un chrétien qui tue une personne est un pêcheur [sic] mais il demeure chrétien », ajoute-t-il. « Il était de droite, tendance nationaliste et illibérale, il aimait son peuple et sa civilisation mais épousait en même temps la modernité », résumait pour Le Figaro son ami Vincent Claudin. Ce dernier assure ne pas se souvenir des posts de son camarade, pourtant leurs comptes dialoguaient régulièrement. Il tient à souligner auprès de Mediapart : « Quelques messages sur Twitter ne sont pas représentatifs des engagements d’une personne. J’en sais quelque chose. » Alors assistant parlementaire de la députée RN Lisette Pollet, Vincent Claudin a en effet été licencié le 24 février après que Mediapart a exhumé les dizaines de posts pro-Hitler, racistes et antisémites qu’il publiait lui aussi sous pseudo. Quentin Deranque semblait rejeter toute forme de diversité. Fan de foot (né à la frontière espagnole, il a un moment suivi le FC Barcelone de Messi), il a préféré soutenir l’Autriche à l’Euro 2024 car il lui était « impossible de supporter l’équipe censée représenter la France », à cause de ses joueurs noirs et musulmans. Sa pensée négationniste allait de pair avec un antisémitisme assumé, comme lorsqu’il se vante en novembre 2024 d’être en accord avec « 14 ou 15 » des seize préjugés antijuifs cités dans un sondage du Crif. « Il faudra déterrer et fusiller (((Halimi))) », écrit-il le même mois en utilisant un code antisémite, les triples parenthèses autour du nom de l’illustre avocate juive. À l’été 2024, Quentin Deranque entreprend un voyage de plusieurs semaines au Pérou où il retrouve une partie de sa famille maternelle – il ne lâche pas X pour autant, en profitant même pour publier une photo prise dans un musée à Lima. « Il ressemblait beaucoup à sa maman, il y avait un mélange d’origines dans la famille. Pour quelqu’un de l’extérieur, son cheminement est incompréhensible », confie son ancien professeur de musique. Le militant, dont la mère est péruvienne, assumait sa vision profondément racialiste et raciste de la société française. Quentin Deranque s’exprime sur les réseaux comme un suprémaciste blanc. Il fait de la « blanchité » une condition pour être français, reproche à Miss Martinique d’être « mélaninée » et s’inquiète de « la mise en extrême minorité des Blancs dans le monde ». Caché derrière son pseudonyme, le jeune homme se revendique ouvertement « raciste ». « Être raciste c’est simplement faire le constat de l’existence de race, cela n’implique pas d’avoir une haine viscérale des autres races », tente-t-il d’élaborer en mai 2024. En réalité, ses écrits transpirent bien la haine, avant tout dirigée vers « les millions d’Arabes et de Noirs présents sur le sol français », parfois réunis dans le terme de « bouègre » (condensé de « bougnoule » et de « nègre ») ou d’« allogènes », qu’il faudrait « déporter ». Le club de boxe qu’il fréquente à Vienne serait, regrette-t-il en octobre 2024, « dans un quartier bougne, mais comme le patron est blanc, ça filtre un peu ». Lorsqu’un internaute signale que « 100 % des électeurs du RN sont racistes », Quentin Deranque répond en juin 2024 : « Ils ont raison c’est 100 % normal. » Plusieurs posts sur X de Quentin Deranque sous pseudonyme. © Photomontage Mediapart « On ne veut pas vivre avec des Africains, qu’ils soient délinquants ou non », assène-t-il en décembre 2024. Et lorsqu’une infirmière fait remarquer que les hôpitaux français tournent aussi grâce à des soignant·es noir·es, il s’énerve : « Quant aux médecins noirs on en croise aussi souvent que des poissons volants sale PàN [pute à nègre – ndlr]. » Quelques semaines plus tôt, il comparait l’immigration africaine à l’occupation allemande, en semblant préférer la présence de « blonds dolicocéphales [« dolichocéphale » : terme instrumentalisé par les eugénistes nazis »] aux yeux bleus » à celle de « Noirs aux grosses narines et aux lèvres disproportionnées ». En 2025, il publie une vidéo de la Bibliothèque nationale de France intitulée « La chasse aux nègres » et consacrée à la répression des esclaves noirs fuyant les plantations. Son commentaire : « Projet 2027 », référence à l’année de la prochaine élection présidentielle. Le militant n’hésite pas à employer des expressions appelant explicitement au meurtre, comme « TND », pour « Total Nigger Death » (« mort totale des nègres »), posté à plusieurs reprises. Rapport à la violence « Son engagement était guidé par la non-violence. Quentin détestait les conflits, n’avait jamais participé au moindre fait de violence, ne s’était jamais retrouvé en garde à vue et son casier était vierge de toute condamnation », a rappelé son avocat Fabien Rajon. Si rien ne dit qu’il s’attendait à un affrontement physique le jour de sa mort, Quentin Deranque a bien participé, le 12 février, à la rixe avec des antifascistes en marge de Sciences Po Lyon. Loin de fuir l’affrontement, il apparaît dans plusieurs vidéos, capuche bleue enfoncée sur la tête, se tenant en garde en première ligne, sans que l’on sache s’il a porté des coups. Quentin Deranque n’était pas un bagarreur aguerri, mais il en prenait le chemin. Dès 2024, le militant relaye sur X des posts du compte Active Club France et interagit régulièrement avec un cadre de cette communauté, « Paul », localisé en Isère. Sans organisation formelle, ce club fédère des collectifs locaux dans lesquels des militants de divers groupuscules d’extrême droite – souvent liés par le suprémacisme blanc – se retrouvent pour s’entraîner au combat et se préparer à la guerre raciale. Le 1er février 2026 à 9 heures, deux semaines avant sa mort, Quentin Deranque se rend dans un parc au nord de Lyon, à trente minutes du centre-ville. Malgré les températures hivernales, une vingtaine de jeunes hommes sont venus comme lui suivre une matinée de formation aux techniques de combat, dispensée par le groupuscule néofasciste Audace Lyon. Cette structure, réactivée après la dissolution de Lyon populaire, prétend pratiquer « l’autodéfense » face à la supposée « augmentation des violences à l’encontre des personnes blanches » commises par « des populations extra-européennes et des extrémistes de gauche ». Quentin Deranque n’était « ni violent ou agressif », a tenu à préciser à l’AFP Audace Lyon après sa mort. Deux semaines avant son agression mortelle, il relayait sur son compte X anonyme ce post du collectif néofasciste : « Jeune blanc, rejoins ton clan. » Ce dimanche-là, à l’entraînement, le gabarit de Quentin Deranque, « 63 kilos », comme le rappellera Fabien Rajon, tranche avec certains autres torses musclés. Pour clore la séance, les animateurs proposent un « jeu » avec de faux couteaux. Deux volontaires doivent s’affronter au milieu du cercle des participants ; celui qui gagne le duel reste au milieu du cercle et un autre challenger remplace celui qui a perdu. Quentin a alors éliminé plusieurs adversaires, à la surprise générale. Militantisme et groupuscules Hors ligne, son idéologie xénophobe trouve un exutoire dans le militantisme au sein de groupuscules d’extrême droite, dont certains ont fait de la violence un mode d’action privilégié. À l’annonce de sa mort, plusieurs de ces groupes ont communiqué pour saluer la mémoire d’un camarade passé dans leurs rangs. Il s’est notamment engagé au sein de la mouvance « nationaliste-révolutionnaire », autrement dit néofasciste. Si rien n’atteste son engagement au sein du groupe Lyon populaire, il relayait dès 2024 des posts de la structure. Lorsqu’en avril 2025 celle-ci apprend sa dissolution à venir pour ses actions violentes et son exaltation de la collaboration avec l’Allemagne nazie, il lui apporte son « soutien » sur X. L’ex-leader de Lyon populaire, le néonazi Eliot Bertin, faisait d’ailleurs partie des chevilles ouvrières de la marche d’hommage à Quentin Deranque, le 21 février à Lyon, malgré son contrôle judiciaire. Vincent et Baptiste Claudin ont également pris part à l’organisation de la manifestation, qui a réuni les mouvances de l’extrême droite la plus radicale, et notamment la plus antisémite. Interviewés dans de nombreux médias comme de simples amis proches de l’étudiant tué, les deux frères sont en réalité eux aussi passés par Lyon populaire. La trajectoire militante de Quentin Deranque dessine en creux la capacité de cette nouvelle génération à mettre sous le tapis les vieilles querelles entre les diverses mouvances de l’extrême droite – identitaires, royalistes, nationalistes-révolutionnaires – pour former une « interfaf ». Toutes ces chapelles étaient d’ailleurs réunies à Lyon lors de la marche du 21 février. Le groupuscule de Quentin Deranque, Allobroges Bourgoin, pose à l’issue du défilé du Comité du 9-Mai, à Paris, en 2025. © Instagram Au printemps 2025, Quentin Deranque lance un groupuscule à Bourgoin-Jallieu (Isère), les Allobroges Bourgoin. Le 10 mai 2025, à Paris, c’est avec ce petit groupe que le militant a participé, le visage en partie recouvert par un cache-cou, au Comité du 9-Mai (C9M), un défilé néonazi organisé chaque année en hommage à un militant du groupuscule pétainiste L’Œuvre française mort en 1994. En janvier 2025, les Allobroges Bourgoin rendaient hommage à Jean-Marie Le Pen, un an après la mort du fondateur du Front national. Si le RN a officiellement pris ses distances avec les organisateurs de la marche d’hommage à Quentin Deranque, le parti de Jordan Bardella continuait encore ces derniers jours d’ériger le militant en martyr. Le 6 mars, lors d’un meeting de soutien à Matthieu Valet, candidat lepéniste aux municipales à Lille, le vice-président du RN Sébastien Chenu a dédié le début de son discours à « ce jeune homme qui a laissé sa vie pour défendre des idées », « pour en réalité, défendre nos idées ou défendre plutôt l’idée qu’il se faisait de notre pays ». Si l’étendue de ses posts n’était alors pas encore publique, la proximité de Quentin Deranque avec la mouvance néofasciste était pourtant déjà en partie documentée. Celui qui est par ailleurs vice-président de l’Assemblée nationale a assumé : « Il était des nôtres, il était de notre tribu. » Boîte noire Donatien Huet, Anass Iddou et Youmni Kezzouf ont contribué à cette enquête. Les milliers de publications citées ont été consultées à partir de Wayback Machine, site internet qui permet d’enregistrer et conserver des pages web, même lorsqu’elles sont modifiées, deviennent inaccessibles ou que des comptes de réseaux sociaux basculent en « privé ». Quelques jours avant la publication de cette enquête, nous avons remarqué que les milliers de posts précédemment archivés avaient disparu de Wayback Machine, sans explication à ce jour. Mediapart les avait précédemment enregistrés et conservés. Pendant plusieurs semaines, trois journalistes de la rédaction de Mediapart ont écumé les milliers de posts des comptes identifiés, les recoupant avec des éléments biographiques établis, des recherches en sources ouvertes et des sources humaines. Une fois que nous avons acquis la certitude de nos informations, nous avons sollicité la famille Deranque. Le père de Quentin, contacté par téléphone le 3 mars, nous a renvoyés vers son avocat. Mediapart a proposé un rendez-vous à Fabien Rajon, l’avocat de la famille Deranque, les 3 et 4 mars 2026. Sans réponse, nous avons renvoyé un courriel détaillé le 10 mars 2026, lui faisant part de la découverte des publications de Quentin Deranque sur X, sollicitant un nouveau rendez-vous pour lui en montrer le contenu et prévenir ses parents. Il n’a pas non plus donné suite à cette demande. TLDR : leurs affirmations sont solides.
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