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Gouvernement Attal, va-t-il s'attaler à la tâche?


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Il y a 21 heures, Largo Winch a dit :

Nommer ses copains à des postes de hauts fonctionnaires ne modifie en rien l'Etat profond, car c'est maintenir en l'état la structure bureaucratique qui possède le réel pouvoir. Croire qu'il suffit de nommer à des postes-clefs des gens qui 1) appliqueront docilement les décisions politiques et 2) seront en mesure de mettre au pas toute la fonction publique, est très naïf : c'est méconnaitre le phénomène bureaucratique et son mode de fonctionnement.

Agir sur l'Etat profond ne peut passer que par une mise en pièces de la bureaucratie, c'est-à-dire par une action sur les structures de la fonction publique.

Je suis parfaitement raccord avec toi, mais qui a réussi une telle gageure à grande échelle, disons dans les 30 dernières années ?

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+1
Et c'est pour ça qu’espérer un quelconque changement sans une phase de purge par la force des choses(: plus de tune) est illusoire. D'autant plus quand on a un système monétaire qui met la bureaucratie à l’abri d’être payé en monnaie de singe ...
 

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Attal fait des annonces pour contre la violence des mineurs:

Travaux d'intérêt général, changement de règle sur l'excuse de minorité, comparution immédiate, etc.

 

https://www.huffingtonpost.fr/politique/video/annonces-de-gabriel-attal-sur-les-mineurs-delinquants-comparution-immediate-excuse-de-minorite-ce-que-veut-le-premier-ministre_232809.html

 

 

Sur le papier pourquoi pas mais je ne vois rien pour vraiment régler le problème.

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Ah si, il y a des mesures très concrètes : comme on sait que le collège est un lieu réputé pour sa discipline et son absence de violence, tous les ados auront obligation de rester au collège de 8h à 18h tous les jours de la semaine !

 

 

 

Des mesures radicales pour canaliser la violence des jeunes seront prises : interdiction de tous les écrans... dans les crèches !

 

 

 

Sinon, il annonce tout un tas de mesures... qui existent déjà :

 

 

 

Voilà, qu'on se le dise : le Premier ministre hausse le ton, l'autorité est rétablie, les ados doivent trembler !

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10 hours ago, Rincevent said:

Je suis parfaitement raccord avec toi, mais qui a réussi une telle gageure à grande échelle, disons dans les 30 dernières années ?

 

La question n'est pas Qui mais Quand.

Aucun homme politique, même très courageux, ne pourra mettre en pièces la bureaucratie sans l'assentiment d'une majorité de la population. En France, ce n'est pas demain la veille.

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il y a 15 minutes, Largo Winch a dit :

tous les ados auront obligation de rester au collège de 8h à 18h tous les jours de la semaine !


Quelle horreur. Encore une excuse pour embaucher des personnels. 
Et tout ça après des années de débats sur les rythmes scolaires !

 

On s’imagine qu’en parodiant l’école de la 3e république ou le privé, on va en retrouver les résultats. 

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3 minutes ago, Tramp said:

Quelle horreur. Encore une excuse pour embaucher des personnels. 

 

Non seulement c'est totalement idiot (je me demande bien comment une telle idée a pu germer dans leur cerveau... peut-être la nostalgie des confinements) mais, à mon avis, ça a peu de chance d'être appliqué car c'est certainement inapplicable :

 

 

 

 

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Il faut rétablir l'autorité et il nous montre comment...

 

 

Sinon, les collégiens au collège de 8h à 18h, cela va tuer une partie de la filière du sport ça.

On va voir si ils vont réagir.

 

 

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il y a 31 minutes, Largo Winch a dit :

Non seulement c'est totalement idiot (je me demande bien comment une telle idée a pu germer dans leur cerveau... peut-être la nostalgie des confinements) mais, à mon avis, ça a peu de chance d'être appliqué car c'est certainement inapplicable :


Je vois bien un régime de multiples auto-attestations pour laisser les enfants sortir. 

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il y a 56 minutes, Largo Winch a dit :

La question n'est pas Qui mais Quand.

Aucun homme politique, même très courageux, ne pourra mettre en pièces la bureaucratie sans l'assentiment d'une majorité de la population. En France, ce n'est pas demain la veille.

Je sais bien qu'il faut impérativement un vaste soutien populaire / une grande légitimité (presque à la manière d'un dictateur romain) pour y arriver, mais ce n'est pas au moment d'y être qu'on doit réfléchir au modus operandi. Est-ce qu'il y a des réflexions théoriques sérieuses sur les stratégies et tactiques à employer, pour parvenir à faire agir l’État et ses tentacules membres contre leur propre intérêt de manière massive et durable ? Parce que, pour prendre la dernière tentative en date sous nos latitudes, la QUANGOisation à la Thatcher a plutôt abouti à une hybridation de la sphère publique avec le privé (sans but lucratif, sauf pour ses salariés), et donc à une autonomisation de ces métastases corps nouveaux face aux volontés de réforme de tout politicien réformateur ; ce qui, in fine, est un mal qui promet de devenir aussi profond que ce qu'il y avait avant.

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il y a 55 minutes, Lancelot a dit :

Je suis affligé. On continue la campagne pour draguer les vieux cons.

Honnêtement, je vois pas la différence. C’était officieusement devenu une garderie, à part sur liborg qui le sait depuis une décennie,  et vu que c'est le bordel il faut y mettre des gardes chiourmes. Les cours frisent le niveau de celui d'un chargé d'éducation pour délinquants. Je vois pas pourquoi il y aurait pas en plus des horaires de sorties et des bracelets électroniques, pardon une application de contacts temps réel ... autant les habituer à la seule perspective qu'ils auront: la prison après la rebellion.  il manquait deux choses : le ménage , et la rétribution en ticket culture pour les plus dociles et l'image est complète.

 

Et il est clair que la prison est un thème plutôt attractif du boomer moyen :D

 

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il y a une heure, Rincevent a dit :

Je sais bien qu'il faut impérativement un vaste soutien populaire / une grande légitimité (presque à la manière d'un dictateur romain) pour y arriver, mais ce n'est pas au moment d'y être qu'on doit réfléchir au modus operandi. Est-ce qu'il y a des réflexions théoriques sérieuses sur les stratégies et tactiques à employer, pour parvenir à faire agir l’État et ses tentacules membres contre leur propre intérêt de manière massive et durable ? Parce que, pour prendre la dernière tentative en date sous nos latitudes, la QUANGOisation à la Thatcher a plutôt abouti à une hybridation de la sphère publique avec le privé (sans but lucratif, sauf pour ses salariés), et donc à une autonomisation de ces métastases corps nouveaux face aux volontés de réforme de tout politicien réformateur ; ce qui, in fine, est un mal qui promet de devenir aussi profond que ce qu'il y avait avant.


Oui, si tu n’as pas de plan et de colonne vertébrale idéologique, ce sera la bureaucratie qui te fera un plan et tu ne sauras pas qu’il y a une autre possibilité. 
D’ailleurs le scandal McKinsey était intéressant parce que ça montrait bien la ligne de fracture : on ne critiquait pas tant le contenu des conseils que le fait qu’ils viennent de l’extérieur de la bureaucratie. 

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il y a 25 minutes, Tramp a dit :

D’ailleurs le scandal McKinsey était intéressant parce que ça montrait bien la ligne de fracture : on ne critiquait pas tant le contenu des conseils que le fait qu’ils viennent de l’extérieur de la bureaucratie. 

C'était la critique autorisée dans les grands media, ça oui. Ailleurs, ça a plutôt tiqué sur les conflits d'intérêts qu'il peut y avoir à conseiller d'un côté une entreprise, et de l'autre l’État qui la réglemente ou qui fait acheter ses produits.

 

Mais bref, il faut à la fois une colonne vertébrale idéologique, et un plan d'attaque.

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12 hours ago, Rincevent said:

C'était la critique autorisée dans les grands media, ça oui. Ailleurs, ça a plutôt tiqué sur les conflits d'intérêts qu'il peut y avoir à conseiller d'un côté une entreprise, et de l'autre l’État qui la réglemente ou qui fait acheter ses produits.

 

Mais bref, il faut à la fois une colonne vertébrale idéologique, et un plan d'attaque.

Il y avait aussi le coût de ces conseils qui était dénoncé pour une politique qui n'a pas plut au final.

 

 

 

Sinon, pour en revenir au discours d'Attal, ce que je trouve puissant dans le narratif c'est la proportion à sortir des images d'épinal qui sont fortes pour l'esprit des français mais qui ne correspondent pas (ou plus depuis longtemps) à une réalité.

Par exemple, le "retour" des élèves qui doivent se lever quand le professeur entre en classe.

Très forte l'image, cela parle bien à ceux qui veulent que le respect de l'autorité soit là.

Et on a tous cette image qui nous semble sortie d'un film de Pagnol.

 

Sauf que de mon temps, il y a plus de 30ans, au collège et lycée, ben nous n'avons quasiment jamais attendu le professeur assis en classe (sauf si le prof était en retard).

Comme tu changeais de classe à chaque cours, soit le prof était déjà dans la classe à nous attendre soit il rentrait en même temps que nous.

Et d'après ce que je sais, actuellement cela se passe encore ainsi dans la grande majorité des collèges-lycées.

 

 

Cela me fait penser au discours d'AOC pour expliquer pourquoi elle avait envoyé ses enfants dans le privé.

C'était très fort, cela parlait à beaucoup de parents d'enfants du public et cela donnait une empathie à son action de mère.

Dommage que cela ait été un tissu de mensonge et que l'on ait put le prouver aisément.

 

 

Et mon sentiment c'est que tu es obligé d'utiliser cela pour faire de la politique.

En effet, il faut faire simple, des narratifs qui parlent rapidement et à tout le monde, des phrases chocs qui pourrons être reprises en  une des journaux.

Sauf que ça, ben c'est difficilement compatible avec la vérité.

 

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2 hours ago, Tramp said:

Ça montre le niveau de maturité d’un pays surtout. 

 Je pense que c'est le cas dans la quasi totalité des démocraties occidentales

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5 hours ago, Marlenus said:

Sauf que de mon temps, il y a plus de 30ans, au collège et lycée, ben nous n'avons quasiment jamais attendu le professeur assis en classe (sauf si le prof était en retard).

Comme tu changeais de classe à chaque cours, soit le prof était déjà dans la classe à nous attendre soit il rentrait en même temps que nous.

 

Certes, mais quand un adulte entrait dans la classe, tout le monde se levait. J'ai connu ça dans les années 1980.

Et apparemment, à lire les commentaires de profs sur twitter, ça existe encore aujourd'hui dans pas mal d'établissements.

 

Mais sinon, oui, c'est bien vu, ton analyse est très juste : dans les mesures annoncées par Attal il n'y a aucune volonté du gouvernement de s'attaquer réellement aux problèmes ; elles visent juste à faire naitre dans l'imaginaire des gens des images d'autorité pour flatter leur côté "droitier", et draguer l'électorat RN et LR. Attal mixe habillement pathos et ethos pour masquer ses faiblesses de pensée et d'idées politiques (logos). Ça avait bien marché avec l'histoire de l'abaya il y a quelques mois.

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Et s'attaquer réellement et concrètement aux problèmes consisterait en quoi ?

Pour moi, ça commencerait par la suppression de la carte scolaire, relativement envisageable sans remettre en question le système étatique.

Pour les réformes libérales, on peut rêver.

 

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Il y a 1 heure, Lameador a dit :

 Je pense que c'est le cas dans la quasi totalité des démocraties occidentales populations humaines

ftfy

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44 minutes ago, Bisounours said:

Pour moi, ça commencerait par la suppression de la carte scolaire, relativement envisageable sans remettre en question le système étatique.

 

Tous les syndicats enseignants sont actuellement vent debout contre les classes de niveau. Donc la suppression de la carte scolaire est inenvisageable car beaucoup trop turbolibérale pour la société franchouillarde.

 

Pour répondre à ta question, s'attaquer réellement et concrètement aux problèmes de la violence de la jeunesse consisterait, dans une perspective étatiste, à remettre sur pied les services publics concernés : justice, police, EN, qui sont tous les trois défaillants. Et ça passe par une mise en pièce de la bureaucratie, comme on l'a évoqué plus haut sur ce fil. Autant dire que c'est également inenvisageable car ce serait considéré comme ultralibéral par la populace.

 

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En fait, on ne peut plus faire dans la demi-mesure pour régler les problèmes du fait de leur accumulation et de leur interconnexion. 


Et comme on a une classe jacassante sans idée et courage, on n’aura le droit qu’à des symboles de plus en plus déconnectés. 

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Tiens d'ailleurs, me revient en tête un concept platonicien : la "théâtrocratie", le gouvernement par les apparences, le jeu des acteurs, la dramatisation et la relation spectacle.

On est en plein dedans : les politiques d'aujourd'hui ne sont plus que des théâtrocrates car ils se trouvent bien démunis face aux technocrates et aux bureaucrates qui ont pris, en sous main, tous les pouvoirs.

 

Ceux qui réussissent le mieux aujourd'hui en politique ne sont plus que cela : ni des idéologues, ni de bons techniciens, encore moins des experts, juste des théâtrocrates qui assurent le spectacle en ne jouant plus que sur le pathos et l'éthos au gré de l'actualité : Macron, Attal, Bardella, Maréchal...

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5 hours ago, Largo Winch said:

Tous les syndicats enseignants sont actuellement vent debout contre les classes de niveau.

Encore une posture que je ne comprendrai jamais parce qu'elle ne résiste pas à deux secondes d'examen.

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Il y a 4 heures, Lancelot a dit :

Encore une posture que je ne comprendrai jamais parce qu'elle ne résiste pas à deux secondes d'examen.

 

Parce qu'il y a qu'une seule éducation nationalisable. mais j'imagine que tu étais dans la recherche de cohérence.

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il y a 59 minutes, Lancelot a dit :

Oui c'est bien ce que je disais, c'est de la merde.

En quoi ?

 

Personnellement, je suis plus à l'aise dans des classes homogènes que trop hétérogènes, même avec des élèves faibles, et donc je ne suis pas opposé aux classes de niveaux par principe. J'en ai créé moi même avec une classe de 5e en Guyane, une classe très difficile avec près d'une dizaine de presque non lecteurs. J'envoyais les élèves studieux et pas trop en difficultés avec du travail en autonomie à faire au CDI et je gardais les non lecteurs et ceux qui foutent le bordel avec moi à faire des exercices de leur niveau (CE1 - CE2) axés sur l'écriture et la lecture avec une petite touche "Histoire". J'ai mis ça en place aux troisième trimestre parce que je ne savais pas comment faire avec cette classe, et je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt, les progrès ont été considérables. Les gamins sont bien moins ingérables quand on leur demande de faire des trucs à leur niveau. Les bons branleurs pénibles sont vexés d'être avec les nuls, se tiennent à carreaux et finissent des exos bien trop faciles pour eux le plus vite possible pour bien montrer qu'ils devraient aller avec les bons au CDI. J'avais fait un deal avec la documentaliste pour qu'elle me renvoie les élèves qui faisaient la moindre incartade (bruit ou paresse) et les meilleurs élèves studieux (studieuses, soyons honnêtes ^^) en autonomie devaient aider les élèves studieux en difficulté que j'envoyais avec des exercices un peu plus facile (mais pas niveau CE1). Les bons branleurs populaires créaient une émulation sympa pour les non lecteurs, et tout le monde bossait. Les bons élèves pouvaient bosser dans le calme, aider les nuls "gentils" que j'envoyais avec eux, le tout avec la présence de la documentaliste en cas de soucis. Je faisais la répartition "avec moi/CDI" à chaque début de cours. Edit : ca me faisait quand même pas mal de boulot de correction en plus puisque je récupérais le travail fait en fin d'heure à corriger pour la séance suivante.

 

Je trouve que les classes de niveau basées sur les seuls résultats scolaires sont problématiques car elles laissent de coté des choses importantes dans les personnalités des élèves. Un élève studieux mais en difficulté qui galère à 11 de moyenne sera bien plus à sa place avec des bons élèves dans une ambiance de travail relaxe et sans tension plutôt qu'avec les branleurs qui arrivent à son niveau sans effort et qu'il faut cadrer en permanence. Ceux ci pourraient être plus à leur place avec des élèves "rebelles" (qui refusent l'enseignement) en grande difficulté, leur montrer qu'il n'y a pas besoin d'être un intello pour arriver à peu près à faire ce qu'on te demande. La mobilité et le passage de groupe en groupe me parait importante.

Les classes de niveau proposées : Elles n'ont aucun sens. Des groupes plus petits pour les élèves en difficultés. Oui.

Ils vont les trouver où les profs de maths ou les profs de français supplémentaire ? Dans les faits, pour trois classes de 30 élèves, on va faire trois groupes de niveaux, 35 bons 35 moyens 20 nuls. Cela ne correspondra pas à la réalité du niveau des élèves, il faudrait "20 bons 30 moyens 2x20nuls" mais il n'y a pas assez de profs ni de salles. Les classes seront surchargées, cela voudra dire que pour chaque élève qui monte d'un groupe, il faut faire descendre un autre ?

 

Bref, comme le reste des annonces du gouvernement, c'est de la com' basée sur du vent, sans aucune application pratique.

 

La seule solution envisagée par les chefs d'établissements est la suppression des cours d'Assistance Personnalisée (des cours en groupe de niveau...) pour essayer de faire ces classes.

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